Hello, hello,

Un grand, grand merci pour vos reviews ! Je suis contente que le début vous plaise et j'espère que ça continuera sur cette voie (tant qu'à faire, hein, on va pas souhaiter le contraire).

Merci, et encore merci, à LiliEhlm pour avoir corrigé ce chapitre (et tout ce que je lui envoie - ce qui fait un petit paquet tout additionné) alors que la période n'est pas idéale pour ça. Entre dossiers, exposés, révisions (ah ah c'est ça d'être sérieuse et de réviser... brr... quel mot atroce) c'est pas toujours gagné ! Donc merci à elle !

Bonne lecture !

PS. Je réponds aux anonymes sur papionini (.wordpress .com) dans divers - review anonyme


Evidemment, Teen Wolf n'est pas à moi. L'univers et les personnages ne m'appartiennent pas. Je me contente de faire mumuse avec le tout.


Chapitre 02 - Guérison

Sur le ventre, Stiles était profondément endormi. Son bras droit serrait aussi fort que possible l'oreiller sur lequel il était en train de baver sans s'en rendre compte. Le jeune humain n'avait pas la moindre idée de ce qui pouvait se passer autour de lui. Et, honnêtement, il s'en fichait comme d'une guigne ! Tant que l'Apocalypse n'était pas à sa porte, qu'on le laisse pioncer, merci bien.

L'homme à ses côtés, en revanche, était loin d'être aussi serein. Son cœur battait la chamade. Ses ongles, ou ses griffes, au point où il en était, étaient enfoncées dans ses paumes de mains. Peter venait de se réveiller en sursaut, en proie à un rêve plus qu'étrange. Ce n'était pas un cauchemar, pas à proprement parler... mais, à ses yeux, ça n'en était pas loin.

Inspirant et expirant lentement, le loup-garou cherchait à se calmer. Il voulait se rendormir, et vite si possible. À plusieurs reprises, son regard se posa sur son compagnon, bien trop occupé à ronfler pour se rendre compte de ce qui se passait à quelques centimètres de lui. Ouf. Tant mieux.

Peter finit par quitter les couvertures bien chaudes, dont Stiles refusait de se passer tant que le thermomètre ne dépassait pas les vingt-cinq degrés. À pas de loups, Peter rejoignit la porte de la chambre... et ne manqua pas de se maudire lorsque celle-ci grinça. Il fallait vraiment qu'ils fassent quelque chose à son propos, et vite. Le lycanthrope tressaillit quand ses orteils quittèrent la moquette de leur chambre pour trouver, à la place, la fraîcheur du parquet. Heureusement, il s'y habitua vite.

Fatigué, l'homme se laissa lourdement tomber sur son fauteuil de bureau. Pendant quelques minutes, il ne bougea pas... sauf pour permettre à sa joue d'aller rencontrer la première page du dossier sur lequel il avait travaillé toute la soirée – ou presque toute la soirée. Il ferma les yeux. Que ne donnerait-il pas pour se rendormir ici, là, tout de suite, maintenant, qu'importait que sa position ne soit pas idéale ni même confortable.

Il n'en était pourtant pas capable. Son cerveau lui refusait ce plaisir pourtant si simple. Son rêve continuait à lui prendre la tête. Les images, les mots continuaient à lui faire froncer les sourcils. Peter ne comprenait pas d'où lui venait ce rêve, à quoi il pouvait être lié ! Et ne pas comprendre l'agaçait prodigieusement. D'un coup, il se remotiva. Plus vite il noterait tout ça sur une feuille, plus vite il cesserait de réfléchir à ce sujet, plus vite il retournerait se coucher. C'était le plan parfait.

Sans beaucoup d'élégance, personne n'étant là pour le voir, Peter commença à rouler à travers toute la pièce. Il s'aidait de ses jambes pour se propulser d'un bout à l'autre du bureau. Si Stiles ne s'était pas réveillé tantôt, alors il pouvait espérer que ça reste le cas. Non ?

Après moult essais infructueux, Peter atteignit enfin la pile de brouillons. Il attrapa une feuille et, plus facilement cette fois-ci, retourna à son bureau. Trouver de quoi écrire ne fut pas aussi difficile, surtout vu les innombrables stylos noirs, bleus, rouges abandonnés ça et là. En plus de voir pour la porte qui grince, il lui fallait aussi songer à faire un peu de rangement ici.

o o o

Peter foudroya son père du regard. Ce dernier venait de lui passer une main dans les cheveux, les ébouriffant sans le moindre scrupule. Est-ce qu'il avait la moindre idée d'à quel point il pouvait être difficile d'obtenir quelque chose d'à peu près correct alors qu'on avait un bras plâtré ? Non. Bien sûr que non. Comment pourrait-il ? Kieran Hale haussa les épaules, plus amusé qu'autre chose par le côté éternel râleur de son fils... et réitéra son geste.

L'homme avait souvent du mal à savoir comment s'y prendre avec Peter. Agir avec Talia lui avait toujours paru plus facile. Instinctif, même. Sa fille était destinée à être une Alpha, à prendre la place de ses parents à la tête de la meute d'ici quelques années. Pas Peter.

Peter était trop humain pour lui. Pour Hestia aussi. Seule Talia avait toujours donné l'impression de savoir comment se comporter, comment s'y prendre avec son petit-frère et ses problèmes plus humains que jamais. Alex aussi savait comment y faire avec Peter... avec qui il n'était pourtant aucunement lié, alors qu'il aurait très bien pu se moquer du petit-frère de sa petite-amie. Et pourtant, dès leur rencontre ça avait collé entre leur fils et leur beau-fils. Il n'avait fallu que quelques semaines pour que Peter préfère se confier à Alex plutôt qu'à ses parents.

Kieran n'était pourtant pas idiot. Il codirigeait la meute Hale, ce qui n'était pas rien ! Il savait gérer un loup-garou en crise. Savait calmer un loup paniqué. Savait soigner un lycanthrope blessé... calmer un jeune adolescent qui venait de se casser le bras, en revanche, était au delà de ses compétences. C'était trop. Il ne pouvait pas. Il ne savait pas. Peter souffrait et lui ne pouvait rien faire, rien dire. Son fils souffrait mais guérissait quand même... c'était juste un peu plus lent que ce à quoi Kieran avait toujours été habitué. Différent, aussi. Peter était différent.

« Tu es sûr que ça ne te dérange pas ? Tu vas quand même pouvoir travailler ? »

« Les trois monstres sont aussi à la maison, vous savez. » Sourit Alex. « Et, entre nous, Peter sera de loin le plus calme des quatre. »

Peter leva timidement les yeux vers son beau-frère. Il sourit. Il le remerciait, sans user de la parole, pour ces quelques mots qu'il avait eut besoin d'entendre. Ce n'est qu'alors que Peter daigna poser le sac qu'il avait sur l'épaule. Si Alex acceptait sa présence aussi facilement, sans avoir à réfléchir ou à jouer la comédie, alors il acceptait de rester.

« Tu as de quoi t'occuper ou tu veux que j'aille te chercher ma vieille console ? »

« J'ai pris mes devoirs. »

Alex leva les yeux au ciel et secoua la tête, dépité. Si on lui demandait son avis, ce qui n'était pas le cas, il dirait volontiers que Peter était trop sérieux pour son bien et passait trop de temps le nez dans ses bouquins au lieu de profiter de la forêt, pourtant à sa porte. Mais il comprenait et se taisait.

« Mais si tu veux, je peux m'occuper de Derek et Cora, hein. » Proposa-t-il.

« Ça va aller, mon grand. » Sourit Alex, une main sur l'épaule de l'enfant. « Derek a décidé d'être casse-bonbon, aujourd'hui, je vais pas te demander de le supporter... crois-moi, même toi tu saurais pas. »

Peter sourit. Sans demander son reste, il attrapa son sac de cours par la hanse et le traîna jusqu'à la table basse du salon. Tandis qu'Alex et son père échangeaient encore quelques mots, à propos, par exemple, de l'heure approximative à laquelle Hestia viendrait récupérer Peter, le plus jeune commença à sortir livres, cahiers et stylos afin de s'étaler le plus possible et être à l'aise.

« Tu serais pas mieux à une table, toi ? » S'inquiéta Alex. « Pet' ? »

« Je suis à une table, là. » Ronchonna Peter, se débattant avec un classeur peu désireux de quitter le confort fort relatif d'un vieil Eastpak dont les fermetures rendaient l'âme, une à une. « Techniquement. »

« Comme tu veux. » Le premier souffla. « Si tu veux manger ou boire quelque chose, hésite pas à aller te servir. Et si tu as besoin d'aide, viens me voir, d'accord ? »

« Hmm. Ça devrait aller. »

« Je me doute, oui. » Soupira l'adulte. « Si tu veux aller piquer un livre dans la chambre de Laura, fais-le. Elle ne s'en rendra pas compte avant Noël. »

Mâchouillant le bout de son stylo bleu, du moins le peu qui restait à mâchouiller, Peter hocha machinalement la tête. Alex lui sortait toujours la même rengaine... et ne devait même pas le faire exprès. Après la nourriture, l'aide et les livres, il lui reproposerait la console, l'ordinateur et la télévision.

« Si tu veux aller dormir un peu, idem, hein. Fais comme chez toi. Juste... préviens-moi, que je demande aux trois monstres d'être silencieux. »

« Ça va aller, Alex. Je t'assure. » Peter, habitué à tout ça, souriait. Alex se montrait rarement aussi insistant mais pourquoi pas...

L'autre hocha la tête. Il n'était pas aussi convaincu que son jeune interlocuteur. Les années lui avaient appris que rien était jamais aussi simple dès lors qu'un Hale était concerné... et c'était d'autant plus vrai lorsque le Hale en question se trouvait être Peter.

« Papaaaaa ! Y a Laura qu'arrête pas d'me taper ! » Hurla un jeune garçon, dévalant les escaliers à toute allure, criant autant que sa voix le lui permettait.

« Mais c'est lui, y m'tire les ch'veux ! »

« Elle m'a piqué des pièces de mon puzzle. »

« Il a démoli ma tour de Kapla. »

Alex ferma les yeux et soupira. Il détestait le mercredi. Toutes les semaines c'était le même cirque entre ces deux-là. Peter, en tailleur sur le tapis du salon, souriait, amusé. Son neveu et sa nièce avaient toujours eu l'art et la manière de lui changer les idées en se chicanant pour un rien.

« Elle a cassé tout mon puzzle. » Ronchonna Derek, les bras croisés, boudeur. « Et y avait tout plein de pièces. J'dois tout recommencer, moi, maint'nant. »

« Ça va pas te tuer. » Siffla Laura. « Gros bébé. »

Le plus jeune commença à sortir les crocs. Grande sœur ou pas grande sœur, témoins ou pas témoins, il refusait qu'on le traite de gros bébé ! Un regard de son père, pourtant, suffit à le calmer. Il n'était pas Alpha, lui, mais qu'est-ce qu'il faisait peur... encore plus que maman lorsqu'elle leur grognait dessus pour qu'ils aillent à la douche ou mangent tout leur poisson qui pue ! C'était pas rien, ça.

« On aurait dû faire comme tes parents et attendre seize ans avant d'en faire un deuxième. » Grommela Alex. Tout ce cirque le fatiguait... dire que ça ne faisait que commencer.

« Sauf que vous l'auriez loupé et qu'il aurait été humain. » Chuchota Peter.

Le père de famille ouvrit grand les yeux, scotché. Ce n'était pas la première fois qu'il entendait ces mots, ou d'autre bien similaires, sortir de la bouche de Peter. Il n'arrivait pourtant pas à s'y faire... et encore moins à ne pas s'indigner que l'enfant puisse dire, et penser, des choses pareilles.

« Être humain n'est pas une tare. »

« Dans cette famille, si. »

Laura avait profité de la diversion, involontaire, de son oncle pour filer. Son père s'était momentanément désintéressé de la dispute entre ses deux aînés et ce n'était pas plus mal pour elle. Elle était en tort, dans l'histoire, après tout. Elle avait commencé à embêter Derek en allant détruire son puzzle. C'était tellement drôle d'embêter son frère, en même temps, qu'elle avait toujours du mal à résister.

Derek, quant à lui, était resté. D'abord pour continuer à raconter tout ce que Laura avait osé lui faire, pour qu'elle soit punie ; ensuite parce qu'il n'arrivait plus à détacher son regard du bras de son oncle Peter. L'enfant se posait tout un tas de question. La plus important étant, évidemment, qu'était-ce que cette chose blanche toute bizarre qui immobilisait tout l'avant-bras et le poignet de Peter ? Ça ne devait pas être très pratique.

« Peter ? »

« Derek ? » Répondit Peter, sur le même ton.

« Qu'est-ce que t'as à ton bras ? »

Silence. La bouche entrouverte, Peter cherchait ses mots. Il se demandait comment il pouvait expliquer ce qui s'était passé à un Derek âgé de seulement six petites années et habitué à être entouré de loups-garous, qui étaient rarement dérangés par ce genre de blessures. Bon. D'accord. Un Derek âgé de six ans habitué à vivre en compagnie de loups-garous et de Peter. Mais l'enfant n'avait encore jamais donné l'impression de remarquer l'anomalie de son oncle. Ce dont Peter ne pouvait que se réjouir.

« Il s'est cassé le bras en faisant des bêtises. » Expliqua Alex. « C'est pour ça que maman et moi, on veut pas que tu fasses des bêtises... parce que voilà ce qui pourrait arriver. »

Peter fronça les sourcils. Ce n'était pas tout à fait vrai. Derek aurait tôt fait de guérir, si ça venait à lui arriver. Moins vite qu'un loup adulte, certes, mais bien plus rapidement qu'un bête humain. Bien plus que lui.

« Mais pourquoi son bras y se répare pas ? »

« Il se répare. C'est pour ça qu'il est plâtré... pour qu'il puisse se réparer correctement. »

Derek pencha la tête sur le côté. Ses mains étaient posées sur l'accoudoir du canapé et il n'avait de cesse de gigoter dans l'espoir de mieux voir le bras bizarre de son oncle.

« Mais pourquoi il se répare pas tout de suite ? C'est parce qu'il a fait des bêtises ? Il est puni de guérison ? »

Alex ouvrit grand les yeux. Il ne s'était pas attendu à ces questions. Derek n'était pas supposé être le plus curieux des trois, bon sang !

« Tu te souviens de ce dont on avait parlé, quand tu as commencé à aller à l'école ? »

« Qu'il fallait que je sois sage et que je tire pas les cheveux de mon voisin ? »

« Pas ça. »

« Qu'il faut pas que je signe mes punitions à votre place ? »

Peter sourit.

« Pas ça non plus, non. » S'amusa Alex.

« Que les autres enfants à l'école y guérissent pas comme moi ? » proposa Derek, incertain, se dandinant de plus en plus. « Que ça met méga longtemps pour eux et qu'il faut pas faire comme quand je me bagarre avec Laura ? »

Le jeune humain n'avait plus envie de sourire. Les yeux rivés sur la page 123 de son livre de maths, il attendait impatiemment qu'Alex en termine avec Derek. Peter passa sa main valide sur son visage, se frottant les yeux, se retenant de partir en courant pour éviter d'avoir à entendre ce qui allait suivre.

« Peter est comme les autres enfants à l'école. » Développa Alex, qui sentait que c'était plus difficile encore pour Peter que pour lui. « C'est pour ça qu'il préfère jouer à Mario avec toi plutôt qu'à Chat-perché. »

Le plus petit pencha de nouveau la tête sur le côté. L'œil gauche fermé, la bouche dessinant une drôle de grimace, Derek cherchait à comprendre ce que son père était en train de lui raconter.

« C'est pas un loup-garou ? »

« C'est ça. » Confirma Alex, amenant Peter contre lui.

« Pourquoi ? »

« Pourquoi tu es un loup-garou, toi ? »

« Bah parce que je suis un loup-garou. Je suis né comme ça. » Répondit Derek, haussant les épaules, comme s'il s'agissait là de l'évidence même. « Maman et toi vous êtes des loups-garous, c'est normal. »

Peter se sentait de plus en plus mal à l'aise. Il en voulait à son neveu de dire tout ça. Il était aussi conscient que ce n'était pas la faute de Derek ; que, du haut de ses six ans, il ne pouvait pas tout comprendre... et certainement pas avoir conscience d'à quel point ses paroles pouvaient faire du mal à son oncle.

« Mais... papy et mamie y sont aussi des loups-garous. » Murmura l'enfant, qui n'y comprenait plus rien. « Alors comment ça se fait que Peter y soit pas un loup-garou ? C'est trop nul. »

« Les enfants des loups-garous ne sont pas forcément des loups-garous. C'est rare mais ça arrive. »

« C'est quand les enfants des loups-garous c'est pas les vrais enfants des loups-garous ? »

Interdit, Alex fixa son fils un moment. Il ne voyait pas bien où voulait en venir Derek ; alors qu'une petite voix lui soufflait que c'était évident. Peter, de son côté, n'avait pas autant de difficultés à traduire les paroles de son cadet. L'humain était d'ores et déjà en train d'essayer de s'éloigner d'Alex, histoire d'aller se réfugier... eh bien... n'importe où, du moment que ce soit suffisamment loin pour ne plus avoir à entendre les questions de Derek.

« Bah oui, c'est quand le papa loup-garou et la maman loup-garou y sont pas le vrai papa et la vraie maman... mais ils sont son papa et sa maman car son vrai papa pas loup-garou et sa vraie maman pas loup-garou y voulaient pas de lui... et du coup ils l'ont donné. »

Alex ne put rien faire pour retenir Peter. Ce dernier venait de s'enfuir à toutes jambes, essuyant rageusement des larmes un peu trop téméraires de sa main valide.

o o o

Un portable commença à vibrer sur la table de chevet. La radio s'activa alors que le présentateur annonçait le prochain morceau, Heat of the Moment d'Asia. Un écran s'alluma. Deux yeux s'ouvrirent, difficilement. Stiles était sur le point de pester après Peter, qui ne daignait pas éteindre son maudit téléphone, qui lui offrait un réveil en fanfare tous les matins, quand il remarqua qu'il était seul.

Pas de loup-garou un peu trop matinal à ses côtés. A en juger par l'absence totale de chaleur de son côté de lit, ça devait d'ailleurs faire un sacré moment que Peter ne s'y trouvait plus. L'humain fronça les sourcils, perplexe. Si se réveiller tôt semblait être un des étranges, mais très simples, plaisir de son compagnon... se réveiller avant son téléphone n'était en revanche pas dans ses habitudes. Et encore moins quitter le lit.

Quitte à quitter les bras de Morphée un peu plus tôt que prévu, Peter préférait de loin rester sous la couette jusqu'au moment fatidique ; jusqu'à ce que la radio s'active et que la lumière soit. Le loup-garou aimait aller se lover tout contre Stiles, endormi, et essayer de refermer les yeux, même juste cinq minutes. Cet abandon était étrange. Tout simplement étrange.

Stiles sourit quand il retrouva le disparu. En boule sur le canapé, un bras sous la tête et l'autre sur le visage, Peter s'était rendormi devant les informations du matin. Ça n'était pas étonnant vu la bêtise des reportages qui pouvaient passer à cette heure-ci... à croire que les chaînes de télévision pensaient qu'on ne pouvait associer départ pour le travail, tasse de café et informations pertinentes et en profitaient donc pour informer le commun des mortels des six choses à connaître absolument sur les amandes.

« J'ai trop bougé cette nuit ou... » Demanda-t-il quand il vit Peter s'agiter et émerger.

« Nàn. Pas plus que d'habitude. Suis juste tombé du lit. »

« Littéralement ou pas littéralement ? »

« Pas littéralement. » S'amusa le loup-garou.

L'humain hocha la tête, rassuré. Il s'en serait voulu, même s'il ne l'avouerait pour rien au monde au principal concerné, si ça avait été sa faute. Un sourire tendre au coin des lèvres, Stiles jeta un rapide coup d'œil vers la pendule au-dessus du téléviseur.

« Par contre, tu devrais te dépêcher. » Se moqua le plus jeune. « L'heure tourne et t'as une réunion avec les autres partenaires, tôt ce matin, il me semble... c'pas l'jour pour être à la bourre. »

« Merde ! »

o o o

Installé sur la table de la cuisine, un café brûlant entre les mains, un sourire amusé sur le visage – pour ne pas changer –, les jambes de Stiles se balançaient dans le vide tandis qu'il profitait du spectacle. Après une douche express, l'humain aurait droit à l'eau chaude pour une fois, et un costume enfilé plus vite que jamais, Peter avait dévalé les escaliers à toute allure... avant de les remonter, pestant, jurant comme un charretier, car il avait oublié de se raser, et que non, vraiment, ce n'était pas le jour pour arriver en retard.

Les matins comme ça, Stiles comprenait presque pourquoi Peter avait pour habitude de tomber du lit. Malgré les apparences, son loup avait du mal à faire avec les petits tracas du quotidien.

« Elles sont où ? Bordel mais... j'ai pas le temps de perdre du temps à chercher ces foutus clés... » Râlait-on depuis quelques minutes. Peter tournait et retournait tous les objets qui lui tombaient sous la main, prenant même le temps de vérifier l'intérieur des vases et pots. « Stiles ! Tu peux m'aider ou tu préfères me regarder chercher ? »

« Je préfère te regarder chercher. » S'amusa l'hyperactif, zyeutant sans vergogne sur son compagnon, à quatre pattes sur le carrelage, les fesses en l'air, une main sous le bahut, cherchant à tâtons son trousseau perdu.

« Bien sûr... » Marmonna Peter, à peine étonné. « A quoi j'm'attendais, moi, en posant cette question. » ronchonna-t-il.

« J'en sais rien. C'était un peu con de d'mander. »

Le « crétin des Alpes » qu'il reçut pour réponse fit éclater de rire Stiles. Sa journée commençait merveilleusement bien, y avait pas à dire... en tout cas, elle débutait toujours mieux que celle de son conjoint. Peter soupira, agacé. Désespéré, il ne voyait vraiment pas où diable pouvaient se trouver ses clés si ce n'était à leur place habituelle – et elles n'y étaient pas, justement. Sentant que la journée allait être bien longue et pénible, remettant sa cravate correctement, le loup-garou décida qu'il était temps pour lui de passer au plan B.

Sans rien dire à l'abruti qui se moquait de lui depuis la cuisine, Peter s'empara des clés de la vieille Jeep. Garée dans l'allée du garage, à côté de la Chrysler que conduisait l'avocat, lorsqu'il trouvait ses clés, les deux voitures avaient amusé leurs voisins les premiers jours. Malgré les pannes successives, le prix mirobolants des réparations, Stiles avait toujours refusé de se séparer de son épave personnelle... et Peter n'insistait pas. Il comprenait l'attachement de son compagnon ; savait ce que le véhicule pouvait représenter pour le plus jeune. Que n'aurait-il pas donné, lui, pour avoir auprès de lui un petit quelque chose, n'importe quoi, ayant appartenu à ses parents, à sa sœur ?

« T'as trouvé, alors ? » Cria l'humain, se tortillant sur la table afin de voir Peter partir, sa mallette de travail dans la main gauche. « Tu pourrais répondre, Grincheux. Peter ? Peeeeeteeeeer. »

Stiles fronça les sourcils. Il y avait anguille sous roche, là. Il était près à en mettre sa main à couper. L'homme posa son vieux mug ébréché Dexter sur un coin de table, remit pieds à terre puis, machinalement, se dirigea vers la porte d'entrée. La fenêtre aurait pu être l'option privilégiée, mais une petite voix lui murmurait à l'oreille qu'il aurait certainement envie de courir après son crétin de compagnon d'ici peu.

La petite voix avait raison. Les petites voix avaient souvent raison, d'ailleurs, dans cette maison. C'était fou, ça !

Les yeux ronds, scandalisé par le coup foireux qu'était en train de lui faire Peter, Stiles le voyait partir au volant de sa Jeep ; qu'il détestait pourtant conduire. Tout sourire, le loup-garou le narguait. Peter lui faisait payer le fait d'avoir préféré se moquer que l'aider. Évidemment... A quoi s'était-il attendu ? Que Peter s'en aille, tout gentil, sans chercher à se venger ? C'était là bien mal connaître l'homme avec qui il partageait sa vie depuis quelques années.

« C'est malin... et comment je vais bosser, moi, maintenant... » Soupira Stiles, pieds nus sur le paillasson. « Pff, comme si j'avais une chance de les trouver, moi, ces clés. »


Fin du second chapitre.

Bon ? Pas bon ? Moyen ? Autre ? Pas assez long ? Trop long ? Manque de description ? Surtout pas plus de description, nom de dieu !? Pas assez de bananes unijambistes ?

Si jamais quelque chose vous échappe ou vous semble aussi clair qu'un poney rose... n'hésitez surtout pas à le dire !

Ce chapitre est peut-être un poil différent du premier chapitre qui a pu donner une première idée de la fic un peu "erronée". En fait "Emménagement" et "Guérison" ne formaient qu'un seul et même chapitre, au départ... mais ça faisait des chapitres un peu longs du coup j'ai coupé en deux (mais ça, vu le début de la phrase, ça sonnait comme évident).

A bientôt pour le troisième chapitre, Au boulot ! :)