Chapitre 8

Paseo dela Reforma, 13:48, Mexique.

Une femme aux longs cheveux blonds, vêtue d'un pantalon noir et d'un chemisier blanc marchait dans la rue. Devant elle se déroulait l'immense allée de la Paseo dela Reforma, longue d'une dizaine de kilomètres. La route était encadrée d'arbres derrière lesquels s'élevaient d'incroyables buildings comparables à ceux de Manhattan. C'était l'un des quartiers d'affaires du Mexique où se trouvaient de nombreux sièges d'entreprises, etc. La blonde rentra alors dans l'un des immenses immeubles qui la surplombaient et se rendit au comptoir de l'accueil.

«Alonzo Perez est-il dans son bureau?» demanda-t-elle sans même prendre le temps de se présenter ou de retirer ses lunettes de soleil. Elle s'était adressée à la femme de l'accueil avec un certain mépris dans la voix, révélateur de sa personnalité. Cette dernière leva de grands yeux brillants vers elle et demanda d'une voix timide:

- Qui... Le demande?

- Adriana Sanchez, sa cousine.

- Oh! V-Vous êtes de la famille de Monsieur?

- Je viens de te le dire, il me semble. Tu es sourde, ou stupide? Et puis je t'ai demandé si il était là.

- Ah... Euh... Oui, il est là, mais je crois qu'il a de la visite.

- Et bien dépêche-toi de m'inscrire sur la liste des visiteurs pour que je puisse monter.

- C-Compris. Veuillez poser votre pouce sur cette mousse et y déposer votre empreinte sur cet appareil.

Accordant ses gestes à ses paroles, elle lui montra respectivement un petit bac où se trouvait une sorte de mousse remplie d'encre ainsi qu'un petit appareil qui ressemblait à une tablette transparente. Après s'être exécutée, tout en râlant sur le fait de devoir se salir les mains, elle quitta le comptoir sans même un remerciement pour la femme qui l'avait aidée.

- Ma-Madame! Voulez-vous que je vous accompa-

- Je connais le chemin, la coupa la concernée. Et ne le prévenez pas de ma petite visite surprise, sinon, je vous fais virer, continua-t-elle.

Elle s'approcha d'un ascenseur et posa son pouce sur un petit écran collé au mur. Un système de sécurité doté de laser lui scanna son empreinte d'ADN avant que les portes ne s'ouvrent. Elle monta jusqu'au troisième étage, avant de s'engager dans un large couloir beige à la moquette rouge. Puis, après avoir dépassé de nombreuses portes, elle s'arrêta près d'un petit local technique et s'adossa au mur. Là, elle sortit son téléphone et le porta à son oreille, sans toutefois appuyer sur une touche quelconque.

Quelques instants après, une femme apparut au bout du couloir, vêtue de la typique tenue de secrétaire et chargée de nombreux dossiers, qui venait dans sa direction.

«Oui, tu sais, je te l'ai dit» dit la blonde qui feignait d'être en ligne.

Quand la secrétaire d'origine européenne se rapprocha d'elle, elle pu lire sur son badge: «Mlle Petit.»

«Non, pas celui-là. Tu ne retiens vraiment rien.»

Puis, quand la femme passa à son niveau, elle rangea rapidement son téléphone. Et après avoir regardé si elle était seule, elle asséna un puissant coup dans un point bien précis de la nuque de la secrétaire qui s'écroula aussitôt sur le sol.

Sans plus de délicatesse, elle la traîna jusqu'au local qui se trouvait à côté et ferma la porte à clé. Et quand elle en ressortit, quelques minutes plus tard, elle arborait la tenue de sa victime et portait ses dossiers. Elle jeta ensuite un bref coup d'œil aux documents qu'elle possédait avant de rebrousser chemin jusqu'à l'ascenseur et de monter au cinquième étage.

La minute qui suivit, elle frappait tout doucement à une grande porte de bois et ornée d'une plaque d'or sur laquelle on pouvait lire: «M. Perez.»

«Quoi encore?!» entendit-elle à travers les murs.

Alors, elle poussa timidement un battant de la porte jusqu'à ce qu'elle puisse voir le détenteur de cette voix. Il s'agissait d'un homme d'une cinquantaine d'année aux cheveux gris et à la moustache parfaitement dessinée, assis sur un fauteuil derrière son bureau. Quand il vit le visage de la nouvelle arrivante, il fut un tantinet surpris et d'un geste, il l'invita à entrer.

Ainsi, elle ouvrit la totalité de la porte et entra dans une grande pièce inondée de lumière et joliment décorée. Il y avait, en face de cet homme, un autre monsieur chauve et obèse qui buvait une coupe de champagne. Les deux hommes costumés étaient chacun encadrés de deux hommes armés, il y avait donc un total de six personnes dans la pièce, sans la compter.

Derrière le bureau se trouvait une gigantesque baie vitrée, prenant la place du mur entier, qui devait donner en temps normal une vue imprenable sur l'allée «Paseo dela Reforma». Mais aujourd'hui, il y avait deux laveuses de carreaux qui faisaient leur métier, debout sur une estrade.

A peine fut-elle entrée qu'elle remarqua le regard intéressé que tous les hommes présents lui portaient. Évidemment, ses longs cheveux dorés, son corps plus qu'avantageux et ses fins yeux marrons faisaient effet.

- Et on peut savoir t'es qui, ma jolie? Demanda l'homme derrière le bureau.

- Euh.. Et bien... E-Excusez-moi de vous déranger, commença-t-elle d'une toute petite voix hésitante. Je viens juste d'arriver et... On m'a assigné à-

- Ok, c'est bon. Viens.

Les joues rouges, la blonde fit quelques pas. Tout le monde la regardait pendant qu'elle se dandinait timidement sur ses petits talons. Et lorsqu'elle fut arrivée à sa hauteur, elle posa ses dossiers sur le bureau et il lui ordonna: «Assieds-toi.»

Alors elle parcourut la pièce des yeux, puis, après quelques instants, elle réalisa enfin quelque chose.

«M-M'asseoir? Demanda-t-elle. Mais... Il n'y a plus de chaises pour moi...»

Pour seule réponse, le vieil homme tapota ses genoux, ce qui eut pour effet d'intensifier la rougeur des joues de la blonde. Elle le regarda d'un air choqué et confus qui fit rire toute l'assemblée, visiblement composée uniquement d'hommes pervers. Mais, voyant qu'elle ne bougeait pas, il l'attrapa fermement par le poignet et la fit monter de force sur ses genoux.

«Et bien, et bien, intervint le gros lard qui se tenait de l'autre côté du bureau. Toujours aussi brutal, Perez.»

Ledit Perez rigola avant de glisser une main baladeuse sur le ventre de la blonde, main qui allait sûrement commencer à monter un peu plus haut.

«T'es vraiment très belle, jeune fille. J'ai envie d'être généreux aujourd'hui. Alors, dis-moi, ça te dirait d'obtenir une promotion facilement?»

Alors, les rougeurs de la concernée disparurent d'un coup. Elle jeta un coup d'œil dehors, admira les buildings environnants, la vue imprenable et les deux femmes qui nettoyaient avant de brusquement se mettre à genoux. Puis, elle passa de genoux à quatre pattes et se glissa sous le bureau de l'homme.

Celui-ci fut très surpris. Il partit dans un horrible fou-rire pervers, avant de chuchoter: «Et bien, t'es rapide, toi. Tu as plutôt vite compris.»

Alors il s'affala un peu plus sur son fauteuil et commença à défaire son bouton de pantalon. Mais c'était sans compter sur l'une des laveuses de carreaux qui brisa d'un seul coup de poing la baie vitrée. Pris par surprise, tous les hommes présents reçurent des bouts de verre un peu partout sur le corps. Automatiquement, les deux hommes se protégèrent la tête et fermèrent les yeux. D'étranges bruits de déchirures retentirent, et lorsqu'ils rouvrirent les yeux, ils virent avec stupeur que leurs quatre gardes du corps, aussi forts soient-ils, avaient été tranchés par l'une des nettoyeuses de carreaux, une femme aux longs cheveux noirs armée d'un long sabre qui semblait d'ailleurs de très bonne qualité.

«Qu'est-ce qui se passe i-» commença Monsieur Perez, avant de voir la deuxième nettoyeuse, la brune qui avait brisé les fenêtres, s'approcher de lui et lui tordre le cou en une fraction de secondes.

L'autre homme, le gros tas de graisse, renversa lui-même son fauteuil en arrière et se retrouva sur le dos, incapable de bouger comme une tortue. Aussi n'eut-il pas le temps de réagir lorsqu'il vit la secrétaire blonde marcher vers lui et lui trancher la gorge d'un geste.

Ils étaient tous morts.

Alonzo Perez, homme d'affaire, directeur des finances d'une grande entreprise, mais aussi un célèbre proxénète connu sous le nom de «Joe».

Marc Williams, second d'une grande entreprise d'électronique, et violeur à ses heures perdues. Tous deux à la tête d'un grand réseau de trafic de femmes, tous deux de vraies ordures. Et ces trois femmes avaient débarrassé le monde de ces parasites.

Alors, sans un mot, elles sortirent toutes les trois par la fenêtre et montèrent grâce à l'estrade des deux nettoyeuses. Les étages défilaient sous leurs yeux, et elles finirent par arriver sur le toit. Ici, la vue était des plus incroyables qui soient. On avait une vue directe sur tout Mexico et plus loin encore, c'était sublime. Mais les trois tueuses n'avaient pas le temps.

Elles ouvrirent la porte qui menaient à l'intérieur du bâtiment et y pénétrèrent. Là, elles se déshabillèrent en deux trois mouvements et enfilèrent de nouveaux habits de citadines normales. Elles rangèrent leurs habits dans un sac que tenait l'une des pseudos nettoyeuse de carreaux, avant de descendre un escalier, puis de prendre l'ascenseur, ascenseur qui s'ouvra automatiquement en reconnaissant l'ADN de la blonde.

Dans les cinq minutes qui suivirent, elles sortirent du building après être passées par le rez-de-chaussée. Une fois dehors, elles traversèrent la route, les arbres, et encore une autre rue, avant de s'engager dans une petite ruelle plus sombre et plus étroite. Là était garée une sublime voiture noire dans laquelle elles montèrent.

Lorsqu'elles furent à l'intérieur, elles purent enfin souffler et commencer à parler. D'un geste rapide, deux d'entre elles tirèrent sans plus de précautions sur leurs cheveux, blonds pour l'une et bruns pour l'autre, dévoilant d'éclatantes chevelures rousses qui avaient été dissimulées. La pseudo secrétaire retira également une étrange couche qui avait été rajoutée sur sa main, si fine qu'elle ne pouvait être vue à l'œil nu.

«Yosh, Erza, allons-y!» s'exclama l'une des rousses à intention de la conductrice, l'ancienne secrétaire blonde.

Le trajet dura environ une heure.

- Kagura, pourquoi ne viendrais-tu pas vivre dans notre appartement? Commença Erza. On s'amuserait encore plus.

- Eh bien... Je n'y avais jamais songé, répondit celle qui avait tranché les sbires des deux hommes d'affaires. Mais ai-je le droit? Cela ne va-t-il pas créer des tensions, étant donné que je ne suis pas l'un des bras droits d'Aizen?

En effet, depuis la création du bâtiment, les bras droits avaient toujours logés ensemble dans leur appartement, tandis que les hommes au service de ces mêmes bras droits habitaient dans le deuxième immeuble, beaucoup plus grand que le premier car plus d'effectif, qui était également collé au bâtiment principal. Ils étaient alors séparés en trois compartiments qui correspondaient au escouade des bras droits: la Section des deux chats métis, celle de la Panthera et de l'homme d'Acier et celle des deux Dragons.

- Mais non, c'est bon si on lui demande, rétorqua Orihime, celle qui avait brisé la vitre.

- J'adorerais... Mais je ne peux pas laissé Nell seule, non?

- C'est décidé, s'écria la conductrice, vous allez toutes les deux venir vous installer avec nous!

Le reste du trajet se passa bien. Les trois femmes avaient monté le son, elles s'éclataient, chantaient sur des rythmes endiablés et riaient aux éclats. En les voyant ainsi, personne n'aurait pu imaginé qu'elles avaient tués six hommes quelques instants plus tôt, et des milliers en quelques années.

Lorsqu'elles arrivèrent au Q.G, les trois jeunes femmes se rendirent directement au bureau de leur supérieur pour y faire leur rapport. La mission avait été réussie dans de bonnes conditions, et personne n'avait interféré, comme prévu. Lorsque les deux dragons lui firent part de leur projet d'héberger Kagura Miakzuchi et Neliel Tu Odelschwank dans leur gigantesque appartement qui pouvait bien accueillir deux personnes de plus, ce dernier eut une réponse qui les interpella.

«Oui, il n'y a pas de soucis, répondit-il. Elles vous rejoindront, une fois que vous serez revenues.»

Hein? Revenues? Mais revenues d'où? A leur connaissance, les deux rousses n'avaient aucun voyage de prévu. Voyant leurs airs dubitatifs, Aizen reprit: «Vous partez dans quelques heures, avec Grimmjow et Gajeel, pour Rio de Janeiro, à la base de G.»

A cette annonce, les visages des deux concernées s'illuminèrent et d'éclatants sourires se mirent à courir sur leurs visages. Elles étaient heureuses, il n'y avait aucun doute.

«Néanmoins, vous n'êtes pas en vacances, continua-t-il avec une expression amusée. Ce voyage a pour but une rencontre avec l'Akatsuki.»

A ces mots, les visages décontractés des deux jeunes femmes se renfrognèrent immédiatement.

- Ils nous ont en effet contacté, pour que des accords soient créés entre nous et que nous n'empiétions pas mutuellement sur le territoire de l'autre.

- Mais pourquoi devons-nous aller jusqu'au Brésil, ceux de G ne peuvent pas s'en occuper?

- Et bien, si. Mais je serai plus confiant si vous y alliez vous, et puis, ils nous ont personnellement fait la demande de s'entretenir avec vous, pour des raisons que j'ignore. La possibilité que ce soit un test, ou même un piège, n'est pas exclue, au contraire. Faites très attention et préparez vous en conséquence. Et surtout, n'oubliez pas que vous faites partie du Hueco Mundo, alors imposez-vous et si cela tourne mal, vous savez exactement quoi faire.

Les deux femmes hochèrent la tête et lui tournèrent le dos. Elles s'approchèrent de la porte, suivie de Kagura qui comptait prendre la même direction. Mais cette dernière fut interpellé par son chef et elle du rester dans le bureau.

Quelques heures plus tard, les deux femmes étaient en plein milieu de la grande forêt qui encerclait le Q.G, prêtes à partir. Devant elles s'étendait une longue piste de décollage ainsi qu'un jet privé, celui qu'Aizen avait légué à ses bras droits.

Elles s'apprêtaient à monter dans son enceinte, quand elles entendirent: «Oi, Erza, t'étais vraiment obligée de prendre autant d'affaires?»

Il s'agissait de Gajeel, accompagné de Grimmjow, qui avait surgit d'entre les arbres. En effet, Erza portait sur ses épaules un gigantesque sac qui faisait plus de trois fois la taille de son propre corps.

«C'est toujours comme ça, avec elle.» Répondit Orihime avant de pénétrer dans l'engin.

L'intérieur était luxueux, comme on pouvait s'y attendre. Le voyage se déroula sans encombres et ils arrivèrent aux alentours de onze heures du matin dans un petit aéroport sécurisé du Brésil, que leur chef avait spécialement réservé ce jour-là pour leur éviter toutes sortes de contraintes.

Les quatre amis débarquèrent sur le sol bétonné et s'étirèrent. Il faisait déjà chaud à cette heure-ci, mais une légère brise caressait leurs joues, c'était agréable. Sans qu'ils aient à lever le petit doigt, une voiture vint se poster devant eux, prêts à les accueillir.

Cependant, comme toujours, Grimmjow fit preuve de cette superbe amabilité qui le caractérisait. Il ouvrit brutalement la portière et ordonna au chauffeur de «dégager car ils n'avaient pas besoin d'un majordome et qu'il savait très bien conduire». S'exécutant, ce dernier les laissa, un tantinet effrayé par l'agressivité du bleuté, bleuté qui s'empressa de s'asseoir et de démarrer la voiture.

Fidèle au fanatique de voitures qu'il était, il fit rugir le moteur de ce superbe véhicule pendant de longs instants avant de partir en trombe et de faire crisser les pneus sur le béton. Erza devant, ils s'éclataient comme de vrais enfants, comme les amateurs de vitesse qu'ils étaient. Ils quittèrent l'enceinte de l'aéroport quelques instants plus tard.

«Mais Grimmjow, tu te rappelles du chemin? Demanda Orihime. Ça fait presque cinq ans que nous ne sommes pas revenus, après tout.»

Un pesant silence s'installa alors dans la voiture, et à la vue du visage renfrogné du jeune homme, tous soupirèrent. Il avait démarrer le véhicule sans même prendre le temps de se renseigner sur le lieu où ils étaient censés se rendre. Bon sang, ce Grimmjow. Alors Erza, sauveuse de la situation, proposa de s'arrêter à la plage qui se trouvait à quelques kilomètres, d'y demander leur chemin et d'en profiter pour faire une petite pause. Ils étaient tous d'accord.

Et c'est ainsi qu'ils débarquèrent sur une gigantesque plage touristique qui était bien remplie alors qu'il n'était même pas midi. Après avoir garé la voiture, Erza et Orihime ouvrirent le coffre pour y prendre les affaires dont elles avaient besoin, quand soudain, les clés de la voiture que Grimmjow avait en sa possession quelques instants avant furent balancées dans le coffre.

Mécontente, Erza se retourna, prête à enguirlander les deux hommes qui lui avaient jeté les clés à la figure, mais ils n'étaient plus là. Ils avaient disparus. Ils s'étaient volatilisés. Alors elle soupira et après avoir fermé la caisse, elles se dirigèrent toutes deux vers le restaurant de la plage pour y demander leur chemin.

Une fois ces informations recueillies, elles se changèrent, louèrent des transats et y installèrent leurs affaires. Il ne leur avait fallu que quelques secondes pour remarquer Grimmjow et Gajeel qui se défonçaient sur le terrain de beach volley, non loin de leur petit coin de soleil. Ils avaient jetés leurs habits par terre et s'amusaient comme des fous, comme de jeunes hommes tout à fait normaux, qui passaient de simples vacances d'été au Brésil.

- Tu penses pas qu'on devrait en profiter, nous aussi, Erza?

- Oui, allons-y.

Sur ce, les femmes se levèrent. Grimmjow remarqua très vite ce qu'étaient en train de faire ses deux amies, et les conséquences se firent vite ressentir. En effet, alors qu'il les regardait, il en oublia même le match et un ballon lui tomba sur le visage.

«Bon sang, Grimmjow, tu fous quoi?» s'écria un joueur.

Mais ce dernier ne répondait pas. Gajeel vint à ses côtés et chercha la cause de son visage renfrogné. Et il comprit aussitôt lorsqu'il vit Erza et Orihime retirer leurs habits, sous les yeux éblouis et intéressés de nombreux hommes qui les entouraient. Comme à l'accoutumée, elles ne se rendaient pas compte que tous les regards étaient braqués sur elles et qu'elles étaient désirées de tous.

Gajeel fut le premier à réagir. Sans demander son reste, il abandonna sa partie de volley et se précipita vers ses deux amies. Et aucune des deux n'eut le temps de réagir lorsqu'il prit Erza dans ses bras comme une princesse et se mit à courir en direction de la mer.

Puis, alors qu'elle regardait sa sœur et son ami s'éloigner vers l'eau, se demandant ce qu'il se passait, Orihime sentit ses pieds se décoller du sol et en quelques secondes, elle se retrouva le ventre sur une épaule qu'elle aurait pu reconnaître entre mille, les jambes emprisonnées par des bras musclés. Contrairement à Gajeel, Grimmjow l'avait attrapé comme un vulgaire sac à patates et prenait la même direction que son ami Homme de Fer.

Sachant très bien que toute résistance était vaine, Orihime se laissa emporter et jeter à l'eau par celui qui s'avérait être son «ami». Lorsqu'elle refit son apparition à la surface, elle fut aussitôt confrontée à un visage dur ainsi qu'une mâchoire carrée et contractée qui laissait clairement apparaître l'agacement du jeune homme. Elle le regarda d'un air innocent et demanda:

«Pourquoi t'as fais ça?»

Une folle veine battit sur sa tempe et pour toute réponse, il se contenta d'appuyer sur la tête de la rouquine et de l'enfoncer un peu plus dans l'eau salée. S'en suivit d'une course poursuite et d'une bagarre au sein même de la mer.

Gajeel et Erza, quant à eux, étaient moins violents, plus posés.

- Grimmjow, je comprends... Mais toi? Rigola Erza.

- Tu crois tout d'même pas que j'vais laisser ma frangine se faire reluquer comme ça? Rétorqua Gajeel.

Alors, les deux amis rigolèrent, avant de jeter un coup d'œil à leurs deux amis. Orihime et Grimmjow formaient vraiment un drôle de duo. Ils étaient si différents l'un de l'autre, comme chien et chat, et pourtant, ils entretenaient un lien indescriptible et indestructible et ne pouvaient vivre l'un sans l'autre, comme des âmes sœurs. Erza eut un sourire attendrissant en les voyant s'amuser comme des enfants.

Les éclatants sourires qui courraient sur le visage de sa sœur bien-aimée lorsqu'ils étaient tous ensembles la remplissait de bonheur. La voir heureuse était son plus grand souhait et elle était prête à tout pour que ce sourire ne disparaisse pas. Elle était l'être le plus important à ses yeux, sa partenaire, son ombre, son sang, celle qui la comprenait et l'aimait quoi qu'il arrive, celle qui resterait à ses côtés même si tout le monde lui tournait le dos, celle qui la suivrait même en Enfer. Évidemment, l'inverse était aussi vraie, et c'était pour cela qu'elles étaient imbattables tant qu'elles restaient ensembles. L'une ne pouvait vivre sans l'autre, elles étaient la force de l'autre, tout en étant sa faiblesse. Car quiconque tentait de séparer l'inséparable en subissait les représailles, aussi horribles soient-elles.

Puis Erza fut sortie de ses pensées par Gajeel qui lui prit le poignet. Enflammé, il l'entraîna vers Grimmjow et Orihime qui se battaient toujours, avant de prendre à son tour part au combat. La baignade dura plus d'une heure, une heure de pur plaisir durant laquelle les quatre bras droits se lâchèrent et profitèrent un peu du monde qui s'offrait à eux.

Vinrent ensuite les bains de soleil pour bronzer un peu et se sécher. Les deux hommes s'étaient tous deux transformés en de vrais «body-guard» qui empêchaient quelconque homme de baver sur les deux rouquines qui se doraient au soleil. Mais cela ne faisait qu'attirer plus de regards, plus de concurrents attirés par ces deux femmes au charme surnaturel.

Puis, aux alentours de quatorze heures, ils se désaltérèrent avant de se rhabiller et de reprendre la voiture. Le chemin fut un peu plus long, dû au fait qu'aucun ne savait réellement où ils étaient, mais ils arrivèrent quand même à destination au bout de trois quarts d'heure. Ils s'enfoncèrent dans une épaisse forêt remplie d'arbres tropicaux typiques du pays avant de rencontrer un portail blanc similaire à celui qui bloquait l'accès du Q.G, au Mexique.

Gajeel sortit et appuya sur un interrupteur. La minute qui suivit, ils traversaient le bois, plus petit que celui qu'ils avaient l'habitude de côtoyer, avant de déboucher sur une nouvelle villa, toute aussi magnifique que celle d'Aizen. Erza fut la première à sortir précipitamment. Devant la bâtisse, ses yeux s'illuminèrent et un sourire étira ses lèvres, elle était heureuse.

«On est de retour» chuchota-t-elle, en prenant sa sœur par la main.

Puis, pendant qu'elles se précipitaient vers les marches de l'entrée, Gajeel s'écria: «Eh, vos valises! J'compte pas tout m'trimballer moi-même, bande de feignasses!»

Mais alors qu'elles s'apprêtaient à répondre, quelqu'un le fit à leur place:

«Alala, vous ne changerez donc jamais. Et bien, je suppose que ce n'est pas une si mauvaise chose.»

Les quatre personnages firent aussitôt volte-face pour voir cet homme qu'ils connaissaient tant. Malgré leurs âges avancés, leurs yeux brillaient d'une petite lueur comme ceux d'un enfant fier admirant son héro. Il était grand et musclé, avait un teint plutôt mat, environ la quarantaine, mais souriait comme un jeune homme qui avait retrouvé ses camarades. Il avait des cheveux mi-longs couleur rouge-orangé rejetés en arrière, une barbe bien tracée et des yeux noirs. Un de ses bras était recouvert d'un bandage, tandis que l'autre semblait être constitué de fer, et il arborait une longue cape marron déchirée.

«Content de vous revoir, les jeunes.»

A ces mots, il s'avança et prit les rousses dans ses bras tel un père l'aurait fait avec ses deux filles. Leurs joues se colorèrent légèrement et elles savourèrent pleinement cette marque d'affection et d'amour.

- Vous m'avez manqué, chuchota-t-il.

- Oh, mais c'est le papy, commença Grimmjow.

- Viens nous aider avec les valises, vieil homme, continua Gajeel sur un ton moqueur.

Ledit papy était en réalité le dirigeant du Q.G. du Brésil, l'associé de longue date d'Aizen, si bien qu'on se prêtait souvent à dire qu'ils étaient frères. Il se nommait Gildarts Clive, aussi appelé Gildarts de l'Est, car il était supposé être né en Europe de l'Est, ce qui n'avait pas été confirmé, comme le lieu de naissance de beaucoup d'autres membres du Hueco Mundo. De nombreuses légendes -toutes plus extraordinaires les unes que les autres- circulaient encore aujourd'hui à son sujet, lui qui était réputé et craint dans le monde entier. A première vue, il était accueillant, un peu bête et compatissant mais lorsqu'un combat se déclenchait ou que ses proches étaient mis en danger, il devenait un monstre sanguinaire au pouvoir destructeur qui n'arrivait pas à se retenir et réduisait tout en poussière.

Ce dernier éclata d'un rire sincère en voyant comme ses enfants avaient grandis, puis il examina avec plus de précision les deux femmes qui se tenaient devant lui. Aussitôt, une lueur étrange illumina ses yeux et sa voix se fit un peu plus aiguë, teintée d'un léger vice:

«Qu'est-ce vous avez changé, vous deux, je n'en reviens pas, commença-t-il en s'approchant d'elle. Vous êtes réellement devenues des femmes, et magnifiques, en plus. Et dire que j'ai élevé d'aussi belles créatures, ohlala, je suis si fieeeeeer! Non mais regardez-moi ces visages, et ces sublimes poitr-»

Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase car un poing s'abattit violemment sur son crâne, le coupant dans ses compliments. Une voix fit aussitôt échos à ce coup, et une femme sortit de l'ombre.

«T'en a pas marre, pervers?!»

Elle était mince, de taille moyenne, et affublée de longs cheveux bouclés de couleur chocolat ainsi que de jolis yeux noirs. Elle n'arborait qu'un simple haut bleu de bikini ainsi qu'un pantacourt marron qui dévoilait son tatouage noir. Il était situé sur son ventre bronzé et représentait ce même croissant de lune entouré d'une sorte de barrière indescriptible qui caractérisait les membres du Hueco Mundo. Elle était indéniablement sublime et l'éclatant sourire qu'elle afficha lorsqu'elle vit les deux femmes qui se tenaient sous le perron la rendit encore plus attirante.

Il s'agissait de Cana Alberona, fille et bras droit de Gildarts. Elle avait vécu quelques années avec sa mère, en Italie, avant que celle-ci ne meure. En lisant son testament, elle apprit enfin l'identité de son père et se mit à sa recherche en franchissant tous les obstacles. Ainsi, elle devint membre du Hueco Mundo, mais les années passèrent et à cause de son manque de confiance en soi, elle n'avait jamais osé dire à quiconque qu'elle était la fille du grand, du magnifique, du respecté Gildarts, à la réputation mondiale. Et ce n'était qu'à l'âge de ses seize ans, en partie grâce aux encouragements de ses amis, qu'elle avait osé franchir le pas. Elle était la reine des jeux de hasard et n'avait jamais été battue en concours d'alcool.

Elle dévala les quelques marches d'escalier et se jeta sur les deux rousses qui lui tendaient les bras. S'en suivit d'un long câlin collectif qui arracha un sourire attendrissant à l'homme aux cheveux couleur cuivre. Puis, après quelques minutes et paroles échangées, elle se précipita sur Grimmjow et le serra également.

- Mais c'est ma compatriote alcoolo que voilà! S'écria le bleuté.

- Oh, j'te signale que t'es tout aussi alcoolique que moi, Grimmjow!

Puis ce fut au tour de Gajeel d'être prit dans ses bras, mais tout le monde avait remarqué que celui-ci était distrait, déconcentré. Comme s'il attendait quelque chose, comme s'il cherchait quelqu'un. Et évidemment, tout le monde connaissait très bien la cause de sa perturbation et de son impatience.

«T'inquiète, elle arrive» lui chuchota Cana, d'une voix malicieuse.

Alors elle passa son bras autour du cou de Grimmjow avant de s'avancer vers le perron de la porte. Et en effet, elle n'avait pas menti. Pendant qu'elle avait parlé, la concernée avait dévalé les marches pour sauter sur ses amies rousses, et elle se dirigeait maintenant vers lui. C'était une femme menue et assez petite, qui avait une tignasse de cheveux bleus ondulés et de jolis yeux noisettes. Elle portait un jean blanc ainsi qu'un simple haut de maillot de bain orange, comme Cana. A sa vue, l'attitude de Gajeel changea radicalement.

Elle s'arrêta en face de lui, un éclatant sourire sur le visage, les joues un peu roses.

- Gajeel-

- Oi! Cria-t-il en lui coupant la parole et en pointant d'un air outré son maillot de bain, qu'est-ce qu'il t'arrive?! C'est quoi cette tenue?!

- Euh... C'est Cana qui m'a dit que ça m'allait bien. J'aurais du m'en douter...

- Cette enfoirée de Cana, grommela-t-il.

- Et puis, s'exclama-t-elle, c'est quoi cet accueil que tu me fais? Tu devrais être content de me revoir, et tout ce qui t'intéresse, ce sont mes vêtements!

- Mais non, c'est-

- Tu es le pire, Gajeel!

Grimmjow soupira. C'était toujours ainsi lorsqu'on mettait ces deux-là ensemble, incapables de se tenir correctement. Enfin, il n'était pas mieux. Cette petite femme de nature optimiste et joyeuse portait le nom de Levy MacGarden. Elle était une orpheline, comme beaucoup d'autres, qui avait été accueillie par le Hueco Mundo. Levy ne se battait jamais, sauf en cas d'urgence. Si Gajeel était la terre, la force, elle incarnait le ciel, le cerveau, l'esprit. Elle était l'une des personnes les plus intelligentes de l'organisation, avec Uryuu Ishida, Szayel Apollo Grant et pleins d'autres, ils étaient les têtes pensantes de cette grande famille aux tendances mafieuses.

Orihime, Cana et Erza regardèrent avec attendrissement les deux camarades qui se retrouvaient après de longues années de séparation. Et d'ailleurs, quelque chose leur disait que cette fois-ci, un rapprochement un peu plus intéressant aurait peut-être l'occasion de voir le jour. Puis les Deux Dragons furent tirés de leurs pensées par un énième caractère qui fit son apparition.

Cette fois-ci, il s'agissait d'un homme. Accompagné d'une sublime panthère de couleur bleue, il était assez mince, de taille moyenne et doté d'un éclatant visage qui rayonnait. Il ne portait qu'un jogging noir, laissant son torse musclé dorer sous le soleil. Lorsqu'il les vit, son visage n'en devint que plus étincelant, et sa beauté, plus évidente. Il marcha en premier vers Grimmjow pour lui donner une accolade comme les hommes avaient l'habitude de faire. Ils échangèrent quelques paroles, visiblement heureux de se retrouver après de nombreuses années, avant que l'homme ne se tourne vers Erza.

En la voyant, il se souvint automatiquement des colères d'Erza La Terrifiante, et il eut une petite hésitation. Mais elle n'y prêta pas attention, et comme une grande sœur, elle l'attira contre elle. Emprisonné par la poigne de fer de la jeune femme, autrefois nommée Titania, il tenta de dire quelque chose, sans grand succès. Sa tête se cogna contre son gilet pare-balle -car oui, elle le portait en ce moment même- mais il finit par se détendre et rendit son étreinte à la rousse qui semblait émue.

«Tu m'as manqué...» avoua la guerrière en le serrant un peu plus contre elle.

Puis vint le tour d'Orihime. Contrairement aux autres, il s'arrêta à sa hauteur et posa ses mains sur ses hanches.

Les lèvres étirées en un immense sourire, il dit de sa voix enjouée: «Ça faisait vraiment longtemps, Orihime!»

Celle-ci, incrédule, ficha ses grands yeux gris dans les siens, marrons. Elle tenta de sonder son esprit, sans grand succès, avant de se rendre compte que ses joues avaient légèrement rougi. Il avait énormément changé et grandi, c'était incontestable. Il s'était aussi musclé, il avait prit des couleurs et son visage autrefois si enfantin était devenu celui d'un homme, tout en gardant son côté mignon qui le caractérisait tant. Ses cheveux avaient poussés, il était vraiment devenu beau.

Après tout, combien d'années s'étaient écoulées depuis qu'ils étaient partis d'ici? Quatre? Cinq? Six? Orihime ne le savait pas, mais il était clair qu'en revenant après autant de temps, leur relation aurait changée, elle aussi. Elle échangea un regard entendu avec sa sœur, avant de reporter son attention sur l'homme qui lui faisait face, un peu tendu. Alors, soudainement, elle se propulsa vers lui -avec beaucoup trop de force- et entoura sa taille de ses bras. Étant donné sa puissance, ils s'écrasèrent contre le mur de derrière et l'homme se cogna quelque peu la tête. Et bien, il en avait prit des coups, en seulement quelques secondes, on voyait bien que les Deux Dragons avaient fait leur come-back. Mais, tout à coup, ses joues s'empourprèrent encore plus lorsqu'il sentit Orihime se coller à lui et le serrer contre elle.

Doucement, elle le regarda dans les yeux et lui ordonna: «Fais pas le coincé avec nous, Salamander.»

Puis elle déposa sa tête dans le creux de son cou comme pour lui témoigner de tout l'amour qu'elle éprouvait à son égard. Alors, il se détendit instantanément, ses rougeurs disparurent, et il l'entoura de ses bras.

Il les avait retrouvées, ses deux amies de toujours, Erza et Orihime, les femmes qu'il aimait le plus au monde.

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