Chapitre 4 : Premier pas
Pourquoi avait-il fallu que cela se passe ainsi ? Pourquoi avait-il fallu qu'il s'engage dans cette discussion maintenant ? Et pourquoi avait-il fallu qu'elle entende cette discussion ? Car il en était sûr maintenant. Son regard si dur qui l'avait transpercé le prouvait. Elle avait été blessée, trahie par ses paroles. Mais pourquoi ne pouvait-elle pas comprendre qu'il n'avait pas le choix, s'il voulait rester en vie ? Il était sûr qu'elle l'aurait traité de « lâche ». Foutus Gryffondors avec leur courage. Il était à Serpentard et ça, il ne pouvait le changer. Il se tourna vers Draco qui avait suivit toute la scène.
- Peste, cracha-t-il en voyant le regard soupçonneux de Draco.
- Apparemment, notre miss Je-sais-tout aurait entendu notre petite discussion à son sujet.
- Oui. Ça lui apprendra à écouter ce qu'il ne faut pas. Non mais, pour qui elle se prend ?
- Je vois que toi aussi, elle t'énerve, Blaise.
- Oui, souffla-t-il à contre cœur.
- Tu ne voudrais pas m'aider à me venger par hasard ?
- Je ne peux pas Draco, tu le sais. Elle est préfète-en-chef comme moi. Je ne veux pas perdre ma place juste pour une petite vengeance à propos d'une Sang-de-Bourbe qui ne vaut même pas la peine de lever le petit doigt pour elle.
- Tu n'as pas tort Blaise…Mais tu la laisserais te traiter ainsi ?
- Non bien sûr que non. Une petite discussion bien menaçante s'impose mais pas de grande vengeance comme tu avais l'intention de faire. Je te signale qu'elle a rendez-vous avec Dumbledore ce soir, elle pourrait très bien nous dénoncer.
- Tu aurais peur d'une Sang-de-Bourbe, Zabini ? demanda Draco un sourcil levé, sceptique.
- Peur d'elle, non, mais des conséquences. Je ne veux pas me faire remarquer par le vieux fou avant la fin de l'année. Tu me comprends j'espère.
- Je vois que tu pense à tout Blaise. Tu as raison, elle ne vaut pas la peine de prendre la moindre de mes pensées. Tu as intérêt à ce qu'elle ne vienne plus nous déranger sinon je ne laisserais pas passer une deuxième fois. Viens, allons manger.
Les deux Serpentards quittèrent les cachots et se dirigèrent vers la Grande Salle. Blaise était soulagé. Il avait réussi à éloigner Malfoy de Granger le temps nécessaire pour la prévenir de faire plus attention la prochaine fois. Il ne pourrait pas la protéger tout le temps. Mais pourquoi voudrait-il la protéger d'ailleurs ? Comme il l'avait si bien dit avant, c'était une Gryffondor, de plus Sang-de-Bourbe, qui n'en valait pas la peine, alors Pourquoi ? Sa réaction du matin quand il l'avait vu dans la salle de bain était-elle une raison ? Par Merlin dans quoi s'était-il embarqué ? Pourquoi avait-il signé ce pacte silencieux ?
- Eh Zabini, tu viens ce soir ? demanda Goyle.
- Quoi, ce soir ?
- Bah on avait prévu une petite soirée entre nous, comme hier, tu avais oublié Blaise ? demanda Pansy.
- Non, je n'ai pas oublié mais je ne viendrais pas. Avec toutes ses soirées, je ne prends même plus le temps de travailler correctement. Vous allez me dire que c'est le début de l'année mais vous verrez la semaine prochaine on aura encore plus de devoir. Donc ce soir je travaille.
- Tu n'as qu'à venir travailler dans notre salle commune.
Blaise soupira.
- Vous savez que je ne travaillerai pas avec vous, ça finit toujours en soirée, répliqua-t-il en souriant.
Les autres souriaient aussi à ces souvenirs de soirée improvisée alors qu'ils devaient faire leurs devoirs.
- Et demain ?
- Demain, j'ai ma ronde avec la Sang-de-Bourbe. Je pourrais toujours passer quelques minutes, sans qu'elle ne s'en rende compte, comme avant-hier.
- Ouais, dit Pansy contente qu'il accepte enfin d'être un peu moins sérieux.
- Je trouve que tu prends ton rôle de Préfet-en-Chef trop à cœur.
- Mais c'est sérieux Malfoy ! Au moindre écart, c'est moi qui prends car c'est moi qui dois montrer l'exemple. Et puis tu me connais j'ai toujours été sérieux.
- C'est vrai, on ne te changera jamais, admit Draco.
- Effectivement.
Ils finirent de manger en silence. Les sujets étaient clos. Il leva les yeux de son assiette et croisa le regard de Granger. A ce moment il n'aurait pu décrire ce qu'il y voyait. Trop de sentiments s'y mélangeaient. Elle détourna le regard et il retourna vers son assiette. Qu'est-ce qui se passait entre eux ? Pourquoi lui, qui ne se posait jamais de question, s'en posait maintenant qu'il avait montré son vrai visage à cette Gryffondor ? Elle l'avait rendu fou en deux jours. Pourquoi avait-il fallut qu'il l'a sauve ? Ou qu'il aille à sa recherche quand elle ne s'était pas présentée au rendez-vous à l'heure ? S'il serait rentré dans leur appartement, il aurait toujours la tête tranquille…Non, il ne serait pas plus tranquille, car il ne saurait pas ce qui aurait complètement détruit Hermione Granger et il n'aurait rien pu faire. Non il n'arrivait pas à regretter son geste mais Pourquoi ?
L'après-midi, Hermione et ses deux amis se posèrent dans le parc avant leur cours de botanique, leur dernier cours avant le weekend. Ils voulaient profiter des derniers rayons chauds du soleil en ce début de mois de Septembre.
- Qu'est-ce que tu as Hermione ? Depuis la fin du cours de potion tu ne souris même plus, dit Harry.
- C'est vrai, ajouta Ron.
- Rien, tout va bien.
- Mais alors qu'est-ce qui t'a fais perdre ta bonne humeur ? insista Harry.
- Malfoy.
- Lui ? Pourquoi ?
- Je l'ai entendu parler de moi en potion, avec Zabini. Ils disaient que je ne mérite pas ma place de Préfète-en-Chef.
- Il ne faut pas que tu écoutes leurs paroles de vil serpent. Malfoy est jaloux car il sait qu'il n'y a que toi qui mérite amplement cette place dans tout le château. Même Zabini ne la mérite pas.
- Ne dites pas ça, Zabini la mérite autant que moi.
- Tu le défends maintenant ?
- Mais non Ron, c'est juste que je ne suis pas comme eux à les rabaisser. Si Dumbledore l'a choisit, c'est que c'est un bon élève et je ne contredis pas les actions de Dumbledore.
- Oui, tu as raison. Mais arrête de te plomber le moral pour eux, d'accord ? dit Harry en la prenant par les épaules.
- Promis, merci.
Avec un soupir, Hermione se cala dans les bras de son meilleur ami, ravie de trouver le réconfort dont elle avait besoin. Que ferait-elle sans eux ? Décidemment, il fallait qu'elle cesse de mettre ses problèmes en avant ainsi, et qu'elle fasse plus attention à eux et à leurs présences à ses côtés. Malheureusement, Merlin ne semblait pas de son avis. Avec une énorme envie de meurtre envers cet être suprême chez les sorciers, elle vit Malfoy arriver près d'eux, son inaltérable sourire narquois aux lèvres, en compagnie de Zabini.
- Alors Granger, on ne sait pas qui choisir ? Potter ou Weasley ?
- La ferme Malfoy.
- Oh, on défend sa bienaimée. C'est l'autre rouquine qui ne va pas être contente. Elle est au courant ? dit le blond en faisant rebondir Harry.
- Laisse Harry, il n'en vaut pas la peine.
Draco se retourna vers Blaise. C'était la même parole qu'il avait dite le matin même. Ainsi donc, ils avaient la même tactique. Blaise s'approcha de lui et murmura :
- Je n'ai pas encore eu le temps de lui parler, si tu vois ce que je veux dire.
Draco rigola d'un rire glacial.
- Tu as raison, mon ami, ils n'en valent pas la peine, eux non plus.
Blaise fut surpris de la réaction de Draco, qui avait repris ses paroles. Il ne le comprenait pas. Etait-ce un piège car il avait deviné quelque chose ou il voulait les agacer encore plus en reprenant leurs dires ? La pause des septièmes années étant finie, les Serpentards s'en allèrent à l'intérieur du château tandis que les Gryffondor se dirigèrent vers la serre numéro une où les attendait Madame Chourave. Vers quatre heure de l'après-midi, ils en sortir avec de la terre plein leurs robes. Leur professeur de botanique leur avait fait planter dans des pots une nouvelle espèce de plante, découverte dans la forêt interdite par Hagrid, le garde chasse et gardien des clefs à Poudlard. C'était un grand ami du trio. Madame Chourave voulait qu'ils étudient les caractéristiques de cette plante afin d'en faire un parchemin de quarante centimètres de long.
Hermione se dirigea vers ses appartements pour enlever cette robe de sorcier bien sale pour une entrevue avec le directeur. Elle alla à la bibliothèque pour lire tranquillement avant le repas. Vers six heure trente, elle rejoignit Harry, Ron et Ginny dans la Grande Salle. Elle s'assit aux côtés de sa meilleure amie et débuta une conversation sur la prochaine sortie à Pré-au-lard. Elle mangea rapidement puis se dirigea vers le deuxième étage où était la gargouille bloquant l'entrée du bureau de Dumbledore.
- Bonbons aux citrons, dit-elle.
La gargouille se tourna pour laisser place à un escalier montant doucement. Elle l'emprunta et avant qu'elle puisse toquer à la porte de chêne, elle entendit :
- Entrez, miss Granger.
Elle ouvrit la porte et tomba sur une large pièce circulaire comportant plusieurs fenêtres, laissant apparaitre les montagnes entourant le château et le terrain de Quidditch. Tant de fois cette pièce les avait accueillis, Harry, Ron et elle, et rien n'avait changé. Il y avait toujours les différentes tables où reposaient plusieurs instruments d'argent. Plusieurs cadres représentant les nombreux directeurs de Poudlard étaient accrochés au mur. Ceux présent la regardaient comme si c'était une bête de foire. Derrière le directeur était posé, sur une étagère, le Choixpeau magique qui l'avait envoyé à Gryffondor six ans auparavant. L'épée du fondateur de sa maison était déposée dans une vitrine. A côté de l'imposant bureau aux pieds en forme de serres se tenait le perchoir où reposait Fumseck, le phénix habillé d'une couleur bien rouge aujourd'hui. Derrière le perchoir, il y avait une cheminée où brulait un bon feu, suivie d'un placard noir où était entreposé la pensine.
- Veuillez vous assoir, miss.
- Merci professeur.
- Alors miss, je suppose que vous vous demandez pourquoi je vous ai fais venir dans mon bureau, aujourd'hui.
- Oui, professeur.
- Je voudrais savoir si tout se passe bien, au château ? Avec votre homologue masculin, monsieur Zabini.
Savait-il ce qui c'était passé cette nuit là ?
- Tout se passe pour le mieux professeur. Il n'y aucun soucis pendant nos rondes et les autres préfets ne nous ont rien signalé d'alarmant. Il y a quelques élèves qui essaie de braver le couvre feu, mais nous sommes en début d'année, ils le font toujours. Autrement avec Blaise Zabini, tout se passe bien. Nous n'avons eu aucuns soucis en ce qui concerne la salle commune ou la salle de bain et même pour les rondes.
- Bien, est-ce tout ce que vous avez à me dire ?
- Oui professeur.
Elle se sentait mal à l'aise de mentir à Dumbledore alors qu'il était sûrement au courant de tout ce qui se passait dans ce château. Mais elle ne pouvait faire autrement. Elle regarda droit dans les yeux en attendant qu'il l'a congédie. Cela se voyait qu'il savait quelque chose car il hésitait à la renvoyer.
- Vous pouvez y aller miss, soyez prudente et si vous avez le moindre problème venez me voir.
- Oui professeur.
Elle avait tant envie de tout lui dire et d'aller se cacher à milles lieux d'ici mais, pour Harry, elle ne le pouvait pas. Alors elle quitta le bureau en pleine réflexion. Les images de l'avant-veille lui revenait en tête alors elle marcha, sans même s'apercevoir où elle allait, pendant des heures. Quand elle revint à la réalité, elle se rendit compte qu'elle était à l'opposé de ses appartements. Alors elle fit demi-tour en espérant ne rencontrer personne.
Comment pouvait-on débuter une journée de bonne humeur et la finir morose à cause d'un garçon et d'autres ? Devant le tableau cachant l'entrée de son chez soi, elle dit le mot de passe et entra. Elle s'assit sur le fauteuil en ramenant ses jambes contre sa poitrine.
Zabini, qui était assis à l'autre bout de la pièce, leva les yeux de son livre et la regarda. Elle fixait les flammes qui dansaient dans la cheminée de son regard triste qu'elle avait eu la veille. Un pli de contrariété et de remord barrait son front. Pensait-elle que c'était de sa faute si ces Serpentards s'en étaient pris à elle ? Jamais il ne l'avait vu ainsi, aussi abattue. Elle tombait dans un puits sans fond et c'est ce que voulaient ses agresseurs. Il ne fallait surtout pas qu'elle leur donne ce plaisir.
- Ce n'est pas ta faute… Hermione.
Il avait insisté sur son prénom pour lui faire comprendre qu'il était sincère. La lionne éclata en larme suite à ses paroles. Il ne s'attendait pas à cette réaction.
Oui, les larmes coulaient sur ses joues sans qu'elle puisse les arrêter. Elle se rongeait les sangs sur ce qui s'était passé et là, son ennemi lui disait que ce n'était pas de sa faute. Cette phrase qu'elle attendait inconsciemment lui faisait du bien. Mais elle ne pouvait pas le croire. Il avait dû la sauver mais ce n'était pas sa faute, pourquoi ?
Elle sursauta quand elle sentit des bras s'enrouler autour de son corps si fragile.
Blaise Zabini, prenait Hermione Granger dans ses bras pour la consoler.
Chapitre corrigé par Julia Erwelin
