Chapitre 12 : De nouveaux sentiments

Plus rien n'existait. Plus rien à part ses mains dans ses cheveux et ses lèvres sur les siennes. Plus rien à part cette sensation de bien être, de chaleur, et de plaisir qui se développait en eux. Qui ils étaient n'avait plus d'importance. Elle n'était plus Hermione Granger à Gryffondor. Il n'était plus Blaise Zabini à Serpentard. Ils étaient enfin eux-mêmes sans cette étiquette qu'on leur collait dans le dos à longueur de temps. Leurs langues qui s'entremêlaient pour n'en faire qu'une, ils avaient l'impression d'avoir vécu juste pour ce moment de pur bonheur, d'être né pour ça. Ce baiser était rempli de leurs sentiments si longtemps refoulés jusqu'à cet instant. Plus rien n'avait d'importance à part eux deux. Une bulle impénétrable s'était formée et personne n'aurait été capable de la briser. Ce sentiment de besoin qu'avait l'un à être dans les bras de l'autre, au plus proche, et d'avoir leur lèvres collées, était impénétrable, intouchable.

C'était peut-être une erreur. Oui, peut-être bien. Mais rien. Aucuns regrets ne planaient dans la pièce. Hermione pensait qu'après l'accident, plus jamais aucun homme n'aurait pu l'approcher mais lui avait réussi. Elle ne le regrettait pas. Pour une fois elle avait cédé à la tentation de ses lèvres et fait taire sa raison qui lui disait qu'elle regretterait un jour, pas maintenant, mais le jour où ils seront de nouveau chacun dans leur camp, dans des camps ennemis. Mais à quoi bon y penser maintenant ? A quoi bon gâcher ce bonheur au lieu d'en profiter. Seul son bonheur comptait pour elle. Si elle n'était qu'une coquille vide comme après son accident, elle ne pourrait jamais aider Harry. Enfin … c'était son excuse pour céder aux bras du brun.

A bout de souffle ils durent à regrets se séparer, tout en restant à quelques centimètres l'un de l'autre. Hermione garda ses yeux fermés, profitant des derniers instants où ce bonheur coulait dans ses veines. Profitant de ce bien être ressentit avant de redescendre sur terre, avant de revenir à leur dure réalité, avant d'affronter son regard qu'elle sentait sur elle.

Blaise la fixait intensément. Jamais il n'avait ressentit ça auparavant, avec aucune des quelques filles qu'il avait connu de cette manière. Son cœur battait encore la chamade. Qu'est-ce qu'il avait aimé ses lèvres contre les siennes et cette sensation de papillon dans le ventre. Elle fermait les yeux. Regrettait-elle cet instant ? Cette pensée lui serra le cœur. Lui ne regrettait rien de ce qui venait de se passer et il ne savait comment réagir face à elle. Mais si elle regrettait vraiment, il fallait qu'il s'excuse. Malgré que se soit elle qui s'était approché, elle qui avait touché ses lèvres, il n'aurait jamais dû l'embrasser à son tour. Il n'avait fait que lui répondre. Que répondre à son envie. Mais avait-il bien fait ? Non il fallait qu'il s'excuse.

- Hermione, je …

Hermione ouvrit les yeux et posa un doigt sur ses lèvres. C'est à ce moment là qu'elle se rendit compte de leur proximité mais elle s'en fichait. Tout ce qu'il lui apportait, c'était qu'elle ne voulait pas qu'il parle, qu'il ose lui dire qu'il regrette ce moment si intense entre eux. Elle fixa ses yeux et y trouva de l'inquiétude. Cela la rassura. Il ne regrettait pas. Il tenait à elle et il s'inquiétait pour elle. Elle lui sourit et il lui répondit timidement, attendant sa réaction.

- Ne dis rien s'il te plait, ne gâche pas ce moment, dit-elle enfin d'une voix basse.

Elle posa de nouveau ses lèvres sur celles de Blaise pour un chaste baisé, rapide, mais autant rempli de ses sentiments que leur premier baiser. Elle s'écarta puis posa sa tête sur la poitrine du Serpentard.

Blaise fut remplit de joie quand elle prononça cette phrase. Elle avait aimé ce moment. Elle ne regrettait rien. Toute sa peur s'était envolée, encore plus quand elle avait posé à nouveau ses lèvres sur les siennes. Ce contact si doux fit chavirer son cœur. Il battait plus vite et il sentait celui de la Gryffondor faire de même. Leurs cœurs battaient à l'unisson. Il était heureux de pouvoir en profiter, de pouvoir la garder contre lui pour le reste de la nuit. Il serra un peu plus ses bras autour de ses hanches et posa sa tête contre le coussin derrière lui. Il ferma les yeux après avoir vu son homologue faire pareil. Ils s'endormirent ainsi dans leur bulle de bonheur.

Le lendemain matin quand le soleil vient effleurer leur visage, si paisible, Blaise ouvrit en premier les yeux. Il regarda autour de lui. Il vit la chambre de la Gryffondor, les couleurs rouges et or qui la remplissaient. Il se dit que c'était très chaleureux surtout quand le soleil y mettait son grain de sel. Puis son regard tomba sur la brune endormie dans ses bras. Pour une fois, c'était lui qui était réveillé en premier et il put se plonger discrètement dans la contemplation de la jeune femme.

Ses cheveux qui brillaient sous le soleil. Ses paupières cachant de si beaux yeux mais qui donnaient à son visage un air de sérénité. Son petit nez si parfait. Ses joues un peu rosies par la chaleur de leur deux corps l'un contre l'autre. Et ses lèvres, soyeuses, pulpeuses, qui l'attiraient comme un aimant. Le souvenir de la nuit lui revient et il rougit un peu. Il avait gouté à ses lèvres. Ils avaient tous les deux cédé à la tentation. Il avait tellement aimé ça qu'il se sentait déjà un peu en manque. Ils ne pouvaient continuer ainsi. Il ne devait plus l'approcher ainsi. C'était son amie rien de plus, enfin, c'est ce qu'il essayait de ce convaincre. Il avait cette fille dans la peau, ça sera difficile d'y résister. Il se défit de son emprise sans la réveiller. Il était encore tôt, ils avaient le temps. Il s'enferma dans la salle de bain, enleva son tee-shirt, son boxer puis rentra dans la douche. Il laissa couler l'eau sur son corps en fermant les yeux. Même l'eau n'arrivait pas à enlever la sensation de ses lèvres sur les siennes. Il avait peur, tout au fond de lui, une boule dans son ventre y était ancrée. Il avait peur de ce que ces baisers impliquaient. Il devait se l'avouer, en s'enfermant dans cette salle d'eau, dans la douche, il avait fuit. Un vrai Serpentard. Il avait eu peur et il était partit pour ne pas affronter son regard, mais il le fallait pourtant. Il ne pourrait lui échapper lors de leur ronde du soir même puisque malgré tout, cela faisait une semaine, il ne pouvait la laisser seule.

Hermione se réveilla doucement sans pour autant ouvrir les yeux. Elle savait qu'elle n'était pas en retard. Blaise l'aurait réveillé sinon. Blaise. Les souvenirs de la nuit lui revinrent en mémoire et un sourire flotta sur son visage. Ils s'étaient embrassés. Elle laissa sa main parcourir la place à ses côtés mais ne sentit rien. Le vide. Elle était de nouveau seule. Elle eut mal. Avait-il dormi avec elle ? Ou l'avait-il quitté une fois qu'elle s'était endormie ? Elle ouvrit les yeux et se retourna sur le dos afin de fixer le plafond. Elle entendait l'eau de la douche couler. Il était encore là.

Qu'allait-il en être pour eux ? Amitié ou relation ? Que choisir ? Sa raison lui disait qu'elle aurait du fuir depuis longtemps mais un Gryffondor ne fuyait pas. Alors le plus sage était amitié mais … Oui il y avait un « mais ». Comment oublier ce qui s'était passé, ce qu'elle avait ressenti. Faire comme si de rien n'était. Ignorer son cœur qui lui dictait une toute autre conduite que celle de sa raison. Il fallait qu'elle en parle à quelqu'un sans dire que c'était Blaise ou sinon elle ferait une bêtise en écoutant l'un alors qu'il fallait écouter l'autre. Elle entendit la porte de la salle de bain s'ouvrir alors elle se leva, prit ses vêtements et y alla. Une fois prête, elle sortit de l'appartement sans attendre son homologue, même s'il était déjà partit. Elle rejoignit la Grande Salle puis ses amis à leur table. Elle ne jeta pas un coup d'œil aux Serpentards comme à son habitude. Ils avaient tout de même une couverture à garder.

De son côté, Blaise s'était refugié dans sa chambre. Il l'entendit aller dans la salle d'eau. Il en profita alors pour sortir de son appartement. Une petite voix dans sa tête lui soufflait le mot « lâche ». Il le savait mais il ne pouvait faire autrement pour ne pas succomber. Il ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou pas mais il ne pouvait l'éviter bien longtemps puisqu'ils avaient encore Défense contre les forces du mal ensemble dans la matinée. Il rejoignit la table des verts et argents et commença à manger ou plutôt se força à avaler le toast qu'il tenait en main. Il fut surprit par la beauté de son homologue quand celle-ci rentra dans la grande salle. Il avait tout fait pour enlever l'image qu'il avait d'elle mais la revoir lui coupa le souffle. Ce sera dur, vraiment dur de l'éviter. La détermination dans ses yeux le surprit tout autant. A quoi pensait-elle ? A regret, il détourna le regard et son attention sur la conversation que Malfoy et Nott avaient à ses côtés.

Hermione rigola aux blagues de ses amis mais n'était pas vraiment avec eux. Il fallait qu'elle parle à Ginny et ce le plus tôt possible. Elle réfléchissait à comment aborder la conversation et comment ne pas dévoiler son secret. Elle se dit qu'elle lui parlerait à la pause de midi.

Ils allèrent en botanique. Le cours était passé bien trop vite à son goût puisque maintenant ils avaient DCFM avec les Serpentards. Elle allait enfin le revoir après cette nuit. Elle se rendit compte que tout son corps et son âme réclamaient le Serpentard. Malgré qu'elle ne veuille pas lui parler avant d'être sûre, elle avait pourtant besoin de lui, de sa présence. Le choc fut encore plus grand quand elle croisa son regard devant la salle de classe. Son regard inerte mais qui voulait tant dire pour elle. Elle voulait rejoindre ses bras maintenant, sans penser à tous ceux qui étaient autour d'eux. Son cœur allait vite et elle n'arrivait pas à le calmer.

- Hermione ?

Elle revint à la réalité, trop dure. Oui, ils n'étaient pas seuls et ses amis lui parlaient. Elle se détourna à contre cœur du Serpentard puis regarda Ron.

- Oui ? Désolée, tu disais ?

Ses deux amis la regardèrent étrangement. C'était rare qu'elle ne les écoute pas. Il fallait vraiment qu'elle se reprenne en leur présence.

- Je te demandais si tu crois qu'aujourd'hui aussi on aura duel ?

- Non je ne pense pas. Vu comment ça c'est fini hier, je pense qu'on aura une pause d'une semaine voir deux avant le prochain cours sur ce sujet, répondit-elle tout naturellement.

Les garçons ne purent répliquer car Tonks ouvrit la porte de la salle de classe. Tous rentrèrent et s'y installèrent. Les tables et bancs étaient de nouveau là. Elle avait eu raison. Ils s'installèrent à la même place que d'habitude, aussi loin que possible des Serpentards. Pendant tout le cours, elle fit semblant d'écouter. Elle répondit à quelques questions pour donner le change mais elle n'était pas là. Elle réfléchissait à sa réaction devant la salle. Soudain elle croisa le regard de Nott qui la regardait sadiquement, puis il retrouva son visage de marbre. Les images de son rêve lui revinrent en tête. Ce regard … c'était comme-ci il savait. Non ce n'était pas possible. Il fallait qu'elle se ressaisisse avant de tomber en larme dans la classe devant ses ennemis. C'était justement ce qu'ils voulaient. La voir comme une merde, comme une Sang-de-Bourbe sans défense. La voir anéantie. Elle ravala ses larmes difficilement. Elle regarda Blaise, son sauveur. Elle dépendait de lui, elle s'en rendait compte. Elle croisa enfin son regard. Le sien devait être si désespéré qu'il lui en fit un montrant son inquiétude et son soutien avant de se retourner. Malgré tout ce qui s'était passé la veille, il était là pour elle. Ce regard n'avait duré qu'une seconde mais grâce à lui elle se sentait déjà mieux et elle put plus facilement ravaler les larmes qui l'avaient assaillit. Une discussion avec Ginny n'était plus nécessaire. Quoi qu'en dise les autres, elle savait ce qu'elle voulait, ce qu'elle devait faire.

Elle attendit le soir avec impatience. Elle avait retrouvé sa forme. Aux repas, elle était vraiment avec eux, elle souriait, elle riait. Cela fit plaisir à ses amis qui pensèrent que c'était juste une mauvaise passe qu'elle venait de traverser. Elle rejoignit avec eux le cours d'étude des moldus puis au bout de deux heures, elle les quitta pour aller à son cours d'arithmancie. C'était moins facile pour elle car elle était seule, personnes qui puisse la divertir, lui faire penser à autre chose. De plus, elle était la seule de Gryffondor de son année à avoir ce cours comme celui de Runes. Blaise était là aussi, avec Malfoy et … Nott. Le destin s'acharnait sur elle. Blaise lui lança son regard plein de soutien et elle sentit son courage revenir. Elle releva la tête et rentra dans la salle de classe qui venait de s'ouvrir. Le cours passa assez vite, néanmoins Hermione fut heureuse de pouvoir rejoindre la Grande Salle. Mais en chemin, sa bonne humeur fut détruite par … Malfoy.

- Alors, Sang-de-Bourbe, contente de rejoindre Saint Potter et la belette ?

Blaise et Nott rigolèrent derrière lui. Cela lui fit mal. Encore cette insulte, encore et toujours. Et Blaise qui rigolait d'elle. Cela lui fit encore plus mal. Elle savait que ce n'était qu'une façade, qu'un masque. En tout cas, elle l'espérait.

- Mieux que d'être en présence d'une fouine, Malfoy. Alors, excuse-moi, mais j'ai autre chose à faire que de t'écouter.

Avant de tourner les talons, elle vit Blaise grimacer. Oups. Ça avait été plus fort qu'elle, cette fouine lui donnait envie de vomir. Elle ne le supportait vraiment pas. Elle savait qu'elle devait faire des efforts mais, par fierté, elle ne pouvait partir en lui faisant croire qu'il la touchait. Et même l'ignorer aurait été pire, Malfoy détestait ça. Elle sut qu'elle avait raison car elle put entendre derrière elle :

- Je vois que j'ai touché la corde sensible Granger.

Il se délectait de sa victoire qui n'en était pas une, enfin … à moitié. Son insulte l'avait touché comme à chaque fois et d'autant plus venant de lui, car cela venait du fond de son cœur de pierre. Il le pensait vraiment, ce qui était encore pire. Elle ne répondit pas et continua tout droit tout entendant les rires mauvais derrière elle.

Elle mangea rapidement puis rejoignit son appartement. Son antre de paix. Elle était sur le canapé quand il entra. Elle le regarda un instant. Le face à face était dur pour les deux. Encore plus dur maintenant qu'ils étaient seuls. Elle se leva et se jeta dans ses bras. Elle voulait du réconfort.

Blaise fut surprit mais ne la rejeta pas, elle était malgré tout son amie et puis, il lui avait promis d'être toujours là pour elle. Il la serra alors contre lui. C'était dur de la sentir proche de lui, son cœur battait vite et il était sûr qu'elle l'entendait malgré qu'elle ne dise rien. Il avait été inquiet toute la journée par ce regard qu'elle lui lançait.

- Qu'est-ce qui c'est passé aujourd'hui ? demanda-t-il enfin pour rompre le silence.

Elle ne répondit pas. Elle regarda sa montre puis lui prit la main afin de l'attirer vers le tableau de l'entrée. C'était l'heure de leur ronde.

- Nott, lâcha-t-elle au bout d'un instant.

Il comprit de quoi elle voulait parler. Il l'avait hanté aujourd'hui comme dans son rêve. Il l'empêcha d'avancer. Elle se retourna avec un regard interrogateur. Regard qui lui fit chavirer le cœur et il ne put s'empêcher de la prendre dans ses bras encore une fois. Il ne s'en lassait pas. Il humait son parfum qu'il adorait. Mais, ce souvenant de ce qu'il devait faire, il recula puis ils continuèrent à marcher dans les couloirs sombres de l'école. Après une heure de marche en silence s'en fut trop pour Blaise. Ils n'avaient plus reparlé. Et il se sentait gêné. Il devait mettre ça au clair. Il s'assura qu'il n'avait personne près d'eux puis lâcha :

- Hermione, on ne peut pas.

La Gryffondor se retourna vers lui avec un regard interrogateur. Quand elle vit son regard désolé, elle comprit qu'il parlait de leur baiser. Non, il ne pouvait pas lui faire ça ! Elle voulait être avec lui.

- Non, Blaise ne dit pas ça...

- Ce n'est pas que je ne veux pas mais…Tu as vu ce qu'on est ? Gryffondor et Serpentard, bien et mal, ennemis et amis. On ne peut pas…

- Je sais mais …

Il poussa un soupir. Elle le voulait, lui. Elle voulait être avec lui et lui, la rejetait.

- Aide-moi à l'oublier, s'il te plait… J'ai besoin de toi, supplia-t-elle.

Cette phrase le tua sur place. Comment pouvait-elle jouer avec ses sentiments ? Pourtant, il savait qu'elle ne jouait pas. Il savait qu'il n'y avait que lui qui lui faisait oublier ses peurs, qui lui faisait l'oublier. Mais il ne pouvait s'empêcher de lui en vouloir d'insister. Il voulait être avec elle mais il ne devait pas. Et surtout …

- Je ne veux pas te faire souffrir, Hermione.

- Je sais que tu ne me feras pas souffrir, tu es là.

Elle avait raison sur le moment, mais que deviendra-t-il d'eux quand arrivera la guerre ?

- Mais …

- A moins que tu ne veuilles vraiment pas, ce que je peux comprendre, sort avec moi Blaise, dit-elle en le regardant dans les yeux. Ne m'abandonne pas.


Chapitre corrigé par Julia Erwelin