RAR chapitre 6

Pouet-Sevy : James doit travailler un peu son regard de la mort qui tue, c'est certain,…Mais, je te rassure, il n'a pas viré barjo, simplement il veut être certain que Merlin ne change pas d'avis :p Et la voilà, la réaction de Moony ;)

Anthales : Merci pour la review ^^ Et puis, il faut bien que James reste James, non? S'il devenait gentil tout d'un coup, moi je trouverais ça louche ;)

Zarakinel : Toujours merci de reviewer!

Celine : Woa, ta review était un peu flou XD mais merci beaucoup, je suis contente que tu aimes mon humour tordu! En voilà encore une dizaine de pages!

Shykeiro : Héhé, j'adore faire passer James et Sirius pour des idiots… enfin, surtout James, hinhinhin… Et puis, je devais bien mêler Moony à tout ça, non? Sage comme il est, on doit l'aider à se mettre dans les problèmes!

Mano : Chouette, contente que ça te plaise!! Tant mieux si je respecte bien les personnages, parce que j'y tiens beaucoup^^ Mais oui, je tiens le fait que Sev n'ait pas révelé ça sur le coup de sa fierté… Et voilà la suite!

Elleay Sahbel : Merci encore pour ta review ^^ j'espère que tu auras eu le temps de venir lire ce chapitre!

Merci beaucoup à tout ceux qui lisent, me mettent en favoris ou en alerte. Et merci à Shykeiro qui a accepté de bêta-reader mes textes et ses (très) nombreuses fautes!

Bon, voilà enfin le chapitre!

Severus jeta un œil furtif autour de lui. L'allée des Embrumes n'était pas un endroit très sûr, surtout lorsqu'on était seul et sans baguette. Il afficha donc son regard le plus noir et le plus menaçant avant de se rendre d'une démarche rapide vers le magasin qu'il cherchait. La boutique n'était pas particulièrement visible. Une vitrine presque vide, ne contenant que quelques bocaux de verres posés devant un drap tendu qui avait du être blanc, quelques siècles plus tôt. Une vieille enseigne se balançait tristement au-dessus de la porte avec un bruit de grincements, indiquant « Némésis et Métis, herboriste spécialisé ». C'était une manière comme une autre de présenter un commerce d'ingrédients de potion illégaux.

Des chaînes s'entrechoquèrent au-dessus de sa tête quand il ouvrit la porte, mais il ne leva pas les yeux, paniqué. Métis avait depuis longtemps remplacé les carillons par son montage, et il s'y était déjà habitué. À peine fut-il entré qu'une odeur de fumée de cigarette lui frappa les narines, ne lui arrachant pas plus de réaction. Ça aussi, on s'y habituait. Il y avait une éternité que Métis fumait la cigarette moldue.

La boutique en elle-même était sombre, la lumière n'entrant que par une petite fenêtre sans carreaux, comme dans sa chambre. Des étagères, des présentoirs et des vitrines poussiéreuses présentaient des ingrédients que l'on aurait pu trouver n'importe où, comme de la bile de tatou, des racines de gingembre ou des langues de chats (des vrais, pas des sucreries moldues). Rien qui ne laisse deviner à un inspecteur du ministère que la boutique vendait des trucs pas très nets.

S'assurant d'avoir un air sûr de lui, il s'approcha du comptoir. Un homme, d'environ vingt-cinq ans seulement, avec des cheveux couleurs souris, des yeux jaunes et un visage souriant, lisait un vieux grimoire de mythologie. Il leva les yeux quand Severus atteignit le comptoir.

-Hey, Severus! Fit-il en fermant son livre, son sourire s'agrandissant. Toujours vivant?

-À peu près, répondit Severus en lui accordant un petit sourire. Némésis était sans doute l'une des personnes les plus agréables qu'il connaissait. Au moins il ne le jugeait pas sur son allure –les clients de sa boutique n'ayant que très rarement une meilleure apparence. C'était l'une des rares personnes à qui il n'avait rien à cacher, avec Lily.

-Qu'est-ce que je peux faire pour toi, gamin?

Severus tiqua, légèrement agacé. Lors de sa première visite sur le chemin de Traverse, cinq ans plus tôt, il s'était égaré sur l'Allée des Embrumes en cherchant la librairie. Un groupe de sorciers l'avait accosté, lui demandant de les suivre. N'étant pas idiot, il avait refusé, et les choses avait été sur le point de très mal tourner quand Némésis était arrivé, baguette au poing, de toute la hauteur de ses vingt ans. Étonnement, les hommes avaient aussitôt déguerpis, et Némésis avait ramené Severus dans sa boutique, lui offrant à boire et discutant avec lui. Depuis, il n'avait cessé de l'appeler « gamin ».

-Cesse de m'appeler ainsi, tu n'as que dix ans de plus que moi.

-Que? Pfff, du respect pour les aînés, le mioche! Alors, que veux-tu? J'imagine que tu n'es pas venu uniquement pour me dire bonjour?

-Perspicace, ma foi.

-J'adore ton tact, Severus.

-J'aurais besoin du nécessaire pour de la potion désinfectante, soignante, cicatrisante et anti-douleur.

-Encore ce sale type? Soupira Némésis en ouvrant le placard juste derrière lui. Il n'attendait visiblement pas de réponse, et il continua. Tu sais, on devrait envoyer Métis l'assassiner, ça nous débarrasserait chacun d'un poids!

-Tu sais ce qu'il te dit, le poids? Fit une voix grinçante.

Un homme pratiquement identique à Némésis fit son entrée par une petite porte derrière le comptoir. Le premier leva les yeux au ciel avec un grand soupir, tandis que Severus réprimait un rire.

-Bonjour à toi aussi, Métis, fit Némésis d'un ton agacé. Non, je ne sais pas ce qu'il me dit.

-Il te dit qu'il irait bien rendre visite à Tobias Snape si son abruti de frère était capable de gérer une boutique tout seul.

Severus eut à nouveau un petit sourire. Les deux jumeaux étaient incroyables, toujours à se chamailler. Métis, différenciable de son frère par ses cheveux bronze, avait toujours eu un caractère assez difficile, n'en étant pas moins agréable. Un peu rude et taciturne, mais sympathique.

-Alors, Sev', toujours vivant? Demanda Métis en se tournant vers lui.

-Visiblement. Note que… mes nerfs vont bientôt m'abandonner.

-Pourquoi donc? S'étonnèrent en même temps les deux frères. Ils échangèrent un regard noir.

-Vous vous souvenez de ces types à l'école? Les Emmerdeurs, à Gryffondor, dont je vous avais déjà parler?

-Dur d'oublier ces crétins, au nombre d'insultes que tu proférais sur eux à chaque visite…

-Oui, bon, bref, il se trouve qu'ils ont atterris chez moi!

-Pardon? Firent à nouveau d'une même voix les deux jumeaux.

-Ils ont été attaqués, ou quelques chose de ce goût-là, et ils ont involontairement transplané à Spinner's End. Comme leurs parents sont partis, ils ne peuvent pas rentrer avant leur retour, dans quelque jours.

-Mais c'est l'occasion parfaite! S'exclama Métis. Arranges-toi pour que Tobias en tue un, et tu te débarrasses du Maraudeur et de ton père d'un coup!

-Mais tu es malade, Métis? S'écria Némésis. Tu imagines tous les problèmes que ça lui apportera? Déposition, héritage, procès, explication, procédure de deuil social et responsabilités de présence, enquête familiale,…

-Oui, mais pas plus emmerdant que de survivre avec son père et ces imbéciles de Gryffondors!

-Peut-être bien, mais il risquerait d'être associé à la mort, sachant qu'il les détestait!

-Quoi qu'il en soit, fit Severus d'une voix forte, réalisant que les deux frères pouvaient débattre plusieurs heures durant et qu'il y avait déjà une bonne dizaine de minutes qu'il était dans la boutique, j'aurais besoin d'une potion pour les nerfs, du nécessaire pour une potion de sommeil cauchemardesque, et, heum, du croc de basilic en poudre.

-Du croc de basilic en poudre?! Que veux tu faire de ça? C'est vachement dangereux!

-Heum, bien, ça entre dans la composition d'un Filtre de Fièvre, non?

Métis éclata de rire.

-La potion de cauchemar et le filtre de fièvre, c'est tous les deux pour Tobias, j'imagine?

-On a les vengeance qu'on peut, non?

-Ma foi, vu comme ça… avec tes autres potions, ça fera… sept gallions et trois mornilles.

Severus grimaça. Il devait lui rester deux gallions, tout au plus.

-Raah, voyons, Métis! Tu vas pas lui faire payer, tout de même!

-Qu'est-ce que je disais? Incapable de gérer une boutique!

-Franchement! Tu sais aussi bien que moi que lui faire payer tout ça serait immoral!

-Comment, immoral?

-Les potions de soin sont nécessaire, il ne les achètes pas par plaisir!

-Et nous non plus!

-Tais-toi donc, abruti, si le problème se situe là, je paierai les prochaines commandes.

-Et avec quel argent? Pas celui du magasin!

-Je te signale que je fais quand même les trois quarts des ventes! Toi, tu effraies les clients! Et sache que mes rentrées d'argent ne se font pas que par le magasin!

-Encore des commerces douteux avec ce Fletcher?

-Ça n'est pas douteux! Techniquement, le ministère n'a jamais interdit la revente spécifiquement aux moldus!

-Tu te feras attraper un de ces jours! Mais si tu y tiens tant, d'accord, ça sera gratuit pour Sev'! Mais tu paie la prochaine commande!

-D'accord, d'accord!

Puis il se tourna vers Severus, retrouvant immédiatement son sourire comme si rien ne s'était passé, et lui tendit le sac qu'il avait préparé.

-Tiens, gamin, et fais-en un bon usage. Et ne laisse pas ces idiots de Gryffondors te pourrir la vie.

-Merci, Némésis. J'y veillerai. Merci beaucoup. À toi aussi, Métis. À bientôt.

Et il quitta la boutique. En temps normal, il aurait eu honte de laisser quelqu'un d'autre payer pour lui, mais… pas Némésis. Quelque chose faisait que ça ne le dérangeait pas, et il savait que le commerçant n'était pas non plus embêté.

Reprenant son air menaçant, il quitta rapidement la ruelle sombre, ne souhaitant pas s'attarder dans un coin aussi dangereux alors qu'il était désarmé. Il fut encore une fois ébloui en revenant sur la grande rue. Un monde entier semblait séparer la petite allée sombre et brumeuse du Chemin de Traverse, si clair et joyeux.

Il se dirigea d'un pas un peu sec vers la terrasse de Folifine Fortarôme, se demandant vaguement ce qu'il ferait si les deux maraudeurs étaient partis avec leur loup-garou d'ami. Mais, par chance ou malchance, il les y trouva tous trois, attablés autour de sundae à la couleur douteuses –orange pour Potter, bleu pour Black et mauve pour Lupin.

Ils riaient joyeusement, comme s'ils étaient à Poudlard, comme si rien ne s'était passé.

Sans qu'il ne sache pourquoi, il sentit des larmes lui venir aux yeux à cette vision. L'amitié incroyable qui unissait les Maraudeurs l'avait toujours frustré. Bien sûr, il s'était habitué à être son propre meilleur ami, à être toujours seul. Tu t'adapte ou tu crève, telle était la loi de ce monde. Mais pourtant, voir ainsi des gens parfaitement heureux, s'entendant parfaitement bien le rendait triste à chaque fois. Voir ces sourires sur les visages, ces bourrades dans le dos, et savoir qu'il n'en aurait jamais de semblable… ça le rendait malade.

Il se rendit soudainement compte qu'il était franchement fatigué. Tant physiquement –même les potions de soin ne pouvait le remettre complètement des coups et de son insomnie- que moralement. Il avait vraiment envie de dormir, pour profiter du calme et du silence intérieur qu'apportait l'inconscience…

Il se secoua la tête pour reprendre ses esprits et s'approcha de la table à laquelle les Maraudeurs venaient enfin de reprendre leurs sérieux, laissant quelques gloussements leurs échapper.

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Quand un grand type ressemblant étrangement à Snape, beuglant son nom et son surnom, était arrivé en courant vers lui, Remus avait paniqué, ce qui, admettons le, était une réaction parfaitement appropriée. Seulement voilà, un Remus qui panique, c'est plutôt particulier… Car l'esprit de Remus se partageant avec celui d'un loup, les situations où il paniquait, où il était très en colère ou quand il était submergé par une émotion très forte étaient prise en charge par la ruse et les réflexes du lycan. Aussi, le jeune Gryffondor écarquilla les yeux, ne faisant cependant pas le moindre mouvement pour éviter le jeune homme, et se tassa à gauche au dernier moment, laissant James s'écraser dans la vitrine avec un bruit sourd.

Il resta un moment figé à contempler l'autre garçon, écrasé dans la vitrine comme une mouche morte. Une chose était sûre : ça avait du faire très mal. Aussi, son caractère habituel refit surface, laissant couler le fait qu'il ignorait qui était l'autre et qu'il avait essayé de lui foncer dessus. D'autant que le type connaissait son surnom. Bref, il ne put s'empêcher de demander timidement :

-Ça va?

-Fré vien, fit l'autre d'une voix étouffé. Il se décolla de la surface vitré avec un bruit de succion, laissant sa joue rouge. Ne le fais plus jamais, Moony stupide.

-Et je peux savoir qui tu es?

-James, au nom du ciel! S'exclama une autre voix. En se retournant, Remus put voir un autre garçon, qu'il prit d'abord pour Severus Snape, arriver à son tour en courant. Mais le type avait, et c'était visible même de loin, des yeux si vifs qu'on n'aurait pu le confondre avec personne.

Les pièces du puzzle se placèrent lentement dans son esprit, jusqu'à la conclusion la plus tordue qu'il pouvait sortir de l'affaire : il avait devant lui James et Sirius.

Depuis quand James avait-il les cheveux gras et Sirius le nez de travers?

-Vous êtes? Demanda-t-il poliment aux deux garçons, occupés à débattre –une question de subtilité et de discrétion, apparemment- qui se rappelèrent soudainement de son existence.

-Moony! C'est nous! On a la tête de Snape –enfin, de ses frères, on sait, mais on est nous, c'est ta bague et le collier de Lily et puis Tobias et les sorts d'amnésie et le matelas de Snape, et puis…

-James, tais-toi, tu vois bien qu'il est traumatisé! Moony, je sais que c'est dur à croire, mais c'est moi, Sirius, et lui, c'est bel et bien James! On a été attaqué, on a accidentellement transplané chez Snape, et puis là on lui a inventé des frères et on s'est déguisé en eux pour tromper son père!

Remus les fixa un moment, clignant des yeux, son regard allant de l'un à l'autre. Il était à présent convaincu d'avoir bel et bien deux des Maraudeurs devant les yeux –leurs explications tordues étaient très maraudesques- mais il ne comprenait absolument rien à leurs simagrées étrange. Tout juste qu'ils avaient utilisé sa bague et qu'il y avait manifestement un lien avec Snape.

-Je crois qu'on en a pour un moment à lui expliquer, soupira James en constatant l'air médusé du jeune Gryffondor. Ou est-ce que Sniv –que Snape nous a dit de l'attendre?

-La terrasse de Folifine Fortarôme.

-Ok, alors allons-y. Moony, il faut que tu le sache, toi au moins, mes cheveux ne sont pas gras! Ils ont juste l'air de l'être, mais je t'assure qu'ils ne le sont pas! Tiens, touche! Tu vois? Pas gras, d'accord?

-James, au nom du ciel, soupira ledit Moony. Tu es vraiment toi, pas le moindre doute.

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Severus fixa un moment encore la table des Maraudeurs. Se calmant tout juste d'une plaisanterie quelconque, ils laissaient quelques gloussements leurs échapper. Black, s'il ne se trompait pas –il faut dire que de loin, lui et Potter étaient actuellement presque identiques- essuya une larme de rire et retrouva son souffle avant de lancer avec difficulté :

-Et… et alors, Bellatrix dit « Ma vengeance sera terriiiiiiiiible! »!

Nouvel éclat de rire général. Silencieusement, Severus se glissa sur une quatrième chaise, entre Lupin et Black. Il attendit qu'on le remarque –ce fut finalement Remus qui l'aperçu le premier, manquant tomber de sa chaise par la même occasion.

-Snape, salua-t-il, l'air un peu gêné. Ça… ça va?

Severus ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.

-Ça va très bien, Lupin, ce n'est pas parce que tu viens d'apprendre que mon père est un parfait salaud que tu dois commencer à t'inquiéter pour moi. Personnellement, je me préoccuperais plutôt de tes deux zigotos d'amis.

-Hey, relaxe, Snape, intervint James. Il essaie d'être sympa, alors tais-toi!

-Parce que je lui ai demandé quelque chose, moi?

-Oh, vous n'allez pas remettre ça! S'exclama Sirius d'un ton exaspéré comme James allait répliquer.

Les deux garçons, comme pris en faute, croisèrent les bras d'un air boudeur.

-Ma foi, il y a quand même progrès, ils ne se sont pas encore jeté de sorts, remarqua Remus à un Sirius agacé.

-Non, ils n'ont pas leurs baguettes… mais c'est en effet un progrès, d'habitude, ils échangent quelques coups de poing.

-Oh. Chouette. Je, heum… Tu veux quelque chose, Severus?

Folifine Fortarôme, un homme de petite taille, légèrement grassouillet et presque chauve, s'était approché d'eux d'un air inquiet, et avait l'air d'avoir envie de s'enfuir. Il faut dire à sa défense que James et Severus dégageaient des ondes effrayantes. Mais un client est un client, et une mornille est une mornille, n'est-ce pas?

-Apportez-moi un Whisky Pur-Feu. Fit Severus sans accorder un regard à Remus.

-Bien, monsieur, bredouilla Folifine avant de repartir vers sa boutique d'un air pressé.

-Tu devrais arrêter de traumatiser tout le monde ainsi! Il avait tellement la trouille qu'il n'a même pas remarqué que tu n'as pas l'âge de commander du Whisky! Réprimanda Sirius.

-À choisir entre traumatiser les gens ou se laisser regarder comme un déchet, j'ai fait mon choix. Une habitude de Snape, j'imagine.

Un silence mal à l'aise suivit sa déclaration. Quelques secondes plus tard, Folifine arrivait à coté d'eux, une bouteille de Whisky Pur-Feu dans la main droite et un verre dans la gauche. Il avait fait vite, sans doute pressé de régler la commande pour ne plus avoir à faire avec les quatre adolescents. Remus sortit une bourse de sa poche, mais Severus l'ignora et fourra trois Mornilles dans la main du commerçant. Il savait parfaitement que le whisky en coûtait sept, mais il tenait à garder un peu d'argent.

-Ça ira? Fit-il en prenant une voix glaciale et un regard assassin.

-Je… -Folifine hésita un moment entre l'argent ou sa survie, et décida finalement qu'il souhaitait vivre encore quelques années- oui, c'est parfait. Bonne journée, messieurs.

Et il décampa à nouveau dans son café.

-En plus, fit Severus comme s'il n'y avait pas eu d'interruption, ça a certains avantages. Lupin, ferme ta bouche, tu vas avaler une mouche.

Rougissant, Remus s'exécuta tout en rangeant son argent.

-C'est illégal! S'indigna James.

-Pas du tout. Je lui ai demandé si ça allait, il a dit que oui. Désolé si je trouble ta conscience de fils d'Auror.

-Il tenait à sa survie, oui! À la façon dont tu l'as regardé, il était terrorisé!

-Vraiment? C'était involontaire, ironisa le Serpentard en buvant une gorgée directement à la bouteille.

-Eh, ne te saoule pas, hein! Intervint James.

Snape le fixa un moment, avec ce regard, vous savez, celui qui donne l'impression que vous êtes d'une infériorité incroyable par comparaison à un pissenlit? Eh bien étonnamment, James ne baissa pas les yeux. Severus, lui, analysait l'idée.

-Répète? Demanda Snape avec l'air du macho capitaine de l'équipe de soccer qui se fait demander s'il est homosexuel.

-Je t'ai dit de ne pas te saoûler, andouille.

-De ne pas… t'es étrange, Potter. Et pourquoi je me saoulerais?

-Parce que t'as l'air bien parti pour te passer une bouteille entière de Whisky!

Severus eut un sourire et but encore une grande gorgée du liquide ambré. Un petit rictus se dessina au coin gauche de ses lèvres, et Sirius frémit –c'était le même rictus que Tobias Snape.

-Ah bon. (Il eut un petit rire sans joie.) Mais qu'est-ce que ça pourrait te faire, hein?

-Snape? Intervint Sirius, alarmé en constatant que le Serpentard avait déjà bu pratiquement le tiers de la bouteille. Snape, arrête toi, tu commences à l'être, saoul!

Le garçon devant lui le fixa un moment, secoua la tête comme pour retrouver ses esprits, puis regarda autour de lui. Enfin, après encore quelques secondes de silence, il but à nouveau une grande gorgée. Sirius jeta un coup d'œil à Remus, qui regardait alternativement Snape et ses deux amis, comme pour demander ce qu'il devait faire. James, lui, fronçait les sourcils, ayant l'air de se demander ce qui se passait.

Sirius, lui, en avait une vague idée. Le lendemain de son arrivé au Manoir Potter, il avait bu une pinte entière de rhum moldu. Comme seul résultat, il avait eu une gueule de bois abominable le lendemain. Il ne savait pas exactement pourquoi il l'avait fait. Par frustration, pour oublier, pour se dire qu'il était fort, pour recommencer à zéro… Il voyait mal le Serpentard avoir la même réaction, mais c'était la seule hypothèse qu'il avait.

-Chui pas saoul, déclara Severus. Chui pas comme lui. Pas faible. Jamais faible.

Et là-dessus, il avala encore une gorgée de Whisky, faisant descendre le niveau à la moitié.

-Ça suffit, Severus, arrête! S'exclama Sirius, s'alarmant légèrement.

Severus fronça les sourcils. Il entendait Black lui dire de s'arrêter, mais il ne comprenait pas pourquoi. Il arrêtait enfin de penser à tout cela –son père, les maraudeurs, les coups, Lily, qui ne le voyait que comme un ami, les blagues foireuses, l'os de son bras gauche qui était toujours légèrement de travers- et Black voulait l'en empêcher. Black ne voulait pas qu'il se repose. Mais il n'aimait pas Black, n'est-ce pas? Non, Black était un Maraudeurs, et Severus n'aimait pas les maraudeurs… alors, pour le contredire, il avala une nouvelle gorgée du liquide, le sentant descendre dans sa gorge, sentant son cerveau un peu plus embrouillé, comme si une brume prenait place dans ses pensées, les rendant incohérentes.

Mais ça n'allait plus… son bras gauche, justement, celui qui tenait la bouteille… l'os était de travers depuis un moment, et son état relativement peu sobre lui fit perdre le contrôle qu'il avait dessus. La bouteille tomba de ses mains et s'écrasa par terre avec fracas. Il sursauta, et un mal de tête se pointa dès qu'il releva la tête. Le Whisky Pur-Feu était une boisson particulièrement forte, soit dit en passant, et le genre dont il valait mieux ne pas avaler une demi-bouteilles en quelques minutes. Il poussa un petit gémissement en portant la main à sa tête, avant de se mettre à jurer.

Les trois maraudeurs échangèrent un regard déconcerté, peu certains de ce qui venait de se passer et de la réaction à adopter.

-Ça va? Demanda Remus d'un air incertain.

Severus se mit à grommeler quelque chose comme :

-'dit loup-garou, maraudeurs, mauvais gryffondors, mauvais…

Sirius leva un sourcil perplexe tandis que James éclatait de rire.

-Snape? Demanda le jeune Black. Tu…

-Sale gryffondors, recommença Severus comme s'il n'avait pas été interrompu. Maraudeurs, idiots, Blacks, tous des imbéciles…

James éclata à nouveau de rire. Les pensés de Severus semblaient tellement mélangés qu'elles en étaient hilarantes. Mais déjà, le Serpentard se forçait à retrouver ses esprits, au moins en partie, et releva la tête pour lui jeter un regard de la mort qui tue des plus effrayants. James s'arrêta aussitôt de rire, troublé. À nouveau, Snape avait exactement la même expression que son père. L'alcool y était peut-être pour quelque chose.

-Va te faire foutre, Potter.

Et là-dessus, il se leva et ramassa ses sacs, légèrement tremblant –mais au moins ne titubait-il pas comme son père. Pourtant, en lui ajoutant quelques centimètres et en changeant la couleur de ses yeux, son expression menaçante et ses gestes secs et vifs, donnant toujours l'impression qu'une baffe n'était pas loin, le rendaient exactement identique à Tobias Snape.

-V'nez ou quoi? Lança-t-il un peu sèchement à Sirius et James. Ceux-ci sursautèrent avant d'envoyer un regard d'excuses à Remus et de se lever. Celui-ci les regarda partir sans un mot, légèrement bouche bée. Faut dire à sa défense que quand on ne s'y attends pas, le regard d'un Snape saoul et de mauvaise humeur, ça fait peur. Et surtout, la soudaineté avec laquelle il se retrouvait arraché à ses amis surprenait, c'était un fait.

D'une démarche un peu tremblante, Severus retrouva la ruelle où il avait caché son balai. Comme lorsqu'ils avaient atterrit, il s'accota au mur en soufflant, tentant de retrouver ses esprits et son équilibre, qui l'avaient désertés depuis un moment. Il eut soudainement un haut-le-cœur et eut juste le temps de se retourner avant de vomir violemment. James et Sirius grimacèrent.

-Yeurk, commenta James, apparemment tu supporte pas l'alcool, toi…

-La faute aux Prince, fit Snape d'une petite voix en s'éloignant de la flaque de vomi. Il avait cessé de trembler mais était d'une pâleur mortelle, et Sirius constata qu'effectivement, il n'avait pas l'air d'être très résistant à l'alcool. Ils ont jamais été capable de boire.

-Je ne veux même pas savoir, fit James d'un ton sec. Et Moony? Tu as vu comment tu nous a obligé à foutre le camp rapidement? Pas même le temps de lui dire au revoir!

-S'cuzez. Maintenant, ta gueule. J'ai mal au crâne.

-Oh, pauvre petit! Tu veux que je compatisse, peut-être?

-Tais-toi, James, soupira Sirius.

L'ignorant complètement, James se mit à réprimander Severus sur les méfaits de l'alcool sur la santé et l'esprit, avant d'enchaîner sur un discours très saoulant sur les bonnes manières, destiné uniquement à donner mal à la tête au Serpentard. Le seul point positif était que visiblement, James écoutait parfois ses parents –bien que Sirius se demanda légèrement pourquoi il avait été sermonné au sujet de l'alcool. Au bout d'environ deux ou trois minutes, Snape parut avoir atteint sa limite de patience, et, sans avertir –c'eut été vraiment stupide de sa part- envoya un grand coup de balai –ramassé quelques secondes plus tôt- sur la tête de James. Pas très pratique, sachant que James allait piloter ledit balai avec eux trois dessus quelques minutes plus tard, mais ça lui fit du bien. Beaucoup de bien.

Pas à James, par contre, et celui-ci faillit tourner de l'œil. Quand Sirius se fut assuré qu'il allait survivre, reconnaissait encore la droite et la gauche, et ne tuerait pas Severus en plein vol, ils purent enfin rentrer à Spinner's End. Ce jour-là, Sirius découvrit une autre chose très intéressante.

Il détestait le shopping.

Arghh, j'aime pas trop ce chapitre, mais il est nécessaire pour passer à la suite, désolé! Et je sais que c'était con, mais j'y tenais, moi, à rendre Sev' saoul!! Et…. (intervention de la petite voix dans la tête me signalant de la fermer) Hum. Bref. Dites moi tout de même ce que vous en pensez, s'il vous plait! Ça ne coute pas cher, mais ça fait plaisir!!!