Métamorphose
Chapitre 8 : Aragorn
Je suis plutôt étonné lorsque je vois Elizabeth Swann marcher tranquillement devant moi. C'est une gentille fille, plutôt jolie mais pas très bavarde, et elle est tombée sur moi, là, comme ça.
En vérité je l'ai rattrapée. Cela fait trop longtemps qu'elle est dans notre monde, elle va commencer à dépérir jusqu'à la mort, à agoniser pendant plusieurs mois. Je la ramène donc là où elle dort, et court en parler à Legolas qui attend toujours dans sa cage.
Il se repose quand j'arrive et je ne peux m'empêcher de sourire en le voyant les yeux fermés et le visage serein. Les teintes blondes et argentées de ses cheveux se mêlent sur sa peau claire. Il ressemble à un petit garçon, roulé en boule dans son sommeil.
Evidemment ce sommeil est feint les Elfes ne dorment pas comme les humains. Legolas s'assoit rapidement lorsqu'il a conscience de ma venue
« Legolas ! Il faut que je te parle.
- Eh bien c'est ce que tu viens de faire. Continue ! »
Je poursuis sans prêter attention à sa remarque.
« Elizabeth s'est évanouie dans mes bras. Je crains le pire pour elle : le temps passe et elle n'est pas retournée dans son monde. Il va falloir… »
La nonchalance apparente de Legolas disparaît aussitôt. Sur son visage se peint un masque de peur, et il est sincère. Il se tourmente réellement pour cette fille.
« Elessar ! Il faut que tu ailles voir Dame Galadriel. Dis-moi qu'Elizabeth vivra. Dis le moi maintenant ! »
Accablé, j'acquiesce. Je ne sais pas si je dis la vérité.
« Mais maintenant, est-elle en vie ? Comment va-t-elle ?
- Calme-toi mon ami ! Les Galadhrim sont à son chevet, elle ne craint rien pour l'instant. »
Legolas baisse la tête.
« Oh, Elessar ! Je suis désolé, je suis pitoyable. Mais je me fais tant de soucis.
- Je vais la voir, si tu veux. Je vais voir si elle va bien. »
Il m'adresse un regard plein de reconnaissance, et tend les bras. Je l'étreins à travers les barreaux de la cage, une étreinte plus qu'amicale, fraternelle.
« Oui, c'est bon, ce n'est pas si loin non plus »
« C'est l'intention qui compte », dit-il. Et il a raison.
J'ai grimpé si vite l'escalier qu'arrivé dans la chambre d'Elizabeth je dois me tenir les côtes. Que ne fait-on pas pour ses amis ! Les Galadhrim sont déjà partis et elle dort dans son lit. Je repars rapidement. Legolas m'attend, angoissé. Ses traits se détendent à mon arrivée.
"Alors ?
- Tout va pour le mieux, dis-je doucement. Elle dort."
Soudain il grimace, et est pris d'une quinte de toux. Je me recule, inquiet. Legolas crache du sang.
« C'est la cage, me dit-il, et sa voix est rauque. Elle est empoisonnée. Moi aussi, il faut que je m'en aille, et vite. Ma vie en dépend. »
Il se tait un instant, et reprend plus doucement.
« Trouve Dame Galadriel. Demande-lui de me libérer. Je suis sûr qu'elle comprendra – j'ai atteint le point critique, et elle ne veut pas me tuer. Mon père se vengerait, et nous ne pouvons nous permettre de perdre un Seigneur Elfe en ce temps de guerre. Trouve-la, et fais vite. S'il te plaît.»
Et je quitte Legolas tandis qu'il se meurt.
