Chapitre 50 : Retenue
Le lendemain matin, Hermione attendit dans le hall avec Drago qui l'ignorait superbement, probablement lui en voulait-il pour la veille, il est vrai qu'elle aurait pu lui faire un minimum la conversation.
Le professeur McGonagall les emmena dans une pièce qu'Hermione n'avait jamais visitée, située au second étage. La directrice vit les deux jeunes gens regardaient partout pour ne pas croiser leurs regards, elle pensa que s'il continuait comme ça, leur journée serait très longue ! La pièce était étouffante et surchargé de grandes armoires avec pleins de cartons par terre.
- Voilà, ce qu'il y a dans les cartons doit rejoindre les armoires et vous videz les armoires des dossiers les plus anciens. Vous rangez les anciens dossiers dans des cartons qui iront rejoindre la vieille salle des archives dans les cachots. Disons que ces armoires devront contenir les dossiers de ces 20 dernières années, expliqua le professeur.
Hermione regarda autour d'elle avec un sentiment de désespoir, à croire que la directrice avait attendu que quelqu'un faute pour ranger !
- Ne faites pas cette tête là Miss Granger, Parkinson et Goyle passeront le reste de l'année à aider Rusard tous les samedis dans ce qu'il voudra, je pense que ce que je vous ai donné est plus sympathique !
- Oui Madame la directrice.
- Je vais prendre vos baguettes, vous n'en aurez pas besoin. Vous viendrez les chercher tous les deux dans mon bureau à 18 heures. Je vous ferais parvenir à manger ce midi.
Les deux élèves donnèrent leurs baguettes et regardèrent la directrice s'en aller. Ils se mirent au travail sans un mot, Hermione jetant parfois des regards à Malefoy, il avait ôté la robe de son uniforme et se trouvait à présent avec la chemise de l'école, chemise qu'elle avait si souvent déboutonnée, elle secoua la tête et se remit à classer les dossiers. Malefoy eut un sourire en coin qu'elle ne vit pas mais il avait remarqué son regard et il semblait avoir deviné les pensées de la jeune fille. Mais il était décidé à ne pas parler en premier, juste pour voir si Zabini avait raison en disant qu'elle serait obligé de parler.
Ils travaillèrent un moment chacun dans leurs coins mais les heures ne défilaient pas. Hermione devenait de plus en plus agacée et agaçante, elle ne cessait de soupirer, de faire toute sorte de bruit et Drago se retenait de lui demander d'arrêter son manège.
Il regarda la Gryffondor grimper sur les étagères pour atteindre les plus hauts dossiers, se rendait elle compte que les étagères étaient vieilles et fragiles ? Où peut-être voulait-elle se blesser exprès pour abréger ses souffrances ? Drago s'avança, juste au cas où et il eut une bonne idée puisqu'Hermione, en voulant redescendre perdit l'équilibre. Il la rattrapa et recula tandis qu'elle protégeait sa tête des dossiers qu'elle avait lâchés.
- Tu cherches quoi là, à te tuer ? Demanda-t-il furieux.
- Non, juste à ce que tu parles en premier et j'ai gagné ! Répondit-elle avec un air supérieur.
Ca, plus le temps qu'elle avait passé à l'agacer, c'était trop pour lui, il la lâcha, même s'il fit en sorte qu'elle atterrisse sur une pile de vieux dossiers plutôt que sur le sol de pierre. Maintenant, il était en colère contre lui-même parce qu'elle avait raison, c'était lui qui avait parlé en premier.
- C'est de bonne guerre, dit-elle en se levant et en époussetant sa robe.
- Qu'est-ce qui est de bonne guerre ? Demanda-t-il avec mauvaise humeur.
- Le fait que tu m'ais lâché.
- Tu parles, j'aurais dû te laisser te rompre le cou et te faire assommer par les dossiers.
- Je t'aurais manqué ! Répliqua-t-elle en souriant.
- Tu le fais exprès d'être aussi agaçante aujourd'hui ?
- Je suis désolé pour hier soir et je suis désolé de t'avoir énervé, dit-elle en reprenant son sérieux.
Il la regarda un instant, une partie de lui-même avait envie de l'envoyer se faire cuire un œuf de dragon mais elle lui tendait la main et il l'aimait trop pour ne pas la saisir.
- Bon, ça va, travaillons ensemble plutôt que séparément, on avancera plus vite.
- A vos ordres, dit-elle.
Ils commencèrent donc par vider la première armoire, tous les dossiers avaient plus de 20 ans, ce n'était pas compliqué. Hermione monta une fois de plus mais elle donnait les dossiers à Drago et il veillait à ce qu'elle ne tombe pas, profitant de cette excuse pour poser ses mains sur ses jambes ou sa taille. Elle faisait comme si de rien était mais elle appréciait trop ses moments.
Midi arriva enfin et ils s'installèrent chacun sur une pile de dossier pour manger, le match avait dû finir à l'heure qu'il était.
- Tu penses que le match est fini ? Demanda Hermione pour faire la conversation.
- Potter affronte Poufsouffle, le match n'a pas dû durer plus de 10 minutes, railla Malefoy.
Hermione leva les yeux au ciel mais elle ne put s'empêcher de sourire, Drago ne cesserait jamais de se moquer des autres ou de faire semblant. En même temps, il était vrai que Gryffondor venait de réaliser une année exceptionnelle niveau quidditch.
- En tous cas la vieille chouette a bien calculé son coup, je te signale que de tout ceux qui ont eu une retenu, Potter est le seul qui est collé dimanche, s'amusa-t-il.
- Ce n'est pas une vieille chouette ! S'exclama Hermione, tout de même amusé par ce que Drago avait remarqué.
- Désolé, vieilles habitudes, j'oubliais qu'elle était ton modèle ! Railla-t-il.
- Comment crois-tu qu'elle ait su que je ne faisais plus mes rondes avec toi ? Demanda-t-elle.
- Une chouette, ça a un grand champ de vision, dit-il en éclatant de rire ensuite.
Malgré la désapprobation, Hermione fut obligé de rire aussi. Ils se levèrent pour se remettre au travail.
- Je te remercie d'être intervenu avant que Goyle ne me frappe, dit soudainement Hermione.
- Si j'étais intervenu avant, tout ça ne serait jamais arrivé, tu serais encore avec…
- L'important c'est maintenant et je te remercie.
Elle s'approcha de lui et déposa un baiser sur sa joue, pour le remercier, elle resta un peu trop longtemps prés de lui pour qu'il ne remarque pas que son cœur battait vite et fort, elle avait envie de plus, autant que lui. Alors qu'elle se reculait, il plaqua sa main sur ses reins pour la garder contre lui.
- Drago, s'il te plait, dit-elle simplement.
- Tu en as envie, fit-il remarquer.
- Je sais, j'ai envie de toi mais je ne sais pas si j'ai envie du reste.
- Comment ça ?
- Je n'arrive pas à savoir si c'est une envie d'être avec toi ou juste une envie de toi et je ne veux pas te faire croire que tout est arrangé si ce n'est pas le cas, expliqua-t-elle.
- Alors, on pourrait juste assouvir une envie sans rien attendre de plus, proposa-t-il.
- Tu veux vraiment salir ce qu'on a partagé en transformant ça comme une simple histoire de sexe ? Demanda-t-elle.
Il la regarda et la lâcha, non, il ne voulait pas. Enfin si, mais il voulait plus.
- Gardons nos distances un moment et je te promets de réfléchir, dit-elle.
- Qu'est-ce que tu entends par garder nos distances ? Demanda-t-il.
Il ne voulait pas qu'elle recommence à l'ignorer.
- On peut se parler, s'amuser, se voir, mais on ne s'embrasse pas.
- En gros, tous les inconvénients d'un couple sans les avantages ? Demanda-t-il avec un sourire en coin.
- En gros, c'est ça, approuva-t-elle en souriant.
- Ca me va, mais je ne te promets pas de ne jamais déraper.
Elle secoua la tête puis se remit au classement. Il ne voulait pas l'avouer mais il était soulagé de savoir que même après Poudlard, il pourrait continuer à la voir, même si ce n'était pas comme il l'espérait, c'était mieux que rien et depuis leur rupture, il avait cru que ce ne serait rien.
A 18 heures, ils sortirent et allèrent dans le bureau de la directrice qui était redevenus quasiment comme redevenus comme à l'époque de Dumbledore, mis à part pour quelques affaires appartenant à McGonagall. Elle leur rendit leur baguette dès qu'ils arrivèrent.
- Alors, ça a avancé ?
Hermione et Malefoy racontèrent ce qu'ils avaient pu faire dans la journée et la directrice remarqua qu'ils semblaient de nouveau amicaux l'un envers l'autre, Dumbledore n'allait pas s'arrêter de saluer son idée, à croire que tout ce qui l'intéressait depuis qu'il était devenus un portrait, c'était de créer les couples les plus improbables !
- Bien, rendez-vous la semaine prochaine au même endroit, je vous y attendrais.
Ils partirent et arrivèrent ensemble à la grande salle pour l'heure du diner et allèrent chacun à leurs tables. Vu la joie des Gryffondor, Hermione comprit vite qu'ils venaient de gagner la coupe de quidditch et elle se mêla aux festivités, le cœur plus léger que ces derniers temps !
