Note : Seul OS "Kleenex" que j'ai écrit cette nuit-là. J'aime beaucoup la fratrie Crivey (ce qui est bizarre parce qu'ils tapent sur le système de pas mal de monde), et je ne pense pas m'arrêter là avec eux. D'ailleurs, mon texte du défi "Vacances" des Prompts de Poudlard porte justement sur Dennis. Il se nommera "Le Premier été", guettez-le, c'est du larmoyant là aussi ^_^.

Disclaimer : Univers et personnages appartiennent à JK Rowling, le reste est de moi.

Titre : Il reviendra !
Thème : Espérer
Fandom : Harry Potter
Nombre de mots : 1551
Personnages : Dennis Crivey, Colin Crivey, Abelforth
Rating : 10+


Au-dehors, l'orage grondait, illuminant le ciel de ses flashs éblouissants, faisant tonner sa fureur sur les bâtiments alentours et ceux qui s'y trouvaient. Aux bruits de fracas et aux cris de douleur et de peine que l'on entendait au loin, on devinait aisément que les victimes étaient relativement nombreuses. C'était un orage agressif, violent, meurtrier mais – plus particulièrement – un orage tout sauf naturel. Les flashs de lumière étaient verts, rouges, bleus. Les fracas assourdissants, quant à eux, s'avéraient être le résultat de sortilèges d'explosion, de mort, de feu, de stupéfixion, d'entrave et autres maléfices plus ou moins vicieux selon le camp de celui ou celle qui les lançaient. En ce qui concernait les hurlements de douleur, il y avait fort à parier que les plus audibles et les plus horrifiants étaient poussés par des sorciers subissant le sortilège Doloris des sorciers assurant la défense de Poudlard, le plus souvent.

Non loin de cette bataille – assez proche, en tout cas, pour tout entendre – plusieurs élèves mineurs attendaient encore que leurs parents viennent les chercher à la Tête de Sanglier, le bar tenu par le frère du défunt directeur de Poudlard. Affichant des mines tantôt angoissées, tantôt effrayées, et parfois frustrées de ne pouvoir participer aux combats, la plupart de ces jeunes sorciers avaient tous des parents moldus qui ne pouvaient prendre le risque de venir chercher leurs enfants jusqu'à Pré-au-Lard. Ainsi, le rustique Abelforth avait-il été sommé de rester sur place pour les protéger, eux qui étaient les cibles potentielles de ces faux-jetons adorateurs du sang-pur.

oOo

D'après ce qu'ils entendaient d'ici, ce n'était pas le camp de Poudlard qui avait l'avantage. La réalisation de cette terrible vérité, bien loin d'effrayer certains sixième année qui restaient, rendit ces derniers encore plus frustrés et plus agressifs que jamais. Plusieurs fois ils entrèrent en conflit avec Abelforth. Parmi eux se trouvait un minuscule élève de sixième année, il s'appelait Colin Crivey.

- Vous n'êtes pas prêts pour de telles épreuves ! tempêta le sorcier grincheux en les fixant sévèrement par-dessus ses lunettes crasseuses. Si vous vous jetez dans la mêlée, vous finirez par vous faire cueillir à tous les coups. Et vous connaissez les Mangemorts, vous en avez eu deux spécimens comme profs cette année. Vous savez qu'ils ne vont pas y aller mollo avec vous. S'ils vous trouvent, ils vous tueront sur le champ, ou alors ils décideront de vous torturer avant s'ils ont le temps.

- Si Poudlard perd et que nous sommes toujours là, c'est ce qui nous arrivera de toute façon ! répliqua le petit blond, la rage le faisant s'agiter dans tous les sens. Pour ma part, il est hors de question que je meure sans combattre !

Plusieurs sixième année et deux ou trois cinquième année hochèrent vivement la tête en signe d'assentiment. La plupart venait de Gryffondor et de Poufsouffle, mais il y avait aussi deux élèves Serdaigle et un de Serpentard. Curieusement, tous voulaient partir au combat pour aider leurs aînés à vaincre, ou bien partager leur défaite le cas échéant. Mais Alberforth restait intransigeant :

- J'ai eu un message d'une branche dissidente du Ministère il y a cinq minutes. Ils sont en train de coordonner votre sauvetage et mettent tous leurs membres du Département des Transports Magiques sur le coup. Dans moins d'une heure, vous serez tous évacués.

- On ne veut pas être évacués ! répondit un cinquième année de Poufsouffle. On veut aider ! Il y a là-bas nos professeurs, nos amis, nos frères et sœurs ! Vous croyez vraiment que nous allons les laisser mourir alors qu'on a les compétences pour les sauver ?

Mais s'il pensait faire changer d'avis le cadet des Dumbledore, c'était raté. Cette tête de mule éclata d'un rire peu flatteur avant même que le jeune apprenti sorcier eût fini sa phrase.

- Les compétences ? répéta Abelforth, hilare. Quelles compétences ? Mon pauvre petit bout de citrouille ! Il y a là-bas des mages noirs si vieux, si puissants et si cruels qu'ils éviscéraient leurs victimes et les tuaient lentement bien avant ta naissance. Qu'est-ce que tu crois pouvoir faire contre eux ? Leur balancer des Expelliarmus et des Wingardium Leviosa à la figure ?

Les joues du jeune Poufsouffle rosirent fortement, mais il ne se démonta pas. A côté de lui, une de ses aînées de Maison lui posa une main sur l'épaule et renchérit :

- Nous avons eu des cours contres les Forces du Mal pendant plus de cinq ans, et passé la BUSE avec brio. Nous sommes capables de nous défendre !

- Vous avez eu cinq ou six profs différents, dont au moins trois incompétents. Plus un gamin de quinze ans pour certains d'entre vous, leur rétorqua Abelforth du tac-au-tac.

- Nous avons subi et vu nos camarades subir les pires sévices de la part des Carrow ! répliqua la fille de Serpentard. Nous devrions avoir le droit de nous venger pour ça !

- Et si les Carrow vous choppent, ils achèveront ce qu'ils n'ont pas eu l'occasion de finir. C'est ça que tu veux, petite du Serpent ? J'avais entendu dire que vous autres les reptiles avaient des mœurs bizarres, mais de là à imaginer le sadomasochisme.

- Et si nous vous promettons de revenir toutes les demi-heures et de ne pas y retourner si on juge ça trop dangereux, vous nous laisseriez y aller ? demanda un cinquième année de Serdaigle.

Tous s'attendirent à un nouveau sarcasme de la part du vieux sorcier, mais à la place, il soupira d'un air las.

- Allez-y ! leur dit-il alors en secouant la tête d'un air désabusé. Fichez-le camp et allez vous faire tuer ! Mais n'oubliez pas de revenir toutes les demi-heures !

- Compris ! scandèrent les huit élèves en cœur.

Ils se précipitèrent alors sur l'ouverture cachée qui menait à la Salle sur Demande et disparurent de la vue de leurs cadets inquiets.

oOo

- S'ils ne reviennent pas tous une fois par demi-heure, j'irai les chercher moi-même, leur dit-il en tentant d'esquisser un sourire rassurant, mais sans succès. N'ayez pas peur, vos aînés sont robustes et intelligents, ils s'en sortiront.

- Je n'en ai aucun doute ! dit alors avec force un minuscule quatrième année de Gryffondor. C'est mon frère qui les mènera à la bataille. Il fait partie de l'armée de Dumbledore, il les protègera !

Quelques sourires rassurés et hochements de tête encourageants accompagnèrent la déclaration enflammée du petit Dennis Crivey. En revanche, Abelforth parut plus inquiet que jamais.

- C'est un Gryffondor non ? Espérons qu'il n'aille pas jusqu'à donner sa vie pour les protéger.

Privé d'un coup de sa fougue et de son assurance, le jeune frère hocha difficilement la tête. C'était justement ce que son aîné serait capable de faire. Mais il reprit vite contenance et déclara en retour.

- Je resterai ici jusqu'à ce qu'il revienne ! Je ne perdrai pas foi en lui !

Abelforth le fixa de nouveau, et il sentit le rouge lui monter aux joues. Impossible de savoir s'il était impressionné ou amusé tellement la crasse de ses lunettes obscurcissait les yeux du vieux barman.

- Soit, petit, finit-il par dire, je demanderai aux gens des Transports de venir te chercher en dernier.

oOo

Et ils passèrent ainsi des heures à attendre, dans la peur de ne plus les revoir, dans la joie d'apercevoir leur visage apparaître derrière le portrait d'Ariana, et dans l'angoisse de les voir repartir après avoir rassuré tout le monde et les avoir informés du déroulement de la situation. Petit à petit, moins nombreux furent celles et ceux qui y retournaient, tous effrayés et tétanisés à l'idée de mourir comme le combattant d'à côté. Dans le même temps, les sorciers du Ministère transplanaient directement dans le pub miteux, rassemblaient le plus d'enfants moldus et les emmenaient à l'aide de portoloins vers des destinations secrètes qu'ils ne divulguaient à personne, pas même à Abelforth. Au bout de trois heures de combat, un seul des combattants mineurs souhaitait y retourner : c'était Colin Crivey. Malgré les pleurs hystériques de son petit frère et les tentatives de dissuasion d'Abelforth, il franchit une nouvelle fois l'ouverture du portrait et disparut après leur avoir assuré qu'il irait bien, car il ne comptait pas quitter Harry d'une semelle.

Mais au bout d'une demi-heure, il ne revint pas. Dennis s'inquiéta, mais Abelforth réussit à le rassurer. Au bout d'une heure, le vieil homme commençait lui aussi à s'inquiéter tandis que les yeux du petit Dennis se remplissaient à nouveau de larmes. Au bout de deux, alors qu'il ne restait plus que Dennis et lui dans le bar, il réussit à convaincre le jeune garçon de partir avec les gens du ministère, tandis que lui ramènerait son frère.

- Et si… et si… et s'il est m…mort ? bégaya Dennis, incapable de contrôler ses sanglots, ni d'empêcher les larmes acides lui couler le long des cils.

- Que ce soit ou non le cas, je te le ramènerai, lui répondit Abelforth en effectuant un geste pour fermer le tableau derrière lui. Mais surtout, ne cesse jamais d'espérer tant que tu n'as pas la preuve de sa mort. Ce sera ta façon à toi de combattre ces ordures.

Puis, avant de disparaître lui aussi derrière Ariana, il le gratifia d'un sourire qui, cette fois, était si doux qu'il ne pouvait qu'être rassurant. Alors Dennis fit comme le lui avait dit Abelforth, il passa sa nuit à espérer. Il en finit même par se persuader que Colin rentrerait.