Note : C'était la première que j'écrivais sur du Sirius. Et le plus drôle, c'est que Ty S. Brekke, avec qui j'avais fait la nuit, avait elle aussi écrit sur Sirius lors du thème précédent. Mais aucun de nous n'avions encore partagé nos textes à ce moment-là, on était trop à l'arrache. Comme quoi, les grands esprits se rencontrent sans même communiquer entre eux.
Disclaimer : Univers et persos appartiennent à JK Rowling. L'intrigue est de moi.
Titre : Poursuite nocturne
Thème : Silencieux
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 1107
Personnages : Sirius Black, Rémus Lupin, Mme Pomfresh
Rating : 10+
« Il est l'heure » se dit Sirius en se redressant sur son lit à baldaquin. Il jeta un coup d'œil circulaire au dortoir qui épousait la forme de la tour et s'aperçut, comme il s'y attendait, que seuls trois lits étaient occupés, en plus du sien. D'un geste aussi vif que silencieux, il bondit hors du lit, enfila sa robe de chambre par-dessus son torse nu et son caleçon lâche qui lui faisaient office de pyjama, et se précipita hors de la pièce, à la rencontre de l'inconnu.
« Je peux encore le rattraper, se dit le jeune trublion de Gryffondor, il n'a pas dû partir il y a bien longtemps. » Lorsqu'il fut certain que personne n'était resté veiller dans la salle commune, il se mit à courir vers l'entrée secrète du sanctuaire des Gryffondor, ignora les plaintes endormies de la Grosse Dame et dévala les escaliers quatre à quatre, craignant d'avoir raté sa chance une fois de plus.
« Il n'a pas pu se volatiliser ! s'exclama-t-il en son for intérieur. Sa proie était peut-être discrète, mais pas au point de disparaitre sous le nez du plus grand maniganceur de mauvais coups de tout le château ! Mais il eut beau se presser pour atteindre le hall d'entrée au plus vite, ce dernier était désespérément vide : le silence qui y régnait n'était rompu que par les ronflements sonores des gargouilles qui gardaient la porte de la salle des professeurs. Ils étaient d'ailleurs si bruyants que le jeune Black faillit ne pas entendre les bruits de pas qui résonnaient en direction de l'escalier de marbre. Vif comme une balle d'or, il se camoufla derrière une statue du Hall qui eut le bon goût de ne pas grincer à son contact. Dix secondes plus tard, il vit arriver le jeune garçon en compagnie de Madame Pomfresh. L'instant d'près, leur discussion lui parvint enfin aux oreilles.
- Pourquoi es-tu si crispé, mon garçon ? lui demanda l'infirmière en frottant doucement l'épaule de son camarade, lequel effectua une grimace de douleur. Ce n'est pourtant pas la première fois que nous faisons ça. Tu devrais y être habitué maintenant.
- Je ne m'y habituerai jamais, lui répondit Rémus en se massant l'épaule. Et d'ailleurs, aujourd'hui, j'ai un mauvais pressentiment…
- C'est ce que tu as dit la première fois, et pourtant tout s'est bien passé.
Ils passèrent devant la cachette de Sirius sans le voir. Le regard avide, le jeune fauteur de troubles esquissa un petit sourire narquois en les voyant disparaitre derrière la grande porte à deux battants qui menait dehors. Bien entendu, il les suivit, il ne voulait pas rater ça.
« Le petit Lupin qui se fait l'infirmière de l'école ! J'en connais qui vont jaser en apprenant ça ! » chantonna-t-il pour lui-même tandis qu'il se précipitait sur la porte pour se lancer à leur poursuite. Et il arriva juste à temps pour voir la sorcière d'âge mûr utiliser le sortilège de lévitation pour aller presser un bout de bois contre le nœud d'une racine de l'arbre qui avait failli éborgner Dave Goujon.
« Il aurait d'ailleurs pu faire attention ce crétin de Dave, n'empêche ! se rappela Sirius en effectuant une moue de frustration. La danse du saule, c'était quand même un super jeu ! » Mais il se figea soudain, car les deux cachottiers venaient de s'approcher du Saule Cogneur sans provoquer en lui la moindre tressaillement de branche ou de feuille. Plus stupéfiant encore, il vit deux des racines s'écarter littéralement pour laisser voir un énorme passage qui semblait s'enfoncer profond dans la terre.
« Encore plus génial ! » s'extasia-t-il en se retenant de pousser un cri de joie. Voilà qui lui faisait une autre cachette où il pourrait donner rendez-vous à ses prétendantes en toute intimité. Sans hésiter une seconde, le Gryffondor qu'il était n'écouta que sa témérité et s'élança en direction de l'arbre agressif.
- Wingardium Leviosa ! souffla-t-il dans un murmure que l'excitation rendit presque inaudible. Mais la branche morte s'envola néanmoins et, l'instant d'après, il avait plongé dans l'ouverture et parcourait un long tunnel avec le regard émerveillé d'un explorateur. La traversée fut longue, et il lui fallut user de plusieurs enchantements de localisation pour comprendre qu'il se trouvait à la périphérie de Pré-au-Lard, juste en-dessous de cette cabane hantée que le vieux loufoque avait condamnée l'année de sa rentrée à Poudlard. Il avait toujours rêvé de l'explorer et de voir de ses propres yeux ces fantômes si bruyants qui effrayaient tout le monde. C'était donc l'instant rêvé. Ah qu'il frémissait d'excitation !
- A demain Remus. Bon courage…
« Oups ! » se dit Sirius en se plaquant aussitôt contre la paroi pour éviter Mme Pomfresh qui retournait dans le parc. Par chance, le coin où il s'était tapi ne fut à aucun moment éclairé par le faisceau lumineux de la baguette de l'infirmière. Elle passa devant lui sans le voir, il la regarda s'éloigner sans comprendre. Mais si Lupin n'avait pas été amené ici pour assister à un rendez-vous galant avec la vieille…
« Qu'est-ce qu'il peut bien fiche ici, non d'une tête d'elfe empaillée ! » Toujours aussi silencieux qu'une ombre, il s'approcha de l'escalier qui menait, comme il l'avait deviné, tout droit à la Cabane Hurlante. Et, alors qu'il le montait à pas de loup, un hurlement déchirant le fit rater plusieurs marches. Se rattrapant à temps, il se figea, l'oreille aux aguets. Un nouveau cri de douleur se fit entendre Sirius était formel, c'était la voix de Rémus.
« Mais qu'est-ce qu'ils lui font ! » s'inquiéta-t-il, toute excitation quittant aussitôt son esprit. Mais la curiosité restait bien là. Courageux, mais pas fou, il grimpa le reste des marches sur la pointe des pieds et plaqua son œil contre une fissure dans la porte de bois. Face à lui, s'imposa alors la plus terrifiante et la plus stimulante image qui lui fut donnée à voir.
« Par tous les Manitous du Grand Ordre ! » s'exclama-t-il en son for intérieur. Rémus Lupin était bien là, dans cette cabane croulante, entièrement nu, mais pas pour les raisons qui avaient attisé la curiosité de son camarade en premier lieu. Ça, c'était encore plus génial ! se dit-il en reconnaissant la forme du nez, la longueur de la queue et la couleur des yeux de la créature en laquelle son futur meilleur ami se transformait.
« Remus est un Loup-Garou ! faillit-il crier de joie. Alors ça, par Merlin ! C'est exactement ce qu'il nous faut ! James et moi, on commençait tout juste à s'ennuyer dans ce château sordide ! »
