CHAPITRE SEPT


- « C'est un nom intéressant que vous avez choisi pour votre Clan… » fit ironiquement le gobelin Ragnok, dardant ses billes noires sur Harry et Théo, ses longs doigts croisés sous son menton pointu.

- « Nous l'avons choisi autant pour sa sonorité que pour ce qu'il représente. Nous avons déjà offert notre amitié aux Centaures, nous espérons pouvoir l'étendre aux Gobelins, » répondit solennellement Théo, tandis qu'Harry se contentait de déglutir et de fixer tour à tour les intervenants.

Il avait l'impression de passer en jugement. Théo et lui faisaient face à une demi-douzaine de Gobelins, assis derrière un long bureau de chêne foncé tapissé de vert. Eux-mêmes se trouvaient installés sur des chaises assez basses, et en manipulant la hauteur des sièges des uns comme des autres, les Gobelins s'étaient arrangés pour paraître plus hauts et plus grands qu'ils ne l'étaient en réalité. Harry reconnut parmi eux le Gobelin Gripsec.

- « La promesse d'amitié ! » fit Ragnok avec mépris. « De la part de sorciers, ça ne vaut rien… »

- « Mais de la part d'un Clan Talos ? »

- « Ah ! Vous êtes un bien jeune Clan, et vous comptez dans vos rangs des individus que nous n'apprécions guère… Ne serait-ce que votre voisin ici présent, qui s'est rendu coupable de cambriolage, qui nous a privés de l'un de nos meilleurs moyens de défense, et qui n'a jamais été puni pour ces crimes… Avant de parler d'amitié, peut-être devrions-nous parler de compensation ? »

- « Le même qui a accompli ces crimes vous a débarrassé du contrôle que le Ministère corrompu et Voldemort lui-même exerçaient sur votre banque. En tuant Voldemort, il vous a tous libérés de son emprise, et a mis un terme à toutes velléités du Ministère de vous placer sous sa coupe. Si nous devons vraiment parler de compensation, nous mettrons cela sur la balance. »

Ragnok ne répondit rien pendant un moment, les autres Gobelins se tenant parfaitement immobiles, leurs expressions indéchiffrables. Enfin leur interlocuteur leur offrit un sourire horrible, plein d'incisives pointues et jaunes.

- « Laissons le passé, et tournons-nous vers l'avenir. Comme je le disais, c'est un nom intéressant que vous avez choisi. Il nous plaît, à nous Gobelins, puisque la famille Rowane s'est montrée juste à notre égard. Nous espérons que vous ferez preuve de la même qualité. »

- « Nous nous y emploierons. Et si nous nous égarons, nous espérons que vous nous apporterez informations et conseils. »


oOo


La suite de la réunion fut moins formelle et un tantinet plus chaleureuse. Deux Gobelins, dont Gripsec, s'occupèrent des affaires d'Harry, deux autres de celles de Théo. Ragnok et le dernier Gobelin, quant à eux, ouvrirent le compte joint du Clan Rowane, fabriquèrent les douze clés correspondant au coffre et les ensorcelèrent. Puis ils analysèrent les instructions émanant des différentes familles des membres du Clan, reçues pour certaines le jour même de l'annonce de la formation du Clan, mais mises en suspens le temps que leur compte soit formellement créé.

- « Avez-vous une liste des artéfacts détenus dans nos coffres respectifs ? Nous aimerions récupérer aujourd'hui tous ceux qui pourraient nous aider dans la voie que nous avons choisie… »

- « Les artéfacts sont répertoriés, évidemment, mais leur fonction n'est pas toujours définie. Souhaitez-vous les examiner de visu ? »

- « Je crains que cela s'impose… »

- « Alors, veuillez me suivre, messieurs Rowane. »

Harry se taisait soigneusement pendant que Théo traitait avec Ragnok les détails de leurs affaires, lui s'y connaissait beaucoup moins alors que Théo avait manifestement plus d'expérience.

Ils montèrent dans l'un des wagonnets, et Harry profita de la course effrénée dans le dédale sous-terrain pour discuter avec Théodore.

- « Je voulais te remercier pour tout à l'heure… »

- « Mmh ? De quoi parles-tu ? »

- « De m'avoir défendu contre Ragnok… »

- « … Oh ! Ça valait mieux pour nous tous, tu sais. Les Gobelins essaient toujours de tirer la couverture à eux, et aiment à se présenter en éternelles victimes. Ceux qui tombent dans ce piège, ils ont tendance à les mépriser… et à les saigner sans vergogne. Mais ceux qui leur tiennent tête – avec de bons arguments s'entend – ceux-là, ils les respectent. Avec les Gobelins, il vaut mieux savoir ce que l'on veut et ce que l'on vaut ! »

- « … Merci quand même… Moi, j'avoue, j'aurais accepté de leur donner une compensation… »

- « Ç'aurait été une erreur. Il ne faut pas se dévaloriser face aux Gobelins. Tu leur as rendu un immense service, et en réalité, ils te doivent beaucoup. »


oOo


Dans le coffre des Potter, il n'y avait que de l'argent, deux piles énormes, en fait, l'une étant l'argent original des Potter, l'autre la pile installée là suite au décès de Sirius Black et au transfert de ses biens. Suivant les instructions décidées peu avant, les Gobelins prélevèrent la totalité de la pile Potter pour la mettre dans le coffre des Rowane.

Dans le coffre des Nott, les Gobelins prirent la moitié de la somme d'argent disponible pour la transférer. Une étagère courait le long d'un des murs de ce coffre, sur laquelle étaient disposés quelques objets qui dégageaient une aura déplaisante. Théo s'en approcha, et grimaça.

- « Magie Astrale, discipline Vie… Ça ne m'étonne pas. Voyons, voyons… »

- « Euh… tu veux dire discipline Mort, non ? » Harry haussa les sourcils tandis qu'une nouvelle émanation désagréable lui parvenait et le faisait frémir d'horreur.

- « Mmh ? Non, non, c'est la Vie, ça. »

Harry eut une grimace incrédule et incertaine. Théo lui jeta un coup d'œil et lui sourit.

- « C'est la Vie qui est la plus proche de la Nécromancie et de la Magie Noire… puisque le principe de cette discipline, c'est de réanimer des choses mortes. Il ne faut pas se laisser leurrer par la joliesse du mot… »

- « Et… on ne va pas explorer cette discipline, hein ? »

- « Non, puisque c'est illégal. »

- « … Je préfèrerais que tu me dises non, puisque ce n'est pas bien… »

- « C'est illégal parce que ce n'est pas bien… »

- « Tu n'es pas convaincant. »

- « Par contre, on explorera peut-être la magie de Mort. »

Harry se racla la gorge, gêné.

- « La magie de Mort… Le terme n'est guère enthousiasmant, mais peut-être qu'il est aussi trompeur que la magie de la Vie ? »

- « La magie de la Mort distingue la mort naturelle de la mort artificielle. Pour simplifier, une mort naturelle, c'est mourir de vieillesse. Tout le reste, c'est de la mort artificielle. La magie de la Mort vise à permettre à tout être vivant de n'être emporté que par la mort naturelle. Pour cela, il faut connaître tout des façons de tuer un être vivant, tout des maladies et des accidents qui peuvent artificiellement raccourcir sa vie. Et avec ce savoir, on peut soigner les maladies, guérir les blessures, prévenir les accidents… Empêcher les guerres, maintenir les hommes dans un statu quo embarrassant pour les autorités qui auraient intérêt à décimer des peuples… C'est essentiellement pour cette raison que cette discipline a été interdite. Mourir pour un idéal, pour l'honneur, pour des terres, pour la patrie… C'est interdit lorsqu'on pratique la magie de la Mort. »

Pendant que Théodore lui expliquait cela, il avait délaissé les objets sur l'étagère de son coffre, puis tous deux étaient sortis, et ils remontèrent dans les wagonnets.

- « Gobelin Ragnok… Le portrait de madame Walburga Black nous a généreusement offert un anneau Astral, qui se trouve actuellement dans le coffre familial Black. Quelles sont les démarches que nous devons accomplir pour mettre en application sa volonté ? »

- « Ce n'est guère conventionnel… » commença le Gobelin, qui se tourna vers Gripsec et lui parla en Gobelbabil pendant quelques secondes. Gripsec les quitta, puis sans un mot, Ragnok fit repartir le wagonnet.

Ils s'arrêtèrent un peu plus tard devant un autre coffre. Ragnok les fit descendre, mais au lieu de l'ouvrir, il attendit. Quelques minutes plus tard, Gripsec les rejoignit dans un autre wagon, il en descendit avec difficulté, portant dans ses bras sous-dimensionnés une énorme toile encadrée. Ragnok prit le tableau vierge, et prononça une formule de conjuration incompréhensible.

Sur la toile blanche, la figure austère, amère et mécontente de Walburga Black apparut. Avant qu'elle ne puisse se lancer dans une diatribe outragée, Ragnok l'interrogea.

- « Madame Black, Harry et Théodore du Clan Rowane nous informent que votre volonté est de leur remettre un anneau Astral qui se trouve dans le coffre familial Black. Est-ce vrai ? Est-ce conforme ? »

- « Oui. C'est parfaitement exact. Veuillez procéder, et payez-vous. »

La femme disparut du portrait aussi rapidement qu'elle y était venue, et Ragnok se tourna vers les deux garçons.

- « Pas conventionnel du tout, mais c'est enregistré. »

Il ouvrit alors le coffre, y pénétra seul tandis qu'Harry avait un bref aperçu de l'immense fortune des Black entreposée derrière la lourde porte de bronze.

- « Que va-t-il advenir de cet argent ? » demanda-t-il à Gripsec tandis que Ragnok fouillait le contenu du coffre à la recherche de l'anneau.

- « Les procédures sont en cours pour le diviser entre les héritiers légitimes : Androméda Tonks et Narcissa Malfoy et les ayants-droits de Sirius Black, Régulus Black et Bellatrix Lestrange. On recherche également d'autres légataires potentiels afin qu'il n'y ait pas de contestation ultérieure. La liquidation du patrimoine de l'Ancienne et Noble Famille Black va prendre un certain temps. »

- « Et… Un portrait peut-il, juste comme ça, donner des instructions après sa mort ? Enfin, je veux dire… »

- « Je comprends ce que vous voulez dire, monsieur Potter-Rowane. En l'occurrence, Walburga Black était la dernière représentante légitime de la famille Black. Sirius et Régulus n'ont pas eu d'enfants, et les trois sœurs Narcissa, Bellatrix et Androméda ont perdu le nom lors de leur mariage. Cela confère à madame Walburga Black – fut-ce à travers son portrait – une influence considérable sur le devenir des avoirs de sa famille, tant que le patrimoine n'est pas dispersé, tant que le compte familial n'est pas clos. »

Harry ne répondit rien, pensif, puis ses pensées furent interrompues par Ragnok. Le gobelin sortait du coffre Black, tenant dans sa main aux longs doigts noueux une petite boîte noire ornée d'argent. Il referma la lourde porte de bronze, puis se tourna vers Harry et Théodore. Solennellement, il ouvrit l'écrin sous leurs yeux. Sur un coussin de satin bleu roi, un anneau de platine reposait.

L'anneau était manifestement ancien, bien antérieur à la découverte de ce métal par les moldus. Le tour, épais, était gravé de symboles de type inca, et le plateau au-dessus, enchâssait une pierre transparente indéfinissable taillée carrée.

- « Auriez-vous l'obligeance de l'essayer, afin que nous soyons certains qu'il s'agit bien de l'anneau Astral légué par madame Walburga Black ? » demanda le gobelin avec une légère impatience.

Théodore tendit lentement sa main vers l'écrin, et se saisit de l'anneau, l'enfilant sur le majeur de la main gauche. L'anneau s'ajusta autour de son doigt, mais ne manifesta pas d'autre réaction. Harry et Théo l'observèrent un moment, puis se regardèrent, amusés par la situation.

- « J'ai dit oui, alors tu devras prendre tes responsabilités, Harry… »

- « Sauf que tu t'es trompé de doigt… » rigola l'interpelé.

- « Des excuses, des excuses… »

Riant, Théo reporta son regard sur l'anneau, puis se figea, attirant l'attention d'Harry. La pierre carrée n'était plus transparente. Une sorte de nuage laiteux l'avait envahie et tourbillonnait maintenant en son cœur. La pierre devint bientôt totalement opaque sous l'attention soutenue des observateurs. Quelques instants passèrent puis la pierre changea à nouveau de couleur – ou plutôt, perdit toute couleur. Le nuage laiteux prit une teinte grise, puis anthracite, pour finir noire. Un noir intense, soutenu, qui s'échappa de la pierre et irradia les alentours de son obscurité intraitable. Le réseau de tunnels et de grottes, déjà sombre, devint si ténébreux qu'Harry eut du mal à distinguer son compagnon.

Puis, tout d'un coup, la lumière revint, et Harry recouvrit lentement ses sens tandis que Théo reposait la bague inerte dans son écrin.

- « Eh bien, il semblerait que ce soit le bon anneau, monsieur Ragnok. »

Le gobelin lui tendit l'écrin, tous remontèrent dans les wagonnets et parvinrent à la surface sans encombre.


oOo


Il y eut encore quelques papiers à signer, puis Harry et Théo se retrouvèrent enfin à l'air libre, sur le Chemin de Traverse. Harry prit finalement son courage à deux mains et demanda à Théo.

- « Alors… Cet anneau… Il sert à quoi ? »

- « Il amplifie ton affiliation Astrale, Lumière ou Ombre. Chez les sorciers normaux, ton affiliation Astrale ne te donne qu'un léger coup de pouce. Pour augmenter ce « coup de pouce », ils ont créé ces anneaux, qui ont aussi comme action de créer un environnement propice pour que le sorcier exerce sa magie Astrale… Comme je suis de l'Ombre, l'anneau a fait en sorte de masquer toutes les lumières des alentours pour que je puisse utiliser mes pouvoirs dans les meilleures conditions. Il peut aussi te révéler ton affiliation si tu ne la connais pas… »

- « Et donc, tu es disciple de l'Ombre… »

- « Oui. »

- « Tu… Tu le savais ? »

- « Oui, bien sûr. Je m'en suis aperçu dès que j'ai lancé mes premiers sortilèges. »

Harry prit son inspiration et posa finalement la question qui lui tenait à cœur.

- « C'est une bonne ou une mauvaise chose, d'être de l'Ombre ? »

Théo sembla surpris par la question, et haussa les sourcils en direction de son compagnon, qui hésita et balbutia.

- « Tu avais l'air bizarre, en bas, et… ces ténèbres… Je… »

- « Il n'y a pas de connotation négative à être de l'Ombre, ni de connotation positive à être de la Lumière. Ce n'est ni mieux, ni moins bien. C'est comme si tu comparais le blanc et le noir, prétendre qu'une de ces couleurs est meilleure que l'autre n'est qu'une question de goût ou de préjugé induit par l'éducation et tout le symbolisme qu'on associe aux couleurs – et qui n'a pas de réalité propre. Il faut juste savoir que… ça ferme des portes, et ça t'en ouvre d'autres. Je ne pourrais jamais faire les choses que Draco fait par exemple. Et je peux en faire que lui ne peut pas… »

- « Des bonnes ou des mauvaises choses ? » demanda Harry, suspicieux. Théo sourit.

- « Décidément, tu es très manichéen. Aucune forme de magie n'est mauvaise en soi, Harry – pas même la Magie Noire, en réalité – ce n'est que l'objectif qui peut être mauvais. Alors rassure-toi, s'il s'avère que tu es de l'Ombre aussi, cela ne fera pas de toi le futur Seigneur des Ténèbres. »

- « … Excuse-moi. C'est juste que… Quand j'étais en Deuxième Année, avec cette histoire d'Héritier de Serpentard, les gens ont appris que je parlais le Fourchelang – et m'ont à cause de ça classé dans les sorciers dangereux, à risque, instables ou je ne sais quoi… »

- « Oui, je me souviens, c'était ridicule. »

Harry rigola à la concision et à la brusquerie du commentaire.

- « Non, je suis sérieux, Harry, c'était complètement ridicule. A Serpentard, qu'est-ce qu'on a ri ! Et puis à l'époque, Draco jouait au Parfait Petit Malfoy. C'était drôle de le voir admettre avec des pleurs dans la voix qu'il n'était pas l'héritier de Salazar. Au bout du compte, il n'y avait que Vince et Greg pour l'écouter… ou pour tourner le couteau dans la plaie. C'était un vicieux, Vincent. Draco était déjà mortifié de devoir confirmer qu'il n'était pas l'héritier, et lui persistait à lui poser et reposer la question… »

Enchanté de cet étrange aperçu de la vie à Serpentard – et se demandant dans quelle mesure le Vincent qui avait posé et reposé cette question n'était pas lui-même sous Polynectar – Harry était ravi de découvrir un peu de la personnalité de certains de ses compagnons, et poursuivit.

- « Tu… tu n'aimais pas Vincent ? Ou Gregory ? »

- « Franchement, je ne crois pas leur avoir adressé une seule fois la parole. Moi, j'étais plutôt un observateur, je ne participais pas vraiment… Tu sais, à Serpentard, on est tous plus ou moins des fils de grandes et anciennes familles de Sang-Purs. Avant d'entrer à l'école, on a tous subi un discours pompeux sur le rôle des Sang-Purs, sur la manière convenable de se comporter, sur le poids qui pèse sur nos épaules – un discours qui nous est asséné à chaque fois qu'on rentre à la maison pour les vacances. Nous ne sommes pas des enfants, nous sommes des représentants de l'excellence des Sang-Purs. Alors dès qu'on arrive, on reconnait tout de suite ceux qui jouent et ceux qui ne jouent pas. A l'époque, Draco jouait au Parfait Malfoy, Greg jouait au Parfait Goyle, Pansy à la Parfaite Parkinson, et c'était pareil pour tout le monde. Même moi, j'ai joué un temps à ce jeu-là. Et puis, au fur et à mesure, pour certains le jeu devient la réalité, et pour d'autres, ça reste un jeu et ça s'arrête finalement. Pour Greg, Pansy, Daphné et Tracey, le jeu est devenu la réalité. Pour Draco, Blaise, et moi, ça s'est arrêté – un peu tard et de manière un peu violente pour Draco, mais au moins il a arrêté de jouer… »

- « Et Millie ? »

Théo s'arrêta et réfléchit un instant, semblant se remémorer la grande fille brune, et les rares interactions qu'il avait eu avec elle, avant… Il se souvenait de la silhouette massive, à laquelle personne ou presque n'accordait d'attention. Il se souvenait avoir été étonné de l'amitié qui la liait à des filles comme Pansy, Tracey et Daphné – des filles qui ne se sentaient bien que lorsqu'elles répandaient des rumeurs et des ragots, alors que Millie était muette et discrète – et c'est d'ailleurs peut-être pour cette raison qu'elles étaient amies avec Millie.

Il avait fait une expérience, une fois : lancer une rumeur stupide – la plus stupide possible, qu'est-ce que c'était, déjà ? Ah oui : les Parkinson et les Malfoy se sont entendus pour arranger un mariage entre Draco et Pansy… (bon, lui considérait cette rumeur stupide, mais en réalité, il avait été atterré par la réaction des Serpentards, pour eux, elle était totalement crédible – au point que Pansy elle-même avait fini par y croire ! Une rumeur la concernant au premier chef, et elle y croyait comme les autres. Il avait rayé Pansy de son carnet d'épouses potentielles.)

Et il avait étudié la vitesse de propagation et les réactions des élèves face à ce « scoop »… Vitesse constante (rapide, même) et globalement homogène – avec un ralentissement brutal lorsque l'information était parvenue à l'oreille de Millie. Elle avait écouté, haussé un sourcil et puis… C'est tout. Elle était retournée à ses devoirs sans plus se préoccuper de l'Affaire.

C'est à cette occasion que Théo avait remarqué Millie pour la première fois – et c'était en quatrième année. Avant, elle n'existait pas, et après… Elle l'avait intrigué. Il avait fait une autre expérience, cette fois, il avait donné une fausse rumeur (quelque chose de bien juteux, Daphnée est tombée enceinte et a dû avorter pour éviter le scandale, ou quelque chose dans ce mauvais goût-là) directement à Millie et avait étudié son cheminement… inexistant. Le lendemain, le surlendemain, la semaine suivante, elle n'en parla à personne. Théo lui demanda si elle en avait discuté avec quelqu'un… De quoi ?, avait-elle répondu. Théo n'avait pu s'empêcher de sourire jusqu'aux oreilles – et le nom de Millie avait timidement fait son apparition sur son carnet d'épouses potentielles…

Théo se tourna vers Harry, les yeux lumineux, et lui adressa un sourire radieux et fier.

- « Elle n'a jamais joué ! Tout ça lui passait loooooooin au-dessus de la tête. »


NOTE DE L'AUTEUR


Réponse aux reviews :

Lauemiau : Merci, voici la suite !

espe29 : Oui, n'est-ce pas ? J'aime bien Walburga Black, rien que pour son prénom… Bonne lecture !

Faerycyn : ah, fan de Dramione… Bon, j'espère que ce chapitre t'a plu. A bientôt !

Tinetinetina : merci, oui, Harry est un romantique, il préfère douze personnes dans le lit ! Bonne lecture !

Ecnerrolf : bon, je suis contente que ça t'ait fait rire malgré l'absence de lemon. Voici la suite, bonne lecture !

Ashtana3 : Eh bien, voilà, tu as eu les Gobelins dans ce chapitre… Qu'en penses-tu ? J'espère que ça t'a plu. Et prochain chapitre : Narcissa ! (alerte spoiler, mais c'est trop tard…)

Nyan-Mandine : M'enfin. Blaise est Noir, Théo est Blanc. Blaise a les yeux dorés, Théo a les yeux bleus. Blaise a des tresses plaquées sur le crâne, Théo a les cheveux mi-longs rassemblés en catogan. Blaise est très sympa, Théo est… un peu bizarre ? Je ne sais pas comment tu fais pour les confondre. Et pour les sceaux d'aménagement, ah, j'avoue, j'aimerais tellement que ce soit possible ! La, je mets vraiment mes fantasmes par écrit ! Enfin, voilà. Bonne lecture !

Piika : oui, je ne suis déjà pas très fan des Harry/Severus (même sous forme famille…) Et oui, Théo est un petit pervers, quand même. Bonne lecture !

Venin du Basilik : une review est toujours encourageante ! Et des compliments sur mon écriture, alors là, tu me gâtes ! Merci, et à bientôt !

Mel-In-E DL : merci pour ces reviews ! Concernant Musique et Chant, je t'avoue n'avoir pas très envie d'explorer la chose, pour deux raisons. La première, je ne suis pas moi-même très au fait de la musique et du chant, donc j'aurais du mal à décrire un enseignement dans ces domaines. Et la deuxième raison, c'est qu'avec Musique et Chant, je risque de tomber dans la SongFic – et je déteste ce genre, même exploité ponctuellement. Donc, non, je ne pense pas faire des cours dessus. Voilà, désolée – et en même temps, ils auront pas mal à faire, nos héros, alors… Bonne lecture !

Les Dodos sont nos amis : pour les Gobelins et Gringotts, tu as ta réponse… Pour les problèmes du Clan, réponse dans le prochain chapitre… Et le « cas Draco » sera exploré ultérieurement (et en fait, je m'aperçois que toi aussi, tu veux tout savoir à l'avance… Alors petit spoiler : on retrouve Narcissa dans le prochain chapitre.) J'espère que ce chapitre t'a plu, et à bientôt !

Agalys-Erwael : merci pour ta review sur le Clan Talos (et je pense qu'en lisant le Clan Rowane, tu dois avoir la réponse à ta question sur les « relations particulières ». J'espère que ce chapitre te plaira autant que le début. Encore merci pour les compliments, à bientôt, et bonne lecture !

LadyCocoMalefoy : Et voilà pour l'anneau Astral ! Pour les sceaux dans les boiseries… C'est mon petit fantasme. Ne pas avoir à manier le rouleau, s'épargner les taches de peinture sur les vêtements, les cheveux, le sol, partout. Ça sent le vécu, non ? Alors, je me dis que la magie, qu'est-ce que ce serait bien pour s'épargner ces corvées… Voilà d'où je tiens mon imagination. J'espère que ce chapitre t'a plu !