Chapitre 7 : Tout s'envole avec une lettre
Une fois qu'il fut hors de vue de la Gryffondor, Blaise sortit en trombe de la bibliothèque, ce qui lui valut un regard courroucé de madame Pince. Il ne savait pas pourquoi mais il fallait qu'il s'éloigne d'elle au plus vite, malgré le fait qu'il avait été heureux de la voir. Sûrement parce qu'il ne voulait pas voir sa réaction. Réaction prévisible selon lui, vu ce qu'il lui avait dit et fait la veille. Il connaissait un minimum la Gryffondor et son caractère de fille ne se laissant pas marcher sur les pieds. Il ne voulait pas être déçu ni même triste en voyant sa réaction. Hermione avait envahi ses pensées, son univers avec tellement de facilité qu'il savait parfaitement que si elle refusait son cadeau se serait comme une lame en plein cœur qu'il recevrait.
Il préférait fuir comme tout bon Serpentard, mais qui ne faisait que retarder le moment de la confrontation. Il savait très bien qu'il devrait l'affronter un jour, même plus tôt que prévu, car il était sûr qu'elle allait lui tendre cette petite boîte rouge qu'il lui avait donné. Rien que d'y penser lui faisait mal car il s'était démené pour réussir à lui ramener ce cadeau en toute discrétion, tout en espérant qu'il lui plairait ne connaissant pas trop ses goûts. Il avait cherché plein d'excuses pour échapper aux Serpentards et fait la course dans plusieurs magasins afin d'être sûr d'avoir trouvé la perle rare pour Hermione. Bien qu'il pensait que c'était peine perdu, il ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'elle accepte l'amitié qu'il avait finit par admettre et qu'il osait enfin lui donner.
Néanmoins, une image revenait sans cesse dans sa tête. Celle de la Gryffondor lui tendant la boîte en disant un « désolé » bien à elle, n'osant pas le regarder dans les yeux. Cette image, si elle se révélait être vrai, finirait par l'achever encore plus. Car il n'aurait qu'une envie à ce moment là, celle de la prendre dans ses bras pour qu'elle ne baisse plus les yeux devant lui, qu'elle ne soit plus gênée par lui et qu'elle lui pardonne toute sa méchanceté. Mais cette envie serait impossible à réaliser, cela lui déchirant un peu plus le cœur. Hermione le prendrait peut-être mal et il ne voulait pas empirer la situation qui était, selon lui, déjà catastrophique. Il se trouvait dans une impasse et il n'y avait que son homologue féminin qui pourrait l'en sortir. Qu'avait-il donc fait pour mériter ça ? Pourquoi la vie ne pouvait-elle pas être aussi simple ?
Blaise avait finit par rejoindre un couloir éloigné de toute population sans s'en rendre compte tellement il était dans ses pensées. Il s'arrêta un moment et s'appuya contre un mur. Il ferma les yeux et se laissa aller vers le sol. Il ramena ses jambes vers lui et posa la tête sur ses genoux. Cette fille lui faisait perdre toute raison. Pourquoi ?
Hermione fixait l'endroit où se tenait quelque instant auparavant Blaise. Elle ne savait que penser de cette brève apparition et parole de celui qui, la veille, l'avait rejeté avec violence et pourtant avec tristesse. Elle espérait que ce n'était pas une folie de son imagination, le fait d'avoir vu une tristesse sans nom dans les yeux brun foncé de son homologue quand il lui avait dit que cela ne venait pas d'elle. Là, à cet instant, elle avait pu y voir une joie mêlée de crainte malgré le ton froid et distant qu'il avait employé. Que ce passait-il dans la tête de Blaise Zabini. Elle n'arrivait plus à suivre le cours de ses pensées. Elle ne l'avait pas réalisé mais ces derniers jours au près de Blaise lui avait faire croire qu'elle y arrivait un temps soi peu. En fait, non. Etait-il content de la voir ? Non, ce n'était pas possible. Et cette crainte, d'où provenait-elle ? Avait-il peur qu'elle lui crie après ?
Son regard se tourna vers le parchemin qui était posé devant elle. Un mot de McGonagall. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien lui demander ? Elle vit la boîte rouge posée sur son devoir de potion. Venait-elle aussi de McGonagall ? Non, pourquoi elle lui offrirait-elle un cadeau ? Elle rangea le parchemin dans sa robe de sorcière puis prit la petite boîte dans ses mains. Elle la fixa pendant un bon moment, ne voulant pas croire qu'elle pouvait peut-être venir de Blaise. Si c'était lui, il avait même pensé à donner une boîte aux couleurs de sa maison. Rouge entouré d'un ruban d'or. Elle sourit.
- C'est cette boîte qui te fait sourire ? demanda une voix.
Elle lâcha des yeux pour la première fois la boîte pour se retourner vers Ginny. Qu'allait-elle bien pouvoir dire comme excuse ? Elle détestait mentir à sa meilleure amie mais elle ne pouvait tout simplement pas lui dire que cela venait de son homologue masculin, Serpentard qui plus est. Sinon elle devrait tout expliquer depuis le début et ça, elle ne pouvait décidément pas en parler, tout du moins pas encore. Elle ne s'en sentait pas capable.
- Oui, c'est … un cadeau de mes parents.
- Et pourquoi tu l'a regardes comme ça, au lieu de l'ouvrir.
- Cela me rend nostalgique, je croyais qu'ils m'avaient oublié.
- Comment ça ?
- Eh bien, je ne l'ai reçu qu'aujourd'hui. Cela fait un an que je ne les ai pas vus et cela prouve que malgré tout, ils n'ont pas oublié mon anniversaire.
- Ce sont tes parents Hermione, ils ne t'oublieront jamais.
- Oui je sais mais ça fait plaisir de voir qu'ils pensent quand même à moi. Ils ont osé enfreindre l'interdiction d'envoyer du courrier pour m'envoyer cette boîte. Cela me rappelait des souvenirs quand on était encore ensemble tous les trois.
- Hermione, je sais que c'est dur mais il faut que tu sois forte, la guerre sera bientôt finie et tu pourras les revoir et les serrer dans tes bras, ne t'inquiète pas.
Quand Ginny lui parla de la guerre, elle s'en voulut encore plus de lui mentir et d'essayer de pactiser avec
l'ennemi. Elle ne lui avait pas totalement mentit sur ce qu'elle pensait de ses parents mais elle eut soudain peur que ce cadeau ne soit empoisonné. Venant de Blaise, elle n'y avait pas pensé mais la dure réalité la frappa. Ils étaient en guerre. Et non protégés de tout risque dans l'école, l'ennemi étant entre ses murs. Mais elle n'arrivait pas à se dire que Blaise aurait pu lui faire un coup pareil.
- Ouvre-le, dit la rouquine la faisant sortir de ses pensées.
Hermione défit le nœud du ruban or et le posa plus loin. Ses mains tremblaient légèrement et elle espérait que la cadette des Weasley ne le remarquerait pas. Elle prit les deux bords de la boîte et l'ouvrit. Elle la lâcha, ramenant ses mains devant sa bouche grande ouverte. Des larmes se mirent à couler de ses yeux couleur chocolat. Ce qu'elle voyait dans cette petite boîte venait de la toucher au plus haut point.
Une magnifique paire de boucles d'oreilles s'y trouvait. Tout en métal, les boucles d'oreilles formées de deux cercles étaient incrustées de petites pierres violettes et blanches. Au centre du plus gros des cercles, une fleur en tissu bleu clair avec, en son centre, une pierre violette y était attachée. Des petites boucles étaient aussi accrochées au plus gros des cercles donnant l'impression de légèreté.
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Ces boucles d'oreille ressemblaient beaucoup à celles que portait sa mère la dernière fois qu'elle l'avait vu. On aurait pu croire que c'était vraiment un cadeau de leur part. Blaise avait vraiment sut choisir son cadeau. Elle regarda Ginny qui la dévisageait avec compassion, sans vraiment comprendre pourquoi elle pleurait à ce point. Elle ne saisissait pas la signification de cadeau.
- C'était les boucles d'oreilles préférées de ma mère, elle les portait tout le temps et ne s'en séparait jamais.
- C'est vrai qu'elles sont magnifiques, je la comprends, fit la rouquine.
Le regard de son amie avait changé, montrant qu'elle avait comprit ce qu'elle ressentait. Hermione sans voulait de savoir si bien mentir. Mentir en utilisant ses parents était vraiment ingrat de sa part mais, au moins, elle ne mentait pas dans la réaction qu'elle avait en parlant d'eux ce qui faisait un demi-mensonge. De plus, elles ressemblaient vraiment à celles de sa mère et elle ne savait pas si c'était réellement de la part de Blaise, pensa-t-elle pour se donner bonne conscience.
- Vas-y, met les, dit Ginny.
Hermione enleva les siennes puis mit celle qu'elle venait de recevoir.
- Elles te vont à ravir Hermione, c'est un très beau cadeau que ta mère t'as fait là.
- Tu as raison...
- Je ne veux pas vous déranger mesdemoiselles mais la bibliothèque ferme, le couvre feu est dans un quart d'heure, dépêchez-vous.
- Oui madame, dirent-elles en chœur.
Hermione rangea ses affaires et sortit avec Ginny. Elles traversèrent les couloirs puis elles finirent par se séparer, l'une se dirigeant vers la salle commune des Gryffondors, l'autre vers son appartement où se trouvait quelqu'un qui lui devait des explications. Elle marchait lentement vers le lieu dans lequel elle vivait avec Blaise. Elle avait peur. Peur de quoi ? Peur de savoir que ce cadeau ne venait pas lui et qu'il ne la rejette encore une fois. Elle avait eu si mal quand la veille il lui avait parlé sur ce ton en refusant l'amitié qu'elle lui donnait. Avec un autre, comme Draco Malfoy, elle aurait répondu et elle serait partit en l'ignorant mais avec lui ce n'était pas possible. Elle n'arrivait pas à passer outre ses paroles, celles qui la blessaient plus qu'il ne le faudrait. Pourquoi ?
Blaise était retourné dans son appartement. Il avait prit une bonne douche, s'était mit en pyjama et avait rejoint sa chambre. Il voulait dormir et oublier tout mais Morphée en avait décidé autrement. Le sommeil ne venait pas l'envahir donc il restait là, dans son lit, à écouter le silence. Silence qui perdurait. Aucun mouvement ne venait de la salle commune qui aurait pu prouver que la Gryffondor était rentrée. Non, elle n'était toujours pas là. Pourquoi ? Le couvre feu était dépassé pourtant. Il fut remplit d'une soudaine angoisse. Et s'il lui était arrivé quelque chose ? Il sortit de son lit et rejoignit la salle commune où il tourna en rond, hésitant à aller la chercher dans les couloirs.
Après avoir marché un bon moment, Hermione avait décidé de rejoindre enfin son antre. Instinctivement elle mit les mains dans les poches et elle sentit le rouleau de parchemin qu'elle avait rangé là. McGonagall ! Elle avait totalement oublié la directrice adjointe et commença à paniquer. Elle prit le parchemin et le déroula. Elle ne reconnut pas l'écriture comme étant celle de son professeur de métamorphose. Elle lu les quelques mots qui y étaient inscrits et l'angoisse du moment disparu.
De nouveau, des larmes commencèrent à couler le long de ses joues. Mais qu'est-ce qu'elle avait à être si sensible, bon sang ? Elle remit le parchemin dans sa robe, sécha ses larmes puis se mit à courir jusqu'à son appartement. Il n'y avait plus aucun doute, tout venait de s'envoler avec une seule lettre. Elle prononça le mot de passe et rentra. Elle s'arrêta net en le voyant qui l'attendait, en bas de pyjama, tournant en rond. Elle le trouvait beau.
Il se tourna vers elle et elle pu voir plusieurs sentiments passé dans ses yeux. De l'inquiétude, puis du soulagement, et pour finir de la joie. Elle lui fit un sourire qu'il lui rendit. Elle s'approcha de lui doucement en accrochant son regard. Une fois à son niveau elle le serra fort dans ses bras tout en lui soufflant « Merci ». Il la serra encore plus fort dans ses bras. Elle s'y sentait bien et fut un peu déçue lorsqu'il l'a relâcha. Il la regardait intensément et elle soutient son regard. Cela se voyait, il était heureux. Heureux qu'elle ne le rejette pas à son tour.
- Bonne nuit Blaise, dit-elle avant de se diriger vers sa chambre.
- Bonne nuit Hermione.
Blaise la regarda partir. Oh, comme il était heureux. Quand il l'avait vu rentré dans l'appartement toute essoufflée il s'était inquiété. Avait-elle été poursuivie ? Après tout, sur le moment, il s'en fichait. Il était soulagé de la voir arriver saine et sauve. Quand il vit le bijou pendu à ses oreilles, il avait été si heureux. Elle ne lui rendrait pas la boîte et elle ne lui dirait pas « désolé ». Son sourire, si beau avait finit par toucher encore plus le cœur de Blaise. Elle était si belle, il avait bien choisi apparemment. Ses boucles d'oreilles lui avaient tout de suite attiré l'œil au bout du troisième magasin et il n'avait pas hésité à les prendre.
Quand il la vit s'approcher de lui, il en eut le souffle coupé, rempli par le doute. Etait-elle vraiment contente ? Quand elle l'avait prit dans ses bras et qu'elle lui avait dit « Merci », le doute libéra son cœur pour laisser la joie le remplir encore plus. Il la serra encore plus fort pour l'avoir encore plus contre lui. Pour être sûr qu'elle était près de lui et qu'elle ne s'en irait pas loin, tout en lui déchirant le cœur. Au bout d'un instant, il la relâcha et regarda ses yeux couleur chocolat. Il se noya volontiers dans le bonheur qu'il y lisait. Il eut soudain envie de l'embrasser. A cette pensée, il eut un peu peur. Que cela signifiait-il ? Il n'eut pas le temps d'y réfléchir qu'elle s'en allait déjà en lui souhaitant bonne nuit. Il lui avait répondu mais il était déjà loin dans ses pensées. Il avait eu envie de l'embrasser, ressentait-il quelque chose pour elle qui était plus que de l'amitié en si peu de temps ?
Hermione avait rejoint son lit avec bonheur. Toute habillée, elle était vraiment heureuse que ça ce soit si bien passé avec Blaise. Il était son ami maintenant et cela la mettait en joie. Elle déplia à nouveau le parchemin qu'il lui avait écrit et décida de relire les mots qui l'avait touchée :
Joyeux anniversaire Hermione !
J'espère que ce simple cadeau te plaira et qu'il pourra excuser toutes les méchancetés que je t'ai dites hier, au lieu de te souhaiter ton anniversaire et de te prendre dans mes bras, seul cadeau que j'aurais pu t'offrir. Je suis vraiment désolé et si tu veux bien encore de moi, j'accepte avec joie ton amitié qui m'est devenue indispensable maintenant. Tu es le seul rayon de soleil que mon univers a rencontré jusqu'à présent. J'ai toujours eu si froid, alors j'ai envie d'être un peu égoïste et de penser aux conséquences plus tard.
B.
Chapitre corrigé par Julia Erwelin
