Yello! Voilà la suite!

James ouvrit lentement les yeux. Et les referma aussitôt avec un grognement de douleur. Sa tête le faisait souffrir, comme tout le reste de son corps. Mal. Il voulu se redresser pour se frotter le crâne, mais une main le repoussa sans douceur tandis qu'une voix lui grognait :

-Reste tranquille, Potter.

Cette voix… elle lui était familière, sans être agréable… Qui? Il rouvrit les yeux et chercha la personne des yeux. Il eut un choc en voyant Snape, son pire ennemi, la mine renfrognée.

-Snape?! S'exclama-t-il en se redressant d'un coup.

Ce mouvement un peu trop brusque lui fit subir un douloureux élancement dans le dos, le faisant grogner à nouveau.

Le Serpentard était agenouillé à coté de lui, un flacon de potion dans les mains. Sa vue surpris James : Le Serpentard arborait un œil au beurre noir, un air renfrogné, des vêtements Moldus dans un état lamentable. Il était vêtu d'un jean gris, délavé et déchiré, ainsi que d'un T-Shirt noir un peu trop grand pour lui. Il le fixait d'un air sombre.

-Reste tranquille, crétin!

-Qu'est-ce que…

Les images de l'attaque des mangemorts lui revinrent soudainement en tête. Puis celle du transplanage… Il ne savait pas transplaner et ne l'avais jamais fait que par escorte, avec son père ou sa mère, mais il était certain que c'était le collier de Lily qui l'avait provoqué. Quand il avait commencé à se sentir écrasé, il avait attrapé sans y penser le bras de Sirius, et ils s'étaient évanouis dans le transport, sans doute tant à cause du choc que de leurs blessures.

Le collier de Lily… Il avait été si heureux de recevoir un cadeau de sa part! Une minuscule pierre rattachée à une simple corde, accompagnée d'une lettre en expliquant la nature. Lily lui avait assuré que s'il avait besoin d'aide, le porte-secours l'emmenerait en sécurité, chez des gens de confiance. Et voilà qu'il se retrouvait chez Snape…

Décidément, il ne fallait pas se fier à l'instinct des filles.

-Sirius! Qu'est-ce qui s'est passé? Où est-il?

-Cesse de t'agiter, Gryffondork stupide! Ton abruti d'ami aussi, je l'ai ramassé! Je me demande bien pourquoi… maintenant, tu arrêtes de bouger, où je risque de confondre le baume de soin avec de l'acide!

L'espace d'un instant, sous la panique, James avait oublié le fait qu'il détestait Snape et que Snape le détestait. Il se releva d'un coup.

-Pourquoi je te ferais confiance, Snivellus? Demanda-t-il d'un ton hargneux.

-Parce que si j'avais voulu te tuer, je l'aurais sans doute fait pendant que tu étais dans le cirage. Maintenant, si tu n'as pas confiance en moi, je ne t'en voudrai absolument pas de repartir avec ton petit chien de poche avant qu'on s'aperçoive de votre présence.

Les paroles de Snape, prononcées sur un ton acide, frappèrent James. C'était vrai, il devait une fière chandelle à Snape… Il devait les avoir trouvé après leur transplanage, alors qu'ils étaient évanouis. Et apparement, il les avait soignés.

-Snape… qu'est-ce qui c'est passé? Demanda-t-il en essayant de prendre un ton indiquant sa bonne volonté.

Snape le fixa un moment, méfiant. Enfin, il répondit :

-J'était près de la rivière, et toi et Black êtes apparus avec le son d'un transplanage. Ton collier brillait, j'imagine que c'est lui qui vous a amené ici. Vous étiez dans un état assez pathétique, alors je vous ai ramené dans ma chambre et je vous ai soigné de mon mieux avec des potions. J'me demande bien pourquoi, ajouta-t-il visiblement pour lui-même.

-Et Sirius? Où est-il?

Snape soupira. James balaya la pièce du regard, cherchant Sirius. L'endroit était mal éclairé, la lumière venant uniquement d'une petite fenêtre en partie condamnée par des planches. Les murs étaient d'un blanc sale et des taches d'un rouge sombre s'étalaient sur le plancher. Le mobilier se résumait à un matelas posé dans un des coins et à quelques affaires éparpillées ça et là, comme des livres de magie, des parchemins et quelques plumes. L'unique porte d'un garde-robe mural était ouverte, laissant voir quelques vêtements pendant tristement sur des cintres.

Enfin, le regard du maraudeur se posa sur le corps de son meilleur ami, posé à même le sol, les yeux fermés. Si James ne l'avait pas vu avec ses blessures, il n'aurait jamais pu croire qu'il ait été blessé. En effet, les quelques plaies qu'il avait aperçu pendant la course avait disparues, de même que l'éraflure qu'il avait vue sur son front. En fait, Sirius avait simplement l'air de dormir.

Il agit d'instinct, comme le ferait n'importe quel Gryffondor : Il sauta sur son ami. Celui-ci ouvrit de grands yeux et poussa un cri.

-Prongs! Ne fais plus jamais ça!

-Sirius! Oh Merlin, j'ai eu si peur!

-Hey, ça va! On est en vie! Et apparemment, en un seul morceau!

-Oui, grâce à Lily!

L'expression perplexe de Sirius fit éclater James de rire. Il reprit ensuite :

-Le Porte-Secours qu'elle m'a envoyé! Il nous a fait transplané!

-Je me disais bien aussi que tu ne savais pas transplaner tout seul… Et on est où? Fit-il en froncant les sourcils et en regardant rapidement autour de lui.

-Ça… apparemment, le collier considérait Snape comme une personne de confiance, alors on a transplané à coté de lui, et il nous a ramené chez lui pour nous soigner…

-James? Demanda Sirius d'un air grave après avoir jeté un coup d'œil à Snape qui rangeait ses potions dans une boîte en carton en les observant d'un œil sombre, ce qui n'était pas trop difficile étant donné que l'un était déjà poché et qu'ils étaient noirs de toute façon.

-Quoi, qu'est-ce qu'il y a? S'inquiéta James.

-On est tombés dans un univers parallèle…

James éclata de rire. Derrière lui, il entendit vaguement Snape marmonner :

-Quels crétins… S'qui m'a prit de les sauver? P'tain, si Malefoy apprends ça, il va me tuer…

Il se tourna vers Snape. Il venait de fermer sa boîte qu'il poussa dans un coin de la pièce.

-Hey, Snape? Demanda-t-il d'une voix forte.

Il n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit de plus, Snape lui ayant presque sauté dessus et lui plaquant une main sur la bouche pour le faire taire. Sirius réagit violement; il poussa Snape assez fort pour le détacher de James et l'envoyer au sol.

-Espèce d'immondes Veracrasse! S'écria Sirius. Ne t'avises pas de toucher à James!

Ledit James eut l'impression que Sirius se faisait un peu trop protecteur, et surtout qu'ils étaient peut-être effectivement tombés dans un univers parallèle... Snape avait maintenant une expression horrifié et lui faisait de grands signes pour qu'il se taise. Il se leva lentement et approcha la porte, à laquelle il colla son oreille. Après un moment, il se tourna de nouveau vers les deux Maraudeur.

-Fermez-là, bande de crétin!

Sirius et James échangèrent un regard.

-Expliques. Ordonna James.

Snape se mordit la lèvre, semblant très contrarié. Enfin, il lança simplement :

-Faut pas qu'on vous entende.

-Et pourquoi?

-Pourquoi je vous le dirais? Vous allez re-transplaner chez vous tout de suite et oublier tout ça!

Il semblait furieux, et intérieurement, James fut surpris. En tant que Serpentard, il devrait normalement en profiter au maximum pour se moquer et leur faire du chantage… Alors pourquoi était-il si nerveux et pressé de voir James et Sirius repartir? Il retomba sur terre quand Sirius eut un espèce de rire en lançant au serpent :

-Ça risque d'être difficile, on ne sait pas transplaner!

Snape sembla se figer. Il secoua la tête de droite à gauche, un sourire fou et sans joie pendant au coin de ses lèvres.

-Oh non, oh non, murmurait-il comme si ces mots pouvaient changer la réalité. Oh non, vous allez retourner chez vous, trouver un moyen pour y aller, tout de suite!

James se demanda un bref instant si Snape n'étais pas devenu simplement fou. Il continuait de secouer la tête en chuchotant qu'ils allaient partir tout de suite, tout de suite. Il jeta un coup d'œil à Sirius : Il semblait s'être fait la même réflexion.

-Euh… tout va bien dans ta tête, Snape? Demanda James

Le Serpent le fixait d'un air catastrophé.

-Merde, murmurait-il, merde, merde, merde…

-Hey, tu pourrais nous expliquer? Demanda Sirius.

-Et comment vous allez partir? Demanda Snape, l'air d'attendre que l'un d'eux s'écrit « Poisson d'Avril! ».

-Euh… je crois que le mieux, ce serait d'envoyer un hibou aux parents de James pour qu'ils viennent nous chercher, à moins que tes parents ne puissent…

-Oublies-ça, coupa sèchement l'autre adolescent. Envoyez leurs donc un hibou, qu'ils viennent vous chercher tout de suite.

-L'ennui, remarqua James, c'est qu'ils sont en Albanie. Le message mettra bien une semaine à se rendre, et ils ne pourront sans doute pas venir tout de suite… je crois qu'on va être obligés de rester ici.

Cette idée ne lui plaisait absolument pas, mais il n'en voyait pas d'autre. Il faudrait qu'il pense à conseiller Lily sur les cadeaux utiles, quand ils seraient mariés.

-Prongs! S'indigna Sirius. Je ne veux pas rester chez cet ignoble bâtard!

-Black, grogna Snape avec un ton qui lui était déjà plus habituel, l'ignoble bâtard te rappelle qu'il aurait préféré te laisser crever dans la forêt plutôt que de gaspiller ses potions à te soigner.

-Pourquoi tu l'as fait, alors? On t'a rien demandé!

James garda pour lui qu'il trouvait très généreux de la part de Snape de les avoir soignés après tout ce qu'ils lui avaient fait.

-Je sais pas, je suis pas normal pendant les vac-

Il ne put finir sa phrase, car un cri, masculin, furieux et menacant, venait de retentir.

James cru faire une crise cardiaque. Il jeta un coup d'œil à Sirius qui avait aussi sursauté, et avait la main sur le cœur, sans doute pour en calmer les battements. Snape, lui, était devenu tout blême. Des bruits sourds retentissaient de l'étage inférieur, comme si quelqu'un montait les escalier.

Le Serpentard pivota sur lui-même, visiblement à la recherche d'une idée géniale. Finalement, de dépît, il poussa les deux gryffons dans le garde robe dont il ferma la porte.

POV Severus.

Quand ces deux idiots sont apparus à coté de moi, j'ai cru faire une crise cardiaque. Je ne suis pas quelqu'un d'une nature très nerveuse, sauf quand je suis à la maison. Le moindre bruit manque me faire tomber le cœur de la poitrine. Je les aurait sans aucun doute laissé perdre leurs sang dans l'herbe, si j'avais été dans un état normal. Cependant, durant l'été, d'habitude je parle au moins un peu à Lily. Mais depuis que je l'ai traitée de Sang-de-Bourbe, elle ne me parle plus du tout. Alors, même si ce sont ces deux sales types de Maraudeurs qui ont fait de ma vie à Poudlard un enfer, j'étais heureux de revoir quelqu'un de l'école…

C'est dire si je suis désespéré.

Et je devais être dans un moment de folie, pour penser que ces deux idiots savaient transplaner et repartiraient dès qu'ils iraient mieux…

Quoi qu'il en soit, quand j'ai réalisé qu'ils ne pouvaient pas repartir, j'ai eu envie de me péter la tête sur les murs. D'abord, je sauve la vie à deux gryffondork que je déteste particulièrement… Ensuite, ils m'apprennent qu'ils ne peuvent pas s'en aller avant une semaine… Et avant de pouvoir trouver un moyen de les virer chez eux, Tobias arrive!

Vous voulez me dire pourquoi c'est moi qui récolte tous les malheurs possibles et imaginables?

Si ma mère était encore en vie, je lui demanderais si je n'avais pas une tante susceptible qu'on a oublier d'inviter à mon baptême… ça expliquerais beaucoup de choses… mais bon, elle est morte et je doute que Tobias ai été suffisamment sobre pour s'en souvenir.

Pas que j'oserais lui demander.

Potter me regarde, j'imagine que je suis particulièrement blême… je regarde vite autour de moi, il me faut un endroit ou cacher ces deux idiots… Je les enverraient bien sous mon lit, mais il se trouve que mon lit se résume à un matelas posé par terre…Et je me ferais une grande joie de les balancer par la fenêtre, mais elle est condamnée par des planches.

Donc, vite fait bien fait, je les pousses dans le garde-robe (il semblent avoir saisi qu'il vaut mieux faire comme je dis, il est vrai que le cri de mon père n'invite pas vraiment à se trouver dans la même pièce que lui…), leurs intime de se la fermer, quoi qu'il arrive –on est jamais trop prudents avec des gryffondors- et ferme la porte. J'ai juste le temps de m'en éloigner un peu que la porte s'ouvre à la volée.

Je n'aime pas du tout l'avouer, mais j'ai peur quand je vois mon père.

Il a la même tête que moi, à peu de chose près. Ses yeux sont d'un brun noisette, comme ceux de ce Potter. Pourvu que le Potter en question se tienne tranquille…il manquerait plus que ça, j'imagine pas la fête que me ferait Tobias s'il voit que j'ai des « invités ». C'est de lui que je tiens mes cheveux et mon nez, je me demande encore comment ma mère a pu être amoureuse de lui un jour. Et, dernier détail, on a le même rictus quand on prépare un truc diabolique.

Rictus qu'il arbore dans l'immédiat. Donc… examinons les possibilité pendant qu'il en est encore temps : A) il est saoûl, va me cogner un peu et repartir, rien que pour le plaisir. B) J'ai fait quelque chose qui est potentiellement répréhensible et il peut donc me cogner un peu plus. C) …

Pas le temps de trouver un numéro C. Visiblement, la première option est la bonne. Parce qu'il empeste le whisky. Et qu'il vient de me pousser contre le mur, sans lancer la moindre insulte avant, et un peu moins fort que d'habitude. Je sens un futur bleu se former sur mon épaule, et non pas un déchirement de muscle. J'ai donc une chance de survie.

POV James

Quand Snape nous a poussé dans le placard et nous a dit de nous taire, quoi qu'il arrive, j'ai eu un mauvais pressentiment. Ou alors, ça venait du fait que Sirius lui-même n'a pas protesté.

Quoi qu'il en soit, quand la porte a été fermé, on a été plongé dans le noir total. Je ne sais pas si c'était conscient de sa part, mais Sirius a attrapé ma main et ne l'a plus lâché. Une seconde plus tard, le bruit d'une porte qui s'ouvre a retentit, et j'ai eu l'impression que le sang de mes veines se glacait. Il y a eu quelque secondes de silences, puis le bruit caractéristique d'une baffe et d'un corps s'écrasant sur un mur.

Mes yeux s'étant à peu près habitués à l'obscurité, je jetai un coup d'œil paniqué à Sirius. C'était donc ça, que Snape voulais nous cacher en nous faisant repartir tout de suite? Mon meilleur ami, lui, fixait la porte comme s'il n'en avait jamais vu.

J'ai cru que cela durait une éternité. Des bruits de coups, et des gémissements, à l'occasion. Je failli sortir du placard quand un cri échappa à notre ennemi, mais Sirius me retint heureusement par le bras. Je ne sais pas ce qui serait arrivé, mais je sais que ce n'aurait pas été une bonne chose. Enfin, des bruits de pas retentirent juste devant la porte du garde-robe, me faisant paniquer, puis la porte se referma et les pas s'éloignèrent hors de la chambre.

Aussitôt, j'ouvris la porte et sortit en trombe. Ce n'était pas aussi terrible que j'aurais pu l'imaginer, ce n'était tout de même pas beau à voir. Le serpent était dans une position mi-assise mi-couché, comme s'il venait de se relever à moitié. Une balafre lui ouvrait le front et saignait assez fort, et divers bleus commencaient à s'étendre sur sa peau. Son bras gauche s'était lui aussi mis à saigner. Il tremblait violemment et tentait visiblement de reprendre le contrôle de sa respiration. Je restai un moment figé, me demandant ce que je devais faire. Sirius me rejoignit, visiblement en se posant la même question.

Avant d'avoir trouvé l'illumination soudaine, Snape se releva en tenant son bras gauche et en tanguant légèrement sur ses pieds. Il releva la tête, et son regard était plus effrayant que jamais; il était plein de haine, de douleur et de honte.

-Ça va, vous vous amusez bien? Grogna-t-il.

Je sursautai. Il ne pensait tout de même pas que ça nous plaisait de le voir ainsi, non?

-Qu'est-ce que… commença Sirius. Ça… ça va?

Le Serpentard fronça les sourcil et jaugea Sirius du regard, méprisant.

-Bien sûr que ça va, Gryffon stupide!

Il nous adressa un autre regard haineux et alla chercher la boîte qu'il avait rangé moins d'une dizaine de minutes plus tôt. Il en sortit un flacon contenant un liquide mauve, qu'il ouvrit et versa sur son bras en serrant les dents. Un silence inconfortable s'installa.

POV Sirius

Je sais ce que c'est une entente familiale assez houleuse… il faut dire qu'à la maison, ce n'était pas la joie. Un jour, mère m'a envoyé un sortilège doloris, je m'en souviens. C'était horrible, j'ai cru mourir. C'est ce jour là que je me suis enfui de la maison.

J'ai toujours pensé que Snape était un Sang-pur, descendant d'une longue lignée de mage noir…

Apparemment, c'est pas le cas.

Je sais pas trop comment je devrais réagir… je veux dire, y'a pas de mode précis à exécuter si vous êtes sauvé par votre pire ennemi et découvrez par la même occasion qu'il est battu…

James a l'air d'être parti en mode et-si-on-faisait-une-trêve?. Et Snape a l'air de nous détester plus que d'habitude encore. Et il garde la tête baissée, comme s'il avait honte ou qu'il attendait des insultes. Ce n'est pas normal. Je veux dire, les Serpentards s'abaisseraient à utiliser ce genre de chose pour se moquer de quelqu'un. Pas nous.

Et il le sait. N'est-ce pas?

N'est-ce pas?

À suivre^^ Enfin, si vous voulez la suite, je suis vraiment pas sure de moi là-dessus… n'oubliez pas que j'écris beauuuuuucoup plus vite avec des reviews!