Chapitre 11

La voiture se gara très rapidement, sans la moindre précaution. Le conducteur et le passager descendirent sans plus attendre et fermèrent le véhicule avant de guetter les alentours. Ils étaient dans un immense hangar, vieux, sale et visiblement abandonné. Il y avait de nombreuses barres en fer qui traînaient, une odeur d'humidité et de crasse, ainsi que des traces de sang et des tags de différentes époques qui ornaient les murs. Des choses étranges avaient du se dérouler dans cet hangar, ce n'était pas rassurant.

Les vieilles fenêtres recouvertes de moisissure qui se trouvaient sur le toit ne laissaient paraître qu'une horrible lumière jaunâtre qui accentuait cette idée de saleté. Les murs et les poteaux semblaient abîmés, rouillés, le lieu sentait la poussière et un inquiétant silence y régnait. L'entrepôt était si long que les deux hommes n'en apercevaient même pas la sortie, ils ne furent donc pas surpris quand ils entendirent un moteur s'approcher, sans toutefois pouvoir apercevoir le véhicule en question.

- Gajeel, t'es prêt? Demanda le bleuté en se mettant sur ses gardes.

- Ouais, répondit son acolyte, tout aussi tendu.

La voiture était basse, laquée blanche, d'une marque très connue, autrement dit, elle avait coûté une fortune. Elle arriva en trombe et s'arrêta dans un dérapage des plus impressionnants qui soient qui ne fit qu'accentuer la colère de Grimmjow. En temps normal, c'était son rôle de faire une entrée fracassante et de frimer, alors qui était cet enfoiré qui se la jouait autant que lui? Trois personnes sortirent de la voiture.

La première était une jeune femme mince, de taille moyenne, formée, au look assez oriental. Elle avait de longs cheveux raides, noirs et brillants, descendant en bas de son dos et séparés au milieu de son front. Deux petits chignons trônaient sur son crâne, et deux tresses tombaient sur le devant de sa chevelure. Son visage était pâle et fin, et son maquillage rappelait celui porté par les geisha japonaises: un rouge à lèvres foncé et brillant, de jolis yeux verts légèrement bridés et maquillés en bleu, et des sourcils courts et froncés. Cependant, elle n'avait pas le physique d'une asiatique, loin de là, mais plutôt d'une italienne, ou latino. Elle portait une longue robe bleue bustier, fendue sur le bas, dévoilant ses longues jambes.

Le second, visiblement le conducteur, était un homme qui semblait être légèrement plus âgé que Grimmjow, de seulement quelques années. Il était tout aussi grand que le bleuté et affichait un grand sourire qui, cependant, n'était pas aussi carnassier que ce dernier. Il avait des cheveux hérissés et noirs qui semblaient se livrer bataille ainsi que de splendides yeux verts qui valaient le coup d'œil. Il portait un simple jean ainsi qu'un tee-shirt et avait un visage assez ovale et fin. A sa vue, l'esprit de Gajeel fut troublé. Cet homme, il lui disait quelque chose... Ou plutôt, il lui rappelait quelqu'un...

Le troisième quant à lui, portait une haute capuche qui masquait l'intégralité de son visage. Ce dernier était plus petit que le précédent, mais tout aussi musclé, si ce n'est plus. En silence, il se contenta de s'adosser sur le côté de la voiture et croisa les bras.

La femme fut la première à prendre la parole. Elle s'avança de quelques pas, un sourire intéressé sur le visage. Sa démarche était affirmée et elle prit ensuite appui sur sa jambe gauche dans une pose plutôt provocante. Elle ficha ses yeux verts dans ceux de Grimmjow avant de lâcher: «Les rumeurs ne mentaient pas. Elle est sacrément canon, cette Panthère. Tu ne voudrais pas changer de camp, par hasard?»

Mais le concerné n'avait pas envie de rigoler, il n'était pas d'humeur. A l'accoutumée, il aurait rebondi sur ces avances, et un accord aurait vite été conclu avec cette jeune femme qui était loin de lui déplaire, mais il ne voulait pas. Non seulement il était énervé et tendu, mais en plus, les paroles d'Orihime la veille le hantaient encore. Il ne voulait plus être ce chien sur lequel elle avait craché, il voulait changer.

«T'es pas croyable, Minerva, rigola le brun à ses côtés. Alors ce sont eux, l'Homme de Fer et la fameuse Panthère. Hm... Je vous imaginais plus vieux, quand même. Et puis, c'est étonnant que vous ne soyez que deux. Je pensais qu'on allait aussi rencontrer les Deux Dra-

- Commence les termes de l'accord, Caien, le coupa l'homme à la capuche qui n'avait visiblement pas très envie de se mêler à l'échange.

Ce fut ensuite au tour de Grimmjow de s'avancer. Sans un regard pour les autres, il s'adressa à cet étrange interlocuteur qui absorbait toute son attention: «Quand t'auras enlevé ta foutue capuche.»

Le bleuté laissait clairement transparaître son hostilité dans le ton de sa voix, et le regard qu'il portait à cet homme confirmait ses émotions. Après un petit moment de réflexion, le concerné soupira légèrement et s'exécuta. Sans plus de réticence, il rejeta d'un mouvement de la main sa capuche en arrière, dévoilant une superbe chevelure bleue, plus foncée que celle de notre bleuté.

Pour ce dernier, le choc fut rude. Sans aucune difficultés, il reconnut cette marque rouge qui courait le long de l'œil droit du jeune homme, ainsi que ce visage dont il avait entendu la description tant de fois. La rage se mit à monter en Grimmjow, son cœur à battre plus vite. En découvrant le visage qui avait été dissimulé sous cette capuche, les images d'Erza et Orihime s'imposèrent dans son esprit, et il craqua. Il ne voulait plus que ça recommence, il ne voulait plus que ses deux amies souffrent.

Alors, sans plus de formalités, il prit impulsion sur le sol et se propulsa vers eux dans un cri hargneux. Le concerné eut un mouvement de recul, visiblement surpris par une telle décision. Que lui voulait cet homme? Mais visiblement, ladite Minerva s'était préparée à ce que l'entrevue prenne une telle tournure. Toujours aussi décontractée, elle fit simplement taper son talon sur le sol, et à ce geste, trois 4x4 blindés dotés de la marque de l'Akatsuki surgirent de nulle part. Mais Grimmjow n'en avait rien à faire. Fixé sur son objectif, il se déplaçait à une vitesse incroyable, fonçant tout droit sur le bleuté qui avait dévoilé son identité.

Mais le jeune homme comprit son erreur un peu trop tard, lorsqu'il vit une douzaine de tireurs sortir des véhicules et pointer leurs armes chargées sur lui. La panthère entendit Gajeel crier son prénom avec affolement, mais sa rage était trop forte, et la vitesse à laquelle il allait, l'élan qu'il y avait mis ne lui permettaient pas de s'arrêter. Alors, il n'eut pas d'autres choix que de continuer sa course et d'y investir sa force entière, tout en se préparant à mourir.

Les coups retentirent. Les balles fusèrent dans sa direction, et le bleuté réussit à éviter les premières salves, grâce à sa vitesse. Mais les tirs fusaient, les balles affluaient, et bientôt, la panthère fut submergée. Ils étaient maintenant douze à avoir appuyé sur la détente, douze à avoir envoyé une balle mortelle en direction de Grimmjow. La panthère avait des bons yeux, elle pouvait donc clairement voir les munitions qui se dirigeaient vers elle: trois avait pour destination sa tête, quatre le côté droit de son torse, deux autres son ventre, et trois qui n'allaient sûrement pas l'atteindre. Quoi qu'il fasse, il ne pourrait pas y échapper, c'en était fini de lui.

Le temps semblait s'être ralenti. Ce n'était pas la première fois que Grimmjow frôlait la mort, mais cette fois-ci, personne n'allait le sauver. Le bleuté regarda une dernière fois son ennemi, cet homme qui hantait ses deux amies. Comment allaient-elles réagir si elles le voyaient, un jour? Cette pensée brisa le cœur de Grimmjow. Il ne serait même plus là pour les réconforter, les faire rire, les faire chier. Il ne les embêterai plus jamais, ne les verrait plus sourire, ou encore s'énerver contre lui. Et le pire dans tout cela, c'était qu'il allait quitter la femme qu'il aimait sur une dispute, lui laissant une horrible image de lui. Il n'y avait pas pire, comme fin de vie.

Automatiquement, Grimmjow se remémora rapidement sa rencontre avec Orihime. Ce jour-là aussi, il avait été sur le point de mourir, et cette dernière l'avait sauvé. Il ne l'avait jamais remercié jusqu'ici, mais il n'en pensait pas moins. Grâce à elle, sa vie avait été bouleversé, et au moins, Grimmjow n'allait pas mourir seul. Il avait trouvé des amis et tissé des liens indestructibles. Erza, Orihime, Gajeel, Natsu, Kagura, Cana, Levy, Gildarts, Yoruichi, Yuushirou, et tous les autres. Ils étaient sa famille, sa vie, et il allait mourir en tentant d'effacer la source du malheur d'Erza et Orihime. Au moins, c'était sur une bonne action.

«Gajeel, Natsu, tout le monde... Prenez soin d'elles.» pensa-t-il, en s'apprêtant à quitter ce monde.

Quand soudain...

CRRRRRCK.

Ce fut le bruit que Grimmjow entendit quand il sentit clairement une épaule s'enfoncer violemment dans son torse et lui briser une côte. Une odeur familière lui enivra les narines, accompagnée d'une horrible douleur qui l'envahissait petit à petit, et la seconde d'après, son corps fit la brutale rencontre avec le béton, sale, du sol. Bordel, mais que se passait-il?

Faisant abstraction de l'intense souffrance qui lui perforait l'intérieur, il souffla et ouvrit les yeux.

«H-Hime?» s'écria-t-il avec stupéfaction.

Car oui, la jeune femme qui se tenait au-dessus de lui, en bonne protectrice, n'était autre qu'Orihime Inoue. Grimmjow n'en revenait pas. Tel un ange, elle l'avait à nouveau écarté de la mort et sauvé une nouvelle fois. Comment était-ce possible? Était-ce un signe du destin? Mais la jeune femme n'était pas seule. Derrière, la panthère pouvait voir Natsu et Erza qui s'étaient déjà occupés de la plupart des tireurs.

«Oi, Grimmjow, lui cria la Salamandre. On peut savoir depuis quand t'agis en solo? La prochaine fois, me laisse pas sur la touche, si tu veux aller faire des trucs marrants, préviens-moi, idiot!»

Instantanément, un sourire étira les lèvres du concerné. Mais son attention fut vite reportée sur son amie, celle qui lui avait sauvé la vie une nouvelle fois, car elle s'écria:

«Grimmjow no baka! Aho! Baka, baka!»

En la regardant, le bleuté vit qu'Orihime était toute essoufflée et avait les yeux embrumés. Visiblement, le voir au bord de la mort l'avait beaucoup affectée, son cœur battait la chamade. Et à vrai dire, lui aussi était assez chamboulé. Il avait failli mourir, mais encore une fois, sa princesse l'avait rattrapé à temps. Puis soudain, Grimmjow fut rattrapé par sa réalité et sa conception du monde. Putain, mais c'était lui l'homme! Normalement, c'était son rôle de secourir sa Belle! Bordel, mais c'était quoi, ce conte de fée? Mais une nouvelle fois, ce dernier fut coupé dans ses pensées par la concernée.

«Tu allais y rester, je te signale, s'écria-t-elle. Putain! Mais qu'est-ce qui t'as pris? Qu'est-ce que j'aurais fais sans toi, moi? Hein?!»

Grimmjow eut un petit sourire. Orihime avait les larmes aux yeux, elle avait visiblement eut très peur. Il pouvait presque entendre les battements de son cœur tant ils étaient forts. Puis, après quelques secondes, elle s'écroula totalement sur lui, lui arrachant un petit cri de douleur. Et oui, elle n'était pas toute légère, la rouquine! Et puis, elle lui avait quand même brisé les côtes, ce n'était pas rien! Mais le jeune homme du continuer à souffrir en silence, car elle enchaîna d'une petite voix hésitante:

«J-Je... E-Excuse-moi. Je me suis emportée, hier. Je... Désolée, Grimmjow. Tu sais très bien que je ne pensais pas ce que j'ai dis et que je tiens à toi. C'était... la colère, j'ai dérapé.»

Ces paroles firent oublier à Grimmjow sa blessure l'espace d'un instant, il était surpris d'un tel aveu. Il caressa ses cheveux, avant de lui chuchoter à l'oreille: «Tu crois vraiment que le moment est bien choisi, Hime?»

A ces mots, la rousse se redressa brutalement sur ses bras en position de pompe, elle avait les joues toutes rouges. Elle rejeta ses cheveux en arrière et se redressa sur ses genoux. Après avoir de nouveau souri à son ami, elle se retourna pour faire face à ses ennemis, avec un regard dur. Une femme, ressemblant à une italienne. Un homme, ayant un air avec Ichigo. Et un derni-...

Brusquement, les yeux d'Orihime s'écarquillèrent, son corps s'immobilisa. Devant elle se tenait... Se tenait... Inconsciemment, les membres de la rouquine se mirent à légèrement trembler, son cœur se serra, une boule au ventre lui crispa l'intérieur. Il était là, devant elle, l'homme qu'elle n'avait jamais su oublier, les yeux grands ouverts de stupéfaction fichés sur Erza. Puis, après quelques secondes, il tourna lentement la tête dans sa direction, et lorsque leurs regards se croisèrent, les yeux de ce dernier s'écarquillèrent de plus belle. Ils restèrent ainsi de longues secondes, à fixer l'autre sans véritable raison, les cœurs serrés, les esprits troublés, les raisons perforées. Après tant d'années, ils se retrouvaient enfin, si brutalement, si fortuitement, sans savoir quoi faire. Le choc avait été rude. Orihime n'avait jamais été aussi troublée. Que devait-elle faire? Était-il son ennemi? Son ami? Arriverait-elle à lui pardonner? Que devait-elle penser? Pourquoi? Comment?

«Erza... Orihime...» prononça-t-il, d'une voix hésitante, vacillante et fébrile.

Toujours immobilisée, la rouquine fit un mouvement imperceptible de la tête et commença sur un ton tout aussi choqué: «C'est bien toi... J... Jel-»

Mais la jeune femme n'eut pas le temps de finir sa phrase, car un cri de rage le fit à sa place.

«-LAL!»

Orihime vit alors Erza qui se propulsa en direction du concerné. Elle détacha son sabre de sa ceinture, tout en le gardant dans son fourreau, et plaqua violemment ledit Jellal au sol. En une fraction de seconde, celui-ci se retrouva sur le dos, une furieuse rouquine agenouillée sur lui, encadrant son torse de ses genoux, un fourreau d'épée coincé sous la gorge.

Orihime ficha ses yeux sur le sabre d'Erza. Elle l'avait vu hésiter pendant quelques secondes quant au fait de dégainer cette épée, et heureusement, elle ne l'avait pas fait. En effet, l'arme du Dragon Rubis n'était pas des plus quelconques, elle était légendaire, sombre et très dangereuse. Durant l'époque où la petite fille errait dans les rues, clandestine et étrangère au Japon, elle avait fortuitement trouvé cette lame, sans toutefois reconnaître sa valeur. Pour une raison étrange, Erza s'était senti attirée par cette sombre épée qui l'appelait, épée qui n'était autre que la légendaire Honjo Masamune, un incroyable sabre autour duquel planaient des tas de rumeurs, plus étranges les unes que les autres.

Tout comme l'arme favorite de Kagura, le fameux sabre Archenemy, personne ne pouvait affirmer avec certitude la nature des pouvoirs de Honjo Masamune, mais on disait de celui-ci qu'il avait pour habitude d'absorber toutes les âmes de ses victimes, si bien qu'il avait fini par se forger sa propre âme, sa propre volonté. Selon les légendes, cette épée ayant même la capacité de trancher la Lumière et les Ténèbres était des plus dangereuses, tout aussi bien pour ses victimes que pour son propriétaire. En effet, si la lame ne vous écorchait ne serait-ce qu'un peu, vous mourriez dans d'atroces souffrances, voici la raison pour laquelle Erza ne l'utilisait qu'en cas d'extrême combat. Quant à son utilisateur, il devenait un objet d'attirance pour le malheur, et était voué à plonger dans les Ténèbres, disait-on. Mais dans les années 1990, cette épée avait soudainement disparu du Monde, avant de réapparaître aux devants d'Erza, sa nouvelle maîtresse désignée.

Puis un cri sortit Orihime de ses pensées.

«Lâche Mystogan! Sal-»

Mais alors que la brune s'apprêtait à tirer sur Erza, Gajeel lui donna un coup de pied dans la main, faisant voler son arme au loin, pendant que Natsu s'occupait de Caien. Le temps semblait s'être arrêté, plus aucun des êtres présents ne bougeaient, leurs yeux rivés sur la Reine des Fées et ledit Mystogan.

Grimmjow se redressa petit à petit, et voyant l'air affolé, choqué et abattu d'Orihime qui reflétait sa détresse, la panthère eut une attention incroyable. Bien qu'hésitant, il prit sur lui, et d'un geste qui se voulait rassurant, posa délicatement sa main sur celle de la rouquine. Cette dernière avaient les larmes aux yeux, elle ne savait que faire. Le bleuté crut d'abord que son intention était vaine, mais la jeune femme finit par entrelacer ses doigts à ceux de son ami, sans toutefois le regarder.

Le fameux Mystogan, lui, était toujours à terre. Les cheveux d'Erza masquaient son visage, il ne distinguait que ses lèvres, mordues jusqu'au sang. La pression qu'elle exerçait sur son cou était puissante, mais il pouvait la supporter. Un long et pesant silence s'était installé dans la pièce, attente que la rouquine se chargea de briser.

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D'une voix grondante et empli de haine, elle demanda: «Pourquoi? Dis-moi pourquoi...? Pourquoi les as-tu tués?»

A ces mots, l'affliction d'Orihime ne fit que s'intensifier, et une larme se forma au coin de son œil. Elle était suspendue à la bouche de ce nouveau bleuté, attendant sa réponse. Mais celle-ci ne vint jamais. Le concerné détourna le regard et baissa les yeux. Mais, quelques secondes plus tard, il sentit de petites gouttes d'eau tomber sur ses joues.

Interloqué? Triste? Amusé? Bouleversé? Ou simplement bon acteur? Personne ne savait réellement ce qu'il ressentait. Néanmoins, quand il comprit que ces petites perles provenaient des yeux d'Erza, il chercha à croiser son regard, sans résultat. Il entendait de petits gémissements qu'elle tentait d'étouffer dans sa gorge, sans grand succès, les larmes se faisant de plus en plus abondantes.

Puis, soudain, elle se décida à relever la tête, et plongea son regard humide dans celui de Mystogan. En la voyant ainsi, les yeux de ce dernier s'écarquillèrent un peu plus, avant de se mettre à leur tour à briller. Erza avait complètement fondue en larmes, c'était un attristant et inédit spectacle.

Mais cette fois-ci, ce fut d'une voix sanglotante et embrumée d'incompréhension, de rancune, de tristesse, qu'elle s'écria:

- Réponds-moi, Jellal! Pourquoi?! Pourquoi nous as-tu abandonnées?»

- Erza, je-

Mais le jeune homme fut coupé par Natsu, qui s'était brusquement retourné pour répéter: «JELLAL?», le visage soudainement déformé par la colère et le choc. Ce fut l'erreur du jeune homme. Profitant de cet instant, Caien sut saisir l'occasion, et il envoya valser la Salamandre d'un simple coup de pied, avant de se propulser vers Erza. Personne n'eut le temps de réagir. A une vitesse incroyable, il chargea la jeune femme, semblable à un taureau, et l'envoya contre un mur.

Ce fut le déclic pour Orihime. En voyant sa chère sœur se faire blesser, son sang ne fit qu'un tour, et d'un bond, elle franchit la distance qui la séparait de l'agresseur d'Erza. Folle de rage, elle lui asséna un énorme coup de poing dans l'abdomen que celui-ci ne put éviter. Son ventre se déforma sous le coup de l'impact et instantanément, il se mit à cracher une quantité incroyable de sang. Puis il alla violemment s'écraser contre l'une de leurs voitures, la réduisant à néant. Tout son buste était maintenant transformé, et ses organes n'étaient sûrement plus utilisables, il allait mourir.

Puis la jeune femme se précipita en direction de sa sœur qui n'avait pas eu le courage de se relever, abattue par ce qu'elle venait de voir, et elle s'agenouilla devant elle.

Minerva, impassible -quoi qu'agacée-, ouvrit la portière d'une voiture:

- On y va, Mystogan.

- Attends, je-

- Tu serais prêt à laisser Caien se détruire de l'intérieur et mourir ici, Mys-to-gan?

Ces mots suffirent à convaincre le jeune homme. Alors, avant de tirer sa révérence, il jeta un dernier coup d'œil aux deux sœurs qui se trouvaient derrière lui. Erza avait la tête baissée, il ne distinguait pas son visage mais pouvoir clairement voir le torrent de larmes qui glissait sur ses joues. Orihime, quant à elle, avait les yeux braqués sur lui, et il put sans difficultés lire le désordre qui régnait dans son esprit, le désespoir, la tristesse qui rongeaient son cœur. Et c'est ainsi, alors qu'elle le fixait, qu'il la vit également commencer à pleurer, avant de se tourner vers sa sœur.

Le jeune homme voulut prononcer son prénom, mais lorsqu'il sentit la main de Minerva lui agripper l'avant-bras, il dut renoncer. Alors, après avoir chargé Caien qui se vidait de son sang, ils démarrèrent les voitures et s'en furent du hangar aussi vites qu'ils y étaient arrivés.

Toujours aussi bouleversée, Orihime écarta la frange du visage d'Erza. Cette dernière continuait de pleurer, tout en mordant sa lèvre inférieure, le visage crispé. Et le plus étrange était que les larmes coulaient également depuis son œil artificiel. En la voyant ainsi, le Dragon d'Ambre s'effondra à son tour. Si Erza craquait, comment pouvait-elle ne pas craquer?

Elle prit sa sœur dans ses bras et la serra fort contre elle. Cette dernière lui rendit son étreinte, plus triste que jamais, et elle fourra son visage dans le creux du cou d'Orihime. Elles étaient collées, l'une contre l'autre, partageant leur tristesse, laissant libre cours à leur affliction laissée de côté pendant de nombreuses années.

«Erza...» chuchota Orihime à son oreille, d'une petite voix, qui était quelque peu tremblante et teintée de tristesse.

Elles restèrent ainsi de longs instants, jusqu'à ce que Grimmjow, Gajeel et Natsu s'approchent à leur tour. Un à un, laissant leur orgueil d'homme de côté, ils prirent les jeunes femmes dans leurs bras, et leur communiquèrent toute la compassion, toute la chaleur qu'ils étaient capables de transmettre.

Merci de m'avoir lu ! En espérant que cela vous plaise ! N'hésitez pas à donner votre avis, quel qu'il soit, je suis preneuse! A bientôt !