Hellow there ~ voici le dixième chapitre, n'hésitez pas à laisser des reviews ^o^
Sakuma termina son soda et sorti une sucette de sa poche. Il allait la déballer quand, pour la seconde fois en deux minutes, le prénom de Yuuto fut cité. Il soupira une nouvelle fois en murmurant des choses –ou des insultes, c'est au choix– intelligibles à son égard avant de la ranger, lassé. Il détestait vraiment cette situation. Peut-être bien qu'au final, il s'était un peu emporté et aurait plutôt dû écouter ses explications. Mais non, au lieu de ça, il avait préféré se barrer sur un élan de colère, sûrement injustifiée d'ailleurs.
- Sakuma-san... ? Tu... T'es en train de déformer ta... canette...
Il n'avait même pas remarqué ce détail. Il s'excusa vaguement en la reposant sur la table basse. Son silence interpella davantage Haruna qui posa une main sur son épaule, chose qu'elle n'ait jamais faite. Il posa son œil doré sur elle. Une lueur dans celui-ci le rendait... inquiétant.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? J'ai fait une boulette ?
- Non, qu'est-ce que tu t'imagines.
- Alors... qu'est-ce qui a bien pu se produire entre mon frère et toi ?
Bingo. Haruna sut qu'elle avait visé dans le mille lorsqu'il lâcha un gentil juron –oui, gentil, elle avait entendu bien, bien pire de sa bouche dernièrement. Jirou pesa le pour et le contre. Devait-il lui dire quoi que ce soit ? Pourquoi pas, après tout, il commençait à lui accorder sa confiance...
- J'ai le droit de te mentir un peu ?
- Jamais, répliqua-t-elle avec le sourire, amusée.
- J'me suis... légèrement disputé avec ton frère ?
- Me pose pas la question, j'en sais rien, rit-elle avant de reprendre un semblant de sérieux. Cependant, c'est lui que j'ai eu au téléphone à l'instant et il n'a pas l'air bien. Donc, je suppose que ce n'est pas qu'une « légère dispute », je me trompe ?
- Ta perspicacité va me causer des ennuis, j'le sens...
Il eut un discret sourire avant d'appuyer son dos contre le dossier du canapé et de commencer à se tripoter une mèche de cheveux.
- Il y a... presqu'une semaine, j'ai été chez lui et il parlait au téléphone. J'ai attendu qu'il finisse et chose faite, j'lui ai demandé pourquoi il m'avait fait venir et pourquoi il n'était pas à l'entraînement ce jour-là. Il m'a pas juste répondu que la personne avec qui il parlait était son empêchement, il m'a aussi balancé dans le plus grand des calmes qu'elle était, je cite, « la personne la plus apte » à le soutenir dans son projet et ainsi de suite. J'l'ai eu mauvaise. J'me suis énervé et lui ais dit des choses pas très gentilles.
- Hum... En tant que meilleur ami, c'est harsh. J'veux dire, j'suis déçue du choix des mots de Yuuto, il... pouvait beaucoup mieux les sélectionner.
- C'aurait rien changé au fait qu'au final, ça aurait voulu dire la même chose. C'est pas en saupoudrant ses propos que j'me serais mieux senti. Je déteste ce sucre-là.
- C'était joli comme métaphore.
Le rire de la jeune femme le détendit un peu.
- N'empêche que tu as raison sur ce point. Ceci dit ! ajouta-t-elle en levant un doigt. Ça se trouve que cette dispute est entièrement basée sur un malentendu. Je connais quand même mon frère. Je devine bien qu'il peut manquer de délicatesse avec toi parfois mais il ne te balancerait ô grand jamais une chose pareille. Vous vous êtes sûrement mépris.
- Donc, tu suggères ?
- Tu dois aller le voir et vous devez mettre les choses au clair. Aucune négociation possible ! s'exaspéra-t-elle en levant les yeux au plafond lorsqu'il afficha une moue.
- D'accord, je le ferai, Son Excellence Mademoiselle Otonashi Haruna.
La susnommée esquissa un sourire victorieux, contente de l'avoir convaincu, quoiqu'un peu forcé, à aller voir son frère. De meilleurs amis ne devraient pas avoir à être en mauvais terme si longtemps. Non, non. Elle n'avait pas remarqué qu'elle était à présent sur ses genoux et plus qu'à une trentaine de centimètres de lui. Elle s'était juste naturellement rapprochée de lui en discutant.
- Oh, du coup on a été coupé. Comment va Rin, et Nadeshiko aussi ? Elle m'a dit qu'elle était enceinte !
- Bah... Ils se portent comme des charmes. Rin est toujours insolent, turbulent et en mode pile électrique –faudrait d'ailleurs que je cherche un moyen de l'arrêter, et Nashiko-nee me traite toujours en esclave. Comme d'habitude. Quoi, qu'est-ce qui te fait rire encore ?
- Tu t'entends parler parfois, franchement ? En plus d'être blasé t'as un humour vraiment noir !
Jirou ne put retenir un sourire en l'entendant rire et s'agiter. Elle faisait partie de ces personnes qui rigolent en gesticulant. En l'occurrence, une main s'était logée sur son épaule et sa tête reposait presque sur son bras par moment. Il n'aimait d'ordinaire pas les contacts physiques mais il ne disait rien, puisque ça ne le dérangeait pas. Ils discutèrent encore un long moment avant que Sakuma ne bâille. Il était bientôt vingt-deux heures, voilà pourquoi il était fatigué. Bien qu'il le soit en permanence.
- T'as sommeil ? Je te congédie, tu peux rentrer.
- Oh, j'savais pas que j'étais ton captif.
Elle roula des yeux, comme elle le faisait à chaque fois qu'il lui sortait une réplique farfelue.
- C'est ça.
Jirou remit ses chaussures et ouvrit la porte, posant une main sur sa bouche quand un nouveau bâillement menaça de s'en échapper. Haruna accouru dans la cuisine et lui amena un petit sac.
- Sakuma-san ! Tu oublies tes sucreries !
- Hum ? Oh ça.
Il prit une tablette de chocolat, l'ouvrit et croqua dedans sous les yeux mi-blasés, mi-choqués de la jeune femme.
- Cadeau, garde le reste.
Heu... stop. Stop, stop, stop, stop. Sakuma Jirou lui offrait ses friandises ? Pour être étonnée, elle l'était. Abasourdie, elle balbutia de faibles remerciements à son endroit.
- Ne fait pas de cauchemars, souffla-t-il en lançant son index et son majeur collés en signe de salutation en tournant les talons.
= Bonne nuit, traduit Haruna pour elle-même. Elle lui retourna l'intention et referma la porte. Elle débarrassa la table, fit rapidement le ménage, prit une petite douche et décida qu'elle rangerait ses nouvelles acquisitions le lendemain.
Haruna se coucha, un caramel en bouche. Elle avait passé facilement deux heures avec Jirou. Il était vachement sympa, elle le reconnaissait officiellement. Et puis, c'était la première fois qu'ils passaient autant de temps seuls, quand elle y réfléchissait bien. Elle avait réussi à lui tirer quelques infos sur lui –couleur, artistes, genre de films, musiques et friandises préférés, famille, même sur son boulot, car c'était toujours utile. Haruna attrapa un second caramel et le fixa. Par contre, il ne lui avait rien dit par rapport à son œil. Toujours couvert par son cache-œil noir... Était-il borgne ou pas ? Elle n'avait jamais osé lui demander.
Haruna soupira en le posant la confiserie sur sa langue. Ces caramels étaient vachement bons.
Alors ? À partir de là, les choses vont s'accélérer, j'en ai aussi marre que ça traîne en longueur ^^
À la semaine pro !
