Chapitre 4
La nuit était sur le point de tomber. Le soleil avait déjà dévoilé ses derniers rayons et s'apprêtait à chauffer l'autre face de cette Terre ronde. Après être rentrées et avoir donné l'argent récupéré à Gin, Erza et Orihime s'étaient rendues dans leurs appartements. Les deux jeunes femmes habitaient dans l'immeuble qui était collé à la droite du bâtiment principal. Les six niveaux de cette bâtisse aussi luxueuse que le bâtiment principal avaient été totalement aménagés de façon à ce qu'au moins six personnes puissent aisément y vivre. Car oui, les deux jeunes femmes ne vivaient pas seules dans cette grande habitation: elles partageaient leur vie avec celles de Yoruichi et son frère Yuushirou, Grimmjow et Gajeel.
Chaque étage de cette maison était très vaste et grand. Le deuxième sous-sol servait de local à armes, et était également une salle dédiée aux entraînements quels qu'ils soient: tirs, boxe, combats, simulations, etc. Le premier sous-sol était, lui, un parking où étaient garées toutes leurs voitures de luxe. Contrairement aux garçons, Erza, Yoruichi et Orihime avaient d'abord cherché à refuser les voitures que le chef leur offrait, affirmant qu'elles n'avaient pas besoin de Lamborghini pour aller exécuter leurs missions.
Mais ce dernier avait été catégorique: il avait bien assez d'argent pour entretenir ses bras droits qui faisaient tout pour lui, et puis, il fallait savoir se faire plaisir. Le rez-de-chaussée était consacré à toutes sortes de recherches. Il était rempli de bibliothèques, de cartons eux-mêmes débordés de dossiers, d'ordinateurs et de plusieurs tableaux comme on peut en voir dans les séries policières.
Il s'agissait d'un lieu aménagé pour pouvoir permettre aux six agents de mener à bien leurs missions et de les organiser. Le premier niveau avait, quant à lui, un usage bien plus banal. On y trouvait «simplement» une gigantesque cuisine digne des plus grands cuisiniers, ainsi qu'une jolie pièce à vivre, une salle à manger, un salon. Au deuxième étage se trouvaient des pièces à utilités plus relaxantes: source chaude intérieure, piscine de natation, jacuzzi, hammam et une salle de sport. Et pour finir, le sixième niveau et dernier étage accueillait cinq suites luxueuses, chacune reliées à leur propre salle de bain. Cependant, seulement trois de ses chambres étaient occupées, les deux autres servaient à héberger les invités. L'immeuble était impressionnant, et chaque pièce avait été parfaitement aménagée selon l'usage qu'ils en faisaient.
Épuisées par cette longue journée, Erza et Orihime s'étaient allongées sur le grand canapé qui trônait dans leur salon, en face d'un gigantesque écran plat. La salle était en forme de Ͻ, grande, chaleureuse et accueillante. En effet, la cuisine et le salon étaient reliés entre eux par la salle à manger. Sur tout le flanc de ce C à l'envers se trouvaient de grandes baies vitrées qui donnaient une vue imprenable sur la piscine extérieure, la cour de la villa qui se trouvait derrière le bâtiment, sur la forêt et au lointain, les favelas. Depuis l'intérieur, on ne pas pouvait voir tout cela, il fallait s'avancer sur l'immense terrasse de parquet foncé. Le sol était, à l'instar de la plupart des pièces ici, fait de marbre blanc, avec quelques légers filets de couleur noire.
Dans la «partie salon», ce dernier était recouvert d'un grand tapis blanc fait de laine et de deux longs canapés gris/taupe clair qui formaient un angle droit. Les murs étaient simplement blancs, et deux petites tables basses de verre blanc avec des pieds noirs séparaient les canapés de l'écran géant accroché au mur. En dessous de celui-ci se trouvait un petit meuble posé sur le sol d'une couleur grise un peu plus foncée que celle des canapés, où reposaient de nombreuses télécommandes. Il y avait également quelques petites décorations qui ne valaient pas réellement la peine d'être citées. Dans la partie centrale de la pièce, la salle à manger, se trouvait une grande table de bois noir, surmontée d'une fine couche de verre transparent et entourée d'une dizaine de chaises beiges rembourrées, avec des pieds métalliques.
Et ensuite, en bas du Ͻ se trouvait la cuisine. Cette dernière était ouverte sur le reste de la pièce, il n'y avait aucune porte ou séparation, si ce n'est une moitié de mur qui servait de bar. C'était une cuisine très moderne, avec un îlot central ou étaient disposées les plaques de cuisson, la hôte d'aération et où on pouvait voir de nombreux tiroirs. Tous les meubles étaient surmontés de panneaux habillés stratifiés noirs, et le dessus de la table du bar, ainsi que le plan de travail était recouvert d'une solide couche de verre blanc. En clair, tout était aussi luxueux dans ces trois pièces qui n'en formaient en réalité qu'une seule, que dans une villa de vacances dotée de nombreuses étoiles.
Les deux sœurs furent rejoints sur le canapé par une immense panthère noir avec un museau blanc. Imposante, grande, musclée et avec un regard sérieux, elle n'en restait pas moins mignonne. Elle s'installa entre les deux sœurs, l'air de dire «Caressez-moi.» Un sourire se dessina sur les lèvres d'Erza. C'était toujours pareil avec Lily, la panthère de Gajeel, qui était en fait de sexe masculin. Elle, ou plutôt il, faisait partie d'une rare espèce de félins: les Exceeds, apparus vers les années 2020. Tout le monde l'adorait, et en particulier Grimmjow et Yoruichi. En effet, «La Pantera» et «El Gato» du Hueco Mundo avaient clairement de vraies tendances félines.
D'ailleurs, le propriétaire de cet animal et le bleuté concerné pénétrèrent à cet instant dans la pièce. Ils posèrent leurs achats sur le bar de la cuisine, et en entendant le bruit, les deux femmes devinèrent qu'il s'agissait de bouteilles, sûrement de l'alcool. Orihime regarda le réveil posé sur l'une des tables: 21h34. Bon sang, qu'est-ce le temps passait vite. Alors, elle se leva et s'adressa à sa sœur:
«Je vais dans la source chaude. Tu viens?» Mais cette dernière affirma qu'elle devait faire le repas et qu'elle n'aurait sûrement pas le temps de la rejoindre, alors la jeune femme du s'y rendre seule. Elle monta par l'escalier à l'étage supérieur et arriva dans une petite pièce de forme circulaire où se trouvaient cinq portes, chacune marquée d'une petite planche de bois.
Elle pénétra dans l'une d'entre elle, celle qui était marquée de la plaque «Source Chaude», tout en commençant à retirer ses habits. Elle venait d'entrer dans un splendide endroit, qui ressemblait en tout point à un petit paradis que l'on ne trouvait que dans la nature. Un énorme bassin prenait la plus grande partie de l'espace. Son eau semblait d'un bleu naturel, et on pouvait même voir la vapeur qui s'en échappait. Le bassin était entouré et parsemé de grosses pierres lisses, ainsi que de nombreux végétaux, qui donnait un véritable côté exotique à la pièce.
Les murs étaient en pierres, et le sol, en galets. En prenant son temps, elle retira le dernier de ses habits qui restait sur son corps et les posa sur un banc, avant d'attacher ses cheveux en un rapide chignon. Elle s'apprêtait à entrer, nue, dans l'eau, lorsqu'elle se ravisa. Prudente, elle se décida alors à renfiler ses sous-vêtements noirs et basiques puis à pénétrer dans la source. A peine y fut-elle entrée qu'elle poussa un petit soupir. L'eau chaude la revigorait, la détendait, et à chaque fois qu'elle y entrait, elle ne voulait plus en sortir.
C'était sûrement le meilleur aménagement de tout l'appartement, selon elle. Apaisée, Orihime marcha jusqu'au bord de la source et posa ses deux bras sur l'un des grands galets lisses qui l'entouraient. Elle y posa également son menton et ferma les yeux. Qu'est-ce que c'était reposant, toute cette chaleur! La jeune femme resta ainsi plusieurs minutes, ne pensant à rien d'autre qu'au bien-être que lui procurait ce lieu. Elle n'entendait rien d'autre que le clapotis des petites vagues qu'elle créait elle-même, et ne sentait qu'une délicate odeur reposante, propre à ce lieu qu'elle aimait tant. Orihime adorait venir ici le soir, cela lui faisait oublier la fatigue qu'elle ressentait tout au long de la journée.
Cependant, cette tranquillité ne dura pas. Elle était quasiment sur le point de s'endormir lorsqu'elle sentit des mains bien familières, et visiblement douées, lui dégrafer son soutien-gorge. Son visage se crispa instantanément. Il n'y avait évidemment aucun doute quant à l'auteur de cette stupide farce, c'était d'ailleurs pour cela qu'elle avait préféré garder ses sous-vêtements, par pure précaution. Elle aurait du s'en douter, il n'y avait qu'une seule personne capable d'une telle chose.
Orihime se retourna vers l'homme qu'elle n'avait pas entendu entrer dans l'eau, tout en maintenant son haut en place. Lorsqu'elle reconnut, sans une once de surprise, les canines typiquement félines de Grimmjow, un rictus se dessina sur ses lèvres. Ce n'était pas ce tendre sourire qu'on dédiait à un être aimé, non, il s'agissait plutôt d'un de ces sourires qui traduisaient la colère, et l'envie de vengeance. Vous savez! C'est ce fameux sourire que font tous les personnages de manga lorsqu'ils sont vexés, et qu'ils ont cette drôle de croix sur le côté du front. Oui, oui, voilà, celui là! Enfin bref.
Rapide comme l'éclair, Orihime prépara son poing. Elle se rapprocha de Grimmjow dans le but de le frapper, mais il semblait qu'elle avait oublié que son soutien n'était pas accroché. Sentant que sa poitrine était sur le point d'être dévoilée, elle se ravisa brutalement sous les ricanements du bleuté et fronça les sourcils. Ainsi, un vrai combat s'engagea entre Orihime qui cherchait à tout prix à remettre son soutien-gorge en place, et Grimmjow qui cherchait à tout prix à l'en empêcher. Jusqu'à l'instant où la panthère, profitant du fait qu'elle ne puisse pas user de ses bras, attira la rousse contre son torse. Visiblement très fier de lui, il lui fit ce fameux sourire dont lui seul avec la recette, et lui susurra à l'oreille: «Je-t'ai-eue, 'hime.»
La concernée grinça des dents, mais resta silencieuse. Elle plongea son regard dans le sien. Ses magnifiques iris l'avaient toujours fascinée, et elle se perdait facilement dedans. Cette fois-ci ne fit pas exception. Elle se noyait dans cette mer turquoise, tandis qu'il admirait les prunelles grises de sa camarade. Ils restèrent ainsi un moment: leurs jambes enroulées, leur torse collés, leurs yeux capturés par ceux de l'autre. Un pesant silence s'installa, et les joues d'Orihime se teintèrent d'une légère couleur rosée, chose que son ami ne manqua pas de remarquer. Depuis quand rougissait-elle à sa vue? Grimmjow sourit. Après tout, même si il se connaissait depuis leur enfance, Orihime était une femme, avec sa propre pudeur.
Rompant cet instant très intime, cette dernière prit Grimmjow de court. Il se trouvait que pendant ce laps de temps, elle avait réussi à rattacher son sous-vêtement, et sa vengeance n'était toujours pas assouvie. Alors, d'un geste rapide comme l'éclair, elle plaça son pied derrière le mollet de Grimmjow, puis elle attrapa fermement, malgré ses fins doigts, sa large gorge. Aussitôt, elle le fit tomber à la renverse et lui plongea tout le corps dans l'eau. En quelques fractions de seconde, il se retrouva plaqué au sol de la source et dut retenir sa respiration. La femme lui fit un large sourire qui se voulait narguant, avant de remonter à la surface, et de se hisser sur le ventre sculpté de son ami.
Elle soupira, mais son répit ne fut que de court instant. Également prise par l'effet de surprise, elle se retrouva hors de l'eau, dans les bras musclés de cet étrange homme aux cheveux bleus. Visiblement pas intéressé par les menaces qu'elle lui adressait, ce dernier ne s'occupait que du corps de la jeune femme. Il le détaillait, passant le plus de temps à admirer ses atouts proéminents, avant de remonter jusqu'à son visage. Elle dardait sur lui un regard noir, qui se voulait effrayant, mais qui le faisait plus rire qu'autre chose.
- Lâche moi.
- Non.
- Lâche moi, je te dis.
- Et pourquoi?
- Parce que, c'est tout. 'Pas besoin d'une raison.
- Montre-moi tes seins et j'te fais descendre. Ou embrasse-moi, ça me va aussi.
Orihime regarda attentivement le bleuté. Elle chercha une once d'ironie dans ses prunelles, sachant pertinemment qu'elle n'y trouverait rien: il était sérieux. Bon sang, quel genre d'homme était-il? Un monstre, une vraie bête de chasse. Elle soupira fortement et ferma les yeux quelques instants. Quel choix avait-elle? Prenant sur sa personne, elle entoura le cou de Grimmjow de ses bras et commença à rapprocher son visage. Arrivée à quelques centimètres seulement du sien, le temps sembla se suspendre. Le jeune homme paraissait aussi déstabilisé, allait-elle vraiment l'embrasser? En était-elle réellement capable? A chaque millimètres que franchissaient les lèvres de la belle, il sentait son cœur s'accélérer.
«C'est pas bon.» pesta-t-il intérieurement.
Mais, à cet instant, alors que le baiser semblait être sur le point de se réaliser, la situation se renversa. A une vitesse hallucinante, Orihime se recula brutalement et attrapa les cheveux de Grimmjow. Elle cria un puissant: «Te fous pas de moi!» avant de lui plonger la tête sous l'eau. Visiblement, le couler lui faisait beaucoup plaisir et elle n'avait pas l'air de se soucier de l'état du jeune homme. Lorsque ce dernier refit surface hors de l'eau, leur jeu commença. Ils se coulaient chacun leur tour, se frappaient, s'éclaboussaient, grimpaient sur l'autre, en bref, ils s'amusaient comme des enfants. Le calme et le silence de la pièce avaient été remplacés par de bruyants éclats de rire et le bruissement des vagues. Même si son instant de tranquillité avait été perturbé, Orihime ne semblait plus fâchée. Elle s'éclatait réellement et on pouvait lire sur leurs deux visages une sorte d'intense épanouissement.
Longtemps après, lorsqu'ils eurent assez joué, la femme se dirigea vers la sortie du bassin. Comme hypnotisé, Grimmjow la suivait du regard et admirait le spectacle, qui semblait se passer au ralenti. A l'instar d'une scène de film hollywoodien, Orihime monta gracieusement les marches de l'escalier. Ses fines jambes, qui n'étaient pas très grandes et ses hanches qui roulaient, joliment moulées par son boxer noir tout trempé. De nombreuses gouttes d'eau glissaient sur son magnifique corps encore mouillé, et particulièrement le long de sa colonne vertébrale. A ce même endroit dansait le tatouage de la rousse, ce fameux dragon couleur ambre qui ornait son dos parfaitement sculpté. Et pour couronner le tout, elle passa sa main dans ses cheveux, et d'un geste, son chignon disparut et sa touffe rousse retrouva sa liberté. Grimmjow hallucinait. Avait-elle prit des cours? Le faisait-elle exprès?
Mais le regard qu'elle lui jeta lui démontra qu'il se trompait. «Quoi? Pourquoi tu me regardes comme ça?» demanda-t-elle, une expression dubitative sur sa face. Le bleuté reprit alors ses esprits. Il trouva rapidement une excuse à lui donner, avant de la regarder prendre ses habits. Il en était sur. Cette femme, Orihime Inoue, elle allait le rendre fou, si ce n'était pas déjà le cas.
La suite de la soirée se passa tranquillement. Les quatre gens s'installèrent autour de la grande table à manger. Comme d'habitude, Erza avait beaucoup trop cuisiné, et ils se retrouvaient maintenant avec de grosse quantité de riz et de saumon sauvage sur la table, alors qu'ils n'étaient qu'un petit nombre. Le repas se passa dans la bonne humeur, comme toujours, et lorsqu'ils eurent fini, une nouvelle confrontation démarra, cette fois-ci, à l'aide de manettes de jeux vidéos. Un match de foot. Deux équipes adverses. Erza et Grimmjow vs Orihime et Gajeel. Les cris, les rires fusaient, ces colocataires s'amusaient vraiment.
En les voyant ainsi, qui aurait pu imaginer que ces jeunes amis faisaient partie d'une étrange organisation mafieuse à l'influence mondiale, qui utilisait des moyens ô combien non conventionnels pour arriver à ses fins, si justes soient-elle?
C'est alors que quelqu'un sonna à leur porte. Alors que Gajeel se levait pour aller répondre à l'interphone, Grimmjow le devança et décrocha: «Ouais? Ouais, entre. Prends l'ascenseur, monte au sixième étage. J'arrive.» Sa voix était claire, à la limite de l'indifférence. Puis il s'adressa à ses amis, avec un tout autre ton, teinté de provocation:
- J'vous laisse, mon gibier a fait son entrée. A d'main, les gars!
- Oh, Grimmjow, t'es chiant! On était en pleine partie, là! Se plaignit Erza.
- C'est pas comme si il était indispensable, lâcha Orihime, qui connaissait très bien la nature de «ce gibier.»
- Je suppose que j'dois aller dormir dans la chambre d'à côté. Soupira Gajeel, qui n'avait même pas besoin de réponse.
Et sur ces mots, le Don Juan salua ses amis avant d'emprunter les escaliers.
(Mettre cette musique: watch?v=VRpUG7ZsZQw )
J'étais à genoux, écroulée sur le sol. J'avais peur. Je sentais la mort se rapprocher de moi.
Une main chaude et rassurante vint se glisser dans la mienne. C'était ma meilleure amie, ou plutôt devrais-je dire ma sœur. Même si elle ne montrait rien, je sentais qu'elle avait peur. Les gardes courraient à notre rencontre, nous, les rebelles qui avions lancé une révolte, du haut de nos neuf ans.
C'était la fin. Nous allions mourir. J'étais pleine de regrets. Même si, grâce à nous, beaucoup d'esclaves avaient pu s'enfuir, notre ami restait prisonnier des gardes, et nous n'avions pas pu le sauver. J'étais triste.
J'avais mal. Mon corps blessé et engourdi, la douleur de mon œil qui me torturait, la fatigue qui ne me laissait aucun répit: je n'étais pas en forme.
Les gardes levèrent leurs armes sur nous. Une larme roula sur ma joue. Alors, je pris ma sœur dans mes bras et posai ma tête dans le creux de son cou, attendant que la mort nous prenne. Son odeur m'enivra, ce parfum si familier qui me réconfortait, qui m'apaisait. Le dernier parfum qui pénétrerait dans mes narines.
«Erza... Merci pour tout.» me chuchota-t-elle à l'oreille, d'une petite voix, qui était quelque peu tremblante et teintée de tristesse.
Je sentis alors quelques perles d'eau tomber sur mon visage. Ma sœur pleurait. Pour la première fois, depuis que nous nous connaissions, je la voyais pleurer. Aussitôt, mes larmes se firent beaucoup plus nombreuses, la tristesse m'envahit, ma volonté fut brisée. Si elle craquait, comment pouvais-je ne pas craquer?
«J-Je... T'aime.» sanglotai-je, avant de fermer mon œil, le seul qui me restait.
Les détonations des armes se firent entendre, mais étonnamment, je ne souffrais pas. Je ne sentais rien, c'était étrange. Était-ce ça, la mort? C'était ce que je pensais, jusqu'à ce que je sente ma sœur s'écarter de moi et étouffer un cri. A mon tour, je rouvrais mon œil, geste que je regrettai aussitôt.
Les gardes avaient bien tirer sur nous, en effet, mais quelqu'un s'était interposé. C'était un vieil homme, aux longs cheveux blancs, qui écartait ses frêles bras pour nous protéger. La lumière des explosions m'empêchait de bien voir, mais je reconnus Rob, un vieil homme qui avait toujours veillé sur nous. Il était torse nu, blessé, et c'est alors que je vis, pour la première fois, la marque bleue sur son dos, un croissant de lune entourée d'un étrange halo.
Ma sœur cria son nom, mais moi, aucun son ne voulait sortir de ma bouche. Rob tourna lentement sa tête vers nous, rassemblant ses dernières forces pour esquisser un sourire qui se voulait rassurant. Je vis ses lèvres remuer, mais je n'entendais rien. C'était comme si la rage que je ressentais m'empêchait de réfléchir, d'écouter, de parler. Alors, Rob tomba au sol. Il était mort. Mes larmes coulaient toutes seules, je n'osais bouger. Mon cœur battait la chamade, le sang chaud me montait à la tête. Mon œil restant semblait sur le point de sortir de son orbite, lorsque je vis ma sœur se jeter sur les gardes, son visage crispé par la haine.
Puis, ce fut le noir total, avant qu'une nouvelle scène d'horreur se produise.
Un petit garçon, que je connaissais très bien, me caressait le visage. Sa main était froide. Froide comme celle d'un cadavre.
«La liberté? Mais la liberté n'existe pas!» cria-t-il, un sourire effroyable sur ses lèvres.
Il m'effrayait. Ses yeux, son regard m'effrayaient. Sa bouche, son rictus m'effrayaient. Sa présence elle-même me faisait peur. Il avait changé. La sensation que j'éprouvais en le regardant, jamais je n'ai pu l'oublier. De la peur. De la pure et vraie peur. Je reculai, il s'avança.
Apeurée, je cherchai des yeux ma sœur, la seule qui puisse me sauver d'une telle situation. Et elle du sentir qu'on la demandait, car aussitôt, elle s'interposa entre le petit garçon et moi.
«La liberté que vous recherchez est factice, inutile. Ce n'est pas la vraie liberté.» continua-t-il.
«Arrête! Je ne comprends rien de ce que tu racontes. On a peu de temps. Dépêchons-nous, vite, on doit s'enfuir!» cria-t-elle.
Mais je sentais que quelques chose n'allait pas. Et elle aussi.
Lorsqu'elle prit la main de notre ami dans la sienne, ses yeux s'écarquillèrent. Alors, dans un geste que personne ne comprit, il lui lécha subitement la lèvre, la joue et l'oreille avant de s'écrier: «Vous ne comprenez pas, évidemment! Je suis l'élu, le seul à pouvoir entendre sa voix! Je suis l'élu! Je le ressusciterai!»
Il partit dans un inquiétant fou-rire, avant de brutalement frapper ma sœur et l'éjecter à une dizaine de mètres plus loin. Je hurlai son nom. Je m'apprêtais à la rejoindre, quand il s'approcha de moi. Son visage était démoniaque, rien ne m'avait jamais aussi déstabilisé. Comment un simple humain pouvait-il être aussi épouvantable?
Il avait été mon meilleur ami, mon frère, le seul garçon que j'aimais, et aujourd'hui, il devenait mon pire cauchemar. Je voulais qu'il reste le plus loin possible de moi.
Une aura malsaine émanait de lui, une des plus horribles que j'eus jamais vues. Je cherchai à m'éloigner de lui, lorsque je heurtai quelque chose, et tombai au sol. Automatiquement, je cherchai à identifier l'objet, chose que je regrettai aussitôt.
Un cadavre ensanglanté. Et quelle fut mon horreur lorsque je reconnus ce mort, qui s'avérait être l'une de mes amies. Je n'arrivais pas à décoller mon regard de son visage fendu et déformé, de ses yeux exorbités, de son cou tranché, de ses membres détachés.
Cette fois-ci, les larmes ne coulèrent pas. Non, c'était bien trop traumatisant pour qu'une seule goutte puisse glisser depuis le coin de mon œil, qui avait perdu son double. J'étais encore dans la contemplation de cet épouvantable corps, si l'on pouvait encore appeler cela un corps, lorsqu'une main bien réelle me gifla.
Enfin, je me réveillai en sursaut, dans mon immense lit. Comme à l'accoutumée, je me jetai dans les bras de ma sœur, celle qui m'avait sauvée de cet épouvantable cauchemar, que je faisais depuis l'âge de neuf ans. Depuis ce jour, les souvenirs foraient mon esprit, comme les paradoxes écorchaient ma conscience. Elle était assise sur le rebord du lit, visiblement inquiète, me caressa les cheveux et demanda: «Encore lui, hein?»
Je hochai la tête. Mes yeux étaient humides, j'avais sûrement du pleurer durant mon sommeil. Ma respiration était rapide, j'entendais mon cœur battre rapidement, j'avais chaud. Elle me tendit un verre d'eau que j'avalais d'un trait. Heureusement qu'elle était là.
Alors, quand j'eus retrouver l'usage de tous mes sens, ainsi que mon calme, je pus entendre de drôles de bruits. Au début, ces sons étaient infimes et saccadés, mais plus je me concentrai, plus je pouvais les entendre précisément. Je tendis l'oreille et plissai mes yeux. Qu'est-ce que c'était que ça? Un animal? Non, Lily ne faisait pas ce genre de bruit. Des plaintes? Des gémissements?
Aussitôt, mon regard se posa sur Orihime et à sa tête, je compris aussitôt ce qui se passait.
«Il est incorrigible, ce Grimmjow.» soupirai-je.
Ma sœur pénétra alors dans mon lit et s'installa à mes côtés. Son odeur familière avait comme effet de me rassurer, de m'apaiser. Elle était sans aucun doute la personne la plus importante à mes yeux. Il n'y avait aucun mot pour décrire l'indestructible lien qui nous unissait. Ainsi, je remarquai aussitôt son air tourmenté, ainsi que les raisons de son chagrin. Alors, à mon tour, je la pris dans mes bras. Visiblement, nous étions deux à avoir besoin de réconfort. Et c'est l'une dans les bras de l'autre que nous nous rendormîmes, remerciant Dieu de nous avoir donner une telle sœur.
Voilà!
Merci de m'avoir lu, et en espérant que ma fanfiction vous plaise!
