CHAPITRE QUINZE


Dans la Grande Salle de Poudlard, les spectateurs s'agitaient sur leurs sièges, les juges s'entre-regardaient, confus et indécis. Ils ne savaient que penser de ce Harry Potter sur les nerfs et pas particulièrement sympathique, ni de ce Draco Malfoy, qu'ils avaient toujours imaginé adhérant complètement aux idéaux Mangemorts, et qu'ils découvraient réticent... Ou plutôt, il leur semblait qu'ils évoluaient avec lui sur la question, ils découvraient, avec lui, dans quelles circonstances les choses s'étaient passées.

C'était inconfortable mais pas autant que ce que le Ministre avait laissé entendre... Le Ministre Jones, lui, fronça les sourcils d'étonnement aux souvenirs de Millie, mais se contentait généralement de regarder le vaste écran, une légère grimace amère déformant ses traits. Les images défilaient toujours...


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Lorsque ses parents revinrent du travail ce soir-là, Millie leur demanda l'autorisation de retirer un peu de son argent de Gringotts : elle avait en vue un cadeau de Noël et souhaitait se l'offrir avec l'argent de poche qu'elle économisait depuis des années.

Car ce qui est bien quand on est une Millicent Bulstrode, c'est qu'on n'a pas besoin de dépenser énormément d'argent en superbes tenues (qui ne lui iraient pas de toute façon) ni en maquillage (qui la faisait passer pour un clown de toute façon) ni en parfum (que personne ne remarquait de toute façon) ni en chaussures (puisqu'elle ne pouvait les porter dignement de toute façon). Millie avait mis beaucoup d'argent de côté.

Elle obtint leur accord enthousiaste (pour une fois qu'elle s'achetait quelque chose !), et le lendemain, lorsque ses parents se rendirent au travail, elle alla sur le Chemin de Traverse, entra à Gringotts et prit toutes ses économies. Puis entra dans la boutique La Malle Voyageuse qui vendait, comme son nom l'indique, des malles et des valises magiques disposant d'espaces sorciers.

Parmi les malles disponibles, elle trouva celle qui l'intéressait : une malle à plusieurs serrures – et donc avec plusieurs contenus. Cet enchantement avait fait grand bruit lors de la libération d'Alastor Maugrey, emprisonné dans sa propre malle par Barty Croupton Junior, il y a deux ans. Et depuis cette affaire, les malles à plusieurs fonds faisaient fureur (Pansy et Daphné en avaient une) – sans jamais atteindre sept serrures, comme l'originale, mais trois, c'était déjà bien – et c'était aussi très cher.

Et une Malle-Trois-Fonds (communément : tiroir, pour les petits objets, armoire, pour les livres et vêtements, et dressing – euphémisme pour fosse où l'on peut enfermer un homme) avait aussi un autre avantage : l'objet n'étant pas saturé de magie, on pouvait lui appliquer deux ou trois autres sortilèges temporaires en même temps. Par exemple, un sortilège de Lévitation, d'Allègement ou – et Millie testa avec l'accord du commerçant, car c'est ce sortilège qui l'intéressait particulièrement – un sortilège de Réduction. Elle s'assura également que ce sortilège n'affectait que la malle physique – et pas l'espace sorcier ni son contenu.

Millie paya la malle et l'emporta. Puis acheta un petit bijou sans grande valeur chez le brocanteur voisin. Elle n'avait plus un Gallion en poche ni en banque, désormais.

Revenue chez elle, elle cacha sa Malle-Trois-Fonds, empaqueta le bijou dans un papier cadeau bariolé, et à Noël s'offrit son pseudo-cadeau : ses parents étaient ravis qu'elle daigne enfin porter un bijou…

Le reste des vacances de Noël fut sans histoire, mais la veille du retour à Poudlard, dans la nuit, elle se rendit à la cave, et se planta devant la première geôle. Après une longue hésitation, elle ouvrit le panneau et observa les prisonniers à travers le grillage. Les trois moldus étaient réveillés et effrayés, ils la regardèrent, blottis les uns contre les autres.

- « Je vais vous sortir de là, » dit Millie, « mais je vous demande d'être silencieux. »

Les moldus n'hésitèrent qu'un instant avant d'acquiescer. Millie ouvrit la porte du cachot, baguette à la main, et invita les trois moldus à reculer vers le fond. Elle sortit de sa poche sa Malle-Trois-Fond réduite, la posa au centre de la pièce, et l'agrandit d'un sortilège. Elle ouvrit le couvercle de la Malle sur le fond numéro trois : le dressing

- « Descendez, » chuchota-t-elle.

Les trois moldus hésitèrent une seconde, puis obéirent. Millie referma le couvercle, sortit, et répéta l'opération dans les cinq autres cachots. Après réflexion, elle laissa les portes ouvertes – ses parents imagineraient sans doute que les prisonniers avaient trouvé un moyen secret et ingénieux pour les ouvrir de l'intérieur – car après tout, ne lui disaient-ils pas que la Science moldue avait d'étranges pouvoirs parfois similaires à la Magie ?

Millie réduisit et allégea sa Malle pour la dernière fois, la mit dans sa poche et remonta jusqu'à sa chambre. Ses affaires étaient prêtes, demain, elle n'aurait qu'à se lever de bonne heure pour aller à la gare de King's Cross.

Elle se leva tôt, ses parents l'amenèrent à la gare bien avant le départ du train, puis la laissèrent là pour se rendre sur leurs lieux de travail respectifs. Millie les regarda disparaître. Elle avait tout le temps nécessaire. Elle laissa ses affaires et sortit de la zone sorcière de la gare, se dirigea vers les toilettes publiques moldues. Elle attendit quelques minutes, jusqu'à ce que les toilettes soient complètement vides, puis s'y précipita et ferma la porte d'un sortilège de Verrouillage. Enfin seule et assurée que personne ne rentrerait, elle sortit sa Malle, la posa et l'agrandit. Elle ouvrit le couvercle sur le troisième fonds et observa la petite foule d'une quinzaine de personnes agglutinées dans l'espace restreint.

- « Mesdames, messieurs, vous êtes à Londres, dans la gare de King's Cross. Je vais vous faire sortir un par un. »

Le premier homme sortit, Millie lui lança un faible sortilège d'Oubliette et le dirigea vers la porte qu'elle ouvrit et referma derrière lui. Puis ce fut au tour d'une femme, puis un autre homme, puis une femme, puis une femme et son enfant, puis un homme, puis…

Enfin, la Malle fut vide. Millie la réduisit et l'empocha, jeta un œil distrait à son reflet dans le miroir au-dessus des lavabos, puis sortit après quelques minutes. Elle se dirigea vers la plate-forme 9 ¾, récupéra ses affaires, monta dans le Poudlard Express, et s'installa dans un compartiment. Elle y fut rejointe par un groupe de filles de Serpentard, dont Tracey, Daphné et Pansy.

De retour à Poudlard, assise sur son lit, Millie se dit qu'elle avait intérêt à garder sa Malle-Trois-Fonds sous sa forme réduite – histoire de ne pas attirer l'attention de ses amies. Elle observa ses camarades endormies, et se demanda si, chez elles aussi, il y avait des Garde-Mangers… Elle cacha sa Malle sous les vêtements informes et noirs qui encombraient sa malle régulière, puis se coucha.


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- « Dean, c'est maintenant qu'il faut essayer ! » lui disait Seamus. « Harry n'a pas l'air de se décider, et Ginny s'est séparée de ce fichu Michael Corner ! Alors ? Tu y vas ou j'y vais ? »

Dean déglutit. C'était une longue rivalité entre lui et Seamus – curieusement, bien que Ginny soit attirée depuis longtemps par Harry, ni elle ni lui ne semblaient faire le nécessaire pour se rapprocher. De sorte qu'Harry n'apparaissait guère comme un rival sérieux…

Dean admirait la rouquine depuis un moment. La jeune Weasley s'était affirmée et affinée cette année, elle était entrée dans l'équipe de Quidditch, un sport qui lui donnait confiance en elle, et rendait son corps souple et agile – c'était un délice de la voir marcher dans les couloirs, son aspect frêle constamment contredit par la démarche féline et presque prédatrice…

Il n'était pas le seul à l'admirer. Seamus, très tôt, avait révélé son attirance. Ils étaient amis, et pour le moment leur pseudo-rivalité (pseudo car aucun des deux ne s'était réellement déclaré, la chasse n'avait pas encore commencé…) ne les affectait pas, au contraire, elle les rassemblait. Les deux amis parcouraient les couloirs de Poudlard, et remarquaient avec un déplaisir croissant qu'en plus d'eux, des garçons des autres Maisons et des autres années la suivaient du regard. Dès qu'elle se levait, dès qu'elle parlait, et évidemment, pendant qu'elle jouait. Elle occupait le poste de Poursuiveuse uniquement parce qu'Harry Potter était indétrônable en tant qu'Attrapeur. Mais si un jour, elle prenait sa place, elle y ferait indiscutablement des étincelles, ses supporters ne s'y trompaient pas.

Et sur la jeune fille, les commentaires allaient bon train. Des remarques salaces de la part d'adolescents frustrés bourrés d'hormones, Dean et Seamus en entendaient régulièrement. Ron aussi, d'après sa tête – et les trois Gryffondors s'associaient de temps en temps pour donner des leçons de courtoisie aux plus pervers.

Dean comprenait l'urgence que Seamus soulignait ce soir-là. Harry semblait enfin s'être rendu compte de l'existence de Ginny – ou plutôt semblait enfin la considérer non plus comme la sœur de son meilleur ami – une sœur par alliance en quelque sorte – mais comme ce qu'elle était : une adolescente déterminée, courageuse, à la forte personnalité. Et belle de surcroît : ses cheveux roux ondulés et ses taches de rousseur constellant sa peau laiteuse en faisaient se retourner plus d'un.

- « Bon d'accord, tirons au sort ! » proposa finalement Dean, devant l'insistance de Seamus.

- « Quoi ? Ah non, moi, je n'ai jamais de chance ! » se récria l'Irlandais aux cheveux blonds comme les blés.

- « Et comment veux-tu que nous nous départagions ? Un duel ? » fit moqueusement Dean.

Seamus se renfrogna, songeant qu'au moins, dans un duel, il avait une chance de gagner… Puis capitula.

- « Très bien. On tire au sort, » accepta-t-il à contrecœur. Il sortit une Mornille de sa poche. « Pile je gagne, face tu perds… » ajouta-t-il avec un grand sourire.

- « C'est ça, oui ! Pile tu gagnes, face je gagne, hein. »

Seamus se renfrogna, et lança la pièce, qui tomba sur le plancher du dortoir avec un bruit mat. Les deux garçons s'agenouillèrent fébrilement…

- « Face ! » fit Dean avec incrédulité.

- « Putain, je le savais ! Je n'ai jamais de chance… »

Dean leva les yeux sur son ami, et, pour la première fois depuis qu'il le connaissait, il vit une réelle peine sur le visage habituellement rieur. Tandis que lui-même ne ressentait pas le sentiment de victoire auquel il s'attendait…

Etrange. L'espoir d'une relation avec Ginny – qu'il désirait profondément, pourtant – ne pesait pas grand-chose face au risque de perdre l'amitié de Seamus. Dean baissa les yeux sur la Mornille argentée, mais le temps qu'il fasse le ménage dans ses sentiments contrariés, il se retrouva seul. Seamus était sorti.

Dean ramassa la Mornille, la glissa dans sa poche, et partit à la recherche de la rouquine. Après tout, il n'avait gagné que le droit de lui proposer de sortir avec lui. Il allait proposer, et Ginny déciderait.

Dean s'empêcha d'espérer qu'elle refuserait.


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Ron et Hermione voyaient Harry se renfermer sur lui-même et se fermer aux autres avec inquiétude. Son obsession pour Malfoy confinait au ridicule : le blond n'avait rien dit ou fait qui puisse le rendre suspect – enfin, disons, pas plus suspect que n'importe quel Serpentard. Ron avait raison, pensait Hermione, le Seigneur des Ténèbres ne se reposerait certainement pas sur un gamin de seize ans pour faire un boulot d'une quelconque importance.

Harry ne leur adressait la parole que pour le strict minimum, il se plongeait frénétiquement dans ce manuel de potions sur lequel il avait miraculeusement mis la main un jour qu'il avait oublié le sien dans son dortoir – manuel dont Hermione se méfiait comme de la peste. Elle estimait qu'Harry, qui obtenait à présent des notes exceptionnelles en Potions, trichait grâce à ce livre. A plusieurs reprises, elle tenta de convaincre Harry de s'en départir, peine perdue.

Il regrettait presque que Rogue ne soit plus professeur de Potions, il aurait pu lui en mettre plein la vue. En l'occurrence, il impressionnait Slughorn – déjà que le professeur l'apréciait pour sa notoriété... Grâce à ce changement de professeur, il avait enfin des notes excellentes en Potions – et comme il se débrouillait bien mieux que la moyenne en Défense Contre les Forces du Mal, Rogue ne pouvait pas décemment lui donner de mauvaises notes... Son taux de retenues et de punitions avait drastiquement baissé – et tout était bon à prendre lorsque cela permettait au brun de ne pas fréquenter Rogue et ses détentions mesquines. Il lui gardait rancœur des leçons d'Occlumencie ratées de l'année précédente – des leçons qui, si elles avaient été efficaces, auraient permis de garder Sirius en vie.

Le seul avantage de ce manuel et de son obsession pour Malfoy, c'est qu'Harry se consacrait à l'Armée de Dumbledore efficacement, et semblait aussi (enfin ! songea Hermione) remarquer l'évolution et les efforts de Ginny. Une évolution qui, si elle était bénéfique à Harry et lui rappelait qu'il existait autre chose que Malfoy, les Mangemorts et Voldemort, n'en était pas pour autant toujours agréable pour Hermione.

Elles avaient longtemps été amies, c'est d'ailleurs elle qui avait conseillé à la rouquine de s'éloigner d'Harry pour un moment, histoire de quitter l'habit pesant de la fan enamourée… Le retour de bâton était pénible. Ginny ne l'écoutait plus, la contredisait sur… pas tous les sujets, non, mais presque tous. Le fait qu'Hermione ne joue pas au Quidditch semblait la rendre inintéressante aux yeux de la rouquine passionnée. Et avec cette corde à son arc, et la confiance qu'elle en retirait à chaque entraînement et à chaque match, Ginny se montrait de plus en plus critique vis-à-vis d'Hermione.

Hermione n'était pas la seule amie que Ginny délaissait du fait de ses nouveaux talents et nouvelles activités. Luna aussi se voyait écartée. De manière encore plus pitoyable, d'ailleurs. Les deux filles, qui avaient en commun d'être dans la même année, ne se parlaient plus que lors des rassemblements de l'Armée de Dumbledore. Après l'une de ces réunions, Hermione demanda à Luna si elles s'étaient disputées.

- « Non, pas du tout, pourquoi ? » répondit naïvement Luna.

C'était encore pire, songea Hermione. Au moins, à son égard, Ginny se permettait de lui dire en face ce qu'elle lui reprochait…

Enfin, le principal, c'est qu'elle au moins réussissait à détourner Harry de son obsession pour Malfoy. Ça, et le fait qu'Harry se montrait distant, elle et Ron avaient plein d'occasions désormais d'être ensemble… Ce qui ne déplaisait pas à Hermione.


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Il semblait à Harry que tout le monde à Poudlard et dans la communauté sorcière jouait avec lui et avec ses nerfs.

La Gazette du Sorcier, d'abord, qui ne mettait les attentats et les attaques des Mangemorts qu'en deuxième, puis en troisième page – pour finir en petits encarts, comme si ça n'avait pas d'importance, ou de moins en moins. Comme si le problème se résolvait de lui-même, comme si Voldemort prenait sa retraite. Harry savait que ce n'était pas le cas. Le Ministre de la Magie lui-même, Rufus Scrimgeour, le contactait régulièrement pour le convaincre de mettre sa notoriété au service du Ministère.

Ses amis Ron et Hermione ensuite – et il avait parfois du mal à se rappeler qu'ils étaient amis. Leurs doutes avaient porté un coup dur à ses sentiments envers eux, et l'insistance d'Hermione pour qu'il se débarrasse de son manuel de Potions… Harry en était venu à penser qu'elle était jalouse de ses succès, et qu'elle masquait cette jalousie derrière cette horrible excuse : « c'est pour ton bien, Harry ! »

D'une manière générale, tout le monde avait l'air de vouloir son bien, et de savoir mieux que lui ce qui serait bon pour lui. Il avait envie d'envoyer promener tout le monde.

Albus Dumbledore compris…

Ce vieux manipulateur agissait comme à son habitude : il essayait d'utiliser Harry dans la guerre contre Voldemort, tout en restant à l'écart du Ministère, et en le maintenant dans une relative ignorance – pour son bien, évidemment… Ce n'est qu'après un certain nombre de mises au point qu'il avait enfin obtenu le droit de savoir – savoir des choses qui le concernaient au premier chef. Le vieux sorcier avait consenti à lui donner des leçons privées – pendant lesquelles, par énigmes et avec une circonspection digne d'un espion, il le renseignait sur Voldemort.

La prophétie qui le liait à Voldemort (ou qui aurait pu aussi lier Neville, à la réflexion, ou pas mal d'enfants conçus à la fin de la première guerre, en fait…), et Dumbledore, sans jamais lui donner les informations gratuitement, le mettait sans cesse sur la voie qui lui permettrait de comprendre…

Au moins avait-il appris l'existence des Horcruxes, après de nombreuses hésitations et tergiversations de la part de Dumbledore. Il lui avait essentiellement expliqué que ces artefacts étaient la raison de l'apparente immortalité de Voldemort, et que les détruire serait compliqué et dangereux – en témoignait sa main racornie et noircie : la bague des Gaunt, héritiers de Salazar Serpentard, avait été ensorcelée pour frapper celui ou celle qui tenterait de la détruire – et y parviendrait. Il lui révéla également que, pour détruire un Horcruxe, il fallait des armes très puissantes. En l'occurrence, pour cette bague, le directeur avait utilisé l'épée de Gryffondor…

Mais Harry ignorait encore le lien entre ces objets maléfiques et Voldemort. Là encore, Dumbledore le laissa se débrouiller, tout en le mettant sur la piste : le professeur Slughorn pourrait le renseigner.

Oh, c'est donc pour ça que vous l'avez engagé comme professeur de Potions, vieux renard… songea Harry.

Harry profita de son manuel pour répondre au défi du professeur Slughorn : préparer un philtre de Mort Vivante. Une Potion de Chance, Felix Felicis, serait donnée en récompense à celui ou celle qui la réussirait... Il prépara le philtre, comme les autres élèves, et grâce à son merveilleux manuel, la réussit magnifiquement, contrairement aux autres élèves… Il obtint la petite fiole, ne restait qu'à l'utiliser au bon moment.

Alors qu'il revenait à la Tour Gryffondor, il aperçut Ginny qui en sortait justement – et Dean, qui la suivait. Ils s'arrêtèrent juste devant la porte, fermée, inconscient de sa présence un peu plus loin.

- « Ginny, euh… Est-ce que… Enfin, je voulais te demander : est-ce que tu veux sortir avec moi ? »

Harry sentit son cœur s'arrêter de battre. Il fixa le couple devant lui, plaqué contre le mur, ses pensées et ses émotions en ébullition. Elle était entrée dans l'équipe de Quidditch l'année dernière, elle y évoluait en tant que Poursuiveuse, et aurait fait une bonne Attrapeuse aussi. Il l'avait entraînée dans cette optique, on ne sait jamais, et il avait pu la côtoyer dans un autre contexte qu'en tant que petite dernière de la famille Weasley, seule fille d'une fratrie de sept, et sœur de son meilleur ami. Et il n'avait pu que remarquer sa beauté, sa confiance en elle, sa détermination.

Alors que jusqu'ici, elle n'avait été pour lui qu'une demoiselle en détresse au mieux, au pire une fan collante et maladroite, elle était soudain devenue une adolescente splendide, souple et au caractère affirmé…

- « D'accord, Dean, » fit la jeune fille.

Harry ferma les yeux, et jura entre ses dents serrées.


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Comme tous les week-ends, Millie allait le samedi après-midi à Pré-aux-Lard, elle accompagnait – suivait, plus exactement – Daphné, Pansy et Tracey. Une fois arrivées, elle ralentirait – et ses trois amies ne s'en apercevraient pas. Ça avait été blessant la première fois que c'était arrivé, mais maintenant, ça arrangeait bien Millie. Elle reviendrait à Pré-au-Lard au moment de rentrer à l'école, elle serait accueillie par un « Ben, où étais-tu passée ? » qui n'attendait en réalité pas de réponse… Et dans l'entretemps, elle pourrait faire ce qu'elle voudrait.

Le transplanage avait été enseigné aux élèves en début d'année, Millie comptait bien mettre en pratique cet apprentissage aujourd'hui même. Elle rapetissa sa Malle-Trois-Fonds, l'enfouit dans l'une des poches de son lourd manteau, et rejoignit ses amies de Serpentard dans le Hall d'entrée. Les quatre jeunes filles se dirigèrent ensemble vers Pré-au-Lard, perdues dans le flot des élèves, et comme prévu, Millie ralentit en vue du petit village. Elle observa ses amies s'éloigner, insouciantes, et se dirigea vers les ruelles transversales, peu éclairées et peu fréquentées. Enfin, derrière une masure mal entretenue, elle s'arrêta, repassa en revue les instructions, et se concentra sur sa maison.

Elle se sentit happée par ses entrailles, chiffonnée, pliée puis étirée, mais bientôt, la sensation disparut. Elle ouvrit les yeux : elle était devant la grille de sa propriété. Millie attendit un petit moment, vérifia qu'elle avait bien conservé tous ses membres, puis ouvrit la grille et s'engagea sur l'allée menant chez elle. Normalement, le samedi après-midi, ses parents visitaient leurs amis – les Goyle, les Crabbe, ou les Parkinson. Tout ce petit monde s'entretenait régulièrement, mais les réceptions avaient rarement lieu chez les Bulstrode – ils avaient le bon Sang, disait-on, mais il leur manquait la fortune, et ses parents, obligés tous les deux de travailler, n'avaient pas autant de prestige que les autres.

Millie ouvrit précautionneusement la porte d'entrée… Bien. Si ses parents avaient été là, ils auraient ressenti les protections de la demeure signaler sa présence et auraient eux-mêmes ouvert. Elle en aurait été quitte pour un savon, et serait repartie immédiatement.

En l'occurrence, ses parents n'étaient pas là, elle pouvait donc jeter un coup d'œil aux… au Garde-Manger… Un pop pourtant discret derrière elle la fit brutalement sursauter.

- « Kirin ! » fit-elle en se retournant – et elle se figea.

Le pauvre, pauvre elfe. Ses doigts étaient cassés. Ses oreilles déchiquetées. Ses pieds brûlés. Millie ferma les yeux – c'était trop difficile de le regarder. Puis elle se força à les rouvrir.

- « Kirin ? »

- « Maîtresse… »

Millie déglutit.

- « C'est… à cause de moi ? »

- « Le Garde-Manger était vide, Maîtresse. J'étais le seul à avoir pu l'ouvrir. A part vous et vos parents, bien sûr… »

- « …Je suis désolée, Kirin. Je croyais… que mes parents mettraient l'évasion de ces gens sur le compte de la Science Moldue… Je suis navrée, » dit-elle avec difficulté.

Kirin ne répondit rien, et ne leva pas les yeux sur Millie – on l'avait bien dressé à les garder baissés.

- « Je suis venue pour… Est-ce qu'il-y-a à nouveau des gens dans les caves ? »

- « … Oui, Maîtresse. »

- « J'étais venue aujourd'hui les délivrer… Mais… Ils vont mourir si je les laisses là, tu le sais, n'est-ce pas ? Ils vont être exécutés, torturés peut-être... Je ne peux pas laisser faire… »

Millie se tut, l'elfe ne répondit rien. Puis :

- « Je comprends. »

Millie resta immobile un moment puis, dans un mouvement spontané, se pencha sur son elfe et le prit dans ses bras. Kirin resta impassible un instant puis pleura.

- « Maîtresse, Maîtresse, je vous en prie, je vous en supplie… »

- « Kirin, je suis désolée, si tu savais… Si j'avais pu t'éviter ça, je n'ai pas réfléchi assez, je n'ai pas… Mais je ne peux pas ne rien faire ! S'il y avait un moyen… Si seulement… »

Kirin pleura encore, comprenant qu'il serait de toute façon sacrifié, puis se reprit, se moucha dans sa tunique répugnante, et se redressa.

- « Je… Je vous obéirai, Maîtresse. Je recevrai les punitions. Pour vous. Mais… » Il leva des yeux implorants, et s'agrippa soudain à la jupe de Millie, puis débita d'une voix rapide « Maîtresse, ne les prenez pas tous en même temps ! Les sorciers Rafleurs viennent très régulièrement, ils apportent les prisonniers, personne ne tient les comptes, personne ne sait combien de personnes transitent par les caves. Si Maîtresse Millicent n'en prend que quelques uns, Maître et Maîtresse Bulstrode ne s'en apercevront peut-être même pas ! Il en vient tellement, tellement souvent ! »

Millie écarquilla les yeux, tant que ça, songea-t-elle, et les plongea franchement dans ceux, suppliants, de son elfe.

- « Soit. Kirin, dis-moi combien de personnes je peux prendre, cette fois. »

L'elfe soupira et s'affaissa de soulagement, puis la conduisit aux caves. Là, il désigna la première porte, expliquant qu'elle pouvait prendre deux ou trois personnes de chaque cellule. Millie jeta un coup d'œil par l'ouverture grillagée.

La cellule était bondée. Et cette fois, il ne s'agissait pas de moldus mais de Nés-Moldus. Elle donna à Kirin l'ordre de maintenir une protection entre elle et ces gens, puis ouvrit la porte.

- « Mesdames, messieurs… Je suis désolée, mais je ne pourrai pas sauver tout le monde. »

Elle sortit alors sa Malle-Trois-Fonds et l'agrandit.


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Au final, Ginny avait accepté de sortir avec lui.

Dean était… content. Oui, il était content. Très content, même. Il invita Ginny à plusieurs reprises à Pré-aux-Lard, faire du shopping, boire du thé – elle adorait le thé, elle pouvait en boire des quantités astronomiques, alors que lui préférait le café. Les vacances de Noël étaient passées, mais les décorations étaient toujours là, et la neige recouvrait tout. Ces promenades lui réchauffaient le cœur, et le thé ou le café leur réchauffaient les mains.

Ils se baladaient ensemble dans les couloirs de Poudlard, discutaient de tout un tas de chose, du passé, de l'avenir, de la pluie et du beau temps, ils montaient parfois à la Tour d'Astronomie et admiraient le paysage ou les étoiles. C'était… reposant, en fait. Dean s'attendait à avoir en permanence le cœur battant, stressé de faire une bêtise qui compromettrait ses chances avec la rouquine, mais il était curieusement à l'aise.

Au final, c'était une relation fort agréable, pour l'un comme pour l'autre, estimait Dean. Mais il n'aurait pu affirmer qu'il s'agissait d'une relation amoureuse.

Ils ne parlaient jamais de choses importantes, ils n'établissaient pas de projets en fait – ni ensemble, ni séparément, car la guerre approchante ne le leur permettaient pas… Voilà un sujet qu'ils n'abordaient pas : la politique, la montée inexorable des théories Mangemort, leur infiltration manifeste au Ministère, les attentats et les attaques que relatait la Gazette régulièrement.

Un autre sujet qu'ils n'abordaient pas : leurs propres sentiments. Ils parlaient de leur passé de manière factuelle. Dean ne ressentait pas le besoin d'expliquer à Ginny son sentiment d'injustice et de gâchis lorsque sa mère lui avait révélé que son père avait été un sorcier, tué lors de la première guerre contre Voldemort – un père qui ne l'avait pas reconnu pour le protéger…

Il n'osait pas non plus lui décrire son soulagement de se savoir un Sang-Mêlé plutôt qu'un simple Né-Moldu – il soupçonnait qu'elle n'aurait pas compris. Il soupçonnait qu'elle lui aurait sorti un grand principe bien-pensant du genre : « il ne faut pas avoir honte d'être Né-Moldu ». Elle aurait raison, bien sûr, ce n'est pas un statut honteux. Mais d'une part, ce genre de commentaire de la part d'une Sang-Pur – car c'est ce qu'elle était, en fait, qu'elle le veuille ou non – ne passerait pas, et d'autre part, être Né-Moldu n'était pas honteux, mais dangereux, dans une communauté où les idées des Mangemorts gagnaient chaque jour du terrain.

Avant cette révélation de la part de sa mère, il s'était senti chez les sorciers comme il se sentait dans sa banlieue défavorisée. Un Né-Moldu, sorcier, certes, mais minoritaire au sein d'une communauté majoritairement Sang-Pur, c'était comme être Noir dans une région du monde où la population est majoritairement Blanche. Il n'y a pas de honte à être Né-Moldu, et il n'y a pas de honte à être Noir. Mais on reste différent. Et pour certains, différent est synonyme d'inférieur. Il n'y a pas de honte à être Noir, mais lui et sa mère se retrouvaient cantonnés dans une banlieue défavorisée, et ceux qui leur disent qu'il n'y a pas de problème de racisme en Angleterre sont les Blancs qui habitent dans les quartiers chics de Londres…

Ce racisme-là, Dean avait été ravi de ne pas le retrouver chez les sorciers, il semblait que la Chasse aux Sorcières avait balayé les clivages basés sur la couleur plus efficacement que le Siècle des Lumières et les mouvements prônant l'abolition de l'esclavage qui en découlèrent. En revanche, il y avait une distinction basée sur le Sang.

Noir chez des Moldus majoritairement Blancs, Né-Moldu chez des sorciers majoritairement Sang-Purs – Dean se retrouvait, décidément, toujours du mauvais côté de la barrière… Alors, quel soulagement, lorsque sa mère lui avait dit que son père était sorcier ! Il était devenu ami avec Seamus qui était plus ou moins dans la même situation : une mère sorcière, un père Moldu… Non, Ginny ne pouvait pas comprendre.

Et si Dean ne lui révélait pas grand-chose de ses sentiments et de ses émotions, elle aussi cachait son jeu. Mais elle le cachait mal, car en filigrane de toutes ses anecdotes, il y avait Harry Potter. L'ombre gigantesque d'Harry planait sur tout : son enfance, sa décision de faire du Quidditch, de s'engager dans l'Armée de Dumbledore, il était partout dans sa vie. Elle s'en rendait compte et essayait de minimiser son importance en ne le nommant jamais, mais voilà, il était là, partout, tout le temps.

Dean trouvait cela malsain, c'était comme une obsession, un traumatisme mal digéré… Il le lui dit, un jour. Elle s'énerva. Mais le lendemain, ils étaient encore ensemble sans l'être, comme depuis le début de leur relation.

Ils ne se touchaient jamais. Ils ne se prenaient jamais la main. Dans les couloirs, ils marchaient côte à côte, se parlaient et se souriaient, mais ça n'allait pas plus loin. Cela dura plusieurs semaines.

Et puis, un soir qu'il l'avait invitée à se promener dans la cour intérieure de Poudlard – un endroit qu'il affectionnait pour son calme, la Tour d'Astronomie étant souvent prise d'assaut par les couples en mal de romantisme – quelque chose interrompit leur relation.

Au moment de passer la porte de la Tour Gryffondor, Ginny se figea, rougit, blanchit, et se tourna vers lui comme une furie.

- « Comment oses-tu me… me toucher comme ça ! » lui jeta-t-elle à la figure.

Dean ne sut quoi répondre. Il ne l'avait pas touchée ! Et que voulait-elle dire par « comme ça », au juste ? A son ton, on aurait dit qu'il lui avait tripoté les seins ou les fesses ! Vu l'état de leur relation, comment pouvait-elle l'envisager ?

Vu l'état de nos relations, elle aurait dû comprendre que je ne la toucherais jamais comme ça, songea Dean amèrement. Il regarda la rouquine furieuse s'éloigner, lui-même en proie à des sentiments contradictoires.

Il était malheureux que ça se termine.

Il était soulagé que ça se termine.

Il était content de laisser la voie libre à Seamus.

Il s'étonna lui-même lorsqu'il remonta au dortoir de Gryffondor, prit Seamus à part et lui annonça joyeusement que c'était terminé entre lui et Ginny, et qu'il avait maintenant sa chance. Il ne s'attendait pas à éprouver un tel plaisir en voyant le regard marron de l'Irlandais se remplir d'incrédulité d'abord, puis d'un espoir fou. Dean s'endormit avec un sourire aux lèvres.


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Harry jubilait. Il avait bu la Potion de Chance, et pour cette journée, tous les évènements se déroulèrent sans anicroche, et en sa faveur… D'abord, Hagrid l'avait invité à assister à l'inhumation d'Aragog, la reine des Acromentules. Il avait réussi à y inviter le professeur Slughorn, et ensemble, ils avaient feint de regretter la mort de cette monstruosité – en le cachant soigneusement à Hagrid, que ça ne dérangeait absolument pas de déambuler au milieu d'une armée d'Acromentules sauvages…

L'inhumation terminée, le professeur Slughorn avait profité qu'Harry détournait l'attention d'Hagrid pour extraire du cadavre un de ses crocs, rempli d'un venin qui valait une petite fortune auprès des apothicaires et des fabricants de potions.

En récompense, le professeur Slughorn lui expliqua la nature des Horcruxes, comment ils étaient créés – et leur lien avec Voldemort : chaque fois qu'il tuait, il arrachait un morceau de son âme et l'intégrait à un objet ayant une valeur spécifique à ses yeux…

A partir de cette information cruciale, il fut facile à Harry de reconnaître après coup quelques uns de ces objets maléfiques : le journal intime de Tom Jedusor, qu'il avait lui-même détruit à l'aide du venin du Basilic, et la Bague des Gaunt, descendants de Salazar Serpentard, que Dumbledore avait détruit au prix de sa main gauche…

Puis il avait quitté Slughorn, s'était immédiatement rendu au bureau du directeur pour l'informer de ses avancées. Même Albus Dumbledore sembla lui aussi soumis à l'effet de cette magnifique potion, et lui révéla – enfin – quels étaient les quelques autres Horcruxes dont il avait connaissance ou qu'il soupçonnait : le Médaillon de Salazar Serpentard, la Coupe d'Helga Poufsouffle en étaient certainement, et Nagini devait aussi avoir reçu un fragment d'âme. Il y avait probablement encore deux autres Horcruxes, mais Albus Dumbledore ignoraient lesquels – ou feignit de l'ignorer…

En tout cas, Harry se réjouissait de cette journée fructueuse en événements et en informations. Il quitta le directeur, et remonta à la Tour Gryffondor. Caché sous sa Cape d'Invisibilité, il entra dans la Tour au moment où deux élèves en sortaient pour une balade romantique.

Dean et Ginny.

Il ne fit pas exprès de frôler Ginny, vraiment. C'était la Potion de Chance, évidemment. Mais il l'avait frôlée, juste au niveau des fesses. Et la rouquine s'était figée, outrée, et s'en prenait maintenant au pauvre Dean.

Harry observa leur rupture avec un mélange de contrition – il plaignait Dean, réellement – et de jubilation… Ginny était à nouveau libre !


NOTE DE L'AUTEUR


Remarques diverses et variées :

Bon, j'ai fait une petite rectification puisque une lectrice assidue m'a rappelé que Rogue était prof de DCFM, et Slughorn était prof de Potions...

Ça y est, le deuxième salon est passé, encore un début décembre, mais enfin, je suis un peu plus disponible ! Et en plus, les travaux se terminent enfin, bientôt, dans un ou deux jours, normalement, je vais enfin retrouver un peu de tranquillité...

Réponse aux reviews :

Odyssea-fic : eh bien, voici le suivant ! L'inspiration revient... Bonne lecture !

Shanatora : Je ne mettrais pas tout le temps les réactions du public, en fait. Là je les mets, sommairement, mais après... Je reviendrais sur eux à la fin du procès. Enfin, voici la suite, bonne lecture !

Matsuyama : et voici la suite de Millie ! On va la voir pas mal dans ce récit... A bientôt !

Venin du Basilik : ah ah ah ! Je vais répondre à ta question sur l'équilibrage en Magie Astrale. J'avoue, pour ce point-là, j'ai cédé à la facilité : ils sont instinctivement équilibrés en Magie Astrale... Voilà, j'ai un peu honte, mais c'est comme ça... Voici la suite, bonne lecture !

hathor2 : voici la suite ! J'espère que ce chapitre te plaira, bonne lecture !

LadyCocoMalefoy : Comme je le disais dans une autre review, je mettrais de moins en moins les réactions du public, et j'y reviendrai à la fin du procès... Enfin, bonne lecture, et on retrouve Millie !

LandlessLord : voici la suite ! Bonne lecture !

espe29 : Merci, le salon s'est bien passé ! J'ai la tête un peu plus libre pour écrire... Bonne lecture !

Kalila78 : Coucou ! Voici le nouveau chapitre, bonne lecture !

Caki Black : oui, ça y est, je reprends ! Le rythme est un peu ralenti, mais voici le chapitre suivant ! Bonne lecture !

Elorah : ah, le passage du train... J'essaie de rester le plus possible dans le canon, donc pour les souvenirs d'Harry, Ron et Hermione, je vais bien être obligée de décrire des scènes déjà lues... Mais je suis obligée de les mettre, pour inscrire le récit dans l'histoire. Pour les évènements des fins d'années, oui, évidemment, ils sont marquants, mais là, je réécris complètement les livres de madame Rowling... C'est juste pas possible... Enfin, voici la suite, j'espère que ce chapitre te plaira ! Bonne lecture !

luffynette : Je ne mettrais pas toujours les réactions du public... Mais bon, là, oui ! Bonne lecture !

SanglanteAlouette : merci pour ta review ! J'espère ne pas te décevoir, je traiterai le point de vue de Luna un peu plus tard, ceci dit... Enfin, bonne lecture !

heliasmalicio : et voici un autre chapitre ! Bonne lecture, et merci pour ta patience !

melu49 : c'est l'un des thèmes que je voulais mettre en avant : la difficulté pour les enfants de Mangemort de lutter contre leur éducation et leur milieu... Bonne lecture !

AydenQuileute : merci pour le compliment sur l'écriture ! Voici le chapitre suivant, bonne lecture !