Le mois d'octobre était entamé depuis maintenant plus d'une semaine, emmenant de plus en plus le froid et les couleurs de l'automne sur le paysage de Poudlard. Les élèves commençaient vraiment à voir la surcharge de travail augmenter surtout pour les cinquièmes et septièmes années qui avaient leur BUSE ou leur ASPIC en fin d'année. Cela faisait deux semaines qu'Hermione et Blaise vivait le parfait amour, si on pouvait dire. Tous les deux ne se posaient plus de question les concernant. Ils profitaient du moindre moment où ils étaient seuls pour être heureux, c'est-à-dire surtout dans leur appartement ou dans les couloirs pendant leur ronde. Pour lui, leur relation était une source de soleil qui réchauffait son cœur dès qu'elle était présente. Pour elle, c'était une source de réconfort qui lui faisait perdre la mémoire, sur son accident, sur la guerre. Avec lui, elle oubliait tous ses soucis et surtout son plus gros du moment : Harry. En cette fin d'après-midi, elle était avec lui et Ron, profitant des derniers rayons de soleil de la journée pour bien commencer leur weekend. Ils s'étaient assis sous un saule-pleureur dans le parc, loin des regards indiscrets. Leur discussion était trop importante pour risquer d'être entendue.
- Harry, tu ne peux pas faire ça ! s'écria-t-elle brisant le silence qui venait de s'installer après la révélation que le survivant venait de faire.
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse d'autre ? Je n'ais pas le choix. Dumbledore sera avec moi, ne vous inquiétez pas.
- Elle a raison mec, dit enfin Ron. Pourquoi voudrais-tu partir sans nous ?
- Ce n'est pas comme si je ne revenais pas !
Les autres ne répondirent pas à cette phrase. Harry n'avait pas besoin de les entendre pour savoir ce qu'ils pensaient, rien que voir leurs visages sceptiques lui montrait qu'ils n'étaient pas convaincus. Depuis leurs première année ils avaient vécu tant de chose ensemble qu'ils savaient que toutes choses en rapport avec la guerre pouvait le mettre en danger, voir pire, le faire mourir.
- Je sais que c'est risqué mais à quatre, on sera beaucoup trop nombreux.
- On a toujours été là pour toi, depuis notre première année …
- Et je vous en remercie, Hermione.
- Laisse-moi finir. On a risqué notre vie à tes côtés, mais tous les trois, on s'en est toujours sortit et tu veux qu'on arrête de te suivre dans les missions que te donne Dumbledore ? Missions de plus en plus dangereuses ?
- Mais c'est la seule façon que j'ais pour vaincre Vol …
- Harry, le tabou !
- Oui désolé … pour vaincre Vous-Savez-Qui. Et puis je ne veux plus que vous risquiez votre vie pour moi. C'est mon devoir, je dois le faire seul.
- Ce n'est pas vrai ! dit Hermione
- Tu sais très bien qu'on te serait d'une aide précieuse. Surtout l'intelligence d'Hermione, ajouta-t-il en baissant les yeux, ses joues rougissantes.
Hermione le regarda intensément, partant dans ses pensées, sans voir qu'Harry la regardait. Pour lui, elle était aussi amoureuse de lui que Ron l'était d'elle. Pour lui, ce regard signifiait toute la gratitude et l'admiration qu'elle avait pour le rouquin, et surtout tout son amour. Il trouvait dommage que ce dernier baissait les yeux et qu'il ne voit pas ce regard. Mais en fait, dans la tête d'Hermione tout en était autrement.
Elle culpabilisait. Elle le regardait ainsi car elle était très touchée que l'homme qu'elle avait cru aimer prenne sa défense et c'est cela qui augmentait sa culpabilité car elle ne lui avait jamais parlé comme elle l'avait promis à Ginny. Elle le laissait espérer alors qu'elle ne l'aimait pas et qu'elle sortait avec Blaise même si Ron ne le savait pas, comme personne d'ailleurs. Alors elle s'en voulait. Elle devrait lui dire clairement ce qu'elle ressentait ou plutôt ce qu'elle ne ressentait pas pour lui. Elle croisa le regard d'Harry et vit qu'il croyait que cet amour était réciproque. Elle lui mentait. Elle leur mentait.
C'était ses meilleurs amis, rien d'autre. Dans un sens, elle aurait vraiment voulu l'aimer et ne pas seulement le croire. Ron était tellement attentionné envers elle. Elle s'en voulait de ne pas l'aimer alors qu'il le méritait. Elle s'en voulait déjà de devoir lui faire mal, de lui briser le cœur. Mais voilà c'était ainsi, elle avait Blaise. Oui, pour elle, Blaise n'était pas comparable à Ron car même si celui-ci ne pourrait jamais lui apporter ce qu'elle souhaitait dans l'avenir, c'est-à-dire une relation de couple normal, sans secret, qui puisse durer éternellement avec des enfants, il la comblait totalement pendant ces temps sombre. Il arrivait à la guérir de ses maux, ce que Ron n'arrivait pas car il ne lisait pas en elle comme Blaise le faisait.
- Merci Ron … Il a raison Harry, je peux t'être d'une grande aide et Ron aussi, dit-elle pour changer de sujet. Et puis si tu nous accepte plus, le trio n'est plus, et c'est ce que veut … Tu-sais-qui.
- Hermione, je sais tout ça et ne t'inquiète pas, ce n'est pas parce que je ne vous veux pas pour aller détruire les Horcruxes que notre trio n'est plus. Vous pourrez m'aider d'ici. Nous savons que tu es la meilleure pour les recherches et avant d'aller sur le terrain, faudrait savoir où sont ses foutus objets et à quoi ils ressemblent. Tu comprends ?
- Oui, tu as sans doute raison mais je serais … nous serions plus tranquille si nous partions avec toi.
- Et pense à ma sœur, ajouta Ron au bout d'un moment.
Les deux autres le regardèrent en silence, comprenant très bien ce qu'il voulait dire. Ginny était celle qui allait le plus souffrir si Harry venait à disparaitre.
- Ne t'inquiète pas vieux, je reviendrais en vie pour elle. Je lui ais fais une promesse.
- Tu as intérêt, je ne veux pas être celui qui va la consoler après que tu es disparu car tu n'as pas voulu de nous à tes côtés.
Un silence, pesant cette fois, accueillit cette phrase. Hermione fut impressionné. Ron avait bien muri depuis leur première année pour qu'il arrive à considérer Harry comme le futur petit copain de sa sœur.
- Salut, je vous cherchais, dit Ginny en venant s'assoir entre Harry et Hermione. Qu'est-ce qu'il y a ? Vous en faites une tête !
- Salut, c'est rien Gin.
- Vous êtes sûr ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- Oui ne t'inquiète pas, répondit cette fois-ci Harry.
- Ok, souffla-t-elle pas convaincue mais n'insistant pas.
Elle savait très bien que le trio resterait le trio même si elle espérait un jour en faire partit au moins un peu grâce à Harry.
- On va manger ? demanda Ron après que son ventre est grogné.
- Tu ne changeras jamais, dit sa sœur en s'esclaffant, suivie de près des deux autres.
Sans le vouloir, Ron arrivait toujours à détendre l'atmosphère et c'est surtout de ça qu'Harry avait besoin pendant cette guerre : de ses amis et de son ex-futur petite amie.
Alors le petit groupe se leva et se dirigea vers le château pour rejoindre la Grande Salle où le repas allait être servi. Sur le chemin, Hermione était derrière eux, la tête dans les nuages. Cette discussion l'avait un peu chamboulée. Avec Ron et son amour à sens unique, Harry et son syndrome du héros qui l'obligeait à tout prendre sur ses épaules, et son petit secret qui lui prenait tout sont temps libre, elle avait du mal à bien être focalisée sur l'essentiel. Ses recherches sur les Horcruxes. Mais elle avait déjà tout fouillé dans la bibliothèque l'année dernière et rien, aucuns indices. Seul Dumbledore leur avait fournit les clefs pour avancer. Ils avaient détruit deux Horcruxes et trouvé un qui n'était qu'un faux, le médaillon. Cette dernière mission avait failli les tuer tout les deux et c'est pour cela que Hermione et Ron avait du mal à laisser Harry repartir seul avec son mentor. (1)
Pendant le repas, elle se força à être concentrée sur les conversations qui se déroulaient autour d'elle pour ne pas attirer l'attention sur elle, même si une rouquine en particulier comprit que quelque chose clochait, elle se taisait. Ensuite elle suivit ses meilleurs amis dans la salle commune des Gryffondors avant de faire sa ronde avec Blaise. Elle était impatiente de le voir. Quand elle était chez les Gryffondors, le Serpentard faisait la même chose de son côté. Comme cela, ils pouvaient rester toute leur ronde ensemble. Cette fin de soirée entre amis permit à Hermione de décompresser, d'oublier en partie ses soucis afin de ne rien montrer à Blaise même s'il devinait tout. Elle ne pouvait rien lui cacher quand elle était triste, en colère, ou comme en ce moment, impuissante.
- Bon, je vais faire ma ronde, à demain.
- A demain Hermione, dit Ginny.
- Bonne nuit, ajouta Harry.
- Bonne nuit.
Elle traversa le dédale de couloir rapidement afin de vite rejoindre Blaise. Malgré qu'ils aient eut cours de DCFM le matin même, il lui avait manqué. Le trou dans sa poitrine était toujours là quand il n'était pas près d'elle. Ses amis arrivaient un peu à lui faire oublier cette blessure mais pas de la même façon que Blaise. Quand elle arriva à leur lieu de rendez-vous, un couloir désert au fin fond du troisième étage, elle le vit enfin, appuyé contre un mur en l'attendant. Elle regarda derrière elle pour voir si elle n'était pas suivie puis courut dans ses bras. Blaise la serra contre lui, tout en humant son parfum dans son cou. Ils se détachèrent un peu puis s'embrassèrent. Ce baiser était la preuve qu'ils étaient enfin heureux, là, l'un contre l'autre. Après cet élan de tendresse, ils se séparèrent et commencèrent leur ronde, main dans la main. Ils se lâchèrent au bout d'un moment à contre cœur. Ils avaient trop peur de se faire prendre, que ce soit par les élèves ou par les profs qui faisaient des rondes aussi.
- Hermione …
- Oui ?
- Qu'est-ce qui te tracasse ?
Et voilà, il avait lu en elle. Elle soupira, elle avait horreur de lui faire ça. Ça concernait la guerre, elle ne pouvait rien dire.
- Rien qui te concerne, dit-elle doucement en le regardant dans les yeux.
- Ah.
Et voilà un secret de plus. Lui, comme elle, était stressé par cette attitude qu'ils devaient employer systématiquement l'un envers l'autre. Alors pour se réconforter, il la serra dans ses bras pour montrer que même si elle ne pouvait rien lui dire, il était là pour elle et il ne lui en voulait pas. Il ne pouvait rien dire car il faisait pareil qu'elle. Il devait lui cacher des choses qui un jour devrait la concerner. Elle accepta totalement cette étreinte qui l'apaisait. C'était incroyable, qu'en si peu de temps, elle en soit devenue dépendante, comme une drogue qui remplace votre sang petit à petit et dont vous avez besoin pour vivre. Car sans sang, plus de vie.
- Je suis désolée, dit-elle au bout d'un moment.
- Moi aussi.
- C'est tellement dommage de ne rien pouvoir se dire.
- Oui mais il ne faut qu'on est rien pour enfoncer l'autre.
- Surtout pour que tu n'ais rien que Tu-sais-qui puisse utiliser contre moi et donc Harry.
- Pourquoi tu dis ça Hermione ?
- Excuse-moi, je n'aurais jamais du en parler.
- Mais ?
- Mais nous on ne lit pas dans l'esprit des gens pour découvrir ce qu'ils cachent.
- Je sais.
Hermione le regarda, surprise. Elle pensait qu'il allait s'énerver, qu'il allait lui envoyer un argument contre elle. Mais au lieu de ça, il l'approuvait. Elle donnerait tout et n'importe quoi pour savoir ce qu'il pensait réellement pendant ces moments là, quand il avait le regard dans le vague.
- A quoi tu pense ? demanda-t-elle ne pouvant s'en empêcher.
- Que je suis vraiment un danger pour toi.
- Pour toi aussi, s'il sait, il nous tortura tous les deux ou …
- Ou il nous tuera.
- Je sais…mais pour le moment, ce qui compte, c'est que nous soyons ensemble. Je n'étais peut-être pas heureuse cette après-midi à cause de mon camp mais maintenant je le suis car je suis près de toi.
- Oui tu as raison.
- Tu es très courageux tu sais ?
- Moi, courageux ?
- Oui, tu aurais pu fuir, sauver ta vie tant qu'il était encore temps, mais au lieu de ça tu es resté avec moi.
- C'est vrai, j'aurais pu fuir. Mais je ne pouvais pas te laisser souffrir ainsi et puis, maintenant, moi aussi j'ai besoin de toi.
- Cette situation est dure.
- Je sais.
- Tu sais ? Nous ne pouvons peut-être pas parler de tout mais ta présence me suffit amplement pour aller mieux.
- Ok princesse, si tu vas mieux, c'est le principal pour moi.
- Merci, dit-elle en posant ses lèvres sur les siennes. Et toi tu vas mieux ?
- Oui beaucoup mieux. On continue ?
- On continue.
Ils savaient tous les deux que cette phrase avait deux sens. Ou plutôt qu'elle avait un sens pour deux sujets. Ils allaient continuer leur ronde comme d'habitude et surtout ils allaient continuer à deux. Leur histoire, malgré ses secrets, allait continuer. Ils reprirent donc leur ronde tout en discutant de tout et de rien jusqu'à ce qu'ils rencontrent le professeur McGonagall. Elle était apparue sans qu'ils ne s'en aperçoivent jusqu'à ce qu'elle leur parle.
- Je suis contente de voir que les deux préfets-en-chef ne s'entretuent pas malgré vos différences.
- On sait mettre nos responsabilités de préfet en premier professeur, dit Blaise.
- Exactement professeur, approuva Hermione.
- Bien dans ce cas je vous laisse terminer votre ronde.
Elle leur lança un regard de soulagement et d'incompréhension puis continua sa route. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi son élève préférée était autant à l'aise avec le Serpentard mais elle préféra se dire qu'il valait mieux ça qu'autre chose. Et puis elle faisait confiance en son élève. Après plusieurs mètres de silence, Blaise le rompit.
- On a eu chaud.
- Tu l'as dit…, dit-elle en un souffle. Cinq minutes plutôt et …
- Oui.
(1) Pour ceux qui se poserait la question sur le tome 6. Dumbledore et Harry sont bien partit chercher l'horcruxe dans la caverne et en sont revenu faible avec un faux. Mais il n'y a pas eu de bataille et Dumbledore n'est pas mort car Draco n'a pas réussi à réparer l'armoir à disparaitre donc à échoué dans sa mission de tuer Dumbledore. A voir dans la suite de cette fiction qu'est-ce qu'il doit faire pour réparer son erreur ...
Chapitre corrigé par Julia Erwelin
