CHAPITRE VINGT SEPT


Au Kenya, l'humidité était pesante. Il avait plu la veille, il allait sans doute pleuvoir ce soir, et même s'il ne faisait pas encore trop chaud, c'était largement trop pour Blaise, plus accoutumé aux températures fraîches de Londres. Dans la voiture de sa Grand-Mère, la sueur lui coulait le long des tempes et entre les omoplates, ses vêtements étaient trempés et avec la moiteur ambiante, risquaient fort de ne pas sécher avant longtemps.

Sa mère ne l'accompagnait pas pour ces vacances de Pâques, à son grand soulagement – et elle l'avait considéré avec un certain dédain, n'appréciant pas vraiment que son fils unique se complaise dans sa famille peu valorisante. Elle le laissait y aller, cependant, parce que sa propre mère aurait bien été capable de débarquer en Angleterre si elle s'y était opposée…

Le coffre de la vieille voiture blanche transportait la malle de Blaise, qui renfermait la Malle-Trois-Fonds de Millie – Allégée et Rapetissée – qui elle-même cachait la dernière tournée de prisonniers Nés-Moldus extradés par l'elfe de Millie. Cette mise en abîme laissait Blaise un peu perplexe – et un peu inquiet aussi. Il commençait à voir des espions partout, il avait l'impression d'être observé, c'était difficile de ne pas céder à la paranoïa. Ce n'est qu'arrivé au Kenya, et en présence de sa Grand-Mère, qu'il s'était enfin senti en sécurité.

Ils s'arrêtèrent devant le pavillon familial – dont le jardin n'était plus qu'une symphonie de tentes et d'abris de fortune débordant sur la rue. Blaise se dépêcha de monter sa malle dans sa chambre attitrée, s'empara de la Malle-Trois-Fonds, et se précipita à la cuisine ou l'attendait sa Grand-Mère.

- « Nous allons tout de suite faire sortir ces pauvres gens, mon garçon. Tu as ta baguette ? »

Blaise lança les sortilèges annulant les sorts d'Allègement et de Rétrécissement, et la Malle-Trois-Fonds reprit sa forme originelle, massive et sombre sur le carrelage blanc. Il ouvrit le troisième fonds – celui contenant généralement les prisonniers – et jeta un coup d'œil à l'intérieur. Quelques têtes émaciées se relevèrent, l'observant avec un espoir mâtiné de résignation et d'incrédulité. Blaise prit son inspiration.

- « Bonjour, Mesdames et Messieurs, vous êtes au Kenya. Vous allez sortir de là, on va vous offrir un repas, et vous installer dans notre camp de fortune. Ecartez-vous pour l'échelle… »

Les premiers Nés-Moldus remontèrent, Blaise observa leur état d'épuisement et se demanda depuis combien de temps ils étaient prisonniers. Il y avait quelques femmes, mais il s'agissait majoritairement d'hommes. Enfin le dernier rescapé sortit, et Blaise l'observa – ne le reconnut pas tout de suite. Puis se souvint.

Marcus Flint. Flint ?

Blaise plissa les yeux, instinctivement, il serra sa baguette plus fort, la pointant discrètement sur son ancien camarade, se remémorant la réaction de Marcus lors de la bataille de la Tour d'Astronomie – et le commentaire de Théodore… Tu as remarqué que Flint n'a pas répondu lorsque je lui ai demandé quel camp il comptait rejoindre ?

Il semblait en pleine forme. Pas d'ecchymoses, pas de blessures. Il n'avait pas le visage émacié ni les yeux caves des autres. Ses vêtements n'étaient pas franchement abîmés, à peine tachés… A vrai dire, le seul détail qui le mettait à peu près au niveau des autres, c'était sa barbe non rasée.

- « Salut, Marcus… » commença Blaise, tout en s'approchant, sur ses gardes. Arrivé près de l'ancien Serpentard, Blaise se précipita sur son bras gauche pour en relever la manche.

La Marque Noire s'étalait là, arrogante et immonde – et sur la face intérieure du poignet, un étui de cuir contenant la baguette de Marcus. Celui-ci se dégagea d'un mouvement brusque, dégaina sa baguette et la pointa, mais pas assez rapidement, Blaise tirait déjà, et le combat commença.

Dans la cuisine démodée, la faïence volait en éclat, les fruits et légumes explosaient, les placards pendouillaient à leurs clous, éventrés. Les réfugiés Nés-Moldus – ceux que Grand-Mère n'avait pu faire sortir avant le début de la bataille – se terraient derrière une table renversée. Flint lançait ses sortilèges à une vitesse impressionnante – des sorts puissants et mauvais, bien plus destructeurs que ceux de Blaise. Le Noir était acculé, à peine avait-il le temps de dresser un bouclier que Marcus le faisait voler en éclat. Alors que Blaise se maintenait devant la table pour protéger les réfugiés désarmés, Marcus, lui, se dirigeait lentement mais sûrement vers la porte.

Finalement, il réussit à l'ouvrir, jeta un dernier sort puissant à Blaise, qui le désorienta momentanément, puis se détourna. Hors de la cuisine, il lança quelques sorts sur les gens qui s'étaient rassemblés là, ameutés par le bruit, et tout en tirant, sortit du pavillon. Blaise reprit ses esprits, et se lança à sa poursuite.

- « C'est un Mangemort ! Arrêtez-le ! Tous ceux qui ont des baguettes, tirez sans scrupules ! »

Ce fut la ruée vers le fugitif. Flint se retournait de temps en temps, ralenti par les innombrables tentes et les nombreux réfugiés qui s'alarmaient de cette course subite. Il visait le portail au loin, et s'en approchait rapidement, mais comme il traçait la route, ses poursuivants avaient moins de difficultés à le suivre au milieu des gens paniqués et choqués, et bientôt, Blaise fut suffisamment près pour tirer sans risquer de manquer sa cible.

Marcus fut soulevé du sol, projeté en l'air, pour s'abattre lourdement à terre. Autour de lui, crépitèrent les impacts de sortilèges qu'il évita avec une souplesse acquise manifestement au Quidditch – ou lors d'entraînements moins respectables. Alors qu'il se relevait, Blaise arriva sur lui et lui asséna un puissant coup de poing à la mâchoire, qui lui fit lâcher prise sur sa baguette.

- « Traître ! » lui lança Marcus dans une gerbe de sang. « Traître à ton Sang, traître à ta Race ! »

Marcus se déchaîna, lançant pieds et poings à l'aveuglette mais avec une force rare. L'un des coups atteignit Blaise au poignet, et il lâcha sa baguette. Alors Blaise se rua sur Flint, et le combat continua, à poings nus, sans magie. Derrière eux, les quelques membres de la famille de Blaise qui possédaient une baguette renoncèrent bientôt à tirer, les deux combattants trop emmêlés pour pouvoir viser soigneusement.

Au terme d'un combat acharné, brutal et sans élégance, Flint se retrouva à terre, amoché et sanguinolent, tandis que Blaise, debout au-dessus de lui, sa chemise trempée de sueur et déchirée, reprenait péniblement son souffle dans l'air moite et suffocant. Il chassa la sueur qui lui dégoulinait du front et noyait son regard, et s'aperçut, alarmé, que Marcus était tombé à proximité de sa baguette, qu'il n'avait qu'à tendre la main pour s'en saisir. Il semblait à Blaise que tout bougeait au ralenti, il avançait, mais pas assez vite, Marcus ouvrait un œil, repérait la baguette, allongeait le bras…

Alors que Blaise commençait à donner un coup de pied vers la baguette pour l'éloigner, celle-ci se pointa sur lui, et Marcus lança son sortilège.

Blaise fut projeté au loin, et tomba rudement au milieu des membres de sa famille. Certains l'aidèrent à se relever tandis que d'autres pointaient leurs baguettes vers Flint, mais ce dernier s'était déjà ressaisi. Il dressa un bouclier sur lequel les sortilèges vinrent se disperser, se releva, puis s'enfuit.

- « Ne le laissez pas partir ! » s'exclama Blaise, à bout de souffle. « S'il atteint l'extérieur, il pourra transplaner et avertir les Mangemorts ! »

Des sorts fusèrent dans la direction du fuyard, certains se précipitèrent à sa poursuite, mais c'était déjà trop tard, Marcus avait atteint le portail. Derrière la grille, derrière un bouclier, Marcus Flint se retourna, adressa un sourire maculé de sang à Blaise.

- « Toi et cette vermine, on va vous exterminer ! »

Il disparut alors qu'un dernier sort atteignait l'endroit où il s'était tenu. Blaise resta là, les yeux écarquillés, affolé, soutenu par ses proches.

- « Merde ! » cria-t'il, choquant tout le monde. « Merde ! Merde ! Merde ! Merde ! »

Il se dégagea brusquement, se prenant la tête entre les mains. Lorsqu'il la releva, ses yeux n'étaient que deux flammes dorées.

- « Il faut partir ! Rassemblez tout le monde, laissez vos affaires, tout le monde dégage ! »

- « Mon garçon… »

- « … Grand-Mère… »

Blaise ferma les yeux, atrocement conscient qu'il avait mis sa famille en danger, pour une guerre et des valeurs qui n'étaient pas les siennes. Pour des gens dont il n'avait que faire. S'excuser avait-il une quelconque valeur dans ces circonstances ? Il se détourna sans dire un mot. Sa Grand-Mère soupira.

- « Très bien. Bon, les enfants, on s'active, allez, allez. »

Sous l'impulsion de Grand-Mère Zabini, les réfugiés et leurs hôtes commencèrent à s'agiter, ne s'encombrant que du strict minimum. Puis l'un des réfugiés s'approcha.

- « Mais où irons-nous ? »

- « Ailleurs, n'importe où, peu importe ! » s'exclama Blaise.

- « Nous irons à Kibera, le bidonville de Nairobi. J'y ai des contacts, et des gens vous accueilleront, » fit Grand-Mère Zabini d'un ton apaisant, autant pour Blaise que pour le réfugié inquiet. « L'aéroport est plus proche que d'ici, et nous pourrons vous exfiltrer vers la destination de votre choix plus facilement… »

- « Mais nous ne pouvons aller nulle part ! Nous ne pouvons rentrer chez nous, nous sommes recherchés en Angleterre, nous serons arrêtés dès que nous y mettrons… »

Blaise se retourna et saisit le réfugié par le col de sa chemise, les yeux flamboyants.

- « Lâches ! Abrutis ! Traîtres ! Vous laissez toujours les autres faire le sale boulot ! J'ai mis ma famille en danger, des amis aussi, pour vos petites personnes, et tout ce que vous savez faire c'est geindre et vous plaindre ! Des assistés permanents, qui fichent rien de leurs journées, qui vivent à nos crochets ! Y en a pas un qui a essayé de récupérer une arme, aucun n'a demandé s'il existait ici un fabricant de baguette ! Merde ! Battez-vous ! Résistez ! Faites quelque chose ! C'est pour vous, à cause de vous qu'on est dans la merde ! Alors bougez vos culs ! »

Le réfugié, interloqué, se ressaisit bientôt et tenta de se défendre maladroitement.

- « C'est toi qui a amené ce mouchard ici, c'est toi qui n'a pas été capable de l'arrêter, alors que tu avais une baguette ! Alors ne te défoule pas sur nous ! »

Blaise serra les poings et les dents, puis fusilla le réfugié du regard.

- « Il est arrivé ici par le même moyen que vous tous. J'aurais peut-être dû arrêter les transferts de prisonniers juste pour vous préserver, tu aurais sans doute été satisfait, et tant pis pour les autres, hein ? Et puis, plusieurs d'entre vous vous êtes retrouvés sur son chemin, et vous vous êtes tous écartés. » Blaise les fixa un moment puis éclata d'un grand rire. Il ajouta, une fois calmé : « J'ai toujours trouvé Harry Potter stupide, parfois pour de bonnes raisons, mais la plupart du temps sans trop savoir pourquoi, maintenant je sais ! Il est stupide parce qu'il se bat pour vous, alors que, clairement, vous n'en valez pas la peine. Et maintenant, dégagez ! »

Blaise laissa sa Grand-Mère s'occuper de l'évacuation, lui et les quelques cousins qui possédaient une baguette se tenaient en alerte, prêts à toute incursion Mangemort. Lorsque la nuit tomba, apportant la pluie, le pavillon et le jardin étaient presque totalement évacués, des membres de la famille patrouillaient dans la rue et surveillaient les airs. Blaise passa brièvement dans la cuisine pour récupérer la Malle de Millie, puis monta dans sa chambre, aux aguets. Là, il Réduisit la Malle-Trois-Fonds, la rangea dans sa propre malle et Allégea le tout. Il s'empara ensuite de la roussette de sa famille Kényane et écrivit un message bref. Il laissa l'énorme chauve-souris partir dans la nuit, puis sortit sous la pluie drue et tiède, sa malle en Lévitation derrière lui. Une fois dehors, sa Grand-Mère l'approcha.

- « Et toi, mon garçon ? Que vas-tu faire ? »

- « Moi ? J'en ai assez fait. Je rentre à Londres. Je… » Blaise baissa les yeux. « Je suis désolé, Grand-Mère. Je te laisse avec des problèmes, et avec ces gens… »

- « Ça ira. Je ne suis pas seule ici. Et ton… éclat en a fait réfléchir plus d'un. Certains m'ont demandé s'il y avait des baguettes en vente par ici… Et d'autres veulent rentrer en Angleterre… »

Blaise releva la tête, et eut un vague sourire.

- « Cet espion… Tu n'auras pas de problème à Londres ? »

Le sourire de Blaise s'élargit.

- « Je ne pensais pas avoir à dire cela de Mère, mais son plus grand défaut est aussi sa plus grande qualité… Elle fait peur à tout le monde, même aux Mangemorts ! »

Grand-Mère Zabini eut une sourire éclatant, qui fit se mouvoir les innombrables et minuscules rides de son visage. Blaise la fixa un moment, puis serra la vieille femme menue dans ses bras.

- « Au-revoir Grand-Mère. Je devrais être en sécurité auprès de Mère, et ensuite, je retournerai à Poudlard où, bizarrement, je serai sans doute aussi en sécurité… »

- « Au revoir, mon garçon. Nous ferions mieux de ne pas traîner, et garder contact après cela serait déraisonnable. »

Les deux se dirigèrent vers la voiture blanche, et Blaise quitta ainsi sa famille, puis le Kenya, le cœur serré, plein d'appréhension, essayant de repérer la moindre anomalie annonçant l'irruption de Mangemorts ou de Rafleurs.


oOo


Millie ouvrit la fenêtre de sa chambre, laissant l'air de la nuit fraîche entrer – ainsi que la roussette de Blaise. Elle remarqua immédiatement que l'animal ne transportait pas la Malle-Trois-Fonds – et comprit qu'il y avait un problème. Elle avait remis la Malle à Blaise avant leur départ en vacances, et tous deux avaient convenu – ou plutôt, Millie avait fortement suggéré que ce serait bien que la roussette fasse un voyage aller-retour pour reprendre un autre chargement de prisonniers. Mais il n'y avait pas de Malle Rapetissée accrochée à la patte de la chauve-souris.

Elle hésita une fraction de seconde avant de débarrasser la roussette du petit parchemin qu'elle lui tendait, impatiente. Elle le prit finalement, et l'ouvrit.

Il se pourrait que tu aies des nouvelles de notre ancien camarade, Marcus Flint. Il semble avoir choisi son camp, et n'est clairement pas dans le nôtre… Hélas. Car il faisait partie de la dernière livraison. On va évacuer et on va arrêter les transferts, nous ne sommes plus en sécurité. A priori, tu n'es pas impliquée, mais reste tout de même sur tes gardes.

Le mot n'était pas signé, mais Millie connaissait bien l'écriture de Blaise. Elle s'assit lourdement sur son lit, tenant le parchemin dans sa main aux doigts épais.

Un traître. Elle avait mis Blaise en danger, par sa négligence. Elle aurait dû superviser l'embarquement des prisonniers, au lieu de laisser son elfe Kirin s'en charger. Si elle avait été là, elle aurait reconnu Flint et…

Et… les transferts auraient été arrêtés de toute manière, mais au moins Blaise n'aurait pas été impliqué. Elle soupira, puis d'un sort, enflamma le papier, le regardant se consumer jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un minuscule tas de cendres.

- « Kirin, » murmura-t-elle faiblement dans l'obscurité de sa chambre.

Malgré l'heure tardive, l'elfe de maison apparut presque instantanément – et Millie eut une brève grimace à sa vue : ses parents semblaient avoir pris goût aux punitions.

- « Maîtresse ? »

- « Kirin. Tu m'as bien servie. Mais nous avons été trahis, et je n'ai plus la possibilité de faire sortir les gens. A partir d'aujourd'hui, nous arrêtons les évasions. »

Le soulagement de l'elfe faisait plaisir à voir, tout en étant navrant. D'un claquement de doigt, il fit disparaître le tas de cendres, puis il s'inclina docilement et disparut discrètement. Millie donna de l'eau et quelques fruits à la roussette, puis la laissa repartir. Elle retourna ensuite se coucher.

Puis elle se releva, et sortit dans le petit jardin, pour lancer toute une série de sortilèges : avertissement, protection et défense, si quelqu'un de mal intentionné s'approchait, elle serait au moins prévenue. Ensuite, elle retourna pesamment à sa chambre et revint à son lit.

Il ne restait que quelques jours avant la reprise des cours, elle allait devoir faire attention.

Elle resta longtemps là, couchée, observant le plafond, incapable de trouver le sommeil.


oOo


Draco se réveilla ce matin-là avec la plus heureuse des pensées : c'était le dernier jour des vacances. Demain matin, il prendrait le Poudlard Express pour retourner à Poudlard. Le plaisir de quitter l'ambiance malsaine du manoir était entaché par la pensée qu'une bataille allait avoir lieu à l'école prochainement. Mais même cela ne doucha pas son enthousiasme pour cette dernière journée. Même l'annonce d'une réunion pour le soir même ne l'atteint que très peu.

Demain, il retournerait à l'école. Il allait retrouver Pansy, Blaise, Théo… Suivre des cours, réviser et ne s'occuper que de rendre ses devoirs en temps et en heure… Le bonheur.

Après le dîner en comité restreint, Draco se rendit à sa chambre pour se préparer. Il enfila ses habits noirs, sa cape noire, rabattit sa capuche noire – le Seigneur des Ténèbres faisait dans le classique. Il prit son masque de Mangemort, même si, franchement, ça ne lui servait pas à grand-chose. Ces masques étaient censés cacher l'identité des Mangemorts aux yeux extérieurs, mais entre eux, ils se connaissaient tous. Cependant, le Seigneur des Ténèbres insistait pour que chacun porte son masque aux réunions : ainsi soit-il.

Draco redescendit dans le manoir inhabituellement calme. Tout le monde devait déjà être rassemblé dans la salle de réunion – l'ancienne salle de bal, en fait. Arrivé au rez-de-chaussée, dans le Hall, Draco sursauta lorsque la porte d'entrée s'ouvrit avec fracas. Il fut surpris de reconnaître, dans le nouveau venu, Marcus Flint, l'ancien capitaine de son équipe de Quidditch de Serpentard. Flint était débraillé, du sang maculait son visage et ses mains, il y avait des marques de brûlure sur ses vêtements aussi, et il se tourna vers lui en sortant prestement sa baguette. Draco retira son masque.

- « Flint ! C'est moi, Draco. »

- « Malfoy ! Ah ah ! » Flint rangea sa baguette, soulagé, et se passa une main dans ses cheveux crasseux. « Je suis venu voir… Tu-Sais-Qui… J'ai des informations qui pourraient l'intéresser ! »

Draco haussa les sourcils.

- « Nous avons justement une réunion ce soir. Suis-moi. »

Draco le précéda pour sortir du Hall et entraîna son ancien camarade dans le labyrinthe de couloirs menant à la salle de réunion. Sur le chemin, le blond ne put s'empêcher de demander.

- « Qui t'a mis dans cet état ? »

- « Zabini, » gronda l'autre. « Ce sale traître de Blaise Zabini. »

Draco faillit s'arrêter, faillit se retourner.

- « Que s'est-il passé, au juste ? » demanda-t-il nonchalamment.

- « Ce salaud a organisé la fuite de Sang-de-Bourbes ! Il les fait sortir du pays ! J'ai infiltré cette filière, et je l'ai remontée jusqu'à la source. Il prend les Nés-Moldus et les traîtres qu'on recherche, et les emmène en Afrique, au Kenya, dans une Malle Magique ! Avec cette information, le Seigneur des Ténèbres va faire un coup de filet spectaculaire ! Je serai récompensé, et j'espère bien qu'il me permettra de m'occuper de Zabini ! »

Draco s'était arrêté. Figé dans le couloir, tandis que dans sa tête défilaient des images de sang, de chairs lacérés, d'os brisés, et cette fois, la victime n'était pas un de ces prisonniers inconnus, sans noms et sans visages, cette fois, c'était Blaise. Ses yeux dorés, ses tresses plaquées sur son crâne, un crâne défoncé maintenant, et du sang partout, partout. Un voile rouge tomba sur ses yeux, Draco se retourna lentement. Il ne fallait pas que Flint parle, il ne fallait pas qu'il révèle ce qu'il savait au Seigneur des Ténèbres, ils étaient seuls dans les couloirs, mais il n'avait pas de baguette, et il ne maîtrisait rien de la Magie Astrale, mais il devait, il devait faire quelque chose.

Le voile rouge s'intensifia, l'aveugla, il se sentit emporté par une vague immense, un rouleau compresseur, il ne voyait plus rien, il arrivait à peine à respirer, il fallait qu'il fasse sortir cette pression insupportable. Il prit son élan, essayant de faire sortir la vague de lui, sinon il allait se noyer, et Flint allait tout révéler et Blaise, Blaise, Blaise…

La vague sortit, Merlin sait comment, la pression disparut. Le voile rouge se dissipa. Draco recouvra la vue et avisa, devant lui, Marcus Flint debout et immobile. Debout et mort. Desséché sur pied. Derrière lui, sur le mur du couloir, une grande ombre humide et grasse s'étendait jusqu'au plafond. Toute l'eau que contenait son corps avait été expulsée et maculait les boiseries, dégoulinait lentement et teintait le parquet. Draco eut un mouvement de recul, les yeux écarquillé, affolé.

- « Ce… n'est pas possible… » fit-il d'une voix inaudible. « Ce… n'est pas moi… Ce n'est pas moi qui ai fait ça… »

Des pas se firent entendre, et Draco n'eut pas le temps de penser à s'enfuir qu'un Mangemort arrivait déjà derrière lui. Draco se retourna et l'observa, terrorisé. Il était découvert, il allait être tué, c'était inévitable maintenant. Le Mangemort retira son masque, et le professeur Severus Rogue haussa les sourcils. Le soulagement qui s'empara de Draco le fit tituber.

- « C'est… C'est vous… C'est vous ! C'est vous qui avez fait ça ! »

Severus Rogue haussa les sourcils encore plus haut, puis sortit sa baguette.

- « Reducto. Evanesco. »

En quelques secondes, le cadavre de Marcus Flint se ratatina en une masse informe, puis disparut.

- « Excerpo. Evanesco. »

En quelques secondes, l'eau graisseuse fut extraite des murs, du sol et du plafond, puis disparut.

- « Monsieur Malfoy. Votre masque. Et vos barrières d'Occlumens, aussi, je vous le conseille. »

- « Vous… Vous l'avez… »

- « Monsieur Malfoy. Vous n'êtes peut-être pas encore en état de regarder la réalité en face, mais au fond de vous, vous savez ce qui s'est réellement passé. Gardez votre déni confortable pour le moment, mais une fois votre sérénité retrouvée, analysez les évènements. »

- « Mais vous… »

- « Quant à moi, le pourquoi m'intéresse moins que le comment. Nous allons être en retard. Votre masque, monsieur Malfoy. »

Draco ajusta son masque à son visage, au moins il n'aurait pas à faire l'effort de cacher son désarroi et son anxiété, et suivit son professeur – non, le Directeur de Poudlard – jusqu'à la salle de réunion.

Il ne fit pas grand cas de ce qui se dit ce soir-là. Les Allemands et les Russes avaient répondu à l'appel du Seigneur des Ténèbres, mais ni les Français, ni les Italiens ne s'étaient manifestés. Les Vampires le suivraient aussi, et ils étaient censés se rassembler ici au manoir Malfoy, jusqu'à ce que Lucius fasse remarquer qu'il n'y aurait pas assez de place pour recevoir et les sorciers étrangers et les vampires, en plus des Mangemorts et des loups-garous qu'il hébergeait déjà. Il fut, par miracle, soutenu par Fenrir Greyback, qui expliqua qu'il y avait toujours eu des tensions ancestrales entre eux et les vampires… Il fut décidé que les vampires se rassembleraient à la demeure Nott.

Les Géants et les Trolls n'ayant pas encore répondu, quelqu'un suggéra qu'ils ne savaient peut-être pas lire. Il fut décidé d'envoyer des émissaires en chair et en os, et des volontaires furent désignés pour cette mission. Cette réunion décida également de la date de la bataille de Poudlard : le premier mai prochain, au soir.

Tout cela, Draco l'entendit, l'enregistra dans un coin de son cerveau. Mais ce qui accaparait son attention, c'était Marcus Flint.

Il l'avait tué. Il le savait, il ne pouvait pas le nier, et reporter la faute sur quelqu'un d'autre était ridicule en plus d'être irresponsable. Il avait tué Marcus Flint. Il avait tué un être humain. Il n'avait pas pu tuer Dumbledore, il était persuadé qu'il n'était pas un assassin, Dumbledore lui-même lui avait dit qu'il n'en était pas un.

Mais il avait tué Marcus Flint.

Pour protéger Blaise.

A cette pensée, Draco se sentit rougir derrière son masque. Pourquoi Blaise ? Aurait-il réagi de la même manière si c'était Théodore qui avait été menacé ? Ou Pansy ?

Il se persuada que oui.

La réunion prit fin, les Mangemorts qui ne résidaient pas au manoir partirent, et chacun regagna ses appartements. Draco, comme tous les soirs désormais, appela Tinna pour placer les protections, puis s'endormit.

Le lendemain matin, il prit le Poudlard Express pour retourner à Poudlard – pour la dernière fois peut-être. Lorsqu'il remit pied dans la salle commune de Serpentard, il avisa ses camarades Théodore, Pansy, Blaise, Millicent, Tracey, Daphné, Vincent et Grégory assis sur les fauteuils, tous silencieux, tous soulagés d'être de retour, semblait-il. Il s'assit à leurs côtés, silencieux lui aussi, et ils restèrent ainsi.

Il se faisait tard, Pansy, Tracey et Daphné d'un côté, et Théodore, Vincent et Grégory de l'autre, se levèrent pour aller se coucher. Draco souhaitait voir partir Millie, mais celle-ci restait, et il ne pouvait pas parler à Blaise dans ces conditions. Il fut surpris lorsque celui-ci lui demanda :

- « Tu… Tu as eu des nouvelles de Marcus Flint ? »

Draco jeta un regard à Millie, et comprit, lorsque celle-ci le lui rendit stoïquement, qu'elle faisait partie de ce fameux réseau de passeurs.

- « Vous avez eu de la chance qu'il tombe sur moi. Vous… Vous ne risquez rien, il n'y aura pas de problème. »

Blaise ferma ses yeux d'or, et Millie sembla s'affaisser.

- « Merci, » fit le Noir d'une petite voix.

- « La bataille aura lieu à la fin de ce mois. Et les Mangemorts vont être occupés à autre chose qu'à la chasse aux Nés-Moldus… Alors, puis-je vous suggérer de cesser vos… activités ? »

- « Nous avions décidé d'arrêter, et je crains que nous n'ayons plus d'autres occasions d'agir, de toutes façons. »

- « … Exact. Alors… je vous souhaite une bonne nuit. »

Draco regagna sa chambre de préfet, il ferma la porte derrière lui et s'y adossa. Puis sourit. Merlin, il était de retour à Poudlard. Quel bonheur.

Pour le temps que ça durerait, du moins.


oOo


Dans la Grande Salle de Poudlard, un grand cri retentit.

- « Il l'a tué ! Il a tué mon fils ! »

Une femme massive et enragée dégringola depuis les gradins, échappant à un premier Auror, et lançant un sortilège qui envoya valser un second le long d'une rangée. Elle se précipita vers le centre de la salle, se ruant vers les sièges où les Rowane, immobiles et déconnectés, étaient soumis aux sortilèges du Jugement. D'autres Aurors eurent la présence d'esprit de lancer quelques sortilèges vers la femme, mais elle les esquiva avec une souplesse surprenante.

Alors qu'elle se dressait, les yeux noyés de larmes, devant le siège occupé par Draco, elle pointa sa baguette vers son front.

- « Traître ! Vermine ! Tu l'as tué ! Je vais te… »

Madame Flint n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'un sortilège violent la soulevait, la projetait, et la faisait retomber lourdement sur les dalles de granit. L'on entendit des craquements d'os – qui perdurèrent jusqu'après la chute. Le Ministre Jones, interloqué, et abasourdi par les hurlements de la femme qui se tortillait au sol, finit tout de même par lever les yeux vers les gradins, espérant trouver rapidement l'Auror – ou peut-être un Langue-de-Plomb ? – qui jouait cruellement avec sa victime.

Ce n'était ni un Auror, ni un Langue-de-Plomb, mais Druella Zabini, debout à côté de Narcissa Malfoy.

- « Madame Zabini. S'il-vous-plaît. »

La grande Noire vénéneuse se tourna vers lui, un sourcil délicatement levé, puis releva sa baguette, nonchalamment – et au centre de la Salle, les cris cessèrent. Madame Zabini adressa un bref sourire et un bref signe de tête au Ministre, puis se rassit élégamment. Narcissa hocha imperceptiblement la tête, tandis que des Aurors se précipitaient vers Madame Flint, autant pour l'aider que pour l'arrêter et la mettre à l'écart, sous bonne garde. Le Ministre Jonathan Jones poussa un léger soupir, puis l'attention se reporta vers l'écran – sur lequel les images continuaient de défiler.


NOTE DE L'AUTEUR


Réponses aux reviews :

Aleonor Ritsuka Snape : je suis bien contente de t'accrocher chaque fois un peu plus. J'espère que ce chapitre aura le même effet ! A bientôt !

CutieSunshine : oui, le « problème Né-Moldu » me paraissait clair dans Harry Potter, mais la relation au Sang était, à mon sens, une exagération qui n'avait aucune base réelle. Je préférais y voir un choc de cultures – qui, là, avait beaucoup plus de sens. Je suis contente si mon explication était compréhensible. Voici la suite, un peu plus d'action !

LandlessLord : rien que pour t'embêter : ni l'un ni l'autre. On retrouvera Harry et ses amis au prochain chapitre où, là, effectivement, je commencerai par le cambriolage de Gringotts… Bonne lecture !

Le Poussin Fou : merci ! Oui Lucius est un peu plus actif – mais pas téméraire non plus : il fait les choses par derrière, hein… Pour la suite, hélas, on verra, je ne m'engage pas. A bientôt, et bonne lecture !

Savang : wouah, merci pour cette review enthousiaste ! Je finirai les Rowane, rassure-toi, je ne l'abandonnerai pas en cours de route. Le problème, c'est pour une éventuelle suite. Ça va dépendre de mon degré d'occupation professionnelle… Enfin, merci encore et bonne lecture !

hathor2 : voici la suite, bonne lecture !

melu49 : pour le chamanisme : exact, et pour la magie sexuelle : encore exact. Le glissement de point de vue provoque un changement de société. En mieux ou en moins bien, toute la question est là… Enfin, à bientôt !

Inril Serket : gourmande ! Voici le chapitre réclamé, j'espère qu'il te plaira !

Tinetinetina : ah désolée, mes chapitres sont trop courts, maintenant… Ceci dit, j'en avait fait un gros auparavant… Enfin, bref, voici la suite (et oui, je revisite le personnage de Lucius…) Bonne lecture !

Mel-In-E DL : merci ! Il y aura encore quelques chapitres avant de clôturer le Jugement… Pour les Gobelins, je crois me souvenir que la banque est effectivement sous juridiction gobeline, avec des tentatives du Ministère pour en prendre le contrôle ou le réguler – des tentatives qui se sont renforcées lorsque le Ministère était sous la coupe de Voldemort. Il avait finalement réussi à faire relativement plier les Gobelins, provoquant la fuite de certains d'entre eux (comme Gripsec, qui s'est retrouvé en compagnie de Dean, Ted Tonks et Dirk Crosswell…) Bonne lecture et à bientôt !

calire de l'aube : merci, voici la suite, bonne lecture !

Loursa : « Au moins elle a eut sa réponse depuis xD » : j'ai rigolé, c'est malin ! Et oui, pour la suite, ça va vraiment dépendre de… beaucoup de choses. Enfin. Merci pour ta review, et je me joins à toi pour réclamer un Médaille pour Lucius. Bonne lecture !

Piitchoun : non, non, ne pleure pas, et je t'INTERDIS de me faire des yeux de Chat Potté ! C'est du chantage indigne, tu n'as pas honte ? Bref. En tout cas, voici la suite, et il y aura encore quelques chapitres avant la conclusion du Jugement… Bonne lecture !

Luffynette : j'ai un peu revisité le personnage de Lucius, je suis contente qu'il te plaise. Voici la suite, à bientôt !

Ashtana3 : le libérer d'Azkaban serait difficile, on verra ça. En tout cas, je suis contente que cette version de la lutte anti-moldue te plaise. Ca me paraissait tellement… gros que les Mangemorts ne soient que des tueurs bêtes et obéissants. Je comprends tout à fait que Voldemort les utilise pour assouvir son ambition de devenir le maître du pays et faire régner la terreur – bon, je peux l'admettre. Mais ce n'est pas avec des arguments aussi égoïstes et légers qu'il a pu rassembler ses sbires, il devait y avoir d'autres motivations plus concrètes derrière. Alors les voilà. Je suis contente que ce chapitre t'ait plu. Je te souhaite une bonne lecture pour celui-ci !

Heliasmalicio : Bingo ! Effectivement, ce chapitre et l'intervention de Lucius m'ont permis de réintroduire enfin le Talos dans cette fiction. Lucius en latin signifie Lumière, il m'apparaissait donc normal et logique de faire de Lucius un adepte de la discipline Lumière, et de faire de lui une sorte de mentor (pas vraiment un enseignant) pour Draco, et notamment lui donner les arguments que Draco évoque au tout début de la fic… Et voilà une boucle de bouclée… A bientôt pour la suite !

Kalila78 : c'est sûr que ce Jugement va pas mal faire bouger les choses… Enfin, voici la suite, bonne lecture !

Elorah : oui, Dean et Luna à la Chaumière aux Coquillage, ça n'a pas du tout été exploité dans le texte original, alors je me suis amusée… Et pour les changements apportés par les informations données par Lucius, hélas, oui, ce serait plutôt dans une troisième partie, mais je ne sais pas si ou quand ça se fera… Bonne lecture !

Faenlgiec : Ben en fait, tout ça, c'est à cause des fameux sortilèges Repousse-Moldus. J'aimais beaucoup ce principe d'un sort qui éloigne les Moldus en leur faisant penser à autre chose, et puis je me suis demandé quel type de sortilège pourrait avoir cet effet. Et tout de suite, les écueils de l'échelle et de la durée du sort m'ont frappée. J'avais un problème avec l'idée qu'un seul sort, lancé par un seul sorcier, pourrait englober une vaste région (Château de Poudlard, ses environs lac et forêt compris, et la ville de Pré-au-Lard). Et c'est ainsi que je me suis dit qu'il devait y avoir un autre type de sortilège ou un autre type de magie, qui permettrait de faire ça… Voila où mène le Coupage de Cheveu en Quatre. Bonne lecture !

cat240 : ah ha ! L'empoisonnement des loups-garous… on verra ça d'ici quelques chapitres. A bientôt !

Lydia : Bon, je suis désolée que ma vision de Draco te déplaise, mais, effectivement, c'est un personnage que j'aime beaucoup – et que je me suis honteusement approprié dans le cadre de cette fanfiction. Je comprends que la vision que j'en donne ne te plaise pas. Cependant, en aucun cas il n'y a dans mes écrits une justification ou une légitimation des crimes commis par Voldemort. Dans une review ci-dessus, je disais justement à une lectrice que, à mon sens, Voldemort avait utilisé les Sangs-Purs pour assouvir ses ambitions, mais qu'il m'apparaissait peu probable que des Sangs-Purs, fiers, riches et influents, acceptent de se mettre au service de quelqu'un uniquement pour le plaisir de tuer ou parce qu'ils sont bêtes et méchants. Certains oui, d'accord, comme Bellatrix, ou Greyback, mais quelqu'un comme Yaxley, qui est présenté comme un homme politique ? Ou les Nott, les Malfoy, ou même Regulus Black ? Je veux bien que certains soient bêtes et cruels, mais pas tous, Regulus a même changé d'avis avant de mourir : pourquoi ? S'il était seulement bête et méchant, il n'aurait pas réfléchi et serait resté fidèle à Voldemort. Il devait donc y avoir une motivation plus concrète pour attirer les Sangs-Purs à sa cause, et en voyant que la motivation initiale était dévoyée par les ambitions personnelles et la folie psychopathe de Voldemort, certains tentent de changer de camp : comme Regulus, comme Lucius – avec comme obstacle la terreur qu'inspire Voldemort… Enfin, c'est ma vision des choses. Bonne lecture malgré tout (en espérant ne t'avoir pas perdue en route…)

Miss lyli : Merci ! J'espère que ce chapitre te plaira aussi !

Perrine : oui, on est toujours dans le Jugement, où je revisite les évènements en y ajoutant les points de vue des autres membres du Clan… La conclusion d'ici quelques chapitres, maintenant. Bonne lecture !

K.S : ah, je vois que tu as commencé la lecture des Rowane… ah mais en fait tu l'as lue vachement vite ! Bon, dans une première version, Harry et Théodore concrétisaient, mais en y réfléchissant, je me suis dit que ce n'était pas cohérent… Alors voilà, tant pis ! Effectivement, il n'y a pas beaucoup d'extraits sur Viktor et Gabrielle, il faut dire qu'il y a moins de matière à exploiter sur eux que sur les autres personnages. Le fait de ne pas couvrir la fameuse Quatrième Année (et la Coupe de Feu) m'a privé de pas mal de points de vue d'exposition (mais si j'avais fait ça, je pense que je n'aurais pas fini la fic avant dix ans…) On retrouvera Viktor plus tard, cependant. Enfin, voilà le chapitre suivant, bonne lecture !

Magouille : Oui, Dean et Luna, c'est plus léger… Pour Lucius, oui, espérons que cela ouvrira les yeux du Ministre… On verra ça. Voici la suite, bonne lecture !