Chapitre 10 : Quand le cœur s'emballe

L'après-midi, Hermione se dirigea avec Ron et Harry vers leur cours de Défense contre les forces du mal. Cette année, le professeur n'était qu'autre que Nymphadora Tonks. Dumbledore avait insisté pour avoir des membres de l'Ordre du Phénix à Poudlard, tout le long de l'année jusqu'à la bataille finale. D'où l'auror avait récupéré le poste laissé vaquant par Severus Rogue puisqu'il était retourné dans ses cachots. Il y avait aussi Hestia Jones comme assistante de Madame Pomfresh. Et Emmeline Vance comme professeur de duel avec Tonks pendant certain cours de DCFM. Ce qui était le cas du cours d'aujourd'hui. La salle avait été agrandie et désertée de ses chaises et tables. Les murs avaient été recouverts de coussins et le sol était devenu mou. Les deux professeurs les attendaient appuyées contre leurs bureaux, un sourire aux lèvres.

- Bonjour, je vous présente Emmeline Vance, auror tout comme moi. Elle m'aidera pendant certains de mes cours, surtout ceux qui ont pour sujet les duels, comme celui prévu aujourd'hui. Vous allez vous mettre par deux et vous vous affronterez lors d'un duel singulier. Je ne veux aucun sort qui sont interdits dans cette école et qui le sont aussi à l'extérieur, dit-elle en nous regardant tous de son regard insistant. Pendant que vous ferez votre duel nous passerons parmi vous pour corriger les erreurs que vous pourriez faire. Nous avons déjà choisi les équipes de deux et lorsqu'Emmeline vous appellera, vous vous mettrez avec votre partenaire dans un coin de la salle. Les duels commenceront quand je l'aurais décidé.

- Bien. Mademoiselle Davis contre Patil, Parkinson contre Brown. Mademoiselle Greengrass contre Monsieur Finnigan. Mademoiselle Bulstrode contre Monsieur Thomas. Monsieur Weasley contre Monsieur Crabbe. Monsieur Malfoy contre Monsieur Potter. Monsieur Goyle contre Monsieur Londubat. Et enfin, comme vous êtes plus nombreux chez les Serpentards : Mademoiselle Granger contre monsieur Zabini et Nott. Vous échangerez au fur et à mesure. Et de la galanterie messieurs s'il vous plait.

Tout le monde râlait. Quelle idée les profs avaient-elles eu de mettre Serpentard contre Gryffondor. Il y aurait forcément des morts avant la fin du cours. Malgré tout, les équipes s'étaient isolées dans plusieurs coins de la pièce.

Hermione râlait encore plus. Elle voulait éviter les Serpentards mais voilà qu'elle était confronté à deux d'un coup et pour un duel en plus. Elle avait beau être la meilleure de sa classe, voir de tout Poudlard, on parlait des Serpentards. Hermione se disait que, dans un sens, les professeurs avaient bien choisi les équipes pourtant, en voyant que Malfoy avait déjà son sourire sadique et satisfait de pouvoir se battre contre Harry et que Parkinson regardait Lavande avec une supériorité, feinte selon elle, elle ne put s'empêcher d'hésiter. Elle savait que l'ex copine de Ron n'allait pas se laisser faire.

Néanmoins, même Nott la regardait avec un sourire satisfait imité par Zabini. Ces sourires la rendaient malade, surtout celui de Nott. Qu'attendait-il de plus après ce qu'il lui avait fait ?

Elle n'avait pas très bien compris si elle devait faire deux duels ou un seul contre les deux Serpentards. Quand Tonks passa près d'eux, elle lui répondit qu'ils pouvaient faire comme ils le voulaient. Ils se regardèrent et décidèrent d'un comme un accord de faire deux duels.

- Bon maintenant que vous êtes par groupe, vous pouvez commencer mais souvenez-vous de ce que je vous ais dit, dit Tonks.

Tous les duos se mirent face à face sauf Nott, qui se mit de côté pour regarder le duel entre Hermione et Zabini. Blaise ne voulait pas que la Gryffondor et le Serpentard s'affrontent, connaissant un minimum son homologue féminin. Après son agression, elle pourrait très bien lui briser quelques os s'il avait le malheur de la provoquer en lui rappelant ses mauvais souvenirs.

Hermione se mit face à lui, ils se saluèrent comme tous les autres puis s'éloignèrent un peu l'un de l'autre. Quand on regardait le reste de la salle, tous les autres se lançaient déjà des sorts, seuls les deux Préfets-en-Chef se regardaient dans les yeux, avec toute la haine qu'ils avaient l'un pour l'autre. Un regard intense riche en sentiments et en éclairs. Au bout d'une minute de silence, où Nott et les professeurs se demandaient ce qu'ils faisaient, Hermione surprit tout le monde.

- Expelliarmus, cria-t-elle.

Blaise évita le sort de justesse, puis retourna sa baguette contre elle et lui lança un sort de Bloque-Jambe qu'elle esquiva aussi. Pendant plusieurs minutes, ils se lancèrent des sorts qu'ils évitaient où qu'ils bloquaient avec le sort du bouclier.

L'heure tournait et tous les combattants étaient épuisés et s'étaient arrêté quelques instants de combattre ou alors il y avait eu un vainqueur. Seuls les duos Potter – Malfoy, et Granger – Zabini continuaient avec acharnement leur combat. Ils étaient à égalité et aucun des quatre ne voulaient lâcher prise. Pour eux, il fallait à tout prix que quelqu'un gagne. Du coup, Nott avait dut faire un duel contre Emmeline qu'il avait presque tout de suite perdu. Tout le monde regardait avec attention les deux combats. Ils se battaient avec souplesse et rapidité pour les Gryffondors, avec ruse et imagination pour les Serpentards. Cela donnait des duels beaux à voir et les deux professeures étaient fières de leurs élèves, surtout d'Harry et d'Hermione. La fin des deux heures approchait et Tonks voulaient les interrompre malgré qu'elle sache très bien que leur dire qu'ils étaient à ex éco ne leur plairait pas du tout. Mais soudain tout se passa très vite. En moins de temps qu'il faut pour dire « Quidditch », Malfoy, Harry et Hermione étaient par terre presque assommés. Leur combat venait de se terminer en beauté. Tonks et Vance coururent au près de Harry et Malfoy pour voir s'ils allaient bien, tandis que Ron accourait au près d'Hermione.

- Harry, ça va ? demanda Tonks.

- Oui je crois, répondit l'intéressé.

- Que s'est-il passé ?

- Je ne sais pas trop. Je crois qu'on s'est envoyé le même sort au même moment avec une telle force qu'on a …

- Traversé toute la salle en sens inverse, oui ça j'ai vu, répondit-elle avec un sourire, soulagée qu'il aille bien.

- Bien sûr, on demande à l'élu s'il va bien, mais les Serpentards peuvent crever, cracha Draco.

- Monsieur Malfoy, mademoiselle Vance ne s'est pas assez bien occupée de vous ou a tardé à venir vous voir ? Non, répondit-elle à sa question, on ne vous a pas laissé mourir alors ne jetez pas votre frustration sur vos professeurs. J'ajoute d'ailleurs trente points à vos deux maisons pour vos duels exemplaires. Maintenant vous allez à l'infirmerie voir si vous êtes vraiment en pleine forme tous les trois ! répliqua Tonks d'une voie froide et calme qui ne lui ressemblait pas, preuve qu'elle était en colère. Merci aux autre également, vous avez fait du bon boulot, même les perdants car vous avez tous effectué d'exemplaires combats, reprit-elle avec son ton habituelle. Ça va miss Granger ?

- Oui professeur, répondit-elle avant de sortir de la salle avec Ron et Harry suivie de près par Malfoy et Zabini.

Tout au long du chemin, le silence régnait parmi les Gryffondors. Les deux Serpentards, par contre, avaient pris leurs distances avec les trois autres pour parler entre eux.

- Bravo Blaise, tu as réussi à foutre une raclée à cette Sang-de-Bourbe et dans les règles en plus, dit-il avec son sourire en coin montrant qu'il se moquait de son sens de suivre le règlement.

- Oui, ce n'était pas de la tarte, c'est une dure-à-cuire mine de rien, mais la ruse des Serpentards gagne toujours.

Sur cette phrase, le sourire de Draco s'effaça et Blaise comprit tout de suite son erreur.

- Toi aussi, tu lui as foutu sa raclée au Balafré, essaya-t-il de se rattraper.

- Si tu le dis, marmonna Draco dans sa barbe.

- Oui, il a pu voir qu'on ne battait pas un Malfoy comme n'importe qui.

- Mais j'ai quand même fini au tapis, Blaise.

- Et alors ? C'est juste parce que vous avez mis trop de force tous les deux, s'il en avait mis moins tu aurais gagné.

- Justement Blaise, il en a autant de moi.

- Je ne crois pas, je sais que tu peux mieux faire mon vieux.

- Oui tu as raison.

- Bon je te laisse, je dois aller faire …

- Tes devoirs je sais, dit le blond avec son sourire retrouvé au grand soulagement du Préfet-en-Chef.

Une fois à l'infirmerie, Hermione pestait contre Zabini et ses amis en faisaient de même. Elle et Harry étaient tous les deux sur un lit avec des bosses et quelques égratignures mais ils étaient tout de même bloqués à l'infirmerie par madame Pomfresh qui voulait à tout prix vérifier s'ils n'avaient rien de grave. Cela faisait une dizaine de minute qu'elle était partit dans son bureau, laissant les Gryffondors parler entre eux, Ginny les ayant rejoints quand elle avait su.

- Deux fois en une journée, il fait fort ton homologue, dit Ron.

- Il ne perd rien pour attendre, cracha Hermione vraiment en colère de s'être fait avoir par un Serpentard.

- Vous n'allez tout de même pas commencer à vous faire la guerre ? dit Ginny.

- Tout dépendra de lui, mais je n'ai pas l'intention de me laisser marcher sur les pieds par un vil serpent.

- Dit plutôt que tu ne supportes pas de t'être fait avoir par lui, ajouta la rouquine.

- Non, il n'avait pas à faire ça, dit Hermione avec une mauvaise foi qui fit sourire ses amis.

- Pareil pour Malfoy, non mais tu as vu ce qu'il t'a fait Harry, dit Ron.

- Je suis là, moi aussi, si vous l'avez oublié, dit le Serpentard.

Ils se retournèrent vers Malfoy, qui avait son sourire en coin accroché à son visage. Tout cela l'amusait. Harry et lui s'étaient lancés le même sort et ils avaient été projeté chacun à un bout de la pièce. Mais ce qui l'amusait le plus c'était Granger. Son état d'énervement lui plaisait beaucoup et celui des autres était un bonus bien évidemment.

- Oublie-nous un peu, dit Hermione d'un ton trop calme au goût des Gryffondors.

- C'est vous qui parlez de moi, je ne fait que vous montrer que je suis là et que je peux tout entendre.

- On parle de toi si on veut, que tu sois là ou non, maintenant oublies-nous, continua Hermione.

- Je n'ai pas d'ordre à …

- C'est bon vous pouvez sortir, les résultats sont bon.

- C'est ce qu'on vous avait dit, râla Malfoy en se levant du lit.

- Tu pourrais être plus poli Malfoy, intervint Ginny qui ne supportait pas son ton supérieur.

Il se retourna et la regarda avec un regard qui disait « De quoi je me mêle ? » puis tourna les talons pour disparaitre dans les couloirs du château.

- Merci miss Weasley, dit l'infirmière, maintenant sortez vous n'avez plus rien à faire ici.

Ginny regrettait d'avoir défendu Madame Pomfresh vu comment elle venait de les jeter en dehors de son antre. Ils se regardèrent un instant sans bouger, ne sachant quoi faire mais, voyant l'heure, ils se dirigèrent vers la Grande Salle. La nouvelle du premier cours de duel et du combat Potter – Malfoy et Zabini – Granger avait déjà fait le tour de l'école. Quand ils arrivèrent, ils n'eurent pas le temps de s'assoir qu'on leur posait déjà des questions. Et le repas se passa ainsi, à raconter leur mésaventure et les talents du nouveau professeur de DCFM et de son assistante.

Hermione remonta dans ses appartements bien fatiguée par cette journée. Mine de rien, le duel avait été éprouvant. Elle rentra dans la salle commune et remarqua que son homologue était plongé dans un des devoirs qu'il avait reçu. Il était tellement concentré qu'il ne la remarqua pas. Elle partit directement dans sa chambre sans le prévenir de sa présence dans l'appartement. Elle se changea puis retourna dans la salle commune, pas décidée à l'éviter. Elle s'approcha de lui dans son dos puis passa ses bras autour de son cou afin d'avoir ses mains sur sa poitrine.

- Oui, j'ai beaucoup aimé mon réveil de ce matin, chuchota-t-elle à son oreille.

Blaise sourit, toute la journée il avait eu peur de l'avoir froissée mais apparemment elle était une très bonne comédienne. Elle avait vraiment assuré lors de leur combat singulier. Il avait dut la blesser pour éloigner les soupçons possibles sur eux, mais lorsqu'elle était partie à l'infirmerie, il croyait qu'il avait été trop fort sur son Expelliarmus. Il avait bossé son devoir de Métamorphose pour ne pas y penser en l'attendant mais maintenant qu'elle était là, il était rassuré.

Il prit ses mains dans les siennes tout en profitant de sa présence contre lui. Son odeur si particulière qu'il adorait sentir, sa chaleur contre son dos. Il aimait vraiment ça. Et elle aussi. Elle ne voulait pas le lâcher aussi fascinée que lui par sa présence contre elle. Ils restèrent un bon moment comme ça avant qu'il lui réponde.

- Tant mieux princesse.

A l'entente de ce surnom, Hermione ferma les yeux de bien être. Elle venait de se rendre compte qu'il lui avait manqué. Lui faire la guerre toute la journée avait été si difficile et pourtant si simple. On ne pouvait oublier les mauvaises habitudes du jour au lendemain mais les bonnes choses ne s'oubliaient jamais, parfois pour notre plus grand malheur.

- Viens là, dit-il en l'écartant de lui et en lui prenant la main pour qu'elle fasse le tour du fauteuil.

Elle se laissa faire mais bouda un peu car elle avait dut le lâcher. Il le remarqua et c'est avec un sourire charmeur qu'il l'attira sur ses genoux pour la prendre dans ses bras. Elle était encore bien mieux là où elle se trouvait, tout contre lui. Elle nicha sa tête dans son cou où elle put sentir encore mieux son eau de Cologne qui le rendait si homme, si … attirant. Rêvait-elle ? Elle venait bien de dire qu'elle le trouvait attirant ? Que lui arrivait-il ? Elle essaya d'oublier cette pensée plutôt troublante et se concentra sur la main de son homologue qui faisait des dessins imaginaires dans son dos. Simple caresse, qui lui procurait pourtant tant de frisson. Elle se sentait gênée de sentir toutes ces choses qu'elle ne devrait pas, qu'elle ne voulait pas. Elle s'éloigna de lui et le regarda dans les yeux. Grave erreur. Son regard était si profond, si intense qu'elle se noya dans son océan noir, elle était piégée. Son cœur s'emballa encore plus vite qu'il ne le faisait quelques minutes auparavant. Sans s'en rendre compte, elle s'approcha de lui puis son regard dériva vers ses lèvres, si attirante, elles aussi. Elle revint soudain à la réalité en les voyants si proches. Elle lui fit un rapide bisou à la commissure des lèvres pour cacher sa gêne puis se leva.

- Bonne nuit, dit-elle avant de s'enfermer dans sa chambre laissant un Blaise plus que bouleversé.


Chapitre corrigé par Julia Erwelin