Chapitre 8 : Quand nos pensées se révèlent
Hermione se réveilla doucement, levant les paupières une à une. Elle regarda tout autour d'elle comme d'habitude. Habitude qu'elle essayait d'avoir depuis qu'Harry, Ron et elle recherchaient les Horcruxes. Elle avait toujours peur de ne pas se retrouver dans son lit et cette fois-ci elle savait qu'elle n'y était pas. Pas de chaleur confortable et agréable. Non, cette fois-ci elle était encore habillée et elle avait dormit sur le lit. Ses yeux retombèrent sur le bout de parchemin et ses lèvres s'étirèrent en un sourire. Les souvenirs de la veille lui revenaient à l'esprit : Blaise avait enfin accepté son amitié. La dernière phrase que son homologue masculin lui avait écrite lui revint à l'esprit.
« J'ai toujours eu si froid, alors j'ai envie d'être un peu égoïste et de penser aux conséquences plus tard. »
Les conséquences. Une partie d'elle avait peur et voulait rechercher ces conséquences pour être sûr qu'elle n'avait pas fait de bêtise avec son égoïsme. L'autre partie était heureuse et faisait tout pour ne pas penser à ce qui pourrait arriver par la suite. Avec Harry. Avec Ginny et Ron qui justement lui faisait déjà la tête à cause de Blaise sans savoir qu'il avait plus que raison. Avec l'Ordre du Phénix, qui la comptait parmi ses membres. Apparemment le Serpentard avait pensé à tout ça et c'est avec son égoïsme qu'elle lui avait fait changer d'avis. Et pourquoi n'arrivait-elle pas à avoir de regrets ?
Hermione se leva et alla à la salle de bain, le parchemin toujours en main. Elle n'arrivait pas à le lâcher. Elle traversa le couloir puis s'enferma dans la salle d'eau sans voir Blaise qui était dans la salle commune.
Blaise attendait la Gryffondor depuis plus d'une heure déjà. Il était dix heures et son devoir de métamorphose était presque fini. Quand il la vit enfin sortir de sa chambre, portant encore ses vêtements de la veille, un parchemin en main, il sourit. Il était sûr que c'était le sien qu'elle regardait en souriant. Oui, il l'avait remarqué ce magnifique sourire qui était sur son visage quand elle observait les quelques mots qu'il lui avait écrit la veille. Ce n'avait pas été un rêve mais la réalité. Il le lui avait bien donné et elle l'avait accepté dans sa vie, lui, Blaise Zabini et Serpentard de surcroit.
Ce qui lui fit le plus plaisir, c'est que ces quelques mots la rendait heureuse, encore maintenant. Mais qu'est-ce qui a pu l'empêcher de se mettre en pyjama avant de s'endormir ? Il se doutait qu'il devait en être la cause mais il n'osait pas y croire. Pourquoi un simple ami vous perturberait autant pour changer vos habitudes ? Là était toute la question. Sans savoir pourquoi cette question lui fit peur et il ne chercha pas plus loin pour avoir la réponse. Depuis l'accident, il était complètement bouleversé et il ne se reconnaissait plus mais vraiment plus. Il se disait que c'était ça qui lui faisait peur : l'inconnu. Qu'est-ce que son nouveau « lui » ou son « vrai » lui allait encore pouvoir bien faire pour elle, Hermione Granger et Gryffondor de surcroit ?
Une fois prête, Hermione sortit de la salle de bain. Elle avait enfilé un jean et un pull noir en col V. Elle avait décidé de prendre son courage en main. Ce n'était pas Nott qui allait diriger sa vie et surtout pas par la peur et elle allait lui montrer. Ce courage, elle l'avait eu grâce à son homologue masculin car elle savait qu'il serait toujours là pour elle, dans l'ombre. En arrivant dans la salle commune, elle vit Blaise dans ses pensées. Il y était tellement ancré qu'il ne la vit même pas arriver. Elle s'approcha doucement de lui. Cela la fit rire intérieurement qu'il ne réagisse pas alors qu'elle était debout devant lui. Pour le sortir de sa transe, elle se pencha et lui fit un bisou sur la joue.
- Bonjour Blaise, dit-elle en s'asseyant à ses côtés.
Blaise releva vivement les yeux vers Hermione qui était devant lui. Elle portait ses boucles d'oreilles ce qui le fit sourire. Il était tout de même surpris de la voir à ses côtés alors qu'elle venait de rentrer dans la salle de bain. Ses pensées l'avait-il emmené si loin et si longtemps?
- Salut toi, finit-il par dire une fois remis de sa surprise.
- Je t'ai fais peur ?
- Un peu. Je venais de te voir rentrer dans la salle de bain et je n'ai pas vu le temps passer.
- Tête en l'air.
- Eh !
- Ose me dire le contraire, dit-elle en le regardant avec un sourcil relevé et un ton qui le cherchait.
- Oui, je dis le contraire : je ne suis pas une tête en l'air.
- Ah bon t'es sûr ?
- Oui bon… J'avoue, un petit peu.
- Allez viens, on va manger, dit-elle après avoir rit de la tête de son ami.
- Ok.
Elle se leva et lui prit la main pour l'inciter à le suivre. Une fois dans le couloir, Blaise se rendit compte qu'elle ne lui avait toujours pas lâché la main et se demandait s'il pouvait se permettre de la garder jusqu'à ce qu'il croise quelqu'un. C'était risqué et il ne voulait pas la blesser en la lâchant trop brusquement. Alors, à contre cœur, il enleva sa main de la sienne pourtant si douce. Elle le regarda un instant et il lui sourit pour la rassurer.
- Désolé, murmura-t-elle en baissant les yeux.
- Ne t'excuse pas, ce n'est pas ta faute mais on ne peut pas courir le risque de se faire voir même si j'aurais voulu continuer.
- Oui, tu as raison, répondit-elle avec un sourire.
« Ainsi il aime me tenir la main ? C'est mignon. » Pensa-t-elle.
Arrivés à la Grande Salle, ils se séparèrent pour rejoindre la table de leur maison. Hermione rejoignit Ginny qui était déjà là, Harry et Ron devant encore être au lit à faire la grasse matinée comme tous les dimanches.
- Salut, dit-elle en s'asseyant.
- Salut, ça va mieux ?
- Oui, ne t'inquiète pas.
- On fait quoi cette après-midi ?
- Je ne sais pas on pourrait …
- Voler ! s'exclama Ron en s'asseyant en face d'eux. Il fait beau.
- Oui mais Hermione ne voudra sûrement pas attendre toute seule dans les gradins qu'on finisse de voler, répliqua la rouquine.
- Mais c'est bon Ginny, rassura Hermione qui ne voulait pas de dispute. Je peux toujours aller à la bibliothèque faire mes devoirs et on se verra après.
- Non, les garçons n'ont qu'à aller voler et nous deux, on les attendra dans le parc.
- C'est une bonne idée, insista Harry qui parlait pour la première fois.
Hermione savait que c'était toujours tendu entre Ron et elle et remerciait ses amis de faire en sorte que Ron ne l'exclue pas du groupe par son ignorance. Depuis qu'il s'était assis en face d'eux, il n'avait regardé que sa sœur et Harry et pas elle. Cela la blessa d'être ignorée par son meilleur ami. Elle détourna le regard de ses amis et tomba sur Blaise. Il lui fit un sourire réconfortant comme s'il avait su qu'elle n'allait pas bien.
Blaise était content. A cette heure la plupart des Serpentards étaient encore dans leur lit donc il s'était assit à côté de Parkinson et Greengrass qui parlaient chiffons sans faire attention à lui. Il s'était toujours questionné sur le fait que son père avait choisit Greengrass pour lui. Il se demandait s'il pouvait la renier pour le fait qu'elle n'est pas prit soin de lui à Poudlard. Mais bon, quitte à choisir, c'est vrai qu'elle était un bon partit pour sa famille et lui. En tout cas, mieux que Pansy Parkinson. Pour ignorer les pensées qui l'assaillaient, il laissa son regard enveloppé la Grande Salle. Il s'attarda sur le trio d'or. Le rouquin parlait avec de grand geste comme s'il était excité par quelque chose tandis qu'Hermione le regardait d'un air triste. Le balafré et son ex-copine regardaient le rouquin puis Hermione avec le même regard triste. C'était-il passé quelque chose dans le trio d'or ? Soudain, il croisa le regard de sa Gryffondor et il lui sourit discrètement. Il voulait la rassurer, lui dire que tout irait bien plus tard, et qu'il était là. Il fallait vraiment qu'il lui parle pendant leur ronde du soir même.
L'après-midi Hermione était posée contre un arbre du parc avec Ginny. Elles regardaient en silence le paysage depuis un bon moment déjà. L'automne arrivait et cela se voyait quand on observait le parc de Poudlard. Les arbres prenaient petit à petit les couleurs orangées bien caractéristiques de cette saison et certains commençaient déjà à perdre quelques feuilles.
- Excuse-le Hermione, dit Ginny coupant court au silence.
- Ginny …
- Oui je sais, mais tu le connais, Ron à toujours été comme ça. Tu te souviens quand je suis sortie avec Dean ?
- C'est vrai, répondit Hermione en rigolant. Mais Ginny, je n'y suis pour rien dans cette histoire. Ce n'est pas comme si …
- Peut-être mais… il t'aime tu le sais.
- Malheureusement oui, je le sais. Cependant toi, tu sais que je n'ai jamais considéré ton frère comme autre chose que mon meilleur ami.
- Alors dit-lui. Il saura au moins à quoi s'en tenir.
- Peut-être mais ça ne l'empêchera pas de me faire la tête parce qu'il croit que je couche avec Zabini.
- Tu couches avec lui ?
- Non ! Pour qui tu me prends ?
- Pour une fille qui vit avec un super beau garçon. Moi, je pourrais comprendre.
- Ginny ! Et Harry ?
- Nous ne sommes plus ensemble, Hermione.
- Ce jusqu'à ce que Voldemort soit six pieds sous terre. Tu le sais, Harry reviendra vers toi, il est trop fou de toi !
- Surement, mais je peux te dire que ce n'est pas parce qu'on est au régime qu'on ne peut pas regarder le menu, répliqua-t-elle avec un grand sourire.
- Oh toi alors, s'exclama Hermione en rigolant.
Cela lui faisait du bien de rire avec son amie, cela lui permettait d'oublier tous ses problèmes… Comme si elle retournait dans le temps, avant l'accident.
- Mais revenons à toi, Hermione. Dit lui, au moins ce point sera clair et il pourra passer à autre chose.
- D'accord, tu as raison. J'essaierais s'il ne m'ignore pas trop.
- Je sais que c'est dur mais il t'en veut car il a l'impression que tu le trompes.
- Mais je ne le trompe pas, on n'est même pas ensemble ! Oui je sais, je sais, ajouta Hermione en voyant le regard de travers de sa meilleure amie. J'irais lui parler.
- Autrement toi ça va ?
- Oui … oui pourquoi tu me demandes ça ? dit Hermione en paniquant un peu au fait que la rouquine ait pu découvrir qu'elle cachait quelque chose.
- Juste pour savoir, on ne te voit pas beaucoup, ces derniers temps. Tu restes cloitrée dans ton appartement.
- Je suis désolée mais c'est l'endroit le plus tranquille pour moi pour travailler.
- Il n'y a pas que le travail dans la vie, Hermione.
- Mais nous, on passe les ASPIC cette année ! Tu ne diras pas ça l'année prochaine.
- On verra l'année prochaine, dit-elle un sourire aux lèvres. Ça te dit d'aller voir les garçons au terrain ?
- Je ne sais pas …
- S'il te plait Hermione, fit-elle avec un regard de chien battu. Je ne suis peut-être plus avec Harry mais j'essaie de rester avec lui le plus possible.
- Bon, d'accord.
Les filles se levèrent et allèrent au terrain de Quidditch. Les deux garçons volaient en faisant des tours de terrain et des excès de vitesse. Quand Harry vit les filles, il descendit en piqué, tout en freinant à un mètre du sol. On pouvait voir Ron énervé en l'air. Il se sentit obliger de venir les rejoindre mais il ne prononça pas un mot. Ils restèrent à parler jusqu'au moment de rejoindre la Grande Salle pour le diner.
Après le repas, Blaise remonta dans leur appartement afin d'attendre son amie pour leur ronde. En quittant la Grande Salle il la vit discutant avec ses amis mais il savait qu'elle ne se sentait pas à l'aise. Elle regardait son assiette et relevait la tête seulement pour répondre une phrase par ci, par là.
L'après-midi, il l'avait vu parler à la fille Weasley alors qu'il était installé dans un coin du parc avec ses amis de Serpentard. Il avait vu plusieurs sentiments passés dans les yeux de la Gryffondor. De la joie, de la contrariété, de l'exaspération, de nouveau de la joie puis de la peur. Cela avait attisé sa curiosité.
- Salut, on y va ? s'enquit Hermione qui venait de rentrer dans l'appartement.
- Oui. Et ce soir je ne te quitte pas.
Hermione lui sourit. Elle avait compris ce que voulait faire son homologue mais elle était d'humeur taquine ce soir.
- C'est sûr qu'après que j'ai faillis me faire violer et après que tu m'ais laissé faire notre ronde toute seule, tu as de quoi te faire pardonner.
- Ha, ha.
- Bah quoi ?
- Ce n'est pas drôle Hermione.
- Oui je sais mais je ne m'en sortirais jamais si je prends tout ça au sérieux. Mais ne t'inquiète pas je suis contente que tu la fasses avec moi.
- De toute manière, tu n'as pas le choix, dit-il avec un sourire.
- Allez viens.
- Oui chef !
Hermione lui fit un regard qui voulait tout dire, mi exaspéré mi amusé. Pendant un moment ils marchèrent sans dire un mot, en attendant qu'il n'y ait plus personne dans les couloirs.
- Tant que j'y pense, j'aimerais juste que tu évites de trop répondre à Malfoy.
- Pourquoi ?
- Parce qu'après, c'est moi qui répare les pots cassés pour qu'il évite de se venger. Et puis, mon excuse c'est que je devais te parler à ma façon et dans les règles, si tu vois ce que je veux dire ?
- Oh je me disais bien qu'il était trop calme.
- Oui et si je l'empêche de trop, il va se douter de quelque chose et comme il ne te porte pas dans son cœur, je te laisse imaginer ma tête après.
- Ok je vais faire de mon mieux Blaise mais je ne peux pas totalement faire semblant car j'ai aussi une couverture et avec Ginny qui devine tout je ne suis à l'abri de rien.
- D'accord, fait comme tu le sens. Mais évite d'en faire trop, c'est tout ce que je te demande. Malfoy n'est pas une mince affaire.
Hermione rigola. Elle était tout à fait d'accord avec lui mais l'entendre dire de sa bouche, c'était surprenant.
- Je croyais que c'était ton ami ?
- Le mot « ami » n'existe pas à Serpentard … Enfin pas comme tu l'entends.
- Ah.
Elle avait oublié ce détail, c'était un Serpentard.
- Je t'ai vu parler à la rouquine cette après-midi, qu'est-ce qu'il se passe dans le trio d'or ?
- Ron !
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Il me fait la tête à cause de toi.
- Quoi ! Ils sont au courant ?
- Non, mais il s'imagine certaine chose.
- Comment ça ?
- Et bien, hier, quand je leur ais ouvert, je venais de me réveiller et j'étais dans ma tenue de pyjama c'est-à-dire pas beaucoup habillée. Et il s'est énervé car je me ballade comme ça dans l'appartement et que tu y habites. En gros, il a supposé qu'on couchait ensemble.
Blaise se mit à rire à se plier en deux. Hermione rigola aussi mais fut un peu vexée ne sachant pas dans quel sens elle devait prendre son rire.
- Il est jaloux de moi ? J'y crois pas, finit par dire Blaise.
- Pourtant c'est vrai…
- Le pire, c'est que je ne t'ai jamais vu en pyjama… Ou peut-être une ou deux fois.
- Tu m'as déjà vu plus dénudée que lui en tout cas.
- C'est vrai, fit-il en baissant la tête, rougissant un peu.
- Le grand Blaise Zabini qui rougit, c'est trop mignon.
Blaise répondit par un regard noir
- Ouh j'ai peur, s'exclama-t-elle en riant.
- C'est bon quand tu ris, lança-t-il sans s'en rendre compte.
Hermione le regarda étrangement ne s'attendant pas à ce qu'il dise ça.
Chapitre corrigé par Julia Erwelin
