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La pomme ne tombe jamais loin de l'arbre

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Nounou, table à langer et les extraterrestres !

-Rappelle-moi Sweetass, pourquoi cette fauteuse de troubles est là ?

Tony fixa avec colère la jeune femme qui monologuait entre les rayons de puériculture sans même savoir si oui ou non elle était écoutée, sortant ce qui lui plaisait des étalages. Steve se planta entre le regard meurtrier d'Iron man – même à travers les verres fumés de ses lunettes de soleil – et Darcy, se penchant pour l'embrasser avec douceur.

-Parce qu'elle voulait aider et que j'ai dit oui.

-Il me semblait bien que c'était de ta faute.

-Tony…

-C'est la chambre de notre enfant, celle de Darcy, et ce n'est pas non plus son enfant par procuration.

Le soldat jeta un coup d'œil vers la jeune femme qui revenait vers eux, prenant le visage de Tony entre ses mains pour l'empêcher d'aller vers elle comme il en avait eu l'intention. Le regard sauvage de son amant se planta dans le sien mais il rencontra les pupilles d'eau claire trop calmes. Un grondement agacé lui échappa et il se dégagea de ses mains sans même laisser le temps à Steve de tempérer les choses.

-Je vais rentrer, tu n'as pas besoin de moi !

-Et ça vous y avez pensé ? déclara Darcy une fois à côté des deux supers héros en leur montrant une écharpe de portage.

-Oh, la ferme Darcy.

Tony, son agressivité extériorisée, tourna les talons et commença à s'éloigner sans leur laisser le temps de réagir. La jeune femme le regarda avec de grands yeux ahuris avant de lever le regard sur Cap.

-Attends-moi ici, je reviens Darcy. Excuse-le.

Elle hocha la tête en suivant la silhouette massive de Steve du regard, se mordant la lèvre inférieure face à sa boulette. Darcy avait été ravie de venir les aider, parce qu'elle n'avait rien de très utile à faire au Manoir Avengers ni auprès de Jane alors… faire des emplettes, même pour le futur bébé du couple Stark Rogers, avait été un superbe passe-temps. Histoire de lui éviter de roder autour du laboratoire d'un certain Docteur Banner qui ne comprenait toujours pas les choses de la vie – ou qui les ignorait.

Captain America traversa rapidement le magasin puisque Tony avait fui à grandes enjambées, le rejoignant juste avant la sortie où il l'attrapa par le bras. Il le fit pivoter vers lui avec fermeté et douceur, son regard cherchant le sien. Une grimace agacée étira les traits de son mari, son regard toujours aussi noir venant s'ancrer dans le sien.

-Tony, je t'en prie…

Silence.

-Darcy veut bien faire et nous aider. Son regard est différent du mien, et peut m'éviter d'oublier certaines choses. Viens… s'il te plait.

Steve relâcha son avant-bras pour prendre sa main et lier ses doigts aux siens.

-Je suis inutile…

-Tu ne l'es pas, répliqua Steve avec douceur.

Une grimace suivie d'un grognement éloquent répondit à cette affirmation, mais Tony le suivit lorsqu'ils firent le chemin inverse, main dans la main. Sa petite crise n'était qu'une manifestation sortie de nulle part de son appréhension. Et il s'était aussi mis en tête que ces achats se feraient en couple, rien que tous les deux. Darcy était donc une gêne, plus utile que lui car il n'avait que les connaissances théoriques sur tout ce qui se faisait pour le monde de bébé, mais une gêne quand même.

La jeune femme les avait attendus sagement dans une allée centrale entre les biberons et les tables à langer. Elle offrit un sourire désolé à Tony pour excuser son trop grand enthousiasme. Iron man fit la forte tête mais il finit par se détendre et participer aux achats, poussé par Steve et Darcy qui ne cessaient de lui demander son avis sur ce qu'ils trouvaient. Finalement, le milliardaire se prit enfin au jeu en choisissant ce que lui avait aussi envie et le sourire qu'il avait vu naitre sur les lèvres de son Steve l'avait poussé à continuer.

Tony reprit les rênes après une grande sélection d'articles et appela une vendeuse pour faire une liste de tout ce qu'il voulait afin que cela soit livré dans l'après-midi même. Certains articles seraient clairement modifiés par l'ingénieur qui fronçait les sourcils en réfléchissant, comme par exemple la poussette. Ce truc était d'un pratique discutable et il avait déjà des idées qui germaient quant à la poussette parfaite pour son fils. Mais cela ne l'empêchait pas de les acheter quand même histoire d'avoir un premier modèle avant que son petit bijou de technologie ne soit prêt pour le bébé.

Après le rayon nécessaire de vie pour le bébé, ils passèrent dans les vêtements, peluches et autres accessoires divers et variés. Utiles comme inutiles.

Iron man bloqua devant la grandeur du magasin, ne soupçonnant pas que le monde des enfants avait aussi le droit à trois étages de vêtements… Mais pas de Armani. Tony attrapa le bras de son mari, le regard égaré sur les rayons impressionnants d'habits.

-Steve…

-Oui ?

-Quand il sera en âge de marcher, il aura du sur-mesure ce gosse.

-On va attendre un peu avant de le mettre dans un costume Armani si c'est ta pensée.

Tony fronça les sourcils et fusilla Steve du regard mais un sourire tendre lui répondit, de même qu'un baiser sur ses lèvres. Son mari l'entraina alors dans les rayons en vue d'autres achats et ce fut la journée la plus longue et la plus épuisante de toute sa vie. Ne se doutant pas une seule seconde que le pire restait à venir. Non parce que ce qu'ils achetaient n'était que la partie accessoire autour de l'enfant à venir.

Darcy fut d'une grande aide et Tony fini par s'excuser au détour du rayon pyjama. La jeune femme les accepta avec un sourire amusée et ravi. Tony, après un chantage en règle, promis son aide à la jeune femme dans le futur. Après tout, comme lui répondit le milliardaire d'une de ses répliques bien placées : tout moyen de pression sur Banner est bon à prendre.

Tout avait été installé en une semaine dans la chambre du bébé. Meubles, peluches en pagaille, placard avec la multitude de vêtements pour la future couche-culotte, biberon, chauffe biberon… Tout ce qui était nécessaire pour survivre en cas d'attaque ennemie mais seulement pour le petit. Tony était au milieu de la chambre avec un soupir anxieux qui lui échappa à mesure que son regard englobait la pièce. Il était fier et en même temps extrêmement nerveux.

Ils attendaient le coup de téléphone de Mme Peabody pour leur dire où, quand et comment… Il lui suffirait de pirater son ordinateur, il le savait mais il ne pouvait s'y résoudre comme si ça pouvait lui laisser un peu plus de temps pour gérer son stress grandissant.

Après un long moment d'immobilité, l'ingénieur jeta un dernier coup d'œil à tout ce qu'il avait amélioré, demandant à Jarvis de vérifier l'état des installations en même temps qu'il les testait. Tout devait être parfait et rien ne devait mettre en péril la vie du bébé ou même la leur. Evidemment tout marchait à la perfection.

Un lourd soupir et il se laissa tomber sur le parterre de coussins, plaids de jeux et de peluches. L'odeur qui s'en dégageait était celle du neuf même si Steve les avait lavés deux fois et à chaque fois qu'il bougeait, un « pouic » ou un « scratch » se faisait entendre.

-Raah et merde !

Tony arrêta de remuer et se couvrit les yeux d'un bras. Il inspira lentement avant de capter des pas feutrés qui venaient vers lui et avant de sentir une caresse chaude le long de son avant-bras. Il le baissa pour lever les yeux vers Steve et lui adresser un sourire embarrassé.

-Tu avais envie de tester le coin détente ?

-Mouais, peu confortable avec les trucs qui couinent quand tu bouges.

Steve rit doucement et prit place à côté de lui, sur le côté.

-Tu crois pas qu'on a acheté trop de peluches ? demanda Tony. Non mais regarde celle-ci : une araignée. Qu'est-ce qu'on a été prendre une araignée ?

-Darcy l'aimait bien et elle est toute douce.

-Sacré argument, railla son amant. Et une girafe ? On lui a acheté une jungle en peluche…

-Il pourra choisir celle qu'il préfère.

Tony lui lança un regard équivoque à cet argument et Steve déposa un baiser sur son front.

-Dois-je te rappeler que tu étais contre les clowns et les animaux style chien et chat, poursuivit Steve avec un sourire amusé.

-Pour qu'il en réclame tout le temps, non merci ! Peter suffira bien assez à nous occuper sans avoir besoin d'un chien, d'un chat ou d'un poney.

Un sourire étira les lèvres de Cap qui acquiesça à l'argumentation de son amant. Il prit une peluche, un lion, et la posa sur le torse de Tony.

-Les animaux de la jungle ou de la savane c'est mieux.

Son mari grogna mais c'était pour approuver, tout en ayant l'air un peu renfrogné.

-Tout marche à la perfection.

-D'accord.

Steve savait bien que plus les jours avaient défilé, plus il était nerveux. Il savait que ce n'était qu'un prétexte, vérifier que tout marche, pour se retrouver dans la pièce qui était encore vide. Le sourire de Cap ne s'effaçait toujours pas et Tony finit par froncer les sourcils en se demandant s'il n'y avait pas baleine sous gravillon. Son regard sombre l'interrogea et il n'eut qu'un baiser pour toute réponse…

Un baiser profond et langoureux, tendre, auquel il répondit en glissa une main sur la nuque de son amour.

-Dis-moi ce qui te fait sourire, murmura-t-il.

-Mme Peabody a téléphoné.

-Oh.

Steve sentit le corps de son amant se tendre sensiblement. Tony déglutit tant bien que mal et essaya de noyer son malaise en massant de ses doigts la nuque aux petits cheveux blonds.

-Quand ?

-Après demain…

Le souffle de Tony se coupa.

-On doit y être pour dix heures du matin, continua Steve avec douceur d'un ton toujours aussi bas. Mme Peabody va nous recevoir avec la référente du bébé, nous parler de son histoire avant son arrivée à l'orphelinat, puis le voir, passer du temps avec lui avant de régler les derniers papiers et de le ramener.

La voix de Cap trahissait sa légère impatience, sa joie et le souffle de Tony ne revint que lorsqu'il eut le dernier mot de cette journée fatidique qui l'attendait. Sa main s'était cramponnée à sa nuque et il ferma les yeux. Steve lui laissa tout le temps qu'il désirait, se contentant de couvrir son visage de baisers avant que son amant ne se décide à virer la peluche sur son ventre et se réfugier contre lui, sa main se plongeant dans ses cheveux blonds, son visage venant dans son cou.

Avec douceur, Cap l'entoura de ses bras puissants, le serrant étroitement contre lui.

-Bordel Steve, c'est la dernière fois que tu me surprends avec une demande pareille…

Un sourire étira les lèvres de Captain America et il déposa un tendre baiser sur sa tempe.

-J'essaierais, je ne te promets rien Tony.

Un grondement lui répondit mais il ne quitta pas sa cachette, son cœur battant trop rapidement dans sa poitrine, entre l'euphorie et la panique. Tony entendait aussi celui de son amant mais cela devait être la joie et l'impatience qui avait dû amplifier le rythme de son organe vital.

Ils restèrent un long moment liés ainsi dans le tas de coussins et de peluche avant que la voix diplomatique et calme de Jarvis ne les interrompe :

-Messieurs, il y a une attaque d'un ex-détenu nommé Rhinocéros dans une banque du centre-ville. Il serait équipé d'un bras mécanique cette fois-ci et la police a déjà subi des dommages, un mort et six blessés selon le rapport.

-Pas moyen d'être tranquille, râla Tony.

Steve eut un léger rire et se redressa rapidement.

-Vois ça comme un moyen de faire passer la tension ?

-Ouais. Jarvis, dis aux autres que je suis sur le coup avec Cap, pas besoin d'eux !

-Bien monsieur.

Iron man se leva et avec un sourire charmeur, il tendit une main à son amant pour l'aider à se relever. Cap la saisit et se remit sur pieds, dépassant alors de sa large carrure son mari qui ne se défaisait pas de son sourire bravache.

-Allons botter le cul du méchant en amoureux.

Steve roula des yeux et embrassa Tony avant de le faire passer devant lui.

-Monsieur, monsieur Barton demande pourquoi vous vous réservez cette fête ?

-Dis-lui qu'après demain on ne sera pas disponible, qu'il pleuve, qu'il y ait un tremblement de terre ou une invasion de sauterelles géantes venues d'une autre galaxie.

-Bien monsieur.

Les deux super héros se dirigèrent vers l'atelier de Tony pour enfiler leur costume respectif avant que Jarvis n'intervienne encore une fois.

-Monsieur, les Avengers disent qu'il manque des informations pour valider votre absence de vendredi en cas de combat.

Tony lâcha un juron et laissa son heaume relevé, son regard allant vers Steve qui se rapprochait de lui avec son bouclier au bras, prêt.

-Dis leur que vendredi je suis définitivement papa et qu'ils arrêtent de me faire chier !

-Bien monsieur.

Steve releva un sourcil à son attention et Tony lui répondit d'une grimace. Et d'un regard qui signifiait « pas de commentaire », ce qui fit sourire son amant. Le masque d'or se referma et Iron man le choppa par la taille pour qu'ils s'envolent vers leur destination non sans entendre dans leurs oreillettes les commentaires de leurs compagnons. Cette nouvelle-là ne pouvait pas se passer de réflexions de leur part.

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Je suis vraiment désolé du retard de publication! Merci vraiment aux reviews régulières, aux occasionnels, à ceux qui ajoutent en alerte cette fanfiction :3

Vous êtes ma motivation et la petite voix qui me dit de continuer à activer mes neurones pour écrire la suite! J'ai eu une petite panne d'inspiration pour surtout savoir comment mais comment allait faire Tony avec la suite ! Et puis après ce fut une panne de bêta...

Donc merci à Splanchnique pour ses corrections ! C'est grâce à elle qui vous avez pu lire ce chapitre et que vous pourrez lire les suivant :3