Chapitre 14

«Allez! On s'y met!»

Incrédules, Erza et Orihime regardaient leur amie Halibel qui s'agitait dans tous les sens, fouillant dans les tas d'habits déposés sur les lits. Cana et Levy, quant à elles, durent aussi se jeter dans les montagnes de tissus pour pouvoir trouver le bonheur de leur camarade blonde, et ainsi celui des deux rouquines. En effet, Halibel avait ordonné aux deux jeunes femmes d'étaler tous leurs habits sur un lit pour qu'elle puisse leur confectionner des ensembles adéquats pour aller en soirée. Pourquoi, me diriez-vous? Et bien, parce que c'était ça, l'idée de Gildarts: traîner tous ses enfants dans un club branché du Brésil et s'amuser. Celui-ci avait aussitôt expliqué la situation à Aizen et avait réussi à négocier pour que les quatre bras droits mexicains puissent rester une semaine de plus. Erza et Orihime s'étaient senties touchées, réconfortées par tant d'attention, elles étaient vraiment heureuses. Le seul regret qu'elles avaient: l'absence de Kagura. En apprenant ceci, Halibel s'était de suite attribuée le rôle de choisir les tenues de toutes ses amies et les avait convoqué dans sa chambre, avec leurs habits respectifs. Ainsi, Cana, Orihime, Erza, Levy et Mirajane avaient toutes été déshabillées et se trouvaient donc en petites tenues à se pouponner l'une l'autre. Autant dire que si quelconque homme venait à faire son apparition dans la chambre, il recevrait instantanément un billet sans retour pour les Enfers.

«En attendant, venez, commença une nouvelle petite voix. Je vais vous coiffer et vous maquiller.»

Les Deux Dragons se retournèrent vers Mirajane qui les couvait d'un regard tendre et doux dont elle seule avait la recette.

Du côté des garçons, l'organisation n'était pas du tout la même. Eux aussi, ils s'étaient réunis dans une même et unique chambre, mais pour des raisons totalement différentes. En effet, Grimmjow et Gajeel n'ayant pas pensé à une telle éventualité n'avaient pas vraiment apportés d'habits convenables pour ce genre de sortie. Ainsi, ils avaient du se tourner vers leurs compatriotes masculins, Natsu et Ulquiorra et un arrangement fut trouvé. L'homme portant le nom de Schiffer avait cependant choisi de ne pas venir. Malgré l'entêtement d'Halibel, Orihime et des autres, le jeune homme avait catégoriquement refusé, affirmant n'être pas habitué à ce genre de choses, pas intéressé.

Aux environs de vingt-deux heures, l'heure de partir sonna.

Natsu avait opté pour un jean foncé et une chemise blanche, à l'instar de Grimmjow qui ne se différenciait que de par son jean clair. Gajeel, quant à lui, arborait un pantalon noir et un polo gris qui dévoilait ses cinquante centimètres de tour de bras. Gildarts aussi était très apprêté. Autant dire qu'ils allaient briser des cœurs, ce soir.

«Oi, les princesses, s'écria l'Homme de Fer. On part sans vous, si vous vous magnez pas!»

A ces mots, un grognement se fit entendre du haut des escaliers, intimant clairement au jeune homme de se la fermer s'il ne voulait pas se faire raser et écraser le crâne. Le jeune homme aux cheveux noirs soupira. Il avait oublier l'espace de quelques secondes qu'il vivait avec des femmes, qui en réalité, n'en étaient pas. Non, ces femmes étaient en vérité de terrifiants monstres, des bêtes sauvages capables du meilleur mais surtout du pire, des créatures mystiques qui sortaient du domaine même de l'imaginaire.

Et sa thèse fut confirmée lorsqu'il vit lesdites démones descendre les escaliers. Lorsqu'il leva les yeux et vit la première créature portant le prénom de Cana, son souffle fut coupé. Discrètement, Gajeel jeta un coup d'œil à ses compatriotes masculins et vit avec soulagement que la réaction avait été partout pareille. Même Ulquiorra semblait un tantinet surpris, c'était dire. Et comme on pouvait s'y attendre, la réaction d'un certain paternel fut toute aussi surprenante. Gildarts Clive se jeta littéralement au cou de Cana, qui se décala de quelques centimètres pour éviter l'étreinte de son père qui s'écrasa contre le mur comme un misérable. La petite Alberona, ou plutôt la grande, était d'une beauté subjuguante. L'alcoolique aux tendances violentes et pas classes du tout s'était transformée en une éclatante jeune femme qui allait sûrement faire des ravages, ce soir. Elle portait une robe moulante s'arrêtant au-dessus des genoux, d'un bleu électrique qui relevait son teint bronzé et sublimait l'éclat de ses cheveux marrons, cheveux qui avait été lissés et disciplinés, pour une fois. La robe avait un incroyable décolleté, pas trop grand, qui correspondait à la personnalité de la femme juchée sur de jolis talons vernis couleur taupe, accompagnés d'un fin collier d'argent qui glissait sur sa peau mat.

Mais personne n'eut le temps de faire de commentaires, car la deuxième fit brutalement son arrivée en glissant sur la dernière marche des escaliers, se rattrapant de justesse à la rambarde, devenue sa meilleure amie. Levy, immobile et crispé, avait les joues rougies de honte et de gêne, et les yeux rivés sur la chemise de Gajeel. A son arrivée, le choc fut tout aussi brutal, et Gajeel crut faire une mini crise cardiaque en la voyant glisser. La jeune femme aux cheveux bleus était toute aussi exceptionnelle et époustouflante. Elle était vêtue d'une robe noire des plus sophistiquées qui soient, accompagnée de petits talons noirs fermés qui la rendaient moins petite. Les bretelles, qui recouvraient le haut de son buste jusqu'au commencement de sa poitrine étaient d'une matière grise transparente, ressemblant à de la tulle, et le reste du haut était d'un simple tissu noir qui prenait la forme d'un bustier. L'habit marquait sublimement sa taille de guêpe, avant de s'échapper sur le bas, évasée, plissée et volante jusqu'aux mi-cuisses de la concernée. Ses cheveux avaient été coiffés et attachés en un chignon «donuts» très propre qui contrastait énormément avec sa coupe journalière.

«Levy..., commença Gajeel. Tu es...

- Hm? Fit-elle en relevant la tête, pleine d'espoir.

- Ça te va bien, se rattrapa-t-il en détournant le regard.»

A ces mots, le visage de la femme prit une teinte cramoisie et elle se hâta de s'écarter pour laisser place à la suivante, qui n'était autre qu'Orihime.

Comme à l'accoutumée, le monstre qu'était la petite rouquine leur coupa le souffle. Les yeux s'écarquillèrent une énième fois, accompagné de ce petit mouvement si particulier de la mâchoire, témoignant leur surprise. Cependant, toujours fidèle à elle-même, la jeune femme brisa son arrivée parfaite d'un simple petit coup de pied, coup de pied qui troua la marche de l'escalier. Le talon d'Orihime s'enfonça dans le bois, fendant en deux la dernière marche de l'escalier. Gênée, la concernée se gratta la tête et adressa un petit sourire à son assemblée qui soupirait d'exaspération. Mais sa bêtise n'égalait sa beauté, elle était vraiment incroyable. Orihime portait donc un tee-shirt blanc sans manches près du corps, fait d'une jolie maille qui se terminait la où la jupe taille haute démarrait, c'est à dire au milieu du ventre. Le bas était constitué d'une simple et longue jupe grise claire qui marquait les hanches de la jeune femme avant de tomber droitement sur ses pieds, ne dévoilant que ses sandales talonnées grises accordées à la jupe, ouvertes et sans plateau.

Sur le côté droit, l'habit était fendu, montrant au grand jour le mollet et la fin de la cuisse de la rouquine. Son emblème, situé sur son épaule droite, était masquée par un large bijoux d'argent, assorti au collier qui entourait son cou. La jeune Inoue avait une incroyable coiffure, création d'une certaine Démone aux cheveux blancs: sa longue chevelure rousse avait été relevée en un sublime chignon flou, et deux larges mèches bouclées encadraient son visage délicat. Grimmjow fut le premier à réagir: «Déjà que t'es canon en temps normal, alors là...» Natsu et Gajeel acquiescèrent vivement la tête, il leur avait ôté les mots de la bouche. Agréablement surprise, celle-ci les remercia avant de retirer violemment son talon de la marche et de s'écarter comme si de rien n'était.

Ils durent attendre quelques instants avant que la suivante ne fasse son arrivée. En effet, se comportant comme une vraie diva digne de ce nom, Halibel avait choisi de se faire désirer avant d'apparaître au grand public. Elle descendit lentement, parfaitement à l'aise sur ses gigantesques talons blancs vernis à plateau qui la grandissaient encore plus. Consciente des atouts qu'elle possédait, la blonde avait opté pour un short taille haute décoré de deux petites fermetures de chaque côté de ses cuisses. Le short était de couleur violette, de la même teinte que l'éclair tatoué sur la joue de la femme. Sa fine taille et ses atouts proéminents étaient sublimement moulés dans un débardeur blanc aux larges bretelles qui relevait parfaitement son teint hâlé. Ses cheveux blonds avaient été attachés en une haute queue de cheval, et sa frange était libre de ses mouvements. Personne ne pouvait nier qu'Halibel était vraiment une femme à la beauté incroyable, elle était irrésistible quoi qu'elle mette. Elle savait parfaitement comment se mettre en valeur et de quelle façon faire chavirer tous les hommes aux environs. A cet instant, aucun des garçons présents ne put s'empêcher de penser que la concernée était vraiment bien roulée, et Levy également se fit la même réflexion, quelque peu blessée.

«Je suis vraiment heureux de vous avoir dans mon équipe.» commenta un Gildarts au nez en sang, d'un air faussement sérieux, confirmant l'image perverse que tout le monde avait de lui.

Les deux dernières firent leur arrivée en même temps, seulement quelques secondes après la descente d'Halibel. Erza et Mirajane, anciennement ennemies jurées, descendaient les marches une à une, côte à côte. La vue des deux beautés qu'elles étaient souleva une agitation dans le public masculin se tenant en bas des escaliers. Mirajane était divinement belle, c'était indéniable, mais c'était Erza qui attirait l'attention. En effet, la Démone aux cheveux blancs ayant l'ancienne habitude de poser pour des photos, il n'était pas rare de la voir apprêtée. Or, pour Erza, c'était une toute autre affaire, et ce n'était pas tous les jours qu'on pouvait la voir aussi féminine, aussi belle et aussi sophistiquée.

La Démone, elle, portait une très longue robe bustier bleue turquoise qui marquait son corps puis s'évasait à partir des genoux. Un imposant collier d'argent dominé par une grosse pierre turquoise, rappelant l'éclat de ses yeux, trônait en bas de son cou, habillant le haut de son buste nu. Ses longs cheveux blancs avaient été tressés en épis de blé et tombaient dans son dos.

Erza, quant à elle, arborait aussi une robe, d'une éclatante couleur rouge qui lui allait parfaitement. Les manches de l'habit tombaient sur ses épaules, masquant son croissant de lune tatoué, et le large décolleté rond dévoilait la naissance de sa poitrine. Le tissu moulait sa fine taille, ses hanches et ses cuisses et prenait fin à la moitié de ses mollets. Une fine ceinture de diamants était incorporée dans l'habit, dessinant le contour de ses hanches. Erza était juchée sur de hauts talons argentés, qui rappelaient les bijoux qui ornaient ses bras et ses mains. Ses cheveux avaient été bouclés, sublimant son visage adouci par tant de soins.

«Elle est beaucoup moins terrifiante comme ça, ne put s'empêcher de faire remarquer Natsu.

- Allez, on y va!» Enchaîna cette dernière en tirant ses amis dehors, visiblement pressée d'aller s'amuser.

Ils étaient tous réunis dans une seule et unique voiture, qui plus est, une énorme limousine blanche aussi haute qu'un 4x4. En à peine une demi-heure, ils arrivèrent sur le devant d'un immense club devant lequel se dressait une queue toute aussi impressionnante. Ils sortirent chacun leur tour sous les yeux éblouis des clients qui patientaient dehors, tandis qu'eux rentraient directement dans le lieu, comme les véritables célébrités qu'ils n'étaient pas vraiment. La limousine repartit aussitôt et les portes du club s'ouvrirent, laissant s'échapper la musique qui jouait au volume le plus fort qu'aucun d'entre eux n'eut jamais entendu. Le son et les cris étaient si puissants qu'ils se demandèrent tous comment était-ce possible qu'on ne les entende pas depuis dehors.

A peine eurent-ils posé un pied dans l'enceinte de la boîte, que les visages se retournèrent dans leur direction. Le temps parut se ralentir, et aucun d'entre eux ne put compter le nombre d'œillades dont ils étaient sujets. La foule semblait s'écarter à leur passage, passant en revue chacune des incroyables personnes qui venaient de faire leur apparition: Gajeel, Grimmjow, Cana, Mirajane, Halibel, Natsu, Erza, Levy, Orihime et Gildarts. Ils imposaient tous leur propre style et dégageaient un charisme propre à chacun d'entre eux, mais toujours était-il qu'ils faisaient tous effet, sans exception.

Grimmjow et Gildarts hochèrent la tête avec satisfaction, contentés du nombre de filles qui les mataient, sans masquer leur envie; alors que Gajeel, lui, se préoccupait plus des rivaux qui lorgnaient sur sa petite Levy que de ses prétendantes. Natsu, quant à lui, ne cherchait qu'à s'amuser, tout comme les six sublimes filles à ses côtés. Les minutes avaient beau s'écouler, ils captivaient toujours l'attention de nombre des clients, masculins comme féminins. Il fallait dire qu'une belle brochette de personnages comme eux ne pouvait passer inaperçue. De pulpeuses (désolée, Levy) et magnifiques filles à la beauté toute différente l'une de l'autre, accompagnées de charismatiques jeunes hommes tout aussi plaisants. Ils semblaient tout droit sortis d'un film.

La première réaction des hommes fut d'aller vagabonder un peu partout dans le club, tandis que les filles préférèrent se poser près du bar. Halibel et Cana semblaient dans leur élément, contrairement aux autres qui n'étaient pas tout à fait décontractées. Mirajane, elle, n'avait pu résister à la tentation. En effet, quand elle avait vu les différents barmans du club complètement perdus et submergés par les demandes, elle n'avait pas hésité et avait proposé son aide, comme la superbe serveuse qu'elle était. Évidemment, la réponse ne se fit pas attendre, et elle servit d'emblée des verres à ses amies. Mais ce qu'elle n'avait pas prévu, c'était que sa notoriété d'ancienne mannequin la rattrape, et pourtant, elle dut faire avec. Ah oui? Vous ne le saviez pas? Lors d'une mission d'il y a fort fort longtemps, Mirajane avait du se lancer dans le mannequinat. Mais elle s'était révélé un véritable potentiel et avait choisi de continuer dans cette voix, tout en restant évidemment membre à part entière du Hueco Mundo. Et même si elle était aujourd'hui en «retraite», sa renommée n'en restait pas moins incroyable, et partout où l'idole se rendait, les fans affluaient.

Heureuses d'être toutes réunies, Levy, Orihime, Halibel, Erza et Cana levèrent leurs verres et portèrent un toast:

«A... A... commença Levy. A quoi?

- A cette soirée! S'écria Erza, enthousiaste.

- Et à notre amitié inébranlable, renchérit Orihime.

- Amitié qui ne fait que démarrer pour moi, commenta Halibel, s'attirant les sourires sincères des Deux Dragons. Et qui, je le souhaite, se fortifiera au fil des années.

- Kanpaï! S'écria Cana en japonais, expression qu'elle avait prit de ses deux amies parlant la langue en question.»

Et chacune d'entre elles porta à sa bouche le premier verre de bière de la soirée.

Les verres s'enchaînaient inconsciemment, des montagnes de canettes et de bouteilles s'entassaient sur le comptoir près des quatre filles. Elles n'étaient pas saoules, non, juste décoincées, décontractées ++. Alcool aidant, Orihime poussa brutalement sa chaise et se leva, bien décidée à ne pas laisser filer de ses doigts l'idée de s'amuser un peu. Toute énergique qu'elle était, elle attrapa le poignet de Levy et l'entraîna sur la piste de danse. Ici, la musique était si forte qu'elle n'entendit pas les protestations de la petite bleuté, et c'était sûrement mieux ainsi. Aucune des deux n'étaient conscientes des œillades masculines auxquelles elles étaient exposées, comme toujours, elles n'avaient pas connaissance de leurs atouts, de leur charme.

Orihime se mit à danser en première. Sans réellement savoir ce qu'elle faisait, celle-ci se mit à rouler son bassin, à bouger ses jambes, à mouvoir ses bras et à sourire sincèrement. Comme entraînée par le rythme qui envahissait son corps, Levy se lâcha instantanément et rejoignit son amie. Elles restèrent ainsi de longues minutes, à s'amuser, juste entre elles. Puis elles furent rejoints par Erza, Cana et Halibel qui ne firent qu'attiser l'attention qu'on leur portait. L'ambiance n'en devint que plus intéressante. Les cinq amies se lâchèrent complètement, dansant chacune avec l'autre. Elles ne calculaient aucune personnes les entourant. Il n'y avait qu'elles. Tia Hallibel, la superbe blonde un peu superficielle au premier abord qui ne l'était en fait pas du tout; Inoue Orihime, la sublime rouquine un peu folle qui n'était pas aussi naïve, faible et cruche qu'elle le laissait paraître; Scarlet Erza, l'exquise femme aux cheveux écarlates qui n'était pas si terrifiante et froide que cela, au fond; McGarden Levy, l'incroyable femme aux incroyables cheveux bleus qui se révélait n'être pas aussi vulnérable que cela, et Alperona Cana, la magnifique brune qui se plaisait à masquer aux inconnus sa vraie nature sous un masque de brutalité.

Il n'y avait qu'elles. Elles étaient seules. Elles se sentaient si bien comme ça, si libres. La musique leur faisait tout oublier: leurs soucis, leurs peurs, leur identité. A cet instant, elles n'étaient plus les espionnes, les tueuses, les hackers, les agents du Hueco Mundo. Non, elles étaient simplement des femmes qui se libéraient, qui évacuaient, et qui s'amusaient comme n'importe quelles autres femmes de cet âge. Elles étaient là, entre filles, à profiter, et personne ne les empêcherait d'agir comme bon leur semblait. Les chansons défilaient, deux heures passèrent sans qu'elles ne les voient passer. Le club était maintenant encore plus rempli, l'ambiance était à son apogée.

A un certain moment, Cana se faufila dans la foule pour s'écarter un peu de la piste de danse. Elle arriva près du bar qui s'étendait tout le long du club.

«Tu cherches quelqu'un? Demanda Mirajane, qui essuyait un verre.

- Oui, mon imbécile de père, répondit-elle.

- Ah! Il doit sûrement être avec des filles, rigola la barmaid.

- Ouais, c'est bien son style!»

Un éternuement retentit non loin d'ici. Gildarts Clive, affalé sur un canapé de cuir gris, se pavanait comme un véritable chef de gang mafieux. Cigare à la bouche, deux femmes pulpeuses sous chacun de ses bras, les cheveux couleur rouilles rejetés en arrière par du gel, il incarnait le parfait stéréotype de ce qu'il était réellement. Puis, il aperçut passer devant lui, trois gaillards très bien foutus qui vagabondaient d'un endroit à un autre. Les trois jeunes hommes à la chevelure assez particulière semblaient chercher quelque chose des yeux et donc, ne profitaient pas.

Comprenant, Gildarts se leva, rassura ses «poules» qui ne voulaient pas qu'il parte, et s'approcha de Natsu Dragneel, Grimmjow Jaggerjack et Gajeel Redfox. Prenant ce dernier sous l'épaule, il lui tourna la tête, lui montrant quelque chose, et s'écria d'une voix grave pour couvrir la musique: «Les gars, ce n'est pas votre habitude d'errer comme des âmes en peine en soirée, vous rouillez ou quoi? Vous devriez exemple sur elles.»

Et sur ces paroles, il tendit son doigt, dévoilant aux trois beaux gosses une scène des plus incroyables qui soient. Un cercle s'était formé dans la foule, comme si une battle se préparait. Interloqués, les trois agents se rapprochèrent. Et ce qu'ils virent par la suite manquèrent de leur arracher des cris de surprise: Levy surgit de la foule, loin d'être gênée, et se mit à danser, provoquant doucement la grande inconnue qui ne se démontait pas. Levy se débrouillait vraiment bien, quand elle avait bu, on aurait pu dire qu'elle avait le rythme dans la peau. Mais leur surprise ne s'arrêta pas là. Quand l'adversaire eut finit sa réplique, ce fut au tour d'Orihime de faire son apparition, puis Erza, et Halibel.

Durant ces quelques minutes, Natsu, Grimmjow et Gajeel restèrent bouches bées, estomaqués par les superbes performances de leurs amies. La plus ahurissante restait Levy, qui pourtant si timide, dansait aux yeux de tout le monde. La facilité avec laquelle elles avaient toute improvisé une chorégraphie, la fluidité de leurs mouvements, leur sensualité qui semblait naturelle, leur prestance sur la piste de danse. Ils étaient abasourdis. Aucun d'entre eux ne les avait déjà vu danser ainsi. Elles semblaient maîtriser la danse aussi bien qu'elles se battaient sur le terrain. Oui, c'était ça. C'était comme si elles avaient fait de cette piste, de cette battle, leur combat. Elles dansaient, et se battaient. Elles se remuaient, et combattaient, d'une autre manière. Et ils comprirent alors que ces femmes leur réservaient encore d'innombrables surprises.

Bien décidés à ne pas se faire distancer, Grimmjow fit son apparition, tel un chef applaudi par ses sujets. Ainsi, les trois hommes s'incrustèrent et se mirent à danser, accompagnant ou s'opposant à leurs fidèles amies. Ils étaient devenus le spectacle du club, l'animation phare du jour. Les applaudissements, les cris et les compliments fusaient dans toutes direction. Nombre de duels virent le jour, tous plus improbables les uns que les autres. On eut droit à l'éternel Erza et Orihime VS Grimmjow et Gajeel, mais aussi au Natsu et Levy VS Erza et Halibel, au Orihime VS Grimmjow, au Gajeel VS Levy, au Erza VS Halibel, ou encore au Natsu et Orihime VS deux inconnus, etc.

Le temps passait à toute vitesse, sans que personne ne s'en rende compte. Épuisés, les mafieux avaient laissé tomber les confrontations dansantes et étaient repartis chacun de leurs côtés. Les trois garçons étaient toujours sur la piste, mais cette fois-ci, uniquement accompagnés de femmes inconnues. Tout se passait bien, jusqu'à ce que Grimmjow aperçoive Erza monter sur le comptoir du bar. En effet, celle-ci avait entendu l'une des chansons qu'elle chantait très souvent avec Orihime et Kagura. Poussée par un instinct primaire, elle avait grimpé, s'appropriant la scène improvisée. Grimmjow soupira encore plus fort lorsqu'il vit son Orihime rejoindre sa sœur (ça vous aurait étonné, hein?) et se mette à danser à son tour. Les dents serrées, la Panthéra chercha à se rapprocher, histoire d'écarter tous ces énergumènes du sexe opposé qui lorgnaient sur les Deux Dragons, surtout sur l'une d'entre elles en particulier.

Mais il fut soudainement retenu par la main de Gajeel qui lui adressa un sourire.

«Laissons-les s'amuser, ce soir. Elles en ont besoin.»

Le bleuté soupira de nouveau et s'affaissa sur lui-même. Il n'avait pas tapé depuis longtemps, il avait besoin de se défouler. Grimmjow avait toujours été comme ça. Il était comme une bête sauvage, un animal incontrôlable. Depuis tout petit, il avait découvert en lui un incroyable désir de frapper, de violenter, de tout casser, qui n'était pas aussi intense chez les autres, voir inexistant. Mais heureusement, ses amis l'avaient cerné, compris, accepté, et l'aidaient tous les jours à se canaliser. Et celle qui était le plus douée à ça, c'était Orihime.

Jaggerjack fixa la rouquine, souriant à sa sœur. Elle avait tant fait pour lui. Il était si heureux qu'elle soit là, et surtout qu'elle soit heureuse. Puis, soudainement, une étrange pensée traversa l'esprit du bleuté. Si un jour, Orihime disparaissait? Si un jour, elle changeait? Partait? Lui était enlevée? Mourait? Comment ferait-il, pour vivre? Si Orihime le quittait, arriverait-il à supporter la vie? Mais le jeune homme préféra chasser ces mauvaises pensées, effrayé par son propre pessimiste. Non, Orihime n'allait pas partir. Hein?

Puis, il vit Levy monter à son tour sur le comptoir. Railleur, il se retourna vers Gajeel qui serrait les poings.

«Ok, on y va.» fit ce dernier, prêt à en découdre avec les prétendants de la petite bleutée.

Cette fois-ci, Grimmjow n'eut pas besoin d'intervenir, ce fut Natsu qui s'en chargea. Il attrapa les deux épaules de ses deux amis et les tourna vers lui, un grand sourire sur le visage.

«Bon, les gars, allons nous éclater!» S'écria le jeune homme aux cheveux couleur fleur de cerisier.

Les deux «G» jetèrent un dernier regard derrière eux, puis sourirent et suivirent leur compagnon.

«Ouais, allons-y!»

C'est ainsi que démarra la soirée. Danser, boire, crier, s'amuser. Cela aurait pu s'arrêter là. Mais non, évidemment, rien ne se passa comme prévu. Non, comme on pouvait s'y attendre de la part des membres du Hueco Mundo, tout dérailla.

Merci d'avoir lu! Excusez-moi pour les longues descriptions pas très intéressantes, mais il en faut forcément un peu.