CHAPITRE VINGT NEUF
La septième année avait été un cauchemar psychologique pour les Serpentards en général, et pour Théodore Nott en particulier. Son nom et sa Maison l'associaient directement aux Mangemorts, et il avait eu plus que sa part d'insultes et d'agressivité durant l'année scolaire. Lui n'était pas très sensible – et quand on l'attaquait, il se vengeait salement – mais la plupart de ses camarades en étaient arrivés au point de se réjouir des exactions commises sur les élèves sur ordre des Carrows.
L'attitude des Serpentards, quoi qu'on en pense, était logique. Ils n'étaient pas des apprentis Mangemorts – enfin, pas tous. Enfin, disons, la grande majorité ne l'était pas. A part Draco, Crabbe et Goyle, les autres étaient neutres, voire du côté des « gentils » à l'origine. Mais être maintenus en permanence à l'écart, être en permanence considéré comme coupable ou futur coupable, ou complice des Mangemorts, et être discriminé en conséquence, ça finissait par laisser des traces et susciter le rejet et le rapprochement vers ceux qui les acceptaient – en l'occurrence, les Carrows.
Etait-ce la faute des Serpentards si les autres ne savaient pas cultiver leurs relations ? S'ils échappaient aux mauvais traitements, n'est-ce pas eux qui avaient raison ? Qu'attendaient ces idiots de Gryffondors, Poufsouffle et Serdaigle ? Pensaient-ils qu'on érigerait une statue à ces élèves résistants au sein même de Poudlard ? Ne voyaient-ils pas que le vent avait tourné, qu'ils n'obtiendraient de soutien ni de la part des professeurs, ni du Ministère, ni de personne ? Alors pourquoi s'entêter à se dresser contre l'inévitable ? Il valait mieux se mettre sous la protection des plus forts, quitte à retourner sa veste dès que les choses reviendraient à la normale… Car après tout, ils n'étaient pas responsables !
Et pourtant… Lorsque Pansy proposa de livrer Harry Potter à Voldemort, Théodore grimaça. L'armée des Mangemorts se rassemblait à l'extérieur, c'était le début du mois de Mai, la nuit n'était pas encore tombée. L'ultimatum raisonnait encore dans les oreilles de tous, ils avaient jusqu'au coucher du soleil pour y répondre.
McGonagall décida d'évacuer tous les élèves – des premières années jusqu'à la cinquième année, ainsi que ceux des autres années qui ne souhaitaient pas participer à la bataille. Seule exception à cette attitude responsable et intelligente : les Serpentards devaient être enfermés dans leurs donjons en sous-sol – pour qu'ils n'aillent pas rejoindre leurs parents, sans doute ? La suspicion en était arrivée au point où tous les Serpentards étaient désormais coupables.
Théodore ne l'entendait pas de cette oreille. Hors de question qu'il reste dans ce château où une bataille allait irrémédiablement survenir d'ici deux heures, trois maximum.
Lorsque Draco attira de son côté Crabbe et Goyle, cela provoqua une petite agitation dont Théodore profita pour s'éclipser discrètement. D'un sortilège, il commuta le vert de sa cravate en bleu, d'un autre sort, il modifia son visage et la couleur de ses cheveux, puis s'intégra à la file de ces « bons » élèves qui se précipitaient vers le bureau du Directeur pour emprunter le seul foyer encore connecté au réseau de Cheminette. Là, pour ne pas attirer l'attention, il annonça « Le Chaudron Baveur » comme première destination. A peine arrivé, il reprit immédiatement de la poudre pour se rendre à la demeure Nott.
Il émergea des flammes vertes avec un sentiment mitigé : le monde entier l'énervait. McGonagall pour s'être montrée injuste et sectaire, Pansy pour s'être révélée raisonnablement lâche, ses camarades de Maison pour s'être comportés en moutons – à part Draco qui est sorti du rang – et lui-même pour avoir laisser tomber tout le monde. Et cela l'énervait au plus haut point de se sentir coupable alors qu'il ne devait rien à personne. Il annula d'un coup de baguette rageur les quelques sortilèges qui altéraient son apparence, puis son attention fut attirée par son elfe personnel, Lago, qui se précipitait sur lui… puis qui s'arrêta et se recomposa immédiatement. C'était suffisant : Théodore connaissait parfaitement son elfe, jamais il ne ferait montre d'une telle fébrilité en temps normal, il comprit que quelque chose n'allait pas.
- « Monsieur… »
- « Quel est le problème, Lago ? »
- « Aucun, monsieur. Mais les invités du Maître vont bientôt se réveiller, il serait peut-être judicieux de quitter temporairement le manoir… »
Le Maître, c'était son père, lui n'était que Monsieur. Et ses invités… Qui étaient sur le point de se réveiller… Au moment où le soleil allait se coucher…
- « Des vampires, Lago ? »
- « Des invités du Maître. Ils ont rendez-vous ce soir même… »
- « Où sont-ils ? A la cave ? »
- « Non, monsieur, la cave n'était pas assez vaste… Je les ai installés là-haut, dans le grenier. »
- « Au grenier… » fit platement Théo.
Diantre. L'ultimatum de Voldemort prenait son sens maintenant qu'il savait avoir une armada (la cave trop petite !?) de vampires dans les combles, sous la toi… Sous la toiture.
Et le soleil n'était pas encore couché.
Théo grinça des dents, se débarrassa d'un geste vif de sa cape d'étudiant, et dénoua rapidement sa cravate. Ignorant les « Monsieur, monsieur ! » désespérés de son elfe, il monta les escaliers de la demeure Nott quatre à quatre, jusqu'au dernier palier. Il fit enfin face à la petite porte qui s'ouvrait normalement sur les combles mansardés, pièce toute en longueur, sans fenêtre ni aucune ouverture à part cette porte présentement fermée.
Théodore n'avait pas compris Draco, ne pouvait pas le comprendre. Maintenant, oui, il comprenait. Cette demeure, c'était chez lui. Les gens qui n'y étaient pas les bienvenus n'avaient pas le droit de fouler ses tapis. La présence de ces créatures infectes dans sa maison le hérissait, ils n'étaient pas dignes d'entrer dans sa demeure, il se sentait souillé, trahi, ils n'avaient pas le droit d'être ici ! Ce que Draco avait dû ressentir en présence de tous ces tarés psychopathes en son manoir, subir leur présence sans pouvoir s'en débarrasser, jour après jour, ça avait dû être une torture. Théodore ouvrit la porte et entra dans le grenier.
Dans le peu de lumière diffusée par l'embrasure, il distingua les poutres, les chevrons, les linteaux et les tuiles parfaitement imbriquées de la toiture. Au sol, le parquet était couvert de corps vêtus de noir, immobiles, figés dans cette fausse mort spécifique des vampires. Théo jeta un regard méprisant à ces créatures qui refusaient de mourir, refusaient de participer aux cycles de la vie et du renouvellement, ces êtres non conformes aux principes que son père lui avait inculqué depuis l'enfance, les principes du Talos. Alors Théodore commença une danse lente, précautionneuse, enjambant avec grâce les pseudo-cadavres.
Par le mouvement de ses bras, il attira l'air, le faisant entrer depuis le rez-de-chaussée de la bâtisse, par toutes les fenêtres et les portes que comptait la demeure Nott. Agité et tourbillonnant, le vent s'engouffra dans les étages, soulevant les papiers et les tissus, faisant vaciller les tableaux et les chandeliers, puis monta jusqu'aux combles. Dans une dernière giration, Théo attira le vent à lui, il s'engouffra par la petite porte, acquérant par cette réduction brutale du débit, une force et une pression si puissantes que les tuiles s'envolèrent, expulsées de leurs attaches, et s'éparpillèrent dans le ciel encore bleu.
Un soleil rasant se déversa alors sur les vampires, suffisant pour vaporiser la plupart instantanément.
En quelques secondes, un dense nuage de poussière noire et grasse s'éleva des combles éventrés. D'autres vampires, parmi les plus vieux, résistèrent au soleil déclinant pendant quelques minutes, mais ils ne faisaient pas le poids face à cette force naturelle implacable et invincible, eux aussi se désagrégèrent finalement, dans un mélange de cris stridents et de hululements gutturaux, ne laissant qu'une boue noirâtre puis de la poussière.
Lorsque cette suie noire retomba et que l'air redevint clair et à peu près respirable, Théodore jeta un coup d'œil sur ce qu'il restait du grenier. Les poutres structurelles n'avaient pas bougé, les chevrons non plus, mais une bonne partie des linteaux s'étaient brisés sous la pression – et bien sûr, il n'y avait plus de tuiles. Il se détourna vers la petite porte, prêt à appeler Lago pour l'aider à tout remettre en état, lorsqu'il entendit un applaudissement – faible, mais dans le silence, il claqua avec force. Théo se retourna immédiatement.
- « Bravo, jeune Nott. Très impressionnant. Vraiment. »
Un individu – un vampire – se tenait dans le petit coin d'ombre portée par le mur pignon, au bout de la salle. C'était encore le jour, il n'aurait pas dû être capable de parler – sauf s'il s'agissait d'un vampire assez vieux… Heureusement, entre lui et Théo, il y avait toute l'étendue du grenier, encore sous le soleil – mais pas pour longtemps.
- « Sortez donc de votre cachette, monsieur… » tenta Théodore sans grand espoir. A sa grande surprise – et à sa grande horreur, le vampire s'exécuta, un sourire fin plaqué sur ses lèvres exsangues.
C'était l'un de ces très anciens vampires, si vieux qu'il pouvait résister à la brûlure du soleil. Sa peau était blanche comme de la porcelaine, blancs étaient ses cheveux, deux cornes sortaient de son front et s'enroulaient derrière ses oreilles, son visage était aussi lisse qu'un masque de plâtre et ses lèvres livides s'ouvraient sur un gouffre noir orné de crocs – toutes ses dents étaient des crocs. Ce vampire était si vieux qu'il n'avait d'humain que sa silhouette : une tête, deux bras, deux jambes, la ressemblance s'arrêtait là. Théodore n'avait aucune chance contre une telle créature.
Alors que le vampire s'approchait inexorablement, avec cette lenteur que le prédateur adopte lorsqu'il sait sa proie incapable de fuir, son sourire sardonique s'élargissant jusqu'à ouvrir son visage d'une longue estafilade noire, Théodore réagit immédiatement : il attira le vent à lui, s'en entoura d'un tourbillon, et s'envola avec lui dans le ciel où pointaient déjà l'orange et le mauve du crépuscule. Après une fraction de seconde de surprise, le sourire du vampire s'élargit encore, il bondit lui aussi dans le vide, et alors qu'il tombait comme une masse, des ailes noires s'extirpèrent de son dos, se déployèrent, et il vola à la rencontre de Théodore.
C'est ainsi que leur étrange combat commença.
Théo ne pouvait se permettre d'encaisser un seul coup. Il devait esquiver, sans fuir car un fuyard ne voit pas son adversaire derrière lui : c'était la mort assurée. Il n'avait pas le choix, il devait esquiver. Il enroulait le vent autour de lui et de son ennemi, maintenant en permanence une couche d'air séparatrice, et de son côté le vampire tentait, d'un battement d'aile, de sortir de ce carcan aérien pour se rapprocher.
Hors de question de laisser le vampire toucher le sol : il trouverait alors le point d'appui nécessaire pour se propulser vers lui à vitesse surhumaine et avec toute sa puissance vampirique… En l'air, le vampire ne pouvait compter que sur ses ailes, appendices non naturels et non innés dont il avait rarement l'usage. Mais cela contraignait Théo à rester en l'air lui aussi. Privé des mouvements de jambes, ses danses tronquées étaient moins porteuses. Il opta pour un compromis : sur un rythme aléatoire, il se permettait de descendre et de prendre appui sur une surface ferme, pour que sa danse ait plus de portée, plus d'impact.
La nuit tomba, leur petit jeu se poursuivit dans l'obscurité. Théo se sentait fatiguer. Il savait qu'il ne tiendrait pas éternellement, contrairement au vampire. Il savait aussi qu'il ne pouvait compter sur personne. Son père était à Poudlard, probablement en train de se battre – ou mort déjà. Comment faire ? Comment tenir ? Il n'avait pas le choix, il lui fallait passer à l'offensive. Une chance dans son malheur : maintenant que la nuit était tombée, le vampire était au meilleur de sa forme, mais lui-même bénéficiait du léger coup de pouce lié à son affiliation Astrale, car Théodore se savait de l'Ombre. Avantage dérisoire, peut-être, mais Théodore n'était pas en situation de le négliger.
Sa danse aérienne était rodée, maintenant : gestuelle bras, appui terrestre, gestuelle jambes et bras, envol, gestuelle bras… Les préliminaires lui avaient au moins permis d'acquérir une bonne maîtrise de l'air ambiant, et d'en attirer plus vers lui, au point que les nuages défilaient à toute allure au-dessus de leurs têtes, dans des directions parfois contraires. A l'appui suivant, il amorça le mouvement créant un tourbillon, mouvement qu'il termina en l'air. Le tourbillon créé, Théo le dirigea sur le vampire.
Celui-ci tournoya comme une toupie en hurlant, n'ayant aucune prise sur cet ennemi immatériel qu'était le vent. Théo maintint le tourbillon et le renforça. Le vampire commit l'erreur de vouloir se stabiliser avec ses ailes, celles-ci furent malmenées, enroulées et déroulées dans tous les sens, déchirées, presque arrachées. Le vampire usa de ses capacités de régénération pour les réparer en à peine quelques secondes.
Ces quelques moments de déséquilibre du vampire suffirent à Théodore : il mit pied à terre et eut le temps de réaliser les quelques pas qu'il lui restait à faire pour terminer sa danse, puis il reprit son envol tandis que de tous les coins du ciel arrivaient bourrasques et nuages. Le ciel devint noir d'encre, les feuilles s'envolèrent dans l'obscurité, le vent déjà puissant forcit encore, la pression de l'air s'accentua, puis, soudain, sur une dernière giration et un geste impérieux de Théo, les masses d'air chaudes du Sud et froides du Nord se heurtèrent et un éclair brutal zébra le ciel orageux. L'une de ses branches foudroya le vampire à peine guéri, dans un roulement de tonnerre qui assourdit Théo, le son faisant vibrer ses os jusqu'à la moelle.
Le vampire chuta à une vitesse vertigineuse, bringuebalé de droite à gauche par les bourrasques violentes, accompagné par la pluie torrentielle qui se déversa sans prévenir, et le corps s'écrasa lourdement sur le sol trempé. Théo, échevelé mais indemne, atterrit à proximité et d'un même geste, écarta la pluie de ses yeux et ramena ses cheveux en arrière. Il s'approcha lentement du corps inerte, ralenti par le vent, ses cheveux volant en tous sens, fouettant son visage. Le corps semblait carbonisé, constata Théo, essoufflé autant par ses efforts que par l'air trop rapide qui passait trop vite pour sa respiration. Théo se sentit autorisé à relâcher sa tension, mais un bruit l'alerta.
Un bruit de succion qui n'était ni le hurlement du vent à ses oreilles, ni les arbres ployant dans les bruissements et les craquements au loin. Son regard bleu horrifié se riva à son ennemi à terre : le vampire bougeait, émettant un gémissement enflant en une plainte d'abord, puis un grondement, puis un rire tandis que le corps carbonisé se relevait et se régénérait. Il s'extirpa du sol boueux, ses longues griffes, ses cornes tortueuses et ses crocs aiguisés luisant dans les ténèbres. Théo eut un moment de désespoir et de confusion – un moment seulement, une fraction de seconde vraiment – puis il se redressa, haussa les sourcils et serra les dents.
Il s'enveloppa à nouveau d'un tourbillon qui dévia la charge du vampire, puis, d'un coup de pied, prit son envol, glissant sur les courants, ses précieux alliés. Le vampire le suivit, et Théo lui adressa un sourire retors : il n'avait décidément rien compris, ce vieil imbécile. Un geste, un mouvement, et à nouveau, les vents contraires se rencontrèrent, générant un nouvel éclair qui heurta le vampire de plein fouet. Celui-ci hurla à s'en briser les cordes vocales – hurlement assourdi par le tonnerre. Théo ne lui laissa pas le temps de se régénérer – il n'avait pas même atteint le sol qu'un nouvel éclair le frappait, puis un autre, encore, puis encore, et encore – il avait l'impression que ses tympans allaient éclater au son des tonnerres simultanés. Carbonisé, disloqué, en charpie, le vampire heurta finalement la terre saturée de pluie. Tressautant lamentablement, il était manifestement toujours vivant – si l'on peut appliquer ce terme à un vampire – et Théodore resta à proximité, ne relâcha pas sa concentration cette fois.
Le vent faiblissait, chaleur et froid étaient désormais équilibrés entre les masses d'air, Théodore savait qu'il ne pourrait pas générer de nouveaux éclairs – en tout cas plus avec cette méthode. Il respirait avec difficulté, intoxiqué d'ozone, épuisé, trempé, et au fur et à mesure qu'il voyait le corps du vampire se reconstituer, la terreur et la certitude qu'il ne s'en sortirait pas vivant s'emparaient de lui. Il fit quelques pas de danse peu convaincants, qui lui assurèrent une prise sur quelques courants, mais une larme coula lorsqu'il vit à nouveau ce monstre se relever et tituber dans sa direction, sa démarche se raffermissant à chaque pas.
Théodore resta figé un long moment, écarquillant les yeux, puis la fureur balaya tous ses scrupules, ses doutes, ses réticences et sa prudence. Il était un Nott, il était maître du Vent, affilié à l'Ombre, hors de question qu'un cadavre ambulant aie raison de lui, sur ses propres terres ! Il attira les derniers courants disponibles, les fit s'entortiller autour de ses bras, puis prolongea et amplifia leur mouvement giratoire jusqu'à obtenir deux fins tourbillons horizontaux qui déchirèrent les manches de son pull et de sa chemise jusqu'aux épaules. Il n'avait plus d'air froid ni d'air chaud pour provoquer la foudre, mais il pouvait encore la créer artificiellement par friction.
Les deux tourbillons grossirent et lorsqu'ils entrèrent en contact, de petites décharges surgirent, se multiplièrent, se rassemblèrent, puis dans un craquement assourdissant, un éclair illumina la nuit, longea les trombes dirigées vers le vampire – un éclair durable au lieu d'être instantané, une foudre permanente entièrement dévolue à la destruction de cette créature abjecte… Mais le contrecoup, c'est que Théo, à l'autre extrémité du tourbillon, recevait lui aussi une part de la foudre.
Ce n'est qu'après plusieurs minutes que Théo tomba à genoux, rompant les tourbillons, les frictions, et l'éclair prit fin. Le vampire gisait en morceaux éparpillés dans la boue à quelques mètres de lui. Mais Théo ne le vit pas. Il ne voyait plus rien. De ses ongles, de ses dents et de ses yeux, de minuscules décharges électriques sortaient, le secouaient, brûlaient ses muqueuses desséchées. Sa salive se vaporisait en une brume blanchâtre. Il ne maîtrisait plus rien, il n'avait pas été prudent, et il se savait condamné. A genoux, défait malgré sa victoire, Théodore se sentait consumé de l'intérieur par ce dernier éclair déraisonnable qui se retournait contre lui. Il sortit momentanément et brutalement de sa semi-inconscience lorsque deux mains fortes se posèrent sur ses bras nus : un choc, il eut l'impression d'être retourné comme un gant – puis ce fut le néant.
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Dans la Grande Salle, tout le monde ressentit le choc subi par Théodore Nott. Il n'avait pas vu qui avait provoqué cela, ni comment, mais cette impression d'être écartelé était si forte qu'elle imprégna les esprits - et en contrecoup, les souvenirs sur l'écran furent à nouveau déstabilisés.
C'était une boucle sans fin, cette bataille de Poudlard, songea le Ministre Jonathan Jones, une boucle sans fin qui mettait à jour toutes les carences du Ministère de la Magie : c'était effarant de voir ces élèves lutter quasiment seuls. Dans son souvenir, la bataille avait été plus... équilibrée que cela. N'y avait-il pas plus d'Aurors ? La Gazette les avait mentionné... Non ? Et les parents d'élèves... Non ? Les membres de l'Ordre du Phénix plus les Professeurs de Poudlard et des élèves de moins de dix-huit ans...
Sur l'écran, il faisait à nouveau nuit noire, l'obscurité régnait, et l'on était de retour au château. L'image se stabilisa et se focalisa sur Draco, avachi contre un mur.
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Draco resta prostré un moment, le souvenir de Vincent hurlant et gesticulant dans les flammes tournant en boucle dans son esprit.
- « Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » lui demanda Grégory.
Oui. Que faire ? Les bruits de la bataille s'amplifiaient et se rapprochaient. Des cris, des explosions, des chocs, les murs qui tremblent. Que faire ? Draco se releva.
- « Je ne sais pas. Je ne… sais pas. Si tu veux te battre, vas-y. Moi, je ne saurais même pas contre qui lutter. »
- « Mais, on est des Mangemorts, non ? »
Draco fixa son camarade avec autant de pitié que d'admiration. Ça doit être bien, la vie, quand on ne se pose pas de questions existentielles. Grégory portait la Marque, et cela suffisait à définir sa conduite…
- « Potter et ses amis viennent de nous sauver la vie, Greg. Harry Potter. Ça ne te fait rien ? »
- « … On leur a rien demandé ! » fit le mastodonte avec véhémence, puis il baissa la tête, et la voix : « … et ils ont pas sauvé Vince… »
Draco fixa son… ami un long moment. Puis il dit finalement.
- « Non. Ils n'ont pas sauvé Vince. Et nous non plus. Vincent… ne pouvait pas être sauvé. Greg, je… je n'ai pas envie de me battre. Prendre la Marque était une erreur, et c'est peut-être parce que je l'ai prise que vos parents vous ont forcé à l'accepter… »
- « … M'ont pas forcé… » grommela Gregory.
- « … Je ne veux pas que le Seigneur des Ténèbres gagne, Greg. Je sais de quoi il est capable, je sais qu'il est fou… »
- « Alors va du côté des élèves, des profs, et de l'Ordre du Phénix ! »
- « Mais je ne veux pas qu'ils gagnent non plus ! Mes parents se battent contre eux ! S'ils gagnent, c'est Azkaban pour nous tous ! Il n'y a… Il n'y a pas d'issue… »
- « Mes parents aussi sont du côté Mangemort… Si les autres gagnent, j'irai aussi en prison ? »
- « Oui, si on te trouve sur le champ de bataille. »
- « Alors… Peut-être qu'on ferait mieux de… partir ? »
Partir… Oui. Si seulement c'était possible… Draco ferma les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, il les fixa sur le poignet gauche de Greg, là où, sous la manche, se trouvait l'horrible Marque Noire. On ne l'avait pas forcé ? Non, non bien sûr. Mais on l'avait dressé à accepter n'importe quoi, du moment que cela le rapprochait de la famille Malfoy… Draco prit sa décision.
- « Ecoute, Greg. Ce qui s'est passé dans cette pièce, je veux que tu n'en parles à personne. A personne, c'est compris ? » Il attendit que Greg opine du chef, avant de poursuivre. « Alors maintenant, on va se sortir de ce merdier. Et la seule solution, c'est de se trouver dans le dortoir des Serpentards lorsque la bataille sera terminée, comme ça, on ne pourra pas nous accuser d'y avoir pris part. Alors, on va retourner aux donjons, d'accord ? »
- « D'accord… »
Ce fut un long trajet, plein de tours et détours entre les gravats et les zones ravagées, entrecoupé de périodes de dissimulation pour éviter les zones de combats ou les combattants pressés se rendant là où la bataille faisait rage. Draco demanda à Gregory de leur lancer à tous deux un sortilège de Camouflage – et dut emprunter sa baguette pour le faire lui-même, Grégory ne connaissait pas le sort. Mais ils se rapprochaient de l'entrée du donjon, et ne s'étaient pas fait repérer encore. Cependant, pour accéder au donjon, il fallait passer par le Hall d'entrée, bondé de combattants.
Du haut d'un escalier, partiellement cachés par l'épaisse rambarde de pierre, Gregory un peu en retrait, Draco observa le champ de ruine : il reconnut les élèves de la fameuse Armée de Dumbledore, un peu plus loin, il vit Luna Lovegood et Ginny Weasley combattre un Mangemort. Ce qui le frappa le plus, finalement, c'est que les défenseurs de Poudlard n'étaient pas bien nombreux : des élèves, majoritairement de l'Armée de Dumbledore, des professeurs, les membres de l'Ordre du Phénix, et c'était à peu près tout.
Ce qui le soulagea, c'est qu'il ne vit pas, parmi les Mangemorts, ni son père, ni sa mère. Bellatrix, par contre, s'en donnait à cœur joie, et lançait généreusement sortilèges et malédictions tous azimuts, ses adversaires tombaient les uns après les autres. Nymphadora Tonks – sa… cousine, réalisait Draco seulement maintenant – lui résista un peu, mais Bellatrix ne lui laissa aucune chance. Draco ferma les yeux lorsqu'elle tomba, et se détourna lorsque Remus Lupin, enragé, reprit le combat : le sourire de Bellatrix était tellement démoniaque qu'il ne pouvait pas la regarder.
Ce qui l'intrigua, c'est que la nuit était maintenant bien entamée, et il semblait que les vampires n'aient pas jugé bon de venir. Il redoutait plus que tout leur arrivée : ce serait alors un vrai carnage – et c'était une raison supplémentaire pour partir d'ici, le plus vite possible. Il se releva, invitant Grégory à le suivre, puis ils descendirent précautionneusement l'escalier, essayant de ne pas attirer l'attention.
Tout le monde était occupé, en rasant les murs et sous Camouflage, ils réussirent à atteindre le couloir menant aux donjons. La zone était relativement épargnée, les combats se concentrant essentiellement en surface et au-dessus. Les sous-sols étaient, eux, vides de combattants, et les deux Serpentards se retrouvèrent bientôt devant le couloir menant à leur dortoir. Au tournant, Draco s'arrêta net, empêchant Grégory d'avancer : il y avait des sentinelles devant la porte menant à la Maison Serpentard. Deux élèves, probablement les plus jeunes recrues de l'Armée de Dumbledore, qui n'avaient pas voulu partir, mais que les autres ne voulaient pas mettre en danger… Draco fit un signe à Grégory, qui lui prêta sa baguette. Il se tourna alors vers les jeunes gardes.
- « Petrificus Totalus. »
Alors que le premier garçon tombait, immobilisé, Draco répéta l'incantation sur le deuxième qui n'eut même pas le temps de s'affoler. Draco s'approcha de la porte, et empêcha Grégory, qui se précipitait pour l'ouvrir, de la toucher.
- « Il doit y avoir des protections, » fit Draco.
Il lança un sortilège de sonde, la porte émit une lueur rouge, puis bleue, puis un fin réseau de lignes lumineuses scintilla brièvement avant de redevenir inerte.
- « Bon. Je vois. Deux boucliers, et un réseau de Lumière… Flitwick probablement… »
Draco, toujours avec la baguette de Grégory, lança une demi-douzaine de sortilèges pour désactiver les boucliers, puis se concentra pour dissiper le réseau, faisant appel à tous les ouvrages traitant de la Lumière qu'il avait lus et mémorisés au manoir. Après un long moment, la porte émit un cliquetis, indiquant qu'elle était maintenant déverrouillée. Le battant s'ouvrit brusquement, et Draco sursauta – mais ce n'était que Blaise.
- « Théo ? Tu… »
Il s'arrêta, surpris, en voyant Draco, et Grégory à ses côtés, puis avisa les sentinelles à terre.
- « Théo n'est pas avec vous ? »
- « … Non. Qu'est-ce que tu fabriques ? Où est Crabbe ? »
- « Vince est mort. Et Grégory va rester avec vous. » Alors que Grégory s'avançait, Draco lui remit sa baguette, tout en s'adressant toujours à Blaise. « Tu veux bien convaincre les autres de prétendre qu'il a toujours été avec vous ? »
- « … Ouais. Et toi ? »
- « … Je vais remettre les protections. »
- « Eh bien, entre, alors. »
- « De l'extérieur. Les protections doivent être remises de l'extérieur, sinon on saura que quelqu'un les a trafiquées. Et je dois m'occuper des gardes, aussi. »
Grégory se retourna vers lui alors qu'il passait la porte, Blaise, de côté, fixa Draco un long moment. Puis sans rien dire, il tira Grégory, et ferma la porte.
Devant le battant fermé, Draco resta immobile un petit instant, puis se pencha sur l'un des élèves pétrifiés, et emprunta sa baguette. Il se concentra, retissa le réseau de Lumière avec beaucoup de difficultés – quand il termina, il était en nage. Puis il brandit la baguette et lança les sorts de protection classique – et un cliquetis annonça le verrouillage de la porte. Il se tourna alors vers les deux gardes.
- « Oubliettes. »
Il répéta le sortilège sur son voisin, puis annula d'un Finite Incantatem le sort de Pétrification, et, avant que les deux garçons ne se redressent et reprennent leurs esprits, il remit la baguette empruntée dans la main de son propriétaire légitime. Il s'enfuit dans le couloir, et alors qu'il arrivait au tournant, hors de vue, une énorme explosion fit trembler tout le château. Déséquilibré, il tomba à terre, puis jeta un œil après l'angle.
Les gardes retrouvaient leurs esprits et semblaient expliquer leur position à terre par le tremblement qui venait de survenir.
Bien. Et maintenant ?
Retrouver mes parents. Et partir d'ici. Le plus vite possible.
Le jour n'allait plus tarder. Draco émergea du couloir menant aux donjons dans un Hall bondé, mais plutôt calme. L'explosion semblait avoir mis fin, temporairement, à la bataille en cours. Il resta dans un coin d'ombre, à l'écart, et les défenseurs de Poudlard semblaient ne pas le voir, occupés à rassembler morts et blessés dans la Grande Salle. Le Hall n'était qu'allées et venues de gens en larmes ou choqués, certains courant, d'autres errant comme des âmes en peine. Il aperçut Ronald Weasley, blanc comme un linge auprès des membres de sa famille en pleurs, il vit Hermione Granger, qui courait partout pour apporter potions de soins et bandages aux blessés. Il se sentit observé, et, tournant la tête, accrocha soudain le regard de Luna Lovegood. Au milieu de ce chaos, elle lui adressa un franc sourire, les yeux rieurs, puis se détourna pour aider à transporter un autre cadavre.
Alors qu'il se détournait pour trouver un endroit plus sûr et plus tranquille, une voix puissante retentit depuis l'extérieur.
- « Harry Potter ! Tu peux mettre fin à cette bataille, à toutes ces vaines morts, à ce massacre. Rends-toi. Rejoins-moi dans la Forêt Interdite à l'aube, et je quitterai les lieux sans faire plus de dégâts. Réfléchis, jeune Potter. Tu peux permettre à tes amis de survivre. A l'aube, dans la Forêt Interdite. Si tu ne viens pas, je raserai le château et m'assurerai que personne ne survive. »
De toute façon, il rasera le château, et il tuera tout le monde, songea Draco. Il faudrait être stupide pour croire en sa parole…
Granger et Weasley passèrent en trombe juste à côté de lui, sans le voir, avant de disparaître dans les escaliers. Et revinrent, quelques minutes plus tard, suivis d'un Potter verdâtre, et pourtant déterminé. Il le vit entrer dans la Grande Salle, et par curiosité, Draco s'approcha, restant à l'extérieur, mais écoutant attentivement par les portes grandes ouvertes. Il l'entendit déclarer à McGonagall qu'il allait se rendre.
Draco s'arrêta de penser pendant quelques secondes – puis une multitude de pensées l'assaillit, parmi lesquelles, et dans le désordre : Mais quel imbécile ! Crétin absolu ! Tu ne comprends pas qu'il ment ? Tu ne sais donc pas qu'il aime tuer, qu'il aime voir souffrir, et que tout le monde périra, de toutes façons ? Et si tu meurs…
Si tu meurs…
Si Harry Potter meurt…
Draco écarquilla les yeux. Il avait toujours méprisé Harry Potter. Depuis son rejet en Première Année, il l'avait détesté, haï, trompé, moqué, dénoncé, combattu, et lui avait infligé toutes les crasses qu'il avait pu imaginer.
Mais si Potter meurt…
Si Voldemort gagne…
Une vision terrible de l'avenir se présentait à lui. Un avenir où Harry Potter serait mort, où Voldemort régnerait en maître, où les Mangemorts commettraient indéfiniment leurs exactions jusqu'à ce qu'elles deviennent la norme, où les prisons et les cachots se rempliraient de prisonniers Nés-Moldus, où les sorciers se révèleraient aux Moldus et les asserviraient… Un monde où le manoir Malfoy croulerait sous les cadavres de prisonniers torturés, où ses parents se couvriraient de sang, où lui-même serait contraint de se baigner dedans.
Et Potter allait se rendre à Voldemort, il y allait volontairement !
C'était peut-être un juste retour des choses d'ailleurs… Laisser cette Communauté Sorcière amorphe se débrouiller avec le monstre qu'elle avait elle-même créé, qu'elle n'avait pas voulu reconnaître, et contre lequel elle avait à peine lutté…
Partir. Il faut partir.
Draco tremblait comme une feuille. Harry passa le seuil de la Grande Salle, le croisant sans le voir, ses deux amis juste derrière lui, il s'arrêta devant Longbottom, un peu plus loin, puis laissant tout le monde derrière, il ouvrit le portail et sortit, son ombre noire se découpant dans le ciel grisâtre du petit jour.
Après son départ, l'attente fut une épreuve infernale. Les gens ne couraient plus, ne parlaient plus, tous restaient immobiles. Silence et appréhension, qui semblèrent durer une éternité.
Puis… Du bruit dans la cour, devant les grandes portes d'entrée de Poudlard. Comme dans un rêve éveillé, tout le monde se leva, tous se rendirent à l'extérieur, pour constater de leurs yeux la mort d'Harry Potter, chacun placé devant le choix, crucial. Continuer ? Se rendre ?
Personne ne fit attention à Draco, qui se retrouva au milieu des élèves perdus et horrifiés, découragés. Il jeta un œil à la cour : elle était remplie de Mangemorts, Voldemort à leur tête. Et devant, Rubeus Hagrid portait le corps inerte d'Harry Potter.
NOTE DE L'AUTEUR
Réponses aux reviews :
calire de l'aube : merci ! Hélas, pour la vie commune, et le quotidien des Rowanes, il faudrait un troisième acte, mais je ne sais pas si j'aurais le temps ou l'occasion de l'écrire… En tout cas, bonne lecture !
Shanatora : merci, voici pour ce chapitre Théo et Draco, j'espère que ça t'a plu. Pour le cambriolage de Gringotts, je me suis référée (car mes souvenirs sont un peu flous) au résumé fait sur Wikipédia… Donc c'est plutôt ce qui s'est passé dans le livre que dans le film, je pense. Bonne lecture !
Savang : merci, voici la suite ! Bonne lecture !
melu49 : oui, même si l'histoire est connue, j'essaie d'en donner un autre aperçu… Ça n'a pas été évident pour le chapitre précédent. C'est plus facile quand je rajoute ma version (comme dans ce chapitre-ci). Bonne lecture !
hathor2 : bon, ce chapitre aussi est assez long, j'espère qu'il t'aura satisfait… A bientôt et bonne lecture !
Dea Artio : ah ! Je suis contente ! Ces histoires de coupures pour revenir à la Grande Salle sont très dures à gérer... Oui, Ron est un personnage que j'aime bien aussi, mais qui est quand même dur à écrire, parce qu'on a tendance à vouloir le caricaturer en mauvais ou en nigaud (alors que pour moi, il n'est ni l'un ni l'autre). Pour le nombre de chapitres restant : deux sûrs – et peut-être trois, parce que j'ai encore un souci de découpage. Voilà, bonne lecture !
Ashtana3 : et revoilà notre Théodore préféré ! J'espère que ce chapitre t'a plu. Neville… on verra. Au prochain peut-être ? Enfin, merci et bonne lecture !
Inril Serket : merci, voici la suite ! Bonne lecture !
cat240 : c'est très vrai que quelque chose d'important pour quelqu'un ne l'est pas forcément pour quelqu'un d'autre… Et non, je n'ai pas lu Pierre de Lune de Colis (à vrai dire, en ce moment je suis dans une période où je lis très peu… ce n'est pas bien.) Enfin, voici la suite, j'espère que ça t'a plu.
CutieSunshine : merci ! Voici la suite, où je sors du canon, encore… Et après le Jugement… Dans l'absolu, il faudrait une suite. Il y a matière à écrire une suite. Et un jour, j'espère pouvoir l'écrire (parfois, quand je me relis, j'aimerais pouvoir me dire que c'est quelqu'un d'autre qui a écrit et que je n'ai qu'à attendre que la suite apparaisse d'un coup de magie. C'est désespérant.) Enfin, voilà. Bonne lecture.
Elorah : alors, je ne pouvais pas mettre les souvenirs de Rogue, puisque, ce que l'on voit, ce sont les souvenirs des membres du Clan Rowane, or Rogue est mort et ne fait pas partie du Clan. Quant aux esprits suscités par l'une des Reliques de la Mort, je n'en parle pas parce que ces fantômes, et la discussion qui s'en suit, ne se déroule pas concrètement. Pour moi, tout à lieu dans l'esprit d'Harry, et une personne extérieure ne les aurait pas vus ni entendus. C'est pour la même raison que je n'ai pas mis ce qu'il a vu dans la Pensine, et que je ne mettrai pas non plus la séquence Gare de Kingscross / Dumbledore : pour moi, tout cela se passe dans la tête d'Harry, ce n'est pas quelque chose qu'il voit avec ses yeux physiques. Enfin, voici la suite, bonne lecture !
Luffynette : merci. Oui, lorsque j'ai lu Harry Potter pour la première fois, le personnage de Draco a été une vraie révélation. Plus que les « gentils » en fait… Enfin, bonne lecture !
Mel-In-E DL : oui, ça et le fait que comme Harry et Voldemort partagent une connexion, ils peuvent se « coordonner » d'une certaine manière. Enfin, j'espère que ce nouveau chapitre t'a plu !
K.S : merci ! Le sort d'Harry – et en fait sa vie entière – est abominable. Il est dressé pour se sacrifier. C'est horrible. Enfin, voici la suite, j'espère qu'elle t'a plu.
Khimaera : eh bien, bienvenue, et merci pour ta review. J'espère que la suite te plaira. Bonne lecture !
Faenlgiec : déjà dans ce chapitre on revient pas mal au concept original qui justifiait ma fanfic… J'espère que ça t'a plu. Bonne lecture !
Le Poussin Fou : Merci ! alors, quand Draco remonte Grégory, non, ce n'est pas de la magie de l'Eau, c'est simplement que la terreur lui donne des forces (et que si ses muscles ont été capables d'endurer Bellatrix, ils peuvent supporter le poids de Goyle). Alors, bon pour les points de vue de ce chapitre, tu as dû les voir – et voir aussi que, même si on revient un peu en arrière, on ne voit absolument pas les mêmes choses. Ce soubresaut dans les souvenirs, c'est la force de l'Avada pris de plein fouet par Harry et qui a déstabilisé tout le monde, même les Rowane. Voilà ! Bonne lecture !
Chris : oui, oui, voilà ! La suite est là ! Bon, je laisse encore mes pauvres lecteurs sur un moment terrible, mais c'est parce que je suis cruelle, donc j'ai une excuse. Bonne lecture !
