Abysses
L'obscurité la plus totale. Le monde, semble ensevelit par les ombres, mais peut-on seulement appeler ça des ombres ? Cet endroit est une absence absolu de lumière, celui-ci est de ce fait plus semblable au néant, qu'aux ombres. Il semble que je sois dans ce qui correspondrait à un liquide, ce goût salé doit être celui de la mer, ou pour être plus exact celui de l'océan.
Mon regard se perd dans les ténèbres, il semble ne pas y avoir de sortie, ni même de fond ou encore de vie. Les fondamentaux tels que le Nord, le Sud ou encore l'Est ou l'Ouest s'avèrent inexistant en ce lieu. Les questions qui me viennent sont alors les suivantes : Suis-je, en vie? Rêves-je ? Que fais-je, ici ? Et si je me trouve en plein océan, pourquoi ne me suis-je toujours pas noyé ? Me reste-t-il encore des réserves d'oxygène qui pendant que je pense, ne font que s'amoindrir ?
Je suis dans l'incapacité, de répondre à mes propres questions, cela en est presque pathétique. Il m'est nécessaire de d'abord recouvrir mon calme. Il faut que j'essaye de quitter cette position allongée et que j'arrive à me repositionner de sorte à pouvoir à me propulser au plus loin, de ce chaos, comparable en bien des points, à l'enfer.
Mon seul objectif est de me diriger vers la lumière, car je le sais, si je reste encore un peu dans ces abysses, ce ne sera non pas, ma quantité d'air qui me fera tomber, mais bien ma folie qui me lacérera tout mon être. Les secondes me semble être des minutes, les quelques minutes sont semblables à une éternité. Mon subconscient, me met en garde et me supplie de remonter respirer. Alors je nage dans ce néant, où seul le silence est maître des lieux. Je nage jusqu'à l'épuisement et pourtant ma situation ne semble pas s'améliorer. L'absence de tous êtres, m'oppresse bien plus que ce dont je pouvais me douter. A ce moment-là, le désarroi m'emporte et me souffle dans l'oreille que ma solitude est synonyme de mort, et que ce chaos sera mon tombeau. Quand mon oxygène commence, à s'amoindrir de façon dangereuse, je crois percevoir une lueur minuscule. Une lueur d'espoir, qui plus, je la contemple plus elle paraît s'intensifier.
A la vue de ceci, je nage à une telle vitesse. A ce moment précis, le dicton qui dit que la peur donne des ailes, s'applique lui aussi pour l'espoir. Je touche au but, je tourne la tête et les abysses sont bien derrières moi. Devant moi se dresse la faible lumière de la lune, la surface m'attend. Il ne doit même pas rester un mètre qui me sépare de ma liberté. Je tends le bras pour toucher l'air de l'extérieur au plus vite. Je sens l'air frais sur mes deux doigts qui dépassent, ce sentiment est presque jouissif. Je désire tant crier, je suis libre !
Mais là, ce qui se produit je ne le comprends plus. Pourquoi maintenant ?!
Non !
Mon quota d'air est épuisé, mes poumons sont entrain de se remplir d'eau. Mais pourquoi ?! J'avais gagné ma liberté, je méritais de vivre ! Pourquoi dois-je périr, alors que je suis si prêt du but ! ? Mon corps devenu lourd, coule. Je quitte peu à peu la clarté de la lune, ma vue se brouille. Les abîmes obscures semble m'attraper, ma vie me quitte, mes yeux se ferment.
Je suis mort.
