Chapitre 6 : Attitude étrange
Hermione marchait dans les couloirs du château pour faire sa ronde. C'était la première depuis l'accident et elle devait la faire seule. Après la dispute qu'elle avait eue avec Zabini, et que ce dernier s'était enfermé dans sa chambre, elle n'avait pas eu le courage d'aller lui dire qu'ils devaient faire leur ronde ensemble. Contradictoire pour une Gryffondor. Elle avait espéré le matin même qu'il serait là avec elle, mais non, c'était encore une déception. Elle en avait marre d'être déçue par le Serpentard. Elle lui avait donné une chance et il l'avait piétiné comme on piétine un pauvre tapis.
Après tout ne représentait-elle pas la même chose pour lui ? Une malheureuse Sang-de-Bourbe qui n'aurait jamais du naitre avec des pouvoirs magiques. Mais comment avait-il pu faire tout ça pour elle s'il le pensait vraiment ? Toujours la même question. Il l'avait sauvé de ses amis. Il l'avait prise dans ses bras pour finir par s'endormir en la serrant fort contre lui. Elle n'arrivait pas à y croire, à comprendre. Peut-être était-elle comme Dumbledore, à trouver toujours le meilleur des autres en oubliant leurs défauts… C'était-elle fait avoir en beauté ou, tout simplement, était-ce Blaise qui n'arrivait pas à être celui qu'il lui avait montré tout le temps ? Il lui avait dit que ça ne venait pas d'elle mais de lui. Mais qu'est-ce qui clochait ? Pourquoi mettait-il autant de soin à refuser l'amitié qu'elle lui offrait en toute connaissance de cause ? Elle ne lui demandait pas la lune non plus.
Elle savait qui il était à l'extérieur : un apprenti Mangemort. Et si Harry ou même Ron venait à l'apprendre, ils lui en voudraient énormément et penserait qu'elle les avait trahi mais elle était persuadée que Blaise Zabini était quelqu'un d'autre à l'intérieur, quelqu'un de bon, peut-être pas courageux ni un lion d'or comme il le lui avait signalé quelques minutes auparavant, mais il n'était pas cet être froid qu'il essayait de montrer. Elle savait qu'elle avait mis le doigt sur une fissure de sa carapace. Et elle ne lui permettrait pas de la refermer. Pas tant qu'elle serait en vie.
Elle venait de se rendre compte qu'il comptait pour elle. En l'espace de trois jours il avait prit une place dans son cœur de même envergure que celle que prenaient Harry, Ron et Ginny. Ils étaient liés par ce secret qui la hantait tant. Jamais elle n'aurait pensé que ce secret aurait eu cet effet sur eux. Elle était en quelque sorte dépendante de lui. Elle avait besoin de lui et de son réconfort. De ses bras fort qui l'entoure et la protège. Pourquoi ne pouvait-elle pas avoir pour une fois ce qu'elle voulait ? Pourquoi n'avait-elle pas le droit d'être un peu égoïste de temps en temps et de s'abandonner dans les bras du beau Serpentard ?
Mais voilà maintenant elle serait seule à affronter cela, comme à l'instant. Seule à se balader dans les couloirs si froids en pleine nuit. Le contraste du château de nuit et de jour était si énorme que cela lui faisait froid dans le dos surtout en sachant ce qu'elle avait faillit vivre lors de sa dernière ronde. Se relèvera-t-elle un jour ? Sera-t-elle de nouveau forte comme avant ?...Qu'elle se sentait vraiment seule, seule au monde et pourtant si entourée.
Hermione s'assit un moment contre un mur du quatrième étage. Elle n'en pouvait plus de marcher en rond dans le château. L'heure de fin de sa ronde était passée depuis plus d'une heure mais elle ne voulait pas rentrer dans son appartement, de peur de le voir, peur de souffrir encore une fois dans la même soirée, ce qui aurait été trop pour elle. Elle ne pouvait même pas rejoindre la tour des Gryffondor où reposait encore son lit qui l'avait accueilli ces six dernières années. Cela aurait attiré l'attention sur elle et surtout les questions de ses amis, qu'elle redoutait par-dessus tout. Alors elle restait là à attendre… elle ne savait pas quoi. Peut-être le déluge comme disait les moldu. Elle repensa à ses parents qu'elle n'avait pas vus depuis l'année dernière. Elle les avait mit en sécurité en les changeant d'état en espérant que cela serait suffisant, elle avait donc passé tout l'été avec les Weasley.
Quand minuit arriva, elle décida qu'il était tant de rejoindre l'appartement et d'aller se coucher. Même si le lendemain c'était le weekend, elle ne pouvait se laisser aller à veiller tard. Elle sourit en pensant que même ses amis devaient déjà être au lit. Qu'ils lui manquaient, même s'ils étaient assis ensemble en cours, tous les jours. Dans cet accident, elle avait perdu bien des choses, comme sa confiance en elle, et sa faculté de discuter avec ses amis. Elle se renfermait sur elle-même.
Pourquoi ? Pourquoi ne pouvait-elle pas leur dire et être enfin débarrasser de ce secret… ? Elle ne le pouvait pas à cause d'une chose, d'une personne qu'elle ne voulait plus lâcher même à en souffrir : Blaise Zabini. Que lui arrivait-il ? Elle se sentait perdue et ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Elle se torturait l'esprit. C'est ce qu'elle pensait quand ses yeux se fermèrent enfin, la laissant plonger directement dans les bras de Morphée.
Un bruit sourd résonnait en elle, comme un bruit de marteau qui tapait contre un mur. Mais ce son venait de loin, très loin. Il venait d'envahir son sommeil mais elle ne savait pas si elle le rêvait ou si cela venait du monde réel. Elle avait l'impression d'être dans une bulle et elle n'entendait plus rien distinctement, comme si elle était mi-sourde. Mi-sourde ? Qu'est-ce qu'elle racontait ! Ce n'était pas possible.
Elle voulu ouvrir les yeux mais n'y arriva pas. Le sommeil était trop lourd. Est-ce qu'elle dormait au moins ? Oui, elle ne se souvenait pas s'être réveillée. Encore un bruit sourd. Cela ne pouvait venir que de l'extérieur de sa chambre. Mais quoi ? Pourquoi Blaise faisait-il du bruit ? Blaise ? Mais qu'elle heure était-il ? Cette question eue finit de faire apparaitre toutes les autres ( ?) et de la réveiller complètement. Elle ouvrit les yeux et la bulle de son sommeil éclata, laissant apparaitre clairement le son qui la hantait. Quelqu'un toquait. Elle regarda autour d'elle se remémorant son petit coin à elle, sa chambre.
Ce matin, le réveil était dur. Zabini avait tellement envahi ses pensées qu'elle avait du fermer les yeux vers une heure avancée de la nuit. De nouveau, quelqu'un toqua. Cela venait de la salle commune. La porte ! Pourquoi quelqu'un toquait ? Zabini aurait-il oublié le mot de passe ? Elle regarda son réveil. Onze heures. Oh mon Dieu !
Blaise avait rejoint la table des Serpentards, la mine sombre, ses pensées envahissant toujours son esprit. Il s'installa en silence et commença à manger ce qu'il s'était servit : des pancakes et du jus de citrouille. Les discussions allaient bon train autour de lui et personnes n'avait prit la peine de l'inclure dans l'une d'elle. Il ne s'en offusqua pas, il préférait son silence aux débats peu joyeux ou inintéressant et qui, à son plus grand bonheur, ne le concernait pas.
- Pourquoi tu n'es pas venu hier soir ? On t'a attendu, tu sais.
- Peut-être parce que je n'ai pas fait ma ronde hier soir.
- Pourquoi ?
Tous les Serpentards assez proche de Blaise se retournèrent vers lui quand ils l'entendirent prononcer ces paroles contradictoires avec sa personnalité de bon Préfet-en-Chef. Ils voulaient savoir les raisons de ce relâchement.
- Parce que j'étais énervé et que j'ai oublié d'aller faire ma ronde. Ça te va ? Ou je dois te donner tous les détails de ma soirée, Pansy ?
- Mais …, voulu répliquer cette dernière.
- La ferme Pansy, la coupa Draco, mais j'avoue que, moi aussi, ça m'intrigue Blaise. Qu'est-ce qui t'a énervé ?
- Une certaine personne.
- Oh et pourquoi tu t'es disputé avec notre chère Préfète-en-chef ?
- Pour la même raison que d'habitude : mon inaptitude à respirer le même air qu'elle. Du coup, la Sang-de-Bourbe à voulu faire sa maligne mais elle n'a réussi qu'à faire la ronde toute seule.
Les élèves autour d'eux rigolèrent.
« Qu'ils peuvent être con à me croire comme ça. Heureusement que je suis un bon Occlumens et que Draco ne peut lire mes pensées »
- Je savais qu'elle te sortait par les yeux.
- Oui, mais au moins j'arrive à me venger sans conséquence, Draco.
- Quoiqu'il en soit, elle a eu ce qu'elle méritait cette Sang-de-Bourbe. Bon boulot.
Blaise sourit. A sa façon, Draco venait de le remercier, ce qu'un Malfoy ne faisait jamais. Mais au fond de lui, il était partagé. D'un sens, cela le réjouissait que Draco le remercie pour quelque chose qu'il n'avait pas faite. D'un autre, il se détestait. Il détestait ce qu'il venait de dire sur celle qui comptait beaucoup pour lui maintenant. Il se détestait de mentir et d'être cru aussi facilement. Une preuve de plus que personne ne se connaissait parmi les verts et argents.
Hermione ouvrit la porte en trombe. Harry, Ron et Ginny étaient là devant elle, le visage remplit d'inquiétude.
- Mais Hermione, qu'est-ce que tu fous ? Cela fait une heure qu'on tape à ce fichu tableau qui ne voulait pas nous laisser entrer.
- N'exagère pas Ron, tu vois bien qu'Hermione est entière et …
- En pyjama, finit Harry.
Hermione se regarda. Oui, elle n'avait même pas pensé à s'habiller avant d'ouvrir. Elle portait un large tee-shirt par-dessus un short. Elle rougit en pensant qu'elle aurait pu tomber sur son homologue masculin.
- Ce n'est pas grave Hermione, on ne t'en veut pas.
Sa meilleure amie pensait-elle vraiment qu'elle rougissait car elle était habillée ainsi devant Harry et Ron ? C'était des frères pour elle, cela ne la gênait aucunement.
- J'espère que tu ne te ballades pas ainsi dans tout l'appartement, sous le nez de Zabini. Tu veux qu'il te viole !
Sur ces mots, Hermione fut remplie de colère. Mais de quoi se mêlait-il !
- Tout d'abord Ron, tu me prends pour qui ? Je viens de me réveiller, voilà pourquoi je suis habillée ainsi et que j'ai mis autant de temps à vous ouvrir. Eh oui moi, la miss Je sais tout, étais encore au lit à onze heure, ça m'arrive pas besoin de faire les gros yeux. Ensuite, laisse Zabini en dehors de cette histoire.
- Tu le défends ! C'est un Serpentard, Hermione. Tu n'imagines même pas se qu'ils pourraient te faire.
- Oh si, je l'imagine très bien. Depuis notre première année, on affronte les dangers tous les trois, j'ai vu les mêmes choses que toi je te signale ! Alors je ne te permets pas de me juger Ron ! On pourrait croire que tu es jaloux d'un Serpentard !
Ron se tut, sa colère refroidit par la dernière parole de sa meilleure amie. Il rougit laissant profiler une gêne entre le quatuor. Hermione regretta cette parole. Elle savait que Ron ressentait quelque chose pour elle depuis plusieurs années mais pour elle se n'était qu'un ami rien de plus.
- Bon je vais m'habiller, entrez et après vous m'expliquerez pourquoi vous harcelez le tableau de mon appartement, un samedi matin, au lieu de m'attendre dans la Grande Salle.
Hermione fila dans sa chambre. Elle distingua quelques phrases de Ginny qui disputait son frère pour sa maladresse. Harry ne disait toujours rien. Elle enfila après une courte douche, un jean et un pull rouge en col en V. Ensuite, elle rejoignit ses amis. Ron boudait dans son coin tandis qu'Harry et Ginny discutaient avec bonne humeur. Malgré leur rupture de juin, ils avaient gardé une bonne amitié. Elle savait qu'ils s'aimaient toujours et qu'ils profitaient du moindre instant ensemble, même si c'était qu'en tant qu'amis.
- Alors qu'est-ce qui vous a fait venir dans mon chez moi, dit-elle en s'asseyant à leurs côtés, le sourire aux lèvres
Elle évitait de regarder Ron. Elle lui en voulait beaucoup pour tout ce qu'il lui avait dit. Soudain, elle remarqua qu'Harry et Ginny la regardaient avec de gros yeux.
- Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle.
- Hermione, il y a la sortie à Pré-au-lard aujourd'hui, dit Harry qui ouvrit la bouche pour la première fois, on avait prévu de partir à dix heure ce matin.
Hermione fut frappée d'horreur. Comment avait-elle pu oublier ça ? Toute cette histoire avec Blaise l'avait fait oublier tout le reste, ses amis, les cours et les sorties.
- Ne me dis pas que tu as oublié, ajouta Ginny.
- Désolée, dit Hermione, je n'ai presque pas dormi de la nuit, alors j'ai totalement oublié la sortie.
- Ce n'est pas grave Hermione, on ira cet après-midi. Mais, c'est toi qui voulait qu'on y aille le matin, c'est pour ça que ça nous laisse bouche bée.
- Oui… encore désolée de vous avoir posé un lapin.
- Pas grave, on pardonne tout à la miss Je sais tout.
- Ron ! crièrent Ginny et Harry d'une même voix.
Hermione prit cette parole comme une lame en plein cœur. Elle savait qu'elle l'avait blessé en les laissant en plan pour éviter une fois de plus cette discussion qu'elle ne voulait surtout pas avoir avec lui.
- Bon, je meure de faim. Si on allait manger pour partir le plutôt possible, proposa-t-elle pour changer de sujet.
- Oui, c'est vrai, allons-y, ajouta Ginny.
Ils traversèrent les couloirs menant à la Grande Salle où ils prirent place à la table des lions. Pendant le repas, Harry occupa les pensées de Ron tandis qu'Hermione discutait avec Ginny. L'ambiance était pesante malgré l'image de bonne humeur qu'ils offraient aux autres. C'était rare que Ron et Hermione se disputent plus que leurs chamailleries habituelles, mais quand cela arrivait, cela pouvait durer un bon moment à cause de Ron, qui était le plus têtu des deux.
Ils partirent assez tôt et une fois arrivés à Pré-au-Lard, ils se dirigèrent tout d'abord vers « Les Trois Balais » pour boire une bièraubeurre. Après, ils voulurent aller chez Honeyduck remplir de nouveau leurs réserves de sucrerie en tout genre. Sur le chemin Hermione vit Blaise en compagnie de toute la clique des Serpentards entourant leur prince : Draco Malfoy. Elle ne put s'empêcher de le regarder et leur regard se croisèrent l'espace d'une seconde. A peine ses yeux bruns foncés ancrés dans les siens, une décharge électrique la parcourue toute entière. Elle détourna alors les yeux, ne supportant plus cette ambiance qui n'avait aucune raison d'être.
- Oh, je vois que tu as même fait du très bon boulot, Blaise. Jamais je n'ai vu cette Sang-de-Bourbe baisser les yeux ou détourner le regard devant un Serpentard, dit Draco.
« Si tu savais la vraie raison mon ami, tu ne serais pas si heureux »
- Tu me prends pour qui ? Je t'avais dis de me laisser faire, répondit l'intéressé avec un sourire sadique qu'il savait très bien reproduire.
Hermione vit ce sourire mais décida de l'ignorer.
Cela faisait une heure qu'il avait aperçut Hermione et qu'il marchait en rond dans le village qu'ils connaissaient par cœur. Il voulait à tout prix s'éclipser mais ne trouvait pas d'excuse valable. Soudain, alors qu'ils se dirigèrent vers le château pour rentrer, il se dit que tout était perdu mais une bagarre entre deux élèves éclata tout proche d'eux.
- Continuez sans moi, j'ai une histoire à régler, dit-il en pointant les deux garçons.
- D'accord, à tout à l'heure, dit Draco.
Sur cette parole, la petite troupe suivie son chemin sans même un regard pour leur « ami ». Blaise régla vite fait cette histoire avec un retrait de 20 points pour la maison Poufsouffle et Serpentard. Il s'en fichait de retirer des points à sa maison. Après tout, il pouvait les récupérer la semaine suivante. Ensuite, il se dirigea de nouveau vers le centre du village.
Hermione, une fois de retour au château, décida de s'isoler du groupe. Elle ne supportait plus la tension qui régnait entre Ron et elle et ses devoirs avaient prit du retard à cause de sa grasse matinée impromptue. Elle rejoignit alors la bibliothèque après avoir cherché ses affaires dans ses appartements. Elle commença par son devoir de métamorphose puis elle enchaina par celui de potion. Elle ne vit pas le temps passé et elle ne rejoignit pas la Grande Salle pour le repas du soir. Le travail lui permettait d'oublier tout. D'oublier Zabini, Ron et Nott. Vers vingt-trois heures, un parchemin accompagné d'une petite boite se posa sur son devoir de potion. Elle releva la tête et croisa le regard de Blaise qui l'électrifia de nouveau.
- Un mot de McGonagall, lâcha-t-il avant de quitter la bibliothèque comme il était venu, ne la laissant pas répondre.
Chapitre corrigé par Julia Erwelin
