Guerrier

Je suis un homme, qui n'a connu que la guerre. Avant même de naître, j'étais destiné à tuer. On m'a raconté, que je suis né dans le sang. Que ce jour où j'ai ouvert les yeux sur le monde, ce n'est pas ma mère qui m'a accueilli, mais une pluie ensanglantée. Celle-ci a laissé son dernier souffle de vie dans cet accouchement. Mon père quand à lui, m'a recueilli mais a finit par se laisser tenter par son vice, l'alcool. A l'âge de quatre ans, seul et désarmé, j'ai décidé d'en finir avec cette vie. J'ai alors pris la dague familial, que mon père aurait dû me remettre, pour me poignarder le ventre. Par chance ou lâcheté, ma main à déviée et m'a seulement sectionné un bout de chair. J'avais gagné le droit de vivre. Cette cicatrice sur mon flanc gauche, en était la preuve.


Après, cela j'ai passé ma vie à me consacrer à l'épée. Je chassais et volais, ce dont j'avais besoin. En soit, une vie de vagabond, mais une vie. Un jour lors de mes douze ans, je me suis inscrit à des combats à mort. La politique de ces-derniers me plaisait, c'était quitte ou double, vivre ou mourir, tout gagner ou tout perdre. Quelques fois avant d'infliger le coup fatal, on demandait au perdant, s'il préférait perdre la vie ou perdre quelque chose d'équivalent à celle-ci, aux yeux des jurés. Une fois un homme riche, a imploré pour sa vie, et a donc perdu toute sa fortune. Une autre fois, un homme de charme a lui aussi voulu participer, mais celui-ci a refusé de succomber à ses blessures. Ainsi, ils lui ont fait perdre son intégrité en le faisant ressembler à un gueux.

Je n'ai jamais perdu un seul combat, peut-être car je n'avais rien à perdre, hormis la vie ? En seulement un an, je suis devenu le champion de l'arène, j'ai pu jouir de ce statut, en demandant l'arme que je souhaitais avoir. Je demanda deux cimeterres. Avec ces sabres jumeaux, je décida de m'engager dans l'armée pour libérer les terres de mon pays prisent par l'assaut sauvage et violent de notre ennemi.

Je combattu avec la rage de vaincre, tel un fauve qu'on aurait trop longtemps enchaîné.

Mon entourage était effrayé, non pas par ma puissance dévastatrice, mais par la lueur de folie qui venait à chaque coup d'épée. J'ai finit par être isolé, je n'étais plus qu'une machine de guerre. Moi qui avais donné, mon cœur pour défendre ma patrie bien aimé, je suis devenu un être détestait. Souvent, j'entendais des confrères de mon ancienne escouade dire : Voilà, ce qui arrive quand on décide de sacrifier son humanité.

Et puis un jour lors de mes seize ans, je suis tombé amoureux.

Je ne savais pas qui elle était, ni même quel était son nom. Et pourtant à chaque fois que je la regardais, je sentais comme une décharge dans tout mon être, c'était plaisant. J'avais dès lors deux objectifs : éradiquer mes ennemis et savoir qui elle était.


Une nuit, le chef de campement nous avait ordonné, de lancer un assaut surprise dans le camp adverse et de n'épargner que leur chef. Nous nous hâtâmes d'exécuter les ordres. Le feu était alors, devenu Roi et calcinait tout sur son passage. Quant-à moi je me rendis, dans la tente de leur chef, pour le faire capituler. Ce-dernier refusa, en mettant fin à ses jours, de par ma lame. Ce fut à ce moment précis que d'autres hommes vinrent, et me proclamèrent, coupable de haute trahison. Ma sanction n'était autre que la mort. Je ne me justifia nullement, et j'accepta mon sort. Le matin de ma dix-septième année de vie, je me rendis sur la place d'exécution. J'étais à genoux, les bras menottés, la tête vers le sol. J'entendis une voix douce, cette voix que j'aimais tant, me demander si j'avais des derniers mots à prononcer. Je leva la tête et lui dit :

Mon seul regret est de ne vous avoir jamais dit, je vous aime.

Elle eut un sourire triste, puis me trancha la tête d'un coup d'épée.