Chapitre 16 : Leur bulle à eux

- Ça ne te dit pas de passer tout le weekend avec moi, dans notre appartement ? Rien que toi et moi, susurra Blaise dans le cou de la Gryffondor alors qu'il la tenait dans ses bras.

- Blaise, on ne peut pas, dit-elle en se dégageant pour ne pas succomber.

- Aller Hermione …

La Gryffondor frissonna à l'entente de son prénom. Dans sa bouche, il avait toujours une autre signification pour elle qu'un simple prénom.

- Les autres vont se poser des questions si les deux préfets-en-chef disparaissent tout le weekend.

- Hermione …, supplia-t-il.

Cette dernière ne répondit pas et continua son chemin, l'ignorant totalement. Ils avaient une ronde à finir même si elle voulait surtout éviter de croiser son regard car sinon elle aurait sûrement craqué.

- Hermione, chuchota cette fois-ci Blaise alors qu'il la reprenait dans ses bras.

- Tu es fou, murmura-t-elle en se dégageant à nouveau.

Au passage, elle put voir le superbe sourire qu'affichait son serpent de petit-ami. Le mal était fait, elle craquait toujours en voyant ce sourire. Mais avant d'abandonner la bataille contre ses envies, elle se battrait encore un peu.

- Tu es très belle aujourd'hui, ma puce.

- Idiot ! dit-elle en rougissant. Tu ne m'auras pas comme ça !

L'idiot en question rigola devant la faible insulte de sa compagne. Elle allait craquer, il en était sûr …

- Oui, c'est sûr que toi, tu n'es pas idiote, tu n'es qu'une sale miss Je-sais-tout, s'éleva une voix en face d'eux.

Surpris, tous les deux détournèrent leurs regards vers la personne qui venait d'apparaitre devant eux comme un fantôme qui aurait traversé le mur. Une fois son étonnement passé, Blaise ricana encore plus qu'avant, d'un ton plus méchant que moqueur.

- Malfoy, qu'est-ce que tu fais en dehors de ton dortoir ? demanda Hermione au lieu de répondre à sa remarque.

- Ouais, une miss Je-sais-tout très chiante, rajouta Malfoy plus pour lui-même. Ça ne te regarde pas, Sang-de-Bourbe.

- Oh que si que ça me regarde, si tu ne le sais toujours pas, je suis Préfète-en-Chef comme ton … « ami », répondit-elle en insistant sur le dernier mot en regardant Blaise de haut.

- Je me suis toujours demandé, d'ailleurs, comment ce collège avait put se rabaisser à ce point. Choisir une personne de ta sale race pour ce poste, franchement. Blaise, au moins, le mérite.

Hermione le regarda en serrant les points. Elle ne pouvait s'empêcher de perdre son calme quand il la rabaissait plus bas que terre. Elle méritait amplement ce poste, elle était la meilleure de l'école, comme n'arrêtait pas de le répéter Harry, Ron, et Ginny.

- Tu es simplement jaloux, Malfoy.

- Jaloux ? Moi ? De toi ? Tu rêve !

- Oh non, je ne rêve pas. Tu es simplement jaloux parce que toi, le fier Sang-pur, n'a pas été choisi à ma place.

- Comment oses-tu ? s'énerva Malfoy.

Hermione sortit sa baguette, prête à se défendre cette fois. Blaise regardait cette scène sans savoir quoi faire. Il savait que ça finirait mal s'il n'intervenait pas bientôt. Ça lui faisait déjà mal rien qu'en pensant qu'il devrait prendre le parti du Serpentard, face à la Gryffondor.

- J'ose Malfoy. Et tu vas retourner dans ton dortoir avant que je ne t'enlève des points, voir que je te mette une colle. Rusard en serait ravi.

- Tu es peut-être une miss Je-sais-tout mais tu oublies que je suis préfet. Je peux faire une ronde.

- Pas quand les Préfets-en-Chef font leurs rondes. Tu as ton emploi du temps pour ça, Malfoy. Tu te souviens, celui qu'on t'a donné en début d'année ?

- Tu vas me payer ton insolence ! répondit Malfoy en sortant à son tour sa baguette.

- Eh mec, arrête, elle n'en vaut pas la peine, même si elle a raison. Tu ne devrais pas être dans les couloirs à cette heure-ci, intervint Blaise.

- Oh, toi et ton règlement. La seule raison qui fait que je suis dans les couloirs, c'est parce que je te cherchais.

- Ah bon ?

- Oui.

- Je ne vous dérange pas trop ? demanda Hermione énervée par leur indifférence.

- Si un peu, tu peux continuer ta ronde toute seule, non ? lâcha Blaise avant que Malfoy n'intervienne.

- Bien sûr, je n'ai pas besoin de toi pour quoi que se soit, répliqua-t-elle en tournant les talons, disparaissant dans les ténèbres du couloir.

- Nous voilà enfin seuls, soupira Blaise en se retournant vers Draco. Viens je te raccompagne pour éviter de croiser un professeur.

- Ouais, siffla Draco toujours en colère.

Ils avancèrent en silence vers les cachots. Blaise savait que Draco ruminait ses sombres pensées contre sa petite amie. Il était vraiment désolé de la traiter ainsi et surtout de la laisser seule dans le château. De plus, vu comment elle était partie comme une furie, il devrait bien argumenter pour se faire pardonner en revenant dans leur appartement car, il en était sûr, elle l'attendrait pour régler cette histoire.

- Vous vous ressemblez.

- De quoi tu parles ? demanda Blaise surpris, ne comprenant pas de quoi il parlait.

- Toi et la Sang-de-Bourbe.

- Quoi ? Moi, lui ressembler ? s'exclama Blaise en criant, tout en s'arrêtant et se retournant vers le Serpentard.

- C'est bon, t'énerves pas, répondit Draco s'arrêtant aussi.

- Comment veux-tu que je ne m'énerve pas quand tu dis ça ? Que je ressemble à ça ! dit-il en pointant son doigt vers l'endroit où la Gryffondor se trouvait il y a peu.

Dans un sens, Blaise le prenait mal. Il avait beau sortir en cachette avec Hermione, il restait Serpentard et il se refusait de lui ressembler. Cela signifierait qu'il ressemblait à un Gryffondor. Une honte pour les Serpentards. Blaise les acceptait mais ne voulait pas être comme eux. Mais si on lui donnait le choix de la personne pour changer, pour sûr qu'il choisirait Hermione Granger comme exemple. Pour lui, c'était une femme extraordinairement étonnante, courageuse, forte et remplie de gentillesse. Une âme pure.

- Oui malgré qu'elle soit une Sang-de-Bourbe et une Gryffondor, tu es de son côté quand il s'agit du règlement. Vous êtes les mêmes sur ce point.

- Ah ok… Oui, sur ce point de vue, on peut dire qu'on … s'entend mais c'est tout.

Blaise était en quelque sorte soulagé que ce fut de ça qu'il parlait. Oui sur ce point, Hermione et lui étaient exactement les mêmes.

- Autrement, toi, tu voulais me dire quoi ?

- Non, laisse tomber, je ne suis plus d'humeur.

- Hors de question. Si ça touche ta mission, je suis concerné.

Draco soupira. Après cette altercation avec la Gryffondor, il ne voulait plus parler de cette nouvelle mission que le Seigneur des Ténèbres lui avait confiée.

- Tu ne risqueras rien, je réussirais.

- On ne sait jamais Draco. Ce sont des durs à cuire, et si tu échoues je serais le premier à subir la colère du Lord. Je suis censé tout faire pour que tu réussisses. Si tu rates, c'est moi qui serais responsable.

- Aie confiance Blaise.

- Ah, parce que toi, tu fais confiance aux autres ? On n'est jamais mieux servi que par soi-même tu le sais mieux que moi.

- Je sais, souffla Draco, mais j'y arriverais.

- Je l'espère Draco, je l'espère …

Dans un sens, Blaise l'espérait, mais il doutait plus que tout. Ce rôle que le Seigneur des Ténèbres lui avait confié était un test, il le savait. Il cherchait à connaitre la fidélité d'un Zabini et si Draco échouait alors lui aussi. Pour le Lord ce serait clair, il aurait été infidèle alors il mourrait. Mais … tout au fond de son cœur, il ne supportait pas l'éventualité que Draco puisse réussir cette fois-ci. Cette mission allait l'anéantir si elle réussissait.

oO0Oo

Hermione tournait en rond dans l'appartement totalement énervée. Cela faisait une dizaine de minutes qu'elle avait fini seule sa ronde. Elle n'avait pas vraiment apprécié ce qui s'était passé une heure auparavant. Quand Malfoy les avait interrompus, quand il s'était moqué d'elle encore une fois, quand Blaise l'avait protégé en partant avec lui alors qu'une bagarre allait sûrement éclater. Elle avait été contente pendant une seconde quand son petit-ami ait dit qu'elle avait raison mais la façon dont il l'avait éjecté la minute suivante ne lui avait vraiment pas plus.

Non, elle n'avait pas aimé se retrouver seule dans les couloirs sombres du château. Cela lui rappelait beaucoup trop de mauvais souvenirs encore bien gravés dans sa mémoire. De plus, ils avaient une discussion et Blaise avait préféré partir avec Malfoy. Cela avait blessé la Gryffondor car depuis quelques temps, dès que le Serpentard apparaissait, elle n'existait plus vraiment aux yeux de Blaise. Bien sûr, il fallait qu'ils protègent leur secret mais, avant cette réunion, il n'était pas comme ça. Elle avait toujours eu le droit à un regard attendri dans le dos de ses ennemis ou encore, derrière une de ses paroles blessantes. Maintenant, Hermione ne voyait plus tout ça, comme si tout ce qu'il disait était vrai, comme si leur relation était un pur mensonge. Cela la brisait car elle ne voulait pas y croire. Elle voulait le voir, lui dire ce qu'elle pensait et avoir la vérité. C'était trop pour elle, elle voulait être rassurée pour éviter de laisser faire son imagination trop débordante. Ce qui était sûr ou presque, c'était que Blaise venait de laisser passer sa chance. Hermione n'était plus décidée à céder devant le beau sourire de son petit-ami.

Alors qu'elle ruminait ses pensées, la porte s'ouvrit en laissant passer, justement, le Serpentard qui envahissait son esprit. Il la regardait s'énerver. Cela lui faisait mal de la voir ainsi par sa faute. Elle ne l'avait toujours pas vu mais ce n'était qu'une question de seconde. Quelques secondes de répits avant que la furie qu'était devenue Hermione ne lui saute dessus, réclamant des explications. Il décida que c'était préférable d'arrêter de la faire attendre.

- Hermione, l'appela-t-il.

Celle-ci se retourna et le fixa de son regard le plus noir. Blaise fut traversé d'un frisson. La Gryffondor pouvait vraiment faire peur quand elle le voulait (1). Le pire pour notre Serpentard, c'était qu'elle ne disait rien et ne bougeait pas d'un pouce. Elle se contentait de le regarder et il ne savait pas quoi faire.

- Hermione, supplia presque Blaise.

- Arrête ! Arrête ! Il n'y a pas d'Hermione qui tient ! Comment as-tu pu ?

- Je suis désolé, mais je n'avais pas le choix,
qu'est-ce que tu crois ?

- Je le sais ça !

- Alors qu'est-ce que tu me reproches ?

- Tu oses me demander ? Mais tu es un vrai crétin ! cria-t-elle en partant dans sa chambre tout en claquant la porte.

Blaise était abasourdi. Il n'avait rien comprit de ce qui venait de se passer. Il voulait pourtant arranger les choses mais il n'avait fait que les empirer sans savoir comment. C'est à ce moment là qu'il se dit qu'il ne comprendrait jamais rien aux femmes. Mais malgré cela, il n'allait pas abandonner la partie et lui donner raison quand elle disait qu'il n'était qu'un crétin. Alors, il se dirigea vers la porte brusquement fermée et l'ouvrit. Son regard parcouru la pièce, inhibée de toutes lumières, jusqu'à ce qu'il tombe sur l'ombre de sa petite amie couchée sur le lit.

- Hermione, l'appela-t-il à nouveau.

- Vas-t-en, dit-elle d'une voix tremblante.

Elle pleurait. Cela eu l'effet d'une douche froide sur Blaise. Presque inconsciemment, il s'approcha du lit, s'assit, et prit sa Gryffondor dans les bras. Celle-ci ne mit aucune résistance, au plus grand soulagement du Serpentard.

- Tu sais pourquoi je voulais qu'on reste ici tout le weekend ? demanda-t-il au bout d'un moment de silence.

- Non.

- Parce que ça fait un mois qu'on est ensemble Hermione. Ma plus longue relation, je dois dire, mais aussi celle où j'ai été le plus comblé.

Cette phrase fit sourire Hermione mais surtout la surprit.

- C'est vrai ? demanda-t-elle en se relevant pour le regarder dans les yeux.

- Bien sûr que c'est vrai. Pourquoi, tu en doutais ?

La Gryffondor baissa les yeux, honteuse d'elle.

- Puis-je savoir pourquoi ? demanda Blaise qui hésitait entre être vexé ou être amusé par la mine honteuse qu'affichait sa petite-amie.

- A cause de Malfoy.

- Draco ?

- Oui.

- Qu'est-ce qu'il a fait ?

- Tu es devenu différent, Blaise. Tu ne t'en rends pas compte mais quand tu es avec lui, tu es différent. Tu es plus sérieux dans tes paroles et cela me fait presque croire que ce que tu dis est vrai.

- Tu te fais des illusions Hermione. Je suis toujours le même.

- Non ! Tes yeux sont si ternes, si méchants.

- C'est de la comédie.

- Il n'y a pas que ça Blaise. Avant, je pouvais voir au fond de tes yeux une petite lueur qui me faisait comprendre que tu ne pensais aucun mots de ce que tu disais mais je ne la vois plus désormais.

Blaise ne répondit pas. Il était surprit par ce que disait Hermione. Est-ce qu'il avait tellement peur de se faire choper, qu'inconsciemment il la rejetait encore plus pendant leurs comédies ?

- Il s'est passé quoi à cette réunion ?

- Pardon ? demanda Blaise surprit.

- Il s'est passé quoi avec Malfoy à Pré-au-lard ?

- Hermione …, supplia-t-il pour qu'elle arrête d'aller sur les sujets interdits.

- Bah quoi ? commença-t-elle à s'emporter. C'est depuis cette réunion que tu es différent. Dès que Malfoy apparait dans les parages, je disparais totalement de ton univers. A croire qu'il n'existe que lui. Alors qu'est-ce qui vous lies désormais qui passe avant toi et moi ?

- Tu es jalouse ?

- De cette fouine rebondissant ? Non jamais !

- Fouine rebondissant ? dit-il avec un sourire.

- Exactement ! Ce n'est qu'une saleté de …

- Fouine rebondissant, oui, j'avais compris, la coupa-t-il avec le même sourire.

Elle s'arrêta et le regarda avec un visage où était marquée l'incompréhension. Blaise se mit à rire, en la voyant ainsi, accentuant le fait qu'elle ne saisissait pas. Puis soudain, en comprenant l'hilarité de la situation, Hermione rejoignit son compagnon dans son fou rire.

- C'est trop tard, je ne peux plus revenir en arrière Hermione, déclara-t-il quand il eut finit de rire.

- Trop tard pour quoi ?

- Trop tard pour que tu n'existes plus à mes yeux. Je suis totalement sincère avec toi, avec nous. Il faut que tu y croies.

Hermione le regardait droit dans les yeux. Elle voyait à nouveau cette petite étincelle au fond de son regard. Elle pensait qu'elle avait été idiote de douter de lui. Elle était rassurée. Elle était tellement soulagée qu'elle sentait les larmes poindre leurs bouts de leurs nez.

- Et ne soit plus jalouse de Draco, s'il te plait, il n'est pas du tout mon genre, dit-il avec un sourire.

Hermione rigola tout en laissant couler ses larmes.

- Pourquoi pleures-tu ?

- Je ne sais pas, souffla-t-elle en souriant, peut-être … parce que je suis heureuse.

- Alors on est deux, murmura-t-il avant de l'embrasser.

Ce baiser doux et rempli d'amour était magique, montrant encore plus la force qui augmentait entre eux. La force d'un lien qu'on ne peut détruire ou ignorer. A la fin de leur baiser, Blaise prit le visage d'Hermione entre ses mains et essuya de ses pouces les traces des larmes qui restaient sur ses joues. Une fois cela fait, Hermione posa la tête sur son torse afin que Blaise la serre fort dans ses bras. Au bout de quelques minutes, tout deux s'enfoncèrent dans un sommeil sans rêve. Dans leur bulle à eux où le bonheur était Roi.


Le petit (1) dans le texte est juste une phrase qui m'es venu en tête à ce moment de mon écrit mais que je trouvais totalement inaproprié dans le texte alors je vous la met en phrase bonus ^^

(1) "Si Ron avait été là, il aurait dit qu'elle ressemblait tout à fait à sa mère quand elle était en colère."

Je pense que vous serez tout à fait d'accord avec cette phrase ^^.

Sinon j'espère que ce chapitre vous a plu, j'attend vos avis avec impatience. Alors une petite review please ? xd

Chapitre corrigé par Julia Erwelin, merci à elle