Éternité

Une lueur d'espoir, mon sourire se fane.

Il est tout bonnement inutile, de songer ne serait-ce qu'à la simple idée, que ce concept abstrait nommé "espoir" puisse exister.

Tout ceci est risible.

Je le sais et pourtant quand je sens, ce vent frais, rempli de liberté me chatouiller la joue, je ne puis retenir un sanglot. Mon corps ainsi que mon cœur me hurle d'y croire et de saisir cette opportunité alléchante, cependant ma raison, comme toujours m'en empêche.

Que faire ?

Chaque jour qui passe dans cet enfer, me fait un peu plus me rendre à l'évidence, je suis prisonnier.

Je perds peu à peu mon identité.

La seule accroche qui me reste est ma raison, qui me supplie de cesser de m'enflammer à la moindre occasion d'évasion. Mon subconscient, me hurle de ne plus me faire d'illusion, de regarder la vérité en face. Mais c'est ainsi, quitte à être rongé par la folie, quitte à être submergé par mes propres démons !

Je veux tenter, je veux me battre, je veux de nouveau goûter à la liberté !

Je veux pouvoir sentir sur ma peau, la délicate caresse du vent.

Je souhaite sentir, les rayons chauds du Soleil majestueux, je désire contempler de nouveau l'astre froid, la lune.

J'aimerais pouvoir de nouveau ressentir les bienfaits d'une pluie purifiante sur mon corps.

Mais cela, m'est interdit, cependant je ne puis me résigner à mourir ici !


Le temps poursuit de nouveau sa folle course.

J'ai vu défiler tant de saisons, que je suis dans l'incapacité la plus totale de dire, depuis combien de temps je suis reclus dans cet endroit.

Tout semble me quitter, je suis devenu spectateur de ma propre vie. Le poids des années m'aura mené, à perdre mon intégrité, n'est-ce pas misérable ?

Je ne parviens même plus à me rappeler qui je suis, et pourquoi je me suis retrouvé dans cette situation. Mon esprit a fini lui aussi par succomber, j'ai arrêté de réfléchir. Ironique, quand on sait, que la seule liberté qui m'est accordée est de penser.

Mon regard se pose inlassablement, sur les chrysanthèmes rouges qui poussent chaque année de nouveau, et qui chaque année flétrissent à la venue, du grand froid.

Je me lève, je vais cueillir une de ces si belles fleurs. Je m'allonge face sur le sol, je la garde dans ma main, je ferme les yeux. J'attends que la faucheuse dans son habit blanc glacé, vienne me faucher cette nuit.

Ainsi comme cette rareté, symbole d'éternité, je pourrai peut-être jouir du privilège, de renaître de nouveau.