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La pomme ne tombe jamais loin de l'arbre

- 8 -

Devenir père

Figé. Il était figé devant cette bâtisse tout à fait normale, voir même carrément morne. L'orphelinat était un vieux bâtiment dont on voyait les agrandissements et les modifications de l'extérieur par les changements de couleur du crépit et Tony le regardait comme si c'était un serpent venimeux prêt à le mordre. Il s'humidifia les lèvres avec sa langue, la passant nerveusement plusieurs fois tout en serrant davantage la main de son amant.

Cette pression plus forte sortit Steve de son état d'anxiété, posant son regard azur sur Tony qui semblait être plus nerveux que jamais. Il était aussi une boule de nerfs mais il arrivait plus facilement à le gérer, aussi parce qu'il y avait l'excitation du jour J. Ses doigts caressèrent cette main cramponnée à la sienne et il déposa un baiser sur sa tempe, juste au-dessus des lunettes de soleil.

-Allez viens, souffla-t-il.

Le milliardaire décrocha enfin son regard du bâtiment pour le poser sur Steve qui lui offrit un sourire à la fois rayonnant et en même temps un peu nerveux. Il hocha simplement la tête et caressa le dos de sa main en retour, pour lui prouver qu'il était là malgré la panique qui l'avait saisi en étant au pied du mur – littéralement. Ils avancèrent tous les deux jusqu'à la porte et entrèrent, leurs respirations un instant en suspens.

-Bonjour, que puis-je pour vous messieurs ? demanda une petite brunette qui passait par là, portant une blouse blanche au-dessus d'un jean et d'un tee-shirt.

-Bonjour. Steve Stark Rogers, se présenta-t-il en lui tendant la main. Et voici mon mari, nous sommes ici pour l'adoption.

La jeune femme la serra tout en les scrutant tour à tour avant de leur sourire.

-Installez-vous dans la salle d'attente, je vais prévenir la référente qui s'occupe de l'enfant de votre arrivée.

Elle leur désigna les fauteuils avant de s'en aller dans un couloir. Cette intervention suffit pour réanimer le vrai Tony Stark Rogers.

-Elle nous demande de patienter comme n'importe quel clampin ?

-Tony.

-Elle voit pas qu'on est dans un état de stress. Bonjour le personnel ! Je vais…

Il fut coupé par un baiser et ouvrit des yeux surpris.

-Sweetheart, calme-toi, murmura Cap.

Tony grogna, remua le nez de contrariété mais il ne répliqua rien. Il se saisit de l'autre main de Cap et resta les yeux ancrés aux siens, se soutenant silencieusement tandis que leurs doigts s'échangeaient des caresses destinées à les calmer mutuellement. Ils n'eurent pas longtemps à attendre avant qu'une jeune femme apparaisse à nouveau dans le couloir.

-Bonjour, Marion Stampford. Désolée pour l'attente, je devais finir d'imprimer des papiers.

Steve se présenta à nouveau à la référente qui lui tendit la main et lorsqu'elle tenta de faire de même avec Tony mais celui-ci ignora la main tendue, trop nerveux pour jouer les civils normaux. Et d'habitude, rien son nom suffisait à l'en dispenser. Son amant adressa un sourire d'excuse à la jeune femme qui ne s'en formalisa pas. Elle avait l'habitude de ce genre de situation et chacun avait sa façon de réagir face à ce changement de statut qu'était de devenir parent. Et les deux hommes en face d'elle – même s'ils étaient très célèbres – n'échappaient pas au stress de l'évènement.

La jeune femme les conduisit dans un bureau après leur avoir fait traverser plusieurs couloirs. Calme, charmante, elle commença d'abord par présenter son travail au sein de l'orphelinat, qu'elle était la référente de quatre nourrissons dont Benjamin Parker, leur futur enfant. Marion commença par son histoire un peu particulière – comme toutes les histoires d'ici – le bébé était arrivé ici à trois semaines de vie à cause du décès de ses parents dans un malheureux accident de voiture, les pauvres n'ayant plus de famille vivante. Ensuite, elle leur parla des habitudes du petit, ses progrès actuels pour un nourrisson de trois mois, sa façon de se comporter avec la personne qu'il voyait le plus, mais aussi les autres occasionnels. C'était un bébé très éveillé, curieux mais assez calme. Elle les mit en garde contre le « trop » calme du bébé, que parfois cela pouvait cacher un malaise.

Puis elle leur posa une multitude de questions sur le futur environnement de bébé, s'ils avaient choisi un prénom ou désirait conserver celui-ci avant d'entamer la paperasse. Tout ça faisait peu à peu grimper la tension de Tony qui serrait toujours la main de Steve même s'il répondait aux questions qu'on lui posait. Cap gérait les trois quarts du travail pour les papiers de Peter Stark Rogers et lui n'avait qu'à poser sa griffe de manière un peu mécanique.

On toqua à la porte et une autre jeune femme annonça que le petit était réveillé depuis vingt minutes et attendait son biberon. Marion remercia sa collègue et adressa un sourire rassurant aux deux hommes.

-Nous finirons les papiers après, fit-elle en se levant. Dans cet orphelinat, nous préférons que les futurs parents s'occupent un peu du bébé dans un environnement qu'il connaît avant d'être catapulté dans un décor tout nouveau.

-C'est compréhensible et… bienvenu, répondit Steve.

Elle leur ouvrit la porte et Tony suivit son mari sans lui lâcher un seul instant la main. Dans sa tête il y avait l'équivalant de la prière « oh mon dieu je vais être papa » qui passait en boucle sur un petit ton paniqué. Steve l'avait bien compris et il se contentait de ne pas lâcher la main de son amour pour le guider et l'épauler. La jeune femme les conduisit jusqu'à une pièce et lorsqu'elle ouvrit, cela ressemblait à une chambre d'enfant. Un décor simple, crème et bois pour faire neutre et qui ressemblait un peu à une chambre témoin. Au milieu il y avait le lit avec un mobile, sur le côté une table à langer et tout ce qu'il fallait pour s'occuper du bébé ainsi que le chauffe-biberon et autres machines nécessaires.

Elle s'arrêta à l'entrée de la pièce et s'adressa directement à Steve en le regardant, ayant compris qui serait aux commandes :

-Je vais vous laisser faire connaissance tous les trois. Le biberon est dans le chauffe-biberon, il est prêt, vous pouvez lui donner quand il le réclamera. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, appuyez sur le bouton là, fit-elle, en montrant le dit bouton près de la porte, en s'armant d'un sourire rassurant. Je viendrais à votre rescousse. Prenez tout votre temps et quand vous serez prêt pour la suite, appelez-moi de la même manière.

Un autre sourire et elle disparut pour les laisser tous les trois prendre contact. Evidemment qu'elle avait un moyen de surveiller cette prise de contact mais c'était le cadet de leurs soucis. Tony était en train de fixer le lit ou se trouvait le bébé, déglutissant avec malaise. Steve était dans le même état d'esprit, face à une envie, un rêve qui était en train de se réaliser et qu'il ne croyait pas encore réel.

Un petit cri les fit tous les deux sursauter avant qu'il y ait des arrheu et des gazouillis. Les lèvres de Steve s'étirèrent en un sourire avant de jeter un œil vers Tony et de l'entrainer à sa suite pour qu'ils se rapprochent du lit. Son amant lui lâcha la main comme par peur d'arriver trop vite devant le futur lot d'ennuis que représentait le bébé mais Steve passa son bras autour de sa taille et l'obligea à avancer en même temps que lui.

Le milliardaire braqua son regard sur le petit être dans le lit qui était face à eux, son souffle se coupant un bref instant. Sous l'émotion, Steve resserra sa prise autour de la taille de son amant, son regard lui aussi sur le bébé. Qui le leur rendait bien car il avait arrêté de gazouiller pour braquer ses grandes billes bleues foncées et fixer avec intérêt les inconnus fraichement débarqués. L'enfant était habillé avec un pyjama bleu nuit et avait une étoile sur le ventre, des cheveux bruns totalement hirsutes et il agitait ses bras avec intérêt.

Ils furent incapables de faire un geste, eux, des super héros, bloqués devant un bébé de trois mois. Tony trouverait ça risible s'il n'était pas dans un état vacillant entre la panique et la joie. Et sa peur de tout faire foirer l'empêchait clairement de faire un geste, de dire un mot et il osa jeter un regard en coin désespéré vers son amant.

Steve capta son regard et lui adressa un sourire rassurant. Sa main quitta sa taille pour se poser sur le rebord en bois du lit. Il devait sauter le pas et il en mourrait d'envie. L'icône nationale de l'Amérique se pencha pour venir se saisir délicatement du bébé, le calant dans ses bras puissants et contre son torse. Et le bébé avait l'air d'être encore plus petit dans le cocon que Steve avait créé que dans le lit. Celui-ci fixait son porteur avec intérêt, fronçant les sourcils, esquissant un sourire mais ses grandes billes ne le lâchaient pas du regard.

-Bonjour Peter, murmura Steve avec émotion. Je me présente, je suis Steve, ton papa et lui c'est Tony, ton autre papa.

Il se tourna légèrement de façon à ce que le bébé puisse voir Tony et lorsqu'il capta la seconde tête, le bébé ne la lâcha pas du regard.

-Il me fixe…

-Il doit bien faire ta connaissance, répondit Steve avec douceur.

Il se colla contre le flanc de Tony qui se raidit avant de se presser contre son mari sans lâcher le bébé du regard.

-Il est tout petit… On va le casser, c'est certain.

Steve eut un petit rire et déposa un baiser sur la tempe de son amant. Tony lui jeta un regard peu rassuré avant de revenir au bébé. Il tournait la tête avec attention, regardant tour à tour les deux nouvelles têtes sans paraitre effarouché. Une des mains de Steve remonta vers le visage du bébé, effleurant sa tempe et ses cheveux soyeux, son menton ce qui eut pour effet de lui faire ouvrir grand la bouche.

-Il est tout petit… souffla à nouveau Tony bloqué sur cette idée.

Il avait vraiment peur de le casser, de le blesser. Il n'osait pas faire un geste vers son… Bordel de merde, son fils. Le regard fier de son homme se porta sur lui avec douceur, amour, bonheur. Un regard intense qu'il avait vu peu de fois mais qui le confortait dans son idée d'avoir dit oui – deux fois même. Le bébé commença à agiter les mains, gazouillant doucement et Tony osa tout doucement, avec moult précaution, lever une main pour venir caresser sa tête.

-Salut Peter.

Tony continua à caresser son visage et lorsqu'il arriva sans trop savoir comment vers ses mains, le bébé choppa un de ses doigts et le serra très fort. Il resta interdit et stoppa ses gestes, surpris par ce réflexe de préhension. Les tous petits doigts se serraient et se desserraient sur le sien mais c'était bien suffisant pour faire fondre le grand Tony Stark Rogers. Un sourire idiot commença à étirer ses lèvres. Ses autres doigts caressèrent le dos de cette main minuscule, ces doigts et il finit par lever un regard rempli d'émotion sur son Steve. Il se sentait réellement idiot, le cœur battant fortement dans sa poitrine et ce puissant sentiment de fierté vis-à-vis de son fils.

Et Steve était dans un état de bonheur aussi intense, avec la chaleur du bébé contre lui et surtout, de voir Tony ainsi. Avoir enfin Peter dans les bras était un bonheur sans nom mais que Tony soit dans cet état de joie, de fierté, n'avait aucun prix. Il ne résista pas à lui donner un baiser extrêmement tendre sur la tempe avant que son regard azur ne revienne sur leur enfant.

-Il veut plus me lâcher.

-On a tout notre temps.

-Mais elle a parlé de lui donner le biberon.

-Il n'a pas l'air de le réclamer pour l'instant, le rassura Steve. Profites-en, papa.

Le milliardaire eut une moue dubitative avant de rapidement oublier cette contrariété. La petite main qui tenait son doigt le fascinait et il se sentait capable de rester des heures ainsi. Des gazouillis commencèrent à se faire entendre, Peter trouvant très sympathique ces deux nouvelles têtes et voulant entamer une discussion sans queue ni tête à part pour lui.

-Va falloir que t'apprennes rapidement à parler Peter, lâcha Tony. Je ne comprends pas les arrheu, arrheu. Ah, ça part contre, je comprends ! Tu as vu, il m'a souri !

Un sourire tendre étira un peu plus les lèvres de Steve avant qu'il ne le taquine :

-Je vais être jaloux…

-Tu l'as dans les bras.

-Tu veux le prendre ? proposa-t-il avec douceur.

-Non, non, non, non, je vais le casser, il est bien mieux dans tes bras, Steve.

-Idiot.

Tony reçut un autre baiser qui fit naitre un nouveau sourire sur les lèvres de son amant. Oui, il était un idiot, mais un idiot carrément heureux. Un idiot dont le doigt avait été relâché et Tony chercha à le faire capturer volontairement mais la petite frimousse commençait à grimacer, ouvrir de plus en plus la bouche pour chercher de quoi manger.

-Qu'est-ce qu'il a… Faim ? Biberon ?

-Tu vas le chercher ?

Tony hocha la tête et se dirigea vers le chauffe-biberon parce que oui, il avait appris par cœur la liste de tout ce qu'ils avaient acheté et comment s'en servir. Il testa la chaleur et prit le bib avant de revenir vers son amant avec un bavoir alors que le petit commençait à pleurer.

-Hey non, non, non Peter, tu vas pas commencer à pleurer ! S'affola Tony.

Steve lui prit le bavoir sans s'inquiéter des décibels qui grimpaient et il eut le droit à un regard anxieux de son amant. Et putain, Captain America en figure paternelle qui gérait comme si c'était son dixième marmot, c'était impressionnant… Tony le regarda faire presque bouche bée, admiratif mais aussi très fier. Son Steve – qui était déjà l'homme parfait – ne paniquait pas du tout et parlait d'une voix douce au bébé pour lui dire que le repas arrivait tout en mettant le bavoir sous son menton. Et la petite bouche se referma illico presto sur la tétine dès qu'elle lui fut présentée, déglutissant bruyamment.

Tony regarda tour à tour son amant puis le bébé.

-Steve, je peux te dire que tu es diablement sexy en papa qui gère comme une bête ?

-Tu viens de le dire.

-Bordel, comment tu fais ?

-J'ai suivi scrupuleusement toutes les réunions que Mme Peabody nous avait conseillé, répondit-il avec douceur et aucun reproche.

Tony grimaça et se concentra sur Peter, se collant contre son flanc en passant un bras autour de sa taille.

-Il est beau. Le portrait craché de son père, plaisanta Tony.

Un soupir amusé s'échappa des lèvres de Steve qui lui donna un petit coup de bassin, balançant doucement le bébé qui buvait tranquillement et surement son biberon.

-Fier d'être papa ?

Tony leva son regard sur Steve avec un sourire qui voulait dire « oui ». Il était très fier de sa petite frimousse qui était la plus belle de la terre, voire de la galaxie. Sa main libre se leva de nouveau vers le bébé pour le papouiller avec mille précautions. Peter n'avait d'yeux que pour Cap qui lui donnait son biberon, ses grands yeux le fixant fermement même si de temps en temps il tournait les yeux vers Tony qui le papouillait.

-Il va falloir surveiller ton langage maintenant, glissa tendrement Steve.

-Ah… Les gros mots sont interdits en présence de Peter ?

-Autant que possible, oui.

-Mais comment il va les apprendre si tu m'en prives, hein ?

Steve lui jeta un regard dissuasif mais Tony lui adressa un sourire espiègle avant de venir déposer un baiser ô combien tendre sur ses lèvres.

-Je ferais attention, murmura-t-il. Le temps qu'il comprenne, il saura déjà marcher et manier un tournevis.

Le biberon vide, Cap le retira de la bouche du bébé qui se mit à téter sa langue avant de couiner un peu, grimaçant. Tony récupéra évidemment le récipient vide tandis que son amant déplaçait précautionneusement l'enfant, une de ses grandes mains soutenant sa tête tandis qu'il le plaçait plus à la verticale contre son épaule.

-L'épreuve du rot ? demanda son mari.

-C'est ça, même si c'est loin d'être une épreuve.

Tony haussa les épaules et contourna son homme pour venir vers l'épaule ou le bébé avait sa tête, cherchant du regard, continuant de vouloir téter.

-T'es sûr qu'il a plus faim ?

Un rot bruyant sortit de la petite bouche aux lèvres roses et aux yeux innocents, ce qui surprit le milliardaire.

-Et bah dis donc… Il approche pas le champagne ni le coca ce petit sinon il va me battre tout le temps.

Steve laissa échapper un rire mais ne fit aucun commentaire. Un autre moins impressionnant sorti et Peter posa sa tête sur la large épaule tout en fixant Tony, ses petites mains agrippant le tissu du costume Armani de son porteur. Et de la bavouille atterrissant sur le dit tissu couteux.

-Hé Peter, on bave pas sur l'épaule de Captain America.

Il récupéra le bavoir mais mit un temps infini à essayer de le glisser sous son menton. Il avait peur de le toucher, de mal le manipuler. Steve vola évidemment à son secours même s'il fit un commentaire sur la non-gravité des futures taches sur le costume. Lorsqu'il fut bien certain qu'aucun autre rot n'allait gêner le bébé, Steve le changea de position pour le reprendre dans le creux de ses bras, Tony n'arrêtant pas de suivre le mouvement pour toujours être dans son champ de vision, gagatisant mais n'osant vraiment pas le prendre.

Lorsque le bébé se remit à pleurer, Steve lui demanda la sucette restée dans le lit. Tony se précipita vers la dite sucette et la rapporta à son amant comme le saint Graal mais cela eut l'effet magique escompté de faire taire Peter. Le milliardaire lâcha un soupir de soulagement et jeta un regard vers son amant, perplexe sur la suite.

-Il a… sommeil ?

-Les bébés mangent et dorment beaucoup au début, répondit tendrement Steve à titre d'information.

Une moue pensive étira les traits de son amant qui mit son doigt sur le chemin de la petite main qui s'agitait dans le vide et qui évidemment s'accrocha à lui. Tony sourit comme un idiot sous le regard ô combien tendre de son porte bannière étoilée. Ils restèrent un long moment ainsi, à juste échanger quelques mots, être attentif à ses mimiques, ses gestes tandis que le bébé continuait à vouloir rester éveiller pour explorer les lieux et surtout, être attentif à ces deux nouvelles têtes. Peter finit par fermer les yeux comme s'il avait approuvé que oui, son porteur était un matelas confortable et sécuritaire.

-On fait quoi maintenant ? Chuchota Tony.

-On appelle sa référente ? Il serait peut-être temps de finir les papiers et de rentrer.

Un hochement de tête affirmatif et décidé lui répondit. Tony se dirigea d'un pas conquérant vers la porte pour appuyer sur le bouton avant de revenir vers son mari et son fils comme si les trente secondes d'éloignement avaient été de trop. La jeune femme ouvrit la porte quelques longues minutes après l'appel. Elle les accueillit avec le sourire et les invita à la suivre avec le bébé. Tony géra la suite des papiers puisque Steve avait les bras occupés par Peter qui dormait mais il ne cessait de lui jeter de réguliers coups d'œil. Marion Stampford adressa un « au revoir » au petit Peter avec un sourire et des larmes non loin, même si elle avait la conviction qu'il était tombé dans une excellente famille où il aurait tout l'amour nécessaire pour grandir – sans parler du portefeuille et de la renommée des deux parents.

Ils prirent congé et se rendirent à la voiture ou Tony se montra au petit soin pour lui, ouvrant la porte, l'aidant à s'installer et conduisant pour la première fois de sa vie bien en dessous des limitations de vitesse pour la sécurité du bébé. Bébé qu'il ne cessait de fixer dans le rétroviseur, ainsi que son amant, faisait flotter un sourire sur ses lèvres. Le chemin du retour fut long et dans un silence où flottait un bonheur indescriptible. Les deux nouveaux papas arrivèrent au manoir Avengers et Tony prit les choses en main.

-Attend ici Big Guy, je vais les calmer pour qu'ils ne le réveillent pas !

Le milliardaire se précipita vers les portes du manoir pour y entrer, se faire accueillir avec force de bruit puis avec déception en le voyant les bras vides. Il leur fit le discours « silence bébé dort dans les bras de Steve » avant de sortir et de venir vers lui tout sourire. Cap avança naturellement vers lui, Peter dormant toujours même s'il avait quelques sursauts, ses paupières bougeaient un peu, ses mains aussi pour attraper quelque chose d'invisible.

-J'ai calmé les fauves, souffla-t-il.

-Il se rendormira si jamais il est réveillé.

-Hors de question, le sommeil c'est important surtout quand ils sont petits, rétorqua Tony avec un froncement de sourcil.

Steve esquissa un sourire et déposa un baiser sur sa tempe en penchant sa large carrure vers lui avant de voir la porte s'ouvrir sur Bruce qui les avait vus mais qui n'avait pas osé briser leur moment à trois. Et les Avengers s'agglutinèrent autour de Captain America une fois passé la porte pour voir le petit Peter Stark Rogers en train de dormir, les commentaires fusant. Et même si Tony essayait de calmer les voix un peu fortes, les chuchotements ne duraient guères et Peter finit évidemment par se réveiller.

Deux têtes c'était bon, plus, c'était un peu de trop. Surtout que chacun saluait Peter en prononçant son prénom et le bébé tourna la tête dans tous les sens, submergé par tant de visages avant de simplement se mettre à pleurer. Steve rattrapa la sucette pendant que le bébé se mettait un peu à gesticuler.

-C'est malin, vous l'avez fait pleurer, râla Tony un peu fort.

Il fusilla tout le monde du regard mais aucun de ses coéquipiers ne fut impressionné pour deux sous.

-C'est parce qu'on est trop nombreux, fit Darcy et tirant la manche de Steve. Emmenez-le dans sa chambre…

Elle le suggéra en levant son regard sur Steve qui la remercia d'un sourire.

-Tout le monde au salon, nous on va faire la fête pendant que les deux papas calment le nouveau membre des Avengers.

-Trop aimable Darcy, grogna Tony. Et ce n'est pas un Avengers, c'est notre fils ! Un Stark Rogers !

La jeune femme lâcha un petit rire et vint contre son flanc tandis que les super héros commençaient à les laisser tranquille.

-Il est adorable.

Darcy le gratifia d'un clin d'œil avant de filer, Steve attendant son amant tout en berçant Peter, gravissant très lentement les marches. Le milliardaire leva les yeux vers le tableau irréaliste. Captain America en train de chuchoter des paroles douces et rassurantes à un tout petit être coincé contre son large torse, soutenu par un bras, gesticulant et pleurant parce qu'il avait vu trop de visages d'un seul coup. Tony se rendait compte que l'entendre pleurer était une source d'angoisses et qu'il ne saurait pas comment les gérer mais Steve y arrivait sans céder à la panique… Il croisa le regard azur de son amant et se décida enfin à gravir les marches deux à deux pour le rattraper et continuer la route avec lui jusqu'à la chambre du petit sans oser parler. Il laissa bêtement son mari gérer la première crise de pleurs qui avait cessé dans le second escalier pour se rendre à leur étage. Peter se mit à les fixer tour à tour et à chercher les autres têtes qui l'avaient effrayé avant de gazouiller.

Steve lui expliqua patiemment que leurs amis étaient partis faire la fête en son honneur, qu'il les reverrait plus tard. Tony prenait mentalement note de comment Captain America parlait au bébé. En fait, il lui parlait comme à une personne normale ce qui était déroutant même s'il avait lu que c'était mieux ainsi pour son développement et pas lui parler comme si c'était un attardé mental. Ce sont des petites créatures qui comprennent très vite.

Arrivé dans la chambre, la patience de Steve n'était toujours pas éliminée, ni sa verve tandis qu'il présentait à Peter sa nouvelle chambre. Tony le regardait faire avec un sourire attendri avant de froncer les sourcils, plissant le nez.

-Qu'est-ce qui pue comme ça ?

-Sa couche.

-Hein ? dit-il très intelligemment. Tu veux dire que notre fils va… puer de cette manière à chaque fois ?

Steve afficha un sourire amusé et se dirigea vers la table de change. Tony le suivit non sans remuer le nez sous l'odeur.

-J'vais faire un robot exprès pour les couches puantes…

-Je ne crois pas.

-Pourquoi non ? Un robot capable d'éliminer cette nocivité olfactive juste après émission sans besoin de tout changer.

Cap roula des yeux au plafond et déposa Peter sur la table à langer sous le regard critique de son amant qui, sous couvert d'être le papa classe des deux, prenait mentalement note de chacun de ses gestes. Il surprit le regard azur se poser sur lui avec amusement, mais Steve ne lui demanda pas d'essayer. Il prenait tout en main et il commença à le déshabiller.

-Tony, tu veux être un amour et récupérer des habits qu'on lui a achetés.

-Bien sûr. Tu veux lui mettre quoi ?

-Ce que tu veux, répondit-il dans un souffle tendre.

L'ingénieur jeta un regard de biais à son amant avant de se diriger vers les tiroirs remplis de bodies, de grenouillères, de chaussettes et le tout en miniature. Après quelques jurons, Tony jeta son dévolu sur un body blanc avec des étoiles combiné avec un pyjama rouge marqué « Je suis un génie » en doré. Avec un sourire fier, il ramena le tout à son amant qui avait fini de changer la couche. Il plissa le nez de contrariété mais plus tard il apprenait ce désagréable passage de la vie de papa, mieux cela serait pour son image de marque…

-Tiens Captain.

-Merci.

La vue du pyjama tira un sourire amusé à Steve et il rhabilla Peter avec les vêtements choisis, celui-ci pleurant avant de se calmer une fois habillé. Sauf qu'une fois le bébé habillé, propre et souriant, Cap fit la chose la plus fourbe qui soit. Il récupéra Peter avec délicatesse avant de l'imposer dans les bras de Tony.

-Que quoi non Steve je vais…

Captain America ne l'écouta pas, prenant sa main pour qu'elle entoure le petit et ainsi il se retrouva contre Tony qui avait les yeux écarquillés, posant une main fébrile derrière sa tête lorsqu'il la bougea un peu trop brusquement.

-Steve…

-Tu t'en sors très bien, arrête de te faire du souci.

Tony déglutit avec malaise mais il tenait fermement Peter contre lui. On aurait dit une poule qui aurait trouvé un couteau. Le bébé posa sa tête sur l'épaule du milliardaire, regardant de tous côtés, agrippant sa veste de costume ou plutôt ses doigts griffant le tissu coûteux. Steve lui sourit avec tendresse tandis que Tony ne se gênait nullement pour le fusiller du regard. Son regard sombre finit par quitter le visage de son mari et se posa sur le bébé qui commençait à bavouiller sur sa veste.

Passé cet instant de malaise avec le bébé dans les pattes, les deux papas s'installèrent tranquillement dans le coin coussin et évidemment Steve avait dû reprendre Peter contre lui. Les minutes défilèrent et le petit finit par s'endormir avec ses deux papas complètement subjugués. Ils déposèrent finalement Peter dans le lit pour qu'il dorme tranquillement. Bêtement, ils le regardaient dormir durant quelques longues minutes avant de se jeter un regard.

-On… descend ? proposa Tony avec visiblement beaucoup de mal.

-On devrait…

Steve jeta un dernier coup d'œil vers leur fils avant de prendre la main de Tony. Il ne put s'empêcher de lui donner un baiser sur la tempe alors que c'était un crève-cœur de laisser Peter.

-On descend et on remonte rapidement ?

-Oui… Jarvis, tu nous préviens du moindre bruit.

-Oui Monsieur.

Les deux super héros eurent beaucoup de mal à laisser le petit Peter qui dormait comme un bienheureux, ne se doutant pas de la difficulté qu'avaient les nouveaux parents à quitter la pièce. Steve et Tony firent acte de présence pour raconter un peu le passage de l'adoption, plaisantant un peu avec les autres membres des Avengers mais quand une heure plus tard Jarvis annonça que le petit commençait à parler tout seul, ils remontèrent.

Et les deux papas passèrent le reste de la soirée avec leur fils, ne descendant que pour se restaurer après que Peter ait mangé et se soit rendormit. Répit de courte durée puisque le petit se mit à pleurer à peine leur repas fini. Steve rassura son amant en lui disant que c'était normal, Peter se sentait perdu dans ce nouvel environnement et qu'ils étaient ses nouveaux repères. Quoi qu'il en soit, d'un commun accord même si l'ingénieur trouva cette idée plutôt angoissante, Peter s'était endormi entre eux deux dans le grand lit de la chambre Stark Rogers. Le bébé était enfin détendu, les paupières closes, les mains recroquevillées vers son visage mais paisible.

-On va pas l'écraser ?

Steve lui adressa un sourire et lui donna un baiser tendre.

-Tu vas être trop angoissé par cette idée pour bouger.

-Pas faux, grogna Tony.

Il posa sa tête contre l'épaule de Cap, sa main libre venant caresser les cheveux bruns complètement hirsutes du bébé. Un sourire finit par flotter sur ses lèvres et son corps se détendre progressivement. Steve les couva tous les deux de ses attentions et si l'un dormait comme un bienheureux, le second finit par lui aussi céder au sommeil sous les émotions intenses de la journée. Attendri devant ce tableau, Steve demanda tout bas à Jarvis de lui faire une photo de Tony endormi avec Peter avant de s'installer plus confortablement.

Il ne dormirait pas d'un sommeil bien profond mais il se rattraperait plus tard. L'important était que Peter dorme en sécurité et de faire en sorte que Tony soit sage. Cap les veillait avec juste la lumière du réacteur, somnolant après de longues minutes d'observation mais sans jamais céder à un sommeil profond.

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Merci pour les reviews :3

Et avec peu d'attente ! Merci à Splanchnique pour sa bêta efficace et rapide. Vous avez enfin eut THE chapitre où ils récupèrent Peter. J'espère que ça vous à plut, j'ai longtemps hésité sur comment gérer cette situation avec Tony. N'hésitez pas à me donner vos impressions!

Et à bientôt pour de folle aventure avec un baby Peter!