Réponse à scpotter : Merci beaucoup :)


Chapitre 12 : Proposition indécente

Le lendemain, Harry montra à Hermione une lettre que venait de lui envoyer Ron. La sorcière lui avait fait promettre de ne plus lui cacher les lettres du roux. Il disait qu'il était toujours avec Regina et qu'il se sentait bien. Il disait également qu'il ne voulait toujours pas rentrer. Enfin, il espérait que tout le monde allait bien et il demandait même à Harry des nouvelles d'Hermione.

Cette lettre, comme la précédente, aurait dû plonger Hermione dans la tristesse mais non. La sorcière ressentit juste le besoin d'être près du blond, de lui parler, de le toucher, de le laisser la réconforter, même s'il elle n'en avait pas le besoin, peut-être pourrait-elle faire semblant ?

Elle n'en revenait pas, elle venait de lire une lettre de Ron et tout ce qui lui passait par la tête, c'était des pensées concernant Malefoy. Avait-elle vraiment réussi à dépasser le départ de Ron ? Ou l'avait-elle simplement remplacé par la présence du Serpentard ?

Elle ne le savait pas mais ressentir ce genre de besoin envers Malefoy la mettait mal à l'aise. Il avait beau lui avoir promis de ne plus la laisser, il restait Malefoy. Malgré tous ses changements, il gardait un assez mauvais caractère et il n'hésiterait pas à enfreindre sa promesse.

Puis pourquoi fallait-il qu'elle ait autant besoin de lui ? C'est avec toutes ces questions qu'elle se rendit à sa ronde, l'air préoccupé. Malefoy crut qu'elle recommençait à broyer du noir mais au lieu de laisser les choses se faire, il prit les devants.

- Allez, suis-moi, aujourd'hui on fait notre ronde dans le parc, décréta Malefoy.

- Mais il n'y a pas de ronde dans le parc ! s'exclama Hermione.

- Il m'a semblé voir un élève se promener tout à l'heure, tu ne l'as pas vu ? fit-il semblant de s'étonner.

Elle le suivit moitié amusée, moitié désapprobatrice. Ils allèrent jusqu'à un coin du lac, et s'assirent contre un arbre, essoufflés puisqu'ils avaient couru jusque-là.

- Ça va mieux ? demanda-t-il.

- Comment fais-tu pour toujours savoir quand ça ne va pas ?

- Je ne sais pas, répondit-il en haussant les épaules.

- Tu n'en as pas marre de voler à mon secours ?

- Non. Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Rien de spécial, Harry a reçu une lettre de Ron, lui expliquant à quel point tout était merveilleux là où il était avec cette… Je ne sais plus comment elle s'appelle.

- Pourquoi le balafré te donne des nouvelles du rouquin, il ne voit pas que ça te fait du mal ?

- Il s'appelle Harry et il est mon meilleur ami, c'est moi qui lui ai fait jurer de ne plus me cacher ce genre de choses.

- Ah, alors c'est toi l'idiote, pas lui ? demanda Malefoy.

- Oui, c'est ça, répondit-elle en rigolant.

Il la regarda, elle ne semblait pas vraiment aller mal, elle semblait juste… préoccupée ou inquiète et il n'arrivait pas à comprendre pourquoi. Comme si elle lisait dans ses pensées, elle lui expliqua ce qui se passait.

- Quand j'ai lu la lettre, je m'attendais à sombrer de nouveau mais non. Je n'ai rien ressenti, enfin si, j'étais contente qu'il aille bien et qu'il s'amuse.

Il ne voyait pas où elle voulait en venir, si elle n'avait plus mal, ça voulait simplement dire qu'elle avait tourné la page. Qu'elle n'était plus amoureuse du rouquin, c'était une bonne nouvelle pourquoi donc ne s'en réjouissait-elle pas ?

- Granger, c'est bien, pourquoi tu…

- Parce qu'après avoir ressenti ça. J'ai commencé à penser à…

Elle semblait avoir du mal à continuer et ne sachant pas ce qu'elle voulait dire, il ne pouvait pas l'aider. Elle aspira un bon coup puis le regarda.

- Je ne sais pas pourquoi, c'est idiot, mais j'ai commencé à avoir envie que tu sois là, j'ai eu envie d'être dans tes bras. Je me suis même dit que je pourrais faire semblant d'aller mal pour que tu me prennes contre toi et je n'arrive pas à chasser ces idées de ma tête. C'est plus fort que moi et ça me travaille parce que je n'arrive pas à comprendre pourquoi j'ai ce besoin…

Elle commençait à parler très vite et sa voix montait dans les aigus et elle devenait de plus en plus rouge. Tous ces signes montraient qu'elle se sentait nerveuse et certainement vulnérable d'avouer tout ça, il pourrait si bien se mettre à rire d'elle.

Mais non, il s'approcha et la prit dans ses bras.

- Tu n'as pas besoin d'aller mal pour que je te prenne dans mes bras, tu dois simplement me faire comprendre que tu en as envie.

Elle se laissa aller contre lui, sentant toutes ses questions l'abandonner. Elle se sentait bien, non, elle se sentait bien tout le temps à présent. Non, là elle se sentait comme au paradis.

- Tu étais sérieux hier soir, quand tu m'as dit que tu n'avais jamais été amoureux ? demanda-t-elle soudainement.

Il la regarda, pourquoi fallait-il qu'elle revienne sur ce sujet ? La seule pour qui il avait eu des sentiments, c'était elle et il ne pouvait pas le lui dire, il ne voulait pas le lui dire. De plus, s'il avouait avoir des sentiments pour elle, il ne pouvait pas dire non plus s'il en était amoureux, il ne le savait pas. Il décida de lui répondre mais en faisant bien attention.

- Je ne sais pas si j'ai déjà été amoureux mais il y a une fille pour qui j'ai des sentiments.

- Elle est à l'école ?

- Non, elle vit vers chez mes parents, mentit-il.

Elle chassa la pointe de jalousie qui s'insinuait en elle.

- Pourquoi tu ne sais pas si tu en es amoureux ?

- On n'a jamais été ensemble, je pense juste que j'ai des sentiments.

- Vas-y, dis-moi ce que tu ressens pour elle et je te dirais si tu l'aimes, enfin, si je le peux, je ne suis pas non plus une experte.

- Pourquoi ça t'intéresse ? demanda-t-il.

- Parce que tu m'aides sans arrêts ces temps-ci alors, si moi je peux t'aider…

- Je la trouve belle, intelligente et forte. Quand je suis avec elle, je me sens bien comme si tout le reste ne comptait pas et je déteste la voir malheureuse. Alors, c'est grave ?

- Je ne sais pas, avoua-t-elle.

Elle ne pouvait pas dire qu'il en était amoureux car ce qu'il venait de décrire, elle le ressentait pour lui, or, elle n'était pas amoureuse de Malefoy. Elle savait que ce n'était pas la même relation qu'avec Harry, puisque même si elle confiait des choses au blond qu'elle ne confiait pas à son meilleur ami, Harry était toujours son meilleur ami et ça ne changerait jamais. Mais elle ne pouvait pas non plus en être amoureuse ? Puis, si c'était le cas, comment savoir si elle l'aimait vraiment ou si elle avait juste transformé son mal-être en sentiments pour le Serpentard.

- Pourquoi tu ne vas pas la voir pour lui dire qu'elle te plaît ? demanda-t-elle pour cesser de penser.

- Je suis Drago Malefoy, qui voudrait de moi ? demanda-t-il avec un sourire sans joie.

Elle ne supportait pas qu'il se rabaisse ainsi, n'avait-il aucune idée de ce qu'il pourrait apporter à une femme s'il se montrait aussi attentif qu'avec elle ?

- Si comme moi elle voyait qui tu es et non pas qui tu étais, elle devrait t'aimer. Tu es intelligent, plutôt sympa quand tu le veux et tu as toujours été très beau, énuméra Hermione.

Il la regarda avec des grands yeux, elle venait dire qu'il avait toujours été très beau ! Ce compliment le fit sourire.

- Es-tu en train de me dire que tu pourrais être amoureuse de moi ? demanda-t-il en essayant de prendre un ton amusé plus qu'interrogatif.

- Oui Drago Malefoy, je pourrais tomber amoureuse de toi ! Enfin, si je n'étais pas complètement démolie.

- Tu n'es pas démolie, objecta Malefoy.

- Pourtant, j'en ai bien l'impression.

Il valait mieux qu'il pense qu'elle était perdue plutôt qu'en pleine tempête pour savoir ce qu'elle ressentait vraiment.

Mais dans ses bras, tout ce qui dominait, c'était cette envie de plus qui l'assaillait et qui devenait difficile à contrôler. Sachant que dans tous les cas, elle n'aurait jamais le courage de le séduire, elle préféra lui poser une question qui la mettrait très mal à l'aise mais qui était préférable à une opération séduction. Car s'il la repoussait, elle n'arriverait probablement plus à le regarder dans les yeux.

- Tu accepterais de coucher avec moi, si je te le proposais ? demanda-t-elle soudainement d'un ton se voulant léger.

Il toussota mais elle attendait une réponse apparemment.

- En théorie ou vraiment ? demanda-t-il bêtement.

- Généralement, il paraît que dans ce domaine la pratique est plus utile que la théorie, railla-t-elle préférant paraître amusé plutôt que mortifié comme elle l'était réellement.

- Non, je veux dire, est-ce que tu me demandes ça parce que tu doutes de ton pouvoir de séduction ou est-ce que tu veux vraiment savoir si je coucherais avec toi ?

- Les deux Malefoy, les deux, répondit-elle sur un ton léger.

Mais il voyait bien qu'elle était terriblement gênée par la conversation.

- Oui.

- Oui pour quelle question ? demanda-t-elle.

- Les deux, Granger, les deux, répondit-il en copiant ses mots sur le même ton léger.

Elle devint rouge et heureusement qu'elle regardait ses pieds, sinon elle aurait pu voir la gêne de Malefoy qu'il dissipa rapidement.

- Qu'est-ce qui t'a fait changer à ce point ? demanda-t-elle.

- Tu me proposes de coucher avec toi et ce serait moi qui aurais le plus changé ? C'est le farfadet qui se moque de la pièce d'or ! s'exclama-t-il.

- Je n'ai jamais nié avoir changé mais toi, tu n'aurais jamais pu songer à coucher avec moi !

- Je te l'ai dit, je ne vois plus les choses comme ça du tout. Je vois d'autres choses en toi, tu es forte, intelligente et plutôt bien foutue… Tu es devenue complètement barrée, mais ça me plaît bien aussi, ajouta-t-il avec un sourire en coin.

Il espérait avoir parlé avec indifférence plutôt qu'avec passion, puis sa petite touche d'humour avait fait son effet. Elle ramassa une poignée de feuilles et la lui lança dessus en riant.

Puis sans qu'il ne s'y attende, elle s'approcha de lui et l'embrassa. Cette fois, il n'y mit pas fin, au contraire, il le prolongea. Il la laissa lui grimper dessus et rendre le baiser plus passionné. Il sentait la lavande partout autour de lui, il avait l'impression qu'il s'imprégnait de l'odeur pour ne plus jamais l'oublier. Elle passa une main dans ses cheveux et l'autre caressait sa joue. Lui aussi jouait avec ses cheveux qui étaient bien plus doux qu'ils ne le paraissaient et de son autre bras, il la pressait contre lui.

Il sentait qu'elle avait besoin de ça, elle devait réaliser que d'autres hommes pouvaient s'intéresser à elle. Que sa vie n'était pas finie. Mais pourquoi fallait-il que ce soit lui ? Lui qui essayait justement de tuer dans l'œuf les sentiments qui naissaient pour la sorcière. En même temps, il préférait ça à n'importe qui d'autre.

Le baiser dura un long moment, jusqu'à ce qu'Hermione allonge Malefoy et commence à ôter sa robe de sorcière, le blond retint son geste et la regarda.

- Je ne vais pas coucher avec toi, dit-il.

- Mais tu avais…

- En théorie, je veux bien coucher avec toi mais pas ici, pas maintenant, répondit-il patiemment.

Hermione laissa retomber sa robe mais elle ne se leva pas.

- J'aimerais vivre en théorie, parce qu'en théorie, on a toujours ce qu'on veut ! bougonna-t-elle.

- Quoi ?

- Rien.

- Pauvre petite fille frustrée, s'amusa-t-il en pinçant la joue de la sorcière.

- Malefoy, je sens bien que tu en as envie toi aussi, alors, je pense que si tu refuses, tu seras tout aussi frustré que moi, se moqua-t-elle.

Il l'attrapa par les épaules pour l'éloigner de son érection et la fit passer à côté de lui puis lui déposa un baiser sur le front.

- Je prends le risque Granger, rigola-t-il.

- Pourquoi tu ne veux pas ? demanda-t-elle assez en colère.

- Parce que je ne suis pas sûr que tu le veuilles vraiment, j'ai peur que tu le regrettes demain. Ensuite, parce que nous sommes dans le parc de Poudlard et qu'on ne sait jamais, quelqu'un pourrait passer par là et nous surprendre. Autant, ils passeraient peut-être l'éponge en nous voyant discuter mais je ne suis pas sûr qu'ils apprécient de nous voir en train de…

- D'accord, d'accord, j'ai compris ! s'exclama-t-elle en se levant.

Il la regarda se lever puis il ne put s'empêcher de demander une chose pour la faire rire afin qu'elle oublie un peu sa frustration.

- Mais quand même Granger, montres moi tes seins.

Elle pouffa et lui donna un petit coup de pied dans sa jambe étendue. Il se leva et ils regagnèrent l'intérieur du château. Au moment de se séparer elle tenta elle aussi de l'amuser.

- Qui sait, peut-être qu'il y aura un garçon réveillé dans la salle commune qui voudra bien…

- Tu plaisantes ? demanda-t-il tout sourire effacé.

Elle avait pensé qu'il lui dirait en rigolant quelque chose comme « amuse-toi bien » pas qu'il deviendrait blanc comme un linge.

- Bien sûr que je plaisante ! Enfin, je n'irais pas faire des avances à n'importe qui ! s'offusqua-t-elle.

- Tu m'en as bien fait à moi !

- On partage des choses, ce n'est pas pareil !

Il la regarda pour être sûr qu'elle ne comptait pas aller en voir un autre, auquel cas, il l'aurait prise en plein milieu du hall pour qu'elle ne le fasse pas, mais non, elle semblait sincère.

- Bonne nuit, dit-elle en montant les escaliers.

- Bonne nuit, répondit-il en descendant au cachot.