Chapitre 3 : paroles blessantes
Le lendemain, Hermione fut réveillée par les rayons du soleil passant par la fenêtre de la salle commune des Préfets-en-chef. Elle releva la tête et remarqua qu'elle s'était endormie sur son devoir de métamorphose presque fini. Le feu dans l'âtre n'était plus que des cendres. Il devait être tôt puisque les elfes de maison n'avaient toujours pas rallumés le feu, se dit-elle. Elle regarda sa montre, seul objet moldu qu'elle avait gardé sur elle et remarqua qu'il n'était que six heures et demie du matin. Peu pressée, elle rangea tranquillement ses affaires puis les rapporta dans sa chambre avant d'aller dans la salle de bain. Elle prit pour une fois un bon bain chaud, moussant, parfumé aux fleurs des bois. Elle détendit tous ses muscles et ferma les yeux de bien être. En cet instant, après une nuit presque blanche elle ne pensait à rien d'autre qu'aux parfums flottant dans l'air et à la chaleur détendant son corps. Au bout d'une demi-heure, elle s'endormit quelques instants, assez pour qu'un beau Serpentard puisse la regarder sans qu'elle le voit.
Quand Blaise se réveilla, il entendit du bruit venant de la salle commune. La Gryffondor était-elle déjà levée ou s'était-elle endormie devant le feu ? Son esprit était encore trop embrouillé pour pouvoir réfléchir. Il referma un instant les yeux et il finit par se rendormir. Il se réveilla en sursaut une bonne demi-heure plus tard, ne s'attendant pas à s'être rendormit. Il regarda son réveille et lu huit heures au lieu de sept heures. Les cours allaient commencer.
- Eh merde ! dit-il en se levant en vitesse.
Il prit des habits et se dirigea vers la salle de bain. Il ralentit le pas, se disant que, de toute manière, il était en retard alors cinq ou dix minutes de plus ou de moins n'y changerait rien. Finalement il ouvrit la porte et se rendit compte de la présence de son homologue féminin. Elle était étendue dans l'eau d'un bain moussant, les yeux fermés et les traits détendus. Ce visage-là lui allait si bien, sans le pli de réflexion constant qui lui barrait le front. En la voyant là, il fut incapable de bouger, de détourner ses yeux de cet être magnifique qu'était la jeune femme. Il savait très bien qu'il ne devait pas se trouver ici, qu'il ne fallait surtout pas qu'elle le voit, s'il ne voulait pas perdre le peu de confiance qu'elle lui avait accordé. Mais voilà il ne le pouvait pas. Pourquoi ? se demanda-t-il sans obtenir de réponse assez convaincante de son inconscient.
Soudain, elle bougea dans l'eau sans ouvrir les yeux. Il sortit alors de sa stupeur et recula en fermant tout doucement la porte pour ne pas se faire entendre. Il s'appuya contre cette dernière avant de descendre au sol pour replier ses genoux contre son torse. Il y posa la tête tout en entourant ses jambes de ses bras. Trop de pression venait de s'accumulé d'un coup et il ne tenait plus. Qu'est-ce qui lui prenait ? Il n'en savait rien. Tout ce qu'il savait c'était qu'il devenait fou, que cette fille le rendait fou au point qu'il oublie tous ses principes. Il se rendit alors compte que ce n'était pas ses principes mais ceux de ses parents, ceux de son père, qui l'obligeait à prendre une voie qu'il ne souhaitait pas. Celle de devenir Mangemort et d'épouser Daphné Greengrass qui pourtant court toujours après Draco Malfoy.
Cette fille, trop superficielle à son goût, ne lui convenait en aucune manière. A part son sang, qui soit disant était pur, était la seule chose qu'elle avait pour elle. Mais quand on est fils unique d'une bonne famille, on n'a pas d'autre choix que de suivre le mouvement si on ne veut pas être rejeté par ceux qu'on aime. Sa mère, bien plus douce que son père, l'avait toujours couvert quand il faisait une bêtise et elle venait le border le soir quand il était petit. Pourquoi avait-elle épousé son père, si dur et si brutal ? Sûrement n'avait-elle pas d'autre choix. Une fille de bonne famille à encore moins le choix sur la personne avec qui elle va finir sa vie et faire des enfants.
Dans un sens, c'était encore une chose qu'il enviait à Hermione Granger : Sa liberté. La liberté de choisir sa vie. Même si c'est dans les bras de ce rouquin de Weasley.
Pourquoi son cœur se serrait-il à cette pensée ? Il ne pouvait envier aussi Weasley, cela était impossible et … insupportable. Il manquerait plus qu'il envie l'élu et son trio d'or. Mais Granger en fait partit alors … Non, il ne le voulait pas. Il se leva dans un geste rageur avant de s'enfermer dans sa chambre tout en claquant la porte.
Un bruit de porte qui claque réveilla la Gryffondor. Elle regarda autour d'elle et sourit en voyant que le bain avait finit par avoir raison d'elle. Il n'était que sept heures alors elle sortit de la baignoire puis enfila son uniforme tout en ayant jeté avant un sort pour défroisser les vêtements. Une fois prête, elle prit ses affaires de cours et descendit pour aller prendre le petit-déjeuner dans la Grande Salle.
- Salut vous, dit-elle à ses amis en s'asseyant à côté d'Harry, Ron étant en face d'elle.
- Salut, répondit Harry, Ginny et Neville.
- Chalut.
- Ronald, dit-elle en levant les yeux aux ciels.
- Bah quoi ? répondit le concerné.
Elle était de bonne humeur et ce n'était pas Ron qui allait lui nuire, alors elle décida de ne pas répondre et commença à beurrer son pain.
- Tu es de bonne humeur aujourd'hui, Hermione, dit Harry.
- Oui c'est vrai, j'ai presque fini mon devoir de métamorphose et j'ai prit un bon bain chaud ce matin. Quoi de mieux pour commencer la journée ?
- Oui c'est sûr, répondit la rousse, rassurée de voir son amie aller mieux.
- Tu aurais quand même pu rester avec nous hier soir, que toute seule dans ton pauvre appartement. Tu aurais dû voir la raclée que j'ai mi à Harry aux échecs.
- Oui je n'en doute point Ron, mais sache quand je ne suis pas seule dans mon appartement … Bien qu'hier soir il soit rentré tard.
- Tout se passe bien avec Zabini ?
- Bien sûr, c'est comme je l'ai dit la dernière fois on est ensemble sans l'être, on se parle pour le strict nécessaire, bonjour et au revoir, c'est tout. Il n'y a aucuns soucis.
- Fait attention quand même, répliqua Harry peut sûr de ce que son amie avançait.
- Oh Harry ! S'il devait un jour m'attaquer, je saurais me défendre et puis ce n'est pas comme si c'était Malfoy.
- On parle de moi Granger ? dit le blond en arrivant près d'eux.
- Qu'est-ce que tu veux Malfoy ? demanda sèchement Ron.
- Je ne te parle pas le rouquin. Alors Granger, on ne peut plus se passer de moi.
- Oh, ce n'est pas moi qui ne peut plus me passer de toi mais plutôt tes deux acolytes qui te suivent partout comme des petits chien. D'ailleurs c'est bizarre que Parkinson ne soit pas là … Un bulldog est pourtant très réputé pour être collant et … baveux.
- Oh toi …, dit Malfoy en s'apprêtant à sortir sa baguette.
- Monsieur Malfoy je vous prie de ne pas faire ce genre de chose sous le nez de vos professeurs dans la Grande Salle et encore moins dans le reste de l'école comme l'indique le règlement. Retournez à vos places, dit McGonagall.
« Tu ne perds rien pour attendre » C'est ce que pu lire Hermione sur les lèvres de son ennemi tandis qu'il s'asseyait à la table d'à côté. Un frisson la parcouru. Elle avait gouté à ce que pouvait faire Nott mais la vengeance d'un Malfoy serait plus tordu et perverse. Il allait se venger, ça elle en était sûre, mais elle ne savait pas quand. Un Malfoy était réputé pour sa patience. « La vengeance est un plat qui se mange froid » disait un vieux dicton moldu. Elle croisa le regard de Zabini, qui levait les yeux en l'air. Que pouvait signifiait ce regard ? Avait-elle fait une bêtise ? D'ailleurs pourquoi avait-il claqué la porte ce matin ?
- Miss Granger, le professeur Dumbledore m'a demandé de vous dire qu'il vous attend dans son bureau après le repas du soir. Il veut aussi que vous sachiez qu'il aime les bonbons aux citrons.
- Merci professeur.
- Pourquoi veut-il que tu saches qu'il aime les bonbons aux citrons ? demanda Ron.
Hermione et Harry levèrent les yeux au ciel. Depuis le temps qu'il trainait avec eux, il posait toujours les mêmes questions.
- Le mot de passe, lui répondit Harry tout bas.
- Ah.
- Bon allez les garçons venez, le professeur Rogue et ses potions ne nous attendront pas, dit Hermione en se levant. A plus Ginny.
- A plus.
Le trio d'or se dirigea alors vers les cachots et furent en avance, comme d'habitude. Les deux garçons commencèrent une discussion sur le Quidditch qui devait reprendre dans les semaines qui suivaient. Hermione s'assit au sol pour lire un bouquin récemment emprunté à la bibliothèque. Les Serpentards avec qui ils avaient cours en commun comme pour tous les cours de potions, arrivèrent mais sans dire un mot, même pas une réplique sanglante. Même Parkinson restait collée à Malfoy sans rien dire sur la coiffure d'Hermione où sur ses soit disant dents de lapin, qu'elle n'avait pas bien sûr, ayant des parents dentiste très exigent. Le trio d'or fut étonné mais n'en laissa rien paraître, les ignorants totalement. A ce moment là, la porte des cachots s'ouvrit laissant apparaitre le professeur de potion. Il regarda avec dédain Hermione assise par terre qui était en train de se relever puis le reste des Gryffondors.
- Entrez !
Les élèves firent ainsi et s'installèrent comme à leur habitude. Les Serpentards devant, les Gryffondors derrière. Neville, Ron, Harry et Hermione prirent place à la même table.
- Aujourd'hui vous allez me faire la potion de mémoire, la liste des ingrédients se trouve au tableau, autrement vous la trouverez page vingt-cinq de votre livre.
Hermione commença tout de suite à préparer le chaudron tandis qu'Harry allait chercher les ingrédients dans l'armoire.
De son côté Blaise était avec Malfoy pour faire la potion. Ils suivirent les instructions en silence jusqu'à ce que Blaise débute la conversation voulant savoir les intentions de Draco à propos de la Gryffondor.
- Je trouve que tu as été bien calme face au trio d'or tout à l'heure.
- Oui.
- Peut-on savoir pourquoi le prince des Serpentards n'a pas profité de l'absence de professeurs pour rabattre le clapet de la miss Je-sais-tout ?
- Arrête Blaise, je réfléchissais, c'est tout.
- A ta vengeance bien sûre ?
- Oui elle va me le payer cette Sang-de-Bourbe !
Blaise frissonna à ce nom prononcé avec tant de haine. Pourquoi cette haine ? Ce qui était sûr c'était que Draco ne laisserait pas passer ça. Une humiliation en publique, quoi de pire pour un Malfoy ? Dans quel pétrin la Gryffondor venait-elle de se mettre ? Il regarda Draco s'énerver sur les plumes de Jobberknoll, ce qui ne fallait surtout pas faire pour réussir la potion.
- Arrête Draco, tu vas tout faire foirer pour une Gryffondor !
Draco arrêta son geste et regarda son ami. Il ne savait comment prendre cette phrase.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Blaise tranquillement laissant le regard de son ami le traverser. C'est marqué dans le livre qu'il faut juste fendre la pointe de la plume pas l'écraser.
Il vit Draco se détendre et en fut soulagé. Avec le prince, il fallait faire attention aux mots qu'on employait surtout quand on avait quelque chose à cacher comme c'était le cas maintenant.
- Tu as raison Blaise, je ne devrais pas m'énerver pour une Sang-de-Bourbe et en plus te gâcher une bonne note, finit-il avec son sourire en coin bien connu.
Blaise répondit par le même sourire et ajouta :
- Bien sur, tu ne voudrais pas que le préfet-en-chef perde de sa splendeur.
- Exactement. Je sais que tu t'es donné du mal pour y arriver, ce n'est pas comme Granger. Je ne sais pas comment elle a pu avoir ce poste.
- C'est vrai qu'une Sang-de-Bourbe ne devrait même pas être ici.
- Oui mon frère.
Blaise eut le cœur serré en entendant les paroles de son ami et celles qu'il avait dû prononcer pour répondre de même manière. Qu'est-ce qu'il avait bien pu faire pour mériter ça ?
Hermione qui entendit les paroles du Serpentard fut blessée. Comment avait-il pu s'occuper d'elle ainsi, améliorer leur rapport pour ensuite dire des choses pareilles dans son dos. Sans qu'elle s'en rende compte, sa bonne humeur était un peu entachée et le rendez-vous avec le directeur dans l'après-midi ne l'arrangeait guère. Pourquoi ses paroles l'avait blessé plus qu'elles ne le devraient ?
- C'est la fin du cours, veuillez m'apporter vos fioles.
Hermione prit une fiole, la remplie de leur potion puis se dirigea vers le bureau de Rogue. En passant à côté de Zabini, elle le bouscula doucement pour lui faire comprendre qu'elle avait tout entendu et que cela ne lui plaisait vraiment pas.
- Eh ! Tu ne peux pas faire attention, dit son homologue comme tout bon Serpentard.
Elle ne répondit même pas. En retournant à sa place, elle croisa le regard brun de Zabini. Il était triste mais il reprit vite son visage sans émotion. Cela la perturba. Avait-il comprit ? Et si oui était-il triste parce qu'elle lui en voulait alors qu'il ne pensait pas ses paroles ?
Tu rêves ma pauvre fille, c'est un Serpentard, il pense toujours ses paroles là.
Elle retourna à sa place puis suivit ses amis, allant vers la Grande Salle pour le déjeuner.
Chapitre corigé par Julia Erwelin ^^
