Chapitre 7
Les rayons du soleil réchauffaient légèrement sa peau, et coloraient doucement chacune des parties de son visage. La chaleur montait tranquillement et la lumière, devenue plus forte, perçait maintenant les boucliers qu'étaient ses fines paupières. Orihime ouvrit paresseusement ses yeux avant de les refermer aussitôt, agressés par une vive luminosité qui inondait sa chambre.
Prenant le temps de se réveiller en douceur, elle étira ses jambes et serra son oreiller contre elle, oreiller d'ailleurs très confortable qu'elle entourait de ses bras. Pour une raison qu'elle ignorait, sa nuit avait été très paisible et encore plus agréable qu'à l'accoutumée.
«Réveillée?» entendit-elle.
La jeune femme rouvrit légèrement ses yeux, et vit que ceux-ci s'étaient habitués à la clarté. Puis lorsqu'elle les ouvrit complètement, elle reconnut Erza qui se tenait debout sur la terrasse, près de la baie vitrée ouverte, une expression amusée sur le visage. Un petit bâillement s'échappa de sa bouche et elle l'interrogea du regard concernant la raison de son sourire.
Pour toute réponse, la femme aux cheveux écarlates lui indiqua alors de la tête l'oreiller sur lequel elle s'appuyait. Orihime se frotta les yeux et lorsqu'elle redressa légèrement sa tête, son visage prit aussitôt une teinte cramoisie. Cet oreiller n'était en réalité autre qu'un certain bleuté du nom de Grimmjow Jaggerjack qui dormait encore paisiblement.
Une jambe enroulée autour de celle du concerné, une main posée sur son torse sculpté, la poitrine plaquée contre ses côtes, et la tête confortablement installée sur ce torse musclé, on pouvait dire que la jeune femme était intimement collée au corps de cet homme qui était encore dans les bras de Morphée.
Étouffant un petit cri de surprise, Orihime éloigna lentement ses membres de ceux de Grimmjow et quitta discrètement le lit, priant pour que ce dernier ne l'ait pas vu dans une telle position. Puis elle souffla, et son visage put reprendre sa teinte normale. Elle répondit à l'amusement de sa sœur par un petit sourire ainsi qu'un soupir de soulagement, avant de pénétrer dans cette grande et luxueuse salle de bain qui était sienne.
Aizen ne faisait jamais les choses à moitié. Lorsque Grimmjow, Gajeel, Erza et elle-même étaient devenus ses bras droits, il avait vu les choses en grand et leur avait construit ce sublime immeuble pour eux tous-seuls. Toutes les pièces avaient été pensées pour satisfaire chacune de leurs envies et elles étaient toutes plus luxueuses et plus grandes les unes que les autres.
Orihime fit coulisser la vitre de sa douche avant de s'y avancer. La salle était presque aussi grande que sa chambre, à Erza et elle, et elle était équipée d'une gigantesque baignoire, d'une douche et de tout un tas de gadgets électroniques. Une baie vitrée s'étendait sur la gauche, avec une vue imprenable sur la forêt qui les entourait.
Orihime fit alors couler l'eau, une fine vapeur commença à envahir la douche. Puis, la femme appuya sur une petite partie du mur qui s'avérait être une dalle, dalle qui s'enfonça aussitôt au contact de sa main. Alors, un pan mur se recula et pivota sur lui-même, faisant apparaître un écran plat au sein même de la douche. Ainsi, la rousse put faire tranquillement sa toilette tout en suivant les actualités du pays. Ah, la technologie!
Lorsqu'elle eut fini et qu'elle sortit de sa salle de bain, sa chambre était vide. Plus d'Erza et surtout, plus de Grimmjow. Elle se rendit alors dans le dressing commun qu'elle partageait avec sa sœur, dressing qui faisait évidemment la taille d'une petite salle de classe, et s'habilla rapidement d'un vieux jean clair et d'un simple tee-shirt.
Ensuite, elle s'approcha des commandes de la climatisation qui étaient accrochées au mur et souleva le boîtier. Derrière celui-ci se trouvait un système de sécurité dans lequel elle entra un code. Aussitôt, deux parties «penderie» du dressing s'avancèrent d'elles-mêmes, dévoilant un arsenal d'armes à feu pour l'une: fusils, kalachnikov, carabines, kriss, pistolets, munitions et une série d'armes blanches pour l'autre: baïonnette, naginata, tantô, sabre, matraque électrique, poing américain, etc, dissimulées derrière des chemisiers.
Après les avoir inspectées, elle dit à voix haute, bien qu'étant seule dans la pièce:
«Hmm... Il nous faudrait un nouveau lance rocket, trois revolver, des grenades, des munitions et d'autres lames.»
Puis elle les referma avant de sortir et de descendre prendre son petit déjeuner.
L'heure suivante, les deux rousses se rendirent dans le bâtiment principal. Il devait être onze heures, et la pièce n'était pas aussi remplie qu'à un moment plus tardif de la journée. Comme souvent, à la vue de ces deux femmes, le petit Wonderwice se jeta sur les sœurs et les prit dans ses bras.
C'était un enfant des plus attentionnés qui soient, quoi qu'un peu étrange sur les bords. Il ne parlait jamais et se contentait de petits «Ohh», «Ahh» qui avaient souvent eu pour effet d'énerver les gens. Mais Erza, Orihime, et même Kagura, n'avaient vu en lui qu'un petit être perdu et rejeté qui ne demandait qu'un peu d'affection. Ainsi, il était devenu le petit protégé de ces trois combattantes.
«Tu n'as pas vu Kagura?» demanda Erza au petit blond, qui se contenta de secouer la tête.
Alors, elle lui caressa la tête avant de se diriger vers la porte de sortie, accompagnée d'Orihime. Mais, à peine eurent-elles fait un pas qu'il leur attrapa un morceau d'habit pour les empêcher d'aller plus loin. La bouche entrouverte, il les regardait de ses grands yeux, comme pour demander «Où allez-vous?»
Semblant comprendre cette interrogation silencieuse, Orihime s'agenouilla et déclara: «On va faire un peu les magasins, tu nous attends ici?»
Mais, à l'instant où elle prononça ces mots, deux paires d'yeux brillants apparurent dans la pénombre de la pièce. Erza et Orihime échangèrent un regard. Mais, lorsque les deux détenteurs, ou plutôt détentrices, de ces yeux sortirent de l'obscurité, elles se relaxèrent. Il ne s'agissait que de Rangiku et Lucy, deux femmes pulpeuses aux différentes nuances de cheveux blonds.
Lucy Heartfilia, grande héritière de la célèbre famille Heartfilia, avait intégré le Hueco Mundo simplement pour pouvoir vivre sa propre vie (Étrange, non?), car elle ne se sentait pas à sa place dans la riche famille qui était sienne et voulait échapper aux problèmes. Elle avait des cheveux blonds mi-longs et de grands yeux marrons qui lui donnait un air innocent. Elle était fine, de petite taille, la peau claire et avait une bonne poitrine. Rangiku Matsumoto, quant à elle, était une orpheline ayant longuement vécue avec Gin Ichimaru, associé d'Aizen. De nombreux points restent à éclaircir sur son passé et son histoire avec ce renard. Elle était grande et fine, avec une poitrine aussi imposante que celle d'Orihime, de longs cheveux blonds vénitiens ondulés et de magnifiques yeux d'un bleu clair et glacial.
- Vous allez faire les magasins?! S'écria Lucy les yeux brillants, agréablement surprise.
- O-Oui.
- Mon Dieu! Erza et Orihime vont faire les boutiques! Renchérit sa camarade qui les prit dans ses bras. Vous êtes enfin devenues des femmes.
- Je ressens la même chose que toi, Rangiku! Enchaîna l'autre blonde en se joignant au câlin collectif. Je suis si fière!
Les deux rousses se laissèrent faire, dubitatives et loin de comprendre de quoi il retournait. Elles allaient souvent faire les courses, alors pourquoi autant d'agitation aujourd'hui? Mais, ce que les deux blondes ignoraient, c'était qu'il était en réalité question d'un tout autre type de magasin.
Alors, dans la demi-heure qui suivit, les deux blondes préparèrent leurs affaires, avant de monter dans le 4x4 des Deux Dragons, accompagnées de Yoruichi qui avait également souhaité se joindre à la sortie.
Et c'est ainsi que les cinq femmes sortirent du domaine, dans la grosse voiture blindée qui était leur. Erza aimait beaucoup conduire, et elle aimait surtout accélérer. Alors, lorsqu'elle passa à 100 km/h en pleine ville, zigzagant entre les différents véhicules, l'intérieur de la voiture se transforma en une véritable attraction, avec les cris plus ou moins enthousiastes qui vont avec.
Une vingtaine de minutes après, Lucy se précipita dehors et dégringola, le ventre tout retourné. Elle fut suivie d'une Rangiku plus énergique que jamais et d'une Yoruichi tout aussi exaltée. Mais, lorsqu'elles virent qu'elles étaient bien loin des magasins, et qui plus est, dans un quartier malfamé, leur ardent élan les abandonna, elles en restèrent bouche bée.
Tout sourire ayant disparu de son visage, Yoruichi s'adressa à Erza : «Oi... Je peux savoir ce qu'on fiche dans le quartier le plus dangereux du Mexique... Alors qu'on devrait être au centre commercial?»
Mais c'est Orihime qui répondit nonchalamment, avec une expression innocente qui lui allait si bien:
- Oh, vous ne le saviez pas? C'est le meilleur coin pour acheter des armes, ici! On y trouve des mitraillettes de bonne qualité, des fusils, des pistolets et même des-
- Attends une seconde, Orihime, soupira Rangiku en lui coupant la parole comme si elle avait du mal à réaliser, tu veux dire que... Vous aviez prévu dès le début... D'acheter des armes?
- Oui, évidemment! Répondit sa sœur, un immense sourire étirant ses lèvres.
A ces mots, comme celui d'un seul homme, les visages de Lucy et Rangiku se décomposèrent brutalement et leur mâchoires se décollèrent. Toute couleur quitta leurs corps et les iris de leurs yeux disparurent pour ne devenir que de gros ronds blancs qui les fixaient avec stupeur: elles étaient tombées de haut.
Puis, contrairement aux autres, Yoruichi partit dans un fou-rire des plus sincères, la larme à l'œil, tandis que Lucy, déprimée, fixait le sol de sa tête livide, au-dessus de laquelle on pouvait clairement apercevoir les quelques traits et l'aura sombre qui en émanaient.
«On aurait du s'en douter!» S'exclama Yoruichi, pleurant de rire.
«Elles sont terribles...» Renchérit Rangiku qui s'était reprise.
«Des monstres...» Acheva Lucy, qui elle, ne s'en remettait pas.
Puis la blonde vénitienne se précipita et prit la place d'Erza au volant, bien décidée à ne pas se laisser faire.
«Je vais vous conduire à un VRAI centre-commercial, où on achète des VRAIS VETEMENTS, pas des ARMES!» s'écria-t-elle, en insistant bien sur ce qui devait être les mots-clés.
Puis, lorsque tout le monde fut à bord, elle démarra, à une vitesse beaucoup plus rassurante que celle d'Erza. Les deux blondes de la voiture étaient plus que déterminées et on pouvait même voir une intense lueur briller dans leurs yeux. Lucy et Rangiku étaient les gérantes des bars à hôtesses et des clubs que possédaient le Hueco Mundo, et elles s'occupaient également de fournir quelques uniformes aux membres de l'organisation pour certaines missions spéciales, ou autre.
Et, selon elles, les tenues que les deux rousses arboraient au quotidien n'étaient pas convenables. C'est-à-dire que leur style vestimentaire était assez... Hm... Particulier, pour les deux jolies femmes qu'elles étaient. En effet, Erza était une fanatique d'armures et de protections en tout genre, et elle portait presque toujours sur elle un gilet pare-balles noir qui était devenu comme une seconde peau à ses yeux.
Et Orihime, quant à elle, ne portaient que des habits simples, vieux et sobres, qui ne la mettaient pas du tout en valeur. Bien qu'elles sachent se faire belles, sexy ou classes quand il le fallait, les deux jeunes femmes ne s'habillaient de façon féminines que très rarement.
Elles ne se maquillaient jamais, à part lorsque cela s'avérait être nécessaire, et avaient énormément de mal à accorder leurs habits, chose qui, d'après les deux stylistes de l'organisation, n'était pas concevable pour des femmes d'une telle beauté. Ainsi, leur façon de se vêtir était devenue un sujet de débat au sein même du Hueco Mundo.
Certains se plaisent à dire, sans toutefois les critiquer, qu'elles étaient presque des garçons manqués, et que c'était pour cela qu'elles étaient si proches des hommes, tandis que d'autres préféraient dire qu'elles aimaient la simplicité et n'accordaient juste pas plus d'importance que cela à leur vêtements. Mais pour les deux blondes, il n'était pas question de les laisser dans cet horrible pétrin, et à ce moment-ci, elles choisirent de s'investir corps et âme dans cette tâche qui s'avérait être un véritable défi pour elles.
Dans la demi-heure suivante, elles débarquèrent au centre commercial, sans passer inaperçues, comme toujours. Évidemment, une métisse au physique exotique et à l'éclatante chevelure violette foncée, accompagnée de deux blondes aux courbes pulpeuses et aux visages d'anges, ainsi que deux autres femmes dotées d'exceptionnels cheveux et de corps tout aussi extraordinaires ne pouvaient qu'attirer l'attention.
Et c'est ainsi que les deux rousses furent traînées dans une bonne centaine de magasins tous différents les uns des autres. Les heures qui suivirent furent d'ailleurs tout aussi intenses qu'une séance de sport à la salle. Après s'être occupées des sous-vêtements, du maquillage et des chaussures d'Erza et d'Orihime, tout en se choisissant également des ensembles pour elles, Yoruichi, Lucy et Rangiku décidèrent de soumettre à leurs amies un défilé dans un grand magasin de vêtements.
Laissant leurs deux cobayes à l'entrée, les trois femmes se précipitèrent sur les différents articles du magasins. A une vitesse ahurissante, elles avaient chacune confectionner bon nombre de tenues destinées à leurs deux amies. Alors, elles revinrent les prendre par les mains et les menèrent à deux cabines d'essayage différentes où trônaient deux gigantesques montagnes de vêtements et d'accessoires.
«Erza, tu seras la première. Fais-nous rêver.» Affirma Rangiku, jouant à fond son rôle de styliste de luxe.
Quelques minutes après, la femme aux cheveux écarlates ressortit de sa cabine, sous les yeux éblouis de sa propre sœur et des trois juges qui n'étaient autres que ses proches amies.
Sa première tenue était constituée d'une longue robe bleue marine des plus magnifiques qui soient. Le haut de l'habit était fait d'une matière différente du reste, plus satinée, et il ne couvrait que la poitrine de la jeune femme. Ses côtes et le bas de son dos étaient joliment dévoilés, tout en restant classe. Sur le devant du haut, à l'emplacement du milieu de ses seins, démarrait un petit bout de tissu qui faisait la jonction entre le haut et le bas de la robe, une jupe en voile de la même couleur.
Elle s'avança sur ses hauts talons -qu'on ne voyait absolument pas tant la robe était longue- et commença à défiler devant ses amis qui n'en revenaient tout bonnement pas.
«Wow...» chuchota Rangiku.
«Comme on pouvait s'y attendre de ma sœur.» Rigola Orihime, une expression de fierté sur le visage.
Puis Erza dévoila sa seconde tenue. Après s'être changée en cabine, elle refit son apparition dans une tenue totalement différente et bien plus banale. Elle était vêtue d'un simple jean clair moulant qui sublimait ses hanches, juchée sur de fins talons ouverts noirs, avec un chemisier blanc légèrement fendu sur le devant, dévoilant une infime partie de son décolleté, et d'un joli perfecto noir en cuir. Cela lui allait à merveille, et les quatre juges semblaient du même avis. Elle marcha devant ses amies et arrivée au bout, elle fit-même une de ces poses qu'on voyait régulièrement dans les défilés de mode.
«Simple. Efficace. Classique.» affirma Yoruichi, avec un air satisfait.
Erza attirait beaucoup de monde. Les vendeuses s'étaient toutes réunies autour de la scène et même certains clients restaient pour admirer le spectacle.
Puis vint le troisième assortiment. Il s'agissait d'une robe courte de couleur jaune flashy qui lui donnait tout de suite un côté gaie. La robe d'abord serrée sur le haut s'évasait au niveau de son nombril pour venir caresser le milieu de ses cuisses. Elle portait avec ceci des sandales noires avec une petite décoration dorée sur le dessus.
«Ça fait très été. J'adhère.» déclara Lucy, suivie de Rangiku qui opina de la tête.
La quatrième tenue revint sur le thème de la soirée très chic. Erza arborait une longue robe totalement blanche qui lui donnait des allures de sirène. De longues manches en mousseline qui se terminaient avec de petits diamants autour des poignets, un col en V plongeant qui prenait fin à hauteur de son nombril, un dos nu, et une cascade de diamants qui marquait ses hanches et ses épaules. Erza s'avança au devant de ses juges qui avaient les yeux pétillants. Elle fit tourner sa traîne blanche, faisant voleter ses longs cheveux rouges, sans même se rendre compte que nombre d'hommes s'étaient rassemblés derrière le vitrage, envoûtés par les charmes de la jeune femme.
Erza, tu es...» commença Lucy.
Les larmes aux yeux, Orihime se jeta sur sa sœur et cria: «On dirait une vraie mariée!» avant d'être subitement tirée par Yoruichi qui affirmait qu'elle ne devait pas salir la robe.
De nombreuses tenues toutes différentes les unes des autres défilèrent sous les yeux des hommes et des juges, passant de la plus extravagante à la plus discrète, du cosplay à la femme d'affaire, du kimono à la robe de soirée, etc. Erza semblait s'amuser, et elle faisait l'unanimité au sein de tout le public, quand vint la dernière tenue.
La jeune femme fit dépasser une jambe nue derrière le rideau, créant du suspens au sein de son assemblée. Puis, d'un geste sensuel, elle tira le tissu qui la séparait de son public et dévoila son ultime tenue. A cet instant, la mâchoire de Lucy et Rangiku se décrochèrent et leurs yeux rétrécirent à un tel point qu'ils ne devinrent que de tout petits points noirs. Une étincelle d'admiration apparut dans les yeux de Yoruichi et Orihime.
Erza était vêtue d'un maillot de corps bustier aux imprimés tigrés violets. Elle avait accessoirisé sa tenue avec des poings blancs de chat, une queue blanche, un collier au ras du cou et la touche finale, les oreilles de chat qui trônaient sur sa tête.
«Oi... Je ne me souviens pas que l'une d'entre nous ait choisi cette tenue...» marmonna Lucy, dubitative.
Mais encore une fois, le charme naturel de la rousse ravit toute l'assemblée et des cris d'approbation retentirent de derrière le vitrage.
«C'est... Sublime, Erza! C'est l'essence même de la beauté! S'écria une Yoruichi toute émue, la larme à l'œil, avant de se lever et de prendre les mains de son amie dans les siennes. Je ne savais pas que tu avais autant de goût, vraiment! Je suis si fière, si touchée!»
«Comme on pouvait s'y attendre de ma sœur.» répéta l'autre rousse, assise sur son fauteuil, le même air de fierté sur sa tête.
Alors Rangiku éclata de rire, pendant que Lucy se demandait avec quelle genre de femmes est-ce qu'elle traînait.
- Orihime, c'est à toi! S'exclama Rangiku en la prenant par la main.
- Euh... D'accord.
Puis, lorsqu'elles furent toutes deux seules dans la cabine, la blonde vénitienne la prit par les épaules.
- Écoute-moi, Orihime, commença-t-elle. Erza a fait une sublime prestation, mais tu ne dois pas te laisser abattre pour autant! Tu dois montrer de quoi tu es capable et même si il s'agit de ta sœur, tu te dois de la surpasser! Est-ce que tu m'as bien comprise?
- Oui! Répondit sa camarade, déterminée, qui se demandait tout de même à quel moment cette simple sortie entre amies s'était transformée en un concours de mode.
Alors son amie retourna s'asseoir à sa place, laissant sa petite protégée se préparer.
Tout le public était en suspens, attendant patiemment que la deuxième rousse fasse son apparition. Et elle ne se fit pas attendre. Sa première tenue fut constituée d'un jean bleu moulant légèrement retroussé et d'un joli haut blanc, surmontée d'une splendide veste blazer de la même couleur. Elle portait de hauts talons vernis en forme de sandales de couleur taupe, assortie à la petite pochette vernis qu'elle tenait dans sa main. Elle s'avança devant son public, étonnement à l'aise, et secoua sa longue et éclatante chevelure. Même si ce n'était que la première tenue, tout le monde semblait apprécier le charme que dégageait la rousse. Telle sœur telle sœur.
«Parfait.» commenta Yoruichi.
Puis ce fut au tour du second assortiment. Elle sortit, cette fois-ci vêtue d'une longue robe stretch de couleur jaune orangé, ou plutôt jaune safran. La robe, moulante sur le haut jusqu'à ses hanches, tombait comme une longue cascade sur ses pieds, fendue sur les deux côtés de ses jambes jusqu'au haut de ses cuisses. Orihime tourna sur elle-même et ses cheveux roux volèrent, dévoilant le plongeant dos nus qui se trouvait derrière.
«Tu es vraiment magnifique!» S'écria Lucy, de petites étoiles scintillant dans ses yeux.
«Évidemment, c'est ma sœur, quand même.» Renchérit Erza, qui adoptait exactement la même attitude qu'Orihime quelques minutes plus tôt.
La troisième tenue se composa d'une nouvelle robe rose saumon, s'arrêtant mi-cuisse. La robe se séparait en deux morceaux de tissus qui démarraient aux bretelles. Les deux morceaux de voile cachaient chacun un sein de la Demoiselle avant de se croiser au niveau de son ventre et de tomber sur ses cuisses. Juste en-dessous de son imposante poitrine se trouvaient deux petites bandes dorées, assorties aux bretelles, qui soutenaient ses atouts proéminents et qui marquaient sa taille de guêpe. Elle portait avec ceci une petite pochette dorée en accord avec sa tenue et des talons roses saumon assortis.
«Tu as le don de sublimer tout ce que tu portes, Orihime!» commenta Rangiku, qui avait visiblement l'accord de tous les hommes et femmes présents.
Vint ensuite la quatrième composition. Orihime portait un court débardeur gris dont les bretelles se resserraient autour de son cou, sublimant sa magnifique poitrine qui lui était propre. Elle arborait avec une jupe taille haute moulante noire en simili-cuir qui lui arrivait en dessous des genoux. La jupe comportait, au niveau du nombril de la jeune femme, une partie «volante» qui s'évasait sur ses hanches. Orihime marcha sur ses talons pointus noirs, telle une vraie femme d'affaire, sans hésiter et sans même rougir.
«Si Grimmjow la voyait comme ça...» ne put s'empêcher de murmurer Yoruichi, une lueur malicieuse dans ses iris jaunes.
Et ce fut enfin le tour de la dernière et ultime tenue, celle qui eut encore plus de succès. Orihime tira lentement sur le rideau et glissa sa main sur sa hanche, tout en passant son autre main dans ses cheveux. Les hommes environnants se mirent à crier leur enthousiasme, hypnotisés par les charmes de la rousse. Elle était vêtue d'une longue robe noire en forme de sirène, c'est-à-dire moulante jusqu'à ses genoux, puis évasée, avec un décolleté en forme de cœur. La robe était simple, mais des plus exquises qui soient. Les bretelles tombaient sur ses bras, laissant ses épaules nues et il y avait sur la longue traînée de la robe une partie beige sur laquelle étaient cousus et emperlés de magnifiques motifs noirs.
Elle s'avança fièrement, tout en jouant avec ses jambes, scotchant sur place tous les hommes de la pièce. Arrivée au bout de la «scène», elle fit volte-face avant d'adresser un éclatant sourire à ses juges et aux vendeuses.
«Orihime...» commença Lucy, plus admirative que jamais.
«C'est... splendide...» continua Rangiku, émue aux larmes.
«Je n'ai plus les mots.» renchérit Yoruichi, tout aussi épatée.
Puis Erza se leva et se précipita sur sa sœur pour la prendre dans ses bras, elle aussi très fière. Elles se ressemblaient vraiment.
Puis, quelques minutes plus tard, quand les cinq femmes ressortirent du magasin, les mains remplies d'une bonne trentaine de sac, elles furent accueillies par un tonnerre d'applaudissement et un brouhaha sans pareille. En effet, tous les spectateurs de ce petit défilé de mode improvisé les avaient attendus à la sortie du magasin pour les féliciter et les acclamer.
Ainsi se termina cette longue escapade au centre commercial. Rangiku et Lucy étaient plus fières que jamais, elles avaient accompli leur mission du jour. Et c'est donc dans la joie et la bonne humeur qu'elles remontèrent dans le 4x4 rempli de sacs de shopping.
La demi-heure qui suivit, les cinq amis rentrèrent au Q.G. les mains pleines. Pour aller plus vite, Lucy et Rangiku prirent directement la direction de leur appartement, tandis qu'Orihime, Erza et Yoruichi se rendaient également dans le leur.
Il était environ quatre heures de l'après-midi, et les trois femmes n'avaient pas encore mangé. Il fut donc décidé qu'Erza préparerait le repas, pendant que les deux autres s'occupaient d'aller ranger les habits dans leurs chambres respectives. Orihime et Yoruichi se séparèrent donc pour chacune se rendre dans leur suite attitrée.
Cependant, alors que la rousse s'approchait de sa chambre, de petits bruits gênants lui parvinrent aux oreilles. C'était étrange. Erza était en bas, il ne devait donc y avoir personne dans la pièce. Sceptique, Orihime se dépêcha un peu plus et ouvra non sans peine -ses mains étant remplies de sacs- la porte de sa suite.
Mais a peine eut-elle posé un pied dans la pièce que tout son corps se pétrifia et qu'elle fit tomber au sol la totalité de ses affaires. Elle hallucinait. Un cri s'étouffa dans sa gorge. Devant elle, dans sa chambre, se trouvait Grimmjow allongé sur son lit à elle, surmonté d'une femme aux longs cheveux noirs qui sautait, tout en poussant des gémissements à en perdre la raison.
Aucun mot ne sortit de la bouche de la rousse. Elle restait immobile, pendant qu'une guerre éclatait au sein de son esprit. Comment osaient-ils...? Que cherchaient-ils? Que leur avait-elle fait pour être traitée de la sorte...? Puis, alors qu'elle fixait Grimmjow, qui s'amusait à donner des coups de bassin de plus en plus violents à la femme, elle entendit celle-ci crier d'une voix haletante, tout en continuant ses mouvements:
«Putain... Mais tu veux... Quoi toi!? Dégage... Dégage d'ici, emmerdeuse!»
A ces mots, les yeux d'Orihime s'écarquillèrent. «Dégage d'ici»? «Emmerdeuse»? Aussitôt, la colère lui monta à la tête et elle sentit son visage prendre des couleurs. Son cerveau bouillonnait, son cœur se mit à battre plus vite et automatiquement, elle serra les poings jusqu'à ce que ses ongles s'enfoncent dans ses paumes. Orihime tenta de se calmer, elle chercha à garder son calme, il ne fallait pas qu'elle se rabaisse à son niveau, il ne fallait pas.
Mais, quand elle entendit de nouveau: «T'attends quoi, salope?!» Sa rage explosa subitement et envahit son corps. Sa vision se troubla légèrement, elle voyait rouge. Son cœur lui criait de refaire le portrait de cette idiote qui avait pénétré sur son territoire, et pour une fois, son cerveau ne s'y opposait pas. Alors, dans un élan de colère, elle s'avança dans sa chambre, traversa les quelques mètres qui la séparaient de son lit et empoigna violemment les cheveux de la femme à leurs racines. Puis, avec une facilité déconcertante, d'une seule main, elle la jeta avec force en direction de la porte, sans se soucier de savoir si l'engin du bleuté était encore à l'intérieur.
La corps nu de la femme s'écrasa violemment contre le mur du couloir, mur qui se fissura légèrement, dans un gémissement de douleur. Orihime n'avait visiblement pas maîtrisé sa force, une fois de plus. Puis, cette dernière se dirigea dangereusement vers elle, le visage déformé par la colère. Une fois dans le couloir, elle la prit par la gorge.
Orihime était effrayante dans ces moments, il fallait se le dire. Sans un mot, elle la fixa, tout en resserrant petit à petit la pression qu'elle exerçait sur sa gorge. La rousse ne savait pas réellement ce qu'elle faisait, elle était aveuglée par la colère. Un peu excessif comme réaction, me diriez-vous. Certes, mais elle relâchait simplement la colère qu'elle avait encaissé pendant presque une décennie.
Depuis que Grimmjow avait atteint l'âge de quinze ans, Orihime avait sans cesse été confrontée à ce genre de scènes. Depuis son plus jeune âge, le bleuté avait toujours été un Don Juan qui changeait de fille comme de chemise. Et pas n'importe quel Don Juan, non, Monsieur ciblait principalement les filles refaites, plastifiées, idiotes et faciles, jamais il ne s'était réellement posé avec une vraie femme digne de ce nom. Orihime avait donc l'habitude de le voir s'amuser avec des filles qu'il ne connaissait même pas. Elle avait l'habitude de ressentir l'étrange envie de tuer -ou au moins défigurer- chacune de ces filles faciles qu'il prenait. Et elle avait également l'habitude de chasser ces émotions qu'elle ne comprenait pas, ou plutôt qu'elle ne souhaitait pas comprendre.
En temps normal, Orihime ne réagissait pas comme cela, elle gardait son ressenti au plus profond de son cœur, sans jamais exprimer son mécontentement. Mais aujourd'hui, il l'avait fait dans sa chambre à elle, sur son lit à elle, sous ses yeux à elle, et en plus, il n'avait même pas bougé le petit doigt lorsque l'autre putain de femme publique lui avait manqué de respect. Cela avait été la goutte d'eau faisant déborder le vase, et le sang d'Orihime n'avait fait qu'un tour. Cette fois-ci, elle ne se laisserait pas faire.
Mais, alors qu'elle repassait toute sa haine accumulée sur la brune, une main vint fermement agripper son poignet. Sans même se retourner, elle reconnut la poigne de Grimmjow et sa haine s'intensifia davantage. Elle laissa alors tomber la femme et s'attaqua donc au bleuté, la source du problème.
Le visage crispé, les dents serrées, elle le plaqua au mur, s'apprêtant à lui envoyer un coup de poing magistral dans la tête. Mais, lorsqu'elle vit le sourire carnassier de Grimmjow et son air satisfait, elle comprit le véritable but du jeune homme. Alors, elle prit de nouveau sur elle et baissa son poing, se mordant la lèvre.
Elle se détourna de lui et ordonna d'une voix impassible et stricte: «Sors de ma chambre.»
Amusé, il répondit: «Oi, 'Hime, tu-»
Mais à cet instant, elle darda ses yeux gris sur lui, ce qui eut pour effet de le refroidir et d'effacer tout sourire de son visage. Son regard... Son expression avait radicalement changée. Ses prunelles n'étaient plus remplies de colère, non, il ne pouvait lire en elle que de l'écœurement. Oui, c'était ça, elle le regardait avec dégoût.
Grimmjow était surpris. Orihime ne l'avait jamais regardé ainsi. Était-il allé trop loin? L'avait-il trop provoqué? Mais, alors que le bleuté se posait des questions sur ses faits et gestes, il entendit de nouveau, d'un ton beaucoup plus dur: «Sors... De ma chambre.»
Alors il s'exécuta, en jetant un dernier regard à la rouquine qui lui tournait de nouveau le dos. Il avait foiré, et il en avait prit conscience un peu trop tard.
«Et merde.» jura le jeune homme en refermant la porte derrière lui.
Merci infiniment à tous ceux qui me lisent:), en espérant que mes quelques fan fiction vous plaisent!
