Salut salut! Merci de vos reviews, tout le monde, ça fait plaisir de savoir que cette fic vous intéresse encore! =)
Réponses en vrac à quelques commentaires:
Le Slash est-il encore d'actualité concernant cette fiction?: OUI. Deux slash yaoï, et une romance hétéro. À vue de nez. Si les persos ne m'obligent pas à changer d'idée.
Il y a quelques incohérences...: Yes, je plaide coupable. À ma décharge, j'ai écrit les 20 premiers chapitres de 2L1S (j'abrège désormais) entre mes 12 et mes 13 ans, et j'avais un peu plus de mal à ce moment à construire la structure d'une fic. J'essaie de rattraper le coup comme je le peux, mais je ne peux pas garantir qu'il n'y aura encore aucune erreur ^^; Merci de votre indulgence!
Aux Zanonymes:
Alasdair: Moi? Aimer faire souffrir les persos...? Mais qu'est-ce que c'est que cette accusation outrageuse et injustifiée à mon encontre? ...Ouais, bon, hum. À ma décharge, sans hurt, pas de comfort, ah! =D Sinon, merci pour l'image mentale des persos-céréales qui essaient de nager hors du bol, hein XD
Koul: Merci beaucoup! ^^ Je vais essayer de ne pas (trop!) traîner dans la publication, promis! =)
Bonne lecture! ^^
-Sev ! Attends-moi !
Le nommé se figea légèrement au son enjoué de la voix de Lily, qu'il avait guettée avec une certaine anxiété depuis deux jours. Il s'arrêta net dans le couloir, fermant les yeux un bref instant et révisant pour la dernière fois son plan. Un dur moment à passer et rien de plus, tenta-t-il de se convaincre.
-Quoi ? Lança-t-il sur un ton vague en se tournant à demi pour rencontrer le regard de son amie.
Lily avait encore sa lourde cape noire sur le dos, alors que le cours de Soins aux Créatures Magiques qu'ils avaient eu à l'extérieur dans l'après-midi était terminé depuis plus d'une demi-heure –elle avait encore dû traîner en chemin avec une de ses amies, puisque lui était immédiatement rentré pour aller chercher des provisions aux cuisines. Les cheveux roux vifs de Lily s'étaient légèrement ébouriffés sous le souffle du vent. Il s'était régulièrement demandé si la couleur si brillante des cheveux de son amie n'avait rien à voir avec ses pouvoirs –tout le reste de la famille Evans, après tout, avait des cheveux bruns. Le froid avait fait rougir les joues de la sorcière et marquait ses pommettes relevées dans un sourire alors qu'elle le rejoignait rapidement, essoufflée.
Elle était adorable, constata-t-il avec un mélange d'amusement et de tristesse. Elle avait un tel air de gamine, avec son sourire permanent et ses cheveux brillants… Alors qu'elle pouvait parfois être tellement concernée et adulte quand il s'agissait de lui… Lily était une amie tellement précieuse et tellement proche, comme l'aurait été une sœur spécialement attentionnée… Pourquoi fallait-il qu'il la laisse tomber ?
Il sursauta pour lui-même à ses propres pensées et se gifla mentalement. Une sœur… ? Comment pouvait-il se faire cette réflexion à propos de la fille dont il était amoureux ? Lily n'était en rien une amie ou une sœur c'était la jeune femme qui faisait battre son cœur depuis aussi longtemps qu'il s'en souvenait !
Qu'importe ? Souffla-t-il à son esprit, légèrement confus et mal à l'aise devant ses sentiments contradictoires. Tu dois l'éloigner de toi de toute façon. Ce qu'elle représente à tes yeux n'a aucune importance.
-Qu'est-ce qui est arrivé à ton œil ? S'enquit Lily, inquiète, quand elle l'eut rejoint et eut une vision complète de son visage.
-La porte du dortoir m'a agressé, répondit-il simplement en haussant les épaules, le ton aussi détaché que possible.
Il vit nettement le scepticisme qui s'installa dans les yeux verts de Lily tandis qu'elle mettait évidemment en doute le mensonge mille fois entendu. Elle le connaissait beaucoup trop bien et depuis bien trop longtemps pour ne pas suspecter le peu de crédibilité dans ses propos. Et c'était bien ce qui rendait ce moment si douloureux à Severus.
Lily et lui se connaissaient depuis qu'ils avaient à peine six ans. Il connaissait sur le bout des doigts chacune des réactions et des mimiques de son amie, ce qu'elles signifiaient, ce qui les causait. Et –c'était bien le problème- vice versa. La Née-Moldue était probablement la personne qui le connaissait le mieux à travers tout Poudlard. Et elle connaissait ses mensonges mieux que quiconque.
Il ne pouvait simplement pas l'envoyer promener comme il l'avait fait pour Sirius et J- pour Black et Potter. Lily saurait qu'il mentait, elle saurait qu'il n'allait pas bien, et elle saurait le harceler jusqu'à ce qu'il lui dise la vérité. C'était arrivé des dizaines de fois quand ils étaient enfants, ou plus tard, à Poudlard, quand il tentait maladroitement de la repousser pour lui éviter les railleries des amies de Pétunia ou des autres élèves de Gryffondor.
Chaque fois, Lily l'avait forcé à lui avouer la vérité, et chaque fois, il avait cédé, parce qu'il ne voulait pas lui mentir à elle, qui était si prompte à le réconforter dans les moments les plus pénibles.
Mais là… tout le réconfort du monde ne pouvait changer les faits. Il était question de Mangemorts. Et Lily était une Née-Moldue Gryffondor.
Et il ne pouvait pas non plus lui expliquer la situation, comme pour Regulus, et laisser la rousse comprendre d'elle-même qu'il leur fallait garder leurs distances. Parce que ce genre de résignation n'entrait pas dans le vocabulaire de Lily Evans. C'était une Gryffondor, après tout…
Alors il n'avait pas le choix.
À travers les années, évidemment, il s'était disputé avec la rousse, plusieurs fois. Leurs caractères à tous deux étaient trop vifs pour que ça ne soit pas le cas. Et les seules fois où Lily n'avait pas fait le premier pas pour s'excuser, c'était quand lui ne paraissait pas souffrir de la séparation –quand il avait afffaire avec d'autres Serpentards, quand il était pris dans des recherches de potions prenantes, quand il manquait de sommeil et était tellement fatigué qu'il ne paraissait pas attacher d'importance à la présence de Lily. Alors elle était vexée et boudait de son côté en attendant des excuses.
Son amie était adorable. Mais elle était parfois tellement naïve… Il restait dans ces moments-là complètement stupéfait en voyant à quel point la rousse pouvait lui paraître être encore une enfant, à l'occasion. Elle était encore si puérile, parfois ! Lily était… son exacte opposé. Depuis le début. Mais n'était-ce pas ce pourquoi il l'avait aimée ? Son innocence ? Sa douce naïveté et sa joie enfantine alors que lui, son cœur avait grandi bien avant ses jambes, en le laissant désabusé et triste? Il ne savait pas rire. Il était rationnel, logique… et elle, elle était imaginative et colorée. Un duo qui n'allait pas ensemble, et qui pourtant se complétait parfaitement.
Sauf quand Lily exigeait de lui un enthousiasme ou une attention qu'il ne pouvait pas lui fournir, et qu'alors, elle se sentait délaissée. Maladroit en relations humaines qu'il était, il s'était toujours senti gêné, dans ces situations, sans savoir comment se faire pardonner un crime qu'il n'avait pas euconscience de commettre. Il avait toujours détesté devoir se justifier maladroitement, alors.
Mais maintenant… il allait mettre la naïveté de Lily à profit pour s'éloigner d'elle. C'était le moyen le moins douloureux pour la Gryffondor qu'il ait pu imaginer pour couper les ponts avec elle.
-La porte du dortoir ? Répéta Lily, manifestement dubitative. La porte du dortoir t'as rendu aveugle d'un œil et t'as mis un bandage sur le bras ?
Il haussa vaguement les épaules, pour montrer que le sujet ne l'intéressait pas spécialement, et se remit à marcher dans sa direction initiale. Il devina plus qu'il ne vit le froncement de sourcils de son amie et sentit son estomac se tordre douloureusement.
-Dis donc, merci pour la réponse, renifla Lily avec un ton qu'elle voulait faussement vexé. Tu ne t'es pas disputé avec James et Sirius avant qu'ils partent, quand même ?
-Non, répondit-il sur un ton vague, sans donner davantage de détail.
-…Bon...
Là encore, il n'eut même pas besoin d'un coup d'œil vers la rousse pour deviner sa mine légèrement vexée à présent, puérilement blessée par le manque d'attention. Il avait le cœur serré à cette idée. Il blessait consciemment la fille qu'il considérait comme sa propre petite sœur… La fille qu'il aimait, se corrigea-t-il vivement, en serrant légèrement ses lèvres.
-…Tu sais que Nina, à Poufsouffle, a pu me trouver le tome six des aventures de l'Auror Anya ? Lança Lily après quelques secondes, tentant apparemment de reprendre la conversation. Il paraît que c'est le meilleur de la série. Je pourrai te le prêter quand je l'aurai fini, si tu v-
-Désolé, je dois aller voir Rosier, la coupa Severus avec un ton désintéressé qui indiquait bien qu'il ne l'avait pas écoutée. 'Soirée, Lily.
Il n'attendit pas de réponse et, sans un coup d'œil à la rousse, passa soudainement dans un couloir adjacent sans paraître plus navré que cela. Il fila aussi vite qu'il le pouvait sans avoir l'air de courir, avec l'estomac retourné. Phase un complétée, songea-t-il avec aussi peu d'émotion qu'il le pouvait. Lily le bouderait un temps avant de lui adresser à nouveau la parole. Puis elle se heurterait à un nouveau mur et le bouderait encore. S'il tenait le coup, il perdrait pour de bon le contact avec elle en quelques semaines –à temps pour le retour à la normale des Maraudeurs. Il serait pour de bon coupé des Gryffondors. Sans soupçon. Il serait à nouveau Snivellus l'Associal et, pour le mieux, Lily et les Maraudeurs se désintéresseraient de lui. Ainsi qu'il le fallait.
Si seulement il avait pu s'en réjouir…
Il n'avait évidemment pas un mot à dire à Rosier à l'heure actuelle, loin de là –il l'évitait comme il évitait tous les autres Serpentards depuis des semaines- et se dirigea donc, la mort dans l'âme, vers les étages supérieurs plutôt que vers les donjons quand il parvint aux escaliers. Il restait une petite heure avant que le dîner ne soit servi; la salle commune devait donc être remplie, ce qui l'obligeait à chercher refuge ailleurs. Le froid qui s'était installé sur la région laissant le parc hors de toute considération, il n'avait pas vraiment d'autres options que de se glisser dans des endroits plus ou moins déserts du château, en variant régulièrement, pour avoir la paix.
Sans grand enthousiasme, il monta ainsi à la volière, heureusement vide de toute humanité à l'heure actuelle, et s'installa à une distance respectable des perchoirs remplis de hiboux. Il repéra aisément, sans pourtant l'avoir cherché, le hibou de James Potter –celui-là même qui avait été prévenir les parents de l'autre en Albanie. Le grand-duc le fixa dans les yeux un bref moment, l'air d'en comprendre beaucoup trop pour un stupide oiseau, avant de tourner la tête à 180 degrés pour se rendormir.
Severus soupira légèrement avant de sortir de son sac les provisions fournies par les Elfes des cuisines et la dissertation qu'il devait terminer pour son cours de Soins aux Créatures Magiques sur la nuance infime qui dissociait les « êtres » des « créatures ». Il s'appuya à peu près confortablement contre le mur, assis par terre, chassa aussi efficacement qu'il le put Lily de ses pensées et s'efforça de reprendre son paragraphe de développement sur le refus des Centaures, en 1876, d'entrer dans la Convention Magique Internationale.
Il se réveilla en sursaut de longues heures plus tard, dans un cri de surprise alors que son index de la main droite était violemment pincé par quelque chose de tranchant. Il cligna des yeux avec surprise, incertain de l'endroit et du moment où il se trouvait : les ténèbres nocturnes avaient envahi la volière et seule une lumière magique, de garde, éclairait la pièce. La plupart des poutres où vivaient les hiboux en général étaient vides, leurs occupants sans doute partis chasser. Severus se frotta les yeux d'une main, déboussolé, en se demandant à quel moment il avait pu s'endormir –avant d'avoir une nouvelle exclamation de surprise quand son doigt se fit à nouveau mordiller. Il baissa un regard inquiet sur sa main pour constater qu'une corneille lui pinçait le doigt avec un air profondément agacé depuis déjà un moment, à en juger par les coupures peu profondes mais nombreuses sur sa peau.
La corneille parut satisfaite de le voir réveiller, lui adressant un croassement méprisant avant de laisser tomber sur ses genoux un parchemin étroitement roulé sur lui-même. Elle s'envola ensuite pour aller chasser un minuscule hibou de son perchoir et s'y installer, entreprenant de se lisser les plumes. Severus la suivit du regard, perdu, avant de baisser le nez sur le parchemin.
Son cœur s'accéléra légèrement en faisant passer son regard de l'oiseau noir –qui l'ignorait désormais comme s'il avait été un morceau de mur- à la lettre roulée sur elle-même. Il connaissait une seule et unique personne qui préférait la messagerie plus ancienne aux hiboux modernes… si l'expéditeur était celui auquel il pensait…
Il essuya le sang sur son doigt et descella avec un mélange de fébrilité et de crainte le message. Il sentit sa respiration se faire un peu plus brusque alors qu'il parcourait les quelques lignes griffonnées d'une écriture penchée et brouillonne.
Bon sang…
Il fixait toujours le parchemin, de plus en plus ahuri au fur et à mesure qu'il relisait le texte, peinant à y croire, quand des voix derrière lui le firent sursauter et cacher précipitamment le message dans son sac. Il n'eut à attendre que quelques secondes pour que la porte de la volière ne s'ouvre et que deux garçons de son âge n'entrent dans la pièce en discutant calmement, sans le remarquer dans la semi-pénombre. Severus se figea une nouvelle fois en reconnaissant Regulus, accompagné de… Lupin ?
-…parents sont moldus ? Lançait l'héritier des Black sur un ton curieux. Je croyais que tu étais de sang-mêlé…
-Mon père était sorcier, expliquait Lupin avec un ton dégagé. Mais il a quitté ma mère quand j'étais petit, et mon beau-père est moldu aussi.
-Et ils n'ont pas de problème avec le fait que tu sois… tu sais… ?
-Sorcier ? Loup-Garou ? (La voix de Remus était amusée) Mon beau-père est écrivain, il est ravi d'avoir… comment dit-il ? Du matériel à exploiter ?
Severus regarda avec confusion les deux jeunes hommes qui discutaient ainsi sur un ton tout à fait calme et amical, à –il jeta un œil à sa montre- vingt-trois heures trente, dans la volière. C'était tout simplement surréaliste… Est-ce que Lupin venait de lancer tout haut qu'il était un loup-garou ? Et Regulus qui ne bronchait pas plus que ça… ? Il les fixa, perdu, ramena son regard sur le parchemin qu'il tenait encore fermement dans son poing, puis à la corneille, avant de se pincer –inutilement : il ne rêvait apparemment pas. D'autant plus alarmant.
-Mais… Reprit Regulus, apparemment pensif, tout en regardant Remus attacher un parchemin à la patte d'un hibou récalcitrant, je ne comprends pas… Ils sont tous les deux moldus et vous ne vous disputez jamais… ?
-Les moldus et les sorciers sont capables de s'entendre, tu sais, le coupa Lupin avec un petit sourire attristé. Ça peut paraître surprenant quand on a été élevé par Mme Black, je suppose, et encore plus avec Severus comme seul contact avec le monde moldu, mais c'est pourtant vrai. Il n'y a rien d'incompatible entre les deux mondes…. Juste des gens trop bornés pour s'en rendre compte.
-Et un fin philosophe, avec ça, rétorqua Regulus avec une pointe de moquerie dans la voix, en s'appuyant à la rambarde. Je commence à comprendre pourquoi Sirius t'apprécie.
Severus se sentait la gorge de plus en plus nouée alors que la conversation se poursuivait. Regulus et Remus avaient tout à coup l'air de s'entendre comme des amis d'enfance… Il n'avait rien remarqué jusqu'alors entre les deux, pourtant… Avait-il pu rater quelque chose de si évident ? Regulus n'avait jamais mentionné une quelconque entente avec Lupin jusqu'ici –mais pour que celui-ci mentionne avec tant de nonchalance sa condition lycanthrope, ça n'était certainement pas rien... Il serra les dents, attristé, en se rappelant soudainement qu'il avait lui-même demandé à son ami de s'éloigner de lui. Il n'avait rien à lui reprocher… Au contraire.
Il griffa sans même s'en rendre compte la Marque des Ténèbres sur son bras, se raccrochant à la douleur pour ravaler son envie de pleurer. Il n'y avait que les bébés, les filles et les faibles pour pleurer. Et il n'était certainement aucun des trois.
Il se glissa hors de la volière aussi silencieusement que possible. La corneille qui lui avait apporté le message l'observa du coin de l'œil, avant de jeter un nouveau coup d'oeil au loup-garou et au Sang-Pur sous son bec. Puis elle lâcha un croassement satisfait et s'envola pour retourner chez ses propriétaires.
-J'en ai marre ! Est-ce qu'on a bientôt fini, oui ?
-Si tu arrêtais de gémir et que tu travaillais un peu plus, tu aurais fini depuis une demi-heure ! S'exaspéra Mr Potter pour, peut-être, la millième fois de l'après-midi. Allez, répète !
-Pourquoi est-ce que Sirius ne doit pas apprendre, lui ? Protesta James, boudeur.
-Parce que mon français à moi est déjà impeccable, tête de grenouille, rétorqua le nommé avec un accent prononcé et un sourire moqueur.
-…Hein ? Fit l'autre, ahuri. Depuis quand tu parles arabe, Sirius ?
-Pfft, très drôle, rétorqua le nommé avec dignité. Étudie, inculte britannique.
James jeta un regard vexé à son ami, marmonna quelque chose au sujet d'être Irlandais, d'abord, et se remit avec une moue boudeuse à l'étude des quelques parchemins couverts d'écritures qui étaient éparpillés sur la table devant lui. Robert Potter poussa un petit soupir et se pencha à nouveau à son tour, faisant réviser à son fils les bases les plus simples du français de débutant de premier niveau stagiaire d'apprenti-novice.
Sirius, pas mécontent d'échapper à la nouvelle leçon –il avait passé suffisamment de temps à apprendre la langue de barbare qu'était le français dans sa famille pour ne plus jamais en endurer un cours-, retourna lui-même à ses propres études avec Helena Potter, qui lui apprenait patiemment le nom de toutes les villes de France qu'il pouvait retenir. Et, au moins par comparaison avec James qui pestait toute les deux minutes, il devait dire que le petit cours de géographie n'était pas aussi pénible qu'il l'avait redouté.
Mrs Potter, en effet, avait longuement été passionnée par l'Histoire, moldue et sorcière confondue, avant de se décider à une carrière d'Auror qui lui permettrait de tenir compagnie à son petit ami de l'époque sur le terrain. Apparemment ravie de se replonger dans son élément avec un auditoire attentif, elle avait entreprit de lui raconter des anecdotes aussi diverses que divertissantes sur chacun des endroits nommés. Et, franchement, Sirius envisageait de plus en plus sérieusement de déposer une demande à Dumbledore pour remplacer le professeur Binns par sa mère adoptive. Elle rendait le tout vraiment intéressant.
-…Ah, fin juillet, nous avons passé une semaine chez la cousine Madeleine, la Cracmolle, à Mende. C'est là que les sorciers français ont inventés le sort d'Oubliette, après qu'un Sinistros ait attaqué pas mal de Moldus vers 1765. Le sort n'a pas été de grand secours vu qu'ils avaient déjà consigné ça plusieurs fois, mais ils sont parvenus à effacer suffisamment de mémoires pour que les recherches s'arrêtent là… Ça a été bien pratique par après, note bien. Après, début août, c'est chez ma sœur, Columbia. Son mari vient de la plus vieille lignée de chamanes de la région, c'est eux qui ont ensorcelé une partie du Canada en guise de vengeance, après la guerre de Sept ans. Une malédiction pour que le pays reste francophone, si j'ai bien compris… Columbia continue de rafraîchir le sortilège régulièrement, d'ailleurs, ne l'oublie pas. C'est elle qui a insisté pour que vous appreniez un minimum de français. Ça va jusque-là ?
-Compris, confirma le déshérité des Black, en griffonnant un minimum de notes. C'est par où, chez Columbia ?
C'était le sixième jour depuis que James et Sirius avaient repris leur apparence naturelle. Comme prévu par Dumbledore, il leur fallait patienter encore environ trois semaines, pour revenir à Poudlard sans éveiller de soupçons sur la double identité qu'ils avaient utilisés. Si les garçons avaient d'abord été enchantés par la perspective de trois semaines de vacances bonus, ils avaient rapidement compris qu'ils ne pourraient en réalité pas compter sur ce congé pour paresser allègrement dans le Manoir : ils devaient d'abord et avant tout parfaire leur tissu de mensonge.
La version officielle de la raison de leur absence était que Robert et Helena Potter, pour les vingt ans de leur mariage, avaient décidé de s'offrir une année de congé et de visiter les membres éloignés de leur famille, entraînant James et Sirius avec eux dans leur séjour en France. L'explication avait été trouvée par Dumbledore, et concordait bien avec l'année sabbatique que s'étaient offert les parents de James.
En réalité, ils étaient en mission officieuse pour ce que le directeur de Poudlard avait baptisé l'Ordre du Phénix, une organisation dont James et Sirius n'avaient jamais pu connaître les secrets mais le vieux sorcier avait confié la tâche à d'autres alliés à l'instant même où il avait appris ce qui s'était passé chez les Snape –il connaissait trop bien le caractère protecteur des parents Potter pour s'imaginer qu'ils seraient efficace pour quoi que ce soit alors que leur progéniture avait des ennuis.
Ainsi donc, l'alibi du voyage sur le continent était impeccable pour justifier l'absence de tout le monde, il ne restait plus qu'à parfaire les excuses toutes faites. Et c'était précisément ce à quoi s'appliquait laborieusement la petite famille en cet après-midi de novembre. Sirius, fils de la lignée des Toujours Purs, avait échappé aux leçons de français qu'endurait James –mais il n'en avait pas moins besoin d'expériences diverses à raconter à ses camarades de classe pour parfaire l'illusion d'un voyage de plusieurs mois.
-…Et nous avons visité la tante Jeanne à la rentrée, poursuivit Helena en faisant glisser son doigt sur la carte. Elle a quatre chats-garous, nous y sommes restés pendant quelques semaines tellement ils adoraient te courir après.
-Sirius, dis-lui, toi, que c'est une langue de barbare et de mangeurs de grenouilles ! Geignit James. Je ne pourrai jamais prononcer ça !
-Très cher, vous troublez mes études, rétorqua Sirius avec dédain –et, toujours, un certain accent. Et tu sauras que les grenouilles ne sont pas si mauvaises que ça.
-Mais c'est de la nourriture à Malefoy ! Il y a une raison pour laquelle la famille Black parle le français, c'est qu'une langue de prétentieux ! Ils ne savent même pas jurer correctement !
-Putain, James, fais des foutus efforts et arrête de me casser les oreilles ! Lança Helena avant que Sirius n'ait pu répliqué, mimant un ton furieux et se levant. Viens, Sirius, allons étudier dans la tranquillité.
-Eh ! Protesta James, perdu, en voyant son ami se lever de table en même temps que sa mère. Eh, où est-ce que vous allez ? Maman, qu'est-ce que t'as dit ? Sirius, pourquoi tu rigoles ? Hey ! Hey !
Sourds aux protestations de leur meilleur ami et de leur unique fils biologique, Sirius et Helena abandonnèrent les deux mâles Potter à leur étude de la langue barbare, se réfugiant dans la pièce d'à côté avec leur carte de la France et leur hilarité à peine contenue.
-Helena, quel langage, vraiment… Vous me choquez, mère.
-Navrée pour tes chastes et innocentes oreilles, la tentation était trop forte, rétorqua Helena avec un sourire amusé –et, peut-être, un peu ému à la mention du titre maternel que Sirius avait exprimé sans même y faire attention. Mais j'ai le sentiment que de pires vulgarités ne te sont pas étrangères, tu t'en remettras sûrement.
Sirius adressa un sourire amusé à sa mère adoptive avant de se reporter sur la carte, déterminé malgré tout à bien faire ses devoirs –il n'avait certainement pas l'intention d'attirer des ennuis aux Potter à cause d'un mensonge mal mené. Quelques minutes passèrent et il en était à retracer leur prétendu itinéraire sur la carte du bout de sa baguette quand la voix d'Helena, désormais soucieuse, se fit à nouveau entendre.
-Severus, au fait… Comment se porte-t-il ? Je m'attendais à ce que vous échangiez quelques nouvelles…
Il n'y avait pas de reproches dans la remarque –il n'y en avait jamais dans les propos d'Helena- mais le ton tout à coup sérieux montrait bien que Mrs Potter n'était pas dupe, non plus. Sirius pinça les lèvres, un peu mal à l'aise et incertain de la réponse qu'il convenait de donner.
Évidemment qu'Helena s'inquiétait de Severus elle en avait fait son troisième fils, un de plus pour recevoir son trop-plein d'affection maternelle, un autre qui avait plus que besoin d'avoir une mère. Mais… parfois, malgré tout, elle était si naïve… Comment le Gryffondor aurait-il pu expliquer à Mrs Potter que le Serpentard s'était apparemment fait agressé par des élèves, une fois de plus ?
Helena n'avait pas paru comprendre que son « fils » était aussi bien traité par ses camarades de classe que par ses parents… et Sirius lui-même avait une part de responsabilité non-négligeable dans les ennuis scolaires de Severus…
Et puis, comment aurait-il pu justifier son inaction en découvrant son ami passé à tabac, juste avant de repartir pour le Manoir ? Il avait été trop surpris pour dire quelque chose, et était docilement parti quand le Serpentard lui avait hurlé dessus dans un mécanisme de défense naturel… Il n'avait simplement pas su réagir et avait laissé Severus dans ses soucis, trop à sa joie de retrouver son identité.
Et plus les journées passaient au Manoir, plus il se sentait coupable…
-Severus n'est pas très… apte… à échanger des nouvelles en temps normal, répondit évasivement le Maraudeur, tout en sachant que ça ne suffirait pas. Ce n'est pas un gars très social.
-Il m'a paru plus effarouché qu'autre chose, constata calmement Helena. Mais il a aussi eu l'air de s'attacher à toi. Je pense que ta présence a un effet bénéfique sur lui, tu sais.
Il hocha la tête, embarrassé. Oui. Il avait constaté de lui-même l'avant-après qui s'était développé à Poudlard, non sans surprise. Severus souriait en compagnie de ses « frères », comme il avait appris à leur sourire à l'Impasse et au Manoir. Mais, seul, il redevenait tout à coup ce gamin anguleux et sinistre qui préférait se tenir dans l'ombre que de tenir une conversation avec quiconque.
Severus allait mieux depuis qu'il avait des amis. Et Sirius craignait de plus en plus sérieusement d'avoir irrémédiablement gaffé dans cette amitié encore fragile…
-Bon, révision, lança doucement Helena, sans le quitter des yeux. Dans quelle région est-ce qu'on a passé Halloween ?
Elle regarda calmement Sirius se mordre les lèvres, pensif, avant de reprendre le cours de son étude sans réellement quitter ses réflexions. Elle considérait son deuxième fils beaucoup plus malin qu'il ne le laissait deviner à première vue… Et elle ne doutait pas, dans ce cas-ci, qu'elle pouvait compter sur lui pour aider Severus –un gamin qui paraissait en avoir bien besoin. Elle était certaine que Sirius était le mieux placé pour l'aider. Ces deux-là étaient après tout aussi semblables qu'ils étaient différents.
Yep: Severus souffre, isolé de tous, et Sirius cogite, confortablement installé chez les Potter =D On s'amuse comme on peut, eh?
(Remarquez ici mon bel effort pour m'y retrouver moi-même dans la géographie de l'Hexagone, ah!)
Reviews? O=)
