Titre : Le roman du prisonnier.

Chapitre : La chasse aux réponses.

Rating : M

Disclaimer : Tous les personnages de Bleach appartiennent à Tite Kubo, leur créateur.

Réponses aux reviews :

Héhé! Bravo à celles et ceux qui ont relevé la référence à Aizen! Niark niark! Mais non, ce n'est pas une incohérence de ma part, ouhlala! J'avoue dès fois en faire, mais là non! Alors... à bientôt l'explication XD

Warning : Euh...? Allez un petit lime, pour me faire pardonner du retard ^^


Chapitre 10. La chasse aux réponses.

Plusieurs longues minutes s'étaient écoulées et Grimmjow Jaggerjack restait désespérément immobile, inconscient. Malgré tout ce que Ichigo tentait, le bleuté n'était définitivement plus avec lui. Malgré tous ses appels, il ne répondait pas. Malgré tous ses gestes pour le ramener à lui, il ne réagissait pas.

_Grimmjow? Grimmjow! criait-il en tentant de le secouer pour l'animer à nouveau.

Les beaux yeux turquoises restaient fermés, ils ne le dévoraient plus de ces prunelles brûlantes de désir. Sa bouche bavarde restait entrouverte sans émettre la moindre parole aguicheuse, ses narines ne frémissaient plus d'une excitation sans égale. Sa peau bronzée était glacée sous les doigts du roux qui parcouraient chaque parcelle de son visage fermé.

Ce fut la première fois qu'il remarqua à quelle point sa peau était douce, malgré la dureté de l'individu, malgré la manière dont il vivait, caché de la vue du soleil. Cette vie insalubre l'avait conservé tellement magnifique que plus d'un innocent en aurait été scandalisé.

Ichigo n'arrivait pas à comprendre. Malgré la peur qui l'envahissait au fur et mesure que les minutes s'écoulaient sans que Jaggerjack ne revienne à lui, il ne pouvait s'empêcher de penser à quel point cet homme était du gâchis.

_Grimmjow...? souffla-t-il encore, le son de sa voix s'étranglant dans sa gorge sous la nervosité.

Grimmjow Jaggerjack n'aurait pas dû être un meurtrier, caché des yeux de la société jusqu'à la fin de sa vie. Il aurait dû être... mannequin, star de cinéma, une idole bordel! Il avait même cette incroyable capacité de faire tomber amoureux les hommes qu'il croisait; la nature lui avait donné tellement de talents... Pourquoi les lui reprenait-elle maintenant? Etait-ce sa punition pour être né si désirable?

_Grimmjow?

Le souffle de Kurosaki s'était accéléré, son cœur emballé et ses mains tremblaient à présent. Il ne cessait de prononcer son nom, de plus en plus fort, espérant le rappeler à la vie, le sortir de son coma. Pourquoi, alors qu'ils avaient eu une chance de rester ensemble seuls, le destin a-t-il fait qu'il s'effondre de cette manière?

Il serra les dents; il n'avait plus le choix à présent.

_GARDES! GARDES!

La porte de la chambre d'hôpital s'ouvrit avec grand fracas laissant entrer plusieurs gardiens affolés, alertés par l'étonnant cri que le jeune homme venait de pousser à l'instant. Oui, il n'avait plus aucune autre possibilité que celle d'appeler à la rescousse les hommes voués à surveiller le turquoise. Grimmjow ne s'était pas réveillé, ils ne seraient plus jamais seuls dans cette chambre à nouveau...

_Kurosaki-sama?

_Grimmjow! Grimmjow a... Il... Il est tout à coup tombé dans les pommes, il..., bredouilla-t-il en tournant vers eux un visage catastrophé. Il...

_Laissez-nous nous en occuper.

Ichigo recula, quelque peu paniqué, laissant deux hommes s'emparer du prisonnier dont le corps était devenu étrangement flasque. Lorsqu'ils le soulevèrent, son menton tomba sur sa poitrine, comme s'il eut été mort. Le roux échappa un soupir de surprise. Il donnait vraiment l'impression de ne plus être de ce monde.

_Qu'est-ce qu'il a? s'enquit-il alors que les hommes le transportaient hors de la chambre.

_Vous n'avez pas à vous inquiéter, lui répondit le garde, c'est juste les effets de la drogue. Il s'en remettra.

_Mais... Mais...

Il suivit les hommes jusque sur le pas de la porte. Il ne pouvait pas croire qu'ils allaient le ramener dans cet état? Il était inconscient! Il avait l'air raide mort! Était-il le seul à s'en inquiéter?

_Vous allez le ramener dans cet état? Il a besoin d'examens! Il ne peut pas rester comme ça, bon sang ce n'est pas un animal! s'écria-t-il, accompagnant ses paroles de gestes brutaux. La dose que vous lui avez donné pourrait assommer un cheval, nom de Dieu!

_S'il vous plait, restez en arrière, nous le ramenons à la prison.

_Quoi? Dans cet état? Et... et s'il ne se réveille pas! Si la dose que vous lui avez donné était mortelle!

Ichigo tenta de s'interposer au milieu du petit groupe de policiers qui encerclaient maintenant Grimmjow. Il voulait les arrêter, appeler un médecin à l'aide, personne ne s'évanouissait ainsi! On avait sans doute dû lui faire prendre une dose très importante d'un quelconque médicament, comme des somnifères ou il ne savait quoi encore. C'était extrêmement dangereux, il avait peur pour Grimmjow :

_Attendez! s'écria-t-il en passant son bras par-dessus l'épaule d'un garde pour tenter d'atteindre le prisonnier inconscient.

_Kurosaki-sama, vous...

Le garde qui lui bouchait le passage fit volte-face à la vue de son bras et le heurta violemment, sa carrure impressionnante envoyant valser le jeune écrivain brutalement, jusqu'à ce qu'il heurte le sol douloureusement.

_Aïe!

_Ganju! s'exclama alors un autre garde se précipitant vers l'écrivain pour l'aider à se relever.

_Je vais bien, je vais bien, assura l'orangé qui était pourtant durement tombé sur les reins.

Le garde fusilla son collègue des yeux :

_Bon sang, Ganju! réprimanda-t-il à nouveau avant de se tourner vers l'orangé et s'excuser platement. Excusez-le, Kurosaki-sama, nous sommes tous tendus par ce transfert risqué.

Le roux se massa le bas du dos en étirant une grimace douloureuse :

_Ce n'est pas une raison pour...

_Croyez-moi que Hisagi-san en sera informé dès notre retour.

Ichigo soupira et observa un moment le visage de ce Ganju qui l'avait bousculé. Il savait qu'il ne l'avait pas fait exprès quoiqu'il en soit, et que lui-même avait eu une réaction un peu démesurée, mais c'était seulement parce qu'il s'en faisait pour Grimmjow.

Ganju s'inclina bien bas et demanda le pardon de l'homme de lettres.

_Ce n'est rien, lui assura-t-il, je suis intervenu pendant votre manœuvre. Vous travaillez, je n'aurais pas dû m'interposer mais... il doit voir un médecin.

_Jaggerjack sera placé entre les mains du médecin de la prison dès notre retour, soyez-en assuré, reprit l'homme. Mais nous ne pouvons nous permettre d'être plus en retard sur l'horaire. Sinon, Yamamoto-san...

_Vous n'aurez qu'à lui dire que c'est de ma faute, d'accord? Et je compte sur vous pour prendre soin de Grimmjow...

L'homme inclina faiblement la tête, ses yeux cherchant un soutient quelconque parmi ses collègues pour protester aux paroles de l'écrivain, mais n'en trouva pas. Puis, il tourna les talons et rejoignit le groupe qui s'éloignait déjà, trainant Grimmjow par les bras.

Ichigo les observa s'éloigner avec un certain agacement. Il n'aimait guère la façon dont ils se comportaient avec Grimmjow; qu'il soit prisonnier ou non, peu importe la teneur de ses crimes, il avait déjà été condamné pour cela et suivait sa peine, nulle autre n'avait le droit d'en rajouter.

Il trouvait juste ça... injuste.

Mais ce n'était pas à lui de faire la justice parmi les gardiens de la prison; il se promit alors d'en parler à Muguruma Kensei. Lui saurait sans doute quoi faire et apaiserait ses inquiétudes. Et bien qu'il n'était pas sans savoir que ce gardien n'avait pas hésité à frapper Jaggerjack, il pensait maintenant avec certitude que cela n'était qu'une erreur de parcours. Et tout le monde avait le droit de faire des erreurs, même Muguruma en tout bon gardien qu'il était.

En parlant d'erreur, Kurosaki était un bon exemple, pensa-t-il en couvrant son visage de ses mains. C'était plutôt lui qu'on aurait dû blâmer pour être tombé amoureux d'un criminel. Lui qu'on aurait dû trainer de la sorte et juger pour des sentiments qui semblaient rester tabou aux yeux d'une société où l'honneur signifiait beaucoup.

Il soupira, osant jeter un regard par dessus ses doigts couvrant ses yeux, malgré la gêne et l'inquiétude qui le submergeaient. Il observa de longues minutes la chambre maintenant vide où Grimmjow avait résidé deux jours, ne faisant pas attention aux infirmières s'activant pour nettoyer la pièce.

Et donc maintenant, qu'allait-il faire? Comment approcher Grimmjow seul à nouveau? Il n'en avait aucune idée. Mais le jeune homme était bien loin de baisser les bras. Et soudain, la détermination dont le bleuté faisait preuve vis-à-vis de lui : « Un jour, tu s'ras à moi, Kurosaki Ichigo » lui revint en tête. Il voulait être digne de cette détermination, c'était le moins qu'il puisse faire; même si ce type l'agaçait et jouait avec sa personne comme aucun autre être humain avant lui, il était également celui qui remplissait la moindre de ses pensées.

Et il ne pouvait aller contre cela.


~ Plus tard... ~

Ichigo était bien plus que décidé à faire d'Aizen Sosuke son atout dans sa recherche concernant Grimmjow. A présent que son plan de roman était terminé, détaillé et approuvé par Hirako, il lui fallait entrer dans le vif du sujet : en savoir plus sur Grimmjow Jaggerjack.

Il savait par expérience que ce n'était jamais facile de tenter de s'immiscer dans la vie d'un autre; ça avait déjà été très difficile avec Shuuhei – alors qu'ils sortaient ensemble – mais là, avec un prisonnier quasiment inaccessible...

Voilà pourquoi il voulait jouer la carte du psychiatre. Mais là encore restait un obstacle de taille : l'homme était un praticien bien entendu, voué au secret médical. Il ne divulguerait certainement pas d'information aussi personnelle sur un patient sans qu'il n'ait une bonne raison. Et il doutait que son roman en soit justement une, de bonne raison.

Mais en plus de tout cela, il s'inquiétait pour Grimmjow. Allait-il bien? Était-il bien rentré dans sa cellule? S'était-il réveillé?

Il craignait que la dose de drogue ait été sous-estimée et qu'il soit toujours assommé, sa vie en danger. De retour chez lui, il tenta bien d'appeler Muguruma Kensei, sans succès cependant, l'homme ne répondant pas à ses appels.

_Oh... Il doit travailler, pensa-t-il en déposant son portable sur son bureau, n'ayant aucune idée que le gardien en chef avait décidé d'abandonner ses fonctions plutôt que de subir sa mise à pied.

Son champ d'action était mince; mis à part Yamamoto-san, Muguruma Kensei et Aizen Sosuke peu de personnes connaissaient Grimmjow pour lui parler de lui. Il savait bien qu'il n'avait qu'à donner un coup de fil à Hisagi pour savoir qui au commissariat avait été en charge de l'affaire, quel avocat l'avait défendu, et quelles preuves, quels chefs d'accusations avaient été retenus contre lui. Mais il ne voulait pas l'appeler, et il savait que cela le ralentissait dans ses recherches.

Cependant, internet regorgeait d'informations, et il n'était pas le dernier à savoir se servir habilement des moteurs de recherches. Quelques photos du procès, des noms de-ci de-là, un nom d'avocat commis d'office, mais qui savait si ces informations étaient vraies? Il voulait de vraies sources, des sources fiables, de réels faits, pas des hypothèses, ni des suppositions sur cette histoire. Et il savait qu'il n'avait qu'une façon de les obtenir : mettre son nez dans les archives de la police. Et Hisagi était le seul qu'il connaisse – assez gradé – pour y avoir accès.

Il tournait en rond, il s'en rendit clairement compte. Et plus il tournait en rond, plus il avait l'impression que la situation lui échappait. Même ses sentiments semblaient hors de contrôle; être tombé pour un prisonnier... à quoi est-ce qu'il pensait? Il était devenu cinglé?

Biiiiiiiip!

La sonnerie de son interphone le fit légèrement sursauter. A une heure aussi tardive, ça ne pouvait être que...

_Oui?

_Merci d'avoir répondu au super message, et à la super info confidentielle que je t'ai donné hier, crétin! Pas que j'attendais un remerciement de ta part, mais simplement me demander comme je vais c'est plus fort que toi, abrutit? Allez, ouvre cette porte histoire que je te fasse voir du pays!

Le rouquin échappa un rire franc, souriant à pleines dents à la voix féminine qu'il ne connaissait que trop bien :

_Entre!

Il posa une main sur son front en attendant derrière la porte, s'amusant lui-même de sa bêtise et du « crétin » qu'il était en effet. Parmi toutes ces sources qu'il avait citées, il lui en manquait une, et une de taille. Il n'y aurait jamais pensé si elle n'avait pas pointé le bout de son nez ce soir; et pourtant... sa sauveuse était arrivée.

_Je viens de rentrer d'un putain de voyage en Chine, sur un reportage qui ne m'intéressait même pas, et tout ce que tu trouves à faire, c'est m'ouvrir la porte avec un sourire de dégénéré?

_Moi aussi je suis content de te voir, Rukia.

Elle leva les yeux au ciel et accepta avec hésitation l'accolade qu'il lui donna.

Leur amitié datait du collège, peut-être bien étaient-ils sortis ensemble pendant un court été, mais Ichigo n'en avait plus clairement souvenance, et elle non plus. Ils n'avaient jamais cessé de s'appeler, de se voir, comme si c'était naturel, comme s'ils étaient de la même famille. Comme si la vie leur dictait de rester en bons termes.

_Tu as faim? demanda-t-il, l'invitant à s'asseoir sur le canapé.

_Hum... non, ça ira. J'ai eut droit au super plateau repas dans l'avion, merci j'ai été servie... Un peu malade, peut-être..., grogna-t-elle en se massant l'estomac avec douleur.

_Quand es-tu rentrée?

_Il y a quelques heures, le temps de rentrer chez moi poser mes affaires et je suis venue ici. Je voulais savoir...

Ichigo s'assit à ses côtés, déposant une tasse de thé devant elle, interloqué par le regard bleu marine étouffant qu'elle lui lançait. Et en général, ce n'était pas bon lorsque Rukia vous regardait ainsi.

_Quoi?

_Tu l'as vu, alors?

_Qui?

_Jaggerjack?

_Euh... oui, merci pour l'info.

_Qu'est-ce que tu prépares, Ichi? Un roman, un drama, une série, un manga, ou... peut-être pire encore, hein?

Elle esquissa un sourire à sa dernière remarque attendant qu'il rit avec elle, mais ce ne fut pas le cas. La jeune femme brune sentit alors qu'elle avait touché dans le mille; rien n'échappait aux yeux de la journaliste.

_Quoi? Ton projet est en mauvaise voix?

L'écrivain joignit ses mains et entrelaça ses doigts les uns aux autres, prenant un air sérieux qui ne plut pas du tout à la jeune Kuchiki, s'attendant à ce qu'il lui annonce une terrible nouvelle :

_J'ai parlé à ton frère au téléphone la semaine dernière. Visiblement, le balais qu'il a dans les fesses ne s'est toujours pas fait la malle! Ou alors, c'est justement de ça dont il a besoin, non? D'avoir quelque chose dans ses fesses?

La jeune femme adopta un air choqué tout à coup, et ouvrit la bouche pour répliquer mais l'éclat de rire de Kurosaki l'obligea à changer d'attitude.

_Hé! Comment tu parles de Nii-sama? s'exclama-t-elle lui donnant quelques coups de pied dans le tibia. Nii... Nii-sama est...

_Oui, je sais, la coupa-t-elle. C'est juste que... ça me fait toujours rire d'aborder ce sujet devant toi.

_Ce n'est pas parce que Nii-sama est... enfin qu'on sait qu'il a toujours eu un ahem! faible pour toi que... et c'est du passé, c'était il y a très longtemps! statua-t-elle en pointant un index accusateur sur lui. Ce n'est pas pour ça que tu dois dire ces choses sur lui. Comment va-t-il?

_Lui je n'en sais rien. Mais comme je te le disais, le balais dans ses fesses va toujours aussi bien!

Cette fois-ci, la brune soupira, ne le réprimandant pas face aux rires joyeux du jeune homme. Et pour cause, elle savait que son frère n'était pas l'incarnation du parfait compagnon pour un homme tel qu'Ichigo, mais en revanche...

_Tu ne devrais pas te moquer d'un homme qui a toujours pour toi des sentiments aussi tendres, tu sais. Il a été très blessé. Et son cœur ne s'en remet pas.

_Oh je t'en prie, Rukia. S'il te plait, je sais que tu défends ton frère mais quand même..., soupira-t-il en dodelinant de la tête. Quand tu me l'as présenté - et arrête de dire que ce n'était pas arrangé! - j'étais déjà avec Shuuhei. Je n'ai jamais rien promis à ton frère, il s'est fait des films tout seul... Ne me dis pas qu'il n'a eu personne, depuis!

_Je sais qu'il a eu une histoire depuis, mais... je vous aurais tellement aimé ensemble! couina-t-elle avec un sourire de fangirl. Mon frère avec mon meilleur ami! Toutes les fans de yaoi rêvent de ça, Ichigo! C'est un fait.

_Soit!

La jeune journaliste fit claquer ses mains sur ses genoux puis se leva, faisant quelques pas autour du canapé dans un silence qui se voulait apaisant.

_Tu sais, Ichigo, je suis journaliste, reprit-elle quelques instants plus tard. Tu ne peux pas tenter de habilement détourner la conversation comme ça. C'est mon métier de toujours amener les gens où je veux qu'ils aillent. Alors, dis-moi : Jaggerjack.

Le rouquin laissa échapper un soupir à fendre l'âme et tourna son visage en direction de son ordinateur, pour ne pas avoir à croiser le regard accusateur de sa meilleure amie.

_Que veux-tu que je te dise? Que j'ai commencé à écrire mon prochain roman sur lui? Que je me retrouve confronté à un mur gigantesque? Personne ne peut me parler de ce type! J'ai besoin de le connaître, de savoir son passé, les crimes qu'il a commis...

Mais sa voix s'évanouit soudain dans sa gorge, les flashbacks de leur corps-à-corps brûlant dans la chambre d'hôpital revenant soudain dans sa tête. Il voulait continuer, oui il le voulait. Il désirait le revoir plus que tout. Et même s'il savait que c'était mal, que peut-être jamais il n'atteindrait le bonheur avec un homme pareil, il ne pouvait se contrôler.

_Bordel..., souffla-t-il en prenant son visage entre ses mains, dissimulant son mal être.

Rukia l'observa avec méfiance, notant son mal être.

_Quoi? Tu t'es aperçu que tu faisais fausse route et maintenant, tu ne peux plus penser à autre chose que lui?

_Ce n'est... pas... aussi simple.

« En fait si, c'est tout à fait ça » pensa-t-il en secouant sa tête. « Je me suis rendue compte de la difficulté de cette tâche, et je ne peux plus penser qu'à lui maintenant... »

Lentement, il se leva et alla s'asseoir devant son écran, posant sa main machinalement sur la souris et cliquant à droite et à gauche sans savoir vraiment ce qu'il faisait. Plusieurs fenêtres s'ouvrirent, et se fermèrent aussitôt sous ses clics.

_Le problème c'est que je n'ai aucune info sur lui, reprit-il en soupirant. Je connais le gardien qui le côtoie le plus souvent, son psychiatre et le directeur de la prison dans laquelle il est détenu. Qu'est-ce que je peux faire avec ça, hein?

Rukia fronça les sourcils un instant puis haussa les épaules :

_Ca me semble déjà pas mal.

_Rukia, dit-il en se tournant soudain vers elle ses yeux braqués sur ses grands yeux marines, j'ai besoin de toi. Tu... tu es journaliste, certains de tes collègues ont dû s'occuper de son cas, de ses procès, mener des enquêtes peut-être!

_Ouhla, calme-toi, lâcha-t-elle en écarquillant les yeux. Ce n'est pas parce que je fais partie d'un grand journal que je dois tout savoir. Forcément, il doit y avoir des archives, et mes collègues sont là depuis plus longtemps que moi.

_Qui, par exemple?

_Mmmm..., réfléchit-elle en reprenant place sur le canapé dans des gestes lents. Matsumoto-san peut-être. Elle en a certainement entendu parler... Hitsugaya-san aussi mais lui...

Ichigo remarqua immédiatement son air embarrassé et tilta :

_Quoi, lui?

_C'est mon supérieur. Ne l'embête pas trop...

Le rouquin soupira, espérant plus que tout que la jeune femme parvienne à trouver parmi ses collègues un bon contact pour lui.

_Oh! s'exclama-t-elle soudain en levant son index avec un grand sourire. Shiba Kaien! Mon senpai! C'est lui qui m'a tout appris! Oh, il doit sûrement avoir des souvenirs de l'affaire Grimmjow, sans aucun doute.

_Tu pourrais me mettre en contact avec lui?

_Je lui en parlerai. C'est quelqu'un de cool, je pense qu'il acceptera.

L'orangé acquiesça d'un signe de tête rapide. C'était loin d'être une piste mais l'aide n'était pas négligeable.

_En attendant que tu puisses me mettre en contact avec ce... Shiba Kaien, je vais creuser le psychiatre de Grimmjow. Je pense que c'est perdu d'avance mais on ne sait jamais.

_C'est peut-être quelqu'un de compréhensif, ajouta-t-elle en tentant d'insuffler en son ami un semblant d'espoir.

_Sûrement. Même si... ah son nom ne m'est pas inconnu, je suis certain d'avoir déjà entendu parler de ce psy, mais où? Il m'a bien dit qu'il avait connu mon père à l'école de médecine mais... je suis sûr que ce n'est pas papa qui m'en a parlé. J'ai entendu son nom récemment, j'en mettrai ma main à couper!

Pendant qu'il tentait désespérément de chercher dans ses souvenirs, Rukia suggéra qu'il ne fasse une recherche rapide sur internet. Peut-être cela lui donnerait plus d'indications.

_Pas faux...

Rapidement, ses recherches le menèrent à quelques informations complémentaires sur Aizen Sosuke. Et alors qu'il parcourait en ligne les pages du site internet du psychiatre, Rukia jeta elle aussi un coup d'oeil à l'écran.

La jeune femme était plutôt du genre curieuse, mais là une chose attira tout de suite son regard.

_Ai... Aizen Sosuke! s'exclama-t-elle en faisant sursauter Kurosaki.

_Quoi? Oui et alors?

_Mais... Mais... Mais...

La jeune brune poussa du coude Ichigo et prit en main la souris, faisant défiler à toute allure les informations qui passaient à l'écran. Ses yeux balayaient les kanjis sans même s'en fatiguer, devant un Ichigo absourdie et quelque peu intrigué.

_Mais qu'est-ce qui se passe? finit-il par demander alors que la jeune femme n'en terminait pas de lire et relire ce qui s'affichait à l'ordinateur.

_Mais!

_Tu as fini de dire « mais », oui? Explique-moi nom d'un chien!

Rukia se pinça les lèvres très fort, puis prit une grande inspiration avant de se lancer dans un monologue :

_Je sais où tu as déjà entendu le nom d'Aizen Sosuke, répondit-elle sans détacher ses yeux de l'écran. Ichi, Aizen est un ex-prisonnier. Il a été libéré très récemment, contre toute attente. La chose s'est passée dans l'ignorance absolue! Shiba-san a été sur l'affaire pendant plusieurs semaines, pour finalement apprendre que Aizen Sosuke a été libéré de façon obscure. On ignore tout de ça! Oui, il a fait des études en psychiatrie, comment crois-tu qu'il ait réussi à soumettre la prison de haute sécurité à sa botte en moins de deux? Il a été ensuite transféré très loin, à Fukuoka si ma mémoire est bonne. Je m'en souviens... Shiba-san était dans tous ses états à cette époque, c'était il y a trois ans. Je m'en souviens comme si c'était hier, je n'avais jamais vu Shiba-san dans cet état. J'avais travaillé avec lui sur une esquisse d'article à l'époque, censé reporter les faits et descendre en flèche les magouilles du système judiciaire japonais. Finalement, Hitsugaya-san n'a jamais voulu qu'on le publie. Rah! Je m'en souviens comme si c'était hier!

Elle prit son visage entre ses mains, trépignant énergiquement sur ses petits pieds.

_Un yakuza de son calibre n'aurait jamais dû être libéré! Oui, psychiatre et yakuza, bonjour la couverture! Mais trop intelligente pour être découverte. Et maintenant... il serait le psychiatre de ton prisonnier? J'aurais pourtant mis ma main au feu que Ukitake Jyuushirou officiait toujours à la prison comme psy! Tout comme Unohana-san en est le médecin...

Ichigo n'arrivait plus à suivre son amie dans ses pensées qu'elle déblatérait les unes après les autres. Il entendait des noms, des évènements qu'il ne parvenait pas à rattacher les uns aux autres. Pourtant, il aurait dû essayer, histoire de comprendre ce qui lui tombait sur le coin du nez.

_Co... comment c'est possible? réussit-il à articuler, coupant le flot de paroles incohérent de Kuchiki.

_Je n'en sais rien, répliqua-t-elle lâchant enfin la souris. Tout ce que je sais, c'est que Aizen est un manipulateur, un homme remarquable. Un fin joueur avec le cerveau humain. Il connaît les moindres recoins de la psychologie humaine, comment tout fonctionne. Ce type a obtenu les meilleurs résultats de toute l'histoire de l'université de Tokyo dans sa section. Ils n'avaient jamais vu ça! Il est fort, très fort. Mais...

_Alors quoi? Il contrôle Yamamoto? Il se fait libérer de prison et revient là où il était enfermé avant pour jouer le psy? Pourquoi? Pour libérer des copains, pour les faire évader, quoi, quoi?

La brune haussa les épaules, elle n'en avait aucune idée. Et à dire vrai, Ichigo non plus.

Les deux amis poussèrent un soupir à l'unisson. Ce n'était pas vraiment ce à quoi ils s'étaient attendus tous les deux en se rencontrant ce soir-là, loin de là. Kurosaki n'aurait jamais espéré en savoir autant sur Aizen grâce à sa meilleure amie, et Rukia n'aurait jamais imaginé être confronté à nouveau au cas Sosuke trois années après y avoir travaillé avec Shiba Kaien.

Cependant, ils étaient tous les deux d'accord : ils devaient trouver des réponses et leurs réflexions méritaient d'être exploitées. Ainsi, Rukia posa bientôt une main sur l'épaule de son ami en le regardant droit dans les yeux, l'air plus sérieux que jamais :

_Demain, tu vas rencontrer Shiba Kaien.


~ Le lendemain ~

Après une nuit très courte, pendant laquelle il avait tergiversé bien plus que ces vingt dernières années, Ichigo se mit d'accord sur le fait qu'il devait se mettre au travail et pour de bon. Et pas n'importe quel travail.

Il devait revêtir pour la première fois sa casquette de fouineur et d'enquêteur et jouer de ses contacts aisés. Il n'avait jamais réellement pensé en arriver là en travaillant sur ce tout nouveau roman. Mais sa discussion de la veille avec Rukia lui avait plus que mis la puce à l'oreille. Et maintenant, en plus du cas Grimmjow, il se retrouvait affublé d'une curiosité grandissante pour cet homme : Aizen Sosuke. Un ex-yakuza, psychiatre émérite revenant exercer dans l'ancienne prison où il avait été détenu... Qui tentait-il de berner?

Et Yamamoto dans tout ça? Était-ce lui qui avait demandé la venue du psychiatre dans ses murs? Ou bien Grimmjow était-il son seul patient parmi les prisoniers? Et Ukitake Jyuushiro, le psy attitré de la prison, était-il au courant qu'un de ses confrères exerçait au même titre que lui?

Tant de questions sans réponses qu'il fallait élucider. C'était primordial, et cela, Ichigo et Rukia s'étaient bien mis d'accord : ils s'aideraient mutuellement pour parvenir à des conclusions rapides. Et pendant que la jeune femme organisait une entrevue entre l'écrivain et le journaliste Shiba Kaien, Ichigo pénétrait dans un endroit qu'il n'avait plus visité depuis longtemps...

« Commissariat de Tokyo, bonjour? »

A peine eut-il franchi la porte du commissariat que des tonnes de souvenirs lui revinrent en pleine figure. L'endroit n'avait pas changé; toujours ce même comptoir d'accueil, au bois patiné écru, ces mêmes sièges sombres et tristes, la même plante grimpante toujous fleurie, et derrière le comptoir, une petite frimousse qui répondait au téléphone.

_Nous allons vous transférer vers le service adapté, ne quittez pas.

Ichigo étira un mince sourire en s'accoudant au comptoir tout en contemplant le visage de la jeune femme. Celle-ci s'affaira à pianoter sur le clavier de son téléphone puis de raccrocher le combiné avant que celui-ci ne sonne à nouveau. Cependant, l'atmosphère de l'endroit lui sembla avoir quelque peu changé; mais c'était certainement parce qu'il y revenait dans d'autres circonstances, si différentes de celles qui le poussaient à y venir chaque soir, quelques mois auparavant.

La salle d'accueil était vide de visiteurs. Quelques policiers passaient par moment, empruntant le couloir menant aux bureaux, ou montant les escaliers pour rejoindre leurs supérieurs installés à l'étage au dessus. Ichigo soupira tout en pensant qu'il n'aurait jamais cru remettre un jour les pieds ici depuis qu'ils étaient séparés avec Shuuhei. Et pourtant, c'était comme si rien n'avait changé, comme si leur rupture n'était jamais intervenue.

_Commissariat de Tokyo, bon...

La petite voix gracieuse de la jeune standardiste s'éteignit tout à coup alors que ses grands yeux bruns enfantins se posèrent sur le visage de Kurosaki. Aussitôt, le visage juvénile se détendit et la bouche de la jeune femme s'ouvrit si grand que Ichigo crut que sa machoir allait tomber.

_Kurosaki-sama! s'écria-t-elle en sautant sur ses pieds plus vite que la musique, le combiné du téléphone lui glissant des mains.

Elle s'inclina bien bas, manquant faire taper son front contre son bureau et se redressa, les joues légèrement rosies :

_Que... que puis-je faire pour vous?

_Hinamori-chan. Ça fait longtemps, dit Ichigo amicalement avec un petit rire. Alors, tu travailles toujours ici?

« Moshimooooshi? »

Au bout du combiné délaissé qui pendait le long de la jambe de la jeune femme, une voix retentissait. Ichigo fit signe à la jeune Momo de prendre l'appel et qu'ils papoteraient ensuite.

_Je vous redirige vers le Lieutenant!

Puis, elle raccrocha et étira un large sourire en direction du jeune écrivain. Ichigo en avait eu l'habitude pendant qu'il sortait avec Hisagi, venant au commissariat tous les jours, il connaissait plus que bien la jeune standardiste. Et il savait également qu'elle ne pouvait rien lui refuser :

_Alors... est-ce que tu vas bien?

_Ou... oui! Kurosaki-sama! s'exclama-t-elle, ses joues s'empourprant soudain sans surprise. Et... et vous?

_Je vais très bien je te remercie. Rien n'a changé ici depuis que je n'y viens plus, dis-moi. C'est... vraiment étrange de revenir après tout ce temps.

_Oh... je comprends, articula-t-elle doucement en baissant les yeux.

Mais le rouquin n'était pas venu pour parler du passé, et n'était pas là non plus pour s'éterniser avec la jeune femme. Il reprit alors quelque peu ses esprits et tapota de ses mains sur le comptoir :

_Sinon, est-ce que Shuuhei... euh... l'inspecteur Hisagi est là?

_Euh... oui, il est dans son bureau. Je le préviens que vous êtes ici? s'enquit-elle, ravie de pouvoir lui rendre service.

_Oui, s'il te plait.

La jeune femme composa rapidement un numéro sur son clavier et porta le combiné à son oreille :

_Il est très occupé ce matin, commenta-t-elle. Il était en interrogatoire encore il y a quelques minutes. Et... Hisagi-san?

Ichigo se redressa en constatant qu'à l'autre bout du fil, son ex avait répondu.

_Kurosaki Ichigo-sama est à l'accueil pour vous. Vous êtes occupé?... Allô?... Hi... Hisagi-san?

Les yeux de la jeune femme balayèrent le visage de l'écrivain avec une grande incompréhension. Puis, elle décolla lentement le combiné de son oreille tout en haussant les épaules :

_Il... il a raccroché, bredouilla-t-elle visiblement surprise.

_Ah...?

Kurosaki haussa un sourcil, tendant sa main vers le combiné du téléphone :

_Laisse-moi faire je vais le ra...

_Ichi!

Mais un cri fit stopper ses gestes. L'écrivain pivota sur ses talons, et observa un Hisagi Shuuhei dévalant les escaliers menant à l'étage du commissariat, son visage bien plus ouvert qu'à l'accoutumé. Pour la peine, on aurait même dit qu'il souriait à pleines dents, pensa avec amusement le jeune homme. Hinamori écarquilla ses yeux bien grand également, notant qu'il était bien rare de voir l'inspecteur Hisagi si enjoué et si... souriant.

« Merde, il va encore s'imaginer des trucs! » pesta-t-il soudain contre lui-même alors que le brun lui donnait une accolade serrée.

_Qu'est-ce que tu fais ici? questionna alors l'inspecteur donnant une petite tape derrière le dos de son ex.

_Euh... je... en fait, c'est pour le... Il faut que je te vois. En privé.

Ichigo n'avait pas oublié que la jeune Hinamori était toujours derrière son comptoir et que bien entendu, comme auparavant, elle ne loupait pas une miette de leurs échanges. Pourtant, elle avait tout l'air d'une jeune fille respectueuse et banale, mais Ichigo savait bien que derrière ses airs d'ingénue la petite brune était une grande curieuse. Combien de fois l'avait-il surprise à écouter leur conversation et à les observer du coin de l'œil lorsqu'ils se disaient au revoir sur le pas de la porte du bureau de Shuuhei?

Une fangirl...

_D'accord, on va dans mon bureau?

Le rouquin acquiesça silencieusement et après un rapide salut à la standardiste, suivit l'inspecteur à l'étage du commissariat pour s'enfermer avec lui dans son bureau.

La pièce non plus n'avait pas changé. Tout du moins en apparence, car l'écrivain remarqua que plusieurs petits détails auparavant mis en avant ne se trouvaient plus là. Comme le cadre photo qui trônait sur le large bureau d'Hisagi, il n'y était plus. Evidemment, dans ce cadre, Hisagi y avait placé une jolie photo de son ex-amant et à présent, elle n'avait plus lieu d'être.

Il remarqua aussi que quelques bibelots avaient disparu : tous les cadeaux qu'il lui avait offert n'étaient plus là. Les souvenirs qu'ils avaient ramené de leur voyage en France et au Canada n'étaient plus dans la petite blibliothèque dans le coin de la pièce. Bref, c'était comme si Shuuhei avait définitivement rayé l'orangé de sa vie en éradiquant chacun de ces souvenirs matériel. D'un côté, Kurosaki s'en trouva perturbé; mais c'était un mal pour un bien, au moins il savait à présent que le policier n'était plus si accroché à lui.

Un silence s'installa une fois qu'ils se retrouvèrent tous les deux, et Kurosaki s'y était parfaitement attendu. Leur dernière conversation s'était terminée sur une déclaration oh combien désespérée d'Hisagi à laquelle il n'avait prêté aucune attention ou presque. Il se sentait mal à l'aise maintenant; il avait horreur d'avoir à se retrouver face à quelqu'un qui éprouvait pour lui des sentiments aussi forts. Il avait l'impression de ne faire que du mal à cette personne.

_Alors, je peux savoir ce qui t'amène ici? reprit Hisagi en prenant place derrière son bureau, un léger sourire sur les lèvres en observant son ex.

Ichigo inspira profondément, laissant quelques secondes s'écouler entre la question posée et sa réponse :

_Je suis là pour te demander un service. Non, plutôt deux services. Et aussi pour te poser quelques questions.

Les sourcils bruns se froncèrent violemment et Shuuhei bougea nerveusement sur son siège. Qu'est-ce que Ichigo voulait dire? A cet instant, il imagina tout, sauf ce que le roux avait effectivement en tête.

_Tu veux quoi? Me demander de ne plus voir Kensei? Tu veux peut-être savoir si je sors avec lui, où nous en sommes, hein? Alors je te répondrai simplement que...

_Le premier service que je vais te demander c'est de pouvoir avoir accès aux archives de ce commissariat. Ensuite, tu vas demander une audience avec Grimmjow Jaggerjack à la prison, en prétextant un interrogatoire quelconque pour une enquête. Et enfin, je veux savoir ce que tu sais d'Aizen Sosuke.

Les trois demandes que le jeune homme venaient de stipuler étaient si peu banales et si surprenantes que Hisagi en resta bouche bée. Le silence glacial qui s'installa entre eux était bien pire que tout ce qu'ils avaient connu. Le brun déglutit difficilement, dans l'incapacité de bouger, ses yeux braqués sur le visage attentiste de son ex. Il attendait effectivement une réponse et Shuuhei le remarqua bien malgré son abasourdissement. Mais aucune réponse constructive ne sortit de sa bouche à ce moment-là. Ce fut plutôt une sorte de... d'éclat de rire.

_Ahah! Tu... tu plaisantes, n'est-ce pas? s'écria-t-il à moitié entre le fou rire et la peur la plus extrême. Tu aurais dû faire acteur pas écrivain!

Ichigo lui lança un regard déçu et croisa ses bras sérieusement sur sa poitrine :

_Est-ce que j'ai l'air de plaisanter?

_Tu... tu te fous de moi, hein? Il est impossible que... que je fasse ça. Non mais enfin, tu t'entends ou quoi? reprit-il en quittant son siège et en faisant les cent pas dans la pièce. C'est... c'est...

_Tu es en train de me dire que ce n'est pas possible?

_Oublie tout de suite tout ça! lui ordonna-t-il en pointant soudain un index accusateur sur lui. Les archives tu tires un trait dessus. Qui es-tu pour vouloir mettre ton nez là-dedans? Et il hors de question, et tu m'entends bien j'espère : HORS DE QUESTION que j'utilise ma profession pour couverture pour que tu... tu rencontres ton amant ou je ne sais quoi! Tu as perdu la tête!

Kurosaki soupira et baissa quelques instants la tête; c'était plus ou moins la réaction à laquelle il s'était attendu. Mais elle était beaucoup plus virulente que ce qu'il aurait pu imaginer. D'une manière ou d'une autre, Shuuhei avait raison. Cependant, il était l'aide dont il avait le plus besoin à présent.

_Bien, dit-il en soupirant, je comprends. Mais alors, si tu ne veux pas accéder à mes requêtes réponds simplement à ces questions : est-ce que tu peux juste me donner... le nom de l'avocat qui a défendu Grimmjow? Je veux être sûr que...

_Humpf... Oui, je peux au moins faire ça, répondit-il. De toute façon tu aurais trouvé cette réponse tôt ou tard, même en interrogeant Kensei.

Le brun fit rouler son siège sur la moquette et se plaça devant son ordinateur. Pendant quelques instants il pianota rapidement sur son clavier pour enfin reprendre :

_Urahara Kisuke. C'est le nom de son avocat. Tu n'auras pas de mal à le trouver, son cabinet n'est pas loin de chez toi.

_D'accord. Merci.

Ichigo nota rapidement le nom sur un petit carnet qu'il avait pris soin d'emporter avec lui.

_Et... il n'y a pas eu de témoignage en faveur de Grimmjow pendant son procès?

_Si. Il y a... son meilleur ami si j'en crois le rapport. Il Forte Grantz. Il travaille dans un fast food dans le quartier de Harajuku, je te note l'adresse.

Le roux tendit son carnet au brun qui y gribouilla rapidement une adresse. Kurosaki n'osait même plus rien dire; ces informations allaient l'aider c'était certain. Et puis, si Hisagi lui fournissait ces infos au compte goutte, nul doute qu'il finirait bien par lui en dire un peu plus. Il fallait juste qu'il soit patient.

_Dernière chose : tu sais que Aizen Sosuke est le psychiatre de Grimmjow? J'ai cru comprendre qu'il avait été un prisonnier lui aussi, libéré récemment.

_Oh oui, j'en ai entendu parlé, répondit Shuuhei en reprenant un air grave. Je n'ai pas été sur l'enquête, c'est mon supérieur, Tosen Kaname qui dirigeait le cas. Apparemment, tout ce que je peux te dire c'est que sa libération était inespéré. Tosen-Taicho n'a pas voulu en parler, mais l'affaire a fait beaucoup de bruit.

_Je vois. Rukia m'a dit qu'il y a eu une sorte de mic mac? Qui l'a fait libérer?

Hisagi s'enfonça dans son siège et plaça ses mains sur son estomac :

_Pfff... Il y a plusieurs théories, non confirmées cependant. Tosen-sama est certainement le seul au courant. Mais je pense que les politiques ont remué beaucoup de personnes pour le faire sortir. Aizen est puissant dans son genre, alors à part de sombres histoires d'argent, je ne vois pas ce qui aurait pu jouer.

Ichigo fronça les sourcils, c'était quand même loin d'être aussi facile pour faire sortir quelqu'un de prison!

_En fait, expliqua Hisagi en liant ses doigts les uns aux autres sur son sous-main, le juge a demandé une révision du dossier d'Aizen il y a quelques temps. Prétextant de nouveaux éléments dans l'enquête. Je ne sais pas si Tosen-sama y a pris part, comme je te l'ai dit, je n'en ai aucune idée. Quoiqu'il en soit, le dossier a été rouvert à la demande du juge et une audience a eu lieu. Bref, apparemment pendant l'audience, de nouvelles preuves ont permis de rayer tous les chefs d'accusation. Ne me demande pas comment mais... je sais de source sûre que le maire a assisté à cette audience. Sûrement témoigné également.

_Le... le maire? s'enquit Kurosaki en écarquillant les yeux. Qu'est-ce qu'il vient faire là-dedans?

_Aucune idée. Mais si tu arrives à avoir des infos, crois-moi, ça m'intéresse grandement.

Le roux esquissa un petit sourire espiègle :

_Oh non, non, non, Shuuhei. Je te fournirai les infos que j'ai pêché quand tu m'auras ouvert les archives, pas avant.

_Tch! Ne vends pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué, Ichi, répliqua-t-il avec un sourire semblable. Tu sais bien que le maire est un dure à cuire. Ce cher, Barragan...

Ichigo haussa un sourcil, Shuuhei n'avait pas tord. Barragan Luisenbarn était un maire plutôt autoritaire, même si sa fonction l'empêchait d'abuser de son pouvoir comme bon lui semblait. Cependant, son mandat le protégeait, or chacun des citoyens savait qu'il n'était pas blanc comme un agneau. Et d'après le visage d'Hisagi, il comprit parfaitement qu'à la fin de son mandat, l'homme aurait des ennuis avec la justice.

_Mais, je ne me fais pas de soucis là-dessus, Ichi. Après tout, tu connais très bien sa fille à notre cher maire, hein? Nell est une camarade de fac?

_Je te vois venir à cent kilomètres, Shuuhei, répliqua-t-il sans même le regarder et gribouillant son carnet de notes. La dernière chose que je ferai c'est embêter Nell à propos de son père. Elle a autre chose à penser.

_J'imagine. Comme nous tous.

Le rouquin décida d'écarter le sujet, même si au fond de lui, il était triomphant de voir qu'Hisagi s'intéressait également au cas. Et que le cas échéant, il aurait besoin de lui pour atteindre Mr le maire.

_Enfin, ce qui m'intéresse c'est surtout pourquoi Yamamoto a pris Aizen à la prison pour être psy? Tout ça paraît illogique au possible...Aizen a forcément quelque chose derrière la tête, non?

_Connaissant l'individu je dirai que oui. Mais, encore une fois, ce sont des théories.

_Bien, merci pour ton aide. Je pense contacter Muguruma pour en savoir plus.

_Oh... mauvaise idée.

Ichigo était sur le point de quitter les lieux sur sa dernière phrase, mais la réplique de Shuuhei l'interpela :

_Pourquoi?

_Euh... Laisse Kensei tranquille pour l'instant, d'accord? demanda-t-il avec une grimace. Il... il a décidé de quitter son travail à la prison.

Le jeune homme manqua sursauter à l'entente de la nouvelle :

_Hé? Quoi? Pourquoi?

La nouvelle de son départ prit tellement Ichigo de court qu'il arbora l'expression la plus improbable de toute sa vie. Sa bouche s'était ouverte en grand et ses yeux s'étaient écarquillés. Shuuhei laissa échapper un éclat de rire, même si la situation de Kensei le préoccupait au plus haut point.

_Je l'ai invité à rester chez moi quelques temps, expliqua-t-il. Il en a besoin je crois. Mais tu te doutes bien qu'après avoir "battu" Grimmjow de la sorte, Yamamoto n'allait pas rester les bras croisés. Il a voulu le mettre à pieds pendant un certain temps, mais l'honneur de Kensei était en jeu. Alors, avec sa fierté il a préféré démissionner de lui-même plutôt que de subir cette sentence.

Kurosaki expulsa tout l'air contenu dans ses poumons. En se remémorant bien le caractère de Kensei c'était tout à fait plausible, et même prévisible. Mais il avait encore l'impression qu'il mettait la pagaille...

_C'est ma faute, je le sais. Kensei ne serait pas partie de son poste si je n'avais pas rencontré Grimmjow.

_C'est vrai, répondit Hisagi assez durement. Mais il ne t'en veut pas, crois-moi. Et puis, si tu n'avais jamais rencontré Grimmjow, tu ne serais pas en train de jouer les flics à l'heure actuelle, hein? Et je dois dire que c'est le truc le plus amusant que je t'ai vu faire!

L'orangé haussa les épaules, gêné :

_Fous-toi de moi, tiens!

_Je plaisante, Ichi.

Même s'il plaisantait, le jeune écrivain ne pouvait s'empêcher d'éprouver de la culpabilité. Et pour la peine, il se promit d'écrire le plus formidable de tous ses romans, et de donner à Kensei un rôle magistral. C'était ce qu'il avait prévu de toute façon, mais quand bien même... il voulait remercier l'homme de la meilleure façon qu'il soit.

_Il y a aussi autre chose que je dois découvrir, mais ça je n'aurais pas besoin de ton aide je pense.

_Ah?

_Oui. Un prisonnier qui s'amuse à jouer à Cyrano de Bergerac et je dois le rencontrer. Et surtout savoir pourquoi il a écrit ces mots en se faisant passer pour Grimmjow.

Hisagi l'observa avec incompréhension, n'ayant aucune idée de ce dont il parlait. Mais Ichigo se parlait plus à lui-même qu'autre chose; bien déterminé à mettre fin à la couverture que Jaggerjack s'était offerte. Il voulait le revoir plus que tout, et enfin avoir le coeur net sur son illetrisme.

Décidément, s'être lancé dans l'écriture de ce roman était bien plus excitant que tout ce qu'il avait fait. Les hommes, les faits... tout s'entremêlait étrangement, et il aimait ça! La situation était presque aussi tordue que son cerveau d'homme de lettres, c'était pour dire. Et en plus de cela, il aimait les mystères. Surtout lorsqu'ils impliquaient un criminel sexy très dangereux, un yakuza à l'intelligence démesurée et un politique puissant. Honnêtement, il n'avait jamais été aussi excité de toute sa vie!


~ Prison de haute sécurité ~

Grimmjow Jaggerjack attendait patiemment. Aussi patiemment que pouvait le permettre sa position de prisonnier enchainé des poignets jusqu'aux pieds. On l'avait placé dans cette pièce sans rien lui dire, sans aucune raison apparente, et maintenant il attendait le bon vouloir de ses geôliers. Il était assis sur une chaise de fortune, dans cette petite salle de la prison qu'il n'avait encore jamais vue. Il ne se rappelait même pas comment il avait atterri ici, c'était pour dire! De l'autre côté de la porte il pouvait entendre des voix masculines, celles des gardiens, et notamment celle de Love. Mais rien ne lui indiquait ce qu'il faisait ici.

Puis, lorsque la porte s'ouvrit enfin, le bleuté tourna ses yeux en direction de l'inconnu qui pénétra la pièce. Un homme étrange, au premier abord...

Fronçant ses sourcils de manière agressive, Jaggerjack observa le nouveau venu avancer jusqu'à lui, ses belles chaussures de cuir noir frappant le carrelage durement. Il portait un long manteau noir, un feutre sombre et de larges lunettes de soleil. De plus, il était quasiment impossible de voir son visage, le col de sa veste le cachant totalement ou presque. L'homme était mystérieux au possible, et son apparence lui laissa entendre qu'il s'agissait d'un quelconque policier.

_Z'êtes qui vous? cracha-t-il en lançant un regard dédaigneux au visiteur.

Mais aucune réponse ne parvint à ses oreilles. En guise de réplique, l'homme fit voler son feutre à l'autre bout de la pièce et ouvrit son manteau en grand, manquant faire tomber le turquoise à la renverse.

_Je suis là pour toi, Grimmjow, énonça alors la voix la plus sensuellement scandaleuse qu'il n'eut jamais entendu.

_Mais...

Il était là, sous le meilleur jour qui soit. Son pire fantasme, son plus bel espoir, complètement nu sous son manteau noir, son visage plus beau que jamais et son sourire plus ravageur qu'à l'accoutumé. Il était bien plus que fantastiquement incroyable à ses yeux. Il l'éblouissait en cet instant, son corps si jeune et vigoureux lui mettant l'eau à la bouche.

Charmeur, il avança jusqu'à lui, son corps nu se mouvant lentement, étirant les beaux muscles de ses pectoraux et de son abdomen, son sexe a demi érigé dansant au fil de ses pas contre ses cuisses. Puis, il prit le visage du bleuté entre ses mains et lui donna un baiser brûlant.

Jaggerjack se laissa faire, totalement sous le charme, envahit par un flot de désir qu'il ne pouvait contrôler. Là, maintenant, son rêve se réalisait.

_Oh Grimmjow... Je suis là pour te sortir d'ici, aies confiance en moi. Je ferai tout pour toi.

Abasourdie, Jaggerjack laissa sa machoire s'écraser au sol sous le regard criant de luxure du bel inconnu. C'était la première fois qu'il se retrouvait si... désarmé. Personne ne lui avait encore fait ça bordel!

_Mais avant de te faire sortir et de te ramener chez moi, j'ai très envie de toi. Maintenant, tout de suite!

Le visiteur porta son index à sa bouche et le mordilla, voulant se montrer quelque peu timide, alors qu'il écartait ses jambes et s'installait à califourchon sur notre prisonnier.

_Mais... c'est...

_Chuuuut! lui ordonna-t-il en plaçant ce même index sur la bouche de Grimmjow. Je veux te sentir à l'intérieur de moi, je veux que tu jouisses en moi. Oh oui, fais ça pour moi, Grimmjow.

Lentement, le visiteur plongea une main dans la poche de sa veste toujours sur ses épaules, et en retira une petite clef d'argent qu'il brandit devant son visage souriant et espiègle :

_Mais d'abord, il faut te débarrasser de ça, n'est-ce pas?

Cette fois-ci, Grimmjow crut qu'il allait atteindre l'orgasme sans aucune stimulation sexuelle; il sauta sur ses pieds et n'attendit pas que son sauveur le libère de ses chaines. Il captura sa bouche entre ses dents et l'embrassa si durement qu'il fit se raidir totalement le sexe de son partenaire.

_J'vais mourir si j'te baise pas dans la s'conde, Kurosaki!

_Ah... Viens...

Et l'orangé plaça ses mains sur ses fesses, de façon à les écarter pour que le bleu puisse s'y faufiler. Et d'ailleurs, il le pénétra avec une telle facilité que cela lui parut presque... irréel. Oui, irréel.

_Hé! Une p'tite minute! s'écria-t-il en se redressant. C'est... putain c'est un putain de rêve! Encore?

Une main agrippa sa nuque violemment et rapprocha son visage de celui d'Ichigo :

_On s'en fout! Continue!

_Ouais, on s'en fout!

Et il s'enfonça un peu plus en lui, faisant crier le jeune écrivain sous ses coups de bassin, poignardant sa prostate à chaque fois. Ce rêve était le meilleur qu'il n'ait jamais eu! Ce fantasme était celui qu'il voulait voir se réaliser le plus! Il le désirait plus que tout. Plus que tout! Plus que tout!

_Oh oui Grimmjoooow!

Ah il n'en pouvait plus. Devenait-il dingue à rêver de cet écrivain aussi crûment? Si dingue qu'il pouvait sentir jusqu'au plaisir incroyable de lui faire l'amour dans un rêve? Mais plus il approchait du plaisir ultime, plus le visage d'Ichigo se flouttait. Il s'évaporait sans qu'il ne puisse le retenir.

_Nan! Nan!

_Grimm...

Les mains du rouquin cherchaient à s'accrocher à lui, mais glissaient irrémédiablement. Pourtant, Grimmjow ne faiblit pas ses gestes, continuant de s'enfoncer loin dans le jeune homme; la sensation de plaisir se faisant cependant de moins en moins forte.

_G... i...

Il ne l'entendait presque plus maintenant. Il ne voyait presque plus ses beaux yeux ambrés. Ses coups de bassin s'évanouissaient dans l'air, comme s'il tentait de faire l'amour au vide. Le jeune écrivain ne l'enserrait plus si étroitement qu'auparavant, il s'était pratiquement envolé, sans qu'il ne puisse rien faire.

_Attends! Reviens! Reviens! tenta-t-il désespérément, basculant en avant pour retenir le peu qu'il restait du jeune homme.

Et il tomba dans un trou noir infinie, les dernières traces d'Ichigo s'étant totalement volatilisées.

Le black out qui s'en suivit le laissa à morphe. Son corps était lourd comme un cheval mort et sa tête allait finir par exploser tant elle lui faisait mal. Et pourtant, il entendait ces voix. Il sentait qu'on posait sur lui des mains et qu'on le déplaçait. Mais il ne voulait pas. Il voulait recommencer ce rêve. Il voulait vivre pour l'éternité dans ce fantasme et croire à ce que Kurosaki lui avait dit; qu'il le libérerait de ses chaines...

_Alors, qu'est-ce qu'elle a dit?

_Rien de spécial. Tout va bien.

Love déposa doucement ce qu'il restait de Grimmjow Jaggerjack sur son lit de fortune, dans sa cellule. L'homme était toujours sous les effets de la drogue depuis son transfert la veille, et avait passé la nuit dans l'infirmerie de la prison, Unohana-sensei ayant veillé sur lui et constaté les effets du produit l'ayant réduit à un vulgaire pantin.

_Unohana-sensei a dit qu'il se réveillerait normalement dans quelques heures. Nous viendrons vérifier qu'il va bien d'ici un moment. Mais il n'y a pas à s'inquiéter, reprit Love en quittant la cellule avant de la refermer à double tour. Il a eu toute une nuit pour se remettre des effets de la drogue. Mais il a été assommé. Il faut le surveiller.

Ses collègues acquiescèrent sans un mot de plus et tous s'éloignèrent de la cellule de la panthère en silence.

A l'intérieur, le corps immobile de Jaggerjack était étendu sur sa couche, sa poitrine se soulevant lentement au rythme de sa respiration, ses paupières refermées sur ses beaux yeux bleus turquoises. Le prisonnier était tombé dans un profond sommeil, un très profond sommeil. Et les effets de la drogue jouaient sur son imagination, inconsciemment...


Merci à vous pour avoir lu ^^ Désolée d'avance s'il reste quelques fautes d'orthographe, même après plusieurs relectures.