Chapitre 15

part one

Lentement, le sommeil diminua pour finir par s'évaporer complètement, ou presque. Il faisait chaud, cela sentait bon. La jeune femme se retourna sur le dos et se frotta les yeux. Elle se arqua, étira ses bras vers le haut et émit un bâillement à s'en décrocher la mâchoire. Elle ouvrit les yeux, les referma aussitôt. L'intense lumière qui inondait la pièce dans laquelle elle se trouvait avait réveillé en elle une horrible migraine qui martelait violemment son crâne. Souffrante, elle posa ses paumes sur ses yeux fermés et y appuya jusqu'à voir des milliers de petits points colorés voleter sous ses paupières.

C'était vraiment douloureux. A son souvenir, elle n'avait jamais connu de pareille sensation à la tête si ce n'est sur le champ de batailles. Cette douleur lui fit se rappeler un tas de choses. La soirée avait été agitée, elle s'était amusée, avait dansé et elle avait bu. Oui, elle avait beaucoup trop bu. Elle avait enchaîné les verres toute la nuit et résultat: ses souvenirs étaient altérés. En effet, de nombreux événements paraissaient très flous à ses yeux, et pour faire court, elle ne se rappelait que, plus ou moins, du début de la soirée. Car oui, Inoue Orihime ne tenait pas très bien, voir pas du tout l'alcool, surtout qu'il s'agissait de sa vraie première fois, sa vraie première cuite.

Cinq minutes après, elle rouvrit ses paupières avec beaucoup plus de prudence, et remarqua qu'elle ne connaissait pas la chambre dans laquelle elle s'était réveillée. Encore plus grande que la chambre qu'elle partageait avec sa sœur, celle-ci était immaculée d'un blanc pur des murs jusqu'aux meubles, exceptée la moquette du sol qui était d'un beige clair. La décoration était sobre, simple, mais bien pensée. La rouquine rejeta le léger drap qui recouvrait son corps, remonta ses jambes et put constater qu'elle n'était vêtue que de son soutien gorge opaque bleu marine et de sa jupe grise, autrefois longue, qui s'arrêtait maintenant à mi-cuisses et était fendue jusqu'en haut.

Incrédule, elle se leva vivement, geste qu'elle regretta aussitôt de tout son cœur, de tout son être. En effet, dû à ce geste beaucoup trop brusque et irréfléchi, sa migraine s'intensifia à un stade qu'elle n'avait jamais connu et elle s'écroula au sol, maudissant celui ou celle qui ne l'avait pas empêché de se bourrer la gueule. Mais alors qu'elle se concentrait pour atténuer sa douleur, une voix familière et rassurante vint à ses oreilles:

«Enfin réveillée, 'Hime?»

En entendant ce timbre de voix si particulier, la souffrance d'Orihime sembla s'adoucir considérablement en l'espace d'une seconde. Elle leva les yeux, et l'expression que lui dédiait son interlocuteur ne manqua pas de lui arracher un petit sourire. Ainsi, la jeune Inoue accepta la main que lui tendait Grimmjow Jaggerjack et se releva doucement. Avec précautions, elle s'assit sur son lit, suivie de son ami masculin qui soudainement, passa sa main sur le front brûlant de la jeune femme qui eut un hoquet de surprise à ce contact.

Alors, il se leva, fouilla dans un grand sac posé sur le deuxième grand lit de la chambre et une minute après, revint s'asseoir avec un verre d'eau dans lequel baignait un minuscule comprimé qui se dissolvait petit à petit. Il offrit le médicament à sa camarade en lui ordonnant de boire si elle ne voulait pas que sa tête explose, ce qu'elle fit incessamment sous peu. Lorsque ce fut fait, elle se tourna vers le bleuté et s'enquit:

«Où sommes-nous? Que fait-on ici? Où sont les autres? Que s'est-il passé? Je-...

- Oh, doucement, lui intima-t-il. La nuit a été longue pour moi aussi, tu sais.

- Je ne me souviens pas... Est-ce que j'ai-

- Ouais, la coupa-t-il, t'en a fais des conneries, j'peux t'le dire.

- A ce point? S'étonna-t-elle. Dis-moi!

- T'es vraiment sûre de vouloir savoir? Demanda-t-il, avec un sourire sournois. T'as pas une idée? Aucun souvenirs?

- Grimmjow... Se contenta-t-elle de grogner, visiblement pas encline à jouer aux devinettes.

- Ok, ok, j'vais te raconter. C'est assez long.»

Et sur ce, il s'étala de tout son long sur le matelas et invita la rouquine à le rejoindre pour écouter son récit. Ainsi, elle s'allongea à ses côtés et ouvrit grand ses oreilles.

«Bon, alors...»

*Retour en arrière*

Aux alentours de trois heures du matin, Grimmjow Jaggerjack et Gajeel Redfox se mirent en tête de trouver une compagne à leur ami Natsu Dragnir, ami qui n'avait jamais eu de petite amie. Non qu'il n'était pas beau, attirant, intéressant ou déplaisant, au contraire, mais le problème venait de lui. Car oui, aussi étrange que cela puisse paraître, Natsu aimait les femmes, mais il n'en avait jamais trouvé une qui lui correspondait, ou plutôt n'avait jamais cherché à se mettre en couple.

Alors, en l'honneur de cette superbe soirée où ils avaient compris que les miracles existaient, ses deux amis lui demandèrent de se laisser faire et d'essayer, pour une fois. Ainsi, celui aux cheveux bleus cria d'une voix portante qu'il avait besoin de femmes et aussitôt, une impressionnante queue, qui n'était d'ailleurs pas constituée uniquement de femmes, se forma devant eux. Natsu recula d'abord, intimidé par tant d'attention, mais son ami l'Homme de Fer le retint, et il dut s'avouer vaincu.

En à peine quelques minutes, les règles avaient été fixées et un ordre incroyable régnait dans la file, file qui ne cessait de s'agrandir. Les trois premières firent donc leur arrivée, heureuses d'être les premières. Il y avait une brune qui devait avoir deux têtes de plus que Grimmjow, une autre, pulpeuse, aux courts cheveux couleur caramel et une blonde assez plate mais qui semblait détestable au premier abord. Le verdict fut rapidement donné et les trois prochaines firent leur apparition. Cette fois-ci, le groupe était composé de trois femmes aux teintes de blonds différents, toutes plus ou moins formées, mais qui cependant, ne semblaient avoir aucun caractère.

De nouveau, les trois pauvres femmes ne firent pas long feu, et la suite fut réclamée. Mais, à cet instant, Natsu jeta l'éponge, se plaignant de n'être entouré que de femmes superficielles et inintéressantes. Bien que déçu de voir son apprenti abandonner, Grimmjow n'en dit rien et se contenta de le regarder s'éloigner. Et en le suivant du regard, le bleuté fut témoin d'une scène qui le fit rire au plus haut point.

En effet, Erza monta (encore une fois!) sur le comptoir du bar, une expression des plus sérieuses sur le visage. Elle se mit dans une drôle de position, fit un cercle avec ses bras, inspira fortement et se cambra, puis cria d'une voix grave: «Magie du chevalier! Rééquipement!» En bas, tout le monde la regardait, suspendu à ses lèvres. Qu'allait-il se passer? Allait-elle se transformer? Se métamorphoser? Disparaître? Mais après deux minutes de vide total, la jeune femme rouvrit ses yeux, incrédule, ahurie et surtout un peu saoule.

«Tiens, j'aurais pourtant juré...»

A cet instant, le rire d'une deuxième femme couvrit le reste des bruits, et on put apercevoir une jolie rouquine se rouler sur le bar, morte de rire. Mais celle-ci s'arrêta net et coupa court à son fou-rire lorsqu'elle remarqua qu'un spectateur fixait plus ardemment sa sœur que les autres. Arborant une expression effrayante et suspicieuse, elle se mit à quatre pattes et se rapprocha lentement de lui. Pareille à un chat, elle se dressa sur ses genoux, le domina de toute sa splendeur et captiva son regard. Le haut de son visage, en particulier ses yeux, était dans l'ombre, son nez était retroussé, elle montrait les crocs. Le pauvre petit bonhomme en face d'elle faisait pâle figure, et ce malheureux n'eut pas le temps de fuir, car le monstre en question l'attrapa par le col et le souleva à au moins un mètre du sol.

Le temps sembla s'arrêter, tout le monde les regardait, y compris ses amis et les barmans. Comment une femme toute menue comme elle pouvait-elle soulever un homme pareil? Mais le pire restait à venir. En effet, après avoir imposé toute sa personne à sa victime, et après s'être assurée que les gouttes qui perlaient sur son front étaient bien de la sueur provoquée par la peur, elle lâcha d'une voix nonchalante, bienveillante et douce qui contrastait horriblement avec son expression: «Tu sais qu'j'ai un zizi plus gros que le tien?»

Et là, le vide. Un blanc. Oui, un blanc Monumental. Le visage de la victime se décomposa, l'assemblée s'horrifia. Mais le fou-rire sincère de Grimmjow brisa ce silence assourdissant et entraîna un fou-rire collectif dans la quasi-totalité du club, fou-rire au début un peu gêné. Mais qui étaient-ils, tous autant qu'ils étaient? Puis, comme si de rien n'était, Orihime lâcha sa proie et s'allongea sur le bar pour pouvoir mettre directement le distributeur de bière dans sa bouche. Mais deux fermes mains empoignèrent ses chevilles et commencèrent à la tirer. Cependant, la jeune femme était décidée à résister, et elle s'agrippa autant qu'elle put au réservoir de bière. Cependant, étant donnée la force des deux jeunes gens, celui-ci se brisa, laissant couler le liquide jaunâtre sur le sol, et la jeune Inoue tomba violemment sur Natsu qui avait visiblement sous-estimé sa force et son élan.

Grimmjow put également constater que la jolie Halibel et Levy s'étaient éclipsées, que Mirajane tenait toujours son rôle de serveuse et que Cana tapait violemment sur son torse, tel un gorille, criant à qui mieux mieux qu'elle cherchait un adversaire capable de la battre, niveau alcool. Amusé, Grimmjow admira le spectacle quelques instants, mais il fut coupé dans ses pensées quand deux autres candidates se montrèrent.

La première, visiblement plus intéressée par Gajeel, était de taille moyenne, avec un carré plongeant blond platine et des formes encore plus développées que celles d'Orihime. La seconde, destinée à Grimmjow, était un petit peu plus grande que son amie, mais moins pulpeuse. Des seins comparables à de petites oranges, mais des hanches très bien dessinées et de longs cheveux noirs légèrement ondulés et plus clairs sur la fin. Elles étaient toutes deux très jolies, et surtout très intéressées par ce qu'elles avaient sous les yeux.

La discussion démarra, et en à peine quelques secondes, les deux Don Juan purent comprendre que Cindy et Maria étaient des plus entrepreneuses qui soient. Sûrement aidé par l'alcool, Gajeel céda aux caresses de la jolie blonde et la fit monter sur ses genoux, tout en laissant ses mains balader sur son corps magnifiquement bien formé. Grimmjow fut d'abord surpris par l'ardeur de son ami, mais il comprit aussitôt en l'entendant murmurer le prénom d'une autre fille. Ainsi, l'Homme de Fer reportait l'amour qu'il éprouvait pour une fille sur une autre, en l'occurrence, Cindy. Intéressant.

Et en seulement quelques minutes, la température augmenta considérablement quand la blonde commença à le bombarder de bisous dans le cou, visiblement décidée à faire bonne pêche ce soir. Cependant, contre toute attente, son show fut stoppé net par une petite main d'habitude si frêle qui s'abattit sur sa joue. Confuse et en colère, elle leva les yeux vers l'inconnue qui l'avait frappée et s'apprêtait à riposter, quand la main de Gajeel l'en empêcha. Incrédule, il se leva et se rapprocha de celle qu'on attendait le moins. Mais celle-ci passa à côté de lui sans même le regarder, attrapa un verre et jeta son contenu au visage de ladite Cindy.

Ahuri, le duo «G» reporta toute son attention sur la jeune femme, Levy McGarden, qui pour une fois, avait osé s'imposer. Outrées par un tel comportement, les deux rivales s'unirent et s'apprêtèrent à répliquer contre cette petite insolente, quand soudain, des cris prirent naissance dans la file d'attente. Interloqués, ils se tournèrent tous vers les candidates qui se faisaient bousculer tour à tour et virent une touffe rousse jaillir du lot. Celle-ci, comme si de rien n'était, sautilla jusqu'à un certain bleuté et s'assit à ses côtés, sans prêter attention aux plaintes qui la poursuivaient. Mais la malheureuse n'eut même pas le temps de prononcer une parole qu'une main accrocha son épaule, lui arrachant un grincement de dents. Lentement, Orihime tourna sa tête et toisa ladite Maria qui enfonçait ses longs ongles de sorcière dans sa peau.

«J'étais là avant, rouquine, commença-t-elle, mauvaise.

- Qu'est-ce que tu dis? Demanda la rouquine en question qui ne semblait pas comprendre.

- Je te dis que si tu le veux, tu fais la queue et t'attends ton tour comme tout le monde, imbécile!»

Orihime regarda alors Gajeel qui tentait tant bien que mal de séparer Levy et l'autre blonde, puis la longue file qu'elle avait traversé quelques secondes auparavant et comprit. Alors comme ça, toutes ces filles voulaient lui voler son Grimmjow et en plus, Gajeel? Et sans même s'en rendre compte, elle partit dans un de ses délires dont elle seule avait le secret. Alcool aidant, Orihime se plongea dans son univers et une image farfelue s'imposa dans son esprit: de petits êtres verts dotés de cornes, qui n'étaient autres que les prétendantes en question, se tirant Grimmjow dans tous les sens et cherchant à tout prix à l'éloigner d'elle. Horrifiée par cette pensée, le cœur de la rouquine s'affola et elle se leva d'un bond.

«HAAA?» Cria-t-elle, interrompant toute discussion à un rayon d'une dizaine de mètres.

La Panthera la fixa, incrédule et surprise d'une réaction pareille. Mais le bleuté n'était pas au bout de ses surprises, ni de ses peines. Orihime se posta devant lui et écarta les bras comme pour le protéger d'un monstre quelconque.

«Naaaaaaaaaaaaaaan, continua-t-elle, bourrée. J'suis désoooolée, mais il est à moi! T'as entendu, pétasse? A MOI! On vous a jamais appris qu'il ne fallait pas voler les affaires des autres?»

Visiblement énervée, Maria se rapprocha et poussa Orihime qui ne bougea pas d'un millimètre. Surprise, elle regarda le visage de la rousse et le regard effrayant qu'elle y vit la pétrifia de frayeur. Celle-ci, agacée, la poussa à son tour, mais beaucoup plus fort qu'elle n'aurait du. En effet, Maria fut éjectée à plusieurs mètres et fit tomber une dizaine d'autres filles, pareilles à des dominos.

«Si vous lvoulez, faudra l'prendre par la force, OK?» Déclara Orihime qui semblait prendre ce combat beaucoup trop au sérieux.

Mais les prétendantes ne baissèrent pas les bras pour autant. Il était hors de question de laisser filer leur chance de rencontrer un pareil beau gosse juste à cause d'une rousse pas très commode. Ainsi, après s'être mises d'accord, cinq d'entre elles se dévouèrent pour éjecter la jeune femme. Voyant qu'elle avait des adversaires, la personnalité d'Orihime changea radicalement, comme si elle était sur un vrai champ de batailles. Alors, quand deux d'entre elles tentèrent de l'immobiliser, pensant que les trois autres allaient pouvoir la frapper à volonté, la rouquine s'ébroua avec une facilité déconcertante et sauta à reculons sur le comptoir.

«Je m'enflamme!» S'écria-t-elle.

A ces mots, on put très bien entendre l'encouragement d'un certain Natsu qui se trouvait pourtant à l'opposé.

Et sur ce, la rouquine se propulsa en prenant appui sur le bar -bar qui se brisa- et quelques secondes après, les cinq combattantes improvisées s'enfuirent, blessées pour la plus part. Sans perdre une seconde, Orihime se tourna vers le restant de la file et menaça de nouveau: «Cassez-vous d'lààààà, ou j'vous éclate les yeux en même temps queeeeee... Queeeeeeee... Euuuh... Que vos seins plastifiés, tiens! Moi au moins, c'est des vrais!»

Aussitôt dit, aussitôt fait. La foule constituée principalement de filles se dissolva, toutes effrayées par cette femme qui ressemblait vraiment à une bête enragée. Et en à peine une minute, tout redevint avant, comme si rien de tout cela ne s'était produit. Levy, quelque peu blessée et vexée, chercha à s'enfuir de suite après, mais elle fut retenue par Gajeel qui souhaitait s'expliquer. Orihime, quant à elle, s'appropria un verre de rhum et l'avala d'une traite. Voyant que depuis la fin de l'altercation, Grimmjow la fixait de ses grands yeux bleus, elle le dévisagea, haussa un sourcil et lâcha: «Quoi? Tu veux t'bat?»

Mais, à cet instant, un cri jaillit du brouhaha, perçant même la musique et couvrant tous les autres bruits du club.

«JELLAL, OU ES-TUUUUUUUUUUU?» avait crié la femme aux cheveux couleur écarlate, auparavant accroupie sur le bar, une bouteille de whisky à la main. Pourquoi auparavant, devez-vous vous demander. Et bien simplement parce qu'une certaine barmaid accompagnée de son ami aux cheveux couleur fleurs de cerisier la firent descendre aussitôt, pour son bien à elle et à tous.

En entendant ce prénom, Orihime sembla reprendre conscience. Son visage heureux se décomposa, son sourire s'effaça, elle baissa la tête. Tout revenait: ses souvenirs, la journée passée, le retour de Jellal... Grimmjow, inquiet, s'apprêtait à la secouer, histoire de la faire revenir à elle, mais on le fit à sa place. Un homme, ou plutôt un corps non-identifié, mesurant au moins seize mètres cinquante-douze de hauteur et tout autant de large, avec la carrure d'un monstre tout droit sorti du film Gozilla, fit son apparition et attrapa la rouquine par l'épaule.

Ce contact physique sembla lui faire oublier ses esprits, et elle redevint telle qu'elle était auparavant. C'est-à-dire, une femme bourrée. Haussant un sourcil, elle se retourna et ficha ses yeux dans ceux du vigile.

«C'est elle? Demanda-t-il en s'adressant aux deux femmes derrière lui qui étaient visiblement parties se plaindre.»

Comme deux enfants voyant un fantôme, Cindy et Maria hochèrent vivement la tête et se cachèrent derrière le molosse qui les protégeait. Celui-ci se mit à parler à Orihime, mais cette dernière n'entendait rien de ce qu'il disait. Elle était restée bloquée à la vue de ses deux rivales qui avaient tenté de lui arracher son Grimmjow. Alors, la rouquine contourna le vigile, attrapa une bouteille à moitié-vide qui traînait sur le bar et la braqua sur les deux femmes. La tenant comme une mitraillette, elle se mit à tirer avec sa bouteille, faisant même de sa propre bouche les bruits des tirs, sous les yeux ahuris du vigile, des deux femmes, de Grimmjow, et de tous les autres.

Deux minutes s'écoulèrent ainsi, deux minutes durant lesquelles les deux femmes durent se retenir de s'esclaffer, conscientes que si elles le faisaient, elles risquaient cher. Cependant, le vigile ne prit pas autant de précautions: il s'approcha d'elle, lui arracha violemment la bouteille, la jeta au sol et l'attrapa par les hanches. Ce geste beaucoup trop osé à son goût arracha un petit cri à la rouquine qui n'aimait pas tant de proximité avec un inconnu. Là, il la souleva et la posa sur son épaule gauche, pensant qu'elle gigoterait seulement quelque peu. Mais de nouveau, rien ne se passa comme prévu. Orihime assena un puissant coup de pied dans le ventre du vigile qui s'avoua vaincu aussitôt et tomba à genoux devant elle.

Inconsciente de son geste presque instinctif, elle attrapa le poignet de Grimmjow et lui déclara d'un air enjoué: «Viens, on va dehors!»

Incrédule, il la suivit sans un mot vers la sortie, mais c'était sans compter les quatre vigiles tout aussi baraqués que le premier qui accouraient tout droit vers eux. Le bleuté soupira. Cette femme avait vraiment le don de s'attirer des ennuis. Alors, il prit les devants. Exécutant exactement les mêmes gestes que le premier vigile, il attrapa Orihime tel un sac à patates et passa devant les vigiles en affirmant: «J'm'occupe d'elle, vous avez rien à craindre.»

Mais aussitôt eut-il proféré ces paroles, qu'Orihime s'ébroua violemment. Cependant, Grimmjow était plus fort que le vigile, et il réussit à contenir son amie, enfin c'est ce qu'il crut. C'était vrai que celle-ci ne pouvait pas bouger, son bassin étant bloqué. Mais elle eut alors l'idée de griffer le dos, puis le torse de son ami, réduisant son tee-shirt en lambeaux et l'obligeant ainsi à la poser au sol. Poussant un cri de surprise, le jeune Jaggerjack la laissa tomber sans la moindre précaution et considéra son tee-shirt, ou plutôt les vulgaires bouts de tissus qui gisaient maintenant par terre. Il pouvait sentir les griffures sur son dos et son torse, elle n'y avait pas été de main morte.

En la voyant libre, les quatre vigiles n'hésitèrent pas, et d'un accord commun, ils se jetèrent tous sur elle en même temps. Une montagne de muscle s'écrasa sur Orihime qui disparut sous le corps des quatre hommes. N'importe qui s'avouerait vaincu par une telle charge, c'était évident, et ce fut ce qu'ils pensèrent. Cependant, alors qu'ils s'attendaient à l'avoir eue, ils furent soudainement expulsés chacun dans une direction différente, sans même avoir compris ce qui leur arrivait.

Comme un même homme, ils tentèrent de se relever, non sans peine et entendirent alors: «Mais c'pas vrai ça!On peut pas quitter un club sans s'faire plaquer par un rugbyman ou quoi?» avant de voir la rousse en question décamper à toute vitesse, entraînant son bleuté par le poignet.

Ils traversèrent ainsi la foule, se faufilèrent et sortir du club. Orihime le traînait comme s'il était poursuivi par un monstre, si fort qu'à un moment, il en eut marre. Il se dégagea violemment, retira sa main de la sienne et lui attrapa l'épaule pour qu'elle s'arrête.

«Oi, on va où, là?»

La rouquine le considéra avec de grands yeux et une expression dubitative comme si elle était face à un alien. Alors, elle le dévisagea de la tête aux pieds et demanda, sans même prendre en compte la récente question du bleuté:

«Ne m'dis pas que tu t'es fait attaqué par un tigre?» S'enquit-elle innocemment en désignant les griffures sur son torse et son dos.

Grimmjow la regarda, incrédule. Elle se foutait de lui ou quoi? Puis, lorsqu'il comprit qu'elle n'était vraiment pas consciente de ce qu'elle avait elle-même fait, il rétorqua en soupirant bruyamment:

«Non, pas un tigre. Un dragon.»

A ces mots, Orihime écarquilla ses grands yeux gris et sa bouche. Elle attrapa le poignet de son ami de ses deux mains et se rapprocha sensiblement de lui, ouvrant encore plus ses yeux à chaque secondes qui passait.

«D-D-Dragon? S'écria-t-elle avec un accent japonais. Vraiment? Un dragon? Tu as vu un dragon?»

Ne sachant pas réellement si il devait s'énerver, pleurer ou rire, Grimmjow se contenta de rester impassible et inexpressif. Il darda sur la rouquine un regard blasé qui ne l'interpella pourtant pas. A quoi bon tenter de lui expliquer? C'était une peine perdue, et il n'avait pas vraiment la force et l'envie de s'acharner à lui faire comprendre ce que, d'évidence, elle ne comprendrait pas le moins du monde.

Alors il la dépassa et se mit à marcher, l'invitant silencieusement à le suivre. Ils déambulèrent dans la nuit une bonne demi-heure, si ce n'est plus. Nombre de fois Grimmjow dut rappeler à l'ordre la jeune femme qui courait à droite à gauche, comme une enfant qui voyait le monde extérieur pour la première fois. Mais étrangement, les bêtises de la jeune femme avaient beau monter en ampleur, Grimmjow ne s'énervait pas vraiment. D'un certain côté, il appréciait le spectacle.

Tout au long du chemin, Orihime dut agresser verbalement une bonne quarantaine de personnes, qu'ils soient hommes ou femmes. En effet, nombreux -surtout nombreuses- étaient ceux et celles qui mataient le bleuté à ses côtés. C'était vrai qu'il ne pouvait qu'attirer l'œil avec son torse musclé et nu, ses mains dans ses poches, ses incroyables cheveux bleus tombant sur son visage, et son sourire carnassier, mais ce n'était pas une raison! Alors la rouquine s'acharnait à faire comprendre qu'il ne fallait pas le regarder, ce qui amusait sincèrement le jeune homme qui prenait un malin plaisir à rendre la tâche plus difficile en abordant lui-même quelques jeunes femmes. Car oui, il en avait du sex appeal, et il en jouait, le salaud!

Mais alors qu'ils avaient parcouru au moins une dizaine de quartiers, Orihime prit la main de Grimmjow et lui fit les yeux doux, toute excitée. Ne comprenant pas de quoi il retournait, le bleuté examina les alentours, à la recherche d'une quelconque source de convoitise pour la jeune femme. Mais il ne trouva rien. Alors il interrogea son amie du regard, lui demandant silencieusement quelle était la raison de son excitation. Et quelle fut sa stupeur lorsqu'il comprit que la douce et innocente Orihime était en train de le guider vers un club de strip-tease.

«Mais qu'est-ce que...?»

Merci d'avoir lu! En espérant que cela vous plaise ! Et je m'excuse d'avance pour les quelques fautes d'orthographe que je n'aurais pas su retirer!