Chapitre 16

part two

Ahuri, Grimmjow n'eut pas le temps de protester car il se retrouva en à peine une minute assis près d'un bar contre son gré, à côté d'une rouquine à la poitrine impressionnante qui enchaînait les verres d'alcool comme s'il s'agissait d'eau. Mais notre jeune bleuté n'était pas au bout de ses peines. Durant seulement quelques secondes, il abandonna son amie du regard pour se délecter du spectacle qu'offraient les danseuses. C'était vrai qu'elles étaient vraiment bien foutues, celles-là! Mais quand il reporta son attention sur Orihime, juste histoire de jeter un coup d'œil avant de reprendre ses occupations, il crut devenir fou.

Celle-ci avait la poitrine étalée sur le comptoir, le visage à seulement quelques centimètres d'un séduisant barman qui n'était pas insensible aux charmes de la concernée. Il la regardait avec convoitise, un sourire dragueur sur le visage et avait sa main posée sur celle de la rouquine.

«J'ai encore une heure de service, commença-t-il. Mais si tu veux, quand j'ai fini, on peu-»

Mais, comme on pouvait s'y attendre, le jeune homme n'eut pas le temps de finir ses avances car il sentit une main ferme agripper son col et le soulever du sol. Surpris, il considéra le bleuté qui le toisait d'un air effrayant, présage de problèmes. Grimmjow s'approcha de lui et lui chuchota quelques mots à l'oreille qui eurent pour effet de complètement terroriser le pauvre barman. Paniqué par ces menaces évidentes, il s'écarta violemment lorsqu'il eut retrouvé sa liberté et courut loin d'ici.

Puis, alors qu'elle s'apprêtait à réprimander son amie d'un tel comportement, la Panthéra vit que celle-ci était affalée sur le bar, la tête dans les bras. Ne comprenant pas, il la toucha doucement au niveau de l'épaule et l'appela. Après une troisième tentative, celle-ci releva un visage pleurnicheur vers lui et râla:

«T'as tout fait foireeeeeer, Grimmjow!

- C'est pas mon soucis, se contenta-t-il de rétorqué, agacé.

- Maaaaaais, Grimmjooooooow, reprit-elle en braillant. J'ai vingt-et-un ans, ou peut-être vingt-deux, et j'ai jamais eu aucune relation amoureuseuuuuuuh!»

Et sur ces paroles, elle se prit la tête entre les mains et se mit à pleurnicher comme une petite fille de cinq ans à qui on aurait volé son bonbon. Grimmjow soupira et l'abandonna du regard pour attraper un nouveau verre de bière.

«Si c'est c'que tu veux, commença-t-il en prenant une première gorgée. J'suis là, tu sais!»

Trouvant le temps de réponse de la jeune femme assez long, il se tourna vers l'endroit où elle était censée être et s'étouffa avec la gorgée de liquide qui passa mal dans sa gorge. Ahuri, il frappa le comptoir de son poing et se leva brutalement, faisant tomber sa chaise au sol. Visiblement très énervé, il tenta tant bien que mal d'attraper le bras ou la jambe de son amie qui se déhanchait, debout sur le bar, mais c'était peine perdue. En une fraction de seconde, une vingtaine d'hommes semblait s'être rassemblée autour d'elle, bloquant le passage au bleuté qui commençait à voir rouge.

Alors qu'il tentait de se frayer un passage, non sans peine, il l'entendit crier d'une voix beaucoup beaucoup beaucoup trop portante: «OHH! VOUS SAVEZ, J'AI VINGT-ET-UN ANS ET J'SUIS TOUJOURS VIERGEEEEEEUUUH!»

En entendant les rires, les remarques, les réponses à sa demande et les propositions que tous faisaient, Grimmjow se sentit perdre les pédales. Alcool aidant, il commençait clairement à devenir fou et aurait pu péter un câble à tout moment. Comme s'il avait attrapé le syndrome «Orihime», une image farfelue s'imposa dans son esprit: de petits démons visqueux et horripilants qui se disputaient la jolie rouquine en tirant chacun un membre et en la touchant de toutes parts. Alors, sans même savoir pourquoi, Grimmjow poussa un hurlement comparable à celui d'un loup, qui ébranla le club tout entier, excepté la rouquine qui semblait être dans un autre monde.

Tous les regards s'étaient tournés vers le bleuté qui haletait. Mais alors qu'il tentait de reprendre son souffle, il vit Orihime se mettre à courir sur le bar. Elle parcourut ainsi une dizaine de mètres, après avoir failli tomber deux fois du haut de ses talons, et sauta ensuite sur la scène. Ici, elle chuchota quelques mots au DJ qui ne put s'empêcher de rigoler et d'approuver vigoureusement, avant de sauter de nouveau sur une estrade, déjà occupée par une danseuse en petite tenue.

Ici, elle vira sans le moindre tact la danseuse qui s'avoua vaincue sans la moindre réplique. A cet instant, Grimmjow monta sur le bar pour mieux voir, et c'est avec stupeur qu'il vit le DJ arrêter la musique et crier dans son micro: «Eh, les gars, ça vous dit une nouvelle performance?»

A ces mots, les cris se mirent à fuser, les hurlements remplacèrent la musique, envahissant le club tout entier. En à peine quelques secondes, tous les regards s'étaient tournés de ce côté, au plus grand effroi de Grimmjow qui redoutait le pire. Du côté où avait disparu Orihime, l'obscurité s'intensifia, on n'y voyait plus rien. Et les craintes de notre bleuté préféré se réalisèrent. En effet, brutalement, un flot de lumière jaillit du plafond, et tous les projecteurs se braquèrent sur la sublime femme qui avait fait irruption sur le podium: Inoue Orihime.

Elle était debout, les jambes écartées à largeur du bassin, une main sur la hanche, l'autre dans les cheveux.

Un cri retentit: «Grimmjow, regarde-moi!»

[Mettre cette musique: watch?v=RQa7SvVCdZk Lady Marmelade]

Ou si vous préférez, un deuxième choix (se décider avant de commencer à lire): watch?v=RZuJ_OHBN78 Beyonce – Naughty girl]

Et là, la musique commença. Elle glissa sa main le long de son buste et l'a fit remonter sur sa poitrine, jusqu'à la passer sur sa lèvre inférieure. Elle regardait le public comme l'aurait fait une danseuse. Oui, Orihime Inoue semblait être devenue la femme avec le plus d'assurance en elle-même, c'était impressionnant. Et là, elle se lâcha. D'abord lentement, elle se mit à faire rouler son bassin sous les regards du public masculin qui était ébahi devant ce spectacle. Jouant avec ses mains, elle faisait durer l'attente, comme si elle avait fait ça toute sa vie. Elle se mit ensuite à quatre pattes et caressa la main d'un homme qui l'admirait, un peu plus bas. Puis, elle se releva et commença à soulever doucement son tee-shirt blanc, dévoilant petit à petit son ventre dessiné et le bas de son soutien gorge bleu marine. Elle tenta de le retirer, mais le tee-shirt était plus résistant que prévu et elle faillit laisser sa tête bloquée entre les tissus, ce qui aurait gâcher toute tentative de rester crédible. Alors elle usa de sa force phénoménale et déchira lentement le tissu, créant encore plus d'excitation au sein de l'assemblée. En voyant les atouts proéminents de la jeune femme, masqués par son soutien-gorge bleu marine des plus basiques qui soient, Grimmjow eut un hoquet de stupeur. Que devait-il faire? Rester et se délecter du spectacle insolite qui se déroulait sous ses yeux ou s'énerver, devenir fou et buter tous ceux qui avaient eut droit à cette vue? C'était évident, la première option était plus alléchante, mais il ne pouvait pas la laisser s'exhiber ainsi.

Cependant, le roulement de hanche de la rouquine l'obnubilait tant que le bleuté en oublia sa préoccupation première. La jeune femme se retourna et fit onduler son torse et son bassin, entraînant dans sa danse le magnifique dragon qui ornait sa colonne vertébrale. Elle marcha, fit claquer ses talons sur le sol lisse, s'accroupit au sol, remonta en caressant ses cuisses, tourna. A chaque pas qu'elle faisait, sa poitrine suivait le mouvement, hypnotisant jusqu'au dernier des hommes du bar.

Puis, la jeune femme eut une «merveilleuse» idée. Elle agrandit la fente de sa jupe de ses bras et attrapa la barre de pôle dance de sa main droite. Elle se mit à tourner autour, tout en jouant avec ses mains et son regard qui brillait de milles feux. Qui aurait pu penser qu'un jour, Inoue Orihime s'amuserait d'une telle manière? Qui aurait pu imaginer que la pudique rouquine avait en réalité toujours rêver faire quelque chose de ce style? C'était incroyable, inimaginable.

Et le pire, c'était qu'elle ne s'en tirait pas si mal. La force incommensurable qui habitait son corps et ses bras faisait qu'elle n'avait aucun mal à exécuter toutes sortes de positions. Elle faisait bouger son corps avec une facilité ahurissante, montait petit à petit dans les hauteurs du club. A au moins deux mètres du sol, elle souleva son corps et se mit à tourner autour de la barre, faisant bouger ses jambes dans tous les sens. La prestation et la souplesse de la jeune femme battaient tous les records. La foule masculine était en extase, et même les danseuses s'avouaient vaincues et admiraient le spectacle.

Orihime n'était peut-être pas parfaitement accordée au rythme, mais les figures qu'elle dévoilait étaient des plus incroyables, dignes des plus grandes danseuses du monde. Puis, comme poussée par une inspiration venue d'un autre monde, elle colla son dos à la barre, y enroula ses jambes et se cambra pour faire basculer son bassin du côté droit de la barre. Et là, elle se mit à tourner, tourner, tourner, jusqu'à ne plus rien voir de net. Lorsqu'elle posa un pied au sol, des applaudissements et cris d'admiration se mirent à retentir, mais la jeune femme n'en avait pas fini.

Elle s'éloigna de quelques mètres, et prit élan. Et là, elle courut sur une distance d'environ deux mètres avant d'attraper la barre en plein vol et de tourner autour. Poussée par son élan, elle se retrouva la tête en bas, les jambes en haut, jambes complètement dévoilées qu'elle écarta puis enroula autour de la barre.

Puis, elle attrapa la barre de ses deux mains et y posa également ses talons. Et là, elle écarta lentement ses jambes à un angle surprenant, ses talons glissant de part et d'autre de la barre, jusqu'à atteindre un grand écart phénoménal, aussi droit que l'était la barre.

Puis, elle rabattit le mollet qui se trouvait en haut, l'enroula autour de la barre et se mit à tourner, lâchant prise de ses bras. Là, elle défit d'une main son chignon, libérant sa tignasse rousse qui retrouva sa place. Elle tournait, les cheveux au vent, un immense sourire sur son visage illuminé, riant comme une enfant qui venait de découvrir le bonheur. Elle s'amusait, se sentait libre, et indépendante. Elle se sentait belle, aimée. Elle se sentait femme nouvelle. Elle faisait l'unanimité au sein du public qui n'avait d'yeux que pour elle, elle était devenue LA danseuse, l'attraction du club, et elle n'avait même pas remarqué qu'une bonne centaine de billets avaient été jetés sur l'estrade qu'elle occupait. Alors, par pur caprice féminin, elle continua. Elle ne dansait pas pour plaire et attirer les hommes, elle dansait pour elle-même, pour se faire plaisir. Et aussi, elle devait se l'avouer, pour impressionner Grimmjow.

«Voulez-vous coucher avec moi, ce soir?»

Elle voulait que celui-ci l'a voit comme une femme, une vraie de vraie, et pas comme la gentille Orihime, pudique, trop douce et naïve qui était coincée et n'avait aucun sex appeal. Mais ce qu'elle ne savait pas, c'était que oui, celui-ci avait adoré, et s'était délecté du spectacle. Mais maintenant, le bleuté en question avait pris sa décision, et il se dirigeait comme un fou-furieux vers l'estrade, poussant les hommes qui lui barraient le passage.

Soudain, la musique s'arrêta [Arrêtez-là si ce n'est pas déjà le cas], et la lumière revint. Orihime se retourna et fit face à la deuxième chose qu'elle n'avait pas prévu: la danseuse qu'elle avait viré de sa place revenait à la charge, avec de nouveaux vigiles, vigiles qui arrivaient en masse. Alors, lorsqu'une main ferme se posa sur sa jambe tendue en l'air, Orihime n'eut d'autre choix que de se poser au sol et écouter ce qu'on avait à lui dire. Mais pour la seconde fois de la soirée, elle n'écouta rien ou plutôt ne comprit rien et se sentit agressée par les quatre hommes baraqués qui la tiraient dans tous les sens. Paniquée, la rouquine n'entendait plus que les hurlements et huées de désapprobation du public. Sa tête tournait, elle n'y voyait plus rien. Elle aussi allait devenir folle.

Elle se mit à se débattre, sans réellement pouvoir faire quoi que ce soit, pour une raison qu'elle ignorait elle-même. L'agitation lui faisait perdre ses moyens, elle ne comprenait plus rien, elle était perdue. Puis soudain, elle reconnut la présence d'un être qu'elle connaissait très bien, et sembla reprendre ses esprits. Elle rouvrit les yeux et constata avec soulagement que cette fois-ci, Grimmjow avait volé à son secours. Ce dernier était d'ailleurs très énervé et on pouvait deviner aux marques sur ses poings qu'il avait déjà du faire un peu de ménage avant d'arriver jusqu'ici.

Et avant qu'elle n'eut le temps de comprendre ce qui se passait, Orihime tomba sur ses fesses et ne put constater que trop tard qu'une baston opposant son cher bleuté à quatre colosses de videurs avait démarrée. Les huées se transformèrent en encouragements, et de longues minutes durent s'écouler avant que la jeune femme ne puisse comprendre qu'ils encourageaient tous son ami. Grimmjow semblait encore plus énervé qu'il l'aurait été en temps normal, il semblait prêt à commettre un meurtre, sûrement à cause de l'alcool. Et contrairement à d'habitude, il ne mesurait pas sa force, ne réfléchissait pas aux emplacements de ses coups, ne cherchait pas à utiliser quelconque technique. Non, il frappait juste à pleine puissance, et cela suffisait largement.

Mais soudain, un cri perça et couvrit tous les autres bruits, alertant tous les membres du club: «C-C'est... La Police!»

A ces mots, Grimmjow s'arrêta l'espace d'un instant et considéra sa petite protégée qui était assise sur le sol, comme si elle ne comprenait que la moitié de ce qui était en train de se passer. En la voyant ainsi, telle une enfant inoffensive et sans défense, il ne put se résoudre à l'exposer à un tel danger. Alors, il prit une nouvelle décision et envoya un surpuissant coup au dernier vigile qui se retrouva K.O sur l'instant. Puis, en se retournant, il vit que le barman de toute à l'heure avait fait irruption sur l'estrade et avait relevé SON Orihime qui le regardait en souriant.

Encore plus énervé, Grimmjow se rapprocha d'eux, faisant trembler la scène à chaque pas. Mais il comprit ensuite, en se rapprochant, que celui-ci n'était venu que pour leur offrir une porte de sortie, un échappatoire à la police qui était visiblement venue pour eux. Bien qu'il ne voulut pas se l'avouer, le bleuté ne put s'empêcher de le remercier en son for intérieur même s'il affirmait vouloir le tuer. Alors, après avoir tiré de force Orihime qui se plaisait à embrasser le barman sur la joue, ils détalèrent de nouveau de ce second club, comme les deux voleurs qu'ils n'étaient pas (ou du moins ce soir).

Une dizaine de minutes après, ils étaient retournés au point de départ. Autrement dit, ils se baladaient, ou plutôt erraient comme des âmes en peine dans la rue, ne sachant ni où aller ni où ils se trouvaient. Et le comble du comble: Orihime ayant déchiré son tee-shirt, se trimballait maintenant la poitrine à l'air dans les quartiers brésiliens. Non qu'il fasse froid, mais les regards que les hommes portaient sur elle avait le don de rendre fou Grimmjow, et cette fois-ci, ce fut lui qui agressa verbalement ET physiquement plus d'une centaine d'hommes.

Puis, il eut une idée. (Vous noterez qu'il lui a fallu un temps énorme pour avoir cette illumination) Pour que plus personne ne puisse admirer ce qui «était sa propriété», selon lui, il attrapa Orihime et la mit sur son dos. Là, il lui ordonna de se coller à lui pour que sa poitrine ne soit plus visible et dévoilée au grand jour. La jeune femme s'exécuta, et en profita tout du long pour câliner son ami bleuté et l'embêter. Cependant, elle gigotait tant qu'elle finit par tomber violemment sur les fesses, poussant un gros cri plutôt effrayant qui semblait incompatible avec la voix douce qui était sienne. Croyant qu'elle s'était cassé un os ou autre, Grimmjow accourut, inquiet. Mais à peine s'approcha-t-il d'elle qu'elle releva brutalement la tête, se mit à quatre pattes, les membres tendus, retroussa sa lèvre et se mit à crier en détalant dans tous les sens.

Dubitatif, Grimmjow resta «sur le cul» et regarda son amie s'éloigner. Était-ce lui qui avait trop bu ou était-elle bien en train de se prendre pour un écureuil? Mais malheureusement pour lui, cela ne s'arrêta pas là. Une dizaine de minutes après, lorsqu'elle en eut marre de ne pas trouver une seule noisette dans le coin, elle reporta enfin son attention sur le bleuté qui pensait pourtant y échapper.

Elle se mit debout, se pencha sur le visage de son ami et le détailla comme si elle le voyait pour la première fois.

«Tu veux quoi?» Demanda-t-il, exaspéré.

Ne recevant pas de réponse, il soupira et s'éloigna. Mais alors, elle lui attrapa le poignet d'une main beaucoup plus ferme que prévue et lui ordonna:

«Tu es une panthère. Miaule.»

A ces mots, Grimmjow écarquilla ses yeux. Mais qu'est-ce qu'elle débitait comme conneries encore, celle-là? Elle commençait sérieusement à lui faire peur. Si c'était ça, il ne l'emmènerait plus jamais boire! Jamais! Quoi que... L'idée de la revoir en petite tenue en train de danser autour d'une barre de pôle dance était plutôt alléchante... Enfin.

Bien entendu, malgré les tentatives de notre jolie rouquine et ses démonstrations de félin, Grimmjow se refusa à jouer ce rôle, ce qui eut pour effet de faire bouder la concernée. Visiblement pas enclin à tenter de la faire changer d'avis, il soupira une énième fois et l'attrapa tel un sac à patates. Là, il la refit monter de force sur son dos et se remit à marcher.

«Plus vite, mon fidèle destrier!» Se mit à hurler la jeune femme qui s'attirait les regards de chacun des rares passants. Il fallait quand même préciser qu'il était entre cinq et six heures du matin, et qu'ils s'étaient énormément éloignés des quartiers festifs, qui vivaient la nuit.

Grimmjow et Orihime entrèrent ensuite chez un tatoueur, enfin ce fut plutôt Orihime qui entraîna Grimmjow. Effrayé par ce qui risquait d'arriver s'il le faisait, le bleuté ne lâchait pas la jeune femme d'une semelle et l'accompagnait à chaque centimètres qu'elle franchissait. Il fallait dire qu'elle était dans un état... Euh... Comment dire... Critique.

«Ojisan (viel homme/papy), cria-t-elle au tatoueur. Fais moi un dragon sur le front, s'tôplait!

- Ouais, c'est ça, rétorqua Grimmjow en lui assenant un coup sur la tête.

- Alors... Une vache? Proposa-t-elle innocemment.

- Non, aboya-t-il sèchement.

- Une licorne? Continua-t-elle, dans sa lancée.

- Non plus, rétorqua-t-il, glacial comme un iceberg.

- Un escargot? C'est bien ç-

- Ta gueule, lâcha-t-il.

- Je sais! Pourquoi pas un sanglier?»

Le vieux tatoueur d'une cinquantaine d'année les regardait depuis le début de la conversation, début depuis lequel il n'avait pas réussi à placer une parole. Il était maintenant plié de rire face à cet échange des plus étranges qui soient. D'un côté, Orihime, visiblement très saoule et avec une très grande imagination qui incarnait l'innocence même. De l'autre, le fort et viril Grimmjow, beaucoup moins pété -supportant mieux l'alcool- qui semblait à la fois blasé, agacé mais aussi très amusé et intéressé.

Puis, quand la rouquine, seins à l'air, cheveux en bataille et maquillage ruiné, se mit à hurler qu'elle était le Grand Dragon d'Ambre, invincible et surpuissant, des larmes de rire se mirent à rouler sur la peau quelque peu ridée du tatoueur, et même Grimmjow dut s'avouer vaincu et explosa. Elle se mit à pousser des cris, ou plutôt des hurlements machiavéliques, manquant par cinq fois de s'étouffer, jusqu'à ce que sa voix ne puisse plus s'élever à de tels niveaux.

Cependant, la jeune femme était bornée: elle voulait ab-so-lu-ment se faire tatouer le soir même. Malgré les insultes, les coups, les réprimandes et toutes autres tentatives de dissuasion de Grimmjow, elle restait sur sa position, plus têtue que jamais, à la Mugiwara no Luffy. Et quand Orihime voulait quelque chose -surtout quand elle avait bu-, elle pouvait aller jusqu'à user de sa force titanesque pour se faire entendre et s'imposer. Et au bout du compte, le bleuté dut céder et faire son possible pour trouver un terrain d'entente et éviter qu'elle ne se fasse coller un moustique géant sur la lèvre inférieure.

Ainsi, ils ressortirent tous deux avec un petit tatouage similaire sur leurs avant-bras: un tigre de profil, la tête levée vers un joli volatile, visiblement une colombe qui l'encadrait de ses ailes blanches. Pourquoi un tel tatouage? Et bien, simplement parce qu'Orihime avait soudainement semblé reprendre ses esprits, avait regardé Grimmjow, un sourire sincère sur le visage, avait fait cette proposition puis déclaré: «Orihime et Grimmjow».

Cela avait été comme un coup de massue dans la tête du bleuté. C'était quoi, ça? Il avait hésité, mais comment pouvait-il refuser et dire non? Malheureusement, le soudain retour d'esprit d'Orihime ne dura pas, et la seconde d'après, alors qu'il l'admirait de ses yeux bleus, elle se remit à délirer. Alors, il accepta et ils se retrouvèrent tous deux avec une trace ineffaçable -bien que riquiqui- de l'autre sous leur poignet droit. Puis, alors qu'il réfléchissait à cette brusque marque d'affection de la part de son amie, il la vit soudain en train de déchirer sa jupe grise, la transformant en une mini jupe lui arrivant mi-cuisses, et il dut user de son incroyable vitesse féline pour l'arrêter à temps, histoire qu'elle se finisse pas en culotte sur le trottoir.

Ils continuèrent ensuite leur excursion nocturne, sans but précis. Orihime avait également voulu faire de la chirurgie esthétique, mais là, son ami aux cheveux bleus avaient été catégorique, et aucune négociation n'avait été envisageable. La jeune femme laissait maintenant libre court à son hallucination, divaguant entre ses histoires d'extraterrestres, de lutins, de leprechauns et autres. Ils marchèrent ainsi pendant de longues minutes et Grimmjow avait beau espéré qu'elle s'endorme, la rouquine n'en faisait rien. Au contraire, plus le temps passait, plus elle gagnait en force, en connerie, et en énergie.

Puis, au bout d'un moment, ils arrivèrent à l'entrée d'un immense parc parsemé d'arbres géants, de végétations, de fleurs et de jeux. Grimmjow y entra et déposa son amie sur un banc, situé à une dizaine de mètres de l'entrée. Elle s'était légèrement calmée et avait maintenant arrêté de délirer comme une folle, ou presque.

«J'vais t'chercher de quoi boire et manger, annonça-t-il. Reste là et surtout fais pas d'conneries.»

Et sur ce, il lui tourna le dos. Mais à peine eut-il fait un pas qu'il sentit une petite main retenir la sienne. Il se retourna et considéra la rouquine, maintenant à quatre pattes sur le banc, qui s'approchait de lui. Une fois près de lui, elle se redressa pour s'élever à sa hauteur -enfin presque- et se colla à lui. Que faisait-elle, encore? Son expression d'habitude si innocente s'était transformée en un visage beaucoup plus... Séduisant, qui dévoilait clairement ses intentions.

Elle entoura la nuque du bleuté à l'aide de ses deux mains et s'approcha dangereusement de son visage.

«On peut savoir c'que tu fais? Demanda Grimmjow, qui n'avait pas haussé un sourcil.

- Ce que j'ai toujours voulu faire, susurra la rouquine à son oreille.»

Alors, la Panthèra du Hueco Mundo soupira pour la millième fois de la journée et la repoussa sur le banc, d'une manière que n'importe qui aurait jugée violente, mais qui ne l'était pas pour lui, pour eux. Oui, vous avez bien lu: Grimmjow Jaggerjack était bel et bien en train de refuser les avances d'une jolie Orihime. En réponse à son regard interrogateur et déçu, il lâcha: «T'es saoule, tu pus l'alcool, grosse.» Et il s'éloigna, les mains dans les poches.

Heureusement pour lui se trouvait non loin d'ici un distributeur automatique de boisson, dans la véranda d'un petit supermarché qui était visiblement sur le point de fermer ses portes. Il se dépêcha et arriva à temps pour acheter deux cafés et une barre chocolatée. La minute qui suivait, il faisait demi-tour et se dirigeait de nouveau vers le parc. Mais quand il franchit le portail de l'entrée, il vit sans difficultés qu'Orihime était saucissonnée entre deux hommes un peu plus vieux qu'elle qui lorgnaient sans honte ni discrétion sur ses seins découverts. Et celle-ci ne semblait pas gênée, au contraire, elle discutait avec eux et il put clairement deviner aux expressions des deux énergumènes qu'elle leur faisait toutes sortes de propositions comme elle l'avait fait tout au long de la nuit. Et quelle fut son horreur quand il vit l'un des deux commencer à caresser la cuisse de sa rouquine à lui.

Instantanément, Grimmjow ne put s'empêcher de broyer le verre qu'il portait dans sa main gauche, le faisant exploser. Il traversa la dizaine de mètres qui les séparait en une fraction de seconde et ne chercha pas à comprendre le pourquoi du comment. Prenant soin de ne pas renverser le café restant et la barre qu'il avait placé dans une de ses mains, il utilisa l'autre pour envoyer valser les deux vicieux, à coups de poing dans la tête.

Lorsqu'il eut fini, c'est-à-dire, une dizaine de secondes après, il attrapa Orihime par le col, la souleva du banc et lui cria au visage:

«Mais on peut savoir c'qui te passe par la tête, bordel de merde? T'es inconsciente ou quoi! Tu veux t'fair-»

Mais il s'arrêta soudainement et diminua son emprise quand il vit que celle-ci arborait une moue des plus tristes qui soient et avaient des larmes aux coins des yeux. Alors, il la lâcha et se passa la main dans les cheveux. Il avait bu lui aussi, et était assez fatigué comme ça. Si elle continuait ainsi, il n'allait pas tenir très longtemps.

Mais alors qu'il pensait à un moyen de l'empêcher de recommencer, la concernée se mit à brailler comme une gamine de six ans:

«POURQUOI PERSONNE VEUT D'MOIIII? CHUI' MOCHE, C'EST CA? BOUHOUHOUUU!»

Son cirque dura de longues minutes, sous les yeux bleus d'un Grimmjow au bout du rouleau, qui ne savait ni quoi faire ni quoi penser. Puis, soudain, elle s'agrippa au haut du jeune homme et se rapprocha de lui, implorante, les yeux emplis d'espoir:

«Tu voudrais bien me marier, toi?

- H-Hein?»

Son ami la regarda durant quelques secondes, secondes qui parurent durer une éternité. Ses yeux gris brillaient de mille feux, son visage était illuminé, la lune se reflétait sur ses cheveux roux et soyeux. Ce qu'elle était belle. Se rendant soudainement compte de la situation et de ses paroles, il se retourna, se passa les mains sur le visage et se frotta les yeux. Il n'était plus exaspéré, non, il était tout bonnement choqué. Il avait beau savoir qu'elle était saoule et toute retournée, une telle demande ne pouvait pas le laisser indifférent.

Il resta ainsi une trentaine de secondes, prenant sur lui pour ne pas exploser, lui sauter dessus et la faire sienne. Il devait garder son calme. Ce qu'elle était chiante, bordel! Lui faire perdre son contrôle, comme ça. Puis, lorsqu'il retrouva ses esprits, il se retourna de nouveau, mais se retrouva avec stupeur en face d'un banc, vide. Effrayé à l'idée qu'elle ait disparu, il tourna sur lui-même une bonne dizaine de fois, détaillant chaque recoin de son champ visuel. Il la vit ensuite, en train de grimper dans l'arbre le plus haut de tout le parc, se comportant comme un singe.

Grimmjow crut devenir fou, et il dut fournir de gros efforts pour ne pas craquer et se cogner la tête contre le sol. Il s'approcha du tronc sans se dépêcher, se contrôlant du mieux qu'il le pouvait et lui cria de descendre. Mais évidemment, celle-ci ne s'exécuta pas, comme on pouvait s'y attendre. Elle avait vraiment décidé de lui pourrir la vie, ce soir. C'est vrai que sinon, cela n'aurait pas été drôle. Il usa de tous les moyens qu'il possédait pour la faire revenir sur la terre ferme: il lui affirma voir sa culotte, l'insulta, frappa l'arbre, mais rien ne marchait.

Alors, étant donné qu'elle s'apprêtait à disparaître sous les feuilles, il se décida à la rejoindre et commença à grimper à son tour, laissant le café et la barre chocolatée en bas. Et il ne la trouva qu'en arrivant sur la plus grosse branche, l'une des seules assez hautes et costauds pour pouvoir supporter leurs deux poids. Elle était simplement assise, les jambes dans le vide, les yeux admirant l'horizon. Elle avait les cheveux au vent, un petit sourire sur le visage face à ce magnifique lever de soleil qui allait démarrer.

Tant le spectacle était joli, il perdit ses mots et toute envie de la réprimander. Il s'approcha silencieusement d'elle et s'assit à ses côtés, dans la même position. D'ici, ils voyaient tout. C'était incroyable, ils avaient une vue imprenable sur la ville et l'horizon. L'arbre surplombait les quartiers aux alentours, ils étaient comme au sommet d'une très haute tour. Le vent caressait doucement leur visage, les rafraîchissant. Le silence n'était perturbé que par le fin bruissement des feuilles et les rires des groupes de gens qui passaient par moment.

Ils étaient là, l'un à côté de l'autre, obnubilés par l'incroyable couleur du ciel qui prenait un teint orangé grâce au soleil qui n'allait pas tarder à faire son apparition.

«Qu'est-ce que c'est joli, chuchota-t-elle.

- Ouais...»

Mais à cet instant, un rire typiquement féminin vint attirer leur attention. Comme un seul homme, ils se retournèrent et considérèrent les deux jeunes gens au coin d'une ruelle, qui alternaient entre rires et baisers. Main dans la main, ils marchaient et se regardaient amoureusement. Puis ils s'embrassèrent une dernière fois avant d'entrer dans l'hôtel qui leur faisait face.

Sans réellement savoir pourquoi, Grimmjow regarda ensuite Orihime. Celle-ci avait encore les yeux rivés sur l'emplacement récent du jeune couple quelques secondes auparavant, un sourire triste étirant ses lèvres. Elle avait les yeux brillants qui vrillaient quelques peu, et cherchait tant bien que mal à masquer sa tristesse sous un masque qui était rendu beaucoup plus visible par l'alcool. Depuis petite, Orihime n'avait jamais aspiré à rien de plus que de vivre l'amour parfait, mais le destin en avait décidé autrement pour elle.

En la voyant ainsi, Grimmjow se sentit soudainement moins bien et il fit un geste que jamais elle, et même lui, n'aurait cru possible. Il passa un bras autour de son épaule, l'attira à lui et la prit dans ses bras, sans dire un mot. La rouquine se laissa faire, bien que surprise. L'odeur de son ami envahit ses narines, et elle se sentit soudainement apaisée, contre son torse. Il n'était peut-être pas réputé pour sa délicatesse et ses manières de faire, mais il était toujours là quand il était demandé, quand elle était mal, et ça, Orihime ne l'en remercierait jamais assez.

Alors, elle attrapa sa main, mêla ses doigts aux siens et ferma les yeux, le remerciant silencieusement. Peut-être l'avait-elle trouvé, au bout du compte.

«Tu sais, Grimmjow, chuchota-t-elle avant de tomber dans les bras de Morphée. T'es l'gars parfait, quand tu veux...»

*Retour à la réalité*

«Puis, j'tai porté jusqu'à cet hôtel, et voilà».

Grimmjow Jaggerjack venait de terminer son long récit, contant ainsi la totalité de la soirée tumultueuse de son amie, Inoue Orihime, et la sienne, en passant. Cette dernière le regardait avec de grands yeux surpris, visiblement sur le point d'éclater de rire. Et ce fut ce qu'elle fit. Elle explosa, après s'être retenue tout le long du roman que lui avait étalé le bleuté.

«J'ai... J'ai vraiment fait tout ça? Demanda-t-elle, les larmes aux yeux. En une soirée?

- Et ouais, répondit-il en rigolant à son tour, j'tai jamais vu comme ça.

- Oh mon Dieu, souffla-t-elle, des crampes au ventre. J'en reviens pas!

- J'en reviens pas non plus, répondit-il. On peut vraiment dire que c'était la cuite... La cuite du siècle.»