Chapitre 57 : La fin

Ginny força Drago à aller terminer son inscription à l'école des aurors, ça ne prit pas longtemps et après ils allèrent sur le chemin de traverse, profiter du soleil sur la terrasse de Fortarôme.

- Je dois avouer que le soleil fait du bien, dit Ginny en fermant ses yeux et en offrant son visage au ciel.

- Tu n'ais pas obligé de passer toutes tes journées à l'hôpital !

- Tu veilles tellement sur Hermimi, qu'il faut bien que quelqu'un veille sur toi !

- Merci Weaslette.

Zabini arriva quelques instants plus tard.

- Je suis passé à l'hôpital et Harry m'a dit que tu étais sorti prendre l'air, je me suis dit que je vous trouverez ici, dit-il en s'installant.

Drago était content de prendre l'air avec ses deux amis mais ses pensées étaient toutes restaient dans la chambre d'hôpital, mais il pouvait compter sur Ginny et Blaise pour le distraire. Ils mangèrent sur le chemin de traverse et Drago n'y tenant plus, ils retournèrent à l'hôpital. Pas de changement, Drago ne disait rien, il ne montrait rien non plus mais au plus les jours passaient, au plus le désespoir le gagnait.


31 août

- Hermione ma belle, ça fait plus d'un mois maintenant, tu ne crois pas que tu m'as fait déjà beaucoup trop attendre ? Même tes parents commencent à envisager la proposition des guérisseurs et comme tu t'en doute, je n'ai aucun droit sur les mesures à prendre, si demain ils décident de faire arrêter tous les soins, je ne pourrais rien y faire, la seule solution serait que je les attaques mais je sais que tu m'en voudrais à mort, alors, réveilles-toi, qu'on ne sache pas comment je réagirais ! Par pitié princesse, reviens !

Les vannes lâchèrent, il commença à pleurer, il se sentait à bout de force, à bout d'espoir, en regardant la pendule, il vit que Ginny n'allait pas tarder, il se reprit, il ne fallait pas que la rouquine le trouve comme ça, déjà qu'elle avait failli refuser de partir, il ne fallait pas lui montrer qu'elle avait raison de s'inquiéter pour le blond. Elle passa sa journée près de lui puis vers la fin d'après midi, elle se leva.

- Prends soin de toi, dit-elle en l'enlaçant.

- Toi aussi et ne t'inquiètes pas pour moi, ça ira.

- Tu parles !

- Merci d'avoir été là, tous les jours.

- De rien et saches qu'à partir de demain, ce sera Zabini qui prendra mon relais, c'est le dernier jour de son stage, lui apprit Ginny.

- Le pauvre, il a horreur des hôpitaux !

- Oui, mais il est ton ami et s'il n'était pas ici tous les jours, c'est parce qu'il savait que j'étais là. On s'écrit ?

- Ne compte pas que je te fasse un roman par jour, je suis bref généralement.

- Je m'en contenterais ! S'amusa-t-elle.

Il la serra dans ses bras puis la regarda partir. Sa meilleure amie, car oui c'est bien ce qu'elle était devenus pour lui, une meilleure amie quasiment au même titre que Zabini et elle allait lui manquer.

- Tu vois princesse, Weaslette s'en va et tu n'as même pas pu lui faire la moral sur l'importance de son année et lui rappeler qu'elle doit se conformer au planning que tu lui as fais !


19 Septembre

- Joyeux anniversaire beauté, j'ai ton cadeau depuis juin et j'étais persuadé que je pourrais te l'offrir ailleurs mais tu as décidé de jouer avec mes nerfs, tant pis, tu l'auras ici !

Il sortit un bracelet, il aurait pu passer pour un bijou fantaisie avec toutes les breloques qui pendait mais tout était en platine, un Malefoy n'offrait pas de la pacotille !

- Le cœur, je n'ai pas à t'en expliquer la signification. Après il y a une plume d'hippogriffe, ça c'est pour ton mauvais caractère ! Si, si, tu as mauvais caractère ! Ensuite, le lion, pareil, inutile de te l'expliquer. Le serpent, parce qu'il faut bien que j'y sois sur ce bracelet ! Ah, le livre, oui là aussi, inutile de t'expliquer. J'ai fait rajouter le phénix quand Potter m'a obligé à sortir, il y a deux jours, comme sa vie éternelle, il symbolise mon amour pour toi mais il symbolise surtout la renaissance, parce que tu vas revenir.

Son cœur se serra, il essayait d'y croire, s'il perdait l'espoir, que lui resterait-il ?

- Tu te rends compte, tu as 20 ans et moi j'ai eu mes 19 il y a quelques mois, tu m'avais offert ce livre et je t'avais taquiné sur le fait que tu n'étais pas très original mais je mentais, je l'ai lu le soir même et je l'avais adoré. Enfin bref, je sors avec une vieille ! Tu me manques, dit-il enfin en prenant sa main.

Plus tard, les parents d'Hermione, Harry, les Weasley au complet, Kingsley, Neville et Zabini vinrent tous ensemble, ils n'avaient pas oublié l'anniversaire de leur amie et même si un guérisseur avait tenté d'en faire sortir certain en rapport au nombre trop élevé de visiteurs, il avait abandonné le combat, perdu d'avance. Ils souhaitèrent tous l'anniversaire à Hermione et lui offrirent ses cadeaux, le cœur y était mais l'ambiance était triste, plus personne n'y croyait vraiment.


20 septembre

- Drago, nous savons que c'est dur pour toi mais nous sommes ses parents et crois-nous, c'est la décision la plus difficile que nous ayons eu à prendre. S'il y avait la moindre chance qu'elle se réveille, on attendrait encore mais au fond de toi, tu sais que ça n'arrivera pas, tenta de raisonner Cathy.

- Si on arrête, ce sera finit, elle sera parti pour de bon, contra-t-il.

- Elle a une chance de se réveiller d'elle-même, rappela son père.

- Vous êtes prêt à compter sur la chance pour la vie de votre fille !

- Mon chéri, ce sont ses parents, tu ne peux pas aller contre eux, ni sous entendre que la vie d'Hermione te tient plus à cœur qu'à eux, tempéra Narcissa.

Zabini l'avait prévenu de la situation et elle s'était précipité à l'hôpital.

- Nous ne ferons rien sans ton accord, mais tu tiens vraiment à la garder ici pendant… Combien, des mois ? Des années ? Demanda Gareth.

Il était égoïste, il le savait, mais il ne voulait pas la perdre, il ne voulait faire face à ça, il n'était pas prêt.

- C'est soit elle se réveille à l'arrêt des soins, soit elle n'est déjà plus là, dit Cathy.

- D'accord, faites ce qu'il vous semble bon, moi je ne peux plus raisonner, céda Drago avec l'impression de l'abandonner.

Le guérisseur s'approcha et pointa sa baguette sur Hermione, il eut la délicatesse de ne pas prononcer ses formules à voix hautes et lorsqu'il se recula, Drago s'approcha et prit la main d'Hermione, Narcissa posa une main compatissante sur l'épaule de son fils.

Cathy prit l'autre main de sa fille pendant que Gareth caressait son front et avait une main sur l'épaule de sa femme. Harry était au bout du lit et il tenait un des pieds d'Hermione par-dessus la couverture, tandis que Ron tenait l'autre.

Malefoy se concentrait sur le fait qu'il était censé y avoir une logique partout. Pourquoi tomber amoureux, retrouver le droit chemin, faire des projets, si c'était pour que tout finisse comme ça ?

Non, elle allait revenir, à présent, il se foutait qu'elle revienne avec ou sans séquelles, l'important, c'était juste qu'elle revienne.

Si elle partait, plus rien n'aurait d'importance, rien ne pourrait le sauver, il n'aurait qu'à aller directement dans la salle des barjots de l'hôpital car sa raison l'abandonnerait. Non, il ne survivrait pas à Hermione Granger mais avant ça, il irait à la prison pour tuer tout ceux qui étaient responsable de l'attaque.

Oui, il était stagiaire auror et par confiance, Kingsley l'avait habilité, peut-être n'avait-il pas pensé à lui retirer ses privilèges ?

C'est ça, il irait faire un carnage à la prison et ensuite, il s'en irait n'importe où pour se laisser mourir. Une potion, non plutôt une mort à la moldu, il ne savait pas encore laquelle.

Mais elle pouvait se réveiller, il restait un espoir, un espoir de fou.

- Allez Princesse, s'il te plait !

Mais rien, rien ne se passait si ce n'est que ses respirations faiblissaient. Jusqu'à la dernière Drago garda un infime espoir mais les pleurs de Cathy lorsqu'elle se rendit compte que sa fille ne respirait plus fut le moment où il perdit l'espoir, le moment où il eut envie de perdre la vie.

- Heure du décès…

Mais personne n'écoutait le guérisseur, trop occupé à pleurer la perte d'Hermione Granger.