CHAPITRE DIX-SEPT


Les spectateurs dans les gradins, les officiels au comptoir des Juges, et les Rowane sur leurs fauteuils de pierre, tous étaient crispés, tétanisés, le cœur battant, certains se détournaient de l'écran pour échapper à la douleur corrélée au rituel, sans effet bien sûr.

L'aura de terreur et de folie qui avait présidé à cette réunion de Mangemorts semblait avoir perfusé la Salle, et la puissance du Seigneur des Ténèbres écrasait tout le monde. On avait beau savoir qu'Il était mort, on avait beau se dire que ces heures sombres étaient révolues, Le voir, fut-ce en souvenir, bouger, agir et parler sur cet écran emplissait les sorciers de terreur rétrospective.

Et l'angoisse, la résignation, et la douleur de Draco… Tous les avaient ressenties.

Il fallut un certain temps avant que les gens reprennent contenance – et avant que le rituel ne surmonte la tension et reprenne ses droits. Merlin merci – et un soupir collectif vint renforcer les soulagements individuels – l'image qui s'imposa cette fois n'était pas un souvenir de Draco Malfoy.


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- « Grand-Mère ? »

Le dîner avait pris fin, et Blaise avait attendu que ses petits cousins partent se coucher, ses oncles étaient partis au salon pour discuter « entre hommes » pendant que les femmes de la maison débarrassaient la table et s'affairaient en cuisine pour laver et ranger.

Enfin, pas toutes les femmes : Druella Zabini ne consentirait jamais à se comporter comme une femme soumise – de même que Grand-Mère, d'ailleurs. Elles étaient donc là, toutes les deux, toujours assises à la table de la salle à manger, se défiant du regard, écoutant les hommes palabrer inutilement en se croyant importants – alors que le vrai pouvoir et la vraie autorité se jouaient entre ces deux femmes. Blaise se retint de se tortiller sur sa chaise dans l'attente que quelque chose se passe ou se dise.

- « Eh bien, je suis ravie d'être là, » fit madame Zabini avec un reniflement dédaigneux, « cependant le voyage m'a un peu fatiguée. Je vais donc prendre congé. Bonne nuit, Mère. »

Blaise pinça les lèvres à la politesse excessive de sa mère – il était évident qu'elle méprisait le côté bonne franquette de ses proches alors qu'elle-même estimait avoir réussi dans la vie, et changé de statut grâce à ses mariages successifs pour devenir un membre de la haute société anglaise sorcière. Il est vrai que Druella Zabini n'aurait jamais entassé des invités dans une même chambre – mais il est vrai aussi que Druella Zabini n'était pas du genre à recevoir des invités : des connaissances pour une soirée mondaine, oui, des partenaires d'une nuit ou plus pour sa satisfaction personnelle ou pour obtenir des faveurs en retour, oui, mais de la famille qui ne sert à rien et ne lui rapporte rien… Certainement pas.

Druella Zabini se leva, élégante comme toujours, et se dirigea vers les escaliers. Blaise en profita pour se lancer.

- « Oui, mon petit ? Tu veux me parler de ta malle ? »

Blaise en resta bouche bée quelques instants, puis éclata de rire. Il aimait bien sa Grand-Mère, finalement, qui réussit par ces quelques mots à le mettre à l'aise.

- « Oui, Grand-Mère. J'ai trouvé dans mes affaires une Malle qui appartient à quelqu'un d'autre. Et à l'intérieur, ben… Il y a plein de gens. »

- « Des gens ? » fit Grand-Mère Zabini avec méfiance. Blaise se recula sur sa chaise et croisa les bras.

- « … Il y a… des soucis en Angleterre, en ce moment, tu le sais ? »

- « Je suis au courant. »

- « Il semble que ces… soucis touchent aussi le Ministère… »

- « … Je vois. »

- « Les gens qui se retrouvent dans cette Malle sont ceux qui ne plaisent pas aux gens qui provoquent ces soucis… »

- « Tss. Blaise, voyons. »

- « … Pardon. Les Mangemorts ont infiltré le Ministère, et commencent à enlever des gens, Nés-Moldus en particulier. Une de mes camarades en a récupéré certains, qui se retrouvent dans cette Malle, là-haut. Il y a aussi quelques Moldus, apparemment. Elle m'a laissé une lettre me demandant de les faire sortir. Et de lui rendre sa Malle ensuite. »

- « C'est… dangereux, Blaise. Tu te rends bien compte dans quoi tu te lances ? »

Blaise leva les yeux au ciel.

- « J'ai déjà détruit la lettre de ma camarade, et on ne pourra pas remonter jusqu'à moi. Le risque est limité. »

Grand-Mère Zabini resta silencieuse et pensive pendant quelques minutes, observant longuement son petit-fils. Puis elle eut un sourire radieux qui changea toute sa physionomie.

- « J'ai bien sûr un billet pour toi et tes petits cousins pour le match amical de Quidditch, ce sera l'endroit idéal pour relâcher ces gens. Ils passeront inaperçus dans la foule. »


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C'était son rituel.

Avant chaque match, Viktor Krum fermait les yeux et s'imaginait les détails de la rencontre à venir. Il répétait, dans sa tête, tous les mouvements qu'il allait effectuer, les zones qu'il surveillerait, les endroits où il se trouverait, en fonction des réactions de son principal adversaire : l'Attrapeur adverse. Un match de Quidditch était comme un jeu d'échec : il y avait des figures, que l'on pouvait apprendre par cœur, des tactiques et des stratégies qui, si on les connaissait, si on les mettait en pratique régulièrement, assidument, assuraient immanquablement la victoire.

Pour tout dire, le Quidditch n'avait plus beaucoup de secrets ni d'intérêt pour Viktor, et il s'appliquait depuis quelques temps à rendre le match plus amusant en se montrant moins performant qu'il ne l'était réellement. Il prenait un virage trop large, par exemple, ratant de peu le Vif d'Or et prolongeant ainsi la partie. Ou bien il détournait l'attention du jeu en cours en réalisant d'impressionnantes figures acrobatiques, jolies à voir mais sans intérêt sur un plan purement tactique. Ça passait le temps, ça permettait aux autres joueurs de souffler un peu, et les spectateurs adoraient ça. Les sponsors aussi. Les médias aussi.

Viktor appelait ça : « faire de la politique ».

Finalement, songea Viktor tandis qu'à l'extérieur retentissait l'hymne national du Kenya, la seule chose à peu près imprévisible, ce sont les Cognards.

Et encore.

En fonction de l'adversaire que lui et son équipe affrontaient, il lui était parfois facile de prévoir qui les Batteurs adverses viseraient, et à peu près à quel moment du match. La surprise finalement, ne venait que de la direction du coup, les Cognards ayant tendance à changer brutalement de trajectoire en plein vol.

L'hymne bulgare prit fin, Viktor était maintenant dans le bon état d'esprit. Il voyait dans sa tête à peu près tout le déroulé du match. C'était un match amical qui ouvrait les sélections préliminaires pour la Coupe du Monde de Quidditch. S'affrontaient les vainqueurs de l'édition précédente, qui avait eu lieu en Angleterre deux ans auparavant, c'est-à-dire la Bulgarie, et le Kenya, pays organisateur de cette prochaine édition. De par leur statut dans cette compétition – précédent vainqueur et prochain organisateur – les deux équipes étaient qualifiées d'office. Donc c'était un match amical, certes, mais hautement symbolique. Viktor allait devoir « faire de la politique ».

Qui dit match amical dit spectacle, avant tout ! Il fallait que la rencontre dure suffisamment longtemps, qu'elle soit suffisamment spectaculaire, et que le score soit suffisamment serré. Ceci afin de susciter la ferveur des supporters et attirer l'attention des médias. Après ça, la machine s'emballerait, avec à la clé des retombées économiques non négligeables.

Le commentateur annonça enfin les deux équipes en lice, signal de leur entrée sur le terrain, et Viktor ouvrit enfin les yeux. Tout en enjambant son balai, il récapitula ses objectifs : 1) faire durer, 2) acrobaties, 3) score le plus serré possible.

Alors que des gradins montait le grondement de la foule excitée, Viktor donna un coup de talon et s'envola à la suite de ses coéquipiers.


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Blaise n'était pas un fanatique de Quidditch. D'ailleurs, en règle générale, il n'aimait pas particulièrement voler sur des balais, alors jouer dessus, très peu pour lui. Essentiellement parce qu'il trouvait que s'asseoir sur un balai, on pouvait dire ce qu'on en voulait, ce n'était jamais très classe. Peu de sorciers pouvaient se targuer d'être élégants sur un balai en vol : il y avait Draco, et dans une moindre mesure, Potter.

Ceci dit, il ne rechignait pas à regarder un bon match de temps en temps, et pouvait même, en cas d'extrême urgence, se montrer plus supporter qu'un hooligan. Car c'était parfois une question de survie – tout en étant l'une des plus grosses incohérences de la Maison Serpentard. Il fallait soutenir la Maison, alors même que leur équipe était loin d'être la meilleure… C'est-à-dire que, sans Draco, elle était particulièrement nulle. Or l'un des principes fondamentaux des Serpentards n'était-il pas de se trouver, toujours, du côté des vainqueurs ? Ça n'avait pas de sens, mais il semblait qu'en matière de Quidditch, les gens perdaient tout sens commun.

Indépendamment de ce qu'il pouvait penser du Quidditch, Blaise en connaissait les règles – comme tous les sorciers – et mieux : il savait reconnaître une bonne équipe d'une mauvaise… Et l'équipe de son pays ancestral ne pouvait certainement pas être qualifiée de bonne. Et pourtant le match durait depuis… une heure, déjà ?

C'était un beau match. Blaise soupira.

Impressionnant.

Blaise s'amusa à répertorier les figures acrobatiques décrites dans tous les guides sur ce sport, et s'aperçut que la majorité d'entres elles étaient exécutées par l'Attrapeur Bulgare, le fameux Viktor Krum. Un bon joueur, dans une bonne équipe. Et qui manifestement, ne jouait pas à fond…

Oh, il va bien nous faire une petite Feinte de Wronsky, songea Blaise, partagé entre le plaisir du spectacle et un certain agacement. Car après tout, l'adversaire était son pays d'origine, et c'était faire preuve d'un certain mépris que de le ménager aussi peu subtilement…

En même temps, c'était plus… diplomate… Médiatiquement, c'était aussi une bonne chose… et financièrement sans doute aussi. Blaise croisa les bras et pinça les lèvres, une lueur amusée dansant dans ses yeux dorés.

Un coup de coude de la part de sa Grand-Mère le fit sursauter.

- « Tu n'oublies rien, mon garçon ? »

Blaise écarquilla les yeux et, se souvenant de sa mission, se leva précipitamment pour se rendre aux toilettes.

Dès qu'il fut seul, il ferma et verrouilla la porte, puis sortit de sa poche un petit coffret. De quelques coups de baguette, il annula les sorts de Rétrécissement et d'Allègement, et eut bientôt à ses pieds l'imposante Malle-Trois-Fonds de Millie.

Sur le conseil de sa Grand-Mère, il en avait précédemment fait sortir les quelques Moldus qui y étaient retenus (Le stade est protégé par des Sortilèges Repousse-Moldus, mon garçon… Tu vas leur griller le cerveau si tu les fais sortir là-bas – et seul quelqu'un côtoyant incessamment les Moldus aurait pu penser à ce genre de détail, songea Blaise.)

Ne restaient dans la Malle que les sorciers Nés-Moldus. Blaise releva le couvercle du troisième fond, le plus grand, et fit signe aux gens de sortir. L'un après l'autre, les fugitifs montèrent la petite échelle, et bientôt, la fosse fut vide. Blaise actionna la deuxième serrure, et vida le fond Armoire Agrandie, puis vint le tour du fonds Tiroir Agrandi. Les toilettes étaient maintenant bondées. Blaise referma la Malle, la Rapetissa et l'Allégea, la rangea dans sa poche avant de se tourner, indécis, vers les rescapés.

- « Bon, ben voilà, » fit-il maladroitement.

- « Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ? » demanda une jeune femme blême.

Dites pas merci, surtout. Ce n'est pas comme si je ne risquais pas ma peau, songea Blaise, mais il dit plutôt :

- « Ben, je ne sais pas. Nous sommes au stade pour le match amical Kenya-Bulgarie. Le match n'est pas fini, vous pouvez peut-être vous mêler aux spectateurs, et sortir en même temps que tout le monde… »

- « … Mais… Et après ? »

Mais j'en sais rien, moi ! Faites ce que vous voulez ! Z'êtes des adultes, non ?! J'suis même pas majeur, alors pourquoi vous vous tournez vers moi, comme si j'avais toutes les réponses ?! songea Blaise, partagé entre fureur et panique totale, tout en conservant, par la grâce de l'Education Serpentard, un visage totalement inexpressif.

- « Vous… Vous amènerez d'autres gens, ici ? » demanda un des sorciers.

NAON ! songea Blaise avant de se rappeler que Millie lui avait bien demandé de lui renvoyer sa Malle… Blaise soupira en se pinçant l'arrête du nez. Millie, Millie, Millie, dans quoi tu m'as embarqué…

- « C'est fort probable… » admit-il, résigné.

- « Alors… Si vous le permettez… Nous pourrions peut-être rester dans les parages, histoire d'accueillir les prochains… Ailleurs que dans des toilettes, je veux dire… »

Blaise lança un regard fulminant à l'homme, puis éclata de rire.

- « C'est sûr, c'est pas glamour ! » s'exclama-t-il finalement. « Très bien. Ok. J'ai compris. Bon. Mais… Il va falloir que j'en parle à ma Grand-Mère… »

Au moment où il disait cela, des cris retentirent au-dessus de leurs têtes, couvrant presque totalement la voix du commentateur qui annonçait le score final et la victoire de la Bulgarie dont l'Attrapeur avait spectaculairement saisi le Vif d'Or en pleine descente de Wronsky.

- « Eh bien, Mesdames, Messieurs… Veuillez me suivre, » soupira Blaise.


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Viktor serrait les dents tandis que ses coéquipiers et son entraîneur le félicitaient. De temps en temps, il décochait un bref sourire sans joie, avant de retomber dans sa fureur et son angoisse. N'avaient-ils rien vu, tous ? Personne n'avait donc compris ?

Il devrait se réjouir, pourtant. Il avait atteint ses objectifs : le match avait duré, ni trop long, ni trop court, juste parfait. Ils avaient enchaîné les acrobaties – pas que lui, d'ailleurs, c'était le « must » des matches amicaux après tout, les deux équipes s'en étaient donc donné à cœur joie. Et le score était tellement serré qu'il avait donné des sueurs froides à son entraîneur.

Mais personne n'avait rien vu. Personne n'avait vu qu'il avait… triché.

J'ai triché.

Il est humainement impossible d'attraper le Vif d'Or pendant une Feinte de Wronsky – qui n'a jamais été autre chose qu'un leurre – et plus spécifiquement pendant la descente. La descente est une chute pendant laquelle le joueur atteint une telle vitesse qu'un couloir d'air se forme à l'arrière du balai, tandis qu'à l'avant, l'air est pressuré. A l'avant, la pression de l'air éloigne tous les objets, et si ces derniers passent dans le couloir dépressif à l'arrière, ils sont comme aspirés dans le sillage du balai. A l'avant, tout s'écarte, à l'arrière, tout s'éloigne. Cette loi de l'aérodynamique ne souffre aucune exception, croyait Viktor. Aucun talent, fut-il exceptionnel, aucune magie n'était censé pouvoir la contrarier.

Sauf la Magie Elémentale.

Et voilà que le Vif d'Or atterrissait exactement dans sa main droite pendant la descente.

Impossible.

Impossible, et pourtant Viktor savait que c'était lui qui avait fait ça. Ce match l'ennuyait prodigieusement. Il se déroulait exactement selon ses prévisions. Il avait juste envie d'en finir.

Alors inconsciemment, il avait manipulé l'air autour de lui. Il avait appris la Magie Elémentale à Durmstrang, il était un adepte de l'Air, il savait quasi-instinctivement comment faire. Ses mains avaient agi toutes seules, les courants de toute la zone de chute avaient été modifiés grâce à quelques mouvements, et le Vif d'Or avait atterri dans sa paume, comme une fleur, pendant qu'il chutait à plus de soixante kilomètres-heure !

Et personne n'avait rien vu.

Il avait triché. Triché et gagné. Triché sans s'en rendre compte, sans le vouloir. Et au prochain match ennuyeux, est-ce qu'il tricherait à nouveau ?

Après les festivités, Viktor se retrouva dans sa chambre. Il se déshabilla et s'allongea. Il resta là longtemps, couché sur son lit, sans dormir, les yeux rivés sur le plafond.


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Millie était sur le point de se coucher. Elle avait revêtu son ample chemise de nuit, avait détaché ses longs cheveux noirs légèrement ondulés – puis les avait rattachés (elle ne comprendrait jamais comment faisaient Pansy, Daphnée et Tracey pour dormir les cheveux lâchés, chaque fois qu'elle essayait, elle avait l'impression qu'elle allait s'étouffer avec. Evidemment, c'était moins sexy.)

Un bruit attira son attention : de petits coups frappés à la fenêtre. Elle se leva de sa coiffeuse (ce n'était pas une coiffeuse, c'était un Bureau Multifonctions. Quand elle travaillait, c'était un bureau, quand elle rangeait, c'était un secrétaire, quand elle mangeait, c'était une table, et quand elle se coiffait, c'était une coiffeuse). Elle se leva, donc, et alla ouvrir la fenêtre – et recula précipitamment, plus surprise qu'effrayée, quand un énorme machin noir lui tomba dessus et s'agrippa maladroitement à ses épaules et à ses cheveux.

C'était une énorme chauve-souris. Une Roussette. Qui laissa tomber trois choses : un petit coffret, une lettre et… une Hurlante. La Hurlante prit vie, se souleva d'elle-même, portée par les courants chauds d'une juste colère, et se déplia pour lui crier à la figure.

- « IDIOTE ! ESPECE DE GROSSE IMBECILE STUPIDE ! COMMENT AS-TU PU ME FAIRE ÇA !? »

Millie inspira profondément, laissant à ses cheveux le temps de retomber lentement sur ses épaules. Au moins le message était clair, net et concis. Ça devait être Blaise, même si la voix était un peu déformée – et Millie admettait qu'elle n'avait jamais entendu le Noir hurler. Elle s'en sentit bizarrement fière, même si elle sentit aussi la vague de honte monter depuis sa poitrine et colorer de rouge, au fur et à mesure de sa progression : sa gorge, son cou, ses joues et jusqu'à son front.

La lettre se désintégra, et Millie retira les mains de ses oreilles, déplaçant la chauve-souris qui poussa un couinement mécontent et lui tira les cheveux en représailles. Millie attendit un petit moment, puis, comme elle s'y attendait, on frappa à sa porte.

- « Millie ? » fit la voix étouffée de sa mère. « Tout va bien ? »

- « Oui, mère, » fit Millie calmement, sans ouvrir la porte.

- « Si… Si tu as besoin de… »

- « Je n'ai besoin de rien, tout va bien. »

- « … Ah. Très bien. Si tu es sûre… »

- « Oui, mère, ne t'inquiète pas. »

- « … Alors, bonne nuit. »

- « Bonne nuit. »

Millie entendit sa mère soupirer puis ses pas s'éloignèrent dans le couloir. Alors Millie se pencha et prit l'enveloppe blanche, l'ouvrit, et déplia le parchemin, qui commençait par :

Idiote.

J'ai fait sortir tout le monde, et tu as maintenant à nouveau ta stupide Malle que tu vas certainement remplir à nouveau parce que tu es stupide. Tu peux me la renvoyer avec la Roussette, il y aura un comité d'accueil. A propos de la Roussette, elle s'appelle Sidonie, elle ne mange que des fruits et laisse-la se reposer au moins vingt-quatre heures.

Imbécile.

Un lent sourire étira le visage épais de Millie. Elle détacha Sidonie avec précautions, démêlant ses cheveux des petites griffes, l'invita à se percher au lustre de sa chambre, tête en bas, puis alla chercher des fruits.

Il restait cinq jours avant la fin des vacances de Pâques. Le temps de faire un envoi, au moins ?


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Les vacances de Pâques étaient sur le point de se terminer. Draco était plus que ravi. Ces deux semaines avaient été cauchemardesques. Il n'y avait pas eu d'autres réunions, pas d'autres Doloris, mais les humiliations s'étaient succédé, les moqueries aussi. Seule consolation, presque, Draco constatait que, contrairement à son dernier passage au Manoir, Narcissa Malfoy semblait avoir mis au pas un certain nombre de Mangemorts, et un certain nombre de loups-garous. Bellatrix avait dû aider, d'ailleurs, Fenrir la fuyait littéralement.

Il était prêt à partir, il rejoignit sa mère dans le hall du Manoir. Tous deux sortirent et arpentèrent le chemin gravillonné, et Narcissa ouvrit la grille. Elle la referma derrière Draco, mais au lieu de transplaner, elle se tint là, silencieuse et droite, son regard perçant rivé sur son fils.

- « Draco. »

- « … Oui, Mère ? »

Madame Malfoy pinça brièvement les lèvres.

- « … As-tu d'autres idées pour accomplir ta mission ? Une méthode moins indirecte, moins… hasardeuse que les précédentes, peut-être ? »

- « … Je… J'ai une idée, mais… »

- « De quoi s'agit-il ? As-tu besoin d'aide ? »

- « … A vrai dire, oui. Je… J'ai… découvert un moyen pour faire entrer des gens de l'extérieur sans déclencher les alertes de Poudlard… »

Narcissa haussa un sourcil fin, l'invitant à poursuivre.

- « J'ai… j'ai pensé que peut-être… Si des Mangemorts s'introduisaient dans l'école… Il y aurait suffisamment de chaos pour me permettre d'approcher Dumbledore et… et… d'accomplir ma mission… » finit-il lamentablement.

Narcissa le fixa longtemps, les lèvres pincées, puis hocha la tête.

- « Je vais manœuvrer pour obtenir une petite troupe. Fais ce que tu as à faire. »

Elle lui agrippa alors l'épaule et les fit transplaner tous deux jusqu'à la gare.


NOTE DE L'AUTEUR


Remarques diverses et variées :

Merci à tous pour vos reviews, et voici ci-dessous les réponses à quelques-unes ! (oui, je ne réponds pas à toutes, parce qu'on m'a reproché maintes fois que mes réponses aux reviews étaient presque aussi longues que le chapitre lui-même…) Enfin. Bonne lecture !

Réponses aux reviews :

Dea Artio : ah, je suis navrée qu'il n'y ait pas de Poufsouffle (et encore plus navrée qu'il n'y ait qu'une seule Serdaigle…) Mais bon, Neville est presque Poufsouffle, non ? Bonne lecture !

RoseViolet19570 et Artmis : juste ce petit mot pour vous rassurer : oui, je compte bien finir cette fic ! J'ai parfois quelques passages à vide niveau écriture, mais vous pouvez être sûrs que vous verrez la fin de cette histoire ! Merci encore pour vos reviews et bonne lecture !

Noooo Aime : hélas, tu l'auras sans doute constaté : mettre les souvenirs de tout le monde est compliqué (et long)… Non seulement les souvenirs de Ron et Hermione risquent d'être redondants avec ceux d'Harry, mais même ceux d'Harry me posent problème, car après tout, tout le monde connaît l'histoire d'Harry Potter… Alors j'essaie de me focaliser sur les histoires originales. Enfin, je suis ravie que ma fic te plaise ! A bientôt et bonne lecture !

Ashtana3 : hélas, je crains que Théo ne revienne pas tout de suite… Patience ! Et merci pour ta magnifique review sur mon roman, j'ai été épatée, littéralement ! Bonne lecture et à bientôt !

Piitchoun : oui oui oui ! La suite la semaine prochaine ! Pas taper !

Will-emo-death : eh ! coucou ! Ravie de te retrouver ! Pour tes remarques :

- Hermione cherche à savoir si Harry est parti ou pas, mais elle ne peut voir les « âmes » dissociées, elle ne voit que les corps sur les sièges. Et pour Draco, c'est pareil : il voit les corps mais pas les esprits, et… ah, je vois où est le problème. Je m'aperçois que je ne l'ai pas rappelé durant la scène, mais Draco est toujours sous forme spirituelle lorsqu'Harry initie le contact (Harry qui, lui aussi est sous forme spirituelle). C'est pour ça que Draco a du mal à l'identifier. Je ne sais pas si c'est plus clair, mais c'est comme un contact entre deux auras, quoi…

- Pendant les cours à marche forcée… Là non plus, je n'ai peut-être pas été claire, mais ils mangent bien trois fois par jours – des fruits au petit-déjeuner, et des sandwiches pour déjeuner et dîner. Mais ils mangent vite, sans quitter la salle de classe.

- Pour l'absence de lemon… Ils n'ont pas vraiment l'occasion de s'y mettre et, quand bien même ils ont fait leur choix, je pense que cette vie à plusieurs contredit leur éducation. Dans ces circonstances, la sexualité ne vient peut-être pas naturellement…

Enfin bref ! J'espère que cette fic te plaira tout autant que le Clan Talos. Bonne lecture et à bientôt !

Emrysa : et c'est looooooooooooooooooooooin d'être fini… Bonne lecture !