Mal. Mal. Mal. Mal. J'ai mal!
Sirius ne put retenir une plainte de douleur quand il ouvrit les yeux. Mal, mal, mal, il avait mal! Partout, mais surtout à la jambe. Il avait l'impression qu'elle brûlait, qu'on enfonçait des dizaines de dards dans l'os… Mal!
-Tais-toi donc un peu, Snape! Entendit-il derrière lui. T'as réveillé Sirius, espèce de crétin!
-Oh, crois bien que je suis désolé! Après tout, c'est ma faute s'il était dans le cirage!
-Tu devrais lui être un peu plus reconnaissant, sombre idiot!
-Reconnaissant?! Et puis quoi encore, Gryffondork stupide? Je lui ai rien demandé, moi!
-Si c'est de moi que vous parler, fit Sirius d'une voix un peu pâteuse en tournant la tête, j'aimerais bien savoir pourquoi Snape devrait m'être reconnaissant et pourquoi il a l'air de tellement me haïr, encore plus de d'habitude, s'entend…
-Padfoot! Fit James en se tournant vers lui et en l'aidant à se relever. Ça va? J'ai vraiment paniqué tout à l'heure! Me fais plus des coups pareils pour ce crétin ingrat de Snape!
Ledit Snape poussa un grand, grand, grand soupir en levant les yeux au ciel.
-Euh? S'étonna Sirius.
Il fit un énorme effort de concentration, tentant de se remémorer les évènements de la veille; en vain, il ne gardait en mémoire que de la douleur et des cris.
-Franchement, Sirius, continua James qui semblait n'avoir pas remarqué le trouble de son ami, tu peux m'expliquer ce qui t'as pris de défendre ce Veracrasse? C'était brave, mais il ne le méritais vraiment pas!
-j'ai quoi? Fit Sirius, de plus en plus perplexe.
-M'enfin! Hier soir, tu t'es poussé devant Snape pour te prendre les coups à sa place!
La mâchoire de Sirius atterit par terre.
-Pardon?
-Tu m'as bien entendu!
-Voilà qui est… surprenant.
-C'était stupide et gryffondorien, simplement. Fit Snape d'un ton peu amène.
Sirius fronça les sourcils. Pourquoi Snape était-il si frustré?
-Eh bien, désolé de m'être ramassé des coups à ta place, fit-il sèchement.
Il jeta ensuite un coup d'œil à sa jambe, qui le brûlait toujours de l'intérieur. Il retint une grimace; son jean était relevé sur son mollet, où la peau était déchirée, dévoilant de la chair rougeâtre.
-Comment j'ai réussis à me faire un truc pareil?
-T'as eu de l'aide, si on peut dire, fit James qui ne semblait pas de meilleur humeur que Snape.
Sirius renonça à tenter d'avoir des explications. Ni James ni Snape ne semblait très disposés a discuter des évènements de la veille. Il n'était pas sûr, de toute façon, d'avoir envie de connaître plus de détails que nécessaire.
-On est quel jour? Demanda-t-il soudain.
Il vit Snape jeter un coup d'œil avec un froncement de sourcil à un calendrier visiblement tracé à la main –comme celui d'Harry :p.
-Jeudi le quinze août.
-Deux jours seulement… soupira-t-il. Combien de temps met un hibou à aller en Albanie?
-Un peu moins d'une semaine, cinq jour, je crois, répondit James en s'Assoyant par terre et en s'appuyant sur le mur.
-Encore trois jours et on sors d'ici, fit-il en fermant les yeux, tentant d'oublier où il se trouvait.
-Encore trois jours et vous dégagez, fit Snape d'un ton ironiquement rêveur. Après ça, il restera treize jours avant la rentrée.
Sirius ne dit rien, ne trouvant rien à répondre. « Ça sera un plaisir que de se reposer au manoir! » n'aurait pas paru très poli, à la réflexion.
-Bon, qu'est-ce qu'on fait? Demanda James après un moment de silence. On va pas passer la journée en silence, dans ta chambre, non?
Snape eut un petit ricanement.
-C'est pourtant un passe-temps très intéressant. Mais j'avais d'autres plans en tête.
Sirius rouvrit les yeux. Snape venait de se relever et fouillait à présent dans sa malle de Poudlard, dans un coin éloigné de la pièce. Il en sortit finalement une cape noire qui devait avoir connu des jours meilleurs, une petite bourse, la lettre de Poudlard, un coupon de papier et, a la grande surprise des deux Gryffondors, un balais. Un Phénix 134, visiblement, qui devait valoir pas mal –pour un antiquaire.
Il enfila la cape et se tourna vers les deux Maraudeurs. Le contraste entre le jean et le t-shirt et la cape était étrange.
-Chemin de Traverse, annonca-t-il en guise d'explications.
Sirius voulu se lever, mais à peine eut-il tenter d'appuyer sur sa jambe endolori qu'une exclamation de douleur lui échappa. Mal, mal, mal !!
-Oh, c'est vrai, fit nonchalamment Snape. Il retourna à sa valise et en sortit quelques flacons. Il mélangea une fine poudre bleue-grise avec un liquide verdâtre, et versa le tout dans un troisième flacon contenant ce qui semblait être du sang –du sang de quoi, Sirius n'était pas sur de vouloir le savoir. Un sifflement s'éleva de la fiole et Snape la donna à Sirius, comme si ce qu'il venait de faire n'était pas plus étonnant que de sortir un pansement de son emballage.
-Tu es sûr que ça marche? Questionna Sirius avec méfiance –le liquide continuait à émettre un sifflement suspect.
-Certain, abruti, ça va calmer la douleur et, dans quelques heures, la peau aura entièrement repoussé. J'ai ajouté du dictame et de la sauge à la recette originale, c'est pour ça que ça ira si vite. Maintenant tu l'utilise et tu te dépêche, j'aimerais partir avant que Tobias ne se réveille.
Tout ça d'un coup et sans reprendre son souffle. Sirius ferma les yeux, serra les dents et versa le mélange sur son mollet. Un léger picotement s'ensuivit, puis plus rien. Il rouvrit les yeux. De petites bulles mauvâtre recouvraient la surface de la plaie, mais il ne sentait plus rien. Il appuya sa jambe sur le sol –et ne ressentit aucune douleur. Il soupira de soulagement et redescendit son jean sur la blessure.
-Merci Merlin, souffla-t-il.
-Tu peux continuer à m'appeler Snape. Ou Severus, si tu préfère, fit celui-ci avec ce qui pouvait passer pour un sourire.
-Gnagnagna, fit James.
-Jaloux?
-Va jouer dans un mixer, Snape… Bon, on y va, ou quoi?
Snape eut à nouveau un ricanement, puis il sortit de la chambre en leurs faisant signe de le suivre.
Ils progressèrent aussi silencieusement que la veille, le bruit étouffé de leurs pas couvert par des ronflements sonores venant de la chambre du père de Snape. Sirius ne put s'empêcher de frissonner en passant devant la porte. Il n'était pas sûr qu'il pourrait encore le regarder.
Une fois en bas, ils sortirent dehors. James et Sirius regardèrent attentivement autour d'eux –ils n'avaient pas pris la peine de le faire la veille, trop étonné d'être délivré par la mère de Lily. De l'herbe qui ne devait pas avoir été entretenue depuis une éternité ou deux poussait dans tous les sens. Une boite au lettre penchant d'un coté se tenait à l'entrée d'un petit chemin de terre reliant la porte et la rue. À gauche de la maison, des pièces de voitures et des morceaux de bois traînaient un peu partout. Entourant toute le propriétée, une forêt plus ou moins épaisse s'arrêtait brusquement au bord de la rue. Le ciel était gris et le soleil était caché derrière des nuages, l'empêchant de réchauffer la terre. Il tombait une petite bruine et le vent était glaçé.
-Et comment on va au Chemin de Traverse? Questionna James en frissonant. Je doute que ton, euh, balais, puisse nous porter tous les trois. En fait, je doute qu'il puisse porter ne serait-ce qu'une personne.
-Il tiendra le coup, assura Snape. Ça n'est peut-être pas une Flèche d'Argent, mais il a assez de puissance.
Il monta prudemment sur le balai, et Sirius remarqua avec amusement qu'il ne semblait pas plus à l'aise sur un balai qu'en première année, lors des cours de vol. James et Sirius grimpèrent à leurs tours sur l'objet, réussissant à garder une distance raisonnable entre eux et Severus. Celui-ci déglutit difficilement avant de donner un coup de pied par terre, et le balai s'éleva rapidement dans le ciel. James, derrière lui, eut un grand sourire –le genre de sourire qu'on est capable d'entendre tellement ils respirent la joie. Pour James, passer deux jours sans monter un balai avait du être plutôt difficile.
Le balai s'éleva jusqu'à environ vingt-cinq mètres. Snape semblait sur le point d'être malade, James s'agaçait de la progression trop lente à son goût et lui avait surtout peur que le Serpentard perde le contrôle. La pluie tombait de plus en plus fort. Le balai gagna un peu de vitesse, et bientôt ils survolèrent le village. Sirius s'inquièta un peu d'être vu par les moldus, mais, heureusement, tous semblaient encore dormir, et les rues étaient désertes.
Après cinq minutes de vol, Snape était pâle comme la mort.
Après dix minutes de vol, Snape tremblait comme une feuille.
Après quinze minutes de vol, il avait failli se crasher trois fois.
Enfin, après une vingtaine de minutes de vol, ils atterirent enfin à Londres, dans une ruelle isolée. Snape, tremblant et pâle comme un fantôme, le cacha derrière une benne à ordure et s'accota au mur quelques secondes, le temps de se calmer sans doute.
-Je hais les balais, fit-il d'une petite voix.
-Au retour, c'est moi qui conduit, déclara James, et les deux autres approuvèrent. Sirius ne voulait plus jamais monter sur un balai piloté par Snape, et Snape ne voulait plus jamais piloter un balai.
Quand il eut retrouvé une respiration normale, Snape sortit de la ruelle et les conduisit au Chaudron Baveur. Sirius se rendit compte qu'il était épuisé du stress de ce trajet et se demanda s'il aurait la force de passer la journée. Peut-être un petit whisky pur feu ne nuirait-il pas… Oh, mais en voilà une bonne idée! Il n'avait qu'à retourner une fois de plus dans la chambre forte des Black et récupérer de l'argent!
-Sn –Severus, se reprit-il, je dois passer à Gringotts!
Le regard que lui renvoya Snape était suspicieux –craignait-il que Sirius n'en profite pour lui fausser compagnie? L'idée lui avait effleurer l'esprit, mais il ne pensait pas pouvoir rentrer au Manoir Potter à pied –il y avait plusieurs kilomètres qui le séparait de Londres. Et de toute façon, il ne pourrait pas passer les barrières de protection.
En effet, il y avait repensé plus tôt, sur le balais –juste avant d'éviter de très peu le clocher d'une église. James et lui ne pouvaient passer les protections du manoir sans qu'un elfe ne leurs ouvre la porte de l'intérieur –ce qu'ils ne feraient pas sans avoir été prévenus d'avance- ou qu'ils ne soient accompagnés par Mr ou Mrs Potter. Ils étaient donc bel et biens coincés.
-Pourquoi faire? Demanda Snape.
-Voyons, que fais-t-on à Gringotts habituellement? Ah oui, on va y chercher de l'argent!
Snape leva les yeux au ciel.
-Je dois y aller de toute façon, dit-il.
Il poussa la porte du Chaudron Baveur et entra, courbant un peu les épaules. Sirius et James le suivirent, se sentant un peu mal à l'aise. C'était la première fois qu'ils rencontreraient des gens –en dehors de la famille de Lily- avec leurs nouveaux aspects qui n'étaient pas exactement magnifiques.
L'atmosphère du pub était chaude, par comparaison à la pluie froide qui tombait au dehors. Quand ils passèrent la porte, le barman leurs jeta un regard indifférent avant de retourner à sa conversation avec un client. Baissant la tête, Snape passa devant, zig-zagang entre les tables et les clients. Quelques-uns leurs adressèrent des regards dégoutés, condescendant ou, au mieux, indifférent. Les ignorants de son mieux, Sirius suivit la chemin de Severus. Il sursauta quand il réalisa que James avait arrêté de le suivre.
-Qu'est-ce que t'as à me regarder comme ça, toi? Lança la voix de son ami d'un ton féroce.
Il se tourna soudainement, et Snape suivit le mouvement. Il laissa un soupir lui échapper. Ça ressemblait bien à James, ça, de s'énerver ainsi dès qu'on ne lui manifestait pas de respect. La fille à qui il s'était adressé, une grande perche avec des boucles chataînes, le fixait avec surprise. Les yeux d'onyx de James lancaient des éclairs.
-Qu'est-ce que t'as? Répéta James. Il semblait vraiment de mauvaise humeur. Pourquoi tu me regardes de haut, mm? Tu te pense meilleure que moi?
-Oh, ta gueule, imbécile, grogna Severus, tais-toi et viens…
Un silence de mort était tombé autour d'eux, et tout le monde les regardais. James semblait sur le point de répliquer, mais Sirius réagit avant lui.
-Allez, grouille, on a pas de temps à perdre avec… ça.
James poussa un grognement mais sortit tout de même du pub, l'air renfrogné. Le silence les suivit jusqu'à la sortie, avant de partir dans une foule de murmure.
-Bravo, Potter, coté subtilité et discrètion, t'as vraiment assuré! S'exclama Severus avec colère.
-Cette grande perche n'avait qu'à pas me regarder comme ça! Se défendit James.
-Qu'est-ce que ça pouvait bien te faire, hein?
-Elle avait pas à me mépriser comme ça juste parce que mes cheveux ont l'air gras! Je hais ce corps!
Snape éclata d'un rire froid et ironique. James sembla encore plus frustré.
-Moi, au moins, je suis pas un imbécile de Serpentard anti-moldu asocial!
-Anti-moldus? Contre-attaqua aussitôt Snape. Depuis quand? Est-ce que j'ai l'air d'haïr les moldus? C'est vrai que ça explique pourquoi je passe presque tout mon temps en vacances avec Lily!
Il sembla réaliser ce qu'il venait de lire, et rougit aussitôt comme une pivoine. James, lui, était tout aussi rouge, mais de colère.
-Ouais? Ben tu le prouves mal, espèce de Mangemorts!
-James! Intervint Sirius. Il valait mieux éviter de crier ce genre de choses en public.
-De Mangemorts? Répéta Snape, incrédule. De Mangemorts? Si j'avais été un mangemort, dis moi un peu pourquoi je vous aurait ramassé et soigné?
-C'est pas à moi de comprendre ce qui se passe entre tes oreilles de sale Serpentard!
-Parce que c'est mieux que d'être anti-moldus, dire que tous les Serpentard sont sadiques, mangemort et tout le fatra?
-James, Severus, calmez-vous!
Quelques personnes, depuis les fenêtres des étages du Chaudron, avaient collés leurs nez à la fenêtre, les fixant avec méfiance. James et Severus consentirent à arrêter de crier, mais continuèrent à échanger des regards noirs.
Quand ils furent sur le chemin de Traverse (NDA :j'ai oublié comment on doit faire pour passer, désolée…), ils commencèrent par se diriger chez Gringotts. Snape tendit un bout de papier au Gobelin derrière le comptoir.
-Borbog, appela-t-il. Coffre 431.
Un gobelin barbu à l'air sévère leurs fit signe de le suivre. Une descente en wagonnet dans les profondeurs de la banque plus tard, ils s'arrêtaient devant une porte couleur acier. Le Gobelin passa la main devant une série de runes, et la porte s'ouvrit lentement, révélant une montagne d'or. Borbog entra, et Severus, à la grande surprise de James et Sirius, ne le suivit pas, poussant un profond soupir. Le Gobelin prit une certaine quantité d'or dans la chambre, avant de ressortir et de donner les pièces dorées et argentés au Serpentards.
-Autre chose? Demanda-t-il de sa voix grincante tandis que la porte se refermais.
-Euh… le coffre des Black, annonça Sirius,
-C'est ça, très drôle. Fit le Gobelin d'un ton irrité. Seule la famille Black a accès au coffre des Black, jeune idiot. Autre chose?
Sirius échangea un regard avec James. Inutile de parler du coffre des Potter.
-Non, rien.
Ils remontèrent tous dans le wagonnet, que le gobelin démarra.
-D'où sors ce fric? Cria James pour se faire entendre malgré l'air lui fouettant le visage.
-C'est le fond de Poudlard pour les… élèves qui ne peuvent pas payer les fournitures tout seuls. Répondit Snape.
Oh. Que répondre?
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Hello!Je suis vraiment désolée d'avoir mis si longtemps à updater! Avec la rentrée et tout ça, ça m'a coupé l'inspiration et l'envi d'écrire... c'est revenu aujourd'hui :p à ceux qui veulent me lapider, je signale que je ne pourrai pas écrire si je suis morte!
Merci spécial à Océchan (le concombre en terre sadique, tu vois, tes menaces de m'attacher à ma chaise sont utiles!), à Pouet-Sevy (à qui, pardon, je n'ai pas parlé depuis un moment...écris, Pouet, steuplait!) à Zarakinel, à Chibi Kazan' (même si tu me cause du soucis avec tes questions auxquelles j'arrive pas à répondre .), à Anthales, à Shykeiro (maiiiis non tes reviews sont pas minables du tout! Au contraire! Peut être le Tournoi des 3 pour bientôt?), à Elleay Sahbel (allez, écris, écris!:D), et toujours à TheMadSister que j'adore :p. En fait, merci à tous!
Oh, et passez lire la fic de Valence, "Liaison Dangereuse", elle est vraiment bonne ;) et lancez-lui pleins de review pour qu'elle update plus viiiite!
Dans le prochain chapitre, nos trois joyeux compagnons (haha) font les courses et croisent quelques connaissances ;)
Une petite review? Si tout ceux qui m'ajoutent en alerte ou en favoris m'en laissait une, j'en aurais beaucoup... même juste un mot, genre "continue" c'est nice!
