Chapitre 13
Il était environ quatorze heures quand Halibel toqua à la porte des deux rousses. Personne ne répondit, alors elle poussa délicatement le battant et pénétra à pas de velours dans la chambre de ses camarades. Préoccupée par le fait qu'elles n'aient pas mangé, la blonde avait pensé bon de monter deux assiettes remplies aux jeunes femmes et suivit son intuition. Quand elle entra, elle constata avec attendrissement qu'Orihime et Erza étaient endormies l'une dans les bras de l'autre, collées comme deux petits bébés ayant besoin de réconfort.
Halibel eut un petit sourire. Cela devait être si plaisant, d'avoir une amie aussi proche qu'elles l'étaient, une sœur. La blonde ne les connaissait que depuis hier, mais étrangement, elle les aimait déjà, se sentait proche d'elles. La blonde posa donc le grand plateau sur la table de nuit avant de se diriger vers la porte aussi discrètement que possible, elle ne voulait pas les déranger. Mais alors qu'elle allait sortir, elle entendit chuchoter: «Merci beaucoup, Halibel.» et constata qu'Erza ne dormait pas encore, ou ne dormait plus.
«Tu vas bien? S'enquit la concernée.
- Oui, ça va mieux, répondit Erza. Ne vous inquiétez pas pour nous.
- Tant mieux. Je vais te laisser te reposer, tu en as besoin. Et Erza, même si on ne se connaît que depuis hier, sachez que vous pouvez venir me parler de n'importe quel problème, je serai là quoi qu'il arrive.»
Et sur ces paroles, Halibel sortit de la chambre et redescendit au premier étage, laissant une Erza toute émue dans les bras de sa sœur. En bas, tout le monde, excepté Gildarts, était encore là. Lorsqu'elle posa un pied au sol, tous les regards se tournèrent vers elle, la bombardant de questions silencieuses.
«Elles vont bien, elles se reposent, commença-t-elle, détendant ainsi l'assemblée. Elles ont juste besoin de décompresser, de se changer les idées.»
La blonde alla s'asseoir sur le comptoir du bar et se servit un verre de soda.
Le temps passa, les heures défilèrent, et aucun des jeunes adultes présents n'avaient quitté sa place dans le petit salon. Un inquiétant silence y régnait, l'atmosphère était palpable. A vrai dire, les nouvelles qu'avaient apportées Halibel n'étaient pas suffisantes pour apaiser la tension qui compressait l'air, ils avaient tous besoin de voir d'eux-mêmes si leurs chères amies allaient bien.
Natsu et Gajeel étaient ceux qui avaient le plus de mal à se contenir. En effet, à l'inverse de Grimmjow, les deux hommes n'arrivaient pas à masquer leur frustration, leur colère. Ils serraient les poings depuis maintenant plusieurs heures, tous leurs muscles étaient contractés, leurs corps étaient tendus, leurs visages crispés. De temps à autre, un grognement s'échappait de leurs gorges et ils poussaient un long soupire d'impatience. C'était insoutenable pour les piles éléctriques qu'ils étaient, et ils faisaient pourtant de gros efforts.
Et étonemment, ce fut Gajeel qui rompit le silence en premier, et non Natsu. Deux heures s'étaient écoulés depuis le retour d'Halibel, deux heures durant lesquelles Erza et Orihime n'avaient pas pointé le bout de leurs nez. L'Homme de Fer fit tomber son poing sur la table qui manqua de se briser en deux. Toutes les têtes, sauf celle d'Ulquiorra, se tournèrent dans sa direction.
«Putain! Comment on a pu en arriver là? Grogna-t-il, comme s'il s'adressait à lui-même.
- Calme-toi, Gajeel, commença Cana. On ressent tous la même chose. Ce n'est pas en s'énervant qu'on changera quelque chose à la situation.
- Et puis, vous savez, renchérit en souriant Mirajane qui s'appliquait à nettoyer les verres. Erza et Orihime sont sans aucun doute les femmes les plus fortes que je connaisse, aussi physiquement que mentalement. Après tout ce qu'elles ont vécu, elles ne flancheront pas pour si peu, vous devriez le savoir, surtout si nous sommes là pour elles.»
Ces paroles semblèrent faire leur effet. Ulquiorra observa miticuleusement chacun des visages présents et réussit à lire dans les yeux l'estime qu'ils portaient tous aux deux jeunes femmes. Elles étaient si jeunes, si joviales, si... Humaines, et pourtant si respectées. Mirajane disait vrai, ils le savaient. Il en fallait beaucoup plus pour venir à bout des Deux Dragons, ou Dragonnes, devrions-nous dire. Mais quand même, cela n'empêchait pas le fait qu'elles devaient se sentir mal et que comme tout humain, elles avaient besoin de réconfort. En effet, elles avaient besoin de leur famille, comme jamais.
«Je sais, répondit Natsu. Mais ne pourrait-on pas faire quelque chose, au moins? On n'peut pas rester les bras croisés, quand même!»
Le silence retomba. Ils se mirent tous à réfléchir à n'importe quel moyen de les faire se sentir mieux, à proposer des idées plus saugrenues les unes que les autres, jusqu'à ce que Gildarts fasse son entrée, en affirmant «qu'il avait la meilleure idée du siècle».
Il suffit de seulement quelques secondes au chef de Q.G. pour exposer sadite idée, idée qui enchanta la plupart des bras droit, Ulquiorra n'étant évidemment pas interessé. Et en quelques minutes, tout fut réglé et décidé. Ils avaient trouvé la solution.
Puis, alors qu'ils parlaient entre eux, Grimmjow se leva et monta les escaliers sans un mot, d'un pas presque colérique. Il en avait marre d'attendre. Il avait essayé d'être patient, il avait fait des efforts, il s'était retenu, mais maintenant, ça suffisait! Les sourcils froncés, les mains dans les poches, le jeune homme enjamba les deux dernières marches et se dirigea vers la chambre des deux rouquines. Non mais oh, d'où le faisait-on attendre ainsi, lui, le Grand Jaggerjack?
La porte était entrouverte de quelques centimètres. Alors qu'il s'apprêtait à ouvrir le battant d'un violent coup de pied, il se retint et préféra jeter un coup d'oeil par l'ouverture, on n'était jamais trop prudent avec elles. Une femme était debout, de dos, en train de fouiller dans son armoire à vêtements, simplement vêtue d'une serviette de bain. Grimmjow ouvrit un peu plus la porte sans un bruit et la regarda en silence. Son crâne était recouvert d'une serviette attachée, ainsi, on ne pouvait pas voir la couleur de ses cheveux. On ne pouvait distinguer que ses jambes , ses bras et son cou, et pourtant, Grimmjow savait qu'il s'agissait d'Orihime. C'était une certitude, il ne se posait même pas la question.
Mais la panthère ne savait que faire. Lui qui était d'habitude si spontané, si provocateur, si jem'enfoutiste, il ne savait pas comment agir. Après tout, ils s'étaient violemment disputés la veille, mais la jeune femme lui avait clairement fait comprendre qu'elle tenait à lui, ce matin. Alors, que devait-il faire? Agir comme si de rien ne s'était passé? Rester celui qu'il avait l'habitude d'être? Et elle, comment allait-elle réagir en sa présence?
Mais évidemment, le jeune homme n'eut pas le temps de répondre à cette question. La femme, bien qu'étant toujours de dos, demanda d'une voix claire: «Alors c'est pour ça, que tu es parti sans nous?»
Ne sachant que répondre, le bleuté croisa les bras sur son torse et cessa de la regarder. Bien sûr que c'était pour ça! Mais il n'avait aucune envie de l'affirmer. Orihime se retourna. Elle vit le regard de Grimmjow et son expression beaucoup trop sérieuse et soupira. Elle tentait d'attraper son regard, sans résultats, alors elle lui fit un sourire, sourire qu'il devinait sans même la voir, et continua: «Fais pas cette tête, baka, ça ne te va vraiment pas. Je préfère encore ton sourire de bête affamée.»
Mais de nouveau, le concerné ne sut quoi répondre. C'était dur de se retenir. Il avait envie de lui sauter dessus, de l'attraper et de ne plus jamais la quitter. Comment allait-il faire pendant toutes les années qu'il lui restait à vivre avec elle? Comment? Telle était la question. Grimmjow baissa les yeux et fixa le sol. Il se perdit dans ses pensées et en oublia même la présence d'Orihime. Il se mit alors à réfléchir à son futur et aux années à venir. Il ne supporterait pas que la rousse se trouve un autre homme que lui, et celle-ci ne lui pardonnerait sûrement jamais si il coupait la tête de son rival. Alors comme allait-il faire? Un avenir était-il possible sans qu'ils ne se séparent? Non! Il ne quitterait jamais Orihime, même si celle-ci le chassait à grands coups de bâtons (évitons quand même cette option, si possible), il resterait toujours à ses côtés, et n'abandonnerait jamais.
Mais Grimmjow fut soudainement tiré de ses pensées lorsqu'il sentit son estomac remuer, ses sens en alerte, sa virilité s'affoler et son cœur battre un peu plus vite. Il sentit avec distinction et précision une imposante poitrine venir doucement s'écraser contre son torse, de fines mains qui vinrent glisser dans son dos, et un parfum sucré qui vint envahir ses narines. Sans même avoir le temps de s'offusquer, ce qu'il n'aurait évidemment pas fait, Grimmjow se retrouva avec une certaine rouquine collée à son corps, la tête contre le haut de son torse. Il hallucinait. Orihime s'était blottie dans ses bras, elle l'enlaçait. Les yeux grands ouverts, le bleuté se contenta de regarder le haut de la tête rousse collée contre lui, sans vraiment réaliser. Alors elle n'était vraiment plus fâchée? C'était si étrange. Il en avait serré des femmes, dans sa vie, mais jamais il n'avait ressenti de telles choses. Jamais il n'avait été si remué de l'intérieur, il n'en revenait pas.
Et les paroles que prononça son ami ne firent qu'intensifier ces sensations. D'une petite voix, elle murmura dans un souffle: «Merci, Grimmjow.»
Ces mots furent comme un baume pour le cœur abîmé du bleuté. L'espace de quelques secondes, il se sentit apaisé, reposé, aimé. Grimmjow n'avait pas été l'objet de nombreux remerciements tout au long de sa vie, au contraire, alors de tels mots lui réchauffaient le cœur. Mais alors qu'il s'apprêtait à lui rendre son étreinte, bien qu'avec hésitation, celle-ci se recula et lui tourna de nouveau le dos pour retourner à ses occupations, comme si de rien n'était.
Alors, Grimmjow retrouva ses esprits et la fixa, incrédule. Il savait maintenant comme agir. Il n'avait qu'à rester celui qu'il avait toujours été, et accompagner Orihime dans les meilleurs moments comme dans les pires. Mais, en attendant, celle-ci n'allait pas s'en tirer comme ça! Ainsi, la panthère retrouva soudainement son air carnassier et se propulsa vers Orihime, Orihime qui se retourna juste avant l'impact, Orihime qui affichait également un sourire plus ou moins sournois.
A une vitesse hallucinante, il la plaqua contre le mur de sa chambre, mur qui trembla un peu (ils devaient vraiment penser à renforcer les murs des Q.G) et encadra sa tête de ses bras. A l'impact, la serviette attachée sur sa tête se défit et tomba sur le sol, libérant la longue tignasse rousse de la princesse qui retrouva sa place sur ses épaules.
«Tu me chauffes, me laisses sur ma faim, et tu crois pouvoir t'en tirer comme ça?» Déclara-t-il, un immense sourire dévoilant sa dentition aux allures félines.
Le jeune homme s'attendait à ce qu'elle se dégage, le réprimande encore une fois, ou même le frappe, mais à sa plus grande surprise, ce ne fut pas ce qui se passa du tout. Orihime plongea ses yeux gris dans ceux de son ami, bleus comme la mer, et lui adressa un petit sourire malicieux. Grimmjow la fixa avec de grands yeux, à la fois méfiant et suspicieux. Que faisait-elle? Se jouait-elle de lui? Non, Orihime n'était pas comme ça.
Puis la porte de la salle de bain s'ouvrit, dévoilant une Erza dans la même tenue que sa sœur, visiblement pas surprise de les voir dans une telle position. En la voyant, Grimmjow se recula quelques peu, la regarda et s'enquit de l'état de son amie.
«Je vais bien, comme toujours. Tu devrais le savoir, Grimmjow.» Affirma le Dragon Rubis avec un sourire vainqueur.
Amusé, ce dernier se jeta ensuite sur le lit le plus proche, celui d'Erza. Il s'allongea sur le dos, les bras croisés derrière la tête, et releva la tête pour pouvoir apercevoir ses amies. Son regard se posa en premier sur Erza, qui avait laissé tomber sa serviette pour pouvoir enfiler ses sous-vêtements. Bien qu'étant de dos, il pouvait clairement voir les atouts proéminents de la jeune femme qui dépassaient sur le côté de sa silhouette de guêpe. Erza était belle, il n'y avait pas à dire, elle était magnifique, et forte, en plus. Elle était monstrueuse, dure, effrayante, mais elle était aussi douce, aimante, et d'une gentillesse inouie. Elle veillait toujours sur les siens quoi qu'il arrive, n'abandonnait jamais rien ni personne et se battait pour de nobles causes. Un peu étrange et terrifiante sur les bords, mais dotée d'un grand cœur, s'attardant souvent sur des choses qui n'en valaient pas la peine, et partant dans des délires qui étaient propres à sa personne et à sa sœur, Erza était ainsi et on l'aimait comme ça.
La relation qu'entretenaient Grimmjow et Erza était restée la même depuis leur plus jeune âge. Bien qu'un peu fermé à l'époque de leur rencontre, Grimmjow avait appris à connaître la rouquine aux cheveux couleur de sang, et elle était devenue comme sa sœur à ses yeux. Contrairement à Orihime, il n'y avait jamais eu d'ambiguité entre eux. Dans leur enfance, la notion de vie privée n'existait pas entre les trois enfants, ils savaient tout l'un de l'autre, vivaient ensemble, s'entraînaient ensemble, volaient ensemble, dormaient ensemble, se lavaient ensemble. Mais en grandissant, à l'âge de l'adolescence, la nature de la relation entre Grimmjow et Orihime évolua, alors que celle avec Erza restait la même, simple et fraternelle. Ainsi, ils n'avaient jamais eut besoin d'installer des barrières, des limites à ne pas franchir et ils vivaient la même chose qu'étant petits. Du coup, Grimmjow n'avait aucune gêne à voir Erza nue ou en petite tenue, et elle non plus, cela avait toujours été ainsi entre les deux, ils s'aimaient comme des frères et soeurs. D'ailleurs, il lui semblât que la concernée avait encore un peu grossi de la poitrine. Enfin. Il était soulagé d'avoir pu parler avec ses deux amies, rassuré de voir qu'elles n'étaient pas tombées en dépression, ou quelque chose du même acabi. Puis Grimmjow posa ses yeux sur Orihime, mais il remarqua que celle-ci le fixait, assez tristement. Incrédule, il l'interrogea du regard et celle-ci vint s'asseoir sur le bord du lit, tout en gardant ses distances.
Sans même le regarder, le dos tourné, elle balbutia: «E-Excuse-moi pour mes paroles, je suis allée trop loin. Tu... Tu m'as fais sortir de mes gonds, je ne sais pas ce qui m'a pris. Alors... Désolée, Grimmjow.»
Ce dernier considéra son amie qui ne le voyait pas. Elle lui en réservait des surprises, celle-là. Le jeune homme vit Erza qui les regardait, un sourire attendri sur le visage, et il soupira.
«Ah, 'Hime, j'ai l'habitude avec toi. Une imbécile dans ton genre met forcément du temps à comprendre les choses, je ne suis pas étonné.»
Mais alors qu'elle se retournait pour sûrement lui faire ravaler ses paroles, il prit appui sur ses coudes pour pouvoir se redresser et brusquement, il donna un coup de talon dans le fessier d'Orihime, fessier qui était seulement à quelques centimètres du bord du lit. La Princesse tomba de la falaise qu'était le matelas dans un petit cri de surprise et disparut du champ de vision du bleuté. Amusé, celui-ci émit un petit gloussement, puis il s'allongea sur le ventre et vint jeter un coup d'oeil à son amie. Mais à peine eut-il le temps de faire passer sa tête que deux mains vinrent l'attraper au niveau de la nuque et qu'il tomba à son tour.
Ils roulèrent et se donnèrent de petits coups. Ils se tiraient les joues comme des enfants, se déformaient les visages, se tiraient les cheveux et se débattaient tant bien que mal, jusqu'à ce que Grimmjow la bloque et se positionne au-dessus d'elle comme il aimait tant le faire. Mais pour une fois, les avances provoquantes du jeune homme furent laissées au placard, et celui-ci se contenta de présenter son poing fermé à la jeune femme, accompagné d'un petit rictus qui lui était propre.
Orihime le regarda d'abord avec surprise, avant de lui taper dans le poing et de marquer ainsi la réconciliation des deux amis. Puis, il se releva, Orihime fit de même, et il se dirigea vers la porte.
«Oi, j'allais oublier. Gildarts a une annonce à faire, alors dépêchez-vous de ramener vos petits culs dans le salon, on en a marre de vous attendre.»
Et sur ces paroles, il ferma la porte derrière lui. Erza regarda sa sœur, et sans même savoir pourquoi, elles se mirent à rigoler.
«Je savais que cela se finirait comme ça.
- Tu sais toujours tout, c'est connu, rigola Orihime.»
Merci d'avoir lu! Je m'excuse si il y a quelques fautes de syntaxe, d'orthographes ou autres, et j'espère que cela vous plaît!
