Rédaction: Raconter un souvenir tragique
Je rentre chez moi, quand je pénètre dans l'habitation, une odeur de chêne m'est familière, cette-dernière provient de la cheminée centrale. Je me souviens m'être brûlée, une fois.
Plus jeune, je m'extasiais, devant la beauté chaude qui se mouvait avec une grâce indescriptible, au travers de la vitre. Cette danse faisait virevolter les braises incandescentes, du bois de chêne. Ce spectacle, me fascinait. Un jour, j'ai décidé de le contempler de plus près, j'ai alors ouvert la vitre qui faisait obstacle, entre cette parade enflammé et moi-même. J'approchais ma main, au début hésitante, puis entraînée par le crépitement envoûtant. Je tendis cette-dernière, comme hypnotisais et pour une raison qui m'échappe, aujourd'hui encore, je tenta d'emprisonner de ma main, la flamme qui se présentait à moi.
Le résultat fut tout bonnement, la suite logique de cette action. Je retira ma main, quelque peu calcinée, par les flammes et pleura, mon père accourra et m'attribua les soins. Une fois calmée, je lui dis:
-Papa, je déteste le feu! Il n'a pas voulu que je l'attrape et il m'a fait très mal!
-Chérie, le feu est vivant, tu sais, il ne peut survivre que pour un temps indéterminé et avec des conditions précises, mais n'es-tu donc pas d'accord pour dire que c'est justement, le fait qu'il soit éphémère, qu'il est des restrictions et que ce soit, ces deux facteurs là, qui façonne sa beauté?
-Tu as raison papa! Le feu n'est pas dangereux, il voulait juste se défendre. Je n'essayerai plus d'endommager sa beauté, promis!
-Attends, écoute moi encore. Ma fille sache, tout de même que ce sont bien souvent, les choses les plus belles qui sont les plus dangereuses. Même si tu ne comprends pas pour le moment, ce que cela veut dire, tu comprendras plus tard, alors promets-moi de ne jamais oublier cette phrase.
-Euh d'accord, promis, juré!
Mon père est un homme bienveillant et à l'écoute d'autrui, ma mère quant-à elle, est une femme sage, grande est son expérience et son regard sur la vie. Mon enfance a été submergé, par l'amour de mes deux parents. L'affection de mes amis envers moi, est un de mes plus grands trésors. Je serai donc dans l'incapacité de raconter une histoire tragique, étant donné que j'ignore la profondeur de ce mot, car oui, je n'ai pas honte de le dire, je suis profondément heureuse.
OoO
-Et bien ma demoiselle, je peux affirmer avoir tellement aimé, votre histoire que je n'ai pu m'empêcher de la faire partager, à toute la classe! Félicitation, je vous accorde la notre de 20/20,
-Ah ah merci, je ne pensais pas que ça vous plairait autant!
-Pourquoi est-ce que tu mens?
-Je te demande pardon?
-Ne fais pas l'idiote avec moi, j'ai un profond mépris pour les menteurs, mais plus encore, pour les imbéciles heureux! Je les tiens en répugne!
-Bon cela suffit!
-Mademoiselle, qu'il y a-t-il? Pourquoi, vous énervez-vous?
-N'entendez-vous pas?
-Entendre quoi? Je pense que vous devriez aller à l'infirmerie, vous calmer.
-Mais-!
-Il n'y a pas de «mais».
-Ah ah ah! Je ris aux larmes, rien qu'en y repensant! «Mon enfance a été submergé par l'amour de mes deux parents» Ah ah ah, c'est trop!
-Bon qui es-tu?! Pourquoi, suis-je la seule à t'entendre?!
-Tu prétends ignorer, sincèrement qui je suis?
-Oui.
-C'est pour cela que j'ai toujours eu, une préférence accrue, vis-à-vis des menteurs car à la différence, des imbéciles heureux, ils ont au moins assez de fierté, pour ne pas complètement, se ridiculiser!
-Vas-tu arrêter cela! Réponds à ma question, je te l'ordonne!
-Oh mais c'est que tu te crois, en position pour ordonner quoi que ce soit? Pitoyable! Enfin, bon je vais tout de même récompenser, ta persévérance et répondre à ta question. Je suis -
OoO
-Tu es...moi?
-Exact. Mais c'est plutôt l'inverse.
-Comment ça, l'inverse? Si tu es moi, je suis toi?
-Et bien, tu as raison en un sens. Mais pour que tu puisses mieux comprendre, on va dire que je suis l'original et que tu n'es qu'une copie.
-Je deviens folle! C'est ça! Ce doit être ça! Le bac, les études, la pression constante! Je crois que mon cerveau est en train de saturer ! Du repos! Oui, il me FAUT du repos, tout de suite! Je vais m'endormir et quand je me réveillerai, toute cette folie cessera! Bon, et bien bonne nuit!
-C'est bon t'as fini ta crise? Tu vas m'écouter, ou va-t-on continuer, encore, cette conversation de sourd, dénuée de tout bon sens?
-Mais je ne comprends rien, à ce que tu me dis.. pourquoi suis-je la seule à t'entendre, et si je suis réellement toi, pourquoi est-ce que je ne t'entends que maintenant? Pourquoi appairais-tu aujourd'hui, et par dessus tout, pourquoi me traites-tu, dans un premier temps de menteuse, puis d'imbécile heureuse? Pour quelles raisons, es-tu si cynique?
-T'entendre parler et t'agiter ainsi, m'a prouvé que tu n'es pas encore prête, pour comprendre. Petite sotte, reste dans ton innocence et quand tu seras apte à comprendre, je te ferai part de la vérité.
-S'il te plaît, explique moi, je dois comprendre, autrement, je pense que je perdrai, toute trace de raison.
-Je ne reviendrai pas sur ma décision. Si je parle, tu seras brisée.
OoO
-Mademoiselle. Mademoiselle! Réveillez-vous, j'ai fini ma journée.
-Ah veuillez m'excuser madame, je ne pensais pas m'être assoupie aussi longtemps, je vais rentrer chez moi.
-Bien, reposez-vous mademoiselle.
-Oui.
Une fois sortit, la jeune femme marcha à un rythme soutenu et rentra chez elle, au plus vite. Elle salua poliment son père et sa mère.
-Allons chérie, comment s'est passée ta journée? Demanda son père toujours accompagné de son sourire bienveillant.
-Je dirai que la journée a été quelque peu éprouvante..
-Éprouvante, comment ça, ton interrogation s'est mal passée?
-Non, ce n'est pas ça, au contraire mon prof était ravi, il l'a même lu à toute la classe.
-On t'a embêté? Quelqu'un t'a fait du mal, si c'est le cas, dis-moi qui c'est, et je peux t'assurer qu'il ne recommencera pas de si tôt!
-Non ne t'inquiète pas, tout va bien, je crois juste, que je manque de sommeil en ce moment.
-Chérie, tu sais qu'on ne rigole pas avec la santé, ta mère est médecin, si tu te sens mal, tu sais que tu dois lui dire. Tout comme, à ton bon vieux père!
-Oui papa, rassure-toi je te le dirai, si j'ai des soucis.
-On mange dans une heure d'accord? Ce soir, c'est ton repas préféré, les pâtes au four.
-D'accord, merci maman.
OoO
Le repas se déroula parfaitement bien , comme de coutume l'harmonie familial, était de mise. Ce-dernier fut animé, par l'énergie positive et pétillante du chef de maison. Celui-ci, raconta des anecdotes sur le chantier et les collègues de boulot. A l'inverse, sa femme qui se trouvait à l'opposé, ne dit rien, du repas et adressa à son mari ses sourires énigmatiques caractéristiques, en guise de réponse. C'est sur cette note positive que se termina le repas, la soirée défila et vint l'heure de se coucher.
-Est-ce que j'ai rêvé de tout ça, ou cela s'est-il réellement produit? Depuis que je me suis endormie à l'infirmerie, je n'ai plus entendu cette voix détestable, dans ma tête. Cependant, même si tout ceci était dû, à l'accumulation de diverses pressions, il est tout de même étrange, d'avoir rêvé de ça. De plus, j'avoue que ses paroles m'ont chamboulé, toute cette histoire d'original, de copie, de mensonge, d'ignorance, mais surtout sa dernière déclaration: «-Je ne reviendrai pas sur ma décision. Si je parle, tu seras brisée.» Enfin, il est inutile de me torturer l'esprit avec cela, de toutes manières, spéculer ne mènera à rien.
OoO
Un mois s'écoula, ce-dernier fut semblables aux précédents. Comme de coutume, la réussite scolaire était florissante, le travail acharné avait porté ses fruits. Le bac de Philosophie, approchait à grand pas.
Vendredi 26 Juin
Sujet de Philosophie du Baccalauréat Année 2015-2016
Partagez-vous, l'idée qu'un individu puisse être considéré comme étant, un être exclusivement heureux, ou exclusivement malheureux ?
[…] En finalité, après avoir explorer la question en profondeur, je pense pouvoir affirmer que oui, un individu peut être considéré, comme étant, un être exclusivement heureux ou exclusivement malheureux.
-Tss, toujours aussi idiote, à ce que je vois.
-Oh non pas toi, je t'en supplie pas maintenant! Pourquoi, te manifestes-tu ? Est-ce encore un de mes coups de stress, qui me fait avoir ses pensées si négatives à mon encontre?
-En plus d'être idiote, tu es bornée. Et bien à ce que je vois, tu cumules les défauts. Venant d'une copie fade, cela ne m'étonne pas.
- Ça y est, je m'y remets, je délire de nouveau! Encore avec ton histoire, sans queue ni tête de copie! En attendant, j'ai l'impression que tu ne sers qu'à m'insulter et me rabaisser, tu ne réponds jamais à mes questionnements. Si tu existes vraiment, prouve moi-le. Réponds au moins, à ma dernière question, pourquoi es-tu réapparue aujourd'hui?
-Cela n'est-il donc pas évident? Tout bonnement car tu es une sotte, je ne pouvais rester bloquée dans mon mutisme plus longtemps, face à ta réponse à cette question.
-Comment ça? Mon argumentation est sans faille, il est impossible de trouver un contre-argument, face à ce que j'ai mis en avant.
-Ne te montre pas plus idiote que tu ne l'es déjà, je ne te parle pas d'argumentation mais de ta conclusion candide. En faite ce qui m'agace le plus, est le fait que cette réponse soit en parfaite adéquation, avec la copie que tu es!
-Écoute, je ne comprends pas où tu veux en venir, cependant j'ai bien compris que tu entretiens une haine féroce à mon égard. C'est ton droit, mais je veux que tu cesses définitivement de m'appeler «copie», je suis un être humain et cette appellation semble m'ôter toutes marques de mon humanité.
- T'est-il arrivé de considérer, un sac comme étant autre chose qu'un objet, sous prétexte que ce statut, ne soit pas à la hauteur de l'affection que tu lui portes? Non, et bien c'est la même chose pour toi.
- Laisse-moi, je ne veux plus t'écouter. Pars et ne reviens jamais!
-Ne te l'avais-je, donc pas dit? Tu n'es pas prête à entendre un semblant de vérité, tu es dans le déni total. Dans ce cas, berce-toi d'illusion jusqu'au jour, où ta pathétique vie, sera fauchée.
OoO
Deux printemps s'écoulèrent. La voix ne se fit plus entendre, une seule fois. L'été arriva amenant avec lui, chaleur, floraison ainsi que les chants caractéristiques des insectes.
Votre attention, s'il vous plaît. A tous les habitants, veuillez vous diriger à la place de la mairie, et ce, en conservant votre calme. Ceci n'est pas un entraînement.
-Mais que Diable, se passe-t-il?! Répondez-nous!
-Madame, veuillez vous calmer, nous ne pouvons pas vous dire pour le moment, le problème.
-Il est hors de question, que je bouge de chez moi, sans en connaître la cause.
- Comprenez que nous avons des directives, prenez votre fille et allez vous réfugier à la mairie.
- Je me contrefiche, de vos ordres. C'est notre droit de savoir ce qui se passe et c'est votre devoir de nous le dire!
-Bon et bien, vous ne me laissez pas le choix. Je ne voulais pas en arriver là, mais nous avons le droit d'user de la force, pour vous faire entendre raison! C'est regrettable, je pensais qu'un docteur comprendrait, que lors d'une évacuation, sa place n'est pas chez lui, sa place est auprès des civils évacués.
-C'est bon, vous avez gagné. Chérie, dépêche-toi, il faut y aller! Chérie, tu m'écoutes?
-Le feu. Tout est en train de brûler. Le chantier naval, va exploser. Papa va mourir brûler.
-Que.. qu'étais-tu en train de raconter? Chérie, pourquoi dis-tu ça ..?
-Toi! Comment peux-tu le savoir ..?
- Dix
-Chérie réponds, à la question!
-Neuf
-Pourquoi dis-tu ça gamine?!
-Huit
-Chérie, réponds tout de suite!
-Sept
- Je t'ordonne de répondre!
-Six
-Chérie! Que veulent dire ces nombres? Réponds moi, tu me fais peur!
-Cinq
-Mademoiselle, dernier avertissement, répondez ou je vous arrête!
-Quatre
-Chérie, que se passe-t-il?!
-Trois
-Bon, vous ne me laissez pas le choix, je vais vous garder en observation!
-Deux
-Nyméria!
-Un
OoO
On raconte que l'explosion fut audible, jusqu'à vingt kilomètre à la ronde. L'espace-temps sembla se cristalliser.
-Ah ah! Enfin! Enfin! Il m'a fallut attendre deux longues années! Nyméria, tu es prête à entendre la vérité! Dis moi, quel a été le jour, le plus heureux de ton existence?
-Toi..? S'il te plaît, réponds moi, que m'arrive-t-il?!
-Il me semble, t'avoir posé une question. Selon ta réponse, je pourrai envisager de te délivrer ce que tu souhaites savoir.
-Pourquoi, es-tu toujours ainsi?!
-Tu es vraiment idiote. Pendant deux années, tu as attendu mon retour, avide de réponses à tes tourments. Aujourd'hui, tu as la possibilité d'y accéder, en me donnant la réponse à cette simple question, néanmoins tu me demandes encore autre chose.
-Bien, je vais répondre à ta question. En vérité, je ne peux pas répondre précisément car je n'ai pas un jour, spécifiquement heureux. Mon enfance entière l'a été, mais ça, tu le sais déjà. Te souviens-tu que c'est ce jour-là, où j'ai marqué cette réponse sur ma rédaction, que tu es apparue, en te moquant de cette-dernière.
-Je vois.
Je vais te dire, ce que j'attendais. Le plus beau jour de ta vie, fut le jour où tes chaînes te reliant à ce monde corrompu se brisèrent. Oui, le jour de la mort de tes parents.
-La... la.. la quoi..? Que dis-tu, je ne comprends rien? Monde corrompu? Libérée de mes chaînes? La mort de mes parents?
-Il y a deux ans, je t'ai dit que tu étais moi. Je t'ai aussi affirmé que tu étais, une copie et moi l'original. Tout cela est vrai, mais c'est comment dire.. simplifié. Nyméria, nous ne formons qu'un. C'est pour cela que tu es la personne que je hais le plus. Nyméria, j'ai toujours haïs mes géniteurs. Leur mariage était un mariage arrangé, ma naissance n'a jamais été désiré par quiconque. J'étais seulement une sorte de garantie, cependant, n'étant pas née homme, ma valeur en tant qu'héritier a été divisé de moitié.
Mon géniteur était un homme pitoyable, il était violent. N'ayant jamais pu, épouser la femme qu'il désirait, il se morfondit dans ses vices, à savoir, les jeux d'argents et l'alcool. Un jour ce qui devait arriver, arriva. Ses dettes aux jeux, étaient trop importantes pour être assurées par notre argent.
Nous étions aisés, mais pour rembourser ses dettes, nous dûmes sacrifier l'intégralité de notre fortune et hypothéquer notre maison.
Ce fut à partir de ce moment que commença ma chute en enfer. J'étais passée du stade, de joker à esclave. Mon père se suicidait à la boisson et ma mère me ruait de coup, pour laisser sortir toute sa frustration. Ayant perdu, la seule chose dans la vie qui avait une importance pour elle, l'argent.
Mon père mourut trois ans après que nous nous retrouvions dans un abris de fortune. Son foie avait fini par éclater, n'ayant pu supporter davantage d'alcool. Suite à cela, ma génitrice perdit définitivement la raison. Elle trouva l'idée, de vendre mon corps à des hommes malfamés. Je fus ainsi souillée pendant deux longues années, chaque fois que je me faisais un peu plus déshonorer dans le but de donner de l'argent sale à cette femme,ma haine s'attisait. Ainsi, je décida alors d'élaborer un plan, dans le but de la tuer.
Un soir encore où je fus de nouveau avalisée, je réussis à dérober des allumettes de la poche de l'homme.
Une fois qu'il fut parti, je m'assura que ma génitrice dorme.
Une fois cela fait, je déplaça ma commode vers la gauche et j'accédai à ma planque. Je sortis diverses bouteilles, de différents alcools que j'eus prélevée, des hommes qui m'avaient sali auparavant. J'en pris le plus possible et commença à en déverser, de toutes parts dans l'abri de fortune. J'en appliqua sur le lit de cette femme avec un sourire intarissable.
Ma vengeance était sur le point de se mettre en marche.
Je pris la première allumette, l'alluma puis la jeta sans hésitation sur ce qui me servait de lit. Je fis de même sur plusieurs endroits, jusqu'à arriver sur le lit de ma génitrice. Je répéta le processus et la jeta sur le drap imbibé d'alcool. Celui-ci prit feu et commença à brûler cette charogne, qu'était ma mère.
Mon seul regret fut de n'avoir pu contempler, son visage déformé par la douleur. Je sortis alors de ce qui fut mon enfer et le regarda s'effondrer. Ce fut le plus beau jour de ma vie et par ricochet de ta vie.
-Que dire.. Je ne m'attendais pas à ça..? Il est clair que c'est une tragédie sans nom, cependant ça ne répond en rien, à mes questions. En quoi suis-je ta «copie» , pourquoi t'es-tu manifestée le jour de ma rédaction? Tu ne m'as indiqué que la réponse que tu souhaitais que je te dise mais tu n'as répondu à aucun de mes questionnements.
-J'allais justement y venir. Maintenant, c'est la partie qui te concerne et que tu étais jusqu'à lors, dans l'incapacité de croire. Après ce que je t'ai raconté précédemment, je me suis rendue compte, de quelque chose. J'étais incapable de ressentir quoi que ce soit, je n'éprouvais aucun amour ou haine, vis-à-vis de quiconque. Il m'était impossible de pleurer. J'étais devenue, un être vide. Ainsi, j'ai fini par me retrouver seule, mais cela ne me gêna aucunement.
Une décennie passa, je me souviens m'être un jour regarder dans un miroir, mon reflet ne fut pas réfléchit dedans. Ainsi pour la première, je réfléchis réellement à ma condition. Ma constatation me paralysa. Je n'étais qu'une coquille vide, un être dénué de sentiment, presque une ombre. Mon image disparaissait, de jour en jour, jusqu'à ne plus exister.
Pour la première fois en vingt ans, je refusa d'être passive, je chercha tous les moyens possibles pour récupérer un semblant d'humanité. Cependant, toutes mes tentatives furent soldées par de cuisants échecs.
Un jour, je décida de mettre fin, à cette existence sans but.
Pour un être sans reflet, mourir dans l'eau, était ce qui avait de plus adéquate! L'eau remplit mes poumons, mon cœur cessa de battre, cependant, on m'accorda la vie. Quelqu'un vint me sauver, je me suis alors retrouvée, sur un lit d'hôpital, dans un état entre la vie et la mort.
Le coma.
C'est à partir de ce moment là, que tu fus créée. Ma raison fut submergée, seul mon subconscient subsistait, celui-ci, créa mon opposé en tout point.
La vie que je désirais avoir, Nyméria, tu es celle qui en a hérité, tu es mon écho, ma copie. Cela aurait dû rester ainsi jusqu'au jour, où on me débrancherait. Cependant, il y a eu cette rédaction,ta rédaction m'a éveillé, une voix me hurlait: «Tout ça est faux, faites cesser cette mascarade grotesque». J'ai finalement compris que cette voix, c'était la mienne.
Je m'éveillai.
Mon éveil fut presque à son paroxysme lors de ton bac, ta réponse m'a semblé, tellement ridicule. A partir de là, je reprenais doucement possession de toi, ou plutôt de moi. Ce qui explique en parti, ta vision imminente de la mort de ton père, les flammes qui consument tout sur leur passage.
-Nyméria!
-Ne parle pas, je sais déjà ce que tu penses. Il aurait été préférable pour moi ainsi que pour toi que je meurs noyée ce jour là.
Nyméria, je suis fatiguée.
Fatiguée de me battre.
Fatiguée d'être encore consciente.
Fatiguée d'être en vie.
Nyméria s'il te plaît laisse-moi me reposer pour l'éternité.
-Docteur. La jeune fille de la salle 216 est partie ce matin.
-Je vois. Donnez moi son dossier pour que je puisse voir qui je dois prévenir.
-C'est inutile docteur, il n'y a personne.
Le vide.
