CHAPITRE VINGT CINQ


Lors de cette réunion, la responsabilité de Draco dans le fiasco de la matinée fut révélée et amplifiée par une Bellatrix aigrie. Elle se tenait droite mais parfois une intense crispation venait rappeler l'Incident, son ventre rafistolé à coup de potions et de sortilèges la faisait ponctuellement souffrir. Lorsqu'elle révéla que le Trio infernal possédait une copie de l'Epée de Gryffondor, Le Seigneur des Ténèbres sembla surpris et inquiet. Pour son impardonnable faute, Draco fut puni d'une demi-douzaine de Doloris. Au dernier, il s'évanouit.

Il se réveilla dans sa chambre, veillé par son elfe Tinna – envoyée là par sa mère. Une journée se passa calmement, puis une autre. Ces vacances de Pâques traînaient en longueur, mais après son éclat, les Mangemorts laissaient tranquille Draco et ses parents.

Puis, on vint les prévenir qu'une autre réunion aurait lieu ce soir-là, sur ordre du Seigneur des Ténèbres. Draco redoutait ce moment.

Il ne le comprit pas tout de suite, mais s'aperçut très vite que le Seigneur des Ténèbres était dans une rage folle, une rage que la fuite de Potter et ses amis du manoir Malfoy n'expliquait pas totalement. Et derrière la rage, il y avait une certaine crainte, comme si Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom avait découvert quelque chose de désagréable qui risquait de compromettre sa mainmise sur la communauté sorcière. Il arpentait d'un pas brusque la pièce où s'étaient rassemblés les Mangemorts, formes noires encapuchonnées et masquées, tous agenouillés, têtes baissées devant leur Maître.

- « … Harry Potter… Mon Médaillon… Petit misérable… »

Dans le silence pesant, ce murmure fit grimacer nombre de ces assassins froids et cruels. Le Seigneur des Ténèbres lança un regard rouge à la cantonade.

- « … Et tous ceux qui le soutiennent et me défient… Cette radio sorcière, l'Ordre du Phénix… Severus ! »

- « Maître ? » fit la voix veloutée du professeur.

- « … Ils vont tous me le payer. Surtout Potter. Je le connais. Je sais ce qu'il pense, je sais ce qu'il ressent… Il aime Poudlard, il aime l'école… Severus ! Je veux l'école ! »

- « … Mais vous l'avez déjà, Maître. L'école vous est acquise. Les Carrows y enseignent, et j'en suis le Directeur… »

Le Seigneur s'approcha vivement de la forme prostrée du professeur Rogue, et se pencha sur lui.

- « Tu n'as pas compris, Severus… je veux détruire Poudlard. Notre jeune Potter n'a cure du Ministère de la Magie, il n'a aucun respect pour cette institution, je le sais, je le vois… Mais il aime Poudlard. Je veux le frapper là où ça fait mal ! Et ça le fera sortir de sa cachette, au lieu d'attendre son bon vouloir. »

- « L'école possède des défenses… » commença Severus.

- « Désactive-les ! »

- « C'est malheureusement impossible, Maître, » répondit-il précipitamment.

- « N'es-tu pas le Directeur, Severus ? »

- « Pour les défenses les plus modernes, certes, je peux intervenir, mais les anciennes ont été créées avec la Haute Magie… En cas d'agression, elles s'activeront automatiquement, sans qu'aucun sorcier, Directeur ou autre, ne puisse l'empêcher. Pour celles-là, je ne peux rien faire, Maître. Aucun sorcier actuel ne sait comment les arrêter. »

Voldemort sembla réfléchir un instant à ces informations, puis eut un sourire sans joie.

- « Tant pis. Alors nous attaquerons Poudlard, je détruirai cette école pierre par pierre s'il le faut. Quelles sont nos forces ? Greyback ? »

- « Tous les loups-garous sont à vos ordres, Maître. A part quelques traîtres comme ce Remus Lupin, tous sont de votre côté ! »

- « Les Détraqueurs nous suivront également, Maître, » ajouta Rodolphus Lestrange. « Ils aiment le chaos et espèrent se nourrir de toutes les âmes que vous voudrez bien leur donner. »

- « Bien, bien. Rabastan, Nott et Goyle, vous allez faire de nouveaux prisonniers, et vous rendre avec eux, discrètement, à la Forêt Interdite, passez par les montagnes, le versant nord n'est pas sécurisé – certains pensent qu'une Forêt peut nous arrêter… Là-bas, vous prendrez contact avec les Acromentules. Donnez-leur les prisonniers en offrande, dites-leur qu'elles pourront se servir sur les vaincus dès que nous aurons pris Poudlard… Quant à moi, je vais écrire quelques messages, aux Vampires, aux Trolls, aux Sirènes, aux Géants… Non, pas les Sirènes, elles seront bien inutiles… Mais je vais renouer contact avec certains de mes amis russes, allemands, français et italiens… »

La réunion se termina dans une ambiance effervescente, tandis que le Seigneur des Ténèbres sortait et se dirigeait vers le bureau de Lucius Malfoy, suivi de ce dernier pour l'aider dans les préparatifs de la guerre. Lorsqu'il en sortit, un peu plus tard, il chargea Rodolphus et Draco d'envoyer les missives.

Draco suivit le Mangemort, se dirigeant vers la petite volière du manoir, puis ensemble, ils attachèrent les enveloppes aux pattes des hiboux – ou du moins, Draco attacha les enveloppes, et Rodolphus le surveilla. Le blond leva un instant les yeux sur son oncle, celui-ci le regardait fixement, sans ciller. Comme il ne disait toujours rien, Draco se concentra sur sa tâche, et les oiseaux prirent leur envol dans la nuit. Il se tourna à nouveau vers Rodolphus, mais celui-ci s'était déjà détourné et sortait prestement de la volière. Draco regarda les hiboux s'éloigner dans le ciel d'encre. Il fut surpris lorsque la porte s'ouvrit à la volée.

- « Père ? »

Lucius lui fit signe de se taire et se posta lui aussi devant la fenêtre d'envol. Il tenait dans sa main gauche un arc en piteux état, il n'y avait même pas de corde. Il n'avait pas de flèches non plus, et Draco se demanda ce qu'il venait faire là, avec cet objet. Puis Lucius brandit l'arc devant lui, et de sa main droite, mima lentement le geste nécessaire pour le bander. Draco écarquilla les yeux : une fine ligne lumineuse apparaissait lentement, et se tendait inexorablement, tordant le bois de l'arc, puis une flèche tout aussi lumineuse se matérialisa. Lucius décocha sa flèche immatérielle, et, au loin, l'un des hiboux tomba, foudroyé en plein vol. Lucius rebanda l'arc étrange, une autre flèche partit, puis une troisième. Lucius fit apparaître une quatrième flèche, l'envoya, elle toucha le hibou, sembla-t-il, mais celui-ci poursuivit sa course. Lucius soupira et abaissa l'arc.

- « Trop loin… » murmura-t-il.

Draco, bouche bée, fixa les quelques chouettes qui fuyaient dans l'obscurité, enregistrant spontanément l'endroit approximatif de la chute des trois hiboux touchés, avant de se tourner vers son père.

- « Qu'est-ce que c'était ? Comment as-tu fait ? »

- « … C'est de la Magie Astrale. Discipline Lumière. »

- « ... Comme le Baume de Deirdre ? »

- « Oui. C'en est une autre application, » fit Lucius en s'épongeant le front.

- « Et… On peut faire d'autres choses comme celle-là ? »

- « Oui. Beaucoup d'autres choses, mais… c'est compliqué à maîtriser. Personnellement, je ne sais presque rien faire d'autre avec, il faudra bien que ça suffise… Tu peux regarder dans nos livres, tu y trouveras certainement des applications pour toi. »

- « … Pourquoi ? »

Lucius se tourna vers son fils mais ne dit rien. Les deux Malfoy sortirent de la volière, et Lucius alla même jusqu'à raccompagner Draco jusqu'à sa chambre. Au moment où son fils allait fermer la porte, il murmura :

- « Espérons que le hibou adressé aux vampires fasse partie des trois… »

Draco prit la précaution d'appeler Tinna et de lui faire installer tous les pièges et alertes que sa magie elfique permettait. Le lendemain matin, après une nuit remplie de cauchemars où figurait une Bellatrix vampire aux yeux rouges, Draco se leva à l'aube, s'habilla, appela son elfe pour qu'elle désamorce les pièges, et descendit pour déjeuner. Il sortit ensuite dans les jardins du manoir Malfoy, et parcourut son domaine à la recherche des hiboux.

Le premier qu'il trouva portait le message adressé à un Mangemort italien. Draco pinça les lèvres et chercha le deuxième. Il le trouva dans un fourré de ronces, il était adressé aux Géants. Draco eut un soupir de soulagement et de dépit, c'était déjà pas mal si les Géants ne participaient pas à la bataille, mais… Il poursuivit ses recherches. Le troisième hibou était tombé dans le petit bois, coincé entre les branches hautes. Draco le récupéra et retourna fébrilement la dernière enveloppe pour voir l'adresse… les Trolls.

Draco resta figé, immobile et silencieux au milieu du bosquet noyé de brumes matinales lentement chassées par le soleil levant, tandis qu'il réalisait ce que cela signifiait. Il y aurait une bataille à Poudlard, et Voldemort allait lâcher sur l'école des vampires assoiffés de sang.

Ça allait être un massacre.

Dans un état second, il enterra à mains nues les trois hiboux et leurs maudites enveloppes, puis rentra au manoir. Lorsqu'il arriva au salon, il avisa ses parents et Bellatrix qui discutaient le plus normalement du monde, comme si cette folle ne l'avait pas violé quelques jours plus tôt, comme si tout allait bien. Draco pinça les lèvres, et se contenta d'adresser à son père un léger signe de tête négatif. Lucius eut un bref pincement de lèvres, mais ne dit rien. Draco n'avait pas envie de rester en leur présence, il les salua brièvement – juste que ce que le vernis de politesse autorisait – et sortit de la pièce.

Indécis, il se demanda ce qu'il allait bien pouvoir faire pour s'occuper pendant le reste de ces vacances...

Magie Astrale, se rappela-t-il. D'un pas décidé, il se rendit à la bibliothèque du manoir.


oOo


Gabrielle profitait de ses vacances de Pâques : il faisait beau, pas trop chaud, et elle avait à son entière disposition l'immense jardin de la demeure familiale Delacour. La seule chose qu'elle regrettait, c'était l'absence de sa sœur Fleur, mariée à ce Bill Weasley – et déjà enceinte de quelques semaines, d'après sa dernière lettre. Fleur lui écrivait toutes les semaines : elle le lui avait promis, et elle tenait sa promesse. Le prochain hibou devrait arriver bientôt, d'ailleurs. Elle lui avait déjà proposé de venir passer les vacances d'été chez eux, en Angleterre, et Gabrielle avait accepté, évidemment, ne serait-ce que pour admirer le (et se moquer un peu du) futur ventre rebondi.

Vêtue d'un simple jean et d'un T-shirt blanc, debout sur le porche de leur gentilhommière, la jeune fille – bientôt treize ans, elle avait hâte de fêter son anniversaire – contemplait le ciel bleu azur, les rares petits nuages blancs qui dérivaient et s'effilochaient, défaits par le vent et la chaleur qui pointait en cette fin de matinée printanière. Revigorée, débordant d'énergie, Gabrielle se redressa : c'était un temps pour voler ! Elle entra vivement dans la demeure, se précipita vers l'armoire de l'entrée, où était remisées les capes, chaussures, bottes, écharpes devant, et dans un espace sorcier juste derrière : les balais. Elle prit le sien, et sortit.

Sur le porche, elle attacha ses longs cheveux blond platine en un chignon rapide, enfourcha son balai, et s'envola, un grand sourire aux lèvres.

Loopings, piqués, pointes de vitesse, virages serrés, elle s'amusa à accomplir toutes les figures autorisées par ses parents – elle n'avait pas le droit de faire du rase-motte, trop dangereux en l'absence de supervision. Lorsque ses parents sortirent enfin pour profiter du jardin et du beau temps – et accessoirement, mettre la table pour le déjeuner – Gabrielle leur fit de grands signes de la main, leur cria un bonjour qu'ils n'entendirent pas, elle était trop loin, puis repartit faire des figures dans le ciel bleu.

La sueur coulait sur ses tempes, ses mains crispées sur le manche du balai devenaient douloureuses, elle commençait à avoir des crampes à ses cuisses et ses mollets, et il était de toute façon bientôt l'heure de manger. Gabrielle se stabilisa dans le ciel pur, il n'y avait plus un seul nuage maintenant, le soleil haut et chaud l'éblouissait, elle commença à tourner son balai vers la demeure. Un mouvement attira cependant son attention, elle mit ses mains en visière, et là, un immense sourire l'éclaira : un hibou arrivait.

Elle était persuadée que c'était celui de Fleur.

Ravie, elle se précipita à sa rencontre, éblouie par la luminosité, elle ne se rendit pas tout de suite compte que le hibou émettait lui aussi de la lumière, elle le saisit et prit immédiatement la lettre qu'il portait.

Et la décacheta, sans s'apercevoir qu'elle ne lui était pas adressée.

La lettre explosa.

Dans ses bras, le hibou prit le plus de dégâts – il n'en restait quasiment rien, à part des plumes qui voletaient – ce qui la protégea partiellement, et elle ne s'aperçut pas tout de suite que la lumière qu'émettait le hibou se concentra sur elle. Ses mains furent brûlées, peau et chair déchirées. Gabrielle fut littéralement expulsée du balai tandis que celui-ci prenait feu et filait, propulsé vers l'horizon.

La jeune fille eut l'impression de vivre les minutes suivantes au ralenti. Elle tournoyait dans le ciel bleu, ses cheveux libérés par le souffle de l'explosion. En dessous, des cris retentissaient, ses parents et les quelques autres occupants de la gentilhommière pour les vacances se précipitaient dans sa direction, des sortilèges étaient lancés, mais elle tombait trop vite, elle était trop loin, ils ne parvinrent pas à l'atteindre.

Dans un éclair de prescience, Gabrielle comprit qu'elle tombait comme une pierre, que lorsqu'elle atteindrait le sol, c'en serait fini d'elle, elle allait mourir.

Elle ne voulait pas mourir.

Elle ne voulait pas finir ainsi, maintenant, pendant les vacances. Elle voulait retourner à Beauxbâtons, finir son année et revenir l'année prochaine, entrer dans l'équipe de Quidditch, et peut-être se faire un nom. Elle voulait revoir ses amies, sa sœur, et elle voulait rencontrer des garçons.

Elle cria, hurla, et hurla encore.

La lumière s'intensifia autour d'elle, et son hurlement devint un hululement tandis qu'elle sentait ses bras s'étendre, son visage s'allonger, ses lèvres se durcir en un bec acéré, ses mains dégradées se reconstituer et se transformer en serres. Des plumes lui poussèrent sur les bras, le dos et la nuque.

Gabrielle se tut. Elle ne tombait plus, elle planait. Trop près du sol lors de sa transformation, elle atterrit brutalement, et finit dans une roulade douloureuse. Mais elle était vivante, presque indemne, et elle se redressa bientôt, avec effort. Ses pieds aussi s'étaient transformés en serres, et elle avait perdu ses chaussures. Elle leva les yeux sur ses parents et ses proches – qui s'étaient figés à la vue de sa transformation. Choquée, apeurée, elle resta plantée là, attendant le verdict.

Sa mère se secoua finalement, se précipita sur elle, et la prit dans ses bras, la serrant à l'étouffer dans un premier temps, puis vérifiant chaque partie de son corps – ancienne ou nouvelle – pour voir si tout était en ordre, s'il n'y avait pas de blessure ou de brûlure. Son père s'approcha, lui aussi, et examina ses serres-mains.

Elles étaient fonctionnelles, mais en piteux état, pas complètement guéries. Après avoir discuté un moment avec sa mère, il entraîna Gabrielle vers la maison, la dirigeant vers la salle de bains, ignorant les regards admiratifs ou horrifiés de leurs proches. Il remplit d'eau la vasque du lavabo et lui ordonna de plonger ses serres dedans.

- « Est-ce que… Je vais me retransformer ? » demanda timidement Gabrielle, sa voix déformée par ce bec étrange.

- « Pour l'instant, cette forme est plus adéquate, elle te permet de ne pas trop souffrir, et améliore tes capacités de guérison. Laisse-moi quelques minutes, tu veux bien ? »

Gabrielle se tut, claquant son bec bruyamment. Son père lui massait ses serres, et une étrange chaleur se répandit dans ses membres douloureux, provoquant des picotements désagréables. Les picotements évoluèrent en une démangeaison insupportable, et Gabrielle se tortilla.

- « Reste tranquille ! »

Elle se força à rester immobile, mais laissa échapper un gémissement – une trille, plutôt. Puis, brusquement, la douleur et les démangeaisons disparurent. Son père abandonna son massage, et laissa la vasque se vider. Gabrielle examina ses serres-mains : elles semblaient complètement guéries. Elle tenta de les ployer, tout fonctionnait correctement, pas de douleur – juste cette étrange chaleur, et, bien qu'elle les ait parfaitement essuyées quelques secondes plus tôt, une fine pellicule aqueuse les recouvrait déjà. Son père lui sourit.

- « Tu as hérité tes gènes de Vélane de ta mère et de ta grand-mère, mais de moi, tu as hérité ton affinité à l'Eau… »

Il plaça une main sur son épaule, qu'il serra affectueusement – le père Delacour n'était pas quelqu'un de particulièrement démonstratif, mais pour Gabrielle, ce geste était précieux. Puis il la fit sortir et l'emmena avec lui dans le salon.

Il y eut de nombreuses palabres tandis que Gabrielle patientait sur l'un des canapés, ne sachant quoi faire. Au final, tout le monde se mit d'accord sur le fait qu'il était l'heure de manger, tout le monde avait faim, et après un début de repas un peu tendu, l'ambiance s'améliora.

Dans l'après-midi, on fit venir un Médicomage, qui donna des conseils mais ne sut pas comment rendre son apparence normale à la jeune fille. On fit venir un Soigneur, spécialisé dans les créatures magiques, mais celui-ci n'y connaissait rien en Vélanes, qui n'étaient pas, à proprement parler, son domaine.

Une semaine s'écoula ainsi, et une nuit, alors que la deuxième semaine des vacances commençait, Gabrielle s'éveilla en sueur, incapable de parler, incapable de penser. Elle se leva – elle avait soif. Elle but, mais l'eau ne la désaltéra pas. Elle avait faim, elle mangea, mais cela ne la satisfit pas. Son ventre brûlait. Son bas-ventre – qu'elle n'avait quasiment jamais pris en considération jusqu'ici – la brûlait sauvagement. Dans la cuisine rustique, elle se déshabilla et se coucha à plat ventre sur les tommettes fraîches, pour éloigner la chaleur, pour apaiser son désir incompréhensible.

La fraîcheur ne dura pas longtemps, car bientôt le carrelage devint tiède au contact de sa peau, et cela ne suffisait plus. Gabrielle se releva et se dirigea vers la salle de bains, s'installa dans la baignoire et la remplit d'eau froide. Elle resta ainsi toute la nuit, oscillant entre torpeur ensommeillée et frissons glacés. Sa mère la découvrit, au petit matin, et la tira de là en catastrophe, murmurant des paroles réconfortantes sans queue ni tête, que Gabrielle entendit à peine. Sa mère lui demanda d'expliquer son geste, et c'est en pleurant de honte et d'épuisement que la jeune fille décrivit son état, ses fantasmes dérangeants, et cette chaleur immonde qui imprégnait ses entrailles.

La réconforter, la rassurer, ne fut pas évident.

On rappela le Médicomage, qui donna un traitement contre la fièvre, mais ne put rien faire d'autre pour améliorer son état.

On interdit aux hommes de la famille de l'approcher, et cela alla mieux. Gabrielle restait cloîtrée à l'intérieur, elle jouait avec deux cousines qui s'étaient accoutumées à son apparence.

Madame Delacour eut l'idée de joindre des pures Vélanes, et elle prit contact avec Viktor Krum, qu'ils avaient rencontré lors du Tournoi des Trois Sorciers, et qui avait assisté au mariage de Fleur. Son équipe nationale, la Bulgarie, avait pour mascotte toute une troupe de vraies Vélanes, c'était bien connu. Viktor la mit en relation avec deux d'entre elles, qui condescendirent à converser avec les hybrides Delacour, par cheminée interposée. Elles expliquèrent dédaigneusement qu'elles ne prenaient l'apparence de harpies que lorsqu'elles étaient en colère, et qu'il suffisait que Gabrielle se calme, fasse des exercices de méditation, et elle retrouverait son apparence normale.

Cela ne marcha pas. Soit que Gabrielle n'était pas en colère – juste très stressée – soit qu'elle accomplisse mal ses exercices de méditation, soit que la transformation forcée ne réponde pas aux mêmes critères qu'une transformation normale, dans tous les cas, elle resta sous forme hybride.

Les vacances de Pâques touchaient à leur fin, et Gabrielle désespérait de pouvoir retourner à Beauxbâtons. Elle ne pouvait pas décemment se montrer dans cet état à ses camarades. En désespoir de cause, ses parents contactèrent Madame Maxime, la directrice de son école, pour lui expliquer la situation et tenter d'obtenir son autorisation pour revenir – avec l'assurance de l'isoler des éléments masculins de l'école – et il y avait peu de chances que Madame Maxime accepte ces contraintes.

Madame Maxime écouta les doléances de la famille Delacour et observa un moment la jeune Gabrielle sous sa forme aviaire. Elle fronça les sourcils et dit :

- « Je connais quelqu'un qui est spécialiste des créatures magiques. Je vais lui demander conseil. Je vous rappelle dans un instant. »

Quelques minutes s'écoulèrent, dans l'angoisse et l'expectative, puis la cheminée s'éclaira de la lueur verte tant attendue.

- « Monsieur Hagrid, de l'école de Poudlard, dit que, dans votre cas, mademoiselle Delacour, il vous faut une potion Tue-Vélane pour retrouver votre forme normale et atténuer le feu du désir. Monsieur Hagrid va se rapprocher du nouveau Directeur, qui est un Maître en Potions, et lui demander de vous en préparer. Rappelez-moi d'ici une semaine si vous ne recevez rien, mais en l'état actuel, je ne peux vous recevoir à l'école dans de bonnes conditions. »

Moins d'une semaine plus tard, un énorme paquet leur fut livré, contenant plus d'une trentaine de fioles de potions Tue-Vélane, accompagnées de deux lettres. L'une, froissée, avec des ratures et des taches sur les pourtours, était signée de ce Monsieur Hagrid et souhaitait à la jeune fille un bon rétablissement. L'autre lettre, rédigée d'une main sûre, dans une écriture en pattes de mouches penchée et régulière, indiquait la posologie : une fiole par semaine, si possible à horaire fixe, ne pas boire d'eau dans les quatre heures suivant l'ingestion, éviter la viande rouge dans la journée.

Gabrielle regarda l'heure, nota le jour de la semaine, et avala le contenu de la première fiole. Immédiatement, elle sentit ses plumes se dissoudre dans sa peau, ses bras reprendre leur forme originelle, ses serres redevinrent des mains et des pieds normaux, son bec se résorba et elle retrouva enfin ses lèvres fines et souples. Elle courut à la salle de bains, et se planta devant le miroir en pied pour admirer son apparence enfin normale. Il semblait n'y avoir aucune séquelle. Elle fixa sans le voir le parchemin à l'écriture serrée et nette, et avisa la signature : Directeur Severus Rogue. La vague image d'un homme effrayant, habillé de noir, qu'elle se souvenait avoir intérieurement comparé à une énorme chauve-souris, s'imposa à son esprit – elle sourit.

Elle allait pouvoir retourner à Beauxbâtons pour finir sa première année, et suivre une scolarité à peu près normale.


oOo


La Haute Magie avait quelque chose de fascinant, de mystique même. Etant capable de fabriquer le Baume de Deirdre, Draco se savait affilié à la Lumière, comme son père. Il tenta, après plusieurs jours d'étude, de créer ces flèches de lumière, mais n'y parvint pas. Il découvrit des sortilèges mixtes, mêlant de la magie moderne à cette très ancienne magie, et les testa comme il pouvait, avec des résultats mitigés.

Il trouva tout particulièrement un sort de « rappel d'âme » qui nécessitait, pour être lancé, une baguette. Draco grimaça. Il rechignait à demander de l'aide à sa mère – encore moins à Bellatrix (ni à oncle Lestrange, qui n'avait probablement plus aucun droit sur sa propre baguette maintenant…) Mais… Draco plissa les yeux. Il devait bien y avoir quelque part, les baguettes de tous les prisonniers qui avaient été détenus au manoir. Le seul endroit qui lui vint à l'esprit, c'était le bureau de son père – que Vous-Savez-Qui avait annexé à son usage –comme, du reste, la totalité du manoir, inutile de se voiler la face.

Draco se leva, pensif, hésitant… Puis se décida : il avait besoin d'une baguette, il y avait des baguettes dans le bureau de son père, l'équation était simple à résoudre, il suffisait d'avoir le courage – ou l'inconscience – de pénétrer dans un lieu que le Seigneur des Ténèbres avait marqué comme sien. Par un raisonnement fallacieux, Draco fit taire ses réticences en se rappelant que tout le manoir Malfoy ayant été marqué par sa présence, il était ridicule d'avoir peur d'entrer dans une pièce plutôt que dans une autre.

Il sortit de la bibliothèque du premier étage, et se rendit au rez-de-chaussée. Il frappa à la porte du bureau, personne ne lui répondit. Alors il entra avec précaution. Il n'y avait réellement personne. Il évalua la pièce, estimant l'endroit le plus probable où pouvaient être entreposées les baguettes… Les tiroirs du bureau. Draco les ouvrit les uns après les autres, dans le troisième, il trouva ce qu'il cherchait. Un monceau de baguettes gisait là, inutiles. A sa disposition. Draco ne laissa pas transparaître son plaisir et son espoir. Il s'empara d'une poignée, les enfouit dans ses robes, referma le tiroir et sortit, fermant soigneusement la porte derrière lui. Puis il remonta dans sa chambre.

Il étala sur son secrétaire la dizaine de baguettes qu'il avait subtilisées, il y en aurait bien une, dans le lot, qui lui obéirait… Il reconnut celle de Lovegood, dont il avait lui-même délesté la jeune fille lors de son arrivée au manoir, et s'en empara avec espoir. Il tenta de lancer un sortilège de lévitation, mais ses livres, sur ses étagères, prirent feu à la place.

- « Tinna ! Tinna ! »

L'elfe apparut, et n'eut même pas besoin que Draco lui donne d'ordre : elle éteignit le feu immédiatement. Elle jeta à son maître un regard de reproche, que Draco lui rendit pendant quelques instants, avant de se détourner.

- « Merci, Tinna. Tu peux partir, Tinna. »

L'elfe ne bougea pas, et eut une expression dont Draco se souviendrait toute sa vie : l'équivalent d'un haussement de ce qui lui tenait lieu de sourcils.

- « … Réflexion faite, reste, si jamais il y a un autre… accident ? »

- « Biiieeeeen, maître Draco. »

Légèrement outré, Draco lui adressa un dernier regard, tout en mettant de côté la baguette de Lovegood avant d'essayer les autres.

Quelques heures plus tard, il dut s'avouer vaincu. La tête enfouie dans ses mains, les baguettes en désordre sur son bureau, et derrière lui, Tinna qui réparait les dégâts de son dernier essai… Aucune baguette ne lui obéissait, il les avait toutes essayées, au moins trois fois chacune. Il les observa longtemps, puis sa main se dirigea lentement vers celle de Lovegood.

- « Tinna… »

- « Maître Draco ? »

- « Dobby était… ton cousin, il me semble, c'est ça ? » demanda doucement Draco, jouant distraitement avec la baguette de bois clair.

- « … Oui, maître… »

- « Il a réussi à revenir au manoir… »

- « Oui, maître… »

- « Tu étais encore en contact avec lui ? »

- « … Oui, maître… »

- « Et tu as laissé les barrières ouvertes pour lui… »

- « … Oui, maître… »

- « Tu saurais le retrouver ? »

- « Je… Je peux aller voir… »

- « S'il-te-plaît. »

Tinna disparut, et Draco attendit un long moment. Puis elle réapparut dans un craquement, le visage fermé, et les yeux larmoyants. Pendant quelques instants, elle ne dit rien.

- « Dobby est mort, maître. »

Pour toute réponse, Draco posa sa main sur la tête de son elfe. Celle-ci renifla mais ne pleura pas.

- « Tu as vu son… »

- « Sa tombe, maître. C'est… Je n'avais jamais vu de tombe d'elfe, maître… »

Qui aurait l'idée saugrenue de donner une tombe à un… Ah, oui. Potter. Ou Granger.

- « Et cette tombe se trouve où, Tinna ? »

- « Un petit cottage au bord de la mer. Une maison toute en coquillages. »

- « … Je vois. Tu peux aller. »

- « … Maître… Je… C'est parce qu'il était libre qu'il a eu droit à une tombe ? »

Draco écarquilla les yeux à la question. D'habitude, les elfes morts étaient incinérés. Il réfléchit un moment, puis répondit finalement.

- « … Oui et non. Tinna, je sais que Dobby était libre, il travaillait et se faisait payer en échange de ses services. Mais ce dernier service qu'il a rendu à Potter, ce n'était pas un service payant, que je sache. Ce n'était pas un travail, c'était une faveur qu'il a rendu à une personne envers qui il éprouvait une grande reconnaissance. Je vais dire ça autrement. Aucun sorcier n'exigerait de son elfe de maison qu'il donne sa vie pour son maître. Si l'elfe se sacrifie de son propre chef, il mérite une forme de reconnaissance que les autres elfes n'obtiendront pas – et c'est ce que Potter a fait en lui érigeant une tombe. »

- « … Maître, moi je… »

Draco lui mit un doigt devant la bouche.

- « Aucun maître digne de ce nom n'exige de son elfe qu'il se sacrifie. Et tu n'as pas à être reconnaissante envers moi pour quoi que ce soit. Potter était dans une situation désespérée, et Dobby est un cas à part – ils ne doivent, ni l'un ni l'autre, servir de norme. J'attends de toi que tu me serves, et j'ai l'espoir qu'un jour tu serviras aussi mes enfants. Et en échange, cette maison est la tienne. »

Tinna le fixait avec ses grands yeux légèrement globuleux, puis se détourna finalement.

- « Il y a des maîtres que l'on sert avec plaisir… D'autre moins »

- « Et je ne te demanderai pas dans quelle catégorie je me trouve. Maintenant va, Tinna. Tout va bien. »

Une fois l'elfe partie, Draco réfléchit sur ses informations. La Chaumière aux Coquillages. La maison et son terrain étaient connus des sorciers, Bill et Fleur Weasley s'y étaient installés après leur mariage… Potter s'y trouvait-il encore ? Draco prit sa tête entre ses mains, pinçant les lèvres. Il avait une opportunité en or. Il pourrait redorer le blason de sa famille en révélant la localisation d'une cachette de leurs ennemis, l'endroit où ils avaient fui… Draco ouvrit les yeux et fixa les baguettes sans les voir, tandis qu'une pensée inconcevable s'immisçait dans son esprit.

Merlin, il n'avait pas envie de racheter sa famille, découvrit-il avec une certaine surprise.

Courir désespérément après la reconnaissance de gens qu'il méprise et déteste, comme ce Greyback, comme Bellatrix ?

Non.

Décidé, il empaqueta les baguettes dans un papier solide, qu'il ferma à l'aide de ficelle et de cire, puis se dirigea vers la volière. Il attira son hibou personnel, un hibou Grand-Duc qu'il avait prénommé Démétrius lorsque ses parents le lui avaient offert – et qui le fixait présentement de ses yeux orange par-dessus son petit bec courbe.

- « Ça ne devrait pas être trop lourd pour toi, Démi. Va à la Chaumière aux Coquillages, sur les côtes de Cornouailles, et remet ce paquet à Ollivander ou, s'il n'est pas là, à Luna Lovegood. »

Le hibou Grand-Duc s'envola, portant le paquet sans effort apparent, et Draco soupira. Pour tester les sortilèges, il lui fallait demander de l'aide à sa mère. Narcissa accepta d'assez bonne grâce de lui prêter sa baguette, et Draco put enfin s'entraîner.


NOTE DE L'AUTEUR


Remarques diverses et variées :

Bon, finalement, j'ai eu accès à un ordinateur, donc pas de rupture dans le rythme de parution : youpi !

Et j'ai eu plein de reviews pour le chapitre précédent : merci à tous et à toutes !

Réponses aux reviews :

Faenlgiec : oui, pauvre Draco... Je crois que personne n'est à envier dans cette histoire... Bonne lecture !

Shanatora : hélas, si je mets trop de description des réactions des témoins et spectateurs, ça coupe le récit... Alors, voilà... Merci pour ta review !

Le Poussin Fou : c'est pour ça que j'ai mis cette fic en drama (et j'ai remis le warning en début de chapitre) Mais même si c'était un peu gore, ce n'était pas, je l'espère, complètement gratuit... Enfin, je te souhaite une bonne lecture (ce chapitre est un tantinet moins violent... quoi que...)

Wardstone Chronicles : pour être honnête, toutes les parties concernant les aventures d'Harry, Ron et Hermione m'embêtent, parce qu'effectivement, on connaît déjà l'histoire, et je ne la raconterais jamais aussi bien que l'auteur... Mais je ne peux pas non plus les passer sous silence, pour une question d'équilibre. Alors j'essaie de passer dessus le plus rapidement possible, mais je suis quand même obligée de les mettre. En tout cas, on arrive aux évènements que je voulais réellement exploiter... Alors, bonne lecture !

tinetinetina : J'espère te surprendre encore un peu avec les prochains chapitres... A bientôt !

Inril Serket : aaah, on verra le résultat de ce Jugement à la fin de la fic... Alors je ne dis rien... Bonne lecture !

Odyssea-fic : eh bien voici la suite, un peu moins gore et un peu moins glauque, je crois... J'espère que ce chapitre t'a plu.

Clairehime : hélas, préciser les réactions des uns et des autres coupe trop le récit, alors j'ai choisi d'avancer dans les souvenirs – et on verra le résultat après... Bonne lecture !

hathor2 : voici la suite ! Bonne lecture !

Mel-In-E DL : ta review sur le chapitre précédent m'est arrivée au moment où je publiais le chapitre, c'est pour ça que je n'y ai pas répondu, milles excuses ! Et oui, je pense que les « pauvres » spectateurs qui voulaient jouer les voyeurs avec ce Jugement sont servis ! J'espère que ce chapitre t'a plu, à bientôt !

Lililouna : voici la suite, un peu moins violente. Bonne lecture !

Ashtana3 : j'espère que tes examens se sont bien passés, et que le livre II te fera passer un bon moment ! Et oui, Draco ne méritait pas ça, mais bon, hein... En tout cas, merci pour ton soutien, et à bientôt pour la suite !

dragonia malefoy : on est toujours dans les souvenirs projetés sur l'écran, oui. On approche de la bataille de Poudlard ! (enfin, ce n'est pas encore pour tout de suite...) J'espère que ce chapitre t'a plu.

LadyCocoMalefoy : merci pour ta review ! Et oui, le viol masculin est très sous-estimé, hélas. Enfin, espérons que ça change. Bonne lecture !

Karozthor the Necromagus : ah, merci pour cette précision sur Rusard. Il me semblait aussi qu'il restait à l'école, mais je n'en étais plus très sûre... A bientôt !

Dea Artio : ah la la. Je sais que tu voudrais que j'abrège le Jugement, mais je ne peux (et ne veux) tout simplement pas. Il y en a pour encore quelques chapitres, patience. J'espère que ce chapitre t'a plu, et merci pour ta review !

luffynette : oui, il s'est vengé. C'est un Serpentard, après tout ! Bonne lecture !

Kalila78 : Lucius et Narcissa n'ont plus de baguette (Voldemort a « perdu » celle de Lucius, et Draco vient de chiper celle de Narcissa) alors pour réagir, ce n'est pas évident... Surtout face à une Bellatrix désaxée... Enfin, merci, et le salon s'est bien passé ! Bises !

cha910 : encore quelques chapitres sur le Jugement – et je ne dis rien sur la suite, pour le moment. Patience, et bonne lecture !

Guest : bien sûr que si, un homme peut-être violé (je ne sais pas si tu fais de l'ironie ou non...) Tous les hommes n'ont pas envie de faire des galipettes tout le temps ni avec n'importe qui... Il y a même des hommes battus. Et leur problème c'est que quand ils se plaignent, on ne les prend pas au sérieux... C'est navrant. Enfin. On n'est pas au même niveau de maltraitance que les femmes, mais ce n'est pas une raison pour les négliger... Bonne lecture !

Lily-Sisi : merci pour le compliment sur l'écriture (ce n'était pas un chapitre évident...) J'espère que ce chapitre t'a plu également.

kissy18320 : Je suis ravie que le Clan Talos t'ait plu ! Et oui, bien sûr, je poursuis l'écriture des Rowane (je publie une fois par semaine, le mardi en ce moment). Alors bonne lecture et à bientôt !

Irinaya : le Magicobus fonctionne, à mon sens, avec une forme de Transplanage, donc oui, il est interdit au Clan... Le seul « moyen de transport » qui pourrait leur convenir encore, ce sont les Sombrals – mais je ne les trouve pas excessivement pratiques... Bonne lecture !

Magouille : je suis contente que le chapitre précédent t'ait plu, j'espère que ce chapitre te plaira tout autant (il est un peu moins dur...) Merci pour ta review !

severuse : merci ! J'espère que la suite te plaira tout autant ! A bientôt !

Noooo Aime : Merci pour ta review ! Oui, les membres du Clan en ont tous bavé, chacun à leur niveau. Et pour les conséquences du Jugement, eh bien... pas de spoil ! Donc je ne dirai rien. J'espère que la suite te plaira, bonne lecture et à bientôt !