Hellow ~ voici le neuvième chapitre ! J'ai vraiment aimé écrire ce chapitre, et les suivants, j'espère que vous les aimerez autant que les autres ! Ah oui, si jamais vous avez une idée de scène entre Jirou et Haruna que vous voudriez voir incluse dans l'histoire, j'en serai ravie dans la mesure du possible ^o^
Assez papoté, bonne lecture !
Haruna sursauta légèrement. Une petite exclamation de surprise lui échappa avant qu'elle ne râle.
- Ran ! Tu sais le temps que j'ai attendu ? Plus d'une demi-heure ! Rho la la... Heu... tes mains, s'il te plait ?
Jirou esquissa un plus grand sourire, franchement amusé par l'attitude de la jeune femme. Il l'a trouvait... adorable. Lorsqu'elle posa ses doigts sur les poignets bronzés du jeune homme, elle commença à douter de l'identité de la personne au dessus d'elle.
Jirou retira ses mains, et lorsque ses longues mèches argentées entrèrent dans son champ de vision, elle se releva à toute vitesse et se raidit. Sakuma laissa échapper un léger rire qui lui laissa une étrange impression. Gênée comme tout, elle s'inclina en s'excusant. Haruna se calma et le regarda tout simplement. Il était vraiment...
- Beau...
- Hum ?
- Non, je... j'ai juste pensé... que... Enfin, qu'est-ce que tu fais là ?
- J'suis ton chauffeur ce soir.
Le discret sourire qui suivit cette déclaration fit presque fondre Haruna. Elle se força à rester calme, même si en son for intérieur, le chaos commençait à s'installer.
- Comment ça ? Je suis avec Ran normalement, qu'est-ce que tu dis ?
- Bah... j'étais au centre, elle m'a vu et on a discuté un moment avant qu'elle s'en aille. « Imprévu de dernière minute ». Le devoir, ou plutôt le boulot, l'a appelé, c'est ce qu'elle m'a dit.
- Elle n'aurait pas pu me prévenir ? J'y crois pas... Et donc, elle t'as aussi demandé de... me reconduire chez moi ?
- Ouais.
Son air totalement détaché provoqua un rire de sa part. Rangeant dans un coin de son esprit le fait d'enguirlander son amie, elle se contenta de hocher la tête en s'excusant du dérangement. Jirou, secoua une main devant lui, lui faisant signe que ça ne le dérangeait pas vraiment.
- Hm... tout ça, c'est... à qui ?
C'est mon shopping ! s'exclama l'Otonashi, amusée de la tête que tirait le meilleur ami de son frère. T'inquiètes pas, je porterai moi-même mes affaires, précisa-t-elle en roulant des yeux devant le mutisme soudain du jeune homme.
...
Haruna regardait en biais Jirou, une main sur le volant, l'autre tantôt sur le levier de vitesse, tantôt dans ses cheveux. La vue était sexy, la jeune femme devait le reconnaître. Son regard se perdit dans sa énième contemplation de ses longs cheveux argentés. Elle ne comprenait pas comment on pouvait persister à le trouver androgyne à son âge. Il était déjà presqu'à la moitié de sa vingtaine et ses traits s'étaient déjà affermis et durcis. Il était juste tout à fait viril, dans son caractère comme sa manière d'agir.
Elle pensa lors à la scène qu'il lui avait faite un peu plus tôt. Après qu'elle ait affirmé pouvoir porter ses sacs, l'air toujours aussi détaché, Jirou les avait tous porté sans un mot, si ce n'est « porte juste ton sac à main, je gère le reste ». Il lui avait ouvert sa portière, déposé ses achats dans le coffre et était finalement pris place face au volant. Cette démonstration lui avait vraiment plu. Haruna avait appris que Sakuma pouvait se montrer galant, quand il voulait.
- Qu'est-ce tu fixes comme ça ?
Il n'avait pas parlé méchamment, mais pas extrêmement délicatement non plus. Il était juste lui-même, quoi. Haruna soupira en se concentrant sur son téléphone. Peu importe les quelques aspects positifs et charmants qu'il révélait, sa vraie nature refaisait toujours surface à un moment ou un autre.
- Rien...
Sakuma lui lança un coup d'œil, se demandant ce qui clochait avec elle. Elle avait l'air...
- Blasée.
- Pardon ?
- T'as l'air vraiment blasée. Ça n'te va pas, c'est mon rôle.
- Toi alors.
Haruna esquissa un discret sourire. Comment pouvait-il remarquer un si petit détail, avec sa visibilité quand même considérablement réduite par la conduite ? Il l'impressionnait toujours autant. (D'ailleurs, elle se demanda pourquoi il portait des lunettes de soleil... une lubie ?) Une dizaine de minutes plus tard, ils arrivaient devant chez elle. Jirou l'aida à prendre ses affaires avant de s'appuyer sur une portière, les bras croisés. Haruna le remercia encore une fois en avançant lentement. Elle savait qu'il attendrait qu'elle soit bel et bien rentrée pour s'en aller. Elle s'arrêta progressivement et fit volte-face.
- Sakuma-san... commença-t-elle avec hésitation, elle l'appelait très rarement par son nom. Tu peux monter prendre ou boire quelque chose. J'veux dire, tu m'as raccompagnée alors que t'avais sûrement autre chose à faire même si tu m'affirmes le contraire et... enfin, juste pour te rendre en quelque sorte la pareille. Mais je ne te force pas même si ça me ferait plaisir que tu acceptes et... et... Ah, excuse-moi...!
Haruna se maudit instantanément. Elle était partie en vrille et avait bafouillée plus que jamais. Elle n'avait jamais invité un homme chez elle, mis-à-part son frère et elle ne savait pas si c'était inapproprié ou non. Elle souhaitait sincèrement juste remercier le jeune homme pour son geste, sans aucune arrière-pensée, et en réalisant que sa proposition pouvait porter à confusion, elle s'était sentie assez gênée. Elle se frappa discrètement la tête en évitant son regard.
Pourtant, contrairement à ce qu'elle pensait, Jirou était juste amusé, peut-être « attendri » par cette scène. C'était juste marrant de voir la jeune femme, habituellement plutôt sûre d'elle et décontractée, être si sensible et gênée ce soir, pour une raison qu'il ignorait totalement. Il haussa des épaules, acceptant avec un petit « hum » son invitation.
- Pourquoi pas.
La jeune femme aux cheveux bleus releva le regard vers lui et fut agréablement surprise de n'y voir aucune trace d'un quelconque malentendu, de méfiance ou de rejet. Elle sourit en soupirant, se débarrassant de son précédent embarras.
...
Jirou laissait son regard se balader à travers la pièce. Incroyablement bien décorée, il devait le reconnaître. Haruna avait introduit sa touche personnelle un peu partout, ce qui donnait un résultat très agréable. Il s'installa de lui-même sur le canapé d'angle et s'autorisa à observer les quelques tableaux accrochés aux murs.
Haruna, dans la cuisine, stressait sur d'insignifiantes choses. Boisson ou thé ? C'était dans l'immédiat une question existentielle pour la petite demoiselle. Une boisson ou un soda, un truc bien sucré comme il aimait ou faudrait-il opter pour quelque chose de plus traditionnel ? Ah, elle ne s'en sortirait jamais ! Elle ne comprenait même pas pourquoi elle était si nerveuse. C'était. Juste. L'ami. De. Son. Frère. Bordel.
Ah, et voilà qu'elle se mettait à jurer comme lui...
Haruna se ressaisit et prit la décision la plus simple : lui demander, tout simplement.
- Heu, Sakuma-san... Préférerais-tu du thé ou un soda ?
- Hn... Peu importe.
- Tu m'aides pas ! S'écria-t-elle accidentellement, elle était censée seulement le penser.
- Ah ah ah, désolé, va pour un soda.
La jeune femme se reprit et déposa un soda tout frais devant Jirou qui l'accueillit avec un sourire. Quelques minutes passèrent dans le silence, seulement interrompu par la télévision en fond sonore. Haruna, ayant instauré une distance d'environ deux mètres entre eux, ne savait quoi faire. Et ça l'énervait totalement. Elle ne comprenait pas pourquoi elle perdait aussi vite ses moyens, c'était vachement frustrant à la fin. Extérieurement, elle semblait ne rien éprouver, seul son pied tapotant inlassablement le tapis à fins poils témoignait de sa nervosité.
Jirou avait capté son tic depuis le centre commercial, à vrai dire. Il ne comprenait pas trop pourquoi elle était si nerveuse en sa présence. Il préféra passer à autre chose.
- Ces tableaux... tu les as peints ?
- Heu, oui, exact. Comment as-tu deviné ?
- J'ai dis ça au hasard.
Haruna roula des yeux devant son honnêteté.
- Mais ils sont beaux, vraiment, ajouta-t-il, certes sans expressions mais avec sincérité.
- Merci beaucoup, je... la majorité de mon entourage les trouvent incompréhensibles.
- À cause de ?
- De certains symboles et de références, du choix des couleurs... Ça les dépasse probablement.
Jirou hocha simplement la tête, sans plus se prononcer. Il soupira instinctivement lorsque le nom de son frère fut évoqué, sans s'y attendre. Il regarda Haruna, qui fut étonnée par sa réaction. Elle avait juste dit que seuls Ran, Yuuto, lui et quelques autres personnes les appréciaient. Qu'est-ce... qui l'avait dérangé ? La professeure d'arts avait décidé de ne pas s'attarder dessus et était passé à autre chose, prenant des nouvelles de Rin. Alors que Jirou s'apprêtait à lui répondre, le téléphone de la jeune femme sonna. Elle s'excusa et répondit.
...
- Haruna, tu vas bien ?
- Oh c'est toi ! Oui, très bien, et toi ?
La conversation dura deux petites minutes. Prendre des nouvelles de sa sœur, c'était tout ce que Yuuto avait trouvé pour s'occuper l'esprit. Le malentendu avec Jirou datait d'exactement cinq jours. Il ne comptait plus les appels manqués, les messages, parfois lus, d'autres fois non mais toujours sans réponse. À Teikoku, lors des entrainements ils se parlaient pour le travail seulement, Sakuma refusant toute discussion sortant du cadre professionnel.
Un vrai gamin...
Il était chiant quand il boudait, sérieux. Il se comportait peut-être en gamin, mais Yuuto comprenait pourquoi. Il n'avait pas réfléchi et il regrettait ses mots. Ce... n'était pas ce qu'il sous-entendait lorsqu'il disait que seule Ran pouvait l'aider. Et il ne pouvait pas non plus lui expliquer. Il n'avait pas prévu ce genre d'éventualité.
N'empêche, cela faisait combien d'années qu'ils ne s'étaient pas vraiment « disputés » ? Trois, quatre ans ? Cette situation le dérangeait fortement. Il était son meilleur ami. Savoir qu'il lui en voulait le rendait très mal à l'aise. Il devait régler ça rapidement. Yuuto saisit une nouvelle fois son téléphone.
- Hum ?
- Genda ? C'est Yuuto. J'ai... besoin de toi. C'est à propos de Jirou.
Alors, comment c'était ? N'hésitez pas à laisser vos avis, ils me rendent toute heureuse ^^
À la semaine prochaine, chu ~
