Chapitre 49 : La voix de la sagesse
- Mes préfet-en-chef qui se donnent en spectacle, non mais je rêve !
- Professeur McGonagall, je suis dés…
- Oh je m'en doute Miss Granger ! Mais qu'est-ce qui vous a pris, vous qui êtes tellement brillante et droite, je ne comprends pas comment vous avez pu vous abaisser à ce point !
- Bon ça va, elle est désolé, pas la peine de la faire culpabiliser ! S'exclama Drago.
- Pardon Monsieur Malefoy !
Elle lui lança un regard sévère, le regard qui avait le don de faire ratatiner sur eux-mêmes tous les élèves à qui elle l'adressait, à tous, sauf à Drago Malefoy.
- Ben quoi, c'est vrai ! Elle n'a jamais fait la moindre erreur, ce n'est pas la peine de vous acharner sur elle, vous voyez bien qu'elle s'en veut !
La directrice resta un moment stupéfaite qu'un élève lui tienne tête mais encore plus que Drago Malefoy défende Hermione Granger, quelque chose lui échappait.
- De quoi est partit la provocation de Miss Parkinson ?
- Elle m'a insulté de sang-de-bourbe, répondit Hermione.
- Oui, mais avant ça.
Drago raconta alors toute la vérité, dont les détails sur lesquelles Zabini avait fait l'impasse, par respect, McGonagall l'écouta avec attention, cachant au mieux la surprise d'apprendre que la Gryffondor avait passé l'année à sortir secrètement avec le Serpentard. Puis elle entendait déjà la voix de Dumbledore, enfin, du portrait de Dumbledore. Les nommer tous les deux préfet-en-chef était son idée.
- Vous passerez tous vos samedis à ranger les archives, sans magie.
- Ensemble ? Demanda Hermione.
- Oui et je précise aussi que vous reprenez vos rondes et je risque de venir vérifier que Miss Weasley ne les fasse pas à votre place, prévint la directrice.
- Bien Professeur, accepta Hermione.
- Vous pouvez y aller et inutile de préciser que vos retenus commencent demain ?
Etant donné qu'on était vendredi, en effet, il était inutile de préciser. Ils sortirent de la salle et commencèrent à marcher.
- Granger, commença Drago.
Il n'osait pas l'appeler par son prénom, il l'avait fait alors qu'ils étaient vraiment intimes et il ne voulait pas jouer cette carte. Il voulait qu'elle revienne vers lui par envie et non pas par un acte irréfléchi.
- Non, Drago, laisse-moi, pas maintenant, s'il te plait.
Elle partit alors en pleurant et il la laissa, comme elle le voulait même s'il mourrait d'envie de la serrer contre lui. Lorsqu'il arriva dans la salle commune, tous les Serpentard présent s'arrêtèrent de parler et le regardèrent. Certains avec dégoût, d'autres avec amusement, d'autres avec indifférence, dans l'ensemble, c'était positif mais il se dirigea vers Zabini et s'installa en face de lui.
- Alors ? Demanda Blaise.
- Retenu tous les samedis, la journée entière pour ranger les archives, Hermione a eu pareil. Elle est aussi obligée de reprendre ses rondes avec moi, la pauvre, McGonagall doit plus lui en vouloir à elle qu'à n'importe lequel autre, expliqua Malefoy.
- Ou alors, la directrice a décidé de se lancer dans une carrière de conseillère amoureuse ! Fit remarquer Zabini.
- Ce n'est pas son genre !
- Pourtant, elle ne vous a pas donné un travail épuisant, il est même plutôt reposant et si on ajoute le fait qu'il faut être très fort pour faire cette retenue avec quelqu'un en résistant à l'envie de parler, je pense qu'elle a très bien calculer son coup.
- Si c'est ça, elle a sous estimé Granger, j'ai vu son visage lorsqu'elle a appris sa retenue et son obligation de reprendre les rondes. Je pense qu'elle aurait accepté de troquer ça contre lécher des veracrasses.
- Faut dire que tu y es allé un peu fort, non ? Mais le fait que tu l'ais défendu aujourd'hui et qu'à l'heure qu'il est, tout le monde est au courant va plaider en ta faveur, peut-être pas tout de suite mais je pense qu'elle va recommencer à te parler.
Drago n'avait pas envie de parier là-dessus, il ne voulait pas se faire de faux espoirs. En tout cas, la matinée avait prit une drôle de tournure !
Lorsqu'Hermione arriva dans la salle commune, Harry, Ginny et Neville vinrent vers elle pour savoir ce que lui avait donné McGonagall, Hermione expliqua la fin de l'entrevue et son obligation de reprendre les rondes.
- Ca aurait pu être bien pire, fit remarquer Harry en serrant sa meilleure amie contre lui.
- En tout cas, je ne savais pas que tu pouvais être si… Agressive ! Fit remarquer Ginny sans pouvoir s'empêcher de rire.
- Non mais attends, elle a quand même réussit à déclencher une bagarre générale dans la grande salle ! Ajouta Neville en voyant Harry qui lançait un regard courroucé à la rouquine hilare.
- Ce n'était pas une bagarre générale ! S'exclama Hermione résistant aussi à l'envie de rire.
- Oui, enfin, 9 personnes, ce n'est pas rien ! Fit remarquer Neville.
- 5 personnes et 4 qui tempéraient, rectifia Hermione.
- Tu joues sur les mots Hermimi ! S'exclama Ginny.
- Ah non, ne t'y mets pas toi aussi ! Dit Hermione en l'entendant l'appeler comme le faisait Zabini.
Ils se regardèrent tous un moment avant de partir dans un fou rire qui devint vite incontrôlable. Puis Hermione regarda l'heure, ils avaient tous manqués le premier cours de la matinée, il valait mieux se dépêcher pour arriver à l'heure au suivant ! Si les élèves avaient arrêté de dévisager Hermione à chacun de ses passages parce qu'elle était celle qui avait aidé le survivant à vaincre le mage noir, ils recommencèrent à cause de la bagarre mais elle n'était pas la seule qu'ils regardaient, Drago aussi était suivis du regard mais ce n'était plus des regards haineux, c'était des regards surpris, enfin, pour le trois quarts des élèves.
Après ses cours, Harry l'invita à aller dans le parc, pour promener et discuter, elle lui prit le bras une fois dehors et ils marchèrent doucement.
- Je suis désolé que tu te sois retrouvé mêlé à tout ça, dit Hermione.
- Tu rigoles ! Tu as risqué ta vie pour m'aider et tu t'excuse parce que je me suis retrouvé impliqué dans une simple bagarre d'adolescent ! S'amusa-t-il.
Elle rigola.
- Tu sais que c'est lui le premier qui a sauté sur Goyle, je n'ai fait que le suivre pour l'aider, Goyle vaut deux personnes normales !
- Oui, j'ai vu, tu crois que ça fait une différence ?
- Oui, sans aucun doute ! Il y est allé de lui-même et rappelons que Malefoy n'est pas connu pour son courage, donc sauter sur un élève comme Goyle, c'est assez significatif de l'évolution !
- Je sais ce que tu essai de faire et je ne suis pas prête à lui pardonner.
- C'est à toi de voir mais il fallait quand même que je t'en parle.
Elle acquiesça puis ils parlèrent de quidditch, la finale se tiendrait le lendemain, opposant Gryffondor et Poufsouffle.
- Je regrette de ne pas pouvoir y assister !
Elle n'était pas quidditch, c'est vrai, mais elle n'avait jamais manqué un match. Ils rentrèrent au château et après le repas, Hermione attendit Drago dans le hall.
- Bonsoir, dit-il en arrivant.
- Bonsoir, répondit-elle en se mettant en marche sans attendre.
Voilà les seuls mots qu'ils échangèrent de la soirée jusqu'au moment de se dire au revoir. Drago vivait mal le fait qu'elle l'ait aussi facilement ignoré mais il s'y attendait. Il erra encore un peu dans les couloirs puis rentra.
Lorsqu'il arriva dans la salle commune, il vit Pansy et Goyle dans un coin, elle le regarda d'un air mauvais et lui, d'un air menaçant mais il fit comme si de rien était et monta dans son dortoir, il sortit le miroir à double sens.
- Hermione Granger.
Il se doutait qu'elle n'allait pas lui répondre mais peut-être ne l'avait-elle pas rangé au fond de sa valise et il pourrait la voir dormir.
La vision changea mais il reconnut les murs de la chambre de la Gryffondor au Square Grimmaurd. Elle ne l'avait pas prit, en plus, elle lui avait dit à leur retour de vacances qu'elle l'avait oubliée.
Il reposa le miroir puis remarqua un parchemin dans sa valise, il le prit et sourit en découvrant de quoi il s'agissait. Le planning de révision qu'elle lui avait donné.
Elle y avait même noté les temps de pause et les temps qui lui étaient accordés, il regarda l'heure, oui, il s'agissait d'un temps qu'il aurait dû lui accorder, selon le planning. Plutôt que de continuer à penser, il préféra attraper un manuel et réviser, il entendait Blaise ronfler, signe qu'il n'avait personne à qui parler.
Dans son bureau, McGonagall était tournés vers les deux tableaux des derniers directeurs et elle discutait avec eux.
- Je vous avais bien dit que mettre Monsieur Malefoy préfet-en-chef aux côtés de Miss Granger rapprocherait les maisons, dit Albus Dumbledore en souriant.
- Oui enfin, ça a tellement rapprochés les maisons qu'ils se sont battus ! Fit remarquer McGonagall.
- Oui, mais des Serpentard se battant avec des Gryffondor contre d'autres Serpentard, c'est tout de même un rapprochement ! Insista Albus.
McGonagall leva les yeux au ciel, l'ancien directeur était aussi agaçant que brillant depuis qu'il était un tableau, la voix de la sagesse était parfois envahissante !
- Et vous Severus, qu'en pensez-vous ? Demanda Albus.
- Je pense que vous devriez arrêtez de vous mêler d'histoires qui ne vous regarde pas ! Répondit l'intéressé.
Ils recommencèrent alors à se disputer gentiment et McGonagall décida qu'il était temps pour elle d'aller se coucher.
- Vous voyez, vous l'avez encore fait fuir ! S'exclama Albus en voyant Minerva sortir de la pièce.
Severus ne chercha même pas à répondre.
J'avais écrit ce chapitre il y a quelques temps, dont le passage avec Severus Rogue et après réfléxion, j'ai décidé de ne pas l'enlever. Une pensée pour Alan Rickman, un grand acteur, souvent connu pour son fameux rôle dans Harry Potter mais qui a montré son talent dans de nombreux autres films et pas qu'en tant qu'acteur.
