Chapitre 17 : Quand la bulle éclate

Une douce chaleur. Voilà ce que ressentait Blaise alors qu'il venait d'entrer dans la phase de réveil. Cette chaleur l'empêchait d'ouvrir les yeux. Il voulait tout sauf se réveiller complètement, tout sauf ne plus ressentir ce bien être, tout sauf revenir à la réalité. Soudain, des images de la veille lui revinrent à l'esprit. Des images de sa ronde, de sa dispute avec Hermione et de leur réconciliation. Sans qu'il le veuille, la réalité était venue à lui. Mais cette réalité-là lui plaisait vraiment, surtout quand il sentit un corps bougé contre lui. Il ouvrit alors les yeux et il tomba sur le visage de sa Gryffondor. Son visage si parfait avec ses traits fins, son petit nez et ses lèvres … Il resta longtemps à l'observer ne s'en lassant pas. Il fut ravi quand il put enfin voir les yeux de sa petite-amie. Celle-ci, sentant qu'on l'observait n'avait put s'empêcher d'ouvrir les yeux. Ils se regardèrent dans les yeux pendant un bon moment, ne voulant pas briser cet instant de pur bonheur où il n'y avait qu'eux.

- Mon offre tient toujours, dit soudain Blaise.

- Oh, ne me tente pas, répondit Hermione en s'enfonçant encore plus dans les bras du Serpentard.

- Je suis un vicieux Serpentard, tu sais ? susurra-t-il un sourire en coin collé sur le visage.

- Oh ça je sais, répliqua-t-elle en reculant pour le regarder.

- Alors tu devrais savoir que j'utilise n'importe quel moyen pour arriver à mes fins, même celui de te tenter.

- Oh par Merlin, il faut que je file vite d'ici, rigola-t-elle en s'échappant de ses bras pour sortir du lit.

- Oh non, ne t'en vas pas, s'écria-t-il en la rattrapant.

- Je ne sais pas, les serpents ne sont pas trop mon genre, le taquina-t-elle en feignant l'indifférence tout en se retournant vers lui.

- Oh, vous me froissez ma dame.

- Et je m'en excuse, répondit-elle d'un ton aristocratique.

- Vous êtes sûr que vous ne faites pas des exceptions ? demanda-t-il en faisant les yeux doux.

- Peut-être … quels arguments me donneriez-vous ?

- Je ne sais pas … peut-être que comme ça …, dit-il avant de l'embrasser, cela pourrait vous plaire …, ajouta-t-il avant de l'embrasser dans le cou cette fois-ci.

- Oui j'avoue que c'est très tentant.

- Alors restez avec moi mademoiselle.

- Ok, dit-elle finalement en l'embrassant passionnément.

Blaise fut ravi de cet échange de bonnes paroles et surtout du fait que la brune accepte de rester avec lui. Hermione avait dit oui car elle se disait qu'il n'y aurait aucune conséquence si elle pensait à elle pour une fois. Elle ne faisait rien de mal. Comme il était tôt, ils décidèrent de prendre leur petit-déjeuner dans la Grande Salle, pour que certains les voient en dehors de leur appartement. Elle arriva la première dans la Grande Salle. Il n'y avait pas grand monde, ce qui était normal pour un samedi. Elle s'installa à sa table où seulement quelques premières années étaient déjà là. Elle les observa un instant, un peu nostalgique quand elle repensait à sa première année très mouvementée, et dire que c'était il y a sept ans déjà et que cette année était sa dernière. Elle regarda ensuite autour d'elle.

La table des Serdaigles était la plus remplie. Comme à leur habitude, les aigles étaient assidus. Elle se demandait parfois pourquoi le Choixpeau ne l'avait pas envoyé dans cette maison au lieu de choisir pour elle les lions. Mais le courage qu'elle avait dans cette guerre depuis qu'elle savait qu'elle était une sorcière lui fit dire qu'elle méritait amplement sa place à Gryffondor. Ensuite, son regard tomba sur la table des serpents. Blaise n'était pas encore arrivé, comme prévu par leur tactique, mais Malfoy y était déjà. Elle espérait que sa présence n'allait pas empêcher son petit-ami de tenir sa parole. Quand celui-ci arriva enfin, elle croisa son regard avant qu'il ne s'avance tout naturellement vers sa table. Elle le vit regarder Malfoy avec insistance. D'ailleurs, celui-ci le sentit puisqu'il releva la tête. Ils se regardèrent quelques secondes dans les yeux avant que le prince des Serpentard ne se lève et ne quitte la table tout en frôlant Blaise qui s'assit ensuite à la même place que son « ami ». Hermione fut choquée de ce qui c'était déroulé sous ses yeux, en l'espace d'à peine quelques secondes. Personne n'avait vu ce qu'elle avait vu. Personne n'avait remarqué cet échange qui était plus qu'un échange de regard. Elle seule avait remarqué ce bout de papier. Bout de papier qui était passé de la main de Malfoy à celle de Blaise lorsqu'ils s'étaient frôlés. Elle vit son petit-ami lire en cachette le message avant de relever la tête. Leurs regards se croisèrent à nouveau, et Blaise eut peur.

Elle avait vu toute leur mise en scène, puisqu'un pli de réflexion barrait son front. Elle se posait des questions. Questions qu'elle n'aurait jamais dut se poser. Comment cette histoire allait-elle se finir ? Il se secoua pour ne plus penser à ses questions qui n'avaient aucunes réponses pour le moment. Il préférait penser au reste de la journée qu'il passerait avec elle avant qu'il ne rejoigne Draco. Il la vit se lever et sortir de la grande salle. Il se dépêcha alors de finir son petit-déjeuner avant de la rejoindre. Il espérait que ce qu'elle avait vu ne l'empêcherait pas de passer une bonne journée. Quelques minutes plus tard, il se leva à son tour. En passant la grande porte, il croisa Weasley qui avait l'air soucieux, il réfléchissait mais à quoi ? Il s'en fichait de la belette, il n'avait qu'une seule personne en tête et c'était Hermione. D'ailleurs, elle l'attendait, assise sur le canapé, quand il entra dans l'appartement. Il s'approcha et s'assit à ses côtés. Il l'attira à lui et elle se laissa faire sans rien dire.

- Ne pose pas de question, s'il te plait, sache juste que je dois voir Draco ce soir après le repas.

Elle ne répondit rien, même si cela la démangeait de poser des questions sur ce qu'elle avait aperçut dans la Grande Salle. Elle préférait ne rien dire car elle savait que si elle osait quoi que se soit, le Serpentard se serait énervé et elle aurait pu dire adieu à sa journée. Au moins, se dit-elle, il avait été honnête avec elle.

- Alors qu'allons-nous faire ?

- Je ne sais pas … et si … on s'enfermait dans la chambre pour être sur de ne pas être dérangés.

- Oh, miss je ne vous savais pas comme ça…

- Idiot ! dit-elle en le frappant, comprenant très bien le sous-entendu.

Blaise rigola. Il aimait vraiment la taquiner et la voir rougir quand il sous-entendait des choses.

- Hé ! cria Hermione alors que, par surprise, Blaise l'avait prise dans ses bras pour la porter.

- Je vous emmène avec moi ma dame.

- Je vois ça, dit-elle avec un sourire après sa surprise passée. Qu'est-ce qu'il y a ?

Blaise s'était arrêté au milieu du couloir où se trouvait les trois portes de la salle de bain et des chambres.

- Je vous emmène où ma dame ?

- Oh, s'exclama-t-elle comprenant le dilemme du Serpentard. Dans votre chambre.

- Vous êtes sûre ?

- Oui, vous dormez toujours dans ma chambre, j'aimerais bien voir ce qu'est la chambre de mon petit-ami.

- C'est vert.

- Oui je m'en doute, dit-elle en rigolant.

Qu'est-ce que Blaise pouvez aimer son rire ! Il sourit avant de l'embrasser amoureusement tout en entrant dans sa chambre. Il la déposa sur son lit, en continuant de l'embrasser. Il approfondit le baiser, en l'allongeant sur le lit tout en se couchant sur elle. Elle répondit au baiser mais il sentit qu'elle n'était pas prête à aller plus loin. Et il ne pouvait que le comprendre vu ce qu'il s'était passé il y a un mois. Alors, dès qu'ils n'eurent plus de souffle, il interrompit le baiser mais resta couché sur elle. Il l'observa avec un regard remplit de tendresse qui fit fondre la Gryffondor. Il remit correctement quelques mèches de la chevelure brune qui s'était dérangée pendant leur baiser. Ce simple touché de ses doigts sur sa peau fit frissonner Hermione

- Tu es magnifique, souffla-t-il au bout d'un moment.

- Merci, répondit-elle en rougissant, ne s'attendant pas à ce compliment.

Il l'embrassa à nouveau avant de rouler sur le côté. Hermione le remercia intérieurement de ne pas insister et de comprendre sans poser de question. Elle se mit sur le côté afin de bien le voir. Elle s'approcha un peu plus et posa sa tête sur son torse. Blaise la serra fort dans ses bras. Ils restèrent ainsi, dans ce silence tranquille, un bon moment. Ils étaient heureux, là ensemble.

- C'est vrai que c'est bien vert, dit-elle au bout d'une observation partielle de la chambre.

Blaise rigola, suivi de près par Hermione.

Le reste de la matinée passa ainsi, entre silences agréables, petites discussions, et rires tendres. Ils étaient dans leur bulle et pour rien au monde ils ne voulaient en sortir. C'est seulement quand le ventre d'Hermione grogna que la réalité se rappela à eux. Mais aucun des deux ne voulaient descendre dans la Grande Salle de peur de ne plus pouvoir revenir dans leur bulle. Alors ils se séparèrent et malgré les protestations de la jeune Griffondor, Blaise put appeler un elfe de maison pour leur apporter à manger.

- C'est bon, je peux revenir ? demanda Hermione de l'autre côté de la porte de la chambre du vert et argent.

- Oui, vas-y entre, il est partit.

Hermione rentra dans la pièce et fut surprise de voir que le Serpentard avait tout installé sur le lit, comme s'ils allaient pique-niquer à la campagne.

- Je ne vous savais pas si romantique, monsieur Zabini.

- Oh j'ai pleins de qualités cachées que vous ne soupçonnez pas encore, mademoiselle Granger.

- Je suis pressée de voir ça, dit-elle avant de l'embrasser alors qu'elle avait rejoint le lit.

- Moi aussi, surtout si j'ai des récompenses comme celle-ci, murmura-t-il en coupant le baiser avec un sourire en interrompant leur baiser d'un sourire ? Que préfères tu ?

- Tu ne changeras jamais, dit-elle en rigolant.

- Pourquoi je changerais ? Tu m'adores comme je suis.

- C'est vrai, admit-elle.

- Une fraise ? demanda-t-il en lui tendant le fruit rouge.

- Tu commences par le dessert ? Ce n'est pas raisonnable, rit-elle.

- Je n'aime pas être raisonnable, alors une petite fraise ?

Hermione attrapa le fruit et le mangea, sous les rire de Blaise.

- C'est mon fruit préféré, je ne peux y résister, dit-elle après l'avoir avalé.

- Je vois ça, répondit-il amusé.

Ils mangèrent ainsi leur repas, rigolant pour un rien. Blaise trouvait cela étrange et pourtant si agréable. Jamais il ne s'était autant amusé avec une fille juste en mangeant. Dans les familles de Sang-pur, les repas étaient mornes, presque sans paroles échangées. Ils étaient tout simplement ennuyeux comparés à celui qu'il partageait avec la Gryffondor. Ils s'amusèrent tout l'après-midi. L'appartement était parsemé de plume, dû à une bataille de polochon gagné par aucun des deux. Le temps d'une journée, ils étaient redevenus des adolescents insouciants et amoureux. C'était une première pour eux deux car ils baignaient dans la guerre depuis qu'ils étaient à Poudlard et même depuis plus longtemps pour Blaise. Cela leur faisait un plus grand bien. Ils savaient que cela ne durait pas alors ils en profitaient un maximum. A l'heure du repas du soir, ils étaient allongés l'un contre l'autre sur le canapé de la salle commune.

- Il faudrait descendre, dit Hermione en brisant le silence.

- Oui, soupira-t-il.

Cette fois, ce fut Blaise qui partit en premier et elle rejoignit la grande salle dix minutes plus tard. Elle s'avança vers l'endroit où deux têtes rousses contrastaient amplement, à la table des lions.

- Salut ! s'écria-t-elle joyeusement.

- Mais où étais-tu passée ? s'exclama Ron en se levant attirant les regards des élèves présents.

- Ron, calme-toi. Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle en regardant autour d'elle, gênée d'être au centre de l'attention.

- Non, je ne me calmerais pas !

- Où est Harry ? tenta Hermione pour essayer de lui faire penser à autre chose.

- Voilà ce qui se passe !

Hermione en resta clouée, comme tout le reste de la grande salle. Tout son monde s'écroulait. Tout le bonheur qu'elle avait ressenti durant la journée venait d'être anéanti parce qu'Harry était partit sans eux, comme il le leur avait dit. C'était enfin le jour mais pourquoi ne leur avait-il rien dit ?

- Pourquoi tu n'es pas venu à mon appartement ?

- Je suis venu ! Mais personne ne m'a pas répondu. Où étais-tu alors qu'on avait besoin de toi ? Tu as tellement changée ces derniers temps, qui es-tu ?

Un énorme sentiment de remord lui serra la poitrine. Oui, au moment où ils avaient le plus besoin d'elle, elle avait préféré rester avec son petit copain, avec une personne du camp ennemi.

- Mais Ron… C'est moi, Hermione, dit-elle sans comprendre son meilleur ami, Gin ? supplia-t-elle pour que la rouquine dise le contraire.

- Je sais que tu nous caches quelque chose, je n'arrive pas à dire quoi mais je saurais, répliqua Ginny en sortant de la Grande Salle.

Ron, après une minute à observer Hermione, suivit sa sœur, laissant seule la brune, seule au regard des autres.

- Quoi ? invectiva-t-elle aux élèves. Vous n'avez pas d'autre chose à faire ?

Craignant la colère de la préfète-en-chef, tous les élèves retournèrent à leur ancienne discussion avec du mal. Les professeurs étaient désolés de voir qu'une fissure venait de se former dans le trio d'or. Hermione se tourna vers eux, l'air désespérée, cherchant un regard encourageant de leur mentor, mais tomba sur un siège vide. Bien sûr, Dumbledore était partit avec Harry.

A une autre table, une personne se réjouissait plus particulièrement de cet évènement.

- Ce sera plus facile que prévu, dit Draco Malfoy à Blaise Zabini.


Chapitre corrigé par Julia Erwelin