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La pomme ne tombe jamais loin de l'arbre

- 6 -

Choix présent et à venir…

Les repas en commun étaient rares mais les super héros essayaient de garder ce rituel de normalité, ne serait-ce que pour passer du temps en commun au sein de cette grande famille un peu particulière. Le soir était plus propice à ce genre de réunion vu les habitudes très anarchiques et différentes de chacun. Bruce avait daigné sortir de son laboratoire tout comme Hank avait cédé à la pression de son adorable moitié – donc de ne pas fuir dans son laboratoire – pour rester manger avec les Avengers. Janet avait eu un grand sourire aux lèvres avant de mettre la main à la patte dans la cuisine.

Les deux scientifiques du groupe se mirent donc à l'écart pour parler de chose qu'eux seuls pouvaient comprendre. Clint jouait distraitement avec des fléchettes et leur cible, Natasha encore absente car celle-ci avait passé la journée au SHIELD pour tirer les verres du nez de Fury et savoir ce qu'était exactement cette arme, ses effets, ses pouvoirs, mais son rapport était tout aussi maigre que celui que Tony avait piraté sur leurs serveurs.

-Jarvis, dis à Tony de descendre, que tout est prêt, demanda Cap en posant un dernier plat sur l'immense table du salon.

-Oui Monsieur Stark Rogers.

-Et Tasha aussi, fit Clint en sautant par dessus le canapé.

-Oui Monsieur Barton.

Tout le monde commençait à prendre place quand l'IA les interrompit :

-Monsieur Stark Rogers, il y a Jane Foster et Darcy Lewis devant le portail.

-Jane ?

Thor afficha immédiatement un immense sourire et se dirigea vers la porte d'entrée du manoir en demandant aimablement à son ami invisible d'ouvrir à sa fiancée et son amie. Le dieu nordique accueillit la jeune femme en la soulevant de terre et en l'embrassant à pleine bouche, un baiser passionné après trois long mois de séparation à cause des recherches de la jeune femme. Darcy fit une grimace en râlant :

-Bordel y'a des chambres pour ça !

La jeune femme dépassa les deux amoureux qui échangeaient leurs salives, largua son sac sur le sol et adressa un grand sourire à Cap :

-Mon futur papa préféré !

Elle lui colla un bisou sur la joue et le serra contre elle. Steve lui rendit son étreinte à la manière d'un grand frère pour une petite sœur. Darcy et Jane étaient les seules personnes normales à pouvoir pénétrer dans le manoir des Avengers. L'astrophysicienne et son assistante avaient débarqué aussi vite que possible à New York lorsque Thor était revenu sur terre et Tony les avait accueillies avec plaisir au sein des Avengers. Pour les protéger tout d'abord mais aussi pour garder un œil sur ces deux femmes qui côtoyaient le dieu nordique sans se soucier du reste. L'acclimatation au sein d'un groupe de personnes hors normes fut assez rapide et l'ingénieur trouva rapidement en Darcy une collègue de discussion graveleuse. Raison de plus pour la garder malgré son inutilité apparente – sauf pour Jane.

-J'ai hâte de voir votre futur bambin !

-Tu n'es pas prioritaire sur cette question, râla Tony en arrivant vers eux. Et je suis blessé de ne pas être LE futur papa que tu préfères.

Darcy roula des yeux mais ne se défit pas de son sourire malicieux. Elle se détacha de Steve pour saluer Tony tout en glissant un regard vers le salon. Ce dernier se fendit d'un sourire narquois et se pencha vers l'oreille de la jeune femme pour répondre à sa question silencieuse :

-Oui, il est dans le salon.

Tony se redressa l'air de rien pendant que Jane adressait à présent ses félicitations à Steve. Darcy lui lança un regard en coin agacé puis son visage se fendit d'une moue de petite fille prise la main dans le sac.

-Vous restez combien de temps cette fois-ci ? Questionna Tony avec désinvolture.

-Aucune idée, je dépends de Jane comme toujours, vu que je suis son assistante. Mais un long moment d'après ce que j'ai entendu.

Darcy se pencha vers Tony comme pour comploter ce qui leurs attira un regard scrutateur de la part de Steve.

-Jane semble en manque de son Asgardien mais chut, je ne te révèle rien sur sa libido, murmura-t-elle en riant.

Tony pouffa de rire et lui jeta un regard amusé. Comme s'il ne savait pas ce qui se passait sous son propre toit.

-Un long moment donc…

Darcy lui adressa un sourire et inclina la tête. Son regard pétillant et un coup de tête lui montra le salon pour répondre au sous-entendu.

-Un coup de main peut-être ?

-Naaan, grimaça-t-elle. Un coup de pied ne serait pas de refus par contre.

-Tu sais que je suis à ton service, répondit Tony avec un sourire un brin de mauvais augure.

Darcy fronça le nez et fit un pas de côté au cas où car elle avait appris à se méfier du milliardaire. Steve se rapprocha de son amant et les interrogea du regard sur leurs messes basses. Tony noya évidemment le poisson en l'embrassant tandis que Darcy se dirigeait dans le salon pour saluer le reste des Avengers.

-Aurais-je…

-Non Capsicle, tu n'as rien loupé… Enfin si, tu passes à côté de quelque chose comme toujours mais cela fait ton charme.

Tony lui adressa un sourire en coin et lui vola un autre baiser. Steve lâcha un soupir exaspéré mais il ne chercha pas plus loin la petite bête et ils se dirigèrent vers le salon à la suite des autres, Natasha se joignant enfin à eux.

Tout le monde se mit à table une fois les couverts ajoutés et Darcy prit place – par un pur hasard – en face du docteur Jekyll de son petit surnom intérieur et lui adressa un sourire. La conversation commença sur les recherches de Jane, qui simplifiait les choses sauf quand on lui demandait des termes techniques venant des scientifiques du groupe et Darcy animait le côté « coulisse » en racontant des anecdotes sur une gaffe de Jane, une des siennes, une situation improbable dont elle seule avait le don de se fourrer avec son ami le taser toujours à portée de main. Evidemment, le regard pétillant de la brunette tentait de ne pas trop s'éterniser sur son béguin mais Tony l'agaçait de quelques regards ou gestes pour le simple plaisir de l'embêter. Et hormis Tony, les deux espions avaient aussi compris que Darcy était très contente d'être revenue rien que pour tenter à nouveau sa chance avec ce bon docteur Banner, mais évidemment aucun commentaire oral ou non verbal ne filtra.

Puis le sujet de l'adoption vint prendre naturellement place dans la conversation avec la brillante question de Clint :

-Au faite, vous vous êtes décidé de qui sera le parrain ? Et la marraine ?

-Certainement pas toi Clint, tu as trop de mauvaise influence pour un enfant, répliqua Tony.

-Moi ? Je suis choqué. Cap, je suis très équilibré, je mange mes cinq fruits et légumes par jours, je fais du sport, j'ai un sens de l'humour exemplaire. Je suis le candidat parfait !

Steve eut un léger rire face au discours de l'archer avant que Thor n'ajoute sa pierre au débat :

-Mes amis, je me ferais une joie d'être le parrain de votre fils. Je lui compterais les histoires d'Asgard de nos héros et de nos guerres, je lui montrerais comment se battent les dieux et lui enseigneraient la bravoure.

Tony se pencha vers l'oreille de son mari, un sourcil haussé tout en demandant dans un souffle :

-On a lancé un appel à candidature ?

-Je ne crois pas, répondit Steve tout bas.

Hank et Bruce firent profil bas dans ce débat mais Janet y participa évidemment. Natasha se contenta d'un regard perçant vers Tony pour le défier de lui retirer ce rôle.

-Steve… murmura-t-il en un appel à l'aide.

-On n'en a pas encore discuté, les coupa-t-il dans leurs argumentations avec sa voix de meneur. Mais vu que notre statut est un peu particulier, il n'aura sans doute pas qu'un parrain ni qu'une marraine.

Ils hochèrent tous la tête sous la soudaine gravité de ses propos car oui, ils mettaient leur vie en jeu à chaque attaque, chaque fin du monde et le couple devait envisager cette possibilité. Steve glissa sa main sur la cuisse de Tony pour la presser en le sentant un brin nerveux, anxieux. Geste que son amant lui rendit en couvrant sa main de la sienne.

-Et la baby-sitter vous y avez pensé ? demanda Bruce avec innocence mais pragmatisme.

Tony redressa la tête, cligna des yeux avant de froncer les sourcils. Baby-sitter ? C'était effectivement une donnée à laquelle il n'avait pas du tout pensé. Son regard alarmé se leva vers Steve parce que dans deux semaines ils auraient plus de nouvelle et qu'en deux semaines cela serait sans doute difficile de trouver quelqu'un de confiance à qui confier leur enfant en cas… d'attaque extraterrestre ou autres. Steve entremêla ses doigts au sien pour le rassurer tout en répondant :

-Oui, j'y ai pensé.

-Et c'est ça va être qui ? Vous allez recruter des jeunes mutants de chez Xavier ?

-Non, ça sera moi, chantonna Darcy en agitant la main.

Son intervention jeta un froid sur la table et tous la regardèrent comme si elle venait de dire qu'elle devenait une super vilaine avec un super pouvoir ultime. Darcy fronça les sourcils devant le doute latent concernant ce choix et fit une moue blessée pendant que Tony la dévisageait.

-Toi ? Steve, tu es sûr de vouloir confier notre enfant à cette psychopathe catastrophe ambulante qui perd son StarkPhone dans sa propre poche ?

-Hey, j'ai glissé par terre, c'était un accident !

Captain America sentit tous les regards sur sa personne, notamment le reproche de son amant et les yeux larmoyants de Darcy.

-Darcy est la personne la plus fiable avec Jane, civilement parlant, pour garder notre futur enfant, répondit-il. J'ai demandé à Darcy car elle a moins d'obligation que Jane qui a ses recherches.

-Et c'est pour ça que vous êtes de retour ? interrogea Clint.

-C'était une des raisons de notre retour oui, répondit Jane en souriant à son dieu nordique personnel.

Darcy adressa un sourire remplit de fierté à la tablée car elle venait mine de rire d'être propulser au rang de baby-sitter officielle du bébé Stark Rogers avant de réclamer :

-Je peux être marraine officielle ?

-On verra ça plus tard, grogna Tony à son encontre.

Elle lui tira la langue dans une preuve évidente de grande maturité et Tony l'ignora, faisant les gros yeux à sa moitié qui semblait persuadée que son choix était le bon. La conversation ne s'étendit pas plus mais Tony eut la promesse – évidemment – d'une discussion à ce sujet. Il avait beau apprécier Darcy, elle avait ses périodes de maladresse et une obsession en vue qui déconnecterait certainement son cerveau des choses vitales à faire.

Le repas se finit sans autre incident majeur que cette révélation et le retour des deux jeunes femmes. Darcy aida à débarrasser sans qu'on lui demande, fuyant le regard noir de Tony auprès de l'autre camp ami : son mari. Elle posait les assiettes dans le lave-vaisselle quand elle capta un sourire rassurant sur les lèvres du soldat.

-Désolé de ne pas lui en avoir parlé on a été… bien occupé.

-Je me doute, pas de soucis. Il sera bien obligé de s'y faire vu que je suis la seule personne normale à être disponible pour son futur enfant !

-Darcy…

-T'inquiet Cap, je mettrais pas le feu à la bombe Iron man, je te laisse gérer ça, fit-elle avec un clin d'œil.

La jeune femme s'éclipsa dans le salon avec le plateau de tasses à café et le reste de la soirée coula normalement. Darcy et Jane se retirèrent assez tôt pour aller dormir après leur long voyage tandis que Tony réussi à s'éclipser avec son amant dans leur chambre pour… discuter. Sitôt la porte fermée, il n'y alla pas par quatre chemins :

-Tu as demandé à Darcy d'être la baby-sitter officielle sans m'en parler ? Steve, c'est Darcy !

Captain America le prit entre ses bras puissants, déposant un baiser apaisant sur son front puis son nez et enfin ses lèvres même si Tony lui lançait toujours un regard accusateur qui voulait une réponse. Bon, il se laissa amadouer par le baiser car il était bien incapable d'y résister.

-Darcy est comme je l'ai dis, la seule civile fiable et disponible pour garder le bébé.

-Et Pepper ?

-Pepper gère Stark Industries. Je refuse que tu lui demandes de se charger de l'enfant sauf cas exceptionnel.

Tony plissa les yeux avant de lâcher :

-Donne-moi ta liste des parrains marraines, je sens que c'est déjà tout réfléchi. Bordel Steve, tu anticipes tout comment je vais faire pour savoir ce qui va pas avec…

Steve le coupa d'un baiser, sentant que l'assurance de son amant se faisait la malle.

-Tu t'en sortiras très bien avec le bébé. Et je sais que tu arriveras à anticiper quand je ne saurais pas faire, souffla-t-il avec tendresse.

-Liste, grogna Tony.

Un sourire doux étira les lèvres de Cap et il entraina Tony vers leur canapé pour y prendre place. Son amant s'assit sans demander son rester sur ses cuisses, les grandes mains de Steve coulant sur ses hanches en un geste rassurant. L'ingénieur glissa ses bras autour de son cou et lui réclama un baiser, d'abord tendre avant qu'il ne se fasse plus langoureux.

-Alors ? réclama Tony en plongeant son regard dans les deux billes océans.

-Pour la marraine, j'ai justement pensé à Pepper. Il est ton futur héritier.

-Le tien aussi.

-Mais je n'ai pas un empire industriel à lui léguer.

-Okay, Pepper est la meilleure personne pour être la marraine number one mais les autres ?

-Natasha.

Tony grimaça mais l'espionne était une personne des plus sûres surtout s'il fallait protéger leur enfant.

-Elle t'a torturé pour ça ?

-Non.

-Okay, pour les parrains, je vote pour Bruce en premier, déclara Tony. Malgré son problème pathologique à éviter tout le monde qui c'est considérablement amélioré, Hulk le protège de tout. Et c'est une meilleure figure que Clint. Rhodes en seconde place.

-Tu vois que t'y as déjà pensé, le taquina doucement Steve.

-Mouais, mais pas pour la baby-sitter.

-Tu veux bien qu'on rajoute aussi Clint sur la liste ?

Tony grogna mais hocha la tête. Une des mains de Steve remonta dans ses cheveux et les caressa avec tendresse, venant lui dérober sa bouche pour un baiser empli de tendresse et d'amour. Leurs lèvres se séparèrent avec difficulté, le regard sombre rencontrant les deux océans azurs qu'il adorait tant. Les doigts de Cap jouaient sur sa nuque avec ses petits cheveux et il se sentait sur le point de ronronner quand la question le centra sur une discussion sérieuse.

-Tu as pensé à des prénoms ?

-Toi d'abord Capsicle… Parce que je sens que tes vieilles préférences vont refaire surface.

Il le taquina en mordant sa lèvre inférieure, s'attirant un regard faussement blessé de son amant.

-James, souffla-t-il.

-Peux mieux faire…

-Franklin.

Tony se redressa en écarquillant les yeux.

-Sérieux ? Le nom d'un vieux président ? Rejeté ! Catégoriquement rejeté ! Hors de question que notre enfant parte avec un handicap pareil !

Steve ne se vexa pas, il eut même un léger rire.

-J'oublie donc de proposer Abraham et Ronald.

-Carrément… Je me demande parfois si une partie de ton cerveau n'a pas subi des dommages cérébraux durant ta congélation Sweetass et la multitude de combats, fit-il en farfouillant amoureusement dans ses cheveux. Non, ça mériterait des examens complémentaires avec scanner et tout une batterie de tests psychologiques.

Cap releva un sourcil devant la tirade de son amant.

-Et si le prénom qu'il a ce gosse nous plait, on fait quoi ? enchaina Tony.

-Tu te rappelles ce que Mme Peabody a dit là-dessus ?

-Oui oui, l'importance de l'ancrer dans sa nouvelle famille bla bla bla. Tout comme c'est important qu'il sache ses origines.

-Tony, souffla son amour avec douceur.

-Quoi ?

Il fronça les sourcils devant cet appel et ce regard. Steve avait parfaitement compris que son amant n'était pas à l'aise et tentait de fuir la question en dérivant sur autre chose.

-Tu as choisi un prénom ?

Il appuya stratégiquement sa question de caresses rassurantes, tendres mais aussi de baisers légers sur les lèvres de Tony qui répondit par un grognement. Il se laissa charmer avant de se réfugier dans son cou, mordant sa peau en représailles pour son insistance alors qu'il était incertain.

-Dis-le moi…

La demande en douceur noua tout de même les entrailles du milliardaire et il serra sa prise autour de son cou. Malgré tout ce qu'il pouvait débiter pour masque son inconfort, c'était une forme de prise de responsabilité, choisir un prénom. Autant critiquer ne lui avait jamais posé de problème – peut-être aussi parce qu'il en fallait vraiment beaucoup pour vexer et énerver son amant – mais pour lui, c'était réellement important. C'était mettre un pied de plus dans une virtualité qui devenait réelle.

-Peter, lâcha-t-il tout bas.

-Peter, répéta Steve en savourant chaque syllabes. Ce prénom me plait.

La main dans ses cheveux bruns glissa doucement sur sa mâchoire pour lui faire relever le visage, lentement. Le regard incertain de Tony rencontra celui brulant de fierté et d'amour de Steve. Le doute s'envola. Un soupir tremblant lui échappa et il se jeta sur ses lèvres, se colla contre lui de manière féline et de façon à épouser la moindre courbe de ce torse parfait. Et les bras puissants qui se refermaient sur son corps lui tirèrent un grondement dans le baiser qui gagna en passion. Cap le rompit au bout de longues minutes, s'attirant une protestation de la part de son mari qui mordit ses lèvres.

-Peter ? souffla-t-il comme une confirmation.

Rare était ces fois-là, mais une très légère coloration teintait les pommettes de Stark. Mais lorsqu'il entendit ce prénom prononcé de manière si assuré par Steve, il n'avait aucun doute sur son choix, qu'ils n'auraient pas pu trouver mieux pour leur enfant. Un sourire étira les lèvres de Tony qui confirma en un souffle, d'un oui chargé d'émotion avant de poser son front contre le sien.

Cap sourit et glissa ses larges mains sur le tee-shirt noir avant de les introduire sous le tissu, venant caresser sa peau à pleine paume. Un long frisson électrisa la peau de Tony qui soupira de contentement. Et les lèvres de Steve vinrent honorer avec tendresse les légères rougeurs qui s'étaient installées sur les pommettes de son amant, tirant un grognement à Tony. Au compteur des rougeurs, Steve avait depuis longtemps explosé son record alors Iron man finit par ronronner sous les délicates attentions, ses mains nullement en reste pour en prodiguer dans les cheveux blonds, sur sa nuque et lorsque Steve en eut fini avec son insistance dévote sur ses rougeurs, il lui déroba ses lèvres pour un baiser sulfureux, chargé en émotion.

Il avait beau être un as du contrôle, Tony savait parfois lâcher la bride, juste pour Steve, juste pour celui qui affolait son cœur. D'autant plus que son mari était bien le seul à pouvoir balayer ses doutes, ses pensées négatives d'un mot, d'un regard, d'un baiser. Sa gorge vibra d'un grondement et les mains de Tony coulèrent sur le torse puissant de son amant, savourant le roulement des muscles sous les couches de tissus. Ses doigts agiles s'occupaient déjà des boutons, se décollant de lui pour la bonne cause et parvenir jusqu'en bas du vêtement, le tirant hors du pantalon.

-Tony, grogna son amant pour le réprimander.

-Besoin de toi, soupira plaintivement Tony.

Les prunelles d'eau claire se fixèrent dans les abysses sombres. Cette demande avait un accent de peur et un besoin criant de réconfort. Steve pouvait compter sur les doigts d'une main les instants où Iron man s'était montré vulnérable, même face à lui. Et à cet instant, Tony avait cette fragilité qui le suppliait de le consoler à sa manière. Son amant remonta une de ses mains, la plongeant voluptueusement dans les cheveux bruns avant de l'embrasser avec un amour dévoué et protecteur.

Son amant agrippa les rebords de sa chemise, collant derechef son torse contre le sien, ses mains remontant précipitamment sur ses larges épaules pour venir les entourer. Un gémissement s'échoua entre leurs lèvres qui refusaient de se séparer ou juste assez pour laisser passer de l'air happé avec précipitation. Steve mit un point d'honneur à le rassurer dans ce baiser à la fois sulfureux et tendre, ses mains reprenant du service après de longues caresses sur son crâne et dans son dos. Il attrapa les rebords du tee-shirt noir et commença à le faire remonter, rompant le baiser juste pour le lui retirer. Tony gronda évidemment sous cette perte venant se plaquer à nouveau contre son torse.

Un grognement vibra dans sa gorge puis il mordit sa langue avant de se faire plus enflammé, plus demandeur. Steve fit descendre ses mains sur ses fesses, plaquant son bassin au sien avant d'user de sa force légendaire pour se lever. Son amant était un poids plume pour sa force et il le garda contre lui ainsi, Tony nouant simplement ses jambes autours de sa taille pour le trajet. Il comprit sans mal leur destination et se retrouva bientôt le dos collé au matelas, grondant de plus belle sans défaire la prise ferme de ses cuisses autour de sa taille.

Steve rompit le baiser pour faire courir ses lèvres sur sa mâchoire, sur la ligne de son cou et venir mordre la pointe de son épaule. Ses mains étaient remontées sur ses hanches, ses flancs et suivaient à présent le chemin tracé par ses muscles. Le ventre en premier, ses doigts pianotant sur le nombril avant de rencontrer ses tétons puis venir saluer le rebord du réacteur ARK. Tony lâcha un soupir tremblant d'excitation, de ce besoin vital de l'avoir étroitement contre lui… en lui.

-Steve, murmura-t-il d'une voix enrouée de désir.

Il fit comprendre son intention en tirant sur la chemise pour la remonter dans son dos et ce dernier sourit contre sa peau couverte de baisers. Captain America ne s'exécuta pas, au lieu de ça, il fit descendre sensuellement ses mains sur le corps de son amant pour venir défaire la boucle de sa ceinture. Il jeta un coup d'œil entre leurs deux corps et constater visuellement ce qu'il avait senti contre sa cuisse, vision érotique du corps alangui de son amour éclairé faiblement par le réacteur et son ventre qui se contractait, ses hanches qui remuaient d'anticipation. Un grondement entre le mécontentement et l'appréciation vibra dans la gorge de Tony mais il décrocha ses jambes de sa taille pour lui laisser toute la marche de manœuvre qu'il désirait.

Steve releva son visage à sa hauteur, s'emparant de ses lèvres pour un baiser sulfureux tandis que ses larges mains attrapaient jean et sous-vêtement et commençaient à faire descendre le tout sur la peau de son mari. Tony grippa ses omoplates à travers la chemise et le tee-shirt encore sur le dos de son amant, gémissant dans le baiser. Il feula lorsque le baiser se rompit, tendant le cou pour accueillir le baiser sur sa gorge, celui sur la pomme d'Adam avant qu'une myriade d'autres ne parcourent sa poitrine. Son regard sombre suivit les mouvements sensuels de cette descente, creusant ses reins, allumant davantage le feu en lui.

Il fut débarrassé de ses vêtements lorsque les lèvres de Steve atteignirent son nombril et celui-ci s'arrêta sur cette zone pour s'occuper de sa chemise, puis du tee-shirt. Tony le mangea du regard, cette carrure impressionnante dont les muscles roulaient avec force sous la peau. Une puissance de velours qui ourla ses lèvres d'un sourire avant qu'il ne lèche ses lèvres avec faim, son regard ancré dans celui de Steve qui jouait de sa langue dans le creux du nombril.

-Bordel…

Un sourire de la part de Steve et il mordit la peau ferme de son ventre, l'aguichant encore un peu pendant qu'il se débarrassait du reste de ses habits. Le milliardaire vint chopper sa nuque, s'agripper à une poignée de cheveux blonds mais sa force n'était pas suffisante pour obliger Cap à remonter. Tony gronda de frustration. Il lui avait trop bien appris comment jouer avec lui dans un lit, à être parfait… Steve Rogers l'était de base en temps que fanboy – obsessionnel – mais il avait instruit comment le faire languir, se faire désirer, le satisfaire de bien des manières. Mais là, c'était un peu trop face à son besoin d'être rassuré, de l'avoir pour lui de façon totalement égoïste.

-Merde Steve revient, cracha-t-il avec impatience.

Ses vêtements enfin sur le sol, Cap remonta pour se couler contre lui de manière extrêmement douce, épousant la moindre courbe de son corps du sien. Tony en soupira, sa main toujours accrochée à sa chevelure d'ange, son regard sombre perdu dans le sien. Steve le couvait avec amour, un sourire tendre aux coins de ses lèvres qui vinrent s'emparer des siennes pour le faire taire. Ce qui dura le temps du baiser car sitôt que leurs lèvres se séparèrent, Tony recouvra sa voix enrayée de désir :

-Prends-moi maintenant, j'en peux plus d'attendre.

Sa main libre vint se couler de façon gourmande sur les fesses fermes de son Captain America, son bassin lui donnant un coup pour le provoquer et avoir ce qu'il désirait ardemment. Non sans gémir de frustration à son érection frottée contre le ventre musclé. Steve grogna, ses mains venant attraper ses hanches pour les immobiliser d'un geste ferme. Tony griffa un peu sa fesse dans sa paume, son autre main dans ses cheveux descendant sur sa nuque sur le même mode opératoire tel un chat impatient. Les larges mains de Cap dirigèrent les cuisses de son amant de part et d'autre de ses hanches et Tony acheva le mouvement en les nouant fermement, pour qu'il ne lui échappe pas.

Des baisers fiévreux atterrirent dans son cou, des morsures, des coups de langues qui firent soupirer et gémir Tony, l'appelant toujours, lâchant quelques insultes aussi parce qu'il était au comble de l'impatience. Sa respiration se coupa lorsqu'il sentit le gland pousser contre son entrée avant d'avaler une goulée précipitée quand le membre imposant de Cap entra. Son corps se cambra pour mieux l'accueillir, un long gémissement s'échappant de ses lèvres. Steve le prit doucement, s'enfonçant jusqu'à la garde, ces muscles bandés par l'effort, ses jeux dans son cou stoppés à cause de ses halètements.

Tony fit remonter sa main pour griffer le creux de ses reins et ensuite s'accrocher à ses larges épaules, ses gémissements suffisamment équivoques pour que son amant passe à la suite… De même qu'il retrouva la parole – non verbale – en lui donnant un léger coup de bassin pour l'inciter à la suite. Steve tourna la tête pour venir le mordre dans le cou, grogner d'une façon rauque de désir tel un mâle alpha qui était mécontent de se faire dicter ses ordres.

Il fut alors exaucé, sentant le membre se retirer pour le reprendre avec plus de rapidité. Tony creusa les reins en gémissant de plaisir, ses ongles cramponnés dans la peau de Steve. Et le rythme que le super soldat pouvait imposer s'intensifia assez rapidement pour son plus grand bonheur. Lorsque Cap eut la décence de frapper sa prostate d'un coup de rein puissant, Tony ne retint aucun cri de plaisir, le suppliant de continuer, l'appelant encore et encore malgré son souffle extatique. L'ingénieur soutint le rythme avant que cela ne soit trop intense pour lui, se libérant entre leurs deux corps unis dans un cri de pur plaisir, son corps tendu à l'extrême avant de se détendre. Son amant le suivit de près, râle érotique et mâle qui s'échoua dans son cou et dont il eut à peine conscience tant il était perdu dans les limbes du plaisir.

Steve était en lui, sa masse impressionnante lui servant de couverture, l'enveloppant avec cette assurance protectrice qui était la marque de fabrique de Captain America. Après la brusque montée de chaleur de la pièce, seul les souffles rapides brisaient le silence. Celui du soldat se calma un peu plus rapidement que celui de son amant mais Steve gardait les yeux résolument fermés, profitant pleinement de cet instant et laissant aussi à Tony le temps de redescendre de son nuage personnel. Le super sérum avait ses avantages comme ses inconvénients. Il récupérait plus vite après un effort physique, quel qu'il soit.

Doucement, les ongles plantés dans la peau de Cap se détendirent pour sentir les paumes revenir au contact de son épiderme, avant que cela ne soit des caresses un peu distraites. Steve tourna un peu plus son visage vers son cou, son nez effleurant la ligne de sa jugulaire avant que ses lèvres ne viennent honorer sa peau d'un baiser tendre. Le premier fut suivit par d'autres, remontant le long de la mâchoire, sur la barbe de son bouc et le regard bleu azure encore voilé de plaisir attendit patiemment que les deux billes sombres viennent à sa rencontre. Tony lui adressa un sourire. Il pianota de ses doigts sur sa nuque avant de plonger la main dans ses cheveux lorsque son amant s'emparait de ses lèvres pour un baiser.

-Ça va mieux ? souffla Steve.

Tony grogna en roulant des yeux à cette question. Là tout de suite oui, mais dès que son cerveau se remettrait en marche la réponse sera non. Lisant clairement entre les lignes, Cap déposa d'autres baisers sur ses lèvres.

-Demain… on ira faire les achats de meubles ?

-Oui, histoire que je puisse être tendu demain et te réclamer une autre séance de réconfort comme celle-ci.

Son amant lui adressa un sourire entendu – même si Tony n'avait pas besoin de ça pour réellement lui réclamer ce genre de consolation – et caressa ses hanches. Tony lui réclama de lui-même un baiser, taquinant ses lèvres de sa langue avant d'envahir sa bouche, grondant comme une réprimande pour avoir osé aborder un sujet sérieux juste après ce délicieux moment de détente. Steve sourit contre ses lèvres, s'évertuant à se faire pardonner à grand renfort de câlin. Et ce fut non sans protestation sonore qu'il déplia doucement les jambes dans le creux de ses reins, afin de se retirer même si cela lui tira un soupir de perte tout comme à son partenaire.

Cap entraina Tony avec lui, se tournant sur le côté sans s'éloigner un seul instant de son corps chaud, rabattant les couvertures sur eux. Iron man se sentait plus ou moins apaisé maintenant que son cerveau si génial se remettait en route. Son visage était caché dans le giron musclé de Captain America, ses mains caressant distraitement sa poitrine.

-Tout va être… différent, souffla-t-il contre sa peau.

Steve plongea sa main dans les cheveux bruns, le cajolant pour l'inciter à poursuivre sa réflexion.

-Tu vas m'accorder moins de temps et plus à… notre enfant. Tu seras moins disponible, cela va rajouter une charge de travail et…

Le super soldat baissa la tête pour venir saisir le regard de son amant, déposant un baiser tendre sur ses lèvres.

-Peter ne me prendra pas plus de temps. Il nous prendra un peu de notre temps à tous les deux.

Le regard sombre était captivé par celui d'azur, son cœur s'accélérant étrangement à ces paroles, à ce prénom prononcé avec autant de douceur que d'assurance. Dieu qu'il aimerait posséder un peu de son assurance dans cette entreprise qui le terrifiait encore. Pour être honnête, cela le terrifiait un peu moins, il se contrôlait mais bordel, lui avoir un enfant avec l'homme de sa vie. Cela avait encore un petit gout de surréaliste.

-Je t'aime, murmura tendrement Steve.

Des mots qui firent fermer les yeux à Tony, frissonnant sous la résonnance des mots dans son esprit, dans tout son être. Dieu qu'il adorait les entendre même si cela le gênait toujours d'en être le récepteur. Ses paupières se rouvrirent sur le visage d'ange de Steve, ce sourire rayonnant de mille volts qui lui était uniquement destiné. Une de ses mains remonta pour venir caresser la ligne de sa mâchoire, sa joue avant de se perdre dans ses cheveux blonds.

-Je t'aime aussi, Steve…

Cette déclaration se perdit contre les lèvres de son porte drapeau personnel, le cœur battant furieusement tandis qu'il sentait s'étirer davantage le sourire de son amant contre ses lèvres. Les bras protecteurs se serrèrent autour de sa taille et il s'y blottit davantage. La note langoureuse et amoureuse de ce baiser le rendait vraiment idiot de douter autant, de retenir souvent ses mots dits avec facilité chez son amant.

Il n'avait rien d'une midinette mais il adorait sentir cette ferme sécurité que dégageait Cap, ses « je t'aime » d'une sincérité désarmante tandis qu'il était l'incertitude constante et la retenue. L'ingénieur s'accrocha à lui avec tout ce qu'il ressentait en cet instant précis.

Parce que ces mots étaient rares dans sa bouche mais lorsqu'il les prononçait, c'était avec intensité. Et Steve chérissait ces instants si exceptionnels même si Tony avait bien des manières de lui dire ses mots dans son propre langage à lui et qu'il savait tous les décoder.

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Merci pour les reviews! Normalement, j'ai répondu à tout le monde! Vous êtes ma source première de motivation, la seconde étant ma Muse quand elle veut bien que j'écrive sans me casser le nez sur une idée qui ne veut pas venir!

Récemment, à cause d'une amie, je suis tombée sous le charme d'un pairing alors... Je me suis sentie obligée d'amorcer celui-ci dans ma fic, c'était tout bonnement trop tentant ! J'espère que ça vous plaira comme idée sinon... Je fuirais les projectifs ;p

Le souhait de Destination Darnes a été réalisé dans ce chapitre, parce que je voulais évidemment caser un lemon mais je ne savais pas quand et cet instant m'a semblé le bon. Après, il y aura des pleures, des couches et tout plein d'autres choses à gérer! Donc Tony et Steve ont eut leur moment à eux.

Un immense MERCI à Solania qui m'a bêta toute la fic (j'ai donc updaté tous les chapitres pour une version avec encore moins de fautes), qui en a profiter pour y glisser des suggestions de futurs chapitres et je les ai noté! Je vais bosser là dessus en même temps que sur la suite des événements!

Merci de votre fidélité pour cette fiction et à très bientôt!