Ginny et Hermione marchaient en silence dans les couloirs. Elles se dirigeaient vers les appartements des Préfets-en-Chef. Elles venaient de quitter les toilettes et on pouvait encore voir les traces de la discussion qui venait de s'y dérouler. Les yeux rouges d'Hermione témoignaient des larmes qu'elle avait versées. Une fois que ses pleurs se furent tarit, un silence pesant avait envahi les toilettes pour fille. C'était le même que celui qui se logeait entre elle en ce moment même, il ne les avait pas quitté.
Pour la première fois, les deux filles ne savaient pas quoi se dire. Hermione avait juste réussi à demander à la rouquine de ne rien dire à son frère. Cette dernière n'était pas trop d'accord pour cacher quoi que se soit à son ainé qui pourrait encore plus les diviser mais le lui dire les séparerait encore plus qu'ils ne l'étaient à présent. Jamais il ne pardonnerait Hermione de ne pas l'aimer et d'aimer un ennemi. Donc elle avait accepté, au moins pour le temps de la guerre. Ginny marchait un pas derrière la brune. Elle la fixait pour lui permettre de réfléchir à quelle attitude adopter vis-à-vis du couple qu'elle avait encore du mal à accepter. Un couple improbable mais pourtant … si beau. Du peu qu'elle avait vu, elle pouvait dire que c'était un couple vrai. Ils étaient ensemble, pas forcément pour les bonnes raisons, mais ils s'aimaient malgré tout, malgré la guerre et leur différence de camp, d'opinion, et de caractère. Elle se mit à penser que s'il lui était arrivé la même chose, elle aurait peut-être agit de la même façon. Elle se dégoutait de penser ça mais elle comprenait Hermione.
La vie avait été plus tendre avec elle. Elle lui avait donné Harry. Elle était sûre qu'il serait le père de ses enfants, qu'il était l'homme de sa vie. Et dans la logique des choses, sa meilleure amie aurait du être avec son frère et tout aurait été parfait. C'est ce que Harry et elle pensait depuis toujours malgré leurs doutes sur les sentiments de la Gryffondor. Mais voilà, leur doute étaient fondé. Ron Weasley ne serait jamais avec Hermione Granger. Il ne faut jamais dire jamais, on sait bien, mais il y a une grande chance pour que cela n'arrive pas. En fait, même si la brune les avait un semblant trahis, elle n'arrivait pas à lui en vouloir puisque les raisons étaient bonne, puisque c'était sa meilleure amie, puisque c'était Hermione tout simplement. On ne peut pas en vouloir à une fille comme elle, c'était impossible.
Quoi qu'elle fasse, il y avait toujours une raison totalement réfléchie. Ginny en venait à penser qu'elle était pressée de savoir la véritable histoire, histoire qu'elle avait loupée malgré son sixième sens pour deviner les choses. Elle se demandait pourquoi elle n'avait pas approfondit la chose quand elle avait vu sa meilleure amie sursauter pour rien ou quand les garçons lui avaient dit qu'elle était inattentive en cours. Elle s'en voulait d'avoir loupé un malaise aussi grand.
- Tu n'as pas à t'en vouloir tu sais ? dit Hermione comme si elle lisait dans ses pensées tout en brisant enfin le silence.
- Si, Hermione ! Comment j'ai fait pour ne pas voir que tu allais si mal ? Tu es ma meilleure amie j'aurais dû le voir …, le deviner …
- Non j'ai tout fait pour que vous ne découvriez rien. Je ne voulais pas que vous …
- Tu ne voulais pas quoi ?
- Je pensais que vous alliez me rejeter pour cette stupide erreur.
- Mais pourquoi tu pensais ça Hermione ? On est tes amis !
- Je n'ais pas réussi à utiliser ma baguette, je n'ais pas réussi à me défendre. C'était de ma faute ! Je pensais que vous ne voudriez plus me parler car je n'étais pas à la hauteur de ma réputation de miss Je-sais-tout.
- Non Hermione. Je ne veux plus que tu penses ça. Tu n'y es pour rien. Ce n'est pas ta faute et quoi qu'il arrive on sera toujours là pour toi.
- Plus maintenant, souffla-t-elle en baissant la tête.
- Regarde-moi, dit Ginny en haussant un peu la voix. Ne baisse pas les yeux devant moi, ta meilleure amie, pas après ce que je sais. Assume Hermione. Mais sache que ça ne changera rien pour nous deux et je parlerais à Ron avant qu'il ne revienne.
- Mais pourquoi ?
- Pourquoi je suis aussi compréhensive c'est ça ?
- Oui, répondit-elle en hochant la tête.
- Parce que ça me tue de l'avouer mais peut-être que j'aurais agi de la même façon que toi. Imagine si je serais follement tombée amoureuse de Malfoy.
- Beurk !
- Oui c'est vrai que ce n'est peut-être pas le bon exemple, dit-elle en faisant rire la brune. Mais bon imagine toi quand même, ajouta-elle en riant à son tour. Eh bien je ne sais pas de quoi j'aurais été capable par amour. Au moins toi, tu n'as rien dit, ajouta-t-elle tout en sous-entendant la question.
- Non, je te le jure. La guerre est un sujet tabou entre nous.
- Alors c'est bon, il n'y a plus de soucis.
- Ron, fit Hermione en grimaçant.
- Laisse, j'arriverais à convaincre cette tête de mule.
- Non, je dis que Ron arrive, même si c'est quand même un souci.
- Ginny ! cria l'intéressé.
- Ah, répondit la rouquine en se retournant vers son frère.
Ron arriva près d'elles, un peu essoufflé. Il avait l'air d'avoir cherché sa sœur un peu partout dans le château.
- Qu'est-ce que tu fais, je t'ai cherché partout. Où t'étais ? demanda-t-il en ignorant complètement Hermione.
- J'étais avec Hermione, tu vois bien.
Ron posa enfin son regard sur la Gryffondor restée un peu en retrait. On pouvait voir de l'incompréhension, de la colère dans son regard. Mais ce qui rassurait Hermione, c'est qu'il n'y avait pas de haine. Il ne la détestait pas au point de la haïr.
- Qu'est-ce que tu faisais avec elle ?
- J'ai discuté avec ma meilleure amie, Ron. Je n'ai pas le droit ?
- Mais je croyais que tu la détestais autant que moi, cracha-t-il, blessant profondément la brune.
- Non, je ne l'ai jamais détesté Ron. C'est juste que je ne comprenais pas certaine chose et puis j'étais en colère à cause d'Harry alors j'ais dis des choses que je ne pensais pas. C'est toujours notre Hermione, Ron. Je ne vois pas pourquoi on devrait continuer à ne plus lui parler. Et puis Harry ne voudrait pas qu'en revenant il retrouve ses amis déchirés.
- C'est elle qui ta dit ça ?
- Non Ron, je sais penser par moi-même, je ne suis plus une gamine et au cas où tu l'aurais oublié. Je connais Harry autant que toi, si ce n'est plus.
- Bon si tu le prends comme ça, dit-il en tournant les talons.
- Attend, cria sa sœur.
- Quoi ? demanda-t-il en se retournant vers elle avec un air déçu.
- Ne me regarde pas comme ça Ron. Je ne sais pas si tu comprends que ce n'est pas un bonne période pour que notre groupe se divise. Il faut qu'on reste soudé quoi qu'il arrive et Hermione n'a pas changer. C'est ton imagination.
- Tu m'as retenu pour me dire ça ? dit-il sur un ton froid.
- Non je me demandais pourquoi tu m'as cherché partout.
- Bah puisque les cours ont été annulés pour je ne sais quelle raison, je pensais qu'on aurait put passer l'après-midi ensemble. Mais je te laisse avec ta … meilleure amie.
- C'est la tienne aussi je te signale ! Comment peux-tu l'oublier ?
- Plus maintenant.
- Ron, supplia Hermione intervenant pour la première fois dans la confrontation. Comment peux-tu dire ça ? J'ai toujours été votre amie depuis sept ans alors qu'est-ce qui a changé pour toi ?
- Toi, dit-il avant de partir définitivement laissant les filles dans leur silence.
- Au fait, ne m'attend pas ce soir, je dors chez Hermione ! cria la rouquine avant que son frère ne disparaisse au coin du couloir.
- Pourquoi tu as dis ça ? Il va encore plus t'en vouloir !
- Tu m'as manqué, Hermione, pendant cette semaine et tu as beaucoup de chose à me raconter alors puisqu'on a notre après midi autant le prolonger toute la soirée.
- D'ailleurs, je me demande bien ce qui a put arriver pour que tous les profs ne puissent assurer leurs cours ?
- Là je te reconnais bien, toujours à t'inquiéter quand tu loupes un cours.
- Oui tu as sans doute raison je m'inquiète de trop, dit-elle en rigolant.
Hermione était heureuse de retrouver sa meilleure amie. Elle espérait juste que cela se passe bien entre Blaise et Ginny. Elles continuèrent à marcher, bras dessus, bras dessous, vers l'appartement des Préfets-en-Chef tout en discutant et rigolant.
oO0Oo
Au même moment, dans la salle commune des préfets-en-chef, Blaise et Draco étaient assis sur le canapé vert. Draco venait de débarquer, voulant discuter avec son complice obligatoire de la mission mais il ne savait pas par quoi commencer. Il avait eu une idée de plan pour encore plus affaiblir le trio d'or mais elle n'était pas du tout au point.
- J'ai besoin de toi pour affaiblir mentalement ta collègue.
Blaise le regarda une seconde sans rien dire. Ça y est le plan allait se mettre en route mais il ne voulait pas y participer surtout si ça concernait Hermione. Il s'en voulait déjà pour ce qu'il allait faire.
- Je ne pense pas que tu auras besoin de moi pour ça.
- Pourquoi tu dis ça ? Tu sais très bien que tu es obligé de m'obéir, s'emporta Draco.
- Non, je suis obligé de t'aider dans la réalisation de ton plan, répondit-il en insistant sur le verbe « aider ». De tout faire pour. Mais tu ne m'as pas laissé finir Draco au lieu de monter sur ton balai, écoute jusqu'au bout.
- Oui, bon, pourquoi je n'aurais pas besoin de toi pour ça, demanda-il d'un ton froid ne supportant pas le ton qu'utilisait Blaise à son égard.
- Elle a faillis être violée par Nott, je pense qu'elle doit bien être affaiblie maintenant.
- Nott ? Comment a-t-il pu ? demanda Draco ne pouvant cacher sa stupeur et son dégoût après cette révélation.
- Il était bourré, je te rassure. C'était le jour de la fête de rentrée.
- Ah oui, je suis totalement rassuré, répondit-il sarcastiquement. Et pourquoi tu ne m'as rien dit plus tôt ?
- C'était un détail insignifiant, après tout ce n'est qu'une Sang-de-Bourbe. Je l'ai empêché de faire cette connerie, ensuite ce n'est plus mon affaire.
- Oui c'est vrai, dit-il songeur.
Jamais un Malfoy n'avouerait qu'il avait raison. Mais ce n'était pas ça qui préoccupait Blaise pour le moment. Ce qui le rongeait, c'était qu'il venait de trahir sa promesse. Promesse silencieuse mais promesse quand même. Il s'était promit de ne jamais rien dire de ce qu'il s'était passé ce soir là, pour protéger Hermione. Mais là, il était obligé. Il ne voulait rien faire contre Hermione directement. Il ne voulait pas lui faire du mal. Il ne rompait pas son engagement en faisant tout pour aider Draco. Oui il l'avait aidé en disant ça, maintenant à lui d'accomplir le travail. Il trouvait ça dommage que, parmi tout les amis que Potter pouvait avoir, Draco choisissent de commencer par Hermione, sa petite-amie.
Mais il savait que malgré l'information qu'il avait donnée à son « ami », Hermione serait plus forte avec lui à ses côtés. Elle remontait la pente grâce à lui et peut-être la Weasley fille maintenant, si tout s'était bien passé entres elles. Oui, le plan de Draco ne serait pas si facile à accomplir que ça, il en était content mais … car il y a toujours un mais … si son plan ne fonctionnait pas, qu'est-ce que le Seigneur des Ténèbres avait prévu pour lui ? Sûrement quelque chose de bien pire que la mort. Son cœur était vraiment partagé en deux. La vie de sa petite-amie ou sa vie.
- Autrement qu'est-ce que tu as prévu exactement ?
- Je ne sais pas encore exactement comment je vais m'y prendre.
- Dépêche-toi, Potter pourrait revenir n'importe quand.
- Je sais mais, quoi qu'il arrive, je peux y arriver Blaise. Ils ont tous des faiblesses, ces Gryffondors, ce sont malgré tout des Humains. Il suffit juste que je les trouve.
- Mais, toi aussi, tu en as même si tu les caches bien. Alors fait attention que cela ne se retourne pas contre toi.
- Ne t'inquiète pas. A plus tard, dit-il en se levant pour sortir de l'appartement sans un regard pour Blaise.
Oui, comment allait-il faire ? Ça, il espérait avoir une idée très vite. A la sortie de l'appartement, Malfoy s'appuya contre un mur et s'autorisa à fermer les yeux un instant. Pour lui, la même galère que l'année passée recommençait. Il avait la même pression sur les épaules. Un ordre qui se tenait comme une épée de Damoclès au dessus de sa tête qui lui disait : obéir ou mourir. Soudain, il entendit des rires de filles pas loin qui se dirigeait vers lui. Il ouvrit les yeux, se reconstruit un masque de marbre puis se dirigea vers ses rires. Au coin du couloir, la Préfète-en-Chef et la Weasley fille apparurent en riant de bon cœur. Quand elles le virent se diriger vers elles, elles se turent. Il continua son chemin sans leur jeter un regard. Quand à elles, elles continuèrent comme si de rien n'était, en avançant vers l'appartement.
- C'est un soulagement que vos rires ne polluent plus l'air même s'il l'est seulement par votre présence, dit-il, en passant juste à côté d'elles, si bas qu'il n'y avait qu'elles qui pouvaient l'entendre.
Elles ne répondirent pas, pas plus touchées que ça par l'insulte déguisée. Trop habituées peut-être. Malfoy, après plusieurs couloir de traversés, se mit à penser qu'il devait agir vite si la rouquine reparlait à la miss Je-sais-tout Granger. Quand aux filles, elles finirent par atteindre le tableau. Hermione donna le mot de passe puis entra.
- Hermione, te voilà enfin, je me suis inquiété. Ça c'est bien passé ? s'écria Blaise dès que le tableau s'ouvrit tout en s'approchant pour la prendre dans ses bras.
- Ça c'est bien passé Zabini, répondit la rouquine en apparaissant dernière la brune coupant net tout geste du Serpentard.
Note de l'auteur :
Alors vous en penssez quoi ?
Chapitre corrigé par Julia Erwelin, merci à elle de m'avoir aidé à trouvé le titre ^^
