Chapitre 12

Les deux voitures roulaient, l'une derrière l'autre, à une vitesse assez lente. La chaleur était à son comble de la journée, le soleil du midi tapait à travers les fenêtres teintées des deux véhicules. Gajeel était le conducteur de l'une d'entre elles, ayant pour seul passager son ami Grimmjow. Ils roulaient sans un bruit, le regard vague porté dans le vide. Le second véhicule était conduit par Natsu qui fixait la route tristement, ayant l'air préoccupé. L'espace de quelques secondes, il leva les yeux vers son rétroviseur pour y voir deux visages abattus et perdus dans leurs pensées.

Erza et Orihime étaient encore sous le choc. Enfoncées dans leur fauteuil, les deux jeunes femmes subissaient l'assaut de mille pensées qui se chevauchaient, de sensations qui se télescopaient bizarrement. Jamais, ô grand jamais elles n'auraient pu imaginer qu'une telle scène se produirait un jour. Les questions assaillaient leur esprit, elles ne savaient pas quoi penser, elles ne savaient pas quoi ressentir. Devaient-elles être heureuses? Devaient-elles avoir peur? Mais le dénommé Jellal n'était pas le seul à les préoccuper. En effet, les deux jeunes femmes savaient l'une comme l'autre qu'à cause de ce qui venait de se passer, la perspective de représailles de la part de l'Akatsuki étaient inévitables. Car il ne faisait aucun doute que cette sombre organisation utiliserait les actes de Grimmjow comme déclaration de guerre, un simple prétexte pour rompre tout accord avec le Hueco Mundo. Autrement dit, la situation était délicate.

«Je... Désolé, bafouilla Natsu.»

Alors, les deux touffes rousses se tournèrent vers lui et le regardèrent, incrédules.

«Pourquoi t'excuses-tu? Demanda Erza.

- On n'aurait pas du vous demander de prendre cette mission... Je-

- Non, le coupa Orihime. Personne n'aurait pu deviner.

- Tu n'as rien à te reprocher, Natsu, continua le Dragon Rubis.»

Le reste du trajet se termina dans la même ambiance. La Salamandre s'en voulait de ne pas avoir pu empêcher cela, il ne voulait pas que ses deux amies restent ainsi, il voulait les voir sourire. Mais ce n'était pas gagné. Et cette histoire n'en resterait sûrement pas là, il le savait, ce n'était pas fini.

Une dizaine de minutes après, ils arrivèrent au Q.G. du Brésil et descendirent en silence. Pour éviter de croiser tous les membres de la «guilde», ils passèrent par derrière et montèrent directement au salon du premier étage réservé aux bras droits. Lorsque la porte s'ouvrit, ils virent les visages de Cana, Mirajane, et Levy, crispés par l'inquiétude. Ulquiorra, Halibel et Gildarts étaient assis autour d'une table, dans un silence étouffant et inquiétant. Erza fut la première à passer le pas de la porte. Prenant sur elle, elle tenta d'afficher un sourire, mais contrairement à Orihime, sa tentative fut ratée et elle ne réussit qu'à étirer ses lèvres en un rictus qui démontrait clairement que quelque chose n'allait pas.

Gildarts se leva de sa chaise et s'apprêtait à ouvrir la bouche, quand soudain, deux claquements retentirent dans la pièce. En se retournant, tous purent voir que Levy s'était brutalement levée de sa chaise pour venir gifler Gajeel. Mais à la plus grande surprise de tout le monde, Levy ne s'était pas arrêtée là, et Grimmjow avait subi le même sort. La jeune femme s'était toujours entendue avec Gajeel et Grimmjow, même si leur relation était essentiellement construite sur des chamailleries. Mais contrairement au lien qu'elle entretenait avec l'Homme de Fer, elle avait toujours été plus distante avec Grimmjow, qui devait sûrement l'effrayer à l'époque. Alors le fait qu'elle ait osé lever la main sur la Violente Panthère était un geste des plus courageux qui soient, surtout pour la gentille Levy.

«On peut savoir ce qui vous a pris? S'écria-t-elle, légèrement essoufflée. On s'est tous inquiétés, ici!»

Tous deux surpris, Grimmjow et Gajeel ne purent que regarder la jeune femme dans les yeux, sans toutefois lui répondre, ce qui ne fit qu'augmenter sa frustration. Alors qu'elle s'apprêtait à recommencer, elle sentit une main se poser délicatement sur son poignet et reconnut Erza. Mais en regardant son amie et en voyant la fausse expression que celle-ci arborait, Levy comprit que quelque chose clochait. Cependant, elle ne put rien demander, car Gildarts ordonna à Erza et Orihime de le suivre, ce qu'elles firent.

La minute qui suivit, elles se tenaient debout, face à Gildarts, assis sur la table de son bureau personnel. Dans le salon, un silence assourdissant avait pris place. Les visages de Levy, Cana et Mirajane s'étaient décomposés à l'explication de Gajeel, à la plus grande incompréhension de Halibel et Ulquiorra qui ne semblaient pas au courant. Levy recula de quelques pas et prit appui sur une table comme par faiblesse, la main sur la bouche. Voyant qu'elle avait les larmes aux yeux, Mirajane et Halibel s'approchèrent pour la réconforter.

«Excusez-moi, commença la blonde en s'adressant à toutes les personnes présentes. Je ne voudrais pas paraître indiscrète ou remuer le couteau dans la plaie, mais qui est ce Jellal?»

Grimmjow, Gajeel et Natsu restèrent silencieux, Mirajane et Levy se sentaient mal. Alors Cana se désigna pour expliquer. Avant de commencer, elle avala d'une traite une bière qu'elle venait de se servir avant de s'attabler près d'Halibel. Ulquiorra avait tourné la tête vers elle, visiblement intéressé par ce qui allait suivre. Le regard triste, la fille de Gildarts commença:

«Je suppose que vous avez le droit de savoir, vous faites maintenant partie de la famille. Avant tout, Ulquiorra, Halibel, êtes-vous au courant concernant le passé d'Erza et Orihime?

- Oui.

- Ok. Ce sera plus facile de vous expliquer, alors. Donc comme vous le savez, Orihime et son frère ont été enlevés pour mettre sur pied cette grande tour et sont devenus des cobayes humains, des sujets de test sur lesquels on expérimentait toutes sortes de produits, d'où l'incroyable force d'Orihime. Mais lorsque son frère a perdu la vie à cause de ces tortures, celle-ci est tombée dans une sorte de dépression. C'était déjà assez horrible comme cela d'être esclave, torturée, maltraitée et fouettée sans arrêt, alors imaginez... Perdre son seul ami, son seul parent dans de telles conditions... Enfin. Elle passait son temps à pleurer, ne souriait jamais, ne parlait plus et se faisait persécuter par les gardes, mais aussi par les autres enfants, surtout les plus grands. Non seulement Orihime était une pleurnicharde muette aux cheveux roux, mais en plus, elle ne parlait que japonais, ce qui lui valait d'être le bouc émissaire. Puis, quelques temps après, le poste qu'occupait son frère fut attribué à un enfant nommé Jellal, officiellement Gerald Fernandez, qui n'avait qu'un an de plus qu'elle. A l'instar d'Orihime, il devint cobaye et vit sa force se décupler en quelques jours.

Malgré la différence de langage, Jellal réussit à atteindre Orihime et à lui faire passer ses sentiments. Il devint son premier ami et la fit sortir de son mutisme. Grâce à lui, elle apprit facilement les bases du portugais et même de l'anglais. On peut dire qu'il a été son sauveur. Il ne restait qu'avec elle, la soutenait, l'aimait, la défendait face à ceux qui s'en prenaient à elle, et il lui apprit même à se battre et à survivre. Selon elle, il était devenu son frère, l'être le plus à ses yeux, ce qui lui avait permis d'aller de l'avant et de s'en sortir. Sans lui, elle serait morte depuis longtemps, elle aurait sûrement abandonné la vie en même temps que son frère biologique. Grâce à lui, ses larmes ont cessé de couler, elle est devenue plus forte, aussi mentalement que physiquement.

Puis, quelques années plus tard, Erza arriva. Elle était d'origine britannique mais avait erré dans les rues du Japon, elle pouvait donc parfaitement communiquer avec Orihime, tout en comprenant les paroles de Jellal. Les deux filles se lièrent aussitôt d'amitié, ainsi que Jellal, formant une famille. Un lien indestructible s'était formé entre eux, rendant la vie là-bas moins pénible. Grâce à ce Jellal, Orihime et Erza ont changé, elles se sont endurcies, ce sans quoi elles n'auraient pu survivre dans le monde dans lequel elles vivaient. Elles sont passées du stade de faibles et naïves pleurnicheuses à celles que vous connaissez aujourd'hui, alors qu'elles étaient si jeunes. Ils se soutenaient l'un l'autre, surmontaient les obstacles et se promirent de ne plus jamais verser de larme, jusqu'à ce qu'ils puissent sortir de cet Enfer, et être ensemble tous les trois. C'est d'ailleurs Jellal qui a donné son nom de famille à Erza, qui n'en avait pas jusqu'ici. Il y avait également d'autres enfants, amis du trio: Wolly, Shaw, Milliana, Simon, ainsi qu'un vieil homme du nom de Rob, ancien membre du Hueco Mundo.

Erza resta là-bas pendant près de trois ans, soit six pour Orihime et environ quatre pour Jellal, le temps n'étant pas précis. Cependant, lors d'une révolte, Erza est accusée d'être la responsable, malgré les tentatives d'Orihime et Jellal pour la protéger. Elle se fait emprisonner et torturer, perdant ainsi son œil droit. Alors, Orihime et Jellal ont réuni des groupes d'esclaves, et la révolte a vraiment commencé. Ils récupérèrent des armes, les gardes perdirent le contrôle. Puis, grâce à leur force, Orihime et Jellal réussissent à délivrer Erza, mais les séquelles de sa torture restaient présentes. Mais, alors que la révolte était à son apogée et que les combats suivaient leur cours, Jellal se fit prendre à son tour, sans qu'on ne comprenne comment. Après avoir été protégées par le sacrifice de Rob, Orihime et Erza changèrent radicalement. La vue du sang, l'accumulation de rage et de ressentiment leur firent perdre l'esprit, et elles commencèrent leur vie de tueuses. Ainsi, elles allèrent délivrer Jellal, mais celui-ci avait changé, il était devenu fou.

Ainsi, alors qu'ils allaient enfin pouvoir quitter cet enfer, Jellal fut pris de soudaines pulsions meurtrières et perdit la tête. Il déchiqueta, sous leurs yeux, les corps de leurs amis Milliana, Shaw, Wolly ainsi que pleins d'autres enfants. Mais étrangement, il laissa ses deux petites sœurs en vie, et préféra s'en prendre psychologiquement à elles. Je ne connais pas les paroles exactes qu'il a prononcé, mais je sais qu'elles ont à jamais marqué les esprits d'Erza et Orihime, et plus particulièrement d'Erza, qui est depuis ce jour hantée par les souvenirs de cet homme. Elles n'ont jamais compris pourquoi est-ce qu'il était devenu ainsi et ont porté ce lourd fardeau durant toute leur vie. Voilà ce que je sais, ce que l'on sait.»

Et c'est sur cette phrase que Cana termina son récit, le regard triste, sous les yeux émus d'Halibel.

Gildarts était assis sur la chaise de son fauteuil, accoudé sur son bureau, le regard sérieux. Il avait écouté les descriptions d'Erza et Orihime concernant la rencontre, et n'avait pas caché sa surprise.

«Alors c'est pour ça..., dit-il en se rappelant la réaction de Grimmjow face à la photo, la veille. Je comprends maintenant mieux. Et vous, qu'est-ce que vous en pensez? Qu'est-ce que vous ressentez?»

Les deux jeunes femmes gardaient les yeux rivés sur le sol, sans savoir quoi répondre. C'était une bonne question. Qu'en pensaient-elle? Que ressentaient-elles? A vrai dire, elles n'avaient jamais été aussi perdues. Étaient-elles heureuses de le savoir en vie et sain et sauf? Ou étaient-elles horrifiées qu'il ait pu survivre après avoir massacré leurs amis? Était-il toujours l'ancien et bon Jellal, protecteur et gentil, qui les avait sauvées? Ou était-il resté le même démon qu'il était devenu ce dernier jour?

«Je vois, continua-t-il face à cette réponse silencieuse. Erza, Orihime, regardez-moi.»

Orihime leva son visage la première, rapidement suivie d'Erza. Elles arboraient exactement la même expression: les yeux fixes, le visage fermé, accompagné d'un regard hésitant qui se voulait impassible mais qui ne l'était pas. N'importe qui ne connaissant pas les jeunes femmes n'aurait pas compris qu'elles allaient mal et qu'elles masquaient leurs émotions, mais Gildarts, lui, lisait en elles comme dans des livres.

«Vous savez, les filles, commença-t-il en se levant. Vous êtes humaines. La tristesse, la peur, la rancœur, la rage sont des caractéristiques de l'Homme. Nous avons chacun nos propres faiblesses, nos propres sentiments, et il n'est pas bon de laisser ces sentiments enfouis dans nos cœurs, car ils finiront par nous détruire de l'intérieur. Vous êtes beaucoup trop jeunes pour réprimer votre affliction ainsi, vous n'avez pas à cacher vos faiblesses. La tristesse et tout ce tralala, ne sont pas des mauvaises choses en soi. Elles permettent au moins d'apprendre quelles sont ses faiblesses, et c'est en connaissant ses faiblesses que l'on devient plus fort. Alors, Orihime, Erza, vous n'avez à jouer les insensibles comme cela.»

Gildarts avait contourné son bureau pour se rapprocher des deux demoiselles, et il se plaça en face d'elles. Puis, d'un coup, sans prévenir, il les prit chacune par la nuque et les attira à lui, sans même leur laisser le choix. Sans comprendre ce qui se passait, elles se retrouvèrent toutes deux la tête collée à son torse, dans ses bras.

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«Libérez vos émotions, quelles qu'elles soient. Personne ne vous jugera. Pleurez un bon coup, criez, tapez-moi s'il le faut, prenez le temps d'aller de l'avant et redevenez celles que l'on connaît. Je n'aime pas voir mes filles comme ça.»

A ces mots, les yeux des deux rouquines s'écarquillèrent. Orihime ferma les yeux et s'agrippa au tee-shirt de Gildarts. Sans même en avoir conscience, la jeune femme se rappelait sa rencontre avec Jellal. Alors qu'il ne la connaissait même pas, il était venu à elle et s'était occupé d'elle, elle qui à l'époque, n'avait plus prononcé une parole depuis la mort de son frère. Son frère, Sora Inoue. Il lui manquait tant. Elle n'avait pas énormément de souvenirs précis de lui, mais sa douceur, sa tendresse et l'amour qu'il lui avait porté la marquaient aujourd'hui encore. Puis, un autre jour surgit dans la mémoire d'Orihime.

C'était quelques temps après sa rencontre avec Jellal. Orihime se faisait frapper par des autres esclaves qui lui tiraient les cheveux, la rouaient de coups et lui crachaient au visage. On aurait pu penser qu'étant tous victimes d'un même kidnapping, les enfants se seraient unis et rapprochés, et bien non. Orihime était le bouc émissaire. Mais, ce jour-là, alors qu'elle se faisait de nouveau persécuter, on vint la sauver. Les yeux brouillés par les larmes, la rousse leva les yeux et put reconnaître la chevelure bleue de Jellal, ce gentil garçon qui l'aidait tous les jours. Celui-ci s'interposa entre elle et ses agresseurs. Il écarta ses bras pour la protéger et se mit à la défendre corps et âme, faisant fuir ceux qui s'obstinaient.

Puis, le jeune garçon se tourna vers elle et lui adressa un magnifique sourire.

«C'est décidé. A partir d'aujourd'hui, appelle-moi Onii-chan.»

A l'époque, Orihime n'avait pas tout-à-fait compris le sens de cette phrase, qu'elle chérissait tant maintenant. Mais le ton de Jellal, son sourire et le terme «Onii-chan» -qu'elle n'avait jusqu'ici employé que pour désigner son défunt grand frère- lui firent monter les larmes aux yeux, et sans réellement comprendre, elle se jeta au coup du bleuté qui la prit dans ses bras.

En se rappelant cette scène, Orihime craqua. Elle s'agrippait de plus en plus à Gildarts et sa force faisait que, sans même s'en rendre compte, elle déchirait son tee-shirt. Elle fut la première à verser une larme. Erza, quant à elle, fut victime du même phénomène. Lorsqu'elle fit le choix de libérer ses émotions, elle libéra en même temps tous les souvenirs qu'elle avait décidé d'enfouir, comme pour oublier.

«Ton nom sera Scarlet.»

Une larme glissa le long de sa joue.

«Erza Scarlet.»

Elle commença à gémir de douleur et de tristesse, tout comme sa sœur qui sanglotait déjà.

«Scarlet... Comme la couleur de tes cheveux.»

C'était ce jour là que le lien entre les deux enfants avait été créé, c'était peut-être aussi ce jour-ci qu'Erza était tombée amoureuse de Jellal. Car oui, maintenant, elle pouvait se l'avouer. Elle l'avait aimé, et elle l'aimait encore. Elle l'avait aimé, et elle l'aimerait toute sa vie, quoi qu'il advienne. Erza avait beau réprimé ses sentiments, avait beau tenter d'oublier, ils revenaient sans cesse comme un boomerang.

«Comme ça, je ne t'oublierai jamais.»

Et Erza fondit en larmes. Les souvenirs foraient son esprit, tout comme les paradoxes écorchaient sa conscience. La salle, dans laquelle il régnait auparavant un lourd silence était maintenant animée par les pleurs des deux sœurs. A chaque larme qui coulait, Gildarts les serrait un peu plus contre lui. Il devait s'avouer être très ému en les voyant ainsi, et il avait du redoubler d'efforts pour ne pas pleurer à son tour. Depuis qu'il les avait recueilli, Erza et Orihime n'avaient pleuré en public qu'à la mort de Lisanna, gardant toujours tout pour elles. Ainsi, les larmes de crocodiles qu'elles versaient étaient le résultat de nombreuses années de souffrance et de silence. Orihime et Erza versaient les larmes qu'elles avaient du retenir durant tout ce temps, elles déversaient leur tristesse. Et la remontée n'en serait que plus belle.

Ainsi, les Deux Dragons purent se laisser aller dans les bras du Grand Gildarts et elles l'enlacèrent de leurs bras, ruinant complètement ses habits. Orihime et Erza se sentaient mal, mais elles allaient s'en sortir et remonter la pente, comme elles l'avaient toujours fait. Pleurant comme des enfants, elles se blottirent un peu plus contre le torse du brun aux cheveux cuivrés, car pour apaiser de tels chagrins, rien de mieux que l'amour d'un père.

Erza et Orihime montèrent toutes deux dans leur chambre, préférant s'isoler pour le moment. D'un geste totalement synchronisé, elles tombèrent sur le lit d'Orihime et s'y étalèrent, soufflant un bon coup. Pleurer ne leur avait pas manqué: leurs yeux étaient rouges et gonflés, leurs visages étaient humides, leurs bouches étaient sèches, sans compter le marteau qui avait choisi de fracasser leurs crânes. Mais les deux sœurs devaient se l'avouer: d'un côté, elles étaient soulagées, apaisées. Elles avaient pu évacuer une grande partie de leur frustration, décharger un peu de leur fardeau, ce n'était pas rien.

«Tu as vu son regard? Demanda Orihime.

- A Jellal?

- Oui. Il était... Triste. Je n'ai vu que cela en lui, de la tristesse.

- Tu penses... Qu'il regrette?»

Orihime regarda Erza. Elle était évidemment au courant des sentiments que cette dernière éprouvait à l'égard de son ancien frère de cœur, elle l'avait toujours su, et Erza le lui avait toujours dit. Cela devait sûrement être encore plus dur pour elle.

«On le retrouvera.» Promit-elle en lui posant sa main sur celle de sa sœur.

Reconnaissante, Erza lui adressa un petit sourire. Il n'y avait qu'elle pour la comprendre ainsi et la soutenir dans de tels moments. Peu importe les circonstances, Erza et Orihime restaient toujours là l'une pour l'autre, elles étaient inséparables. Si l'une souffrait, l'autre souffrait. Si l'une était heureuse, l'autre l'était aussi. Alors si l'une partait pour l'autre monde, l'autre la suivait sans hésitations. Elles ne pouvaient vivre l'une sans l'autre, c'était su et connu. Allongées sur le grand lit, elles se tournèrent l'une en face de l'autre et se regardèrent. Erza connaissait les peurs et les faiblesses d'Orihime, comme Orihime connaissait les siennes.

«Je ne te laisserai jamais seule, Orihime», chuchota Erza, émue.

Alors Erza se rapprocha de sa sœur et enroula ses bras autour de son buste. Orihime se laissa attirer, et posa son front contre celui de la femme aux cheveux écarlates, comme pour lui transmettre son amour. Et les deux sœurs restèrent ainsi: blotties l'une contre l'autre, les fronts collés, les jambes entremêlées et les sentiments partagés.

Merci de m'avoir lu! J'espère de tout cœur que ma fanfiction vous plaît!