Chapitre 15 : Une sortie pas comme les autres
Il se réveilla doucement, sans pour autant ouvrir les yeux. Il était dans ce moment, entre le sommeil et le réveil, où tous les ennuis du monde disparaissaient. La guerre. Les missions. Les fausses amitiés chez les Serpentards. Et par-dessus tout, l'épée de Damoclès qui pendait au dessus de sa tête à cause de sa relation avec elle. Avec cette fille qui le rendait plus que jamais heureux, rien que par sa présence. Cette fille au cœur de lion, Hermione, qui lui faisait risquer sa vie tout comme elle la rendait encore plus belle. Elle n'était pas un souci pour lui, au contraire, tout allait merveilleusement bien entre eux, mais le fait qu'ils aient faillit être pris la main dans le sac lors de leur ronde était un énorme souci. S'ils se faisaient prendre, ils seraient considérés comme traitres à leurs rangs ou à leurs sangs. Plus aucune confiance ne leur serait accordée. Mais voilà, même cela ne l'empêcherait pas de se lever pour voir sa raison de vivre. Sa Gryffondor. Alors Blaise ouvrit les yeux, cligna des paupières quelques instants afin de s'habituer à la grande lumière qui remplissait la pièce, puis se leva. Il prit quelques affaires avant de se diriger vers la salle de bain. Alors qu'il allait ouvrir la porte, elle s'ouvrit d'elle-même laissant apparaitre Hermione Granger. Il sourit bêtement et elle lui répondit de la même façon.
- Bonjour Hermione, dit-il en s'approchant pour l'embrasser.
- Mais pour qui tu te prends pour m'appeler par mon prénom, dit-elle en le repoussant, créant une surprise sans fin sur son visage. Je te déteste, toi et tous tes petits amis serpents. Alors arrête d'essayer de me pousser à bout et ne m'appelle plus ainsi !
- Mais …, commença Blaise.
- Je te signale Granger qu'il est en train de réussir. Tu t'entends crier ?
- La ferme Malfoy !
Blaise comprit enfin toute cette comédie. Il se constitua un visage moqueur. Puis se dirigea vers la salle commune où Draco était assis sur un des fauteuils, un sourire aux lèvres, et où Hermione remplissait son sac de livres restés sur la table et qu'elle devait rendre à la bibliothèque.
- Je trouve aussi Granger. J'aime voir ton visage quand le dégout y est marqué alors que tu ne te rends pas compte que tu es encore plus dégoutante que nous. Salut Draco ! Qu'est-ce que tu fais là ?
- Espèce de …
- Oh la Sang-de-Bourbe se réveille ? déclara Draco.
Il ricana voyant qu'elle ne répondait rien, suivi par Blaise. Hermione leur lança un regard noir puis se dirigea vers le tableau qui gardait l'entrée.
- On ne sait plus quoi répondre, Sang-de-Bourbe ? ajouta Blaise, la faisant s'arrêter net.
- Je ne m'amuserais pas à vous répondre et à jouer à votre jeu stupide. Je ne me rabaisserais pas à votre niveau, répliqua-t-elle sans se retourner.
Elle continua son chemin sans attendre de réponse, les laissant seuls, ne leur avouant pas que tout cela lui faisait quand même mal.
Après qu'Hermione soit sortit de la salle commune, Blaise se força d'oublier le pincement au cœur qui lui criait de lui courir après et de la prendre dans ses bras. Il se retourna alors vers son soi-disant meilleur ami.
- Alors comme ça tu joues dans le harcèlement moral ?
- Eh oui et elle adore ça, comme tu vois, dit Blaise sur un ton presque blasé, un faux sourire collé aux lèvres.
Oui, il était blasé. Blasé de mentir à longueur de journée, de faire attention à ses arrières quand il était avec elle et surtout de dire des choses qu'il ne pensait pas à la fille géniale qu'était Hermione.
- Alors dépêche-toi d'aller te préparer, je te signale qu'on a une réunion tout à l'heure. Tu te souviens de la lettre dont je t'avais parlé ?
- Oui je m'en souviens très bien, attends-moi là.
- Je ne bouge pas.
Blaise lui tourna le dos et se faufila dans la salle de bain encore remplie des vapeurs d'eau chaude de la douche que venait de prendre la Préfète-en-Chef. Il referma la porte et s'y appuya tout en fermant les yeux. Il se força à calmer son cœur après ce qui venait de se passer. Cette pression qu'il venait de ressentir n'était pas bonne, il avait faillit de nouveau se faire attraper dans son propre appartement et le pire c'était par Draco Malfoy. Le seul élève de Poudlard qui portait la marque sur son bras gauche depuis déjà un an. Et c'est à cause de cette marque qu'il devait aller à une réunion de Mangemorts à Pré-au-lard, lors de la sortie qui se déroulait aujourd'hui. La dernière fois que Draco était venu dans l'appartement des préfet-en-chef, c'était il y a une semaine, quand Blaise sortait de la douche et que Draco avait tambouriné le portrait comme un dingue pour rentrer. Il avait voulu lui parler en privé pour lui montrer une lettre qu'il avait reçu. Le Seigneur des ténèbres n'avait pas été du tout content que Draco échoue sa mission l'année précédente. Et pour le punir, il devait réussir celle qu'il allait lui donner à la réunion.
Quel était son rôle à lui ? Il n'en savait rien. Tout ce que disait la lettre, c'était que le Lord le voulait présent à la réunion. Blaise s'attendait au pire. Qu'est-ce que Voldemort attendait de lui ? Qu'il veuille punir Draco pour ne pas avoir réussit à réparer cette armoire à disparaître pour faire rentrer les Mangemorts à Poudlard. Qu'il veuille le punir parce qu'il n'avait pas réussi à tuer Dumbledore. Mais qu'est-ce qu'il avait bien pu faire pour mériter d'être convoqué ? Cela faisait une semaine qu'il était sous pression. Une peur énorme lui serrait le cœur. Il avait peur que Voldemort ait tout découvert sur sa relation avec la Gryffondor. Il avait de plus en plus de mal à lui cacher et elle s'inquiétait de plus en plus pour lui. Mais sachant qu'il ne pouvait rien dire, elle faisait tout pour qu'il oublie en le divertissant, en l'embrassant.
Oui, il n'y avait qu'elle qui pouvait le détendre. Il ouvrit alors les yeux et se dirigea vers la douche. Dix minutes plus tard, il s'approcha des lavabos, une serviette autour de la taille. C'est là qu'il aperçut un bout de papier sur le meuble. Il n'y avait que quelques mots d'écrit mais c'était suffisant pour qu'il puisse tenir à cette réunion, la tête haute. De sa plus gracieuse écriture, Hermione lui avait laissé un mot. Il disait :
Ce jour est important pour toi, je l'ai senti.
Je suis désolée.
H.
Alors comme ça, elle avait comprit pourquoi il était stressé. Elle avait fait le lien entre son stress et l'heure qu'il ne voulait pas libérer lors de la sortie pour la voir. Elle lui prouvait encore une fois son intelligence et sa facilité à lire en lui. Mais lui avait du mal. « Je suis désolée ». Rien que cette petite et simple phrase, il avait du mal à l'interpréter. Elle était si souvent désolée en ce moment. Allait-elle faire quelque chose pour empêcher cette réunion ? Ou était-elle tout simplement désolée d'avoir dit ces paroles et de l'avoir repoussé pour sa propre sécurité ? Non. Vu ce qu'elle venait de faire, elle ne le mettrait pas en danger comme ça en montrant qu'elle était au courant de la réunion. Mais ça serait trahir son camp si elle ne disait rien. Non, elle ne ferait rien, il en était persuadé. Car elle n'avait aucune preuve et puis comment pourrait-elle le justifier à son camp ? Ils étaient tout les deux dans une impasse.
Une heure plus tard, Blaise et Draco avançaient en silence sur le chemin qui menait au célèbre village sorcier, Pré-au-lard. Pour une fois, ils n'étaient accompagnés de personne d'autre que de leurs pensées remplies d'appréhension. L'un comme l'autre ne savait pas ce qui les attendait. Chacun avait ses propres craintes mais, au final, cela revenait au même. Ils avaient été mis dans le même sac par le Seigneur des Ténèbres. Quand ils arrivèrent enfin devant la tête du Sanglier, ils entendirent un rire qui leur était familier, très familier. Un rire qui vous faisait froid dans le dos malgré l'habitude. Un rire sadique venant d'une folle qui ne pouvait être que Bellatrix Lestrange.
Même pour Draco, cette réunion allait être une torture si elle était présente. Elle et sa façon de tout diriger, de tout épier. Alors, c'est en prenant leur courage de Serpentard à deux mains qu'ils poussèrent la porte du bar miteux très mal fréquenté, surtout aujourd'hui. En face d'eux, assis à une table au fond de la salle, se trouvait quatre Mangemort qui leur tournaient le dos. Ils s'avancèrent jusqu'à la table pour leur faire face. Ils avaient devant eux, Bellatrix Lestrange cachée sous une cape hors de prix, comme ils l'avaient deviné, Nott Sénior, Lucius Malfoy, lui aussi caché sous une cape, et Rosier Senior. Tous de grandes personnalités parmi les Mangemorts sauf Lucius qui avait été défait à un bas rang depuis ses nombreuses défaites.
- Ah, voilà Draco et Blaise, s'écria Bellatrix.
- Baisse d'un ton Bella, s'il te plait, implora Lucius.
- Oh, Lucius c'est bon, qui ne reconnaitrait pas tes cheveux blonds.
- Et toi ta voix, siffla Lucius dans sa barbe.
Draco et Blaise se retirent de rire devant l'humour caché de Malfoy Senior.
- Père, dit Draco en faisant un signe de la tête puis aux trois autres, imité par Blaise.
- Asseyez-vous, dit Nott Sénior.
Nos deux Serpentards prirent place à la table des quatre Adultes. Ils n'osaient pas dire un mot, ni regarder ceux qui les entouraient, qui allaient définir leurs avenirs. Ils retenaient leurs souffles. Ils attendaient que l'une de ces personnes, père, tante, ou Mangemort, leur dise enfin quelque chose. Quelque chose, qui pourrait les faire respirer, ou pire, les engloutir encore plus dans ce puits sans fond qu'est la guerre.
- Vous savez sûrement pourquoi vous êtes là ? demanda Bella comme une maîtresse de maison.
Les deux garçons relevèrent la tête sans comprendre. Non, il ne savait pas. Draco s'en doutait mais Blaise se sentait perdu. Il avait peur de faire un faux pas dans la panique alors pour ne pas aggraver la situation il préféra ne pas dire un mot, juste un hochement de tête de gauche à droite.
- Non ? insista-t-elle.
Le silence se fit autour de la table, les quatre adultes fixaient les deux Serpentards, comme pour les faire craquer de leur crime. Ils savaient que c'était leur méthode, ils étaient nés dans ce monde, avec, comme éducation, ce genre de méthode. Ils en étaient presque immunisés.
- Non, répondit Blaise dans un élan de courage.
Toutes les têtes se tournèrent vers lui, et Blaise put lire des remerciements dans le regard de son « ami ». Mais Blaise ne l'avait pas vraiment fait pour lui. Il l'avait surtout fait pour montrer qu'il n'avait rien à se reprocher. Il était presque sûr que personne n'était au courant pour lui et Hermione alors pourquoi stresser.
- Oh ! Toi, c'est normal, s'exclama la Mangemort.
- Pardon ? osa demander Blaise. Mais pourquoi je suis là alors ?
- Monsieur Zabini, veuillez vous taire s'il vous plait, s'exclama la voix de Rosier. Si vous écoutez, peut-être que vous saurez pourquoi vous avez eu l'honneur d'être convier à nous.
- Excusez-moi, madame Lestrange.
- Ce n'est rien mais que je ne t'y reprenne plus à me couper la parole. Car tu sais qui je représente ici, finit-elle par dire, sous entendant plein de chose que Blaise n'avait pas vraiment envie d'imaginer.
- Oui, maîtresse, souffla Blaise à regret.
oO0Oo
Le soir, Hermione attendait dans la salle commune, se tortillant les mains. Elle s'en était voulu toute la journée d'avoir dit ces paroles. Elle espérait de tout cœur que cela ne l'ai pas encore plus stressé qu'il ne l'était. Que tout ce soit bien passé pour lui. Dans un sens, elle s'en voulait. Elle savait qu'il se passait quelque chose pour lui, dans son camp mais elle ne pouvait agir, juste le soutenir car personne n'aurait comprit et lui ne voulait pas tout ça. De plus, elle ne savait pas en quoi cela consistait, qu'est-ce qui ce passait chez les méchants. C'était juste une intuition. Par contre, ce qu'elle savait maintenant, c'était que Blaise et Draco était conviés à une petite réunion. Pendant qu'elle était allée avec Ginny dans un magasin de vêtement, Harry et Ron les avaient vus à travers la vitrine du bar en passant dans la rue. Ils n'avaient pas reconnu les Mangemorts présents puisqu'ils leur tournaient le dos mais ils savaient que c'était des personnes du camp adverse. Mais malgré qu'ils aient appelé les Aurors présents au village, c'était trop tard. Les Mangemorts avaient déjà filé et les deux Serpentards aussi.
- Salut toi, souffla une voix derrière elle.
Hermione sortit de ses pensées et se retourna pour faire face à son petit-ami qui s'asseyait à ses côtés.
- Salut, dit-elle avant que Blaise ne se lance sur ses lèvres.
- Tu m'as manqué, susurra-t-il lorsqu'il se détacha d'elle un instant avant de l'embrasser à nouveau.
- Toi aussi, je suis désolée pour ce matin, je n'avais pas le choix.
- Je sais, j'ai lu ton mot, déclara-t-il en la regardant dans les yeux.
- Et comment c'est passé ta journée ? demanda-t-elle innocemment.
Blaise ne répondit pas tout de suite, la regardant plus intensément. Hermione était une fille intelligente, très intelligente et surtout pleine de subtilité.
- Oui, très bien. Tout va bien pour nous, répondit-il avant de l'embrasser à nouveau.
- Alors tant mieux, dit-elle en rigolant devant l'insistance du garçon à vouloir l'embrasser.
Qu'est-ce qu'il avait pu lui manquer toute cette journée passée loin de lui. Mais qu'est-ce qui avait pu se passer à cette réunion pour qu'il lui mente ainsi ?
Chapitre corrigé par Julia Erwelin
