Chapitre 6
- Il fait chauuuud!
- C'est un hammam, je te signale, Erza.
Les femmes rigolèrent. Elles étaient toutes trois en tenue d'Eve, assises dans une salle entièrement composée de planches de bois. La vapeur avait envahie la pièce et une immense chaleur y régnait. Toutes les trois pleines de sueur, elles discutaient entre elles.
- Ah, ce que ça fait du bien, soupira la rousse aux cheveux couleur mandarine.
- Sinon, Orihime, commença la métisse. Comment ça se passe, avec Grimmjow?
- Yoruichi, soupira la concernée, tu recommences. Ça doit bien faire cinq ans que tu me harcèles avec ça et je t'ai déjà dit d'arrêter.
- Ouais, je sais... Mais je pourrais mettre ma main à couper, vous êtes destinés à finir ensemble.
- Et toi, Yoruichi, tu es avec quelqu'un? Intervint une autre rousse aux cheveux bien différents de ceux de la première.
Orihime jeta un regard reconnaissant à l'interlocutrice qui venait de la sortir d'affaire.
- Ah, moi... Ce ne sont que des va-et-viens, rien de concret. Et puis, comment voulez-vous qu'on trouve des hommes compatibles avec les occupations qu'on a?
- C'est tout bonnement impossible, conclu Orihime. Mais, avant, n'étais-tu pas tombé amoureuse d'Urahara, l'associé d'Aizen?
- C'est une histoire compliquée. Et puis, je ne sais même pas où il est, aujourd'hui. Enfin bref. J'aimerai bien vous voir avec un homme, vous, un de ces quatre. Vous n'allez pas rester seules toute votre vie, non? Surtout toi, Erza. Tu as maintenant vingt-et-un ans, il serait peu-être temps que tu l'oublies, tu ne crois pas?
- Oui... Je sais, répondit-elle. J'y arriverais. Mais-
- Attends, la coupa Orihime. Vous avez entendu ça?
En effet, un grincement de porte se fit entendre, et une lumière apparut au fond de la pièce, à travers la vapeur. Quelqu'un venait d'entrouvrir la porte. D'un mouvement vif et rapide, elles attrapèrent chacune une serviette et l'attachèrent autour de leur buste.
- Tss, ces garçons, grinça Yoruichi.
- Allons-y, s'écria Erza, comme si elle se rendait sur un champ de bataille.
Alors, elles se mirent à traverser la vapeur. Erza se dirigea en premier vers la source de cette lumière, source qu'elle atteignit en quelques secondes, avant de subitement disparaître aux yeux de ses deux camarades qui étaient encore dans la salle de hammam, entourées de vapeur.
«Kya!» entendirent-elles, avant de se précipiter à leur tour.
Orihime fut la dernière à arriver, et la dernière à tomber. En effet, à peine avait-elle posé un pied en dehors de la salle, qu'elle glissa, perdit équilibre et se vautra au sol, tombant brutalement sur le dos.
Alors qu'elle était allongée, fixant le plafond et se demandant pourquoi et comment elles étaient toutes tombées, elle entendit une voix d'homme qu'elle connaissait très bien: «Erza... Elle a dit... Kya?»
Alors, elles se redressa et vit Grimmjow, Gajeel et Yuushirou qui les regardaient, d'immenses sourires étirant leurs lèvres. Erza était étalée sur son ventre, dans toute sa splendeur, sa serviette légèrement détachée qui dévoilait une partie de son dos. Puis, son regard se posa sur Yoruichi, et elle fut surprise. Visiblement, cette dernière était aussi tombé, mais elle était allongée sur le côté, dans une position très sensuelle qui semblait quasi-impossible à reproduire en tombant.
Mais comment faisait-elle, bon sang? En toutes circonstances, cette femme restait fidèle à elle-même, c'est à dire sexy et attirante. Mais Orihime ne se rendit pas compte qu'elle était également dans une position embarrassante. En effet, lorsqu'elle s'était redressée, la serviette s'était légèrement baissée au niveau de sa poitrine, dévoilant l'imposant décolleté qui était sien.
Évidemment, les trois garçons n'avaient pas manqué ce plaisant détail et s'étaient penchés, pour mieux voir. Mais, alors qu'ils étaient complètement obnubilés par les atouts proéminents des trois jeunes femmes, ils virent Erza se relever lentement, sans prendre conscience de la menace qui planait au-dessus de leur tête. Celle-ci avait remarqué que le sol du couloir tout entier avait été recouvert de savon, et elle avait comprit que toute cette mascarade n'avait pu être commanditée que par ces trois abrutis. Alors, elle s'avança lentement vers eux, doucement, silencieusement, dangereusement, puis leur fit face, tête baissée.
Mais, au moment où elle releva son visage vers eux, ils comprirent alors l'erreur qu'ils avaient fait. Une aura noire, des cheveux qui semblaient se mouvoir comme des serpents, des yeux qui avaient subitement prit une teinte rouge et un regard effrayant: la transformation d'Erza en monstre se déroulait sous leurs yeux.
S'en suivit alors d'une épuisante course poursuite au sein même de la maison, et de nombreuses bagarres générales qui prirent toutes des tournures des plus originales et des plus comiques. En effet, les trois garçons se retrouvèrent tous attachés sur une chaise, avec trois grosses bosses sur le crâne et des marques de mains sur les joues. Et pour couronner le tout, Grimmjow se retrouva avec des œufs écrasés sur la tête, Gajeel avec une balle dans la bouche et de la farine dans les cheveux, et le dernier, Yuushirou, avec des épingles sur les oreilles et le nez.
Et oui, voilà comment se déroulait le quotidien au sein de cet appartement.
De nombreuses heures plus tard.
00:34, Acapulco, Mexique.
Il y avait de l'ambiance. De la musique, un bar, des fauteuils remplis et des estrades sur lesquelles se mouvaient des danseuses, voilà ce à quoi pouvait être résumé le lieu. Mais, contrairement aux autres club de strip-tease, les clients qui se trouvaient dans celui-ci étaient bien différents. N'importe qui n'était pas accepté, et on pouvait y voir de nombreux hommes politiques, hommes d'affaires, ou encore de grands mafieux qui venaient prendre du bon temps.
Alors, évidemment, les danseuses n'étaient pas des femmes de bas-étages. Toutes plus formées les unes que les autres, elles se déhanchaient sur leurs petites scènes surélevées, sous les yeux admiratifs des clients plus ou moins importants. Les serveuses étaient, elles aussi, toutes attirantes et sur leur trente-et-un. En bref, toutes les femmes de ce club étaient des plus belles qui soient.
Il n'y avait de lumière précise, juste des petits halos colorées de lumière qui éclairaient la pièce et plus particulièrement les danseuses et le bar. Il n'y avait aucun problème, et les hommes présents semblaient énormément apprécier le spectacle qui s'offrait à eux.
A cet instant, la porte s'ouvrit et la lumière des fards d'une voiture inonda la pièce l'espace de quelques secondes. Un blond charismatique d'une trentaine d'années, vêtu d'un magnifique costume, venait d'entrer, encadré par deux autres hommes, beaucoup plus grands et costauds.
A peine eut-il posé un pied dans le club, que deux serveuses vinrent le débarrasser de ses affaires. Alors qu'il s'avançait dans la pièce, une nouvelle femme vint à sa rencontre. Grande, pulpeuse et avec de longs cheveux émeraudes, elle portait un micro-short noir et une chemise de la même couleur qui couvrait seulement sa poitrine.
- Bienvenue dans notre club, Monsieur Miller, annonça-t-elle d'une voix douce et claire.
- Bonjour. Oh, vous êtes nouvelle?
- Oui, mon nom est Nill Ackermann. Je suis enchantée de faire votre rencontre.
- Moi de même, Nill. Cela faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu de nouvelle, ici, c'est parfait.
- En parlant de cela, nous avons récemment accueilli deux nouvelles danseuses, qui sont très compétentes et très appréciées des clients. Regardez.
Sur ces paroles, elle lui indiqua du regard deux danseuses qui faisaient leur show sur deux estrades différentes, mais à proximité. Tous les hommes bavaient à leurs pieds, et les billets ne cessaient d'affluer.
L'une avait de longs cheveux bouclés noirs, de sublimes yeux gris et une poitrine des mieux formées que le fameux Miller eut jamais vu. Elle arborait un soutien-gorge triangle bleu électrique couvrant et un shorty de la même couleur. Son ventre était recouvert d'un magnifique bracelet de taille assez large, et elle avait autour de l'arrière-bras et de la cuisse des bijoux. L'autre avait de longs cheveux châtains clairs, aux reflets blonds et de fins yeux bleus qui valaient le coup d'œil. Elle portait un soutien-gorge de couleur vert émeraude qui sublimait ses atouts, doté de petits diamants, avec de longues ficelles noires qui lui couvraient le ventre, une culotte assortie, et comme l'autre, un bijou qui masquait une partie de son arrière-bas.
Elles dansaient toutes deux divinement bien, et donnaient énormément de fil à retordre aux autres danseuses. Lorsqu'il les vit danser, Miller n'hésita pas:
- Je les prends, annonça-t-il à la serveuse.
- Bien, je m'en charge. Je vous laisse vous rendre dans votre petit salon, vous connaissez le chemin. Qu'est-ce que je peux vous servir?
- Un verre de bacanora.
- Et vous, Messieurs, demanda-t-elle à ses sbires.
Pour réponse, elle n'obtint qu'un secouement de tête. Sur ce, la serveuse se rendit au bar, pendant que les trois hommes se dirigeaient vers un petit rideau au fond de la salle. La dite Nill s'accouda sur le bois du comptoir et adressa sa commande au barman. Toujours en regardant droit devant elle, elle parla à l'homme qui était assis à un mètre d'elle:
«Alors, t'en penses quoi? Elle est exceptionnelle, hein?»
Celui-ci ne la regardait pas non plus. Il avait d'étranges cheveux bleus qui lui tombaient sur le visage, visage qui était d'ailleurs plutôt renfrogné, comme si quelque chose de déplaisant était en train de se passer.
- J'vois pas de quoi tu parles. T'as mis la drogue, au lieu de m'faire la causette?
- Ne change pas de sujet. Moi je trouve ça plutôt mignon, tu sais. Grimmjow, le célèbre chasseur de prime, qui a finalement succombé aux charmes d'une seule et unique femme.
- La ferme. T'es complètement cinglée, Nell, tu l'sais, ça?
- Tu peux dire ce que tu veux, mais je te connais, Grimmy. Et en plus, tu la dévores des yeux depuis toute à l'heure, n'importe qui aurait vite compris.
- La ferme, j'tai dit. Un chasseur ne vit que pour la chasse.
Sur ces paroles, il avala son verre cul-sec. Elle le regarda, et un mignon sourire étira ses lèvres avant qu'elle ne quitte le bar pour se rendre près des deux danseuses tant convoitées. Le présumé Grimmy la suivit du regard et la vit chuchoter aux oreilles de la brune et de son amie blonde, avant de les mener sur les traces du client, à la grande déception des autres habitués du club.
Alors, il quitta le bar à son tour, échangea un regard avec un homme brun qui était assis sur un fauteuil, et se dirigea vers une danseuse, bien décidé à oublier cette discussion et la cause de son tracas.
Nill en tête, les trois femmes pénétrèrent dans le couloir qui suivait derrière le rideau de velours. S'engageant dans ce sombre corridor, elles toquèrent à une porte avant d'y entrer. L'homme du nom de Miller était affalé sur un canapé de cuir, toujours encadré de ses sbires, eux aussi assis sur de confortables fauteuils.
La serveuse posa le verre sur une petite table basse aux côtés de l'homme, avant de s'incliner et de disparaître derrière la porte d'entrée. Il détailla de haut en bas les deux danseuses, avant d'intimer à ses hommes, d'un simple geste, de les laisser seuls. S'exécutant, ils prirent le même chemin que la fameuse Nill et disparurent à leur tour.
«Bien, mes jolies. Qu'avez-vous à me proposer?»
Sans même répondre, elles contournèrent la table basse et s'approchèrent de lui. L'une d'elles prit le verre en main et le lui tendit, tandis que l'autre commençait à danser à ses devants. D'une traite, il avala le contenu de son verre. Grosse erreur. Se plaçant à l'arrière du fauteuil, la deuxième danseuse se mit à appuyer sur un point bien précis dans la nuque de l'homme.
«Un massage? Bonne idée chérie.»
Mais, d'un coup, il vit sa vision se voiler, comme recouverte d'un film, et ses yeux devinrent humides. Il ferma les yeux, emporté par les bras de Morphée. La fatigue l'envahissait, et il plongea dans un demi-sommeil des plus étranges en à peine quelques secondes.
Alors, la brune le saisit par les épaules et le redressa face à elle. Elle lui tapota la joue, et échangea un regard entendu avec sa coéquipière. Heureusement pour elles que les drogues d'aujourd'hui étaient beaucoup plus rapides et pratiques que celles d'il y a quelques années.
- Que savez-vous sur l'Akatsuki, demanda-t-elle, d'une voix claire, détachée et lente.
- Hmm... C'est un peu une sorte de... Mafia... Ou plutôt un gang... Hm... Comme le Hueco Mundo...Nhhh...
- Avez-vous passé des accords avec l'Akatsuki?
- Hhhhuu... Oui... Des accords...
- Quels accords avez-vous conclus avec l'Akatsuki, interrogea-t-elle de nouveau, tout en pressant délicatement les épaules de l'homme à moitié endormi.
- Ils avaient besoin d'un... homme pour couvrir... leurs transferts d'argents... et leurs fonds... Snif.
- Quels sont ces transferts d'argent qui avaient besoin d'être dissimulés?
- Huh... les transactions concernant... le Projet T...
- Quel est ce Projet T?
- … C'est-
Mais à ce moment, il fit un brusque sursaut. Ses pupilles s'ouvrirent brutalement et l'homme se convulsa sous les yeux des deux danseuses qui s'en écartèrent aussitôt. Du liquide commençait à couler de sa bouche et son visage se crispa. D'un coup, il poussa un violent cri qui alerta ses sbires. Ces derniers se précipitèrent et braquèrent aussitôt leurs armes sur les deux danseuses qui arboraient des visages choqués.
Mais lorsqu'ils virent leurs expressions effrayées, ils rangèrent leurs pistolets et se penchèrent vers l'homme qui avait maintenant fermé les yeux. Après avoir tâté son pouls, ils en conclurent qu'il était mort.
«Que s'est-il pass-» commença l'un d'eux, avant de recevoir un brutal coup dans la tête qui l'envoya valser contre le mur. Son coéquipier se retourna aussitôt, mais il reçut à son tour un coup de coude dans le cou qui eut raison de lui. A cet instant, Nill, ou plutôt Neliel, arriva à son tour et tendit un gros sac aux deux danseuses.
Rapidement et en deux trois mouvements, elles retirèrent leurs habits et se vêtirent plus simplement, arborant un simple jean pour l'une et un sobre pantalon noir pour l'autre. Ensuite, d'un geste commun, elles tirèrent sur leurs cheveux, cheveux qui s'avéraient être une perruque. Alors, deux longues tignasses rousses furent dévoilées, et elles se précipitèrent sans attendre dans le couloir.
Sans échanger un mot, elles traversèrent silencieusement le corridor et poussèrent les portes d'acier qui se trouvaient au fond. Alors, elles se retrouvèrent à l'arrière du club, dans une sombre, petite et puante ruelle où se trouvaient nombre de déchets.
Elles continuèrent leur route jusqu'à la rue principale, où se trouvait l'entrée du club. Toujours silencieusement, elles montèrent alors dans une luxueuse voiture qui démarra aussitôt.
A peine eurent-elle poussé les portes de la pièce que les deux rousses furent aussitôt remarquées. Un homme aux cheveux noirs attachés en un chignon et recouvert d'un tissu blanc s'approcha d'elles. Il avait les joues légèrement rosées, sûrement par l'alcool, et d'étranges dessins sur les joues. Il détailla alors l'une des rousses de ses yeux rouges avant de s'approcher dangereusement de son visage maquillé pour l'occasion.
- Woaaaaah, Erza, t'es carrément sexy, aujourd'hui, siffla-t-il de sa voix grave. Mais je te préfère quand tu n'as pas ces yeux bleus.
- Bacchus, tu devrais arrêter de boire, rétorqua-t-elle en souriant.
Puis, aussitôt, d'autres vinrent à la charge. Ichigo, une blonde vénitienne très pulpeuse, ainsi qu'un autre roux tatoué accompagné d'une fille menue aux couettes blondes s'approchèrent à leur tour.
- Mon Dieu, je rêve! Orihime et Erza sont maquillées! Rigola la blonde vénitienne qui était presque rousse. Vous êtes vraiment belles comme ça.
- C'est vrai que c'est plutôt rare de vous voir comme ça, enchaîna Ichigo, ça vous va vraiment bien.
- Merci Rangiku, Ichigo, mais ce n'était que pour une mission, répondit Erza avec un sourire.
Mais, alors qu'Orihime s'apprêtait à se joindre à la conversation, elle sentit des mains se promener sur sa poitrine. La fille aux couettes blondes fixait étrangement ses atouts proéminents et se plaisait à appuyer dessus à l'aide de ses petits doigts.
«Euh... Hiyori... Tout va bien?» Demanda-t-elle, un peu gênée qu'on la touche comme ça.
Mais ce ne fut pas la concernée qui répondit. Un second roux s'approcha et posa sa main sur la tête de la dite Hiyori. Adressant un énorme sourire à Orihime, il dit d'un ton amusé: «T'occupe pas. Elle n'a juste pas trop l'habitude d'en voir d'aussi gros.»
A ses paroles, la concernée sembla reprendre ses esprits et se redressa brutalement. Une veine battit sur sa tempe, son visage se crispa et elle se retourna brusquement pour faire face au roux.
«Renji... Enfoiré... Je vais te tuer!» Cria-t-elle, avant de se jeter sur lui et de le mettre au sol.
Amusée, Orihime ne put s'empêcher de rire un peu, avant d'être entraînée par Erza dans l'entre d'Aizen. Comme toujours, elles firent analyser la pupille de leur œil, traversèrent le couloir, puis appuyèrent sur le gros bouton rouge avant de pouvoir pénétrer dans le bureau du chef du Hueco Mundo.
Une fois n'est pas coutume, ce dernier ne se trouvait pas derrière son bureau, mais confortablement installé sur le canapé, en face de Gin. Yammy et Chad manquaient à l'appel.
- Erza, Orihime, comment s'est passé votre mission? Demanda-t-il de sa voix si captivante.
- On en a apprit plus. L'Akatsuki avait besoin de cet homme pour couvrir leurs transactions d'argents. Selon lui, ils voulaient dissimuler les fonds douteux de leur «Projet T».
- Mais quelque chose d'étrange s'est produit, enchaîna Erza. Alors qu'il allait nous révéler ce qu'était ce fameux projet T, il s'est soudainement mit à convulser, et il est ensuite mort en quelques secondes.
- Je vois, murmura Aizen, sceptique. Il semblerait qu'ils prennent d'immenses précautions pour ce fameux Projet T.
- Je suis curieux de savoir ce dont il s'agit, continua Gin.
- Bon travail, reprit Aizen, sans savoir dans quelle affaire il s'embarquait.
Grimmjow poussa lentement la porte de la chambre d'Orihime et Erza. La lumière était éteinte, dormaient-elles? Silencieusement, il pénétra dans ce lieu si familier et referma la porte derrière lui.
«Oi, vous dormez?» chuchota-t-il.
Il n'obtint aucune réponse. Alors, il se dirigea à pas de velours vers le lit d'Orihime et s'y assit. Elle avait les yeux fermés et dormait sur le côté, visiblement plongée dans un paisible sommeil. Ses longs cheveux étaient étalés autour de sa tête, comme un halo, et son beau, doux et tendre visage était légèrement éclairé par la lumière de la lune qui pénétrait par la baie vitrée.
En la voyant ainsi, Grimmjow eut un sourire d'attendrissement, chose rarissime chez lui. Elle était indéniablement belle, il devait se l'avouer. Et puis, elle n'avait pas tant changé, depuis ce jour-là. Alors, à cette pensée, le jour de leur première rencontre lui revint en mémoire. La scène l'avait marqué, et il s'en souvenait dans les moindres détails. Ce jour qui avait radicalement bouleversé sa vie.
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Ce jour-là, comme tant d'autres, Grimmjow avait été voler de quoi manger chez un marchand de poisson, chez qui il avait l'habitude de faire «ses courses». Et, pour la énième fois, il se fit prendre. Cependant, contrairement aux autres jours, le marchand ne prit pas la peine de lui courir après. Non, à la place, il fit signe à cinq hommes beaucoup plus jeunes et costauds qui se lancèrent à la poursuite du petit voyou.
Grimmjow courrait du plus vite qu'il pouvait, deux maigres poissons dans les mains. Mais, lui qui connaissait pourtant ces quartiers par cœur, se retrouva face à un cul-de-sac.
«Merde!» jura-t-il, conscient de la situation dans laquelle il se trouvait.
Alors, prenant son courage à deux mains, il fit face à ses pourchasseurs. Lorsqu'il se mit à les détailler, il vit que deux d'entre eux portaient une batte, et qu'un autre avait un pistolet. Visiblement, il ne s'agissait pas d'une simple correction. Mais Grimmjow n'était pas étonné, ni même apeuré. Après tout, le monde dans lequel il vivait était impitoyable, et même si il n'avait pas de réelle raison de vivre, il se battrait jusqu'au bout, pour ne pas mourir comme un de ses stupides chiens sans convictions.
Alors, Grimmjow se jeta rapidement sur l'homme le plus proche et lui assena un violent coup de poing dans le visage. Ce dernier eut mal, mais évidemment, la force d'un gamin de dix ans n'était pas comparable à celle d'un adulte. Mais le bleuté n'abandonnait pas. Profitant du fait d'être petit, il se glissa sous ses jambes et lui flanqua un magistral coup de pied dans l'entrejambe. Hurlant de douleur, l'homme s'écrasa au sol.
«Alors, à qui le prochain?» cria Grimmjow sur un ton provocateur.
Et oui, son côté stupide, sûr de lui et son sourire carnassier ne dataient pas d'hier, il avait toujours été comme ça, pour autant qu'il s'en souvienne. Alors, il s'était précipité sur un deuxième homme et, usant à nouveau de sa petite taille, il le fit renverser à terre.
Mais, alors qu'il s'apprêtait à le frapper au visage, Grimmjow se prit un violent coup de pied dans les côtes qui l'envoya valser contre le mur. Il toussa et cracha du sang, faisant tomber ses poissons à terre. Il sentait sa force le quitter petit à petit. Putain, mais pourquoi n'avait-il pas la force ou l'endurance d'un adulte? Pourquoi ne pouvait-il pas se battre plus sérieusement et mettre une bonne flanquée à ce groupe d'imbéciles?
Et, à cet instant, lorsque Grimmjow rouvrit ses yeux bleus, il vit à une vingtaine de mètres derrière deux petites filles rousses. L'une se jeta dans une poubelle, et l'autre se tourna vers eux. Puis un homme se plaça au-dessus de lui, armé d'une batte de base-ball. Il arborait un sourire aussi carnassier que ceux que faisait le bleuté en temps normal, un sourire qui ne valait rien de bon.
«Alors, on fait moins le malin, sale gosse! Tu vas crever ici même, et on entendra jamais plus parler de toi.»
Grimmjow grinça des dents. Il était foutu, entouré de cinq hommes beaucoup plus âgés et forts que lui, contre lesquels il n'avait visiblement aucune chance.
«Bande d'enfoirés» siffla-t-il, en adieu à ce monde qui ne lui manquerait certainement pas.
Mais, alors qu'il s'apprêtait à recevoir un coup mortel, quelque chose d'inconnu se produisit. L'homme qui se préparait à le tuer tomba sur le côté, raide mort, sous les yeux écarquillés du bleuté qui n'y comprenait rien. Alors, il vit la petite fille rousse qui se rapprochait en courant d'eux. Putain, mais elle voulait se faire tuer, ou quoi? Et puis, d'où venait ce couteau qui avait tué son bourreau?
Mais Grimmjow n'eut pas le temps de parler, car cette dernière sauta dans les airs, à une hauteur inimaginable pour un enfant de son âge. Poussant un cri hargneux, elle se jeta sur un second homme et lui planta un couteau dans le crâne. Du sang gicla sur son visage et sur ses vêtements encore plus sales que ceux d'un clochard.
Grimmjow hallucinait. Sans perdre une seconde, elle retira son arme, sauta et s'attaqua à un troisième. Mais, cette fois-ci, elle préféra jeter son couteau sur lui. La lame ensanglantée traversa clairement le torse de l'homme avant de venir se planter sur le sol.
Trois corps étaient tombés en seulement quelques secondes. Alors, les deux restants choisirent la fuite, priant pour que cette enfant ne se jette pas à leur poursuite.
La concernée retira son couteau du sol et l'empoigna. Sa «robe» n'était qu'un bout de tissu sale, déchiré et tâché de sang. Ses pieds nus étaient rouges et abîmés, et il y avait de nombreux hématomes sur ses mollets.
Bordel, mais c'était quoi, cette fille? Comment pouvait-elle être dotée d'une si grande force? Comment pouvait-elle être si dangereuse? Que voulait-elle? Allait-elle le tuer? Mais, alors que les questions assaillaient son esprit troublé, il se contenta d'un brusque «T'es qui, toi?», fidèle à lui-même.
A cet instant, la petite fille se retourna et le cœur de Grimmjow fit un bond. Bordel de putain de merde. Il devait sûrement rêver. Putain!Putain! Putain, mais c'était quoi, ça?! La première image qui lui vint à l'esprit fut celle d'un ange. Mais bordel, cette assassin avait un putain de visage d'ange! Comment était-ce possible?!
Grimmjow perdait la raison. Il se frotta les yeux et regarda de nouveau. Non, il ne rêvait pas, elle était vraiment sublime. Ses grands yeux gris, ses joues et ses lèvres légèrement rosées, ses sourcils relevés et son air étonné. Mais dans quel monde vivait-il? Comment pouvait-on être à la fois si belle et si dangereuse? Non, ce n'était pas possible, il faudrait vraiment penser à interdire la création de tels enfants.
Il hallucinait et cela devait clairement se voir sur son visage. Il était perdu, et la seule chose dont il était sûr, était que cette fille n'était pas humaine. Alors, ne voulant pas passer pour un idiot, il tenta de contenir sa surprise et examina la situation plus sereinement. Et oui, il en était capable, sous ses airs de fou furieux.
La beauté de cette enfant n'était pas celle d'un mannequin, bien évidemment. Non, même si du sang coulait sur son visage, elle dégageait quelque chose de rassurant, de chaleureux. Sa beauté était pure, simple, elle rayonnait.
Mais, alors qu'il était encore dans sa contemplation, elle s'avança et se pencha vers lui.
- Oi, c'est quoi cette façon de s'adresser à sa sauveuse, cria-t-elle en lui assenant un coup sur la tête, BA-KAAAA!
- Aie aie aie! Mais t'es complètement tarée! Et puis c'est quoi, ça, ba-ka?
- Ça veut dire «idiot».
- Heeein? La ferme! En plus, j'men serai très bien sorti sans toi, pauvre folle!
- Ah ouais, t'en es sûr? Rigola-t-elle.
- Carrément!
Alors, un innocent sourire éclaira son visage, et elle lui tendit la main.
«Je m'appelle Orihime Inoue.»
Il la fixa, sceptique et méfiant, puis finit par demander: «T'es chinoise?»
Sur un ton nonchalant, elle répondit, toujours en souriant: «Je sais pas.»
Alors, après l'avoir de nouveau détaillé, il posa sa main dans la sienne, sans jamais penser que cette fille bouleverserait sa vie.
«Grimmjow Jaggerjack.»
Puis Grimmjow fut sorti de ces pensées lorsqu'il entendit:
«Tu veux quoi, baka?»
Orihime le regardait du coin de l'œil. Il rigola. Onze ans après, elle n'avait pas changé d'un poil.
- Ça va? S'enquit-il.
- Tu te soucies de moi, comme c'est gentil, ironisa-t-elle en se redressant pour lui faire face. Oui, je vais bien.
- Au fait, tu sais, tu danses pas si mal, finalement, rigola-t-il.
- Oh! Un compliment! Mon Dieu, mais Grimmjow, tu es malade?
Alors, pour seule réponse, un rictus apparut sur son visage, il fondit sur elle et lui enfonça la tête dans l'oreiller. Quand il eut fini de l'étouffer, il s'adossa sur le mur derrière le lit, les jambes étendues et elle se redressa à son tour.
Alors, les deux amis d'enfance se mirent à ressasser les faits du passé.
- Tu t'souviens de notre première rencontre? Demanda-t-il.
- Comment pourrais-je oublier? Même à dix ans, tu avais l'habitude de te mettre dans le pétrin, rigola-t-elle.
- T'étais pas mal non plus dans ton cas, 'hime.
- Ouais. On peut pas dire qu'on ait eu une enfance des plus ordinaires.
A ces mots, Grimmjow saisit le petit cadre à photo qui se trouvait sur la table de nuit à ses côtés et se mit à l'étudier. Il y avait en tout onze personnes, un adulte et dix adolescents. La photo était belle, bien prise, colorée, et on pouvait clairement ressentir tous les sentiments et tout l'amour qui en émanait.
Au centre de la photo se trouvait Orihime, environ âgée d'une quinzaine d'année qui avait prit sous ses bras Grimmjow et un autre adolescent aux cheveux roses. Elle faisait un grand sourire et regardait l'objectif. Mais, contrairement à elle, les deux garçons qu'elle tenait n'étaient pas du tout concentrés. Grimmjow était en pleine moquerie concernant son ami Gajeel. En effet, une petite adolescente aux courts cheveux bleus avait grimpé sur son dos, le prenant par surprise. Quant à l'autre adolescent, il était en pleine dispute, front contre front, avec un autre garçon du même âge, torse nu, avec des cheveux noirs qui se livraient bataille. Par ailleurs, un peu plus loin, il y avait une autre fille, à la peau pâle et à la longue chevelure bleue qui regardait timidement ce même adolescent aux cheveux ébouriffés.
Ensuite, juste derrière cette jolie brochette, il y avait Erza ainsi que deux autres filles et un homme. On voyait le visage agacé d'Erza qui s'apprêtait clairement à frapper les deux adolescents qui se faisaient face. A ses côtés se tenaient deux autres adolescentes qui étaient dans les bras d'un grand homme, adulte, aux cheveux châtains rejetés en arrière. L'une avait une éclatante chevelure couleur chocolat, attachée en une queue de cheval et faisait une tête un peu gênée, tandis que l'autre, aux longs cheveux immaculés de blanc fixait l'objectif, un sourire mignon étirant ses lèvres.
Grimmjow passa un pouce sur la photo, la tête remplie de souvenirs nostalgiques.
- Ça fait vraiment longtemps, commença Grimmjow.
-Oui. J'espère qu'on pourra bientôt aller les voir.
Un silence s'installa dans la pièce. On n'entendait que la respiration calme d'Erza qui dormait. De sa place, Grimmjow la voyait dans son lit, plongée dans un sommeil réparateur et apaisant. Elle aussi, elle avait joué un rôle incroyable dans sa vie et il lui devait beaucoup. Même si ils n'étaient pas liés par le sang, Grimmjow se sentait incroyablement lié à elle, et Erza était devenu sa sœur.
- Elle est toujours hantée par ce type, Erza? Demanda-t-il à intention d'Orihime qui s'était mise dans une position similaire à la sienne.
- Oui, malheureusement, répondit-elle.
Alors, Orihime se laissa tomber sur son gigantesque lit et étala ses bras autour d'elle.
- Eh, Grimmjow?
- Ouais?
- Tu as déjà pensé à ce qu'auraient été nos vies si on avait eu des parents... Disons... «normaux»?
Le bleuté fut surpris. Il regarda la rousse d'un air perplexe. Elle fixait le plafond, la lune se reflétant alors dans ses yeux gris. L'imitant, il se laissa à son tour tomber sur le matelas et posa son regard sur ce même plafond.
«Tout ce que je sais, c'est que si ils ne m'avaient pas abandonné, je ne vous aurai jamais rencontré. Et ça...»
Un sourire étira les lèvres d'Orihime, qui était agréablement surprise. Elle tourna sa tête dans sa direction et se mit à admirer son profil, sa mâchoire imposante et typiquement masculine, son nez droit et sa bouche parfaitement dimensionnée. Il avait grandi, depuis ce jour où ils s'étaient rencontrés et il avait un tantinet mûri, aussi. Mais Grimmjow restait Grimmjow, et finir de tels aveux restaient comme impossible pour un fier type comme lui qui ne devait pas dévoiler ses sentiments.
Orihime était contente qu'il soit là, avec Erza et elle. Elle était heureuse de l'avoir rencontré.
Alors, sur cette dernière, pensée, elle enfonça sa tignasse rousse dans son oreiller, rassurée, souriante et apaisée.
Merci de m'avoir luuuu! En espérant que ma fanfiction ne soit pas trop nulle!
N'hésitez pas à commenter, je reste ouverte à n'importe quel avis!
A bientôt.:)
